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Albert Niko, "l'homme au grand chapeau n'avait rien à cacher ni rien de grand"

Publié le par christine brunet /aloys

Albert Niko, "l'homme au grand chapeau n'avait rien à cacher ni rien de grand"

Du goût des mouches sur la route de l’abattoir

Une présentation de « l’homme au grand chapeau n’avait rien à cacher ni rien de grand ».

___________________

Alors, Al, ce nouveau bouquin, tu peux nous en parler un peu ?

Heu, ça va être difficile…

Juste deux mots, histoire qu’on sache de quoi ça parle…

En fait, ce bouquin, ce n’est pas.

Ce n’est pas un roman, ce ne sont pas vraiment des contes ou des nouvelles, pas même tout à fait des poèmes.

Ce bouquin, ça ne pourrait pas être, par exemple, un réseau de bus, ni même un jour férié, ni les Champs Élysées un 31 décembre vers minuit, et ça ne pourrait pas non plus être ce bol de bouillon au vermicelle qu’on te servait chaque soir quand tu étais un enfant…

Bon. Et qu’est-ce que ça pourrait être ?

Ça pourrait être un permis poids lourds. Cela pourrait être du goût des mouches sur la route de l’abattoir (bien incapables de dire de quoi il s’agit, mais tant qu’on y sent le sang affluer…)

Cela pourrait être des singes s’invitant au zoo pour rire de leurs visiteurs.

Un éclat de rire qui te ferait cracher une dent.

Ou un cortège funéraire qui passerait de 78 à 45, puis à 33 tours par minute.

Bon. Et qu’est-ce que je marque, alors ?

T’as qu’à mettre que ce livre te rentre dans le bide avant que ton cerveau n'ait eu le temps de le classifier…

Tour à tour instituteur, journaliste, animateur et agent administratif, Albert Niko se consacre désormais exclusivement à l’écriture.

Ses premiers textes sont parus à partir de 2005 dans la revue « Inédit Nouveau ».

Albert Niko est né le 10 avril 1969 à Pantin (Seine Saint-Denis), France.

____________________

Un extrait

quatorze juillet dans l'année

Voici venir une jeune fille qui n'a d'yeux que pour son mobile.

Puis ses dix-huit clones en deux heures de temps.

Voici venir un chien levant la patte au même endroit que le précédent.

Voici venir un nouvel été, et les odeurs de merde qui remontent.

Voici venir une race supérieure de mouches.

Voici venir un prophète et son cortège de zombies, qui de se demander quel nom, quel slogan, quelle couleur.

Voici venir un musulman et un chrétien se serrant la main et ne sachant que faire de leur dernier stock de croisades.

Voici venir l'heure de l'extinction des feux et son lot de questions qui, le jour venu, demeureront sans réponse.

Voici la petite fille enjouée, et le temps à ses trousses.

Voici venir le dernier mot.

Voici venir enfin un ami s'écriant : “Tu es fou ! Amputer la 6ème de Mahler de ses deux premiers mouvements, ça ne se fait pas ! Ce serait comme... comme de manger du poisson en pensant ne jamais tomber sur une arête... Je sais pas... comme de s'imaginer pouvoir vivre en couple sans faire la moindre concession...!”

Et comme j'épluche une banane sous ses yeux avant de lui tendre la pelure, voici venir un fauteuil qui se libère et l'émergence d'un silence mérité.

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Jean-Claude Texier nous présente en images "Loozie Anna", son nouveau roman

Publié le par christine brunet /aloys

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Marie-Christine Cavenelle nous présente "Tendres Cruautés", son nouveau recueil de nouvelles

Publié le par christine brunet /aloys

Marie-Christine Cavenelle nous présente "Tendres Cruautés", son nouveau recueil de nouvelles

Biographie :

Quand on demande à Marie-Christine Cavenelle s’il convient de dire « auteur » ou « auteure », elle répond en riant : « Je suis une romancière ! J’aime raconter des histoires. » Elle anime des ateliers d’écriture depuis 35 ans et en son temps les Inrockuptibles ont salué son travail dans un numéro « spécial Manchette ». De nombreux articles au CRDP de Grenoble témoignent de sa bataille contre l’illettrisme. « Miroir sans tain » est son premier roman. « La vie de Sacha » a obtenu le prix « Saint-Estèphe » en 2014. Un recueil de nouvelles « tendres cruautés » paraît aujourd’hui en Belgique aux éditions « Chloé des lys ». Elle a été publiée par les Chevaliers des lettres et des arts du Périgord, ouvrages collectifs consacrant le bonheur de vivre au pays ! « Amoureux du Périgord ». Vous pourrez lire de nombreux textes inédits, des extraits et ses billets d’humeur en consultant son blog : http://marie-christine-ou-l-ecriture-sensitive.blog4ever.com/ Découvrez l’univers envoûtant de cette romancière, amoureuse de la vie !

Résumé :

Six nouvelles jubilatoires constituent le troisième ouvrage de Marie-Christine Cavenelle. De l'insomniaque déstabilisatrice à l'aventure dans un bled au nom improbable, standard de l'ennui; en passant par cet homme industrieux amoureux de la femme, de toutes les femmes ; ou encore de cet autre qui voulait partir en beauté sans ses lessiveuses... Tout un monde attachant d'humanité! Entrez dans l'univers étrange et captivant de cette romancière atypique.

EXTRAIT :

Madame est veuve et, de son propre diagnostic, souffre d’un deuil pathologique qui, outre d’avoir le malheur de lui rouiller les articulations le matin, la condamne au veuvage ce qui n’arrange pas ses affaires quand elle sent en elle la sève lui parcourir les reins. Chaque nuit, une voix amplifiée et spectrale lui hurle à l’oreille « TAIS-TOI », et elle la reconnaît, c’est celle de son mari. Or, Paul est mort dans son sommeil et l’intuition de Madame ne laisse pas place au doute : Paul est mort à l’heure où chaque nuit la mise en scène « voix off » la réveille en nage et en hurlant à s’en arracher la gorge faute de s’en arracher l’âme. La mort inexpliquée de Paul trouve dans ce harcèlement sa seule explication plausible : Il est mort d’avoir enduré et pendant des années la lente, monotone et monocorde logorrhée de sa femme et il lui fait payer chaque nuit, à heure fixe, la tirant de son sommeil quand elle voudrait dormir.

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Patrick Beaucamps à l'honneur !

Publié le par christine brunet /aloys

Patrick Beaucamps à l'honneur !

Patrick Beaucamps est né en 1976 à Tournai (Belgique).

Il a grandi dans un milieu modeste et exercé plusieurs métiers : ouvrier imprimeur, magasinier, employé de vidéoclub, cheminot, bibliothécaire.

Nouvelliste et poète, l’ensemble de son travail parait aux éditions Chloé des Lys et dans diverses revues littéraires.

Parutions revues 2015


* 17 Secondes (n°6/janvier & n°7/septembre)
* Incertain Regard (n°10/mai)
* Libelle (n°267/mai)

* Filigranes (n°90/juillet & n°91novembre)
* Catarrhe (n°16/août, n°17/octobre & n°18/décembre)
* Traction-brabant (n°64/septembre)
* Microbes (n°91/septembre)
* AaOo (n°8/septembre)
* Comme en poésie (n°63/septembre)

* La Feuillue automnale (n°20/octobre)

* Le Traversier (n°16/novembre)

* Les Hésitations d’une Mouche (n°75/décembre)

* Traversées (n°78/décembre)

Patrick Beaucamps à l'honneur !
Patrick Beaucamps à l'honneur !
Patrick Beaucamps à l'honneur !
Patrick Beaucamps à l'honneur !
Patrick Beaucamps à l'honneur !
Patrick Beaucamps à l'honneur !
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Patrick Beaucamps à l'honneur !

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Jean-Claude Texier nous présente en image "Loozie Anna", son nouveau roman

Publié le par christine brunet /aloys

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Hérodiade, le nouveau recueil de Sélène Wolfgang

Publié le par christine brunet /aloys

Hérodiade, le nouveau recueil de Sélène Wolfgang

HERODIADE

EXTRAIT

Les fleurons fanés

Des capucines livraient

Au ciel leurs soupirs.

Le pinson qui nichait

Dans les tuileries

Vint picorer,

Au bord de l’abreuvoir,

Les baies sauvages,

Puis se mit à chanter

Cette affreuse rengaine

Qui faisait pester les seigneurs :

« Si les anges m’ont

Béni de leurs larmes,

Si les anges m’ont fait

Présent du don d’éloquence,

C’est pour que vous entendiez

Le cri du peuple d’en bas ! »

RESUME

«Hérodiade» est un recueil de poèmes dans lequel Sélène rend hommage à Heinrich Heine, ami de Karl Marx, démocrate révolutionnaire et dernier poète du romantisme.

BIOGRAPHIE

Je suis née en 1978 en Belgique. Depuis l'enfance, je nourris un véritable amour pour les mots. Ma poésie est une poésie symboliste, sombre et marquée par le merveilleux car elle aborde des thèmes propres au fantastique.

Je me suis inspirée du livre "La Sorcière" de Jules Michelet pour créer le personnage principal que je mets en scène dans mes poèmes. Jules Michelet était un historien français du XIXe siècle qui avait un goût presque exclusif pour l'œuvre des philosophes des Lumières.

L'univers pictural de quelques artistes m'a inspiré certains poèmes. "Une démoniaque" de Joseph Middeleer ainsi que "Méduse endormie" de Fernand Khnopff ont donné naissance aux poèmes qui portent le même titre que ces deux tableaux.

Les auteurs qui m'ont le plus influencée sont Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Heinrich Heine et Edgar Allan Poe.

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La posologie des sentiments, le roman de Michel Beuvens

Publié le par christine brunet /aloys

La posologie des sentiments, le roman de Michel Beuvens

Biographie

Je suis né à Charleroi en 1950. Mon père était garagiste, ma mère était institutrice et portait un prénom rare : Ermel. Mon grand-père maternel, qui s’appelait Achille Appelmans, était ce qu’on appelait « maître d’école », c'est-à-dire qu’il était à la fois instituteur et directeur d’une petite école primaire, à Pironchamps, dans la banlieue de Charleroi. Il avait beaucoup d’activités extra-professionnelles, et il s’occupait notamment de la bibliothèque de sa commune. Régulièrement, je l’accompagnais lors de ses permanences, et j’avais tout le temps de flâner entre les rayons, de feuilleter ou de lire ce que je voulais, livres ou bandes dessinées, sauf… les livres pour adultes qui étaient sous clé dans une armoire vitrée ! Je me souviens notamment d’y avoir vu un exemplaire de « Là-bas », de Joris-Karl Huysmans, que je me suis évidemment empressé de lire plus tard ! C’est à cette période (j’avais environ 12 ans) que j’ai lu presque tout Arthur Masson, et je crois bien que c’est là que j’ai appris ce qu’était le style.

Plus tard, après une licence en Sciences Economiques, j’ai continué le garage au décès de mon père, et j’ai été concessionnaire automobile pendant 10 ans. Comme les voitures anciennes m’intéressaient, j’ai ensuite bifurqué et je suis devenu restaurateur de voitures de collection.

Un jour m’est venue l’idée d’écrire un article pour la revue d’un club automobile dont je faisais partie : cet article a plu, on m’en a demandé d’autres, et, de fil en aiguille, je suis devenu le responsable de cette revue. Pendant des années, j’ai donc eu l’occasion d’écrire des articles de toutes sortes, des comptes rendus, des éditoriaux, etc. Je m’occupais également des corrections, travail que je trouvais intéressant : lorsque j’ai arrêté de m’occuper de cette revue (je trouvais que je radotais), j’ai cherché à travailler comme correcteur, ce que j’ai fait (à temps partiel – je restaurais toujours des ancêtres) pour une maison d’édition, La Renaissance du Livre. Comme je suis également musicien amateur (je joue de la contrebasse, principalement du jazz), j’avais trouvé ce qu’était une journée idéale : corrections le matin, voitures anciennes l’après-midi et musique le soir !

J’ai donc fait de la correction ortho-typographique : à force de se concentrer sur un texte, de le lire, de le relire, de le disséquer, on est obligé d’entrer dans l’arrière-boutique et on finit par déceler les outils qu’emploie l’auteur.

Jusqu’au jour où, après avoir corrigé des dizaines de livres de cuisine, de poésie, de philosophie, des romans, je me suis dit : pourquoi pas moi ?...

*

*

Un jeune homme, Lucien, entame une carrière dans l’administration. Il y rencontre Francis, qui devient son ami, une femme désirable, Muriel, et une femme détestable qu’on appelle la vieille taupe. Après un héritage et une rencontre inopinée, une de ces femmes va bouleverser la vie de Lucien.

*

*

RESUME

A la fin de ses études, Lucien entame sans enthousiasme une carrière dans l’administration. Il y rencontre une supérieure acariâtre qu’on surnomme la vieille taupe, puis un collègue grincheux, et enfin un autre collègue, Francis, qui a un caractère joyeux et qui devient son ami. Tous les deux célibataires, Lucien et Francis cherchent à rencontrer l’âme sœur, mais leur maladresse les confine dans l’observation des femmes, notamment de la plantureuse Muriel.

Pendant ce temps-là, l’agence Cupidon organise sans succès une série de rencontres entre des candidats au mariage.

Un jour, Lucien apprend qu’il hérite d’un vieil oncle et il devient propriétaire d’un appartement à la côte. Au cours d’une promenade, il rencontre la vieille taupe et sa fille handicapée : Lucien a une espèce de révélation en comprenant que la vieille taupe est aussi une maman. Bien plus tard, lorsqu’il apprend que la fille de la vieille taupe est décédée et que celle-ci est en train d’agoniser à l’hôpital, les remords le conduisent à ses côtés pour l’aider à mourir.

Lucien est bouleversé par cette mort : en apprenant le passé de la vieille taupe, il constate que l’amour peut être à la fois fort et caché, et que le jugement que l’on porte sur les gens est toujours trop hâtif. La preuve : il rencontre par hasard son tout premier collègue, celui qu’il avait jugé grincheux. Grâce à l’agence Cupidon, celui-ci a rencontré l’amour de sa vie, il n’a plus rien de grincheux et Lucien comprend que tout ce qui est or ne brille pas.

*

EXTRAIT

Sortant du palais de justice, un petit monsieur tout raide, comme porté par sa gabardine, traverse la rue à pas d’automate, regardant soigneusement de chaque côté. Tout indique que c’est quelqu’un d’important : sa mise parfaite, sa mallette en cuir fauve, le brillant de ses chaussures, l’or de ses lunettes. Lorsqu’il arrive sur le trottoir et qu’il commence à marcher parmi les nombreux piétons, son regard continue à aller légèrement de gauche à droite en observant les personnes qu’il croise. Il y a quelque chose d’étonné et d’interrogateur dans ce regard. En fait, monsieur Paniant – non, pas monsieur Paniant : Maître Paniant, Notaire – se demande tout simplement pourquoi personne ne le reconnaît, pourquoi personne ne lui sourit, pourquoi personne ne se dirige vers lui en lui tendant la main et en disant : « Ah, Maître Paniant ! », pourquoi personne ne dit : « Tu as vu ? C’est Maître Paniant ! » C’est pourtant quelqu’un, maître Paniant, dans cette petite ville. La moitié des propriétaires immobiliers sont passés dans son étude, mille héritiers sont venus l’écouter lire des testaments, des dizaines de directeurs d’agences bancaires sont à ses ordres, tout son personnel tremble devant ses colères. Seule son épouse, qui est pour l’instant occupée à se rhabiller en regardant sa montre, connaît ses faiblesses.

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Mâle en patience, une comédie de Vincent Knock

Publié le par christine brunet /aloys

Mâle en patience, une comédie de Vincent Knock

Une comédie très contemporaine et faussement désinvolte dans laquelle la gravité du sujet se dispute au sens du burlesque.

Extrait : « J’avais assez écoulé mes restes d’enfance. Vouloir entrer dans la normalité, me conformer à la vie de parents qui est celle des gens de mon âge m’occupait l’esprit la plupart du temps. Au moment du repas, je me suis décidé à mettre les pieds dans le plat. Quand j’ai annoncé à ma femme que je voulais avoir un bébé ensemble, elle m’a répondu de cesser de faire l’enfant ! Camille appartenait à cette race d’amazone qui ne souhaitait pas laisser une trace de son passage sur terre. Mes certitudes sur l’inéluctable désir de maternité féminine s’effritaient comme une peinture de HLM ».

L’auteur : Vincent Knock enseigne quelque part près de Lille. Après Le début de rien et Courant alternatif (éditions Edilivre), Mâle en patience est son troisième roman.

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La fille à la Mercédès, le nouveau recueil de poésies signé Laurent Dumortier et Geoffrey Baele

Publié le par christine brunet /aloys

La fille à la Mercédès, le nouveau recueil de poésies signé Laurent Dumortier et Geoffrey Baele

C'est de la poésie, mais pas seulement : c'est également une espèce de road-movie se déroulant à Tournai.

La trame : une jeune fille désirant fuir son pays, vole une Mercedes et finit par échouer à Tournai, une ancienne cité médiévale et l'une des plus anciennes de Belgique. C'est là que son histoire va s'achever sur une fin tragique.

L’auteur, membre de l’Association Royale des Ecrivains Wallons, a déjà publié plusieurs romans, recueils de nouvelles, ainsi que recueils de poésie. Il collabore en outre à diverses revues et forums littéraires. Plusieurs revues littéraires internationales ont en outre publié plusieurs de ses nouvelles...

*********

Extrait

Le fort rouge

Elle a garé sa mercedes non loin d'un hôtel, là où elle passera la nuit, avant de reprendre la route, jalonnée de souvenirs pesants et de tristes regrets...

Près du fort rouge,

Elle entend

Les murmures du vent

Près du fort rouge,

Elle écoute

Ses secrets chuchotés

Près du fort rouge,

Elle ferme ses yeux

Oubliant l'hiver d'un adieu

Près du fort rouge,

Elle s'étonne

De rêves presque possibles

Près du fort rouge,

Elle aperçoit cet homme

Qui semble pensif et triste

Près du fort rouge,

Elle se rappelle

Les promesses formelles

Près du fort rouge,

Elle a encore le goût

Amer de la trahison

Près du fort rouge,

Des larmes de tourbillon

S'écoulent comme l'Achéron

L'homme sur le banc s'approche et sèche ses larmes...

Près du fort rouge,

Elle croit encore

A la force du destin

Mais ça n'est qu'un mirage, une illusion

Près du fort rouge,

Elle espère

Rester pour mieux repartir

Elle ne sait pas encore que c'est juste une pause, un répit...

Près du fort rouge,

Un baiser elle lui donne

Avant de se donner

Il n'y aura plus d'abandon, seulement une disparition...

Près du fort rouge,

Elle se lie à lui

Jusqu'à la lie

Et il s'éloignent ensemble vers l'hôtel...

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Les larmes de Titus, le nouveau roman de Christian Eychloma

Publié le par christine brunet /aloys

Les larmes de Titus, le nouveau roman de Christian Eychloma

Le professeur Liévin a donné à ses contemporains la technologie permettant les transferts temporels. En dépit des incroyables conséquences qu’une découverte aussi révolutionnaire est susceptible d’entraîner, il est désormais tout simplement impossible pour le monde de l’ignorer. Il s’agit donc de bien réfléchir à ce que l’on va en faire, d’abord en s’assurant soigneusement que l’on sait la maîtriser.

Pendant que les sommités scientifiques et responsables politiques du 21e siècle se creusent sérieusement les méninges , le juge Roland Lévêque croit pouvoir filer le parfait amour avec Laetitia, en l’an 80 de notre ère, sous le règne de Titus, dans la capitale de l’empire romain.

Il ne va toutefois pas tarder à s’apercevoir qu’il n’est pas du tout évident de vivre dans une époque qui n’est pas la sienne et les nuages noirs qui s’accumulent sur la Rome impériale vont le contraindre à rompre la loi du silence qu’on lui avait imposée.

Extrait :

Les deux hommes attendaient, dignement drapés dans leur toge bordée de mauve, au centre de la vaste salle pavée de marbre gris et ouverte sur trois côtés par de hautes fenêtres encadrées de lourdes tentures rouges.

L’un, assez grand et sec, la soixantaine, le visage profondément ridé, les cheveux blancs plaqués sur le front, laissait distraitement planer son regard vers la colline du Capitole dont on pouvait admirer les temples se teintant de rose sous les rayons du soleil levant.

L’autre, un peu plus âgé, petit et rond, une courte barbe frisée et des cheveux quelque peu bouclés autour d’un crâne légèrement dégarni, affichait en habitué des lieux une tranquille assurance que son compagnon paraissait pour l’heure loin d’éprouver.

Davantage pour distraire la nervosité de ce dernier que pour l’informer de ce qu’il savait déjà, il pointa l’index vers les quartiers populeux dont les constructions de briques à plusieurs étages se serraient sur les pentes de l’Aventin.

« Tu te souviens, tout ça avait été complètement détruit pendant le grand incendie, sous Néron. Il ne restait plus rien d’habitable, et ils ont dû achever de détruire les quelques isolae qui tenaient encore debout… »

Il l’attrapa jovialement par un pan de sa toge tout en désignant d’un geste ample le luxe qui les entourait.

« Mieux vaut résider sur le Palatin, mon ami ! »

L’homme à la toison blanche se rapprocha frileusement d’un des braseros réchauffant avec peine l’air encore vif de ce matin de mars. Il contempla, admiratif, l’impressionnant chandelier en or massif qui trônait parmi d’autres trophées tout aussi rutilants. Puis il jeta un bref coup d’œil sur les rangées de statues grecques, les tricliniums en bois précieux aux épais coussins brodés d’or et les trépieds aux pattes d’argent finement ouvragées.

« Pourtant, si nous en croyons ses révélations…

- Je n’ai pas oublié, Marius. D’après lui, même le Palatin serait touché…

- Sera, Caïus, sera… Les récents évènements devraient nous inciter à le croire sur parole, non ? »

Les deux visiteurs interrompirent brusquement leur conversation en voyant s’écarter un rideau à l’autre bout de la pièce. Un homme encore jeune mais au cheveu rare, costaud, trapu, et dont la riche tunique ne cachait pas l’embonpoint, s’avança vers eux à grandes enjambées, les bras levés en signe de bienvenue.

Caïus Plinius se précipita à sa rencontre.

« Bonjour, César ! » claironna-t-il avant de s’arrêter net lorsqu’il se trouva à deux pas de l’empereur.

« Caïus, mon ami ! » répliqua Titus en abattant ses énormes battoirs sur les épaules de l’amiral.

« Gloire à toi, César ! » répondit le vétéran, un peu gêné par ces marques d’affection.

Titus était certes un ami de longue date et, plus encore, un ancien compagnon d’armes. Mais il était difficile à Pline de faire abstraction du fait que celui-ci présidait désormais aux destinées de l’empire, avec d’ailleurs un sens inattendu de la mesure dans ses décisions de justice et une bienveillance envers tous qui forçait l’admiration.

« Merci de l’honneur que tu nous fais en acceptant de nous recevoir ici ! Mon ami Marius, ancien sénateur et conseiller de Néron, est stupéfait de la magnificence de ce palais… » ajouta-t-il en tendant le bras vers Marius Avis, demeuré prudemment en retrait.

- Magnificence ? » s’étonna Titus en adressant un bref signe de tête à ce dernier. « Caïus, essaierais-tu de me flatter, par hasard ? Je soupçonne Domitien, mon intrigant de frère, d’envisager la construction d’un palais autrement plus somptueux s’il devait me succéder un jour !

- Ce qu’à Jupiter ne plaise, César ! Tout Rome espère ardemment que tu régneras longtemps pour le plus grand bien de l’empire…

- J’y compte bien ! Et avec l’aide des dieux, achever la rénovation de cette ville qui a tant souffert… À commencer par le grand amphithéâtre que j’aimerais pouvoir inaugurer dès cet été par de grandioses festivités !

- Sans aucun doute à la hauteur de cette prodigieuse réalisation ! J’ai remarqué que les ouvriers en étaient déjà au quatrième et dernier étage…

- Déjà, dis-tu ? Dois-je prendre ça pour une plaisanterie ? Tous les travaux ont pris du retard, comme d’habitude, et plus encore du fait de cette épouvantable catastrophe qui m’a tenu éloigné de Rome et a monopolisé et monopolise encore une bonne partie de mes ressources ! »

Titus, les yeux au plafond, secoua longuement la tête, comme pour prendre le ciel à témoin du malheur qui s’était abattu sur lui, deux mois à peine après le début de son règne. Puis il ramena sur Pline un regard où se lisait une inflexible volonté.

« J’examinais hier encore l’état de mes finances avec Tiberius, mon grand argentier, que tu connais bien pour avoir travaillé avec lui du temps de mon père. Ah ! Caïus… L’argent, l’argent… »

Il désigna du menton ce qui subsistait du somptueux butin de guerre.

« Tu peux constater que je n’ai pu me résoudre à faire fondre toutes les pièces du trésor ramené de Jérusalem, en dépit du besoin que j’en avais ! Et le fiscus judaicus, de plus en plus impopulaire dans la communauté juive, suffit à peine à payer les ouvriers… Mais je ne pense pas attendre que tout soit terminé pour y faire donner des jeux qui émerveilleront le peuple romain ! »

L’empereur fut sur le point d’ajouter quelque chose, puis y renonça avec un geste vague avant de désigner un des tricliniums alignés contre le mur.

« Mais nous aurons tout le reste de la journée pour parler de ça… Allons pour le moment tranquillement discuter de ce qui vous amène, toi et ton ami !

- Oui, César… Ce que nous avons à te dire est en effet de la plus haute importance !

- Ah, et puis, laisse tomber le « César », Caïus ! » proposa Titus, un peu agacé. « Nous nous connaissons depuis trop longtemps pour que je t’impose l’étiquette en privé… »

Les trois hommes s’installèrent sur les confortables coussins puis Titus battit plusieurs fois des mains. Quatre esclaves apparurent aussitôt avec des plateaux de pâtisseries et des boissons qu’ils disposèrent sur une table en acajou avant de s’éclipser discrètement.

L’empereur se saisit d’une coupe et, regardant tour à tour ses deux visiteurs, la maintint à hauteur des lèvres.

« Vobis hoc propino ! »

Ceux-ci l’imitèrent aussitôt.

« Prosit ! » répondit gaîment Pline. « Praebibo tibi hunc calicem ! »

Les trois convives vidèrent leur coupe avec un bel ensemble puis Titus, s’adossant contre un épais coussin, leur adressa un geste courtois pour les inviter à entrer dans le vif du sujet.

« Eh bien… » commença Pline, hésitant. « Comme tu sais, je n’ai pu sauver autant de monde en faisant évacuer les principales villes de Campanie que parce que j’ai fini par prendre au sérieux les incroyables prédictions de ce fameux astrologue…

- Oui, oui… » répondit pensivement Titus. « Par les dieux… Je dois bien reconnaître que ma méfiance à l’encontre de ces gens-là s’en est trouvée sérieusement remise en cause. Ils ne seraient donc pas tous de vulgaires charlatans… Et celui-ci aurait disparu juste après l’explosion de la montagne ?

- On ne sait pas exactement… Je n’avais jamais rencontré un tel personnage qui demeure pour moi un mystère complet. Il voulait absolument retourner à Pompéi tout en sachant que ce qu’il nous prédisait avec tant de détails était sur le point de se produire ! Bref, nul ne l’a revu depuis…

- Et tu confirmes ce que tu m’avais dit au cours de cette distribution de vivres, le mois dernier, à savoir qu’il avait prédit jusqu’à l’heure de l’éruption ? »

Pline hocha gravement la tête.

« Tout à fait. Mais ses prédictions ne s’arrêtent pas là… » répondit-il avant de se tourner vers Marius Avis.

« J’ai rencontré récemment Marius, tout à fait par hasard, dans le premier camp de regroupement installé immédiatement après ce désastre. Il m’a tout de suite reconnu, heureux m’a-t-il dit de me savoir encore en vie, et ce qu’il m’a aussitôt confié est d’une telle importance… »

Ce dernier s’éclaircit la voix avant de prendre la parole.

« Non, César… Ses prédictions ne s’arrêtent pas là, en effet. Car il a annoncé, de façon certes plus vague, mais bel et bien pour cette année, non seulement une grande épidémie, mais aussi un terrible incendie qui durera plusieurs jours. Et qui ravagera le Champ-de-Mars et le Capitole… »

Titus, d’abord sans réaction, fixa Marius avec, dans le regard, un mélange de reproche et d’incrédulité.

« Un terrible incendie ? Comme sous Néron ? »

L’ancien sénateur, la mine désolée, se contenta d’approuver silencieusement.

« Et ce serait pour cette année ?

- C’est en tout cas ce qu’il a affirmé, peu avant la catastrophe, chez des amis qui les hébergeaient, lui et la jeune fille qui l’accompagnait. Et qui a d’ailleurs disparu pratiquement en même temps que lui…

- Comme je le rappelais, ce devin est malheureusement à prendre très au sérieux… » intervint Pline. « Très au sérieux… Les destructions seront considérables. Le Capitole et les édifices du Champ-de-Mars, le Panthéon, la bibliothèque d’Auguste… Le Palatin lui-même sera selon lui en partie dévasté ! »

Titus, d’abord anéanti, se tassa sur lui-même. Puis il se redressa en lançant ses bras en l’air.

« Mais à quoi nous sert-il de le savoir puisque, si je dois vous croire, ceci doit inéluctablement se produire ? » observa-t-il sur un ton exaspéré.

Marius leva timidement la main.

« Eh bien… Je me souviens d’une conversation qui s’est tenue à ce propos chez ces mêmes amis, après qu’il nous eût annoncé l’éruption du Vésuve. Il prétendait qu’en effet certaines choses se produiraient immanquablement et que rien ni personne ne pourrait les empêcher. Mais que les actions des hommes pouvaient modifier dans une certaine mesure ce que lui lisait dans les astres…

- Moi, par exemple, j’étais supposé trouver la mort à Stabies, en allant voir cette éruption de trop près… » renchérit Pline. « Et je suppose que c’est parce que j’ai finalement renoncé à y aller que tu me vois toujours bien vivant !

- Et tous ces réfugiés qui, certes dans une situation peu enviable, auraient péri sous les cendres de la montagne s’ils étaient restés chez eux… » poursuivit Marius.

L’empereur ferma brièvement les yeux, les rouvrit, puis regarda alternativement les deux patriciens.

« Vous n’allez tout de même pas me suggérer de faire évacuer Rome ? » gronda-t-il.

« Non, non, Titus… » le rassura Pline. « Cela n’aurait aucun sens, d’autant plus que nous ignorons quand, précisément, l’incendie est supposé se déclarer !

- Et pour en revenir à ces évènements que l’on ne peut empêcher, comme l’explosion d’une montagne, la bonne nouvelle est qu’un incendie est provoqué par des imprudents et non en principe par la volonté des dieux ! » reprit très vite Marius.

Titus demeura quelques secondes sans rien dire, le regard mal assuré. Puis il eut un sourire désabusé.

« Je comprends. Mais vous n’êtes pas sans savoir que les incendies sont malheureusement très fréquents à Rome, surtout évidemment dans les quartiers populeux, avec ces braseros qu’ils utilisent à tous les étages et qui ne demandent qu’à mettre le feu aux planchers en bois… »

Il se leva lentement et, mains dans le dos, soucieux, entreprit de marcher de long en large.

« Je peux évidemment augmenter le nombre des vigiles urbains, des pompes et des citernes, et la taille de celles-ci. Mais je doute que ceci soit suffisant pour garantir que l’on pourra toujours circonscrire un feu important. Quand je pense que l’aqueduc de Claude ne m’amène pas encore l’eau jusqu’au Palatin… »

Il s’arrêta, se tourna vers l’amiral Pline.

« Je dois par contre penser à protéger ma famille. Domitien, mon frère et éventuel successeur, et ma fille Julia dont je n’ai guère eu le temps de m’occuper depuis que je suis rentré de Palestine, à la fin de la guerre… »

Il demeura un instant songeur.

« Elle devait alors avoir six ou sept ans… Penses-tu qu’ils seraient en sécurité si je les faisais emménager dans la villa de mon père, sur le Quirinal ?

- Ceci me paraît être une excellente idée, Titus.

- Qui risque toutefois d’être moins facile avec Domitien que j’aurai du mal à convaincre d’aller loger ailleurs qu’ici… Et pour ce qui me concerne, il est exclu que je quitte le Palais où se trouve évidemment ma place !

- Je comprends et respecte ta décision courageuse…

- Courageuse ? Du courage, comme tu dois t’en douter, il m’a souvent été demandé d’en avoir bien davantage !

- Bien sûr… » répondit précipitamment Pline. « Ceci ne fait de doute pour personne et j’en ai moi-même été témoin !

- Mais dis-moi, Marius… Comme si cet incendie qu’il nous a prédit ne suffisait pas aux malheurs qui nous accableront, il était bien question aussi d’une épidémie ? »

Marius opina tristement.

- Oui… » répondit-il, horriblement gêné. « Et les victimes seront hélas nombreuses. Très nombreuses…

- Par les dieux ! Il n’a rien précisé de plus ? De quelle maladie pourrait-il donc s’agir ? Cette nouvelle calamité pourrait-elle nous être amenée par les cendres de la montagne ?

- Non, César… C’est ce que je m’étais moi-même imaginé lorsqu’il nous en a parlé. Mais il s’agirait selon lui d’une de ces maladies qui se développent lorsque les populations sont chassées par la guerre… »

Titus demeura silencieux pendant quelques secondes puis approuva d’un vigoureux signe de tête.

« Oui… J’ai pu observer ça bien souvent au cours de mes campagnes militaires. Et si j’en crois ce qu’il m’a récemment été donné de voir en Campanie, cette épidémie aurait même peut-être déjà commencé !

- Il est vrai que les malades sont de plus en plus nombreux dans ces camps… » renchérit Pline. « Les morts aussi… Et ceci en dépit de l’aide de nos meilleurs médecins et des secours si généreux que tu leur apportes depuis le début !

- Il faut donc s’attendre à bien pire encore… Il me faut comprendre que l’épidémie parviendra jusqu’à Rome ?

- Oui, Titus, jusqu’à Rome.

- Où elle fera de nombreuses victimes dans la population ?

- Oui, Titus, de terribles ravages… »

L’empereur parut s’enfermer dans ses pensées puis fixa soudain Marius.

« Mais j’y songe… Puisque cet astrologue savait tout, ne vous aurait-il pas par hasard révélé les noms de certaines victimes ?

- Eh bien… Oui, César, en effet… » répondit Marius en baissant la tête.

« Des gens importants ? De hauts personnages de l’état ? » insista l’empereur.

« Très importants… » répondit Marius sans oser regarder Titus dans les yeux.

Ce dernier s’immobilisa, soupira longuement, puis se laissa choir sur les épais coussins.

« Dois-je entendre que je pourrais moi-même être victime de cette épidémie ? C’est ça, Marius ?

- Oui, César… »

Christian Eychloma

Les larmes de Titus

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