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Robert Blée nous propose un extrait de son ouvrage "A l'ombre de mon tilleul vert"

Publié le par christine brunet /aloys

Souvent je viens m’asseoir sous mon tilleul vert afin de trouver, dans l’éclat du soleil haché par un feuillage joueur, les prémisses d’un élan, ceux de la beauté.

Je les trouve dans ces moments extrêmes où l’essence de la vie fait d’un songe une valse à deux temps qui me pousse sereinement à comprendre le battement des ailes de papillons, ou celui de l’aiguille qui tourne sans relâche autour de nos horloges internes.

Dans le ballet des tic-tacs

Se construit la vie

Au rythme de nos frasques.

Souvent, la couleur de l’espoir vient chatouiller le jaune cru de mes matins engourdis afin de me bercer dans le blanc nacré des moutons sans berger qui semblent naviguer dans l’azur d’un ciel rieur, dans le no man's land d’un monde sans torpeur.

Étranges visions que je livre en étal, étranges sensations, étrange amour.

À l’ombre d’un tilleul

 

Les feuilles bruissent au vent

Dans les notes confuses d’un été,

Elles chantent aux oreilles des enfants.

 

Regards bleus,

Têtes blondes,

Le temps à l’abri des tilleuls passe.

 

Les murmures des rayons francs

Assoiffent les fontaines muettes,

Réchauffent les billes d’antan.

 

Agates aux tons miel,

Têtes rousses,

Les cours de récréation dorment.

 

Dans l’air…

 

Des fleurs,

Mille senteurs,

Le bonheur,

Les blés dansent

La ronde d’une houle formée,

Le vol d’un papillon fatigué.

 

Tout est calme en campagne,

Le temps d’été s’égrène

Paisiblement à l’ombre d’un tilleul.

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La petite main, un conte signé Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

 

LA PETITE MAIN


 


 

Dimanche de printemps. Je suis seule. Mon mari suit des cours techniques aux États-Unis. Une session d’un peu plus de quatre semaines. Je parcours la brocante de mon quartier. Une façon comme une autre de combattre mon ennui.

Tout à coup, je le vois. C’est un coquetier en porcelaine blanche sur lequel sont peintes des fleurettes bleues. Je m’informe du prix. L’homme le vend quinze euros. Il pourrait le vendre le double que je ne résisterais pas à la tentation. Ce bel objet, il me le faut pour ma collection. Son double, ébréché et fendillé, garni de fleurettes roses, se trouve dans la corbeille ‘tout à deux euros’. J’achète les deux.

Quand je déballe mes achats, je découvre, auprès des deux coquetiers, une petite main en bois qui mesure tout au plus cinq centimètres de long. Probablement la main d’une statuette de Saint Joseph qui se trouvait près de la corbeille aux objets démarqués. Je lave les deux coquetiers et pose la main sur l’appui de fenêtre près d’un chiffon tout propre que je destinais au nettoyage de la vitre.

Je m’affaire. Procédant par essais et erreurs, je trouve dans ma vitrine le bon endroit où placer les coquetiers. Ensuite, je prépare du potage aux asperges pour mon repas du soir et je cuis des œufs durs.

Lorsque je m’apprête à nettoyer la vitre, je m’aperçois qu’elle étincelle comme jamais ! Le chiffon est sale, la petite main repose tout à côté. J’ai beau interroger ma mémoire, je n’ai aucun souvenir d’avoir nettoyé la vitre. Même pas un petit coup comme je le fais parfois lorsque le temps manque ou que j’y aperçois une trace de pluie.

Alors, je joue le jeu. Si la main veut travailler, elle trouvera à s’occuper ! Je débarrasse la table du salon des revues et journaux qui l’encombrent. J’y dépose la petite main et le chiffon. Puis, je fais demi-tour et vais au jardin. Après tout, cette petite main ne supporte peut-être pas qu’on l’observe ! Donnons-lui toutes les chances de se montrer de nouveau efficace !

Retour du jardin, la table est impeccable et le chiffon un peu plus sale !

Inutile de dire qu’il s’en passe des choses dans mon cerveau. Si une main est efficace, deux mains, deux pieds, une tête le seront plus encore ! Vite, je repars pour la brocante ! Ouf, le marchand est toujours là et Saint Joseph n’a pas trouvé acquéreur ! Pour cinq euros, j’achète la statuette, en mauvais état, car, évidemment, il lui manque une main !

Sitôt rentrée, petit test de mise en route. Je place la statuette sur la table de la terrasse. Elle est entourée de chiffons tout propres, de la bouilloire, du moulin à café, du pot à tabac et de la cafetière en cuivre. "Allez, vas-y, brave Joseph ! Travaille, affaire-toi ! Rends service puisque telle est ta vocation !"

Pendant ce temps-là, je me repose dans un fauteuil sur la pelouse. Envie de regarder, envie de savoir mais je résiste ! Une heure plus tard, je me lève. Joseph est resté là où je l’avais posé et les cuivres sont toujours aussi ternes.

Ça cogite toujours dans mon cerveau ! Envie de casser l’autre main, de séparer chaque pied du corps, puis d’essayer de faire de même avec la tête. Envie mais retenue. Envie mais contrôle. Envie mais réflexion plus profonde. Pauvre Joseph, j’aurais dû être plus explicite et plus respectueuse !

J’ai alors recours à un petit rituel du même genre que j’utilise pour obtenir un service de ma sœur, de mon cher époux et même de Jeanne, la femme de ménage qui vient tous les quinze jours ! "Bonjour Joseph. Tu es tellement efficace. C’est vraiment chouette de pouvoir compter sur toi. Tu veux bien m’aider une fois de plus ? Il y a ces cuivres à astiquer. J’ai mis à ta disposition tout ce qui semble nécessaire. Tu ne vois rien d’autre qui te serait utile ?"

Joseph ne répond pas. Je retourne au jardin. Une heure après, Joseph n’a rien astiqué du tout. Aussi inactif que mon époux quand il me dit : "Je laverai l’auto dans deux minutes…" et qu’il continue à lire un polar ou à surfer sur Internet.

C’est dimanche. Joseph aurait-il décidé de ne plus travailler aujourd’hui ? Laissons-lui le bénéfice du doute…

Pendant ce temps-là, la petite main, que j’avais posée sur l’étagère, au-dessus du tas de chiffons, a fait œuvre utile. Elle a rangé les produits d’entretien et les torchons.

La nuit porte conseil, dit-on. Alors, je n’insiste pas. Je rentre Joseph dans la maison, le pose au fond du living, sur le bureau entre l’ordinateur et le téléphone. La petite main trouve place sur la coiffeuse, dans ma chambre.

Le lendemain, à mon réveil, les tiroirs de la chambre sont rangés. La mini poubelle de la salle de bain déborde de chaussettes, de slips, de singlets et de mouchoirs usagés. Apparemment, la petite main a horreur des tissus élimés…

Le matin, je gagne les bureaux de maître Délian, où j’exerce la fonction de secrétaire. La petite main est dans ma poche. On ne sait jamais de qui on peut avoir besoin, n’est-ce pas ?

Joseph reste seul à la maison entre l’ordinateur et le téléphone où je compte l’y retrouver. Et pourtant, à mon retour, Joseph s’est volatilisé. Je le cherche partout. Aucune trace ! Ni dans le living ni dans les chambres, pas plus que dans la cuisine.

Les jours et les semaines passent. La petite main demeure une auxiliaire précieuse qui lave et range mieux que moi.

Et puis, mon mari rentre de son séjour en Amérique. Il remarque aussitôt les deux nouveaux coquetiers dans la vitrine. Sans faire le moindre effort, il réussit là où j’ai échoué, il déniche la statuette entre deux gros livres d’art de la bibliothèque ! Il l’en sort. "Tu sais Minou, il faudrait la faire réparer… Ce Saint Antoine de Padoue est si joli…"

D’un coup, je réalise ma méprise. Saint Joseph ? Saint Antoine de Padoue ? Le bonhomme était sans doute vexé de mon erreur d’appellation. Le lendemain, sitôt mon mari parti travailler, je reprends tout à zéro : et les préparatifs pour le nettoyage de mes cuivres et mes suppliques en rectifiant le tir : "Saint Antoine de Padoue, je te prie, veux-tu bien m’aider à astiquer les cuivres. Je crois que tu pourrais me rendre ce service de la meilleure façon qui soit. Merci d’avance."

Quand je rentre de ma matinée de travail, le bonhomme n’a rien fait. Je renonce donc. Seule la main est active, ce n’est déjà pas si mal. Je suis sûre que si je le lui demande, ce sera elle qui fera briller les cuivres.

Quand arrive la note de téléphone, il apparaît que la facture est particulièrement élevée ! Immédiatement, j’établis un lien ! Mon mari constate : "Quand je suis absent, tu ne te prives pas de téléphoner à l'étranger, en Turquie en plus… Qui connais-tu en Turquie ? Les anciens voisins de tes parents ?"

Il n’insiste pas. Il enchaîne avec un autre sujet - du moins le croit-il : "Tiens, à propos de dépense, un de ces jours il faudra faire réparer le Saint Antoine de Padoue…"

Saint Antoine de Padoue a donc été réparé. Au fait, le réparateur a estimé que c’était un ‘Saint Christophe’. Il n’en était pas sûr mais cette façon de porter l’Enfant Jésus le faisait pencher pour cette hypothèse.

"Habituellement Saint Christophe est représenté avec l’Enfant Jésus sur les épaules, Saint Joseph avec un lys, Saint Antoine de Padoue avec l’Enfant Jésus dans les bras. C’est une statuette rare. Difficile de la dater. Atypique. Oui, atypique. Cette main qui lui manquait, c’est étrange. On dirait qu’on l’a sciée. Oui sciée… Le plus bizarre, c'est l’enfant qui semble en déséquilibre."

La statuette réparée a trouvé place sur la commode du hall. Peu de temps après, la petite main que je manipulais toujours avec précaution et que je rangeais le plus souvent dans une de mes poches, a disparu.

Je l’ai beaucoup cherchée, oui vraiment beaucoup… C’est Jeanne qui, l’autre jour, m’a innocemment appris ce qu’il en était advenu : "Vous savez, Madame, vendredi j’ai trouvé en nettoyant, une petite main en bois près du téléphone… Je la tenais entre le pouce et l’index et puis, en la regardant de plus près, je l’ai lâchée. Quand j’ai voulu la ramasser, elle était en poussière sur le carrelage…Je me demande encore si j’ai bien vu ce que je pense avoir vu…"

Souvent, je pense à la petite main. Elle me manque comme me manque encore mon vieux maître de première primaire ou la vieille Clémence qui venait autrefois cuisiner des tartes chez Bobonne. Elle me manque comme peuvent manquer des odeurs de grenier, des effluves de pot-au-feu.

Encore une chose, un détail que j’allais oublier : depuis que la petite main est partie en poussière, les notes de téléphone sont redevenues ce qu’elles étaient avant son arrivée.

(Prix des Éditions le Roseau Vert au "Prix de l'eau Noire" à Couvin en 2009)


 

Micheline Boland

Site Internet : http://homeusers.brutele.be/bolandecrits

Blog : http://micheline-ecrit.blogspot.com

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LETTRES ÉCRITES À LA MANIÈRE DE GASTON CHAISSAC, un texte signé Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

LETTRES ÉCRITES À LA MANIÈRE DE GASTON CHAISSAC

L'orthographe particulière de Gaston a été respectée !


 

De Gaston Chaissac à Vincent Spitalels :


 

cher monsieur spitaels,


 

Ce matin en épluchant une pomme, j'ai pensé au denier collage que je vous ai envoyé et que vous devez avoir reçu. Le capitaine du paquebeau jaune-orangé de la partie droite aurait dû se trouver a gauche.

cette erreur dont je suis seul responsable m'autorise à vous en dire plus : le navire en question du fait de sa carguéson illicite de pommes ne pouvait avoir qu'un capitaine gauchiste, donc à gauche.

j'ai donc décidé de refaire le collage qui sèche sur la table à langer oubliée par ma fille lors de son dernier passage avec jean-batiste, mon petit-fils.

vous trouverez aussi quelques changements puisque le paquebeau aura changé de nom. par erreur, je l'avais batisé titanis, ce qui ne lui convient guère, avouez-le !

veuillez pardonner ma trop grande velléité de vous plaire et accepter la quirielle d'excuses qui accompagnent cette missive. je rest à votre écoute, cher ami.


 

(signé)

Gaston

p.s. : j'espère que votre problèmes de souris dans votre cuisine n'est plus qu'un mauvais souvenir.


 

***


 

Réponse de Monsieur Spitaels :


 

Bien Cher Gaston,


 

J'ose espérer que les choses alambiquées vous plaisent autant qu'à moi. Rassurez-vous, Cher Gaston, je ne manque pas d'idée poétique et mon problème de souris a été réglé en moins de deux par le chat de ma voisine qui a fait bonne chère de ces monstres.


 

Le rythme poétique qui m'habite depuis peu a pour origine un voyage au Brésil que ma fille a effectué le mois dernier. De ce pays béni, elle m'a ramené quelques disques de samba qui font mon bonheur de poète musicien.


 

Comme vous, je me suis lancé dans l'épluchage des concombres qui est un art en devenir. Merci encore de me l'avoir fait découvrir. J'ose espérer que cette maladie que vous évoquez à peine dans votre fin de lettre ne vous perturbe pas trop dans vos élans artistiques.


 

Pour vous, ce petit quatrain.


 

Gaston, tes épluchures

Font de notre culture

Un soleil merveilleux

Qui luit dans les cieux


 

Votre disciple, Vincent


 


 

Louis Delville

Blog : http://louis.quenpensez-vous.blogspot.com/

 

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La chanson d'Helga, une poésie de Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

LA CHANSON D'HELGA

(Sur la musique de l'Ange bleu avec Marlène Dietrich)


 

J'ai toujours aimé venir à Paris

C'est une ville qui me rappelle Berlin,

Le Berlin des années vingt


 

Notre Dame se mire dans la Seine

Depuis des centaines d'années

Et pourtant personne ne s'en lasse.


 

Les Folies Bergère attirent les hommes

Les Français comme les étrangers

Les femmes nues n'ont pas de nationalité.


 

Et puis c'est là que vit mon homme

Celui que j'ai dans la peau

Celui avec qui le ciel est toujours bleu.


 

Pourtant un jour il m'a trompée

Une américaine me l'a volé et il est parti

Je l'ai cherché partout dans la ville.


 

Puis un jour, dans un couloir de métro

Je l'ai aperçu et je l'ai suivi

Il est entré dans un immeuble cossu.


 

J'ai attendu longtemps dans la rue

Puis je suis montée au premier

C'est là que je les ai trouvés.


 

Dans le même lit tous les deux

J'ai ouvert mon sac et sorti le revolver

Il ne m'a fallu que quelques secondes.


 

Une balle pour elle

Une balle pour lui

Et une balle pour moi.


 

J'ai toujours aimé venir à Paris

C'est une ville qui me rappelle Berlin,

Le Berlin des années vingt.


 

Louis Delville

Blog : http://louis.quenpensez-vous.blogspot.com/

 

Publié dans Textes, Poésie

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Jean Destree nous propose un nouvel extrait de son prochain ouvrage "Un compte de fées"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

L’orage de la veille avait transformé les chemins forestiers en un bourbier collant aux chausses. Les montures trempaient leurs pattes dans la boue. Elles n’avaient pas besoin de freiner des quatre fers, la boue s’en chargeait. En marche ralentie, notre quatuor traversa une lande. Ils arrivèrent devant un grand lac. S’approchant, ils entendirent une petite voix qui chantait. Surprise! Une petite damoiselle à la queue de poisson était couchée sur une sorte de petit monticule sur une plage de galets. Entendant les pas des quadrupèdes, elle tourna la tête. Puis de remit à chanter.

 

- Bonjour, dit le prince Amaury.

- Bonjour dit Hestor

- Hello, répondit l’apparition.

- Qui es-tu, demanda le prince.

- Je suis Éline et toi?

- Je suis Amaury. D‘où viens-tu comme ça?

- D’un pays lointain près de la mer. Et toi?

- De mon château.

- Il est loin ton château?

- Oui beaucoup de lieues. Il faut marcher pendant des jours.

- Pour moi c’est compliqué. Je ne marche pas.  Je nage mais ici, c’est aussi compliqué, parce que il n’y a pas beaucoup d’eau et quand je plonge, je me cogne la tête contre le fond. Et ça me fait des bosses grosses comme des tomates.

- Tiens donc. Pourquoi tu ne marches pas?

- Tu n’as pas vu? Je n’ai pas de jambes, Je n’ai qu’une queue de poisson.

- C’est vrai que ce doit être compliqué de marcher avec une queue de poisson. Qu’est-ce qu’il t’est arrivé?

- C’est mon frère Flipper le dauphin d’Amérique. Il m’a fait une queue de poisson en me dépassant pendant une course. Je suis restée comme ça. Mon appendice m’empêche de marcher.

- Tu aurais dû te faire opérer. Moi, on me l’a enlevé.

- Tu avais le même?

- Non. Un ami de Vésale m’a ouvert le ventre. Et couic!

- Tu avais une queue de poisson dans le ventre? Ça, ce n’est pas courant, à moins que tu en aies avalé une.

- Mais non, l’appendice est au bout de l’intestin. Quand il est enflammé, on l’enlève et on se sent mieux.

- Ah! Tu avais le feu dans le ventre? Ça doit faire mal. Et comment on l’éteint?

- Je te l’ai dit, on coupe.

- Ah oui! J’ai compris, c’est un coupe-feu! Ça fait couic?

- Comme tu dis.

- Mon prince, je ne comprends rien à vos discours, dit Hestor en bâillant. Je commence à avoir faim. Laissons cette petite malheureuse avec sa queue de poisson et continuons notre voyage.

- Tu es vraiment terre à terre, mon pauvre Hestor.

- D‘abord, je ne suis pas terre à terre, mais assis sur mon âne qui a les pieds sales.

- Et toi, petite Éline, d’où viens-tu?

- Mes parents étaient marins sur une goélette. Ils ont débarqué ici après une tempête. Mon papa est reparti en bateau et maman s’est mise à laver les vêtements des marins pour acheter des tartines. Mon frère Flipper a aussi voulu partir en bateau mais maman n’a pas voulu. «Un coureur des mers, ça suffit,» qu’elle disait. Mon frère a décidé d’être coureur à pieds. Il voulait que je cours avec lui mais quand il m’a fait une queue de poisson, je ne pouvais plus courir. Il m’a laissé tomber. J’ai fait plouf et alors je me suis mise à nager. Ici je me repose sur mon tas de cailloux.

- Tu as dit que ton frère était un dauphin.

- C’est le surnom qu’on lui a donné. Le fils aîné d’un roi s’appelle le dauphin. Et mon papa était le roi de la mer. C’est logique non?

- Tu es une petit finaude.

- Je sais. Maman me le dit toujours Éline la fine. Ça rime n’est-ce pas?

- Et tu vas rester comme ça longtemps sur ton tas?

- Je ne sais pas. S’il pleut trop fort,je plonge pour ne pas être mouillée.

- Ben voyons! Nous te laissons et tâche de ne pas trop prendre froid. C’est mauvais pour la  santé.

- S’il fait trop froid, je plonge aussi.

 

Nos voyageurs laissèrent Éline la petite sirène à queue de poisson. Ils trottèrent longtemps à travers la lande puis ils arrivèrent en fin de jours à la lisière d’une forêt. Hestor bâilla bruyamment. Un pic vert se mit à faire la mitrailleuse sur le tronc d’un vieux hêtre. Hestor ne comprit pas le message et crut que l’oiseau se moquait  de lui. Il jura un grand coup. Le pic se remit à mitrailler le hêtre pour montrer sa réprobation d’avoir été dérangé.

 

 

Jean Destrée

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Mickaël Auffray nous propose deux nouveaux extraits de son recueil de nouvelles à paraître chez CDL "Vous êtes ici"

Publié le par christine brunet /aloys

Souvenez-vous sa première présentation :

"

« Vous êtes ici » est un recueil de 10 nouvelles exposant des personnages à l'adversité contemporaine:

- L'impasse révèle les déchirures d'un couple au pied du mur ;
Démission offre une plongée dans une entreprise de recouvrement ;
 

 

EXTRAITS :

 

L'impasse
 

C'est un moment de bascule, un jour à péter les plombs. Je serre le volant de toutes mes forces, strangulation discrète. Elle s'observe dans le miroir du pare-soleil, passe méticuleusement son rouge à lèvres ; elle se pense belle, je ne vois que laideur. Mon regard se pose sur la rue d'en face, au bout de la rue c'est une impasse, au bout de l'impasse c'est un mur : le mur qui écrasera sa jolie gueule... Le rouge sur ses lèvres aura bientôt une autre saveur. Il suffira d'accélérer, environ 400 mètres pied au plancher, saisir la boucle de sa ceinture de sécurité et au dernier moment, presser le bouton comme on appuie sur la détente. L'airbag c'est fait, je l'ai désarmé côté passager.

 

******
 

DEMISSION


 

01h42 : Prière de laisser cet endroit aussi propre que vous souhaitez le trouver en entrant. Avec la cuite que je tiens, il est certain que les consignes affichées sur la porte des toilettes ne seront pas respectées : chiotte occupée versus dégueulis imminent, l’apéro en question a pris une tournure inattendue et franchement exaltée. Tête basse, j'observe le mur d’en face où des mots doux gravés dans le béton côtoient des bites dessinées au marqueur. Peu inspiré par cette poésie, j’insiste lourdement en frappant la porte, la réponse est cinglante : « Casse-toi pauvre con ! » […] Je reviens au bar, une grande bouteille de rhum est posée sur le comptoir. On me tend un verre avec une tape dans le dos à vous décoller la plèvre. Nous trinquons avant d’absorber ce soyeux liquide qui fait d’honnêtes gens de parfaits imbéciles. Je me tourne vers la scène de concert, un groupe de punk à la négligence maîtrisée éructe sa vision du monde. Ils surjouent l'indignation en triturant leurs coûteuses Gibson Les Paul pendant que les pissouses du premier rang crachent des salves de cyprine. Je vomis de nouveau, par les oreilles cette fois-ci.

 

MICKAËL AUFFRAY

 

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Michel Beuvens nous propose un petit texte humoristique : "premier rendez-vous"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Premier rendez-vous

 

 

 

J'ai  encore le cœur battant, et je sens encore ses doigts sur mon corps... « Je voudrais vous revoir... » me dit-elle en baissant les yeux, pendant que je me rhabille. On s'était mis d'accord : notre premier rendez-vous serait un test. Et ce test a duré à peine vingt minutes : son désir a été comblé, mais moi... je n'ai pas du tout envie de la revoir ! Elle n'est pas du tout mon genre !

 

Petites précisions : « Je voudrais vous revoir » fut suivi de :  « Il faudra refaire cet examen dans deux mois, après le traitement que je vais vous prescrire». Quand elle a baissé les yeux, c'était pour écrire des notes dans mon dossier, sur son bureau ; ses doigts tenaient un stéthoscope ; le test, c'était un test à l'effort et son désir, c'était : « Voulez-vous bien ôter votre chemise ? »

Non, décidément, madame H., cardiologue, n'est pas du tout mon genre !

 

 

Michel Beuvens (page FB : Michel Beuvens auteur)

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"S'il te plaît, tonton"... Un dialogue humoristique signé Thierry-Marie Delaunois

Publié le par christine brunet /aloys

 

(Deborah a accepté de passer trois jours chez son oncle qui l’a accueillie avec plaisir mais il est fort sédentaire et l’adolescente commence à s’ennuyer. Elle aimerait sortir avec lui pour le restant de la journée quel que soit le type de sortie mais son oncle est si bien installé dans son fauteuil, pratiquant son activité favorite: lire! Va-t-elle le déranger?)

Elle (cherchant à l’interrompre): Dis, tonton…

Lui: Mmm...Chut! Je lis! C’est captivant!

Elle: Je m’en doute mais...s’il te plaît, tonton?

Lui: Quoi, ma nièce préférée? Là tu as vraiment réussi à m’interrompre…

Elle (le coupant): C’était le but, je voulais te…

Lui (la coupant): Tu as donc atteint ton but et c’est bien! A présent, je me replonge dans…

Elle (le coupant à nouveau): Non, non! S’il te plait, j’aimerais sortir, faire quelque chose ensemble dehors!

Lui: Ensemble? Toi et moi?

Elle: Oui, à nous deux! Qu’est-c’que tu crois? J’aimerais passer un chouette moment avec mon tonton! C’est possible?

Lui: Euh… Qu’aimerais-tu faire éventuellement et où voudrais-tu aller? On n’est pas bien chez moi tous les deux?

Elle (se rattrapant): si, si, mais dehors c’est bien aussi! Un p’tit resto? La pizzeria? Un MacDo?

Lui: Un MacDo? A nous deux? C’est...d’un goût douteux!

Elle: On peut aller manger aux “Armes de Bruxelles” si tu veux! Il paraît que c’est bon là-bas et j’adore le poulet, le saumon, le…

Lui (la coupant): Euh… je pense que mon modeste compte en banque ne digérerait pas un tel repas. Aïe, aïe, aïe!

Elle (pleine d’idées): Dans ce cas allons visiter “Les Serres Royales” de Laeken! Aujourd’hui elles sont ouvertes au public et j’adore les fleurs, les plantes, les arbres, les couleurs, les…

Lui: Deb, tu oublies mes allergies et mon problème de rhinite. Je ne tiendrais pas trois minutes sans éternuer ou tousser! Et si je faisais une crise d’asthme en pleine serre?

Elle: Non merci! J’ai une autre idée: allons au ciné, celui de l’avenue de la Toison d’Or. Un très beau documentaire est sorti en salles sur la mer, sa faune et sa flore. Le titre, c’est “Blue”! J’adore les poissons, les dauphins, les tortues de mer, les…

Lui: Si c’est pareil au “Grand bleu”, je m’endormirai au bout d’un quart d’heure et tu sais que je commence à ronfler quand…

Elle: T’es dur, tonton!

Lui: Dur?

Elle: Compliqué! Tu préfères ton fauteuil et tes livres même quand je passe trois jours chez toi!

Lui: Tu n’es pas bien ici avec moi, ma nièce préférée?

Elle: Tu n’as qu’une nièce, tonton! Ok, j’ai trouvé mieux à te proposer: l’expo à Bozar sur Fernand Léger, un grand artiste moderne des plus connus! C’est un grand peintre et il a été apprenti-architecte. J’adore ses oeuvres, son style, ses couleurs, les…

Lui: Dis donc, tu connais Fernand Léger, toi? ça, c’est...du lourd! Non, les expos et les musées, c’est pas pour moi: la station debout ne me convient pas, mon dos est trop fragile et quand on visite une expo, il faut généralement se séparer de ses sacs, ce que je supporte difficilement! Tu en as d’autres, de ces…

Elle: Au théâtre, tu es assis et les fauteuils du Théâtre des Galeries sont très confortables. Si on allait voir ce soir “Le Dindon” de Georges Feydeau? Il n’est pas trop tard, c’est du bon et moi, j’adore la scène, les acteurs, les dialogues, les…

Lui: Je ne connais pas cette pièce et de toute façon au théâtre, les gens sont vraiment trop bruyants avec leurs éclats de rire incessants. Et si l’auteur a de plus écrit une pièce dans laquelle il laisse courir un dindon sur scène, cela ne peut que mener à…

Elle: Ok, laissons tomber le théâtre et allons à Flagey! Un très grand pianiste vient jouer ce soir et tu sais que j’adore la musique, le piano, le violon, la clarinette, la…

Lui: Au concert à Flagey? Quelle folie! Garer ma voiture dans ce coin? Je la retrouverais en cendres ou les pneus crevés. Sais-tu que…

Elle: Tonton, s’il te plaît, j’aimerais tant sortir! Peut-être que tu as une meilleure idée que moi?

Lui: Que reste-t-il comme possibilité excepté le resto, les Serres Royales, le ciné, les expositions, le théâtre et les concerts? Rien, me semble-t-il! Si tu veux, je lâche ma lecture et nous faisons une partie d’échecs, toi et moi!

Elle (riant): Ah, ah! Les échecs? Tu sais que je gagne toujours contre toi! Tu veux perdre une fois de plus, tonton?

Lui: Euh...non merci! Rien de tel qu’une bonne lecture dans mon…

Elle (s’exclamant): J’ai trouvé! ça se passe ce soir pas loin d’ici! Tu vas adorer!

Lui: Quoi ça? Où ça? Quel enthousiasme! Dis-moi…

Elle: Tu sais, près de Wolubilis, il y a le Cook & Book, une librairie qui compte plusieurs salles et on peut manger là-bas! C’est vraiment chouette et…

Lui: Oui, je vois! Très bien même! Tu veux qu’on y aille acheter mes futures lectures et y manger un bout alors que justement tu souhaiterais que je quitte mes livres pour…

Elle: Non, non, c’est pas ça! Il y a ce vendredi une soirée littéraire ouverte à tous et ils seront une bonne dizaine à se passer le micro pour de belles lectures. Et il y a des lectures qui se font à deux, souvent des dialogues! C’est…

Lui: Holà! Tu nous vois lire ensemble et en public un texte que l’un de nous aurait écrit, ma chère Deborah? De toute façon, écouter les autres, c’est déjà fatigant!

Elle (protestant): Non, c’est passionnant! On apprend, on retient, on se cultive, tonton! Dis, pourquoi m’as-tu accueillie chez toi si c’est pour ne rien faire ensemble? Sortons même pour tout simplement nous balader, bavarder, bouger!

Lui: En effet, il semblerait que ce soit bon pour la santé, bouger! Ce que je lis en ce moment…

Elle: Justement, qu’est-ce que tu lis? C’est quoi, le titre de ton bouquin et il parle de quoi exactement?

Lui: C’est une des premières publications du célèbre Frédéric Peignoir! “Le pouvoir du plein air” et le sous-titre est “Le mouvement, c’est la vie”! Pourquoi me demandes-tu cela?

Elle (s’exclamant en portant une main à son front): Le mouvement, c’est la vie! Pfff… Sacré tonton!

Lui: Pourquoi? C’est pas vrai?

 

FIN

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Didier Fond nous présente son nouvel ouvrage à paraître au Editions Chloé des Lys... "Somnambules"

Publié le par christine brunet /aloys

 

LES SOMNAMBULES

Didier Fond


 

Bon, je sais, il n’est pas encore référencé donc il vaut mieux ne pas commencer la pub. Mais je ne peux pas résister à l’envie de vous parler de mon nouveau roman Les Somnambules. Il va bientôt sortir (enfin j’espère) et ceci n’est qu’une petite mise en bouche au regard de ce qui va arriver ensuite, quand tout sera au point…

Vous avez déjà vu marcher des somnambules ? Ils donnent l’impression d’errer sans savoir ce qu’ils font, où ils vont, les yeux parfois ouverts, parfois clos. On s’imagine que la moindre chose va les faire tomber tellement leur démarche est pour certains hésitante, tellement leur équilibre semble précaire ; ne vous y fiez pas. Seul un choc ou un réveil violent peut rompre cet équilibre. Ils sont d’une incroyable agilité, comme si, pour eux, aucun danger ne les menaçait. Vivants endormis, ils accèdent à une autre vie, une existence dans leur existence, meilleure, pire ? Qui pourrait le dire ? Certainement pas eux puisqu’ils ne se souviennent de rien lorsque revient la conscience.

Les personnages des Somnambules leur ressemblent. Certes, ils vivent, ou le croient tout au moins, mais parfois, ils n’en sont pas si sûrs. Alors ils doutent, s’interrogent. Cet enfer de chaleur qu’est leur ville morte, abandonnée, désertée par ses habitants, est-ce la réalité ? Sont-ils en train de rêver ? Ils pourraient presque le croire puisque, leur parcours de héros de roman achevé, ils perdent la mémoire. D’où viennent-il, qu’ont-ils vécu, où vont-ils précisément ? « Au bord de la mer » dit le narrateur : réponse vague mais il ne pourra pas en dire plus...

Nous voilà donc en plein cœur d’une cité étrange, dont on ignore tout, qui ne semble pas être un endroit paradisiaque et ses derniers habitants « vivent » tant bien que mal ; la majorité s’est installée dans la vieille ville, dormant le jour, se réunissant la nuit au « cabaret » pour boire et se saouler de nostalgie, de souvenir et de regrets. Deux d’entre eux ont refusé cette cohabitation quasiment forcée, imposée par les trois personnages qui dominent les autres et nommés « la Divine Trilogie » en référence à leur inflexible volonté et à leur quasi omniscience et omnipotence. Qui sont-ils ? Que cherchent-ils ? Personne ne le sait. Et les jours s’écoulent, lents, si lents, l’attente n’en finit pas, mais attente de quoi ? Toujours des questions, et aucune réponse, jamais.

Leur histoire est racontée par l’un des deux « renégats », qui n’ont pas voulu se mêler à ce groupe de « survivants de Saint-Jean » (c’est ainsi qu’ils s’appellent eux-mêmes) et qui, sans ressembler à leurs compagnons, partagent malgré tout leurs angoisses, leurs espoirs et leur désespoir. Car la vie, là-bas, n’est pas aussi simple qu’elle le paraît : il faut compter avec la menace de la maladie qui peut frapper n’importe qui, avec celle que font peser sur le groupe les nombreux rescapés de cette terrible maladie, ceux qu’on nomme les Gardiens de la Nuit parce que l’obscurité est leur royaume.

Que faudrait-il donc pour briser l’inertie qui les emprisonne dans cette ville ? Que faudrait-il pour les arracher à cette létale contemplation de leur propre vie ? De terribles événements, peut-être, qui briseraient la monotonie des jours et permettraient d’accéder à une fin tant désirée et tant redoutée…

Rassurez-vous. Ils vont arriver, ces événements…

 

 

Publié dans Textes

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Louis Delville nous propose une nouvelle "Une vengeance"...

Publié le par christine brunet /aloys

 

UNE VENGEANCE


 

Il est 12 heures 14. Je suis parfaitement à l'heure. À midi, à la radio, ils ont émis le message : "le ragondin s'est noyé ce main"…
 

C'est donc le grand jour pour moi. L'avenir du pays dépend de moi ! Tu parles ! Moi, le minable, celui qu'on ne remarque pas, je serai peut-être le héros demain. Nos enfants sont loin d'ici et ils seront fiers de nous.
 

J'ai ma casserole sur les genoux, je l'ai glissée dans un vieux sac de Marie, ma femme, celle qu'ils ont fusillée il y a trois mois. Moi, ils ne m'ont pas eu !
 

Ils vont le payer ce crime. Deux kilos d'explosif, de quoi faire sauter le quartier général de la Zecret Polizs.
 

Depuis l'invasion de notre pays, certains ont décidé de résister. Marie et moi avons de suite proposé nos services. Diable, résister cela nous connaît dans la famille. En 14 et en 40, nos grands-parents et nos parents nous ont montré la voie.
 

Le tram va me déposer juste face à l'immeuble, je vais entrer pour faire viser mon laisser-passer et là… Boum ! A l'heure du repas, cela va faire du dégât !
 

Merde, j'ai oublié mon bol de café sur la table ! Tant pis.


 

***


 

Lettre adressée à mes enfants ce matin même :


 

Chers enfants,
 

Si vous lisez cette lettre, c'est que vous savez…

Votre mère et moi, nous nous sommes engagés à lutter contre l'envahisseur. Ce fut un combat destructeur, immense, enthousiasmant mais inégal. Certes, nous l'avons payé de notre vie, mais nos ennemis sont désorganisés pour longtemps !
 

Marie a été arrêtée sur la dénonciation d'un vieux bonhomme un peu fou. Il l'a surprise en train de distribuer un tract et sans y faire trop attention, il a cité son nom devant un officier ennemi. Elle a été arrêtée et fusillée sur place. On raconte qu'elle a crié vos prénoms au moment ultime. Elle n'a pas souffert.
 

Quant à moi, ce jour-là, après avoir entendu le message à la radio, je suis parti en tram de la station "Mystère" jusqu'à l'immeuble de la police secrète. Je suis entré et j'ai déclenché la bombe que je transportais dissimulée dans un vieux sac.
 

Le reste appartient à l'histoire avec un grand "H" et vous aurez le temps de peaufiner les détails de notre histoire familiale pour que vos enfants et leurs descendants soient fiers de ce que nous avons fait.


 

Restez unis et aimants.


 

Maman et Papa



 

Louis Delville

Blog : http://louis.quenpensez-vous.blogspot.com/

 

Publié dans Textes, Nouvelle

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