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Le blog Aloys

Une nouvelle de Nadine GROENECKE : LE CRABE

15 Septembre 2010 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Nouvelle

 

nadine-groenecke-copie-1.jpgLe crabe

 

Lorsque la maladie entre dans un foyer, elle ne s’empare pas seulement d’un corps mais tisse entre les cœurs une sombre toile où s’ensevelit l’espoir. Muriel BARBERY – L’élégance du hérisson

 


Faire le vide dans ma tête. Ne plus penser. Me laisser bercer par la musique ambiante : le cri des mouettes, le bruit des vagues. Allongée sur la serviette, la tête bien calée, les bras le long du corps et les yeux clos, je prends une profonde inspiration. L’eau me lèche les pieds. Les gros oiseaux blancs tourbillonnent au dessus de moi ; je perçois leurs battements d’ailes lorsqu’ils se posent délicatement sur le sable mouillé. Peu à peu, je sens la quiétude m’envahir et les souvenirs affluer. Ça y est, j’ai lâché prise, je suis ailleurs, si loin… je suis à nouveau une petite fille.


***


J’ai huit ans et j’entreprends le voyage le plus fabuleux de ma jeune existence, la traversée « La Pallice–Sablanceaux » en bac, destination l’île de mes rêves. Le vent fouette mon visage, mes petits poumons s’emplissent d’air iodé, mes yeux ébahis découvrent enfin l’endroit tant attendu.


Nous débarquons. Oh non ! Ce n’est pas possible ! Le panneau indique « Ile de Ré » et non « Ile dorée ». Désappointée, je regarde Mémé ; elle me sourit. Il n’y a donc pas d’erreur ! Je n’avais pas bien compris les mots prononcés par les adultes. Quelle désillusion ! C’était tellement plus magique une île « dorée » et plus conforme à mes lectures d’enfants : le Club des Cinq, le clan des sept, Michel, Alice et tutti quanti.


Et ce fameux « Phare des Baleines » évoqué si souvent par Pépé. Mais où sont donc les cétacés ? Nouvelle déception. Et la mer, comme elle est loin ! Je saisis le seau que me tend ma grand-mère et j’entame ma pêche aux bigorneaux. Mon père et mon grand-père ont enfilé leurs cuissardes et sont partis au large. J’ai peur que la mer ne vienne les engloutir. Mais, très vite, je les oublie, m’aban-donnant aux joies de la découverte du monde aquatique : je m’attarde dans les trous d’eau y observant, fascinée, les crevettes qui frétillent, les crabes qui se carapatent et les mollusques agglutinés.


Les hommes sont revenus. Pépé me tend une huître qu’il vient de décoller d’un rocher avec son Opinel. Je la déguste. Le pique-nique est joyeux. C’est marée haute ! Enfin, je vois la mer ! Mais, digestion oblige, il faut encore attendre le feu vert de Maman pour pouvoir se plonger dans les eaux revigorantes de l’Atlantique. Je sens le regard bienveillant de Mémé sur moi. Elle ne quitte pas sa place, bien installée sous le parasol fleuri. Son visage est épanoui, je ne lis plus la tristesse dans ses yeux, contrairement à ces jours derniers. Elle profite pleinement de cette escapade en famille et, comme nous,  elle rit des facéties de Pépé qui, le corps entièrement recouvert de sable par nos petites mains d’enfant, arbore, en guise de chapeau, mon seau de plage en plastique rose.


C’était sans doute le lendemain, le repas était à peine commencé et, en voyant les crabes rouge cramoisi dans le plat posé devant moi, j’ai proféré : « Nathalie, à l’école, m’a dit que le cancer, c’était un crabe qui grignotait le corps ! ». Silence pesant. J’ai regardé Maman qui affichait un air embarrassé puis Mémé qui s’est contentée d’esquisser un sourire. Papa et Pépé avaient le nez plongé dans leur assiette. Une chape de plomb s’était soudainement abattue sur le déjeuner familial et j’avais la désagréable sensation d’en être responsable. Pourquoi donc ne daignait-on pas me répondre ? En quoi mes propos justifiaient-ils un tel silence angoissant ? J’aurais bien aimé en savoir plus sur cette « histoire de cancer » mais, comme tout enfant qui saisit intuitivement l’existence d’un problème, j’ai respecté le mutisme général et contenu ma curiosité de petite fille. Puis, désireuse de fuir au plus vite le malaise ambiant, je me suis décidée à m’emparer d’un crustacé. Après lui avoir brisé une patte, j’ai aspiré goulûment sa chair sucrée. Et, me gardant bien de parler cette fois, j’ai ruminé in petto : « C’est moi qui le grignote, pas lui. Nathalie dit n’importe quoi ! ».


J’ai dix ans et je vais voir Mémé à l’hôpital, au « Pavillon Pasteur ». Je trouve ce nom très chic. Je gravis les étages, les marches sont grises et incrustées de paillettes roses, on dirait le grand escalier d’un music-hall ! Je découvre l’odeur particulière de l’endroit. Ma grand-mère m’accueille avec un sourire radieux. Dans le lit, à côté d’elle, Angeline, une jeune femme de vingt-six ans, donne le biberon à son bébé âgé de quelques mois, malgré le fil de la perfusion qui entrave ses gestes. Son mari et ses deux autres enfants l’entourent avec beaucoup d’affection et forment comme une bulle d’amour autour d’elle. Situation qui m’interpelle. La maladie peut-elle se dissimuler dans le corps d’êtres jeunes et beaux comme Angeline ? Sur le chemin du retour, un mot inconnu, prononcé à demi-mot par Maman : leucémie. Ne pas l’oublier,  le répéter inlassablement dans ma tête jusqu’à notre arrivée à la maison. Filer dans ma chambre à l’abri des regards et chercher dans le dictionnaire : « globules blancs » ? « cellules anormales » ? « altération des organes hématopoïétiques » ??? Ne rien comprendre.


Je suis au collège et je récite ma leçon à Mémé. Rien ne la rebute, pas même l’anglais qu’elle n’a pourtant jamais pratiqué. Soucieuse de m’aider, elle m’indique les mots de ma leçon en français et je les traduis en anglais. Et si l’un d’entre eux me fait défaut, elle se contente de l’épeler. Je vois bien qu’elle prend son rôle très au sérieux. Il faut dire qu’elle voulait être institutrice. Toujours première de sa classe, comme en témoignent les magnifiques ouvrages de prix précieusement conservés dans la commode de sa chambre, elle aurait pu exercer ce métier. La vilaine pneumonie contractée par son père a balayé ses projets, sa bourse d’étude ayant été engloutie dans les soins médicaux. Elle est devenue couturière.


Les énormes ciseaux taillent le tissu en tout sens suivant le patron en papier exécuté par ses soins et épinglé sur l’étoffe. Ma grand-mère empile ensuite délicatement chaque morceau de mon futur chemisier. Quelques jours encore et je pourrai l’endosser. Auparavant, plusieurs étapes auront été nécessaires : l’assemblage, l’essayage, la rectification si nécessaire et le piquage à la machine suivi des finitions à la main. Rien n’est laissé au hasard. Les créations de Mémé sont dignes de celles des grands couturiers. Mais, le temps passe et Mémé ne coud plus. Elle est recroquevillée dans son fauteuil, la main posée sur le radiateur et une cuvette sur les genoux. Ses vomissements répétés la laissent dans un état d’extrême fatigue et ses yeux délavés traduisent toute la souffrance qu’elle endure. Dans la soirée, le médecin est venu et l’a renvoyée à l’hôpital.


Retour parmi nous. Nouveau traitement. Rémission de la maladie. Mémé a recouvré son énergie. Malgré mes protestations, elle s’empresse de finir de coudre mon chemisier. Son entrain atténue quelque peu mes inquiétudes et la satisfaction que je lis dans son regard, lorsqu’elle me tend le vêtement terminé, me procure le plus grand bonheur. Comme toujours, son travail est parfait. Je l’embrasse bien fort pour la remercier.


Au fil des séjours à l’hôpital, ma grand-mère et Angeline ont tissé des liens solides malgré la différence d’âge. Aujourd’hui, nous allons rendre visite à la jeune mère de famille à son domicile. Après-midi des plus agréables pendant lequel maladie, souffrance et odeur d’hôpital sont reléguées aux oubliettes.


Il fait très beau ce vingt-neuf septembre, j’ai seize ans et je fête mon anniversaire avec mes camarades de lycée. Mon amie Diane joue un air d’accordéon. Nous entreprenons ensuite une course d’échasses. Entraperçu le regard blême de ma grand-mère qui a fait un geste de la main en direction de ma mère pour lui signifier que son estomac faisait encore des siennes. Bien sûr, je sais maintenant quel est le crabe tapi au fond de son corps et qui grignote petit à petit. Je tremble avec elle lorsque le facteur apporte les résultats de sa prise de sang ou lorsque le médecin franchit une fois de plus le seuil de notre porte. Je maudis la maladie qui l’affaiblit de plus en plus. J’ai peur le soir dans mon lit. Je pleure.


La terrible nouvelle nous est parvenue et nous a tous anéantis : Angeline est décédée. Elle avait pourtant l’air de se porter si bien la dernière fois que nous l’avions vue… Mémé a beaucoup de chagrin. Elle s’est retranchée dans sa tristesse tandis que mes parents s’indignent face à tant d’injustice. « Un veuf et trois orphelins en bas âge, pourquoi ? Pourquoi ? » répète maman, les yeux mouillés et le regard las. Terrorisée, je découvre soudain le visage de la mort, impitoyable et cruel, sournois et dévastateur. Mais la vie reprend son cours.


Depuis que je suis interne au lycée, ma grand-mère et moi avons entrepris une correspondance qui s’intensifie lorsque reviennent les séjours hospitaliers. Le week-end, nos retrouvailles sont chaleureuses. Le bruit de sa canne m’avertit désormais de son arrivée. Ses forces s’amenui-sent, ses activités sont plus limitées et la cuvette, sur ses genoux, est devenue sa plus fidèle compagne.


Deux heures du matin. Pas précipités dans l’escalier. Panique incontrôlable. Ruée vers la chambre de l’aïeule où mes parents, la mine grave, attendent l’arrivée du SAMU. Dressée dans son lit, Mémé a le visage hagard et elle me fixe sans qu’aucun son ne sorte de sa bouche. Dans quel monde a-t-elle basculé ? Je suis désemparée. Et si demain… M’ôter cette idée de la tête, dormir pour ne plus penser. Le lendemain, le « Pavillon Pasteur » et Mémé… qui va bien. Elle a recouvré ses facultés et elle sourit de nouveau face à cette nouvelle victoire sur la maladie. Mais les horribles métastases sournoisement, jour après jour, gagnent du terrain.


Après sa chimiothérapie, elle a choisi une perruque un peu bouclée. Il lui arrive de surgir devant nous sans la porter. Le bleu de ses yeux irradie alors son visage. Nous ne sommes pas choqués, elle a toujours son regard bienveillant et nous l’aimons. Les mois passent et ses cheveux repoussent.


Noël. Elle a rajouté une chaussure au pied de la cheminée car j’ai un amoureux. Elle semble l’apprécier. Printemps chaotique : moments d’épuisement extrême suivis de périodes de répit. Pourtant, à son rythme, Mémé me confectionne encore de jolis vêtements. Début de l’été. J’ai obtenu mon diplôme et nous pleurons de joie toutes les deux dans les bras l’une de l’autre.


J’ai vingt et un ans et je quitte la maison, je pars loin de ma grand-mère, à sept cents kilomètres. J’ai le cœur partagé entre la joie de débuter ma vie de couple et la tristesse de la laisser. Nos courriers traversent désormais la France d’ouest en est et vice versa. L’écriture nous rassure et nous lie.


Première rentrée d’enseignante. Je suis face à mes élèves et je pense à elle, celle à qui je dois d’être là : ma grand-mère. A chaque période de vacances scolaires, je la retrouve ; elle attend ma venue avec impatience. Notre complicité n’a pas faibli, ses forces oui.  Les séjours à l’hôpital se font de plus en plus rapprochés et l’inquiétude grandit.


Je me marie. Sur son visage ravagé par la maladie, Mémé affiche le masque du bonheur. Volonté farouche de jouir coûte que coûte de l’instant présent… un tout petit moment de répit dans sa vie de souffrance. Pour lui éviter toute fatigue inutile, Pépé l’a installée dans un fauteuil roulant et l’a placée juste derrière moi à l’église. Elle est la première que j’embrasse après la cérémonie. Moment de bonheur furtif qu’elle prolongera le plus longtemps possible, ne consentant à regagner sa chambre que très tard dans la nuit.


Elle va mal. Elle est hospitalisée de nouveau. Je ne suis pas là. Je lui écris chaque semaine. Elle n’a plus la force de me répondre. Je téléphone. Elle attend mon prochain séjour. Encore un mois. Passe le temps, vite… Noël est enfin arrivé mais il ne s’annonce en rien joyeux cette année. Mémé n’a pas eu l’autorisation de quitter l’hôpital. Tous ces kilomètres à parcourir avant de pouvoir la retrouver ! Il fait très froid et, comble de malchance, des congères se sont formées sur l’autoroute, ralentissant considérablement le trafic. La peur s’est emparée de tout mon être : et si je n’arrivais pas à temps ! Enfin, la bretelle de sortie, encore quelques minutes… Je me précipite dans ce couloir que je ne connais pas, je gagne sa chambre à toute vitesse. C’est la première fois qu’elle n’est pas dans le « Pavillon Pasteur ». Cet endroit est sinistre. Même les décorations de fête font grise mine. L’angoisse m’étreint à nouveau. Mon Dieu, faites que je n’arrive pas trop tard !


Elle est bien là mais… si frêle, si démunie, si  amaigrie. Je m’efforce de faire bonne figure malgré le désespoir qui m’assaille. Je presse contre moi son corps décharné, martyrisé par tant d’années de lutte contre la maladie. Je déballe à sa place le cadeau qu’elle n’a pas la force d’ouvrir. Nous échangeons des banalités. Est-ce pour me rassurer qu’elle évoque le désir de se rendre chez le coiffeur ou pour encore s’accrocher à la vie ? Son état m’inquiète terriblement. La maladie la ronge… le crabe est réapparu.


Retour à la maison. Espoir qui renaît. Mais elle ne quitte plus sa chambre. Trop faible. Je fuis les regards lourds de signification et les propos alarmants des membres de la famille. J’essaie désespérément de chasser de mon esprit le mauvais pressentiment qui m’agresse. Je lui consacre tout mon temps comme elle l’a fait pour moi durant toutes ces années. En sa présence, j’affiche un air joyeux que je perds sitôt sortie de sa chambre.


 Fin des vacances scolaires. Pas d’autre choix que de repartir. Déchirement. Je fixe encore et encore son visage émacié et son regard vide. Je la serre contre moi, maîtrisant à grand-peine l’émotion qui me submerge. Puis je me dégage de l’étreinte. Ne pas craquer, ne pas montrer mon désespoir, me comporter comme toutes les autres fois… Mais, c’est si difficile ! La reprendre dans mes bras juste une dernière fois et puis lâcher sa main, se lever et lutter de toutes mes forces pour ne pas me retourner et réitérer mon geste. La porte se referme et un voile noir recouvre mon cerveau. Je ne la reverrai plus. Au fond de moi, je SAIS et je sais qu’elle sait aussi.


Deux semaines plus tard : la sonnerie du téléphone, la voix chevrotante de Maman, l’instant tant redouté, maintes fois repoussé dans les méandres de mon subconscient… le calvaire de Mémé qui vient de prendre fin après dix-sept ans de lutte acharnée. Le surlendemain, cette carte postale, envoyée quelques jours plus tôt à l’hôpital. Sur l’enve-loppe, l’inscription au tampon « Décédée » me crève à nouveau le cœur. Je vais devoir vivre sans elle. La neige tombe à gros flocons, je pars en direction de l’école.


***


Le bruit des vagues s’est arrêté. Le chant des mouettes s’est tu. J’ouvre les yeux. La lumière réapparaît brutalement. « Le soin est terminé madame » me susurre une voix doucereuse. L’esthéticienne retire le bandeau qui retenait mes cheveux et essuie la larme qui coule le long de ma joue. Je lui souris. Une heure s’est écoulée, une heure qui t’a fait revivre, Mémé, et qui me donnera la force de me rendre demain à l’hôpital afin d’y subir ma première chimiothérapie, pour lutter, à mon tour, contre ce maudit crabe…

 

 

Nadine Groenecke

http://nadinegroenecke-auteur.over-blog.com/

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Max B. 19/09/2010 10:57



Histoire très réaliste et particulièrement émouvante pour qui a connu des situations comparables.



Philippe D 15/09/2010 19:35



Un texte fort, magnifique, qui ne peut pas laisser indifférent. Le lecteur vit l'évolution de la maladie avec le personnage.


La fin était attendue mais la surprise est au rendez-vous puisque le crabe continue son repas. L'émotion est bien présente aussi.


J'espère qu'il ne s'agit que d'une nouvelle, d'une histoire sortie de l'imagination de l'auteur.



Sophie 15/09/2010 17:19



J'ai envie d'employer le même mot que Carine-Laure : un texte plein d'émotions et qui nous touche tous. Merci, Nadine. Merci d'avoir partagé ce moment de ta vie, qui reste une belle histoire
d'amour même si la fin est triste.



Nadine Groenecke 15/09/2010 16:26



Merci les amis. La petite fille que j'étais se souvient aussi d'une grand-mère drôle et gaie, qui savait apprécier les moments de répit que la maladie lui octroyait. Cet été, une rencontre a
ravivé tous ces souvenirs. J'avais RV avec la mairesse de mon village natal en vue d'un éventuel achat de mon livre. Dès mon arrivée, je me suis rendue compte que cette personne était
bouleversée. Elle avait lu Trop-plein et "Le crabe" avait fait remonter des souvenirs douloureux liés à son ancien métier d'infirmière et au fait qu'elle avait soigné ma grand-mère, ce que
j'ignorais. Elle m'a appris que Mémé était arrivée à l'hôpital dans un état désespéré au début de sa maladie. Les médecins ne lui donnaient plus que 3 semaines à vivre et ont alors décidé de
tenter le tout pour le tout en expérimentant la chimiothérapie pour la première fois dans leur établissement. Avec elle, ils ont découvert tous les effets indésirables du traitement (perte des
cheveux, vomissements...) mais ont pu la sauver et lui permettre de vivre encore 17 années. Je savais que ma grand-mère avait noué des liens très forts avec le personnel hospitalier, elle
entretenait notamment une correspondance suivie avec une autre infirmière. Je comprends mieux maintenant pourquoi elle a tant marqué le service de cet hôpital.



carine-Laure Desguin 15/09/2010 12:18



TExte fort émouvant bien sûr ; qui n'a pas perdu un être cher dans ces tristes circonstances ; ce qui est cruel, ce sont les
répis, les délais comme ils disent dans le monde des hommes en blanc, comme si nous étions dans un tunnel avec une porte d'entrée et une porte de sortie ...Cruels sont aussi les traitements, les
promesses et puis tous les mensonges que l'on doit entendre et que l'on doit dire, aussi ...Ce que je n'accepte pas et que je n'accepterai jamais jamais, ce sont les crabes qui viennent
chatouiller et puis bouffer les enfants; à ce moment-là et uniquement à ce moment-là, je doute de la douceur de la vie . Le reste, ce n'est rien ...Ceci dit, merci Nadine pour ce très beau
texte...



Edmée 15/09/2010 12:14



Oh la la que c'est dur, et pourtant on sent qu'on veut le lire, que c'est un hommage à Mémé et son courage, sa capacité d'offrir des projets et de l'avenir en sachant que le sien vivait son
dernier chapitre.


Bien beau texte, Nadine!



GauthierH 15/09/2010 11:11



Nous avons, je pense, tous perdu quelqu'un dans des circonstances similaires. Des parents ou des amis... Je n'ai pu que m'identifier à la narratrice. J'ai vécu la même chose avec ma
propre grand-mère (qui, elle n'aura tenu que 6 mois) et je les revis actuellement avec mon propre père qui lutte depuis plus de deux ans. 
Ce texte m'a ému jusqu'au larmes.
Merci à toi.


Gauthier     



christine brunet 15/09/2010 07:50



Magnifique nouvelle... Un trop plein d'émotions au rendez-vous...