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Le blog Aloys

Bob Boutique: j'suis pas un écrivain, j'suis un conteur !

29 Janvier 2011 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #interview

bobclin.jpgJ'ai beaucoup hésité avant de demander à Bob de me raconter sa manière  d'écrire...  J'ai lu les critiques de son bouquin, l'interview donné pour Monde du Livre... Je l'ai regardé interroger avec brio des auteurs pour l'Actu TV... link

 

On sent son regard affûté. Son site est éclectique... Un regard particulier sur le monde de la culture qu'il développe avec toute l'équipe enthousiaste de l'Actu TV...link

 

Un humour à fleur de peau, piquant, déstabilisant qui intimide... 

 

J'ai tergiversé et puis le titre du livre, la personnalité de Bob m'ont convaincue... Contes bizarres...  J'aime les contes, tous les contes... J'avais donc envie de les lire mais un peu peur aussi... Le monde de Bob me paraissait si... bizarre...

 

Et voilà, c'est fait: pas déçue un instant ! J'en ai encore le sourire aux lèvres en repensant aux textes que j'ai dévorés, aux héros qui les traversent comme une claque à l'uniformité ! Et dans la foulée de l'enthousiasme, j'ai osé... Je ne lui ai pas posé des dizaines de questions, juste trois...

 

Je vous livre texto ses réponses... Rien à ajouter... Enfin, pas encore...http://www.bandbsa.be/contes/actu.jpg

 

« Tu gères ton texte comme tu veux », qu’elle m’a dit la p’tit Brunet. Je l’ai jamais vue, ni même entendue, rien que des mails échangés, mais j’ai sa photo et ma foi… elle est plutôt jolie. Une auvergnate qui vient en réalité d’Aubagne, le pays de Pagnol.

 

Moi je suis de Belgique, avec des parents hollandais. C’est très différent. Mais on a quand même un point commun. On adore les voyages. J’ai pas mal bourlingué avant de devenir « sache comme une imache » . Qui sait ? P’têt que je l’ai croisée sur un sentier de l’Everest ou au détour d’une piste kenyanne ?

 

Bon, c’est pas tout ça.

 

http://www.bandbsa.be/contes2/actutvcarre.jpg« J'aimerais que tu me parles de ta façon d'imaginer tes histoires et de les écrire. Comment t'est venue l'envie, où tu prends ton inspiration… » et tous ces trucs qu’on raconte dans les conférences de presse pour faire l’important.

 

Mais qu’est-ce que j’en sais Christine ? Quand j’entame un conte bizarre, je ne sais même pas comment il va se terminer. Et pour commencer, j’écris pas… je raconte. J’suis pas un écrivain, mais un conteur. J’ai une copine qui habite près de new-York et publie des textes que tous on peut les lire dans le grand auditoire de l’université, même qu’il faut prendre des notes pour en discuter après. Elle aligne deux mots, et elle a le prix Concours.

 

Moi, j’ai une image qui me saute aux yeux, comme ça, un truc qui m’émeut… et zou… c’est parti. J’en fais une histoire et je papote et je papote, comme on raconte un truc qui vient de vous arriver, à table à des amis, entre la poire et le fromage.

 

La syntaxe en prend un coup bien sûr, le vocabulaire aussi, car lorsque je ne trouve pas le mot qu’il faut, je l’invente et puis, comme j’ai commencé ma vie en allemand et en flamand, de temps en temps, je dérape et je mélange. Mais en général, on comprend. Voilà.

 

On comprend, c'est sûr... On s'amuse, on apprend... On fronce parfois les sourcils, on relit et on sourit un peu plus à l'humour fin, presqu'ironique du conteur...

 

« Je me demande pourquoi tes histoires finissent toujours mal... » qu’elle insiste mon interviouweuse… comme si j’étais le mec ravagé qui répand sa bile et son fiel autour de lui. 

 

(Ni bile, ni fiel, Bob... un juste retour des choses lorsque les méchants 's'en prennent un coup derrière les oreilles', comme on dit chez moi!).

 

Faux mam’selle. Faux. Mes contes sont plein de mecs tordus, de crapaudes et de pauv’types… mais je les aime tous, tous, parce qu’ils sont lamentables comme la plupart d’entre nous… parce que le monde est un univers de fous qui n’est lucide que quelques jours par an, pendant la période du carnaval ! Même que c’est dans ma préface.

 

Et tac, dans les dents ! pensais-je... J'entends la petite voix de Bob m'avertir qu'il faut toujours lire les préfaces... Bon... Mais je préfère sauter à pieds joints dans les textes, sans les avertissements de l'auteur... Son univers, je veux le découvrir seule pour le savourer tout à loisir... 


cover.gifMon monde à moi,- poursuit-il, c’est celui de Breugel ou mieux … celui de Bosch, avec des tas de personnages ridicules qui gigotent comme des marionnettes au bout de leurs fils et tout au fond du tableau, dans le lointain, tout petit, un berger immobile au milieu de ses moutons, qui observe en s’appuyant sur un long bâton.

 

Non, non, je ne suis pas le berger… moi, je danse avec les paysans et les madames aux gros seins et je suis (du verbe suivre)  leur procession qui mène tout droit vers l’enfer. M’en fous, j’y crois pas.

 

Des histoires qui finissent mal ?  Mon petit vieux qui tchate avec une gamine de treize ans ne l’a jamais agressée que je sache… et la jeune folle qui s’envole vers la Suède pour y rejoindre un correspondant du net… bon je vais pas tout dévoiler, mais… ça finit… bon vous verrez bien. Et le grand connard qui rate son suicide…

 

D’accord. Parfois mes personnages s’énervent un peu et assassinent ou se flinguent. Mais jamais gratuitement, par folie, par désespoir, par vengeance…  et tous iront au paradis comme dans la chanson de Polnareff, car tous (sans exception) ont été des petits bébés à leur maman avant de virer adultes. Je vous interdis de les juger.

 

bobdk5

 

Sur ce, j’ vais me faire un p’tit café. Elle m’a énervée la Brunet…

 

ça va, Bob, je m'incline devant la force... même si je n'ai pas encore dit mon dernier mot... 

 

 

 

Vrai que tes personnages, on ne peut que les aimer, les plaindre, les comprendre... Moi, je les trouve profondément humains, complexes... et très modernes... tellement éloignés des caricatures de Breugel ou de Bosch, trop restrictifs à mon sens... 

 

 

Situations cocasses, grinçantes, cruelles se succèdent au fil de tes contes dans un délire éminemment humain  qui tire les personnages hors de leur statut d'êtres sensés. C'est sans doute ça, l'art du conteur ! Non ?

 

Mais je vous laisse seuls juges...

 

Christine Brunet


www.christine-brunet.com

www.aloys.me

www.passion-creatrice.com

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Anne Renault 30/01/2011 17:27



J'avais passé commande de "Contes bizarres" avant de lire l'interview. Toujours pas reçu le bouquin, mais encore plus envie de le lire. J'attends de rencontrer ces personnages qui sortent du
quotidien ordinaire, mais qui sont sans doute encore plus nous, en ce qu'ils vivent ce que nous, on ne s'autorise pas, mais qu'on a souvent dans la tête. Et puis j'aime bien les
suicideurs. Evidemment s'ils se ratent, on est un peu déçus. J'aime aussi beaucoup les flingueurs. Il y a des deux dans mes histoires, mais pas dans le registre de l'humour, qui imprègne,
j'imagine d'après l'interview, tes contes, Bob. Non que je me prenne ou que je prenne mes personnages au sérieux, mais l'humour, c'est une vision du monde que j'aimerais pouvoir pratiquer,
mais ça ne vient pas comme on veut, surtout quand on a le fond un peu désespéré.


J'espère trouver dans ton livre, Bob, l'entrain, le sans-façon, l'absurdité, la poésie des petis personnages de Bosch.


Après lecture, je tâcherai de trouver un lieu du net  pour t'envoyer mes commentaires.


Anne


 



Marie-France Mellone 29/01/2011 16:30



Après avoir lu l'interview et les commentaires, je me dis que j'ai bien fait de commander les "Contes bizarres". Dès que je reçois le livre, je me jette dessus. Pas sur Bob, hein, sur le bouquin




Edmée 29/01/2011 13:41



Bob, c'est toute une institution à lui tout seul.  Modeste et touche-à-tout (musique, WebTV, promotion des autres, écriture, projets pour les cent prochaines années...), bourré de talent,
aventureux, charmant, amoureux, adorable, un vrai prince charmant. Et son humour, alors, c'est sa couronne. La gentillesse aussi, allez. Le voici avec deux couronnes!


Merci Christine pour cette magnifique interview qui met notre cher Bob sous les projecteurs ...



carine-LAure Desguin 29/01/2011 12:57



Un hyperdynamique ce Bob, sur tous les fronts, ses yeux et ses mains ne ratent rien ! Mais quel bonheur qu'il soit actif chez cdl ! C'est un diffuseur ...



Micheline 29/01/2011 09:53



Je retrouve bien Bob dans cette interview.


Savez-vous qu'il a écrit aussi quelques chansons chargées d'émotions ? Savez-vous qu'il conte parfois une merveilleuse histoire bizarre et qu'ensuite on n'a plus l'occasion de la réentendre ?
Est-elle perdue à tout jamais ? La remettra-t-il à son répertoire ? Il sait probablement de quoi je parle. J'espère qu'il répondra...


Bob est trop modeste... Non, ne rougis pas Bob, c'est vrai.



Lascavia 29/01/2011 08:17



"Et ZOU !", comme dirait Bob... Interview rondement menée, comme une partie de squash. Sur le rythme rapide et sûr d'un conteur de première classe... Il ne va pas aimer, Bob, les louanges et les
lauriers, c'est pas son genre, à cet écrivain non écrivain mais qui écrit très bien . Hein ? A lire sans modération,
le Tome I des Contes Bizarres, suivi très bientôt du tome II après lequel nous sommes nombreux à trépigner ! C'est vrai quoi, fallait pas y goûter, ça rend...accro !



Philippe D 29/01/2011 07:59



On découvre encore un peu plus Bob dans cet interview. Je me laisserai tenter par ces contes, c'est sûr d'autant plus que nous avons un point commun, Bob et moi.


Lequel? Apparemment nos histoires finissent mal. En tout cas, c'est ce que disent nos lecteurs.


Rassure-toi, Christine, rassurez-vous, vous qui lisez ceci, mon conte pour enfants qui sortira (au fait, il sortira quand?) chez CDL se termine comme ... un conte de fée. Il ne faut pas les
traumatiser, les mômes !


Bon weekend à tous.



christine 29/01/2011 05:58



Il est vrai qu'à l'époque, ne connaissant pas Bob, j'ai longuement hésité à lui proposer cet interview et, d'ailleurs, je ne pensais pas qu'il accepterait...


Ensuite, c'est lui qui a mené la danse... je me suis bien amusée.


J'attends avec grande impatience le contes bizarres II. Le premier opus est absolument à lire.