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Le blog Aloys

File d'attente, une nouvelle d'Alain Magerotte

7 Mars 2011 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Nouvelle

Alain

 

 

FILE  D’ATTENTE

 

Les deux gardes-chiourme ne nous prêtent qu’une attention distraite, trop préoccupés par les nuages noirs qui s’amoncellent. Le plus grand ronchonne que le pique-nique familial projeté pour le week-end est compromis. Son acolyte, les mains derrière le dos, dodeline de la tête en guise de mauvaise résignation mais ajoute, un éclair d’optimisme dans la voix :

« J’ai pas entendu les prévisions à la radio. Ce matin, le temps était prometteur, peut-être que plus tard dans la journée, ça va s’éclaircir…

- Je crois pas, fait le grand, quand ça devient aussi sombre, en général, c’est mal barre pour plusieurs jours… »

Il est dix heures. Une pluie fine et persistante, se met à tomber, sonnant le glas de leurs derniers espoirs en une amélioration prochaine.

La convocation stipulait que je devais être sur place à huit heures précises. J’ai eu de la chance en arrivant à huit heures et une minute que le grand m’accepte in extremis dans la file d’attente. Il faisait bon, le gars n’aurait peut-être pas été aussi sympa s’il avait plu à ce moment-là. Tout en plaçant une chaîne qui pend mollement entre deux piquets, il m’a même gratifié d’un sourire en me lançant :

« Je vous fais une fleur en vous laissant passer, sinon, je vous dis pas l’embarras dans lequel vous seriez… »

Je n’ai pas eu l’occasion de lui demander où il voulait en venir car déjà, il s’était éloigné avec son collègue après avoir ajouté, comme pour s’excuser de son beau geste :

« Z’avez de la chance d’avoir une bonne tête ! »

Il ignore que j’ai l’habitude d’être en queue de file. Je ne saurai jamais comment procèdent certains pour occuper la pole position… faut dire que je suis souvent… enfin, toujours à la bourre.      

La file s’ébroue lentement. Chaque pas en avant est suivi d’un agaçant surplace. Il en va ainsi depuis un peu plus de deux heures. J’aurais dû penser à prendre un bouquin, La comédie humaine par exemple.

De temps à autre, j’aperçois quelqu’un qui s’extrait de la file pour aller satisfaire un besoin pressant le long d'un mur à la peinture écaillée. Il regagne aussitôt son espace que suivi et suiveur ont délimité. Pas question de frauder, c’est comme au bureau de Poste ou à la caisse du Supermarché.

La comparaison me fait pressentir que l’inévitable «petit malin de service» va profiter de ces mouvements de foule répétés pour resquiller. Et voilà comme prédit : une dizaine de gaillards devant moi, revenant de s’être soulagé, une espèce d’échalas aux jambes interminables, à la tignasse trop lourde pour son maigre visage d’éphèbe sous-alimenté, profite de la situation et hop, se retrouve trois places plus avant. Ce gain provoque un scandale disproportionné en regard du maigre bénéfice engrangé par notre homme. Adoptant une attitude de matamore, une hideuse matrone, courte sur pattes, n’attendant qu’une occasion pour libérer toute la rancœur qui bouillonne en elle, incite, dans une jactance vulgaire, les «dépassés» à lyncher, du moins verbalement, l’horrible fraudeur. Le gars ne répond pas. De son mètre quatre-vingt dix, il dédaigne, hautain, la virago qui continue de vociférer.       

Les deux gardes-chiourme, que les conditions climatiques chiffonnent toujours autant, interviennent en demandant, exaspérés, au géant de leur montrer sa convocation. Après l’avoir vérifiée, ils se radoucissent, échangent quelques mots, mais agrippent tout de même le gars par le bras pour le contraindre à gagner le bout de la file, juste derrière moi. La nouvelle lanterne rouge se libère :

« O monde cruel, O monde barbare où l’aède est devenu un oiseau rare, il me tape sur l’épaule, vous… vous avez vu comment ils m’ont traité ? Comme du bétail ! Ils m’ont serré si fort que j’en ai le bras tout bleu ! »

L’inconnu me pousse à la conversation. Pourtant, je me suis juré de suivre mon parcours en silence, jugeant les circonstances trop favorables aux propos banals et aux discours creux. Aussi, j’essaye de couper court en répondant :

« Une surveillance de tous les instants doit soumettre les nerfs à rude épreuve…

- Est-ce une raison, parce que ces messieurs sont en ébullition, de me déplacer, dans une affligeante partition, en bout de file comme un pion ? O tempora, O mores… mais, veuillez m’excuser, j’ai omis de me présenter, Gonzague Richecourt, poète à mes heures, c’est-à-dire 24 heures sur 24…

- Enchanté » fais-je, sans juger utile de décliner mon identité. Mon interlocuteur, devisant sur son infortune, ne s’en émeut point.

« Qu’ont-ils indiqué sur votre convocation ? interroge-t-il, revenant brusquement à des considérations plus terre à terre.

- Que je devais me rendre aujourd’hui, à huit heures, sur le quai numéro cinq, face aux entrepôts.

- Pareil pour moi. Nous sommes logés à la même enseigne sous laquelle le flou absolu règne. Ceci dit, j’ai essayé, au grand gardien, de tirer les vers du nez… il m’a dit que ce n’était pas son rôle de parler. S’ils ne sont guère diserts sur le sort qu’ils comptent nous réserver, c’est qu’ils pensent ainsi mieux nous manipuler… »  

Richecourt laisse sa phrase en suspens pour ménager ses effets. Je m’attends donc à ce qu’il reprenne de plus belle en s’enflammant dans un violent réquisitoire contre la société. Cependant, il n’en est rien. Il soupire et s’enferme dans un mutisme plus éloquent que n’importe quelle diatribe.

Nous progressons de quelques pas. La file ne donne pas l’impression de diminuer. Il ne pleut plus mais le ciel, que les deux matons continuent d’interroger, reste menaçant. Des nuages gris nous narguent, prêts à déverser de nouvelles ondées.  

Richecourt me propose une demi-gaufre au chocolat, emballée dans un plastique, aux trois-quarts émiettée et aplatie, résultat d’un long séjour dans la poche de son manteau. Je le remercie mais ne saurais rien avaler, je suis trop énervé à l’idée de passer des heures à faire la file.

Un cri s’élève. Il est suivi de propos offensés émanant d’une jeune femme à l’adresse d’une espèce de rustre qu’elle accuse de la serrer d’un peu trop près. 

L’accusé, goguenard, semble ne pas prendre les menaces de la demoiselle au sérieux qui appelle alors les gardiens. Une initiative terriblement efficace puisque l’insolent, pris d’une crainte subite, crie à l’adresse de ces derniers :

« Ça va, ça va, vous dérangez pas, y a vraiment pas de quoi s’énerver… je vais gagner le bout de la file où je me tiendrai à carreaux pour le reste de la journée… »

Le plus grand des gardes lance :

« Z’avez intérêt, sinon… »

Et voilà le bonhomme qui vient se mettre derrière Richecourt et moi. Si cela continue, je vais me retrouver aux avant-postes.

Nous sommes pris à témoin par le nouveau venu :

« Vous avez vu ça ? Non mais pour qui elle se prend cette greluche ? D’accord, elle est mignonne, mais ce n’est pas une raison pour qu’on lui obéisse au doigt et à l’œil. Je l’ai serrée d’un peu trop près… c’est le gros derrière moi qui m’a poussé en revenant d’aller pisser... et puis, après tout, zut, ce n’était pas désagréable de lui toucher le popotin. Tiens, si je pouvais, je recommencerais…  

- Vous auriez pu commencer par la fin… cela nous aurait évité un préambule hypocrite, rétorque Richecourt sur un ton agacé.

- Si on ne peut plus plaisanter, Monsieur qui m’a l’air un peu coincé… c’est ta première file ?

- Je suis Gonzague Richecourt, poète… c’est ma première file, comme vous dites, et je ne vous autorise pas à me tutoyer ! 

- J’aurais dû me douter, un illuminé ! Allez, je ne t’en… je ne vous en veux pas… sachez cependant, M’sieur le faiseur de rimes, que dans la file, qui que vous soyez, ils n’en ont rien à cirer ! C’est ma septième, je sais de quoi je parle, foi de John… » 

J’aimerais questionner John au sujet de la file quand soudain, une méchante houle secoue notre bel alignement. Elle est suivie d’exclamations de frayeur.

Un type vient de s’écrouler d’une pièce. Malgré la vive émotion, un jeune gars plein de sang-froid se précipite au secours du malheureux qui est pris de convulsions. Son visage devient violet, il n’est pas beau à voir. Il se raidit.

Le jeune gars lui fait du bouche à bouche, martèle la cage thoracique à grands coups de poing rageurs avant de s’arrêter, exténué, devant l’inanité de ses efforts. Il se relève en toussant et regagne sa place dans la file d’attente, désolé de n’avoir rien pu faire pour le malheureux.

Les deux gardes-chiourme entrent en piste une nouvelle fois pour tirer le macchabée par les bras et le déposer près de la porte d’un des entrepôts. Ensuite, de leur portable, ils appellent une ambulance. Celle-ci surgit si vite qu’on croirait qu’elle se trouvait en embuscade derrière le bâtiment. Des brancardiers embarquent le corps de l’infortuné.

« En voilà un qui est définitivement exempt de file… ricane le dénommé John.

- Vous faites preuve d’un cynisme écoeurant, lance Richecourt.

- Une scène comme celle-là est courante depuis que je fais la file. Y en aura d’autres, croyez-moi. Voilà une manière propre d’éliminer l’excédent…

- C’est nous que vous qualifiez aussi élégamment d’excédent ? J’ai peur de comprendre…

- Chapeau pour cet éclair de lucidité, M’sieur le poète dont l’espèce est en voie de disparition parce qu’il y a plus de place pour elle… vous, moi, et tous ces braves gens qui font la file, représentons le surplus qui ne s’extirpera de cette sinistre comédie que les pieds devant, comme ce pauvre type… »

John se rengorge. Son côté bravache m’énerve : 

« Pourriez-vous nous dire à quoi rime cette mascarade ? fais-je sur un ton cassant.

- J’ai pas la prétention d’en savoir plus que les autres. Je constate, c’est tout. Appelons cela de l’expérience. Je vous ai dit que je n’en étais pas à ma première file… mon seul mérite est de tenir le coup et de pouvoir revenir, chaque fois, le lendemain…

- La convocation de Monsieur Richecourt et la mienne ne sont valables que pour aujourd’hui, c’est bien écrit…

- Tétététété, quand vous arriverez en fin de parcours, un type vous en donnera une nouvelle pour demain et ainsi de suite. Ce sera comme ça tant que vous vivrez. Y a que la toute première convocation qui est envoyée par recommandé

- Et pourquoi ?

- Ça leur évite une perte de temps inutile et des frais considérables.

- Nous sommes donc si nombreux ?

- Essayez d’apercevoir le début de la file… »

C’est vrai qu’on ne le voit pas. Quand il ne fait pas aller sa grande gueule, John a un côté presque touchant. Je commence à le trouver sympathique. Peut-être est-ce dû au fait que nous partageons un identique et étrange destin.

La pluie se remet à tomber aux environs de midi. Ajoutée à l’attente, elles finissent par provoquer chez certains un état proche de la crise de nerf. La preuve avec ce quidam sortant du rang pour rebrousser chemin d’un pas plus que décidé. Lorsqu’il arrive à ma hauteur, le plus grand des gardes-chiourme l’interpelle :

« Où allez-vous ? Il est interdit de quitter la file, si ce n’est pour…

- J’ai assez perdu de temps comme cela. Je reviendrai demain, ce crachin va me faire choper la crève. J’ai les bronches fragiles…

- Bronches fragiles ou pas, je vous somme de regagner votre place… ce temps n’est bon pour personne mais on sait rien y faire » profère le garde, sentencieux.

- Et moi, je vous dis que… »

Le malheureux est empoigné par les manches, trop longues, de sa veste. D’un mouvement sec des bras, le type se libère de l’étreinte et veut s’enfuir. Il est crocheté par derrière et s’affale sur le sol. Les gardes l’entourent, menaçants :

« Maintenant, filez derrière, sinon… »

Le type comprend qu’il serait sot d’insister et obtempère en essuyant, du revers de sa manche, le filet de sang qui s’échappe des commissures des lèvres. John l’admoneste :

« Bon sang, c’est tout de même pas votre première file ! Je vous ai aperçu hier, et encore avant-hier… tenez, prenez ce mouchoir et essuyez-vous. On peut dire que le macchabée vous a sauvé la vie… 

- Que voulez-vous dire ?

- Le coupable d’une incartade subit la sanction suprême, sauf dans les cas suivants : si c’est sa première file, le nouveau se voit octroyer le «bénéfice du manque d’expérience», s’il se punit lui-même en se mettant au bout comme je l’ai fait tout à l’heure, avec la perspective de passer la journée dans la file d’attente, ce qui n’est pas rien… et, enfin, s’il y a mort d’homme… question d’équilibrage, ils ne peuvent pas être en-dessous du quota imposé au quotidien.

- Et… qu’entend-t-on par «sanction suprême» ?

- Le renvoi immédiat à la maison !

- Comment ?... Ce serait plutôt une bénédiction ! » m’écriais-je, prêt à commettre la faute qui me permettrait de rentrer chez moi. John tempère mon enthousiasme.

« Cela hâterait votre mort, mon cher. Croyez-moi, tant que l’on vous convoque pour faire la file, cela signifie que vous existez, que vous êtes attendu, c’est-à-dire que vous êtes utile… donc, que vous ÊTES tout simplement. A partir de l’instant où vous êtes, vous éprouvez des vibrations, des sensations comme celle que procure le plaisir d’attendre à votre tour. N’est-ce pas merveilleux d’attendre, même si l’on ne sait ni qui, ni quoi ? Juste le fait d’attendre, rien de plus… ne plus être attendu ou ne plus rien attendre, c’est mourir. Le jour où on vous éjecte de la file, préparez-vous à mourir à petit feu…

- C’est insensé, voyons ! Vous essayez de me convaincre que le fait de faire la file bêtement et de recommencer les jours suivants, est une preuve que l’on existe, tandis que…

-… Tandis que se morfondre chez soi, abandonné de tout et de tous, sans l’ombre d’un espoir de voir quelqu’un nous appeler parce qu’on est considéré comme mort aux yeux de la terre entière, c’est la joie… tu parles ! La perspective d’une vie de reclus m’accompagnant jusqu’à mon dernier souffle sans susciter la moindre réaction, ni le moindre intérêt de la part d’autrui… merci, très peu pour moi… sachez, cher Monsieur, que, dans cette misérable existence, arriver sans défaillance, le soir, au bout de la file est devenu un objectif avouable, valorisant même. Savoir qu’on est attendu le lendemain et les jours qui vont suivre, nous rassure quant à notre raison d’être. Je le répète : ne pas se soumettre aux impératifs de la file d’attente serait suicidaire.

- Ah ! Bravo, s’écrie Richecourt, je m’étais juré de ne plus adresser la parole au cuistre que vous êtes… si j'en avais un, j’ôterais mon chapeau sur le champ en signe de respect, quelle envolée ! Vous m’avez convaincu, Monsieur… »

John lève les bras, pressant ses mains l’une contre l’autre à s’en faire rougir les paumes, comme un sportif remportant une compétition. Il se met ensuite à tourner sur lui-même dans une attitude fanfaronne, attendant les acclamations d’un public boudeur. Une gestuelle grotesque et choquante en osmose parfaite, cependant, avec la situation biscornue que nous vivons. 

Aux facéties de John, succède un calme plus seyant aux circonstances. Notre lente marche en avant se poursuit durant le restant de l’après-midi jusqu’à ce que la nuit descende sur une file d’attente réduite à la portion congrue.

Il est près de vingt-deux heures lorsque le dernier carré formé par Richecourt, John, le fugueur et moi-même, atteint une table basse derrière laquelle trône, crâne rasé et lunettes noires, un énorme type aussi attirant qu’une porte de prison.

Il m’arrache presque la convocation des mains puis, s’empare d’un feuillet de format A4 sur lequel il recopie mes coordonnées. Au verso du document, sont imprimés des dizaines de petits carrés. Dans le tout premier, en haut à gauche, il inscrit la date d’aujourd’hui. Les autres sont destinés à mentionner les jours suivants.

Le colosse me tend une convocation pour demain et me signifie, d’un hochement de tête, que je peux disposer. Inutile de lui poser la moindre question, il n’y répondrait pas. D’ailleurs, tout est très clair dans mon esprit, lorsque je me remémore les paroles réconfortantes de John : «Savoir qu’on est attendu le lendemain et les jours qui vont suivre, nous rassure quant à notre raison d’être…» 

En un jour, j’ai beaucoup appris. Des leçons bien retenues en attendant les prochaines, car, je suis gagné à la cause de la file d’attente qui me fait vivre. Je n’ose m’avouer que c’est surtout une question de survie.

Je salue mes trois compères, souhaitant les revoir le plus souvent possible. J’ai même une pensée émue pour les deux gardes-chiourme qui seront certainement au poste demain. En effet, la pluie semble s’être installée dans la région pour plusieurs jours.

 

 

 

Alain Magerotte

 

http://www.bandbsa.be/contes/magerotte1recto.jpgNouvelle extraite du recueil "Bizarreries en stock"

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claude danze 09/03/2011 15:51



Excellent, cette façon d'entraîner le lecteur au plus profond de l'inepte. La file pour la file... Brrr, j'en ai froid dans le dos, en imaginant qu'un jour, il pourrait ne plus rester que ça...
Excellent moment de lecture: on "se laisse avoir" du début à la fin.



Philippe D 08/03/2011 06:37



J'ai fait la file pour arriver à lire la nouvelle d'Alain hier mais je n'y suis pas arrivé. Je suis donc arrivé en avance aujourd'hui pour arriver à mon but. Je ne regrette pas ma précipitation.
Nouvelle écrite avec grand talent. Bravo!


PS C'est le soleil qui m'a retenu dehors hier et qui m'a empêché de venir ici. Je commence donc mes visites avant son lever aujourd'hui.


Bonne journée à tous.



magerotte 07/03/2011 11:39



Un tout grand merci pour vos commentaires



carine-LAure Desguin 07/03/2011 10:03



La patience et moi, c'est deux ! Et donc, les files, j'ai envie de les secouer à les faire onduler jusqu'à plus faim ou plus soif ou je ne sais quoi puisqu'on ne sait pas toujours pourquoi on
fait la file !! Ceci dit quelle chouette idée cher Alain d'avoir écrit ce texte ! Les phrases nous tiennent en haleine, on a envie de remonter la file ....le plus vite possible !



Lascavia 07/03/2011 10:00



"La condition humaine" était citée dès l'entrée dans cette file d'attente proposée par Alain M. Un indice judicieusement choisi et placé, mine de rien, par l'auteur.Très belle allégorie
illustrant la place fondamentale de l'Espérance dans l'existence humaine. Il faut beaucoup de talent pour, je pense, parvenir à élever la Nouvelle à la hauteur d'une réflexion philosophique
sérieuse sans perdre le lecteur dans des clichés ou des longueurs pégogiques fastidieuses. Bravo++++ à Alain !



Micheline 07/03/2011 09:01



Voilà une nouvelle qui m'a fait frissonner. Très bien écrite, elle évoque tant de files d'attente que ce soit, par exemple, pour s'inscrire à un concours télévisé, pour faire les soldes ou
pour monter à bord d'un avion.     



Louis 07/03/2011 08:47



Bravo Alain !


On retrouve un peu de Kafka dans cette nouvelle. En ces temps où tout le monde fait la file, chacun s'y retrouvera. Au début, à la fin ou caché en plein
milieu attendant que ça avance...


J'ai apprécié !



christine 07/03/2011 07:21



Angoissant, cette file, cet environnement, ces réactions... Mais si bien décrit ! Il y a des années de cela, j'étais à (l'ex) Léningrad, en plein été. Grosses chaleurs et des fils d'attente
partout sur les trottoirs. Curieuse, j'ai demandé au dernier de l'une des files le pourquoi de la file... Il ne savait pas, mais, m'a-t-il dit, s'il y a une file, c'est qu'au bout, il y a quelque
chose d'intéressant. Pour voir, je l'ai remontée et je suis arrivée sous le regard froid de ceux de la file devant un marchand de glaces. Et les glaces en ex URSS miam... J'ai donc pris ma place
dans la file... puis l'habitude aidant, durant mon long séjour, j'ai fait comme les autres et j'ai découvert, comme ça, le kwak, d'autres glaces, le Kirov...