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l'invite d'aloys

L'invité d'Aloys est Philippe Couillaud

Publié le par christine brunet /aloys

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Philippe m'a proposé cette nouvelle lors du concours pour "les petits papiers de Chloé". trop longue, il a dû revoir sa copie... Vous vous souvenez ? Je vous la propose aujourd'hui...             

 

 

 

 Je vous croyais mort, enfin, ce sera pour une autre fois. Mais n’y revenez pas. J’ai horreur des ratés. Vous êtes ici pour réussir brillamment votre passage à l’état réel de mortel. Reprenez-vous, que diable ! Lors du dernier changement de gouvernement, suite à la victoire du F.N.M.L. (le front national de la mort libre) il a été institué une semaine de formation à l’acte de libération suprême.

              Vous n’ignorez pas que notre université depuis une décennie occupe le premier rang de la cause mortifère. J’en veux pour preuve l’inauguration de la plus grande nécropole jamais réalisée jusqu’à présent. Nous avons atteint le seuil du milliard d’inscrits. Le tout obtenu grâce à l’extraordinaire méthode du C.A. (compactage absolu) qui réduit un corps humain à la taille d’une cellule, elle-même confinée avec ses semblables dans des éprouvettes congelées. Nous avons ainsi obtenu la mort éternelle. Vous rendez-vous compte ?

              Pensez au gaspillage lorsque les guerres étaient l’unique moyen d’abattage. Je n’évoquerai pas l’époque du « ARBEIT MACHT FREI » devise infamante et mensongère pour tout être humain conscient du devenir de la chose mortifère.

              Un nouveau faux pas nous obligerait, en fonction des textes déposés dans le tabernacle des trois religions monothéistes habilitées à nous gouverner à procéder au prélèvement de vos deux enfants. Dieu vous regarde, mon cher et vous ne pouvez vous soustraire à son divin désir.

 

Philippe Couillaud


 

Une petit biographie...


Philippe Couillaud vit à Bordeaux où il exerce la profession de travailleur social. Des carnets de bord plus ou moins égarés sont le domicile de son écriture, mode d'expression le plus libre possible. Il lui arrive d'émigrer vers des ateliers d'écriture. Soucieux du monde qui l'entoure et l'interroge, Philippe Couillaud cherche, par l'écriture, à transcrire ses émotions et ses idées. 

 

Son roman, "Une pluie fine et grise", est paru aux éditions du Pierregord en 2011.

Publié dans l'invité d'Aloys

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L'invitée d'Aloys est, aujourd'hui, Laure Bolatre avec son texte "Quiproquo"

Publié le par christine brunet /aloys

                                                 

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Quiproquo

 

L’homme entre dans le petit café, se dirige tout droit vers la serveuse :

- mademoiselle, s’il vous plait ?


Celle-ci se retourne et se trouve face à lui. Tout de suite sa pâleur, les cernes sous ses yeux lui font penser à quelqu’un qui n’a pas fermé l’œil depuis des nuits.

- bonjour. Je peux vous aider ?


L’homme sort de son portefeuille une photo.

- avez-vous vu cette jeune femme ?

- bien sûr. Je l’ai vu pas plus tard que mardi.

- seule ?

- non. Elle était avec une autre femme. Pourquoi ?


 Il sort une photo d’un groupe :

- reconnaissez-vous quelqu’un ?

- oui. Elle.

- vous a-t-elle dit quelque chose de spéciale ?

- non. Juste : deux chocolats chauds, s’il vous plait !


L’homme n’a pas l’air d’apprécier son humour.

- bon en quoi puis je vous aider ?

- auriez-vous entendu leur conversation ?

- dites donc en quoi cela vous regarde ?

- cette femme est ma fiancée et… je dois savoir…

- je vois.

- ne vous méprenez pas. C’est juste…

- oh ! j’ai l’habitude. Bien. Vous avez de la chance : mardi c’était mort, personne. J’en ai profité pour réviser. Je fais ça pour arrondir mes… enfin je suppose que cela vous est égal.


L’homme hausse les épaules.

- ouais. Je m’en doutais. Bon, voilà. Une des femmes…

- laquelle ?

- l’autre.

- disons la numéro 2.

- pourquoi 2 ?

- celle-ci, il lui montre la photo, est ma fiancé c’est donc la numéro 1.

- logique. Je disais donc, la numéro 2 a demandé :

« Tu es sûre de vouloir faire ça ?

- tu vois une autre solution, toi ?

- tu crois vraiment que personne ne se doutera de rien ? décidément tu ne fais jamais rien comme tout le monde !

- je sais ce que je fais ! même lui n’y verra que du feu, et quand il aura compris, ce sera trop tard ! »

- elle a vraiment dit ça ? vous en êtes certaine ?

- hum.

- continuez…

- vous en  êtes certain ? vous êtes encore plus pâle que tout à l’heure ?

- s’il vous plait…

- ok.

« - est ce que tu as tout ce qu’il faut ?

- pas compliqué de ce fournir. Il suffit de taper à la bonne porte !

- tu as tout prévu à ce que je vois.

- exact. Dés qu’il ferme les yeux. Bang ! »

- mon dieu…


Une larme glisse le long de sa joue.

La serveuse, un peu gênée, l’encourage.

- allons, se ne doit pas être si terrible, pourquoi vous mettre dans un état pareil.


Elle se met à rire.

- de toutes façon, si vous ne vous appelez pas Jean, si vous n’êtes pas riche comme crésus, et que vous n’êtes pas né de la dernière pluie vous n’avez rien à craindre !


L’homme relève la tête, la fixe. Puis sans un mot range les photos, se dirige vers la sortie. La main sur la poignée de la porte il se retourne, et le regard baigné de larmes lui dit :

- je m’appelle Jean, je suis multimilliardaire et apparemment je suis l’homme le plus stupide de la terre.


Le soir venu, allongé près de sa fiancée il attend.

Doucement il ferme les yeux…

La peur et le désespoir lui broient le cœur qui risque de cesser de battre à tout moment : bang !


La place à côté de lui est vide : il a dû s’endormir.

« Quel idiot, je suis ! »

 

Il décide de descendre quitte à en finir autant que ce soit en la regardant dans les yeux.

Derrière la porte de la salle à manger : des chuchotements.

Son cœur s’accélère…

Il prend une respiration et…bang…


Soudain il est aveuglé par une lumière vive.

« Est ce que c’est ça le paradis ? »

- alors tu me réponds ou est ce qu’il faut que tu réfléchisses ?


Devant lui, sa fiancée, agenouillée, qui lui demande pour la deuxième fois :

- dis donc je sais que cela n’est pas très dans les règles mais, Jean, veux tu m’épouser ?


Il bredouille, encore sous le choc :

- t’épouser ! oui bien sûr…

A ce moment, un bang suivi d’autres le font sursauter : dehors un magnifique feu d’artifice éclaire le ciel.


N’est pas cela que l’on nomme :

Un quiproquo.

 

Laure Bolatre

 

Une petite biographie...

 

Laure Bolatre

Laure Bolatre est née à Bourges comme Berthe Morisot et Vladimir Jankélévitch. D’une nature réservée et secrète elle préfère les longues balades au tumulte de la ville. Ces flâneries sont propices à l’inspiration de l’auteur qui s’installe alors dans sa bibliothèque pour écrire et mettre en forme ses libres pensées.
Dans ce monde très intime et personnel, l’auteur écrit avec aisance ce qu’elle ne peut dire et révèle l’attention qu’elle porte aux autres, à leurs rêves, à leur nature. Ainsi naissent ses personnages. Son premier roman « Mon miroir, mon âme » a pour thème la passion de deux êtres que leur funeste destin sépare.
Un prochain roman est à paraître avant l’été.

Laure Bolatre a reçu en 2010 et cette année, un prix « mention d’excellence » aux Poésiades. La remise des prix aura lieu à Bayonne le 12 mars prochain.

 


 

 

Publié dans l'invité d'Aloys

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Yves Boutique, notre invité à nouveau, nous propose un poème... Une petite promenade

Publié le par christine brunet /aloys

Il fait un peu froid ce matin d'octobre et je suis encore dans les songes de ma nuit!!
 
 
J'aime au matin frais,
au pied de la lande brumeuse,
un coin de jardin,un arbre, une haie;
marcher à travers la rosée,
sentir les notes de tubéreuses 
et le goût de la terre retournée !...
 
 
J'aime particulièrement
ce secret flottement qui lévite
la vibration des racines
et ces oiseaux noirs qui s'agitent
engourdis aux bouts des cîmes!...
 
 J'aime de tout coeur
ce sentiment rassurant d'être vivant,
parcourant d'un pas tranquille bosquets et taillis
et me plais à imaginer ces moments,
comme un passage sublime qui transcende l'esprit;
laissant aux éléments leurs pouvoirs évocateurs!...
 
J'aime aussi surtout,
cette image du conscient imaginaire
qui transforme le regard sur la matière
et l'utilise à des fins intimes;
un domaine personnel où s'exprime
ma vision du tout!...
 
et voici ce que je préfère;
c'est de rester ainsi quelques instants,
sur les chemins profonds de mon coeur exubérant et sans limite
puis de revenir sur le cours du temps
pour te prendre la main et te parler des paysages qui m'habitent;
...........................................
la vie n'est que rêve de matière!...
Yves Boutique
 

Publié dans l'invité d'Aloys

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