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poesie

Un poème d'Emilie Decamp : ECLAT D'AME 2.0

Publié le par aloys.over-blog.com

http://www.waibe.fr/sites/emilie/medias/images/Tournai_la_Page_2009/site.jpgEclat d'âme 2.0


Les brisures de rêves occultent mon âme.
Leurs images se sont évaporées
Vers un ciel plus noir aux reflets de lame.

Les mots n'ont pas la force escomptée
Quand dans ma tête les phrases se tordent
Et que les lettres jaillissent en fragments de pensée.

Aux rivages sombres de l'éphémère
Nul ne peut éviter les vagues pourpres
Qui frappent mes côtes et déchirent ma chair.

Les éclats de peur transpercent mon coeur,
Transpirent de ma peau comme suinte la mort.
Et défilent dans ma tête brouillard : mes erreurs.
En une lente agonie, je perds le Nord.

 

EMILIE DECAMP

http://www.emiliedecamp.com/

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CARINE-LAURE DESGUIN : Albertine Sarrazin

Publié le par aloys.over-blog.com

http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/_-34-recadre-3.jpg L'autre jour, une de mes vieilles connaissances se fracture le scaphoïde. Le scaphoïde, vous savez, ce petit os du pied. Sur un ton humoristique ( je n'dis pas "moqueur", elle s'rait pas contente...), je lui dis :

  - On connaissait "L'astragale" d'Albertine Sarrazin. A présent, il y a "Le scaphoïde " de XXX !


  Elle et moi, nous avons bien ri. Surtout moi...

  Ce soir-là, ce nom, Albertine Sarrazin, me revient en mémoire..."L'Astragale", roman autobiographique, écriture magnifique, authentique. Dans un style littéraire prometteur, cette adolescente révoltée raconte ses années difficiles, sa jeunesse rudoyée par des incarcérations successives. Et puis l'évasion, ce haut mur duquel elle chuta et se brisa l'astragale, ce petit os du pied, voisin du scaphoïde...L'intrépide ne peut se relever et, à ce moment-là, le destin s'arrête. Il s'appelle Julien.

  Albertine sarrazin, c'est une étoile. Elle est passée comme un sirroco, pour nous ouvrir les yeux, le coeur. Et c'est elle qui saigna.


  Pourquoi emprisonner les jeunes ? Quelles sont les routes caillouteuses qui les conduisent vers des actes irréparables ? Albertine, c'est tout ça ! Mais c'est aussi l'intelligence, la révolte et un grand, un tout grand talent littéraire.

Savez-vous qu'elle était née à Alger en 1937 ? Et décédée à Paris, en 1967 ? Trente ans !

Albertine Sarrazin, un destin...


Après avoir relu "L'astragale", j'ai écrit ce texte...

  Les bougainvillées et autres éclatantes

  Fleurs d'Alger se fanent s'étiolent en ce dix-sept

  Septembre mille neuf cent trente-sept

  Alger est belle et blanche et chaude

  Les enfants des rues de pierres et ceux

  Des pierres précieuses et creuses

  Creusent l'enfance et ignorent les mépris

  L'enfance est innocence et ignore

  Tous les lampions des haines précoces

  Des abandonnés des jours essentiels

  Il ne suffit que d'un jour féroce

  Un jour de honte et d'oubli

  D'une fille malheureuse devant cette porte

  Toute seule avec ses pensées d'amour

  des cris un panier de bébé autour

 

   Des semaines à se demander lever

   la tête vers le ciel d'Alger si blanche

   Vers ce ciel si bleu et démoralisé

   Pourtant à pleurer il se venge

   Une petite étoile brillante

   N'éclatera plus sur les bras nus

   De la jeune fille si jeune si imprudente

   Si seule au coeur brisé déçu

   Toutes ces angoisses ces déserts

   Dans les plis de son coeur de cierge

   L'enfant qu'elle n'entendra plus

   Qui est-elle et d'où vient-elle

   Cette jeune fille ne sourira plus
   Exilée de la vie sans lumière ni chandelle
   Angelot fragile dans les anges déchus
   Elle peine de laisser là dans des bras inconnus
   Ce petit enfant cet oisillon sans ailes
   Au regard pétillant à la vie dévêtue
   Est-elle fée est-elle magicienne
   Est-elle passante gueuse ou mendiante
   Estampillée d'une passion bohémienne
   Agenouillée et bientôt trébuchante
   Elle hésite elle marche quelques pas
   Puis se confond dans les hibiscus
   A Alger le moindre faux pas
   Sonne le glas sans attendre l'angélus
   Jamais dans la vie ne pardonnera
    D'avoir oublié une princesse
    D'avoir renoncé aux caresses
   Que d'autres ne donneront pas

    Du père de l'enfant nous ne savons rien
    Est-il roi prince ou artisan
    Fils de tout ou fils de rien
    Est-il militaire prêtre ou médecin
    Usurier algérien ou français mécréant
    
    C'est aujourd'hui le jour béni
    Ou maudit de la Sainte- Albertine
    Ils te nommèrent donc ainsi
    De nom Damien de prénom Albertine
    
     A peine venue aux gens
    Déjà des fleuves de larmes
     Inhument lignées de parents
     Et noient les mélodrames

     Enfant du soleil enfant d'Algérie
     Aux yeux de velours d'arrogance et de force
     Ton corps est subtil tes élans sont précoces
     Des étoiles sont en toi et tu aimes la vie

      Derrière les murs tout blancs 
      De l'assistance publique
      Tu t'éveilles et pendant deux ans
      Inoffensive les cadeaux de la république
      T'ouvrent vides et merveilles

      A qui donneras-tu ton premier sourire
      Un visage un lit un drap des fleurs
      Petite fille du soleil et peut-être du désir
      Ta vie est ici ta naissance est ailleurs

       Combien sont venus regarder tes papiers
       Questionner observer et puis réfléchir
       L'affaire est sérieuse et n'est pas garantie
       Difficile d'aimer un enfant adopté

    Albertine Sarrazin, je ne sais pas si j'écrirai la suite de ton histoire ...Tu sais bien que j'attends des nouvelles de mon premier roman ! Tu dois me comprendre ! Tu sais ce que j'aurais aimé ? Et bien, j'aurais aimé, si tu avais vécu, j'aurais aimé aller prendre un verre avec toi. 
A Paris... 

    Ah oui, j'oubliais..Dis, si tu me lis, toi dont le petit scaphoïde s'est cassé, merci à toi, XXX !

 

Carine-laure DESGUIN

http://carinelauredesguin.over-blog.com


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Une poésie de MARIE-FRANCE MELLONE : Les deux amants

Publié le par aloys.over-blog.com

                   Les deux amants

 
http://fdata.over-blog.net/2/94/05/03/avatar-user-2249789-tmpphpRjkP55.jpeg

 


Quelque jour vous verrez un couple d'amoureux.                                
Elle sera bien vieille et lui sera bien vieux
Mais leurs yeux souriront au milieu de leurs rides
En se disant : << C'est bon de t'avoir eu pour guide.
Oh ! nous avons connu des moments difficiles,
Notre bonheur parfois nous a semblé fragile,
On ne vit pas longtemps sans faire de faux pas,
Oui mais j'ai toujours pu m'appuyer à ton bras. >>
Lorsqu'avec émotion ils revivront le temps
Où, jeunes loups, ils aiguisaient leurs dents
Il lui dira : << Pardon, j'ai fait couler tes larmes. >>
Et elle sourira de ses vaines alarmes.
Au profond du regard un tantinet coquin,
L'espièglerie au coeur il lui prendra la main
En murmurant : << Te rappelles-tu nos baisers
Si dévorants que nos bouches en sont usées ?
C'est loin, c'est bien loin mais c'était bon, c'était fou
Ce délire impatient qui s'emparait de nous
Et maintenant que ce feu est éteint je tremble,
Dis, si c'était la fin ? Mais nous sommes ensemble,
Je n'ai rien à craindre, je suis fort de ta force,
Tu es la sève du vieux chêne et moi l'écorce. >>
Regardez-les marcher les doigts entrelacés,
Aucune tempête ne les a séparés.
Non ne souriez pas car l'amour n'a pas d'âge,
S'ils sont moins passionnés ils n'en sont que plus sages.
Un jour j'aurai pour eux un regard bienveillant.
Qui sont ces deux amants ? Mais ce sont mes parents !

 

MARIE-FRANCE MELLONE

http://lesmotsdemariefrance.over-blog.com/


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Retour à... Poème de Claude Colson

Publié le par aloys.over-blog.com

Retour à ...

 

 

 

Au dernier jour de mai
Un soleil de juin, un peu pâle,
Éclabousse, arrogant, de ses rais
Le reste de nature minéral
Bordant la voie-métal.

Çà et là des plages herbues
Dénoncent la civilisation incongrue
Qui peu à peu presque tout a emporté,
Jusqu'aux trésors de l'âme et la fraternité.

Paris approche et voici que déjà
Le train s'est engouffré dans les tunnels d'en bas.
Sous terre il tâche de dissimuler cette misère
Aux hommes consentants, de l'humain abdiquant.

Mais bientôt avec l'été ils retrouveront,
Espérons-le pour eux, l'union primitive,
Le Beau, le Sens, l'harmonie non rétive,
L'insertion de leur être dans un monde moins factice,
Quelque cirque montagneux, des hauteurs plus propices,
La douceur des bleus, des verts ou des gris
D'une nature accueillante et encore infinie.

 

Claude Colson

http://claude-colson.monsite.wanadoo.fr


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