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poesie

Noir Mouvant : une poésie de Sélène WOLFGANG

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NOIR MOUVANT

 

 

Quand le Zéphyr prépare un sort à la nuit,

La lune moirée par la spirale fauve des sens

Vous livre mon âme qui se tortille,

Traîne sa masse fluctuante

Et esquisse une flamme

Sur les murs de votre alcôve.

 

La flamme, mon oppressant désir,

Suivez son sillage,

Il vous fera tomber

Dans le gouffre de mon insolence.

 

Je suis le spectre à la voix

Qui vous mord les vertèbres.

Allongée dans votre jardin mental,

Je passe un fil astral en l’aiguille

Des sentiers expiatoires de ma dissolution.

 

Chut! Silence! Ecoutez mon chant!

Mon chant est un piège à y mourir,

Il polit votre mensonge.

 

Prenez et mangez

Mon ambroisie à la mandragore,

Buvez le sang de mes stigmates reflétés

 

 

 

Par le noir mouvant des voyelles.

 

Chut! Silence! Ecoutez mon chant!

Déjà, il vide les tiroirs de vos cœurs séchés.

Il déplace les meubles désolés

De vos profondeurs où l’idéal dort.

 

Des souterrains du verbe frémir,

Emergent les sangsues d’un amour perdu.

Elles descendent en vous et glissent

En vos veines les plus durs émois.

 

Séchez vos paupières!

Je me dérobe avec l’astre qui se tord.

A l’avenir, prenez garde!

N’entrez plus dans l’univers

Des nymphes sanglantes

Gisant sur l’humus de brume calcinée

Qui ampute l’azur triomphant

Comme la virginité.

 

Séchez vos paupières!

Je disparais avec le tumulte des temps.

 

 

Sélène WOLFGANG 

http://selenewolfgang.tripod.com/

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Un poème de Françoise Castera : Haïti

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amis.JPG

 

 

 

 

Haïti

 

Entre pays maudit et perle des Antilles

C’est ma vie que l’on prend et mon cœur qui oscille

Je ne veux pas pleurer mon fils ni ses amis

Qui prennent tous les risques au mépris de leur vie

J’ai peur pour eux pour tous et surtout ces enfants

En train d’agoniser…et cela prend du temps.

Si les secours sont là, utiles et présents,

Ils ont les mains liées – c’est un pays absent.

Ceux qui se succédèrent n’ont pensé qu’à eux-mêmes.

Ils étaient les nantis, et leur pouvoir extrême

N’incluait pas les gens qui hurlaient leur famine…

Qu’importent ces paysans qui vivaient de rapines 

 

Avez-vous vu ce couple qui cherchait son bébé

Ce petit Haïtien qu’ils avaient adopté

T’en souviens-tu, Préval, tu aurais pu signer

Mais tu ne l’as pas fait. Le bébé est resté.

Pourtant tu étais là, côtoyant les soldats

Envoyés par l’O.N.U.   Tu riais aux éclats !

Te souviens-tu, Préval, de passage chez nous

Où tu fus étudiant, un peu, mais pas beaucoup

Rêvant de pommes frites, rêvant de mayonnaise

Je t’ai servi ce plat et j’étais mal à l’aise

Tes idées politiques me paraissaient étiques

Le personnage entier me laissait très sceptique

 

Je raconte ceci car j’ai trop de chagrin

De mon défunt mari tu étais le cousin,

Le cousin par alliance – l’alliance fut rompue –

Le président restait, bien assis, bien en vue.

Mon amour est chez toi, c’est mon fils, c’est ma vie,

Il est parti chez toi pour aider son pays

Il n’a pas oublié l’idéal de son père

Il combat pour les siens et son père serait fier

Il parle de ses frères, ses frères haïtiens

C’est un homme meurtri. mais mon dieu qu’il est bien

Et s’il écrit qu’il m’aime, il n’est pas partagé

Il a trouvé sa voie, son chemin est tracé…..

 

Il est tellement jeune, accordez-lui la vie

Accordez-lui le temps de fonder sa famille

 

 

 

 

Françoise CASTERA

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Georges Roland: la boxe

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LA BOXE

 

 


PREMIER ROUND


ils ont tous misé sur elle

parce qu’on dit qu’elle est cruelle

et que sa gauche est mortelle

je m’en fous

je me sens très bien capable

d’un uppercut imparable

de l’envoyer sur le sable

à genoux

lorsqu’au premier coup de cloche

on se pèse et on s’approche

on se guette l’anicroche

dans les yeux

c’est un nouvel abordage

nous salivons notre rage

je rassemble mon courage

de mon mieux

La boxe la boxe on en fait tous les matins

La boxe la boxe c’est notre pain quotidien

 

 


DEUXIEME ROUND


un instant on se ravise

on se tend on s’électrise

un coup dur pour ceux qui visent

notre union

ils l’acclament ils la supportent

scandent les coups qu’elle me porte

pour qu’enfin elle sorte

de ses gonds

lorsque je baisse ma garde

elle revient et me bombarde

de doublés à la pensarde

et dans les dents

peu après on nous sépare

comme sur un quai de gare

je tremble un peu des guitares

inquiétant

La boxe la boxe on en fait tous les matins

La boxe la boxe c’est notre pain quotidien

 

 


TROISIEME ROUND

 

 

je me lève et je sautille

j’ai les yeux dans ses pupilles

on s’observe et on s’épie

en dansant

elle esquisse une dérobade

me tamponne un peu l’arcade

puis me fait une accolade

dégoûtant

j’ai la chance de la faire

bien flipper de la crinière

de petits gnons dans les molaires

et sous les seins

mais je m’réjouis trop vite

et bien sûr elle en profite

pour m’oblitérer la frite

d’un parpaing

La boxe la boxe on en fait tous les matins

La boxe la boxe c’est notre pain quotidien

 

 


QUATRIEME ROUND

 


c’est là qu’il faut que je place

mon uppercut à la face

qui lui fait faire la grimace

rigolo

à ce moment elle ébauche

son mortel direct du gauche

et d’un coup elle me fauche

bang K.O.

je me retrouve en compote

j’ai l’estomac dans la glotte

les sourcils en papillotes

et tout en sang

me voilà je le redoute

au bout de ma longue route

l’arbitre crie Il est out

à qui le gant

La boxe la boxe on en fait tous les matins

La boxe la boxe c’est notre pain quotidien

 

Georges Roland

http://www.bernardiennes.be 

http://www.georges-roland.com

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PAPIERS MAGIQUES... UN SLAM DE ROMANO VLAD JANULEWICZ..

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Romano Vlad Janulewicz« Papiers magiques »

 


 

Il est temps d's'faire la malle, 
Mais oublie maillots d'bain, ch'mises à fleurs, 
Ray Ban miroirs ou sandales, 
Là où tu vas aucun b'soin d'accessoires pour nager dans l'bonheur ! 
Ok, tu veux pas trop t'projeter mais il est difficile 
Finalement d'pas tirer deux-trois plans sur la comète : 
Y aura-t-il des crimes, des bagarres, des idylles ? 
Les intrigues sauront-elles bien s'ancrer dans ta tête ? 
Tu t'installes à ton aise, respires un grand coup, 
Et dis au revoir à « hic et nunc ». Destination inconnue ! 
Fais confiance au pilote, même s'il est un peu fou, 
L'essentiel au final est d'vivre un périple qui t'troue l'cul ! 
Moi, j'les ai découverts sur le tard, 
Et d'puis j'les kiffe, pas d’danger qu’on s’sépare 
Poésie, littérature blanche, noire, romans de gare, 
Escort'ront ma vie jusqu'au bout. 
L'heure du départ approche. Pour qu'ton voyage démarre, 
Faut qu'les mots soient lancés et l'décor planté. 
Enfin tu t'décides à larguer les amarres. 
Pour ça, suffit juste d'tourner la première d'couv'illustrée ! 
Les livres sont des charmes, des passeports, des passerelles, 
Et si c'est pas d'la magie, faudra quand même m'expliquer 
Comment on atterrit dans toutes sortes de pays, d'univers parallèles, 
En lisant simplement des papiers imprimés...

 

 

ROMANO VLAD JANULEWICZ

http://blogoscriptorium.canalblog.com/

 

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CLAUDE COLSON : UNE RESPIRATION

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http://www.liensutiles.org/colsonphoto.jpgUNE RESPIRATION



Train de fraîcheur en matin-pluie.
Aux rameaux touffus le vert se fait plus profond.
La tuile frôle le marron, trône là, brun recuit.
Les toits de zinc luisent, s'anoblissent en ardoise.



Quelle beauté aussi, ce jour plus sombre !



Le vif ambiant a ragaillardi les gens.
La langueur a cédé.
Aux jupes et chemises  légères popelines ont succédé.
Aux bras des passagers les parapluies s'égouttent.
Doucement.



Rien n'est triste.
La nature seulement reprend son élan
Pour bientôt à nouveau ses splendeurs nous offrir.



Tu médites, ébahi.



Peu de mots pour cela :
E guapa la vida.


 

CLAUDE COLSON

http://claude-colson.monsite.wanadoo.fr/


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UN POEME DE GEORGES ROLAND: TOI ET MOI

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http://georges-roland-auteur.wifeo.com/images/photogeorges.jpgToi et moi

Nous étions hier comme aujourd’hui
C’est comme si on n’avait pas vieilli
Comme si les automnes
Étaient nos printemps
Comme si on avait perdu le temps
Le nôtre avait l’air réconfortant
De ces jours qui passent insolemment
Sans grincer les portes
Sans claquer les dents
Regardant mûrir l'œuvre de la vie
Nos miroirs ne sont pas déformants
Mais tes yeux auront toujours vingt ans
Leur éclat l’emporte
Sur le voile blanc
Rien n’efface l’être pas même l’esprit
Et je veux graver l’ombre
De ces mots suprêmes
Je t’aime

Si quarante ans nous ont unis
Que l’on nous dit au déclin du sursis
Comme si nos automnes
Perdaient leur allant
Comme si nous n’avions plus le temps
Notre entente fut riche à tout moment
Et nous avons ri insolemment
Sans grincer les portes
Sans claquer les dents
A quel intrigant faisons-nous donc envie
Ce n’est pas dans les mots qu’on se comprend
Un regard suffit naturellement
Notre union l’emporte
Sur les impotents
Nous serons les princes de l’amour grandi
Et je veux graver l’ombre
De ces mots suprêmes
Je t’aime

 

GEORGES ROLAND

http://www.georges-roland.com/

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Un poème d'Emilie Decamp : ECLAT D'AME 2.0

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http://www.waibe.fr/sites/emilie/medias/images/Tournai_la_Page_2009/site.jpgEclat d'âme 2.0


Les brisures de rêves occultent mon âme.
Leurs images se sont évaporées
Vers un ciel plus noir aux reflets de lame.

Les mots n'ont pas la force escomptée
Quand dans ma tête les phrases se tordent
Et que les lettres jaillissent en fragments de pensée.

Aux rivages sombres de l'éphémère
Nul ne peut éviter les vagues pourpres
Qui frappent mes côtes et déchirent ma chair.

Les éclats de peur transpercent mon coeur,
Transpirent de ma peau comme suinte la mort.
Et défilent dans ma tête brouillard : mes erreurs.
En une lente agonie, je perds le Nord.

 

EMILIE DECAMP

http://www.emiliedecamp.com/

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CARINE-LAURE DESGUIN : Albertine Sarrazin

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http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/_-34-recadre-3.jpg L'autre jour, une de mes vieilles connaissances se fracture le scaphoïde. Le scaphoïde, vous savez, ce petit os du pied. Sur un ton humoristique ( je n'dis pas "moqueur", elle s'rait pas contente...), je lui dis :

  - On connaissait "L'astragale" d'Albertine Sarrazin. A présent, il y a "Le scaphoïde " de XXX !


  Elle et moi, nous avons bien ri. Surtout moi...

  Ce soir-là, ce nom, Albertine Sarrazin, me revient en mémoire..."L'Astragale", roman autobiographique, écriture magnifique, authentique. Dans un style littéraire prometteur, cette adolescente révoltée raconte ses années difficiles, sa jeunesse rudoyée par des incarcérations successives. Et puis l'évasion, ce haut mur duquel elle chuta et se brisa l'astragale, ce petit os du pied, voisin du scaphoïde...L'intrépide ne peut se relever et, à ce moment-là, le destin s'arrête. Il s'appelle Julien.

  Albertine sarrazin, c'est une étoile. Elle est passée comme un sirroco, pour nous ouvrir les yeux, le coeur. Et c'est elle qui saigna.


  Pourquoi emprisonner les jeunes ? Quelles sont les routes caillouteuses qui les conduisent vers des actes irréparables ? Albertine, c'est tout ça ! Mais c'est aussi l'intelligence, la révolte et un grand, un tout grand talent littéraire.

Savez-vous qu'elle était née à Alger en 1937 ? Et décédée à Paris, en 1967 ? Trente ans !

Albertine Sarrazin, un destin...


Après avoir relu "L'astragale", j'ai écrit ce texte...

  Les bougainvillées et autres éclatantes

  Fleurs d'Alger se fanent s'étiolent en ce dix-sept

  Septembre mille neuf cent trente-sept

  Alger est belle et blanche et chaude

  Les enfants des rues de pierres et ceux

  Des pierres précieuses et creuses

  Creusent l'enfance et ignorent les mépris

  L'enfance est innocence et ignore

  Tous les lampions des haines précoces

  Des abandonnés des jours essentiels

  Il ne suffit que d'un jour féroce

  Un jour de honte et d'oubli

  D'une fille malheureuse devant cette porte

  Toute seule avec ses pensées d'amour

  des cris un panier de bébé autour

 

   Des semaines à se demander lever

   la tête vers le ciel d'Alger si blanche

   Vers ce ciel si bleu et démoralisé

   Pourtant à pleurer il se venge

   Une petite étoile brillante

   N'éclatera plus sur les bras nus

   De la jeune fille si jeune si imprudente

   Si seule au coeur brisé déçu

   Toutes ces angoisses ces déserts

   Dans les plis de son coeur de cierge

   L'enfant qu'elle n'entendra plus

   Qui est-elle et d'où vient-elle

   Cette jeune fille ne sourira plus
   Exilée de la vie sans lumière ni chandelle
   Angelot fragile dans les anges déchus
   Elle peine de laisser là dans des bras inconnus
   Ce petit enfant cet oisillon sans ailes
   Au regard pétillant à la vie dévêtue
   Est-elle fée est-elle magicienne
   Est-elle passante gueuse ou mendiante
   Estampillée d'une passion bohémienne
   Agenouillée et bientôt trébuchante
   Elle hésite elle marche quelques pas
   Puis se confond dans les hibiscus
   A Alger le moindre faux pas
   Sonne le glas sans attendre l'angélus
   Jamais dans la vie ne pardonnera
    D'avoir oublié une princesse
    D'avoir renoncé aux caresses
   Que d'autres ne donneront pas

    Du père de l'enfant nous ne savons rien
    Est-il roi prince ou artisan
    Fils de tout ou fils de rien
    Est-il militaire prêtre ou médecin
    Usurier algérien ou français mécréant
    
    C'est aujourd'hui le jour béni
    Ou maudit de la Sainte- Albertine
    Ils te nommèrent donc ainsi
    De nom Damien de prénom Albertine
    
     A peine venue aux gens
    Déjà des fleuves de larmes
     Inhument lignées de parents
     Et noient les mélodrames

     Enfant du soleil enfant d'Algérie
     Aux yeux de velours d'arrogance et de force
     Ton corps est subtil tes élans sont précoces
     Des étoiles sont en toi et tu aimes la vie

      Derrière les murs tout blancs 
      De l'assistance publique
      Tu t'éveilles et pendant deux ans
      Inoffensive les cadeaux de la république
      T'ouvrent vides et merveilles

      A qui donneras-tu ton premier sourire
      Un visage un lit un drap des fleurs
      Petite fille du soleil et peut-être du désir
      Ta vie est ici ta naissance est ailleurs

       Combien sont venus regarder tes papiers
       Questionner observer et puis réfléchir
       L'affaire est sérieuse et n'est pas garantie
       Difficile d'aimer un enfant adopté

    Albertine Sarrazin, je ne sais pas si j'écrirai la suite de ton histoire ...Tu sais bien que j'attends des nouvelles de mon premier roman ! Tu dois me comprendre ! Tu sais ce que j'aurais aimé ? Et bien, j'aurais aimé, si tu avais vécu, j'aurais aimé aller prendre un verre avec toi. 
A Paris... 

    Ah oui, j'oubliais..Dis, si tu me lis, toi dont le petit scaphoïde s'est cassé, merci à toi, XXX !

 

Carine-laure DESGUIN

http://carinelauredesguin.over-blog.com


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Une poésie de MARIE-FRANCE MELLONE : Les deux amants

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                   Les deux amants

 
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Quelque jour vous verrez un couple d'amoureux.                                
Elle sera bien vieille et lui sera bien vieux
Mais leurs yeux souriront au milieu de leurs rides
En se disant : << C'est bon de t'avoir eu pour guide.
Oh ! nous avons connu des moments difficiles,
Notre bonheur parfois nous a semblé fragile,
On ne vit pas longtemps sans faire de faux pas,
Oui mais j'ai toujours pu m'appuyer à ton bras. >>
Lorsqu'avec émotion ils revivront le temps
Où, jeunes loups, ils aiguisaient leurs dents
Il lui dira : << Pardon, j'ai fait couler tes larmes. >>
Et elle sourira de ses vaines alarmes.
Au profond du regard un tantinet coquin,
L'espièglerie au coeur il lui prendra la main
En murmurant : << Te rappelles-tu nos baisers
Si dévorants que nos bouches en sont usées ?
C'est loin, c'est bien loin mais c'était bon, c'était fou
Ce délire impatient qui s'emparait de nous
Et maintenant que ce feu est éteint je tremble,
Dis, si c'était la fin ? Mais nous sommes ensemble,
Je n'ai rien à craindre, je suis fort de ta force,
Tu es la sève du vieux chêne et moi l'écorce. >>
Regardez-les marcher les doigts entrelacés,
Aucune tempête ne les a séparés.
Non ne souriez pas car l'amour n'a pas d'âge,
S'ils sont moins passionnés ils n'en sont que plus sages.
Un jour j'aurai pour eux un regard bienveillant.
Qui sont ces deux amants ? Mais ce sont mes parents !

 

MARIE-FRANCE MELLONE

http://lesmotsdemariefrance.over-blog.com/


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Retour à... Poème de Claude Colson

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Au dernier jour de mai
Un soleil de juin, un peu pâle,
Éclabousse, arrogant, de ses rais
Le reste de nature minéral
Bordant la voie-métal.

Çà et là des plages herbues
Dénoncent la civilisation incongrue
Qui peu à peu presque tout a emporté,
Jusqu'aux trésors de l'âme et la fraternité.

Paris approche et voici que déjà
Le train s'est engouffré dans les tunnels d'en bas.
Sous terre il tâche de dissimuler cette misère
Aux hommes consentants, de l'humain abdiquant.

Mais bientôt avec l'été ils retrouveront,
Espérons-le pour eux, l'union primitive,
Le Beau, le Sens, l'harmonie non rétive,
L'insertion de leur être dans un monde moins factice,
Quelque cirque montagneux, des hauteurs plus propices,
La douceur des bleus, des verts ou des gris
D'une nature accueillante et encore infinie.

 

Claude Colson

http://claude-colson.monsite.wanadoo.fr


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