Karl Chaboum nous revient avec un poème extrait de son recueil "Le sol à l'envers"

Publié le par christine brunet /aloys

Karl Chaboum nous revient avec un poème extrait de son recueil "Le sol à l'envers"

PANIQUE NOIR SOLEIL

Le bruit court qu'on a volé la reine.
L'Afrique est en émoi.
Ses yeux d'un noir encre
Éclairaient la plus obscure des négociations.
Ses narines exhalaient un souffle
Faisant fuir une flotte de navires ennemis.
Ses lèvres charnues, fermées,
Laissaient entrevoir tous les espoirs.

Le continent entier était à pieds.
Ils sont maintenant cul-de-jatte,
En cul de sac.
Sa couronne jaune de fin tissu
Était-t'elle à présent flétrie,
Meurtrie, en une autre patrie ?
Que faire ?
Se tourner vers les cieux ?
Peine perdue.
Vers l'enfer ?
Encore moins.

Rongés d'anxiété,
Les millions d'Africains
Attendirent donc...
Jusqu'au jour où elle apparut enfin.

Elle était dans les bois, méditant,
Se demandant comment se faire désirer
Davantage.
Elle attendit un mois.
Découvrit le secret :
Disparaître... Et attendre,
Jusqu'à ce que toutes les langues pendent,
Pour arriver à pas feutrés
Pour être par le pays portée
Aux plus hautes nuées.

Ainsi feront les femmes voulant jouir
Du statut de reine.
Avoir toujours le même portrait,
User du même stratagème
Et réussir... ou mourir dans les bois.



Karl Chaboum,

Publié dans Poésie

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Commenter cet article

Jeannot 17/11/2016 23:11

Karl Chaboum est mort..

Christina previ(otto) 12/04/2016 19:12

Donc si tu veux être reine... belle image et belle imagination!

M-Noëlle Fargier 12/04/2016 13:39

L'attente de l'espoir, du rêve, d'un idéal, d'une réparation....Ces images sont si belles !

Micheline 12/04/2016 08:29

Une belle écriture, fort particulière. Un texte qui donne à réfléchir. Bravo, Karl !