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textes

Christian Eychloma nous propose un nouvel extrait de son roman à paraître "Le dilemme de Trajan"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

 

Trajan, debout sur la plus haute terrasse du palais, une simple couverture jetée par-dessus sa tunique en guise de protection contre la fraîcheur matinale, regardait distraitement le ciel rougir derrière les pentes boisées de l’Esquilin. 

Tout près, en contrebas, l’ovale parfait de l’amphitheatrum Flavium et les édifices du Forum Romanum se prolongeant jusqu’au Capitole, colline escarpée coiffée de l’imposant temple de Jupiter dont le marbre blanc virerait bientôt au rose sous les rayons du soleil levant.

Il pouvait contempler avec une satisfaction non dénuée d’inquiétude ses magnifiques thermes encore en chantier sur l’ancien site de la Domus Aurea de Néron, et le tout nouveau forum, loin d’être terminé, avec ses futurs marchés à étages qui devaient permettre d’adapter la surface disponible à l’importance toujours grandissante du commerce local.

Il dormait peu, travaillait beaucoup, et appréciait ces moments bien trop rares où il pouvait se retrouver seul avec lui-même, à réfléchir en toute tranquillité aux tâches de la journée.  

À commencer par la distribution à la plèbe de ce blé importé à grands frais d’Égypte et à laquelle il se devait d’assister de temps à autre de façon à ce qu’il soit clair pour tout le monde que l’empereur se souciait aussi des familles pauvres. 

Puis ce qui relevait des soucis habituels en Orient, comme la préparation méticuleuse de la campagne contre les Parthes afin de récupérer l’Arménie pour l’intégrer à la province de Cappadoce et, espérait-il, stabiliser ainsi définitivement la frontière de cette partie de l’empire.

Et, bien sûr, l’élaboration des mesures à prendre suite aux ahurissantes nouvelles reçues de Bithynie. 

Fabius avait de toute évidence bien fait son travail en réussissant à soudoyer discrètement quelques esclaves domestiques qui l’avaient tenu informé des moindres faits et gestes de Pline. Et le courrier qu’il avait transmis au palais via la poste impériale avait plongé Trajan dans la stupéfaction.  

Il était question d’étranges visiteurs auxquels le gouverneur manifestait une non moins étrange déférence. Des visiteurs apparemment surgis de nulle part, reçus sans protocole mais traités comme des hôtes de marque. Parlant, avec un drôle d’accent, un latin plutôt littéraire, et s’exprimant entre eux au moyen d’un langage totalement inconnu.  

Mais là n’était même pas le plus étonnant. Pline allait mieux. Beaucoup mieux. Il toussait moins et mangeait plus. On ne trouvait plus de sang dans ses mouchoirs et il paraissait bien moins fatigué. Plus dynamique, en fait, de jour en jour. Une spectaculaire amélioration à laquelle, selon les témoins, de petites choses colorées qu’il avalait régulièrement ne seraient pas étrangères.

Trajan, auparavant assez bien renseigné, savait sans l’ombre d’un doute de quelle maladie Pline souffrait jusqu’alors. Et il n’avait jamais entendu dire, par aucun des meilleurs médecins grecs de Rome, que quiconque ait pu en guérir. 

Ah, et puis… Il y avait aussi ce vieil insolant que Pline avait condamné à mort pour discours subversifs et qu’il avait pris la peine d’envoyer à Rome, solidement escorté, pour y être exécuté. Pour l’exemple, avait-il écrit. 

Un long voyage, coûteux, dont Trajan ne voyait pas vraiment la pertinence. Considérant la rébellion ouverte qui continuait de sévir en Bithynie, une exécution pour l’exemple de cet homme présenté comme un des principaux responsables des troubles aurait sans doute été plus utile à Nicomédie.

Pline sur la voie de la guérison… Inexplicablement. Mystérieusement. Ce qui remettait du même coup en question la solution que Trajan avait envisagée pour une gouvernance plus ferme de cette province.

Une décision à laquelle il lui aurait déjà été pénible de se résoudre. Et qui devenait maintenant, en raison de la longue amitié qui le liait à Pline, presque impossible à prendre.

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Gérard Le Goff nous propose un extrait de "Le jardin dérobé" paru dans la revue Traversées N°90

Publié le par christine brunet /aloys

 

Extrait de : Le jardin dérobé

 

Ce qui me surprit le plus, cependant, ce fut de constater que le jardin se prolongeait. Il continuait sur une telle distance qu’il me parut impossible de le considérer encore inscrit dans le périmètre de la clairière. Où cela me mènerait-il ? Je déposai mon matériel de peintre, qui me pesait, à l’abri d’un buisson. J’avançais, incrédule, dans la percée centrale du courtil, observant de part et d’autre les hauts fûts de chênes qui s’alignaient sur mon passage comme une garde bienveillante. Le chemin de terre, en effet, se rétrécissait pour ne plus être bordé que par les seuls troncs des arbres sans nulle floraison. Puis il s’évasa, comme un fleuve en son delta, pour enfin se confondre avec la lisière d’un parc. Au loin, s’élevait la silhouette d’un château dont les murs et les fenêtres se nimbaient d’une brume de chaleur qu’exhalait l’herbe haute. Une fête champêtre se tenait là, dont les étals cerclaient une pièce d’eau aux rives parées de roseaux, de saules pleureurs et d’aulnes. Sous les calicots et les lampions, les participants apparaissaient vêtus d’habits surannés, coiffés à la mode de jadis. On percevait distinctement les rires des enfants, les cris de joie des femmes, les hourrahs enthousiastes des hommes qui montaient mêlés dans l’air léger, évoquant le son d’un carillon égrené. Je déambulais parmi ces êtres qui se mouvaient avec une grâce irréelle. Soit ils feignaient de m’ignorer, soit ils ne me voyaient pas.

Je détaillais, sous le charme, l’apparat des tables où l’on servait ces collations auxquelles rêvaient les gamins d’antan : brioches, pâtes de fruits, calissons et autres délicatesses trop sucrées, sans oublier de grandes tasses de chocolat chaud. Les adultes grignotaient aussi avec plaisir, préférant le salé et le vin blanc qui pétillait dans les coupes comme l’air remué du printemps. D’aucuns s’adonnaient à des jeux oubliés : le cheval blanc, le croquet, les quilles ou une forme rustique de billard sans l’usage d’une queue. Un théâtre de marionnettes attirait les bambins, public conquis d’avance, qui applaudissait les fanfaronnades des pantins de bois et de chiffon. On avait dressé un mât de cocagne dont la roue au sommet était garnie de saucissons, de bouteilles et de breloques. Un limonaire baroque débitait des airs enjoués. Quelques couples valsaient en foulant les pâquerettes émiettées sur le gazon. Et toujours fusaient les exclamations euphoriques, les clameurs enchantées, les risées des petits. Je rôdais de groupe en groupe, m’imprégnant de cette allégresse qui constituait l’atmosphère respirable d’une immense coupole invisible sous laquelle j’avais pénétré par mégarde.

 

Paru dans la revue Traversées N°90 (mars 2019) [nouvelle extraite de Trajectoires Tronquées].

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Un texte court signé Louis Delville "Julie et Halloween"

Publié le par christine brunet /aloys

 

JULIE ET HALLOWEEN

 

Julie a décidé de fêter Halloween. En baskets roses, collant zébré bleu et jaune, petit boléro au décolleté profond et jupette de dentelle vert pomme, elle passe de maison en maison en portant une citrouille taillée en forme de visage grimaçant.

 

"Des bonbons ou un mauvais sort", "trick or treat", telles sont ses seules paroles et ça marche ! Tout le monde lui offre quelque chose sans bien l'identifier...

 

Puis, elle a l'audace d'aller sonner chez son patron. Le brave homme ouvre la porte, la reconnaît et dit simplement : "Julie, crois-tu réellement que ce que tu fais est digne de la servante du curé ?"

 

 

Louis DELVILLE

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Brigitte Hanappe nous propose un extrait de son ouvrage à paraître "Pour un petit secret"

Publié le par christine brunet /aloys

Extrait de : Pour un petit secret.

La foule bruyante venait de repartir les joues rosies par l’alcool, la bonne humeur et le froid. On était le 11 février : le ciel hivernal se colorait d’un bleu d’acier et la température était glaciale. Juliette était fatiguée mais heureuse car comme chaque année, tout ce petit monde était ravi de l’accueil réservé par les Binchois, lors des festivités.
– Allez, ma vieille, il faut t’activer encore un peu, pensa-t-elle tout haut.

 

Pour raviver son courage avant de ranger, elle se resservit un peu de champagne et leva son verre vers un portait d’elle, accroché dans le living. Elle voulait s’auto souhaiter « santé » mais elle resta bouche bée : une rose séchée était insérée au-dessus du tableau, une rose dont le rouge pourpre avait foncé en séchant. Juliette déglutit en s’approchant.  L’année passée, lors du Dimanche-Gras, une fleur identique avait déjà été déposée au même endroit. Était-ce une attention de remerciement de la part d’un invité ? Peut-être avait-elle un admirateur ? Un inconnu qui avait des sentiments pour elle ou un ancien amoureux de jeunesse.
– Mamy, je peux garder Peppa Pig à la pitite télévision ? 

 

Lisa, sa petite fille de 3 ans se dandinait devant elle, les yeux brillants.
Obligée de rester dans sa maison pour rassembler et laver les nombreux verres, elle avait proposé à sa fille de garder la petite. Cela permettrait aux jeunes d’aller s’amuser tranquillement pendant une heure ou deux.
En allumant l’ordinateur que Lisa confondait avec un écran télévisé, elle précisa :
– On dit : « REGARDER la PETITE télévision ».

Elle s’approcha ensuite du cadre pour enlever la fleur fanée et tressaillit en découvrant une photo jaunie enroulée autour de la tige. Son propre visage, avec les yeux fermés, y était imprimé. Cette image d’elle-même, profondément endormie datait d’au moins trente ans : elle était jeune, ses longs cheveux bouclés étaient éparpillés, sa peau fine semblait si pâle qu’elle se confondait avec la couleur blanche de la taie de l’oreiller.

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Gérard Le Goff nous propose un extrait de son ouvrage à paraître "Argam"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Extrait de : Argam

 

[La scène réunit quatre protagonistes de l’histoire : le docteur Bernstein, l’érudit Semnoz, le libraire Larcan et l’avocat Osborne.]

 

— Examinez donc ces armoiries ! s'écria alors l'érudit, en désignant de l'index le blason qui ornait le manteau de la cheminée démesurée.

Le commerçant pointa sa lampe torche vers l'endroit désigné. Il s'agissait d'un écu écartelé, sculpté dans une pierre dure, dont chaque franc-quartier contenait une figure allégorique. En haut et à gauche, l'artiste cisela une tour délabrée que survolait un croissant de lune. Lui correspondant, en diagonale, figurait une tour neuve au-dessus de laquelle rayonnait un grand soleil. En haut et à droite, on distinguait un feu, symbolisé par des flammes serpentines s'enlaçant. A son opposé, en bas et à gauche, je crus reconnaître la figure emblématique du phénix.

— Je ne sais rien des rigoureux principes de l'héraldisme, se confia le docteur, mais il me semble que ces armes sont fantaisistes...

— En tout cas, ce ne sont ni celles de la famille Hauteville, ni celles de la famille Boscombe, lui répondit aimablement Semnoz. Par contre, j'y vois un rébus assez simpliste. Les francs-quartiers occupant la partie haute de l'écu sont voués à une imagerie négative : nuit, incendie, ruine. Ceux situés en bas contiennent des attributs à valeur positive : symbole de renaissance, fortune, soleil.

— Et alors ? coupa Bernstein, peut-être un peu vexé de voir l'érudit reprendre l'avantage.

— En bas, mon cher !... C'est à dire : sous la terre !...

— Le fameux laboratoire secret ! approuva le médecin, chez qui la passion l'emportait toujours.

— Et puis cela confirme tout bonnement votre théorie sur la beauté et la laideur, me suis-je risqué à affirmer, ce qui eut l’heur de satisfaire notre savant compagnon.

Sur une recommandation de Georges Semnoz, Pierre Larcan approcha la lumière électrique du blason. Nous examinâmes chaque sculpture. La représentation du fameux oiseau de la mythologie retint toute mon attention, tant elle semblait peu conforme à la tradition. L'érudit se préoccupait du relief de la tour que surmontait le soleil. Il nous fit d'ailleurs remarquer que le disque de l’astre du jour semblait bombé par rapport à sa base, et que la couronne de ses rayons, qui évoquait les pétales tordus d'une fleur fantastique, laissait un intervalle creusé à sa périphérie intérieure. Nous nous sommes alors tous regardés. Dans la pénombre, la lumière de la lampe burinait les traits de nos visages, accentuant ainsi les marques de la tension nerveuse qui habitait chacun de nous. Spontanément, le libraire dirigea le faisceau lumineux vers l'âtre. Le fond de celui-ci, simple panneau minéral, apparut vierge de suie. Semnoz effleura d'abord du bout des doigts le disque protubérant figurant le soleil, comme pour en éprouver le modelé. Puis il le pressa. Le centre du motif sculpté s'enfonça. Au même moment, la dalle verticale du foyer pivota sur d'invisibles charnières, dévoilant à nos regards encore incrédules le départ d'un escalier qui paraissait s’enfoncer dans l'obscurité.

— Hourra ! avons-nous rugi tous ensemble.

 

Extrait d’un roman à paraître prochainement aux éditions Chloé des Lys : Argam.

 

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Début de la troisième partie du thriller de Bob Boutique 'Bluff'

Publié le par christine brunet /aloys

(L'héroïne arrive en Islande...)

Un lac d’opaline


La route qui mène de l’auberge de jeunesse vers Reykjavik est su-perbe, mais étrange, car elle traverse un immense champ de lave que recouvre une épaisse mousse grisâtre de plusieurs centimètres d’épaisseur, comme ces couches de polyuréthane qu’on emploie pour isoler un grenier par exemple. C’est tellement impressionnant, quasi lunaire, que Liddy s’arrête pour prendre des photos et gamba-der sur ces blocs de basalte matelassés dans lesquels elle se laisse tomber en riant de bonheur, les bras en croix comme dans de la neige. Côté océan, à cent mètres, la plage est noire. Elle s’agenouille sur le sol sans que cela ne salisse ses Jeans. C’est granuleux comme du sable, mais noir et les vagues, qui viennent mourir à ses pieds, ont quasi la même couleur.
De l’autre côté de la route quasi déserte (un rare véhicule toutes les cinq minutes) s’alignent de petites montagnes sombres qui, de loin, ressemblent à des terrils de charbon écrêtés. Ce sont en fait des vol-cans éteints d’à peine cent mètres de hauteur qu’elle rejoint en cou-rant et sautant sur les rochers moussus comme une gamine. Elle es-calade le flanc poussiéreux du premier à quatre pattes et atteint enfin, le souffle court, le haut du cratère derrière lequel apparaît un enton-noir au fond duquel dort un lac d’un vert phosphorescent. On dirait une énorme émeraude sertie dans un écrin de roche noire. Elle est subjuguée !
- Tu devrais voir ça, Rita ! crie-t-elle en tournant comme une gi-rouette sur elle-même au risque de glisser au fond du lac comme sur un toboggan. C’est le début du monde, c’est mer-veilleux, fantastique et je t’aime !
Elle finit par s’asseoir en équilibre sur l’arête du cône volcanique, les bras enroulés autour des genoux, et enlève ses grosses lunettes de myope afin de mieux contempler le paysage de science-fiction qui l’entoure. Elle n’a pas froid et pour cause. Ses joues sont rouges d’excitation ; elle est bien emmitouflée dans son polaire et il fait au moins quatorze degrés sans un souffle de vent.
- Tu devrais voir ça… chuchote-t-elle dans un murmure en tour-nant la tête autour d’elle dans un long travelling.
Dans la plaine apparaissent çà et là des plaques jaunes, ocres ou cui-vrées d’où s’échappent des volutes de fumées sulfureuses qui diffu-sent dans l’air des effluves douçâtres d’oeuf pourri. On se croirait dans un décor de jeu vidéo.
Alors qu’en bas sur la nationale l’attend sa petite Yaris rouge désor-mais aussi menue qu’un jouet.


Mais…

 

Bob Boutique

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Opération Taranis de Didier Veziano... Extrait

Publié le par christine brunet /aloys

 

Paris - Bureau du Premier Ministre.

— Monsieur Le Premier ministre, désolée de vous déranger, mais j’ai le général Le Garrec en ligne qui demande à vous parler en urgence.

— Passez-le-moi ! ordonna-t-il à son assistante.

Le Premier ministre mit la main sur le combiné et pria les deux personnes en face de lui de bien vouloir le laisser seul un instant. Il attendit qu’elles soient sorties avant d’entamer la discussion avec le directeur de la DGSE, impatient de prendre connaissance des dernières avancées de l’enquête.

— Général, j’espère que vous avez des informations rassurantes ?

— Affirmatif, Monsieur le Premier ministre. On a certainement retrouvé la trace de Yousef Zayad. Et il se pourrait que l’on ait également retrouvé celle du responsable opérationnel en France.

— Pourquoi ai-je l’impression de ne ressentir aucune certitude dans vos propos ?

— Peut-on se voir très rapidement, Monsieur le Premier ministre ? J’ai des choses importantes à vous annoncer et surtout des solutions à vous proposer. Je pense qu’il serait utile que le ministre de la Défense soit présent également. En revanche, étant donné le caractère particulièrement… confidentiel que je souhaite donner à cet entretien, il ne me paraît pas opportun que votre conseiller soit présent dans un premier temps.

Le Premier ministre hésita quelques instants avant d’accepter. Il fixa un rendez-vous dans l’heure, une nouvelle fois au grand dam de son assistante qui soupira à l’idée de devoir encore bouleverser son agenda. Quant au ministre de la Défense, il fallut mettre en avant le caractère extraordinaire de la situation pour qu’il accepte de se rendre disponible immédiatement.

Le Garrec arriva dix minutes en avance au rendez-vous. En fait, le temps de prendre son dossier, de fumer le quart d’une cigarette, il avait quitté son bureau du boulevard Mortier pour se rendre sans tarder à l’Hôtel Matignon, gyrophare sur le toit.

Les trois hommes s’installèrent dans le salon privé du bureau du Premier ministre qui, dans une brève introduction, expliqua au ministre de la Défense qu’il ne faisait plus aucun doute qu’une action terroriste de grande envergure était en préparation sur le sol français. Il lui fit part également du pessimisme qui avait plombé la dernière réunion entre lui et le Général. Le ministre de la Défense ne semblait pas particulièrement ravi d’avoir été tenu à l’écart. Ne pouvant extérioriser sa colère vis-à-vis du Général, il se contenta de lui lancer un regard noir, lui signifiant ainsi que les choses n’en resteraient pas là.

— Voilà où nous en étions, mon cher ami, lorsque nous nous sommes quittés avec le Général, conclut le Premier ministre.

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Christina Previ pour propose un court extrait d'"Itinérance d'un oiseau bleu"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Extrait : « Une vieille bassine »

Sous une lucarne, une vieille bassine en zinc recevait un filet d’eau, provenant d’un joint défectueux de la tabatière, qui lui emplissait lentement le ventre. Il n’y avait pas de quoi s’inquiéter… Nul risque que survienne un quelconque débordement !

Cette bassine semblait faire partie du décor depuis toujours. l’été, son vieux métal rouillé subissait immanquablement la brûlure des rayons du soleil et l’hiver, sa pauvre carcasse se contractait vraisemblablement sous la morsure du froid.

Pourquoi donc me donnait-elle l’impression d’une vieille connaissance ? Cette cuve terne et déformée semblait vouloir me dire quelque chose…

 

Christina Previ

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Séverine Baaziz nous propose un texte pour la rentrée d'Aloys !

Publié le par christine brunet /aloys

Un jour, il y eut un orage. Un terrible orage. 
Les vents secouèrent chaque parcelle de vie, la colère s’empara de la lumière du soleil, la foudre défigura le ciel de balafres aveuglantes. Quant au tonnerre assourdissant, il fit trembler et les murs et les âmes. 
Des heures apocalyptiques jusqu’à ce que, facétieux, l’orage se retire, foudroyant au passage les boîtes à images de toute une campagne.
De longues semaines privant les villageois de leurs fenêtres sur le monde. 
De longues semaines rendant invisible l’impensable. 
Quand les premiers rectangles animés se mirent à fonctionner à nouveau, les yeux ébahis n’en crurent pas leurs oreilles.
Partout, la paix avait éclaté.
Innombrables avaient été les cagnottes de milliardaires, éradiquant ainsi la pauvreté, la faim, les maladies.
Toujours plus étonnant, la végétation avait aspiré toute la pollution des hommes.
Et ce n’était qu’un début.
C’est fou, quand on y pense. Il avait suffi que l’orage déplace l’axe de rotation de la Terre de quelques centimètres pour qu’elle tourne rond.
Enfin et parfaitement rond.

 

Séverine Baaziz

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Christina Previ nous propose un court extrait de son recueil "Itinérance d'un oiseau bleu"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Extrait : « Une visite inattendue »

Son chat, en ronronnant, s’est installé près d’elle. Il a tourné en rond, reniflé, gratté puis il a adopté ce siège disponible pour sa sieste.

Ils se sentent bien là, tous les deux, dans la douceur de la grande cuisine. Au bout d’un moment Louise se détend, ses vieux os parfois si douloureux, lui offrent à présent un répit qu’elle apprécie justement.

 

Devant elle, la fenêtre permet au regard d’errer dans le jardin. Le temps est incertain, le soleil bien timide et le vent, ce coquin, fait trembler les sapins.

Louise s’est assoupie, elle flotte dans un état de bienheureuse béatitude, un de ces moments où l’on a l’impression de voler du temps au temps, où le corps semble en état d’apesanteur bien agréable.

 

Autrefois, durant l’été, installés côte à côte devant la porte, Maurice et elle admiraient leur jardin, le ciel, ou les couchers du soleil, en bavardant de tout et de rien.

Les souvenirs s’enchaînent dans la tête de Louise, elle se revoit au bras de Maurice, le jour de leur mariage dans cette belle église St Martin…

 

 

Christina Previ

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