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interview

Lorsqu'un conte de Bob Boutique se rebiffe, ça donne... les dix petites négresses !

Publié le par christine brunet /aloys

 

Bob Boutique... Je me souviens le jour où, juste après la signature de mon premier contrat chez Chloé des lys, il m'a contactée pour son interview... Très intimidée, à l'époque, j'assistais, médusée voire apeurée ou suffoquée (tout dépend des moments) à ses interventions sur le forum, par exemple.

 Et puis, j'ai décidé de créer le blog passion créatrice et ma première idée a été de lui demander de répondre, à son tour, à quelques questions. Mais j'ai mis des semaines avant d'en avoir le courage... et le résultat a été un jeu rapide et mordant que j'ai eu bien du mal à maîtriser... parce que Bob est du genre "immaîtrisable" ! Vous lui posez une question, et il vous renvoie un interview quasi bouclé ! Et cette fois n'a pas fait exception !

Avec certains d'entre vous, (les auteurs concernés se reconnaîtront), j'ai du mal à obtenir les infos que je cherche... Pas simple de décortiquer son écriture, j'en suis consciente... Pour Bob, ça va de soi... Une facilité qu'on retrouve dans ses réponses...

Les années passent... Pas trop, quand même et voilà Bob avec un nouveau bouquin, différent des deux précédents, plus... enfin, faudra le lire pour comprendre !

 http://www.bandbsa.be/contes3/10negresses.jpg 

 

 

 

Bon, je commence, alors... Dis, Bob, c’est curieux...  On s’attendait à te voir publier un « Contes Bizarres III » et voilà que tu nous sors un roman « Les 10 petites négresses » ! 

C’est une erreur !  J’étais effectivement en train d’écrire un troisième recueil de contes bizarres et me lançait dans une cinquième nouvelle, lorsque celle-ci  s’est rebiffée…

 

Rebiffée ?

Tout à fait. Normalement mes contes font, grosso modo, une  trentaine de pages, après quoi j’en arrive tout naturellement au fameux  « et arriva ce qui devait arriver » suivi de la chute. Un processus bien huilé dont je ne suis absolument pas responsable, car tout cela se trame dans ma tête sans que j’aie le moindre mot à dire…  un matin vers sept heures je commence à écrire, sans trop savoir où je vais, je tape sur les touches, je tape, je tape , l’histoire se développe sans que j’en connaisse la fin, pas de plan, pas de notes, rien… et trente A4 plus loin, ben…  c’est fini.


Et pour Les petites négresses ce ne l’était pas ?

Exactement, j’arrivais plus à terminer ! Chaque fois que j’achevais un paragraphe, un autre se profilait… faut dire que c’est un peu particulier.(ça, je confirme !!!!)

Dans ce conte devenu un roman, je mets en place des personnages qui ressemblent quand même très fort à des amies que nous connaissons toi et moi et ça, ça m’ amusait, tu peux pas savoir… ( oh, mais je m'en doute !!!) Je crois que j’ai rigolé du début jusqu’ à la fin…

 

Et comme en plus tu les as dessinés, le doute n’est plus possible ! D'ailleurs l'une de tes négresses me ressemblerait que ça ne m'étonnerait pas... Je me trompe ?

Bah, tu connais l’ expression… toute ressemblance avec des personnages existants etc…

 

… Est difficile à prouver, c’est ce que tu as mis dans ta préface, hein !

Pour le cas où.  Je dois admettre à ma grande honte ( mais aussi à ma grande jubilation) que je ne les ai pas favorisées. Mais bon… je les adore et elles ont toutes beaucoup d’humour. Enfin, je l’espère.

 

Comment as-tu choisi tes têtes de turc, comme ça à pouf ?

Si je me moque de quelqu’un, c’est que j’ai de l’admiration ou même du sentiment pour lui. Il me viendrait jamais à l’idée de ridiculiser une personne qui m’est indifférente (perte de temps) ou que je déteste. Dans ce dernier cas, je vais  la trouver et lui mets un coup de boule. Et, croyez-moi, ce n’est pas une figure de style. Ici, je me suis limité à dix, mais j’aurais pu en ajouter encore l’une ou l’autre.

 

Pas peur des retours de bâton ?

Ben quand on ouvre une porte, faut s’attendre à ce qu’elle se referme… parfois même en coup de vent. Je sais là contre, comme dit à Bruxelles.

 

Toi qui as pas mal baroudé, tu connais l’endroit où l’histoire se passe ? On peut expliciter ?

Oui, je connais. Tout comme toi, je suis incapable de parler d’une région sans y avoir été… Poussin, Juju  et moi avons traîné nos godasses dans le coin. Tout est vrai et vérifié, garanti sur facture.

 

Pourquoi ce titre qui évoque évidemment Agatha Christie ? Tu venais de le relire ?

Non. Mais c’est un policier qui m’a marqué à l’époque. D’ailleurs, je l’explique dans le bouquin… Pour moi « Les 10 petits nègres » est une espèce de modèle du genre. Une histoire qui vous scotche et vous énerve tout autant, car on n’arrive pas à trouver la clé, sauf à la fin lorsque… enfin, je vous laisse lire, je ne vais pas déflorer le sujet, même s’il a été pas mal copié depuis.

En plus, on y trouve les trois grands classiques du théâtre appliqués à  la littérature policière : l’unité de lieu,- ici c’est une espèce de huis-clos -, de temps, - neuf jours-, et d’action : une mécanique qui fonctionne comme une horloge avec les douze coups de minuit.

 

Tu as donc dû faire un plan ?

A postériori. Le premier jet s’est fait en quinze jours… puis j’ai dû relire et relire, pour gommer toutes les invraisemblances et mettre les rouages au bon endroit.

 

Il y avait des couacs ?

Oui, surtout dans la répartition du temps et dans la désignation des personnages… chaque négresse a en effet son nom de carte d’identité et le surnom qu’elles se donnent entre elles. Là, il fallait pas que je m’emmêle les pinceaux. C’est pour ça que je les ai dessinées… afin que le lecteur les visualise et ne les confonde pas lorsqu’elles parlent entre elles ou bougent dans un même espace…

 

Une sorte de Cluedo en fin de compte ?

Tout à fait ! Qui a tué Miss Scarlet ou le professeur Plum ? Est-ce le colonel Moutarde ou le révérend Green ? On distribue les cartes et on tente de percer le mystère.

 

Sauf que dans les « 10 petites négresses »…

On n’en parle pas !!! Par pitié. L’ histoire est ce qu’elle est, mais la solution finale est, je crois, très particulière et je supplie ceux qui auront lu le bouquin de ne surtout rien révéler, je dirais même de ne pas faire de commentaire, car dans ces pages TOUT compte : le moindre mot, le plus petit détail…

 

Là, je confirme !!!! Dis, un truc me chiffonne... Chloe des Lys n’a pas fait d’ennuis pour accepter ce manuscrit ?  Les clés y sont quand même grosses comme des serrures de portail et  les négresses, qui se reconnaîtront, chargées à mort, non ?

Non, je crois que CDL a la chance d’avoir un comité de lecture d’une qualité et d’une intelligence hors du commun. Et je ne dis pas ça pour les flatter… d’ailleurs ils m’ont refusé le premier manuscrit !

 

Ah bon ?

Oui, pas pour le sujet qui je crois leur a plu, mais pour mes innombrables fautes d’orthographe ! Plus d’une par page et il y en a cent cinquante ! Je pourrais te montrer leur avis circonstancié : c’est oui, à la condition expresse que je leur propose un nouveau manuscrit corrigé ! Heureusement que j’ai trouvé une bonne poire bien blête, prête à tomber de l’arbre, pour revisiter mes textes et apporter les corrections… j’imagine d’ici les profonds soupirs qu’elle a du exhaler tout au long de son calvaire. Une sainte… c’est la même qui a fait cette splendide couverture qui donne le tournis. Vous la reconnaîtrez.

 

Passons. Donc pas de résumé de l’histoire ?

Surtout pas.

 

Et les autres contes déjà écrits avant que ce cinquième ne dérape ?

Ils seront repris dans un « Contes Bizarres III » que j’espère publier début 2014, si le comité de lecture l’accepte.

 

Toute dernière question, si tu veux bien... Tu as un style très particulier : à certains moments (pas si rares d'ailleurs), ton texte est poétique, très imagé. A d'autres, il est très parlé. Est-ce que cette ambivalence est un reflet de ta personnalité ( et est donc inné), ou est-ce que cette multiplicité de styles est là pour réveiller le lecteur, ou booster le texte ?

 

En tous les cas, il n'y a  rien de préparé ni de volontaire, je suppose donc que c'est inné. En fait,  je n'écris pas mais "raconte" des histoires et je le fais comme si nous étions toi et moi dans un resto ou à la maison à bavarder tranquillement. Je t'explique, je fais de grands gestes, je suppose que je dois tirer des mimiques pas possible, j'imite les voix de mes personnages et parfois même je crie ! C'est une sorte de one man show et je suppose qu'inconsciemment j'en ajoute un peu pour créer l'ambiance et maintenir le suspense.

Après y'a plus qu'à retranscrire...

Dans chaque village de France et de Navarre, tu trouveras un conteur capable de captiver son public de cette façon, sans l'avoir appris. C'est comme ça !

 

Peut-être, oui... Il est vrai que "Les dix petites négresses" tiennent autant du thriller, je dirais, que du conte. En tout cas, les personnages qui s'y cotoient sont plus vrais que nature ! 

Je n'en dirai pas plus, même sous la torture, juré Bob! Mais j'ai hâte que le livre sorte pour le tenir entre les mains et vous livrer une fiche de lecture pas piquée des hannetons !!!! Ma vengeance à moi...

 

Vous le savez tous, mais je vous rappelle que tout l'univers de Bob se retrouve dans ses deux précédents opus (Contes bizarres 1 et 2) et, bien évidemment, sur son site, www.bandbsa.be/contes.htm.

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

 

 

 

 

 

Publié dans interview

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Ann Merkelbag : "écrire, c'est raconter une histoire, pas son histoire."

Publié le par christine brunet /aloys

livre dis couverture chloe des lys ann (1)
Une couverture qui ne passe pas inaperçue... pas plus que le titre ! "Dis-lui que tu l'aimes", un nouveau roman aux éditions Chloé des lys, à paraître... Ann a accepté de m'en dire un peu plus... un interview qui va à l'essentiel...  

 Tu te présentes, s'il te plaît ? 

J'ai vécu dix ans à bruxelles, dix ans en allemagne, vingt ans à liège et maintenant à bordeaux ; 
une formation de prof qui m'a emmenée dans le public et le privé, de la rtbf comme assistante culturelle d'abord, puis comme éditrice d'un journal télévisé pour enfants  jusqu'aux girondins de bordeaux comme professeur de français pour des joueurs de football professionnels et pour préparer le baccalauréat avec des jeunes footballeurs du centre de formation du club.  je suis maintenant dans une école supérieure. vous le voyez, des univers et des lieux très variés. 

Pourquoi écris-tu ? Un déclencheur ? j'ai une famille joyeuse et tapageuse mais sans maison de famille ni lieu de retrouvailles : ni chez mes grands-parents, ni chez mes parents. il y a toujours l'un ou l'autre qui se trouvait loin. la lettre était pour nous une évidence. elle a été assurément un déclencheur dans le besoin d'écrire. aujourd'hui, c'est moi qui suis loin d'eux. et je leur écris plus que je ne leur téléphone.

Tu écris quoi ?... Je veux dire, quel genre de littérature ? j'ai écrit des chroniques , des billets culturels, je collabore à un livre de recettes j'ai écrit un court roman et un conte ; je suis plongée dans le second roman que j'écris avec ma plus jeune soeur. j'ai toujours un stylo et un carnet dans mon sac. j'ai même écrit sur un mur de la maison !
    les phrases sont plutôt courtes, incisives. je n'aime pas les majuscules que j'oublie parfois d' utiliser dans les documents plus protocolaires.

Ecrire... C'est quoi pour toi ? écrire, c'est pour moi poser des émotions, des fêlures. je me nourris de fragments de viec'est surtout une liberté absolue que je sais précieuse. 

As-tu d'autres passions ? je peins, je lis beaucoup, j'aime le théâtre ; j'aime surtout partager mes passions : mes jeunes élèves footballeurs pourraient témoigner : je les ai emmenés au grand palais à paris, au théâtre national de bordeaux ; ils ont pu converser avec daniel pennac, participé à un atelier d'écriture et être publié dans le journal "Le Monde" ... j'ai des idées à la pelle pour partager mes passions.

Pour toi, l'écriture va-t-elle de soi ? facile d'écrire parce que c'est un besoin ;  mais pas facile d'être lue parce que je doute toujours de la qualité du texte.  

annbordeaux
Allez... Tu nous parles de ton livre à paraître chez CDL... et d'abord, quel en est le sujet ? être éditée est un vrai bonheur ; j'aime les livres, le papier, les mots ; ouvrir le mien, c'est une sensation nouvelle, exaltante. 
Et c'est grâce à cette petite maison d'édition . Cela me paraît encore incroyable.

C'est l'histoire d'un duo entre une petite-fille et son grand-père ; zoé  raconte des bribes de sa vie et essaie d'offrir à ce vieil homme qu'elle aime tant des moments légers, des histoires rocambolesques.
elle est dans une vie trépidante alors que lui est dans une vie lente.

Depuis le début de cet interview, un détail me gêne... Pourquoi zapper les majuscules dans tes textes ?
je ne sais trop. elle rend un texte officiel. trop peut-être.

Tes héros... Comment naissent-ils?
ils naissent lentement ; les personnages du deuxième roman, cela faisait cinqann-lanzarote.jpeg ans que j'y pensais. et puis, à un moment, tout se met en place et l'écriture devient fluide, tout d'un coup.

Sont-ils issus de personnes de la vie réelle ? Issus, oui. Il y a sans doute une Zoé quelque part. Mais c'est un roman, les personnages sont fictifs. 

Mets-tu un peu/beaucoup de toi dans ses écrits, ou pas du tout ? écrire, c'est raconter une histoire, pas son histoire. 

Donc,  tes histoires qui ne s'inspirent pas de faits réels... Est-ce de l'imagination totale ? certes, c'est une partie de soi mais cela doit déborder. Beaucoup déborder.  C'est donc de l'imagination mêlée à la réalité : la mienne, mais aussi celle des autres. 

Tes récits gardent-ils, néanmoins, un peu de toi ? je m'y retrouve dans le style : bref, vif. je m'y retrouve en partie seulement dans le récit .  

Es-tu une auteur qui peaufine ses textes ou préfères-tu la spontanéité du premier jet ? j'écris un premier jet ; puis je triture, je malaxe. j'y reviens encore et encore. même aujourd'hui, quand le texte est imprimé, si je le pouvais, je troquerais encore un mot pour un autre, je raccourcirais une phrase.


Mais ce travail de relecture ne nuit-il pas, justement, à la spontanéité de tes récit ? 

si tu veux dire spontané comme vrai ou sincère, alors il n'est pas spontané ; l'histoire ne doit pas me ressembler ; si vous voulez dire libre, sans cadenas, alors il est spontané ; travailler un texte, c'est lui donner le plus possible de la puissance, de la force.

ann-Maroc0346_2.jpeg 

 

Revenons à tes personnages : te hantent-ils pendant l'écriture ? le point final posé, passes-tu facilement à autre chose ? 

 les personnages ne me hantent pas pendant l'écriture mais je les habite, tous pour qu'ils soient crédibles. 

le texte me procure un plaisir pendant l'écriture, jusqu'au point final. après, je lui souhaite une existence en-dehors de moi.

Même si, finalement, tu écris depuis toujours, comment voit-on ton travail d'écriture/auteur autour de toi ?
Mon travail d'écriture amuse certains, émeut d'autres. J'en parle peu en fait. La sortie de ce premier livre va surprendre certains.

Pourquoi avoir choisi, pour t'exprimer, plutôt la prose que la poésie ? 
La poésie demande une musicalité et un pouvoir d'évocation que je n'ai pas. j'aime la poésie mais je ne suis pas à l'aise avec ce genre littéraire en tant qu'auteur.



Un extrait en guise de conclusion ?

charles

 

elle est belle. je l’attends. elle va venir. il est onze heures trente. elle ne rate jamais un rendez-vous. elle est en retard. elle est toujours en retard. je m’en fous, j’ai le temps. je me suis levé tôt ce matin pour savourer chaque minute qui précède son entrée. j’ai mis le pullover qu’elle m’a offert la fois dernière. je suis fou d’elle. elle est mon soleil. son énergie me transperce et me nourrit pendant plusieurs jours. chaque fois qu’elle annonce son passage, je débouche une bouteille de pessac léognan ; un rite immuable et un plaisir qui me grise, un peu plus encore.

il est midi. aujourd’hui, j’ai choisi un petit restaurant italien près de la gare. un endroit animé, où on parle fort. elle va adorer. j’entends ses talons marteler le pavé vivement. elle est en retard. elle le sait. elle aussi s’en fout.

 

zoé

 

il va m’attendre. comme toujours. même si j’arrivais à l’heure convenue, je le trouverais là, assis dans son vieux canapé, prêt depuis une heure au moins. une habitude militaire : ponctuel, impeccable, disponible. j’ai laissé la radio allumée ; le linge traîne mouillé dans la machine ; la vaisselle déborde dans l’évier. quand je le vois, j’abandonne tout. je veux savourer ces quelques heures de complicité. je me dépêche. mes talons claquent sur le pavé. je veux être belle, pimpante pour lui.

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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Françoise Castera nous revient avec un nouveau recueil... Contrastes

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.bandbsa.be/contes2/souvenirscastera.jpgFrançoise n'est pas une inconnue. Elle a déjà publié un livre chez Chloé des lys, "Souvenirs" publiés en 2009. Elle écrit des poèmes... Allez, Françoise,  tu nous rappelles un peu qui tu es, ce que tu as publié aussi ?

je viens d'une famille athée, qui avait un grand sens de la justice et de la tolérance-  je n'ai jamais perçu de racisme- j'ai été très  marquée par la forte personnalité d'un père d'apparence cynique, mais, en fait, très tendre, mort très jeune, qui pratiquait une médecine d'avant-garde - ce qui m'a évité d'ingurgiter beaucoup de crasses (antibiotiques et autres-- hé oui, cela existait dans ma jeunesse !!!)
je me suis mariée très jeune parce que, à l'époque, cela se faisait quand on était enceinte, non pourjeff-castera.jpg des raisons religieuses, mais ??? morales ??? bref, mariage éclair et divorce éclair- arrêt des études et obligation de travailler -(j'avais terminé des humanités dites anciennes- et cela m'a permis de reprendre des études vingt ans plus tard)
vie affective chaotique jusqu'à la rencontre qui a percuté toutes mes décisions, par exemple de ne plus avoir d'homme dans ma vie-- c'était en 1972 et nous nous sommes mariés en 78 parce que nous désirions adopter un enfant-- ce qui fut fait- mon mari étant haïtien, tout naturellement nous avons adopté un haïtien- et je précise, pour tous ceux qui m'ont fait des réflexions idiotes quant à la voix du sang, que, ayant fait les deux expériences,  j'affirme que cela ne fait aucune différence-  d'ailleurs, à l'arrivé de mon fils, quand je regardais les autres enfants,, je trouverais qu'ils avaient ous une mine épouvantable !!! n'est pas café au lait qui veut !!!
 Un second recueil --- parce que les humains m'attristent - parce que j'ai peur des guerres - parce que je ne supporte pas les souffrances des enfants, des bêtes- je ne supporte ni le bruit ni la violence-
j'avais envie de parler de mes resssentis, aussi en tant que femme, qui a perdu son mari après 26 ans de vie commune, qui a connu d'énormes difficultés avec son fils lequel est devenu exceptionnel, dans son humanisme (comme son père adoptif), dans son ouverture aux autres (itou)--
entre les deux recueils, j'ai édité chez publibook "histoire tendre et douce d'un (petit)chien qui
s'appelle Jeff"  j'ai toujours eu et adoré les chiens, celui-ci, qui est le plus joli chihuahua de Belgique, sans fausse modestie, écrit- il a raconté avec humour et tendresse notre rencontre et parle de notre vie commune-- d'ailleurs il a entamé un deuxième récit "chihuahua non grata" (avis aux éditeurs amateurs)  je signale d'ailleurs que la couverture de "contrastes" est la photo de Jeff et de mon fils, et du chat et d'un voisin.

 Pourquoi ce second recueil ? Une ligne directrice ? Un sujet en particulier ? Comment définirais-tu ton style ? 
difficile de définir son style- je dirais que les émotions prennent le pas sur le reste-- et que j'ai envie de communiquer avec les autres et de partager.
et l'écriture me permet sans doute de me défouler et d'essayer de toucher les autres-
OUF   si tu me fais parler--- je ne m'arrête plus !
http://www.bandbsa.be/contes3/contrastes.jpgQuestion sans doute idiote, Françoise... Pourquoi t'exprimer en poésie et pas en prose ? Tu as vécu des tas de trucs et la prose me paraîtrait plus appropriée pour raconter ta vie, tes coups de coeur...  
la poésie vient naturellement--- l'écriture en prose aussi-- mais ce  n'est pas une question idiote-- je dirais que le poème permet de cacher un peu tes émotions-- mais l'histoire de jeff est en prose et j'ai mis une semaine pour écrire cent pages, sans corrections ou relecture et sans travailler pendant des heures- la suite de l'histoire de jeff (que j'ai arrêtée temporaitement - santé et soucis-) j'ai écrit une quarantaine de pages en cinq fois deux heures-- évidemment, comme dit bob, si on n'est pas capable d'apprendre à manipuler l'informatique, on fait autre chose!!!!   ce qui ne me donne pas à réfléchir, car chacun ses qualités.

Donc, si je te comprends bien (je pousse le bouchon mais c'est un peu le but du jeu...), la poésie est, pour toi, naturelle mais il est plus simple d'écrire en prose... => deux genres littéraires pour des sujets différents ?
voilà-- mais je vais te dire que quand j'écris un poème, c'est rapide et sans rature-  tout le récit de jeff, en prose, est une façon de dire ce que je pense...
Merci, Françoise !!!

Christine Brunet
www.christine-brunet.com

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Gauthier Hiernaux nous présente "Histoire de moi", le livre posthume de son père, Michel Hiernaux

Publié le par christine brunet /aloys

Michel Hiernaux... Un auteur Chloé des lys qui avait eu la gentillesse de répondre à mes questions sur Passion créatrice en 2011 (http://www.passion-creatrice.com/article-michel-hiernaux-61223235.html), un peu avant son décès. Il nous avait présenté son dernier né, H.I.E.R. et nous annonçait " Histoire (s)de moi ".

 

Son ouvrage est en passe d'être référencé et j'ai demandé à son fils, Gauthier, de bien vouloir m'en parler... Comme toujours, il a été prompt à me répondre !

 

 

Gauthier, peux-tu nous présenter à nouveau Michel Hiernaux ? Qu'a-t-il écrit ?

 


http://www.bandbsa.be/contes2/hiernauxmichel.jpgMichel, mon père, était un professeur de français dans l’inférieur. Il aurait voulu vivre de sa plume, mais la vie en a décidé autrement.
Il a commencé à écrire sur le tard. Sa première publication a été un livre pour enfants baptisé « Tétine ». L’ouvrage est sorti en 2005 chez Chloé des Lys. On peut donc dire qu’il a été l’un des pionniers de notre maison d’édition.

 


http://www.bandbsa.be/contes2/tetine.jpg

 

 

Il a ensuite fait publier un recueil d’aphorismes (Water l’eau) puis un recueil de poésies (H.I.E.R comme hier). J’aime beaucoup ce dernier car il contient les paroles des chansons qu’il nous interprêtait lorsque ma soeur et moi étions enfants. C’est un bel héritage pour nous.


Pourquoi ce dernier livre ? Quel en est le thème ?


http://www.bandbsa.be/contes2/hierhiernaux.jpg

 

 

 

Lorsqu’il a appris qu’il était condamné par la maladie, il a mis en chantier ses mémoires qu’il a intitulé Histoire(s) de moi. Il ignorait s’il allait vivre encore quelques semaines ou quelques mois, alors il a décidé de rédiger cet ultime roman sous forme de petites nouvelles de quelques pages.
C’est un véritable florilège des anecdotes de sa vie. 

 

http://www.bandbsa.be/contes3/histoiremoi.jpg

 

 

 

Comme il est décédé avant de pouvoir faire la maquette, j’ai divisé « Histoire(s) de moi » en trois parties qui correspondent aux trois moments majeurs de sa vie : l’enfant, l’adulte et le grand-père. Les récits ne sont aucunement mélancoliques, bien au contraire ! Mon père avait l’humour facile et il faisait souvent mouche. Les personnes qui ont déjà lu « Histoire(s) de moi » m’ont affirmé avoir beaucoup ri.


J’ai placé un extrait sur mon site. Celui-ci s’intitule « Mon école est un jardin »  http://grandeuretdecadence.wordpress.com/2013/03/27/mon-ecole-est-un-jardin-michel-hiernaux/

 

Un résumé ?  http://grandeuretdecadence.wordpress.com/2013/01/10/histoires-de-moi-michel-hiernaux/ 

 

Bonne lecture !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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Marcelle Pâques : L'écriture comme un pont au dessus du néant, un chemin à parcourir vers moi.

Publié le par christine brunet /aloys

Marcelle Pâques, c'est une présence sur le blog Aloys, un univers qu'on découvre peu à peu depuis quelques mois au fil des vers qu'elle nous propose.

Et voilà, son recueil arrive : impossible de ne pas lui demander de me parler de son livre, de son écriture. 

 

livre-paques-001.jpgDepuis quand écris-tu?
 
Petite fille, je lisais beaucoup, j'aimais m'isoler et rêver. Vers mes 8 ans, j'ai écrit mon premier poème pour participer à la page 
des petits poètes du mercredi dans le journal " Le Soir".
J'ai été sélectionnée dans les 10 meilleurs du mois.
 
Tu écris des poèmes, pourquoi ce choix de la poésie?
 
Kierkegaard, un philosophe notait que la vie d'un poète s'apparente à une lutte avec la réalité toute entière...
Pour moi ce n'est pas une lutte mais une autre vision de la réalité.
Comme un rayon de soleil transforme le paysage, la poésie illumine ma vie, réinvente les jours.
Je pense au tableau de Magritte " Ceci n'est pas une pipe".
 
Un genre littéraire qui te colle à la peau ?
 
P5270041.JPGPas particulièrement, en littérature comme en musique, je suis éclectique, j'aime les rencontres, les émotions.
Mon premier coup de coeur " Le Petit Prince".
Ensuite, Prévert, Baudelaire, Aragon, René Char et beaucoup d'autres...
J'ai adoré " La petite dame en son jardin de Bruges". Charles Bertin- un  portrait d'une tendresse irrésistible !
  - Milena Agus - " Mal de pierres". Mystère, passion, un style sobre et poétique...
  - Athina Papadaki - " La brebis des vapeurs".-Et son superbe poème - L'évadée de l'évier-
 
As-tu écrit des nouvelles ou des textes plus longs?
 
J'ai écrit des contes pour mes enfants et petits-enfants, les derniers " Les aventures de Billy".
Un ours magique qui se transforme la nuit pour résoudre les problèmes des enfants.
 
Définis le mot écriture...
 
L'écriture comme un  pont au dessus du néant, un chemin à parcourir vers moi.
C'est aussi un partage, une rencontre avec les lecteurs.
Une aventure toujours, car parfois le chemin bifurque presque à notre insu et nous découvrons des horizons
insoupconnés.
 
Crois-tu la poésie capable d'aborder tous les thèmes ?
 
Oui ! Tout est permis dans la palette des sentiments.101_4475.JPG
Dans la forme, classique, libre, haïku,tercet, etc...
C'est donc l'infini des possibilités, mais pour moi c'est aussi une certaine façon d'appréhender la vie.
J'adhère à cette pensée de Romain Gary :
" Je suis devenu prudent, je feins l'adulte, mais secrètement, je guette toujours le scarabée d'or, et j'attends qu'un oiseau se pose sur mon épaule, pour me parler d'une voix humaine et me réveler enfin le pourquoi et le comment ?"

 

Crois-tu qu'un auteur met autant de lui-même que dans un texte en prose? Plus? Moins?
 
Tout dépend du choix du sujet. Pour ma part il y a parfois un peu, beaucoup, pas du tout ...
 
Parle-moi de ton recueil, le thème...
 
Le premier paru chez Chloé - " Bientôt les jonquilles".
C'est une métaphore, quand les ennuis tombent sur nous comme des flocons de neige...
Il nous reste l'espoir, le renouveau, la lumière qui change le paysage des jours...
 
Le deuxième qui vient d'être accepté - " Pourquoi pas?".
En fait, je me suis inspirée d'une citation de Georges Bernard Shaw-
" Certains regardent la réalité et disent : Pourquoi ?
 Moi je rêve de l'impossible et je dis : Pourquoi pas ?".
 
J'adhère totalement, car j'aime me lancer des défis et reculer les limites de l'impossible !
 
La note du comité de lecture c'est :
 
Poésie - Joli équilibre entre textes longs et courts-
" Le chêne foudroyé" est très émouvant-
- Beaucoup de légèreté- Petits textes aériens comme des bulles de savon -
 
Tu dis que la poésie est une façon de voir la vie : la poésie, une philosophie de vie?
 
Pour moi c'est un état d'esprit, une façon d'habiller le quotidien et cela depuis toujours...bientotjonquilles.jpg
Ma mère me demanda un jour ( j'avais 4 ans ), pourquoi les fleurs se referment le soir ?
J'ai répondu pour protéger le sommeil des fées...
 
Ne pas s'arrêter aux apparences...
Comme pour une Matriocka, sous la première poupée se cache une autre et ainsi de 
suite.
La dernière est souvent la plus émouvante !
 
Définis ton style, poésie hermétique, classique...
 
Saltimbanque de la vie, j'aime jongler avec les mots.
Poésie libre, classique, haïkus, etc...
Les possibilités sont infinies.
 
-566388008212850437.jpgComment choisit-on un thème en poésie? 
Comme on choisit un roman selon toi?
 
 
Pour moi c'est une idée qui s'impose, une émotion à partager, des mots caresses comme 
des vagues sur la plage de nos vie...
 Mais aussi des mots tempêtes !

 

Quelle conclusion !!!!! J'aime beaucoup ton approche des mots, ta définition de ton style. Oui, j'en suis certaine, la poésie est un état d'esprit, une forme de vie et de pensée.

 

Pour retrouver l'univers de Marcelle Pâques, un blog!             http://marcellepaques.skynetblogs.be/

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com
 

Publié dans interview

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Virginie Lauby : "j’écris depuis que je sais tenir un crayon entre mes doigts"

Publié le par christine brunet /aloys

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      Nannig, on en parle... Une interview originale sur les chapeaux de roue !


Une courte présentation ? Qui es-tu ? Qu'as-tu écrit ? Tu en dis quelques mots ?

Je m’appelle Virginie Lauby, c’est mon nom de naissance. J’habite depuis mes 9 mois dans les Ardennes françaises mais mes origines sont diverses : ardennaises, corréziennes mais aussi belges. Je travaille chez Pole-Emploi (le FOREM français), je suis aussi responsable d’une association, ancienne élue municipale… et j’ai encore pleins de projets dans mon sac.

J’ai écrit à ce jour trois romans. Chronologiquement Nannig est le premier. En 2009, j’ai commencé la rédaction du mouroir aux alouettes (paru en 2010 aux éditions Ex Aequo) et en 2012, j’ai rendu mon troisième manuscrit à mon éditeur français (parution prévue courant 2013). Ce sont trois romans très différents.

Quand j’ai commencé à écrire Nannig, j’étais encore étudiante. Je l’ai bâti avec une intention « littéraire » et non une simple envie de raconter une histoire. Je voulais que ce soit un roman fantastique dans le sens où deux interprétations sont possible (Anne est-elle une simple jeune fille ?) mais aussi dans lequel la dimension tragique serait présente (le personnage principal est prisonnier de son destin, manipulé, il court inexorablement à sa perte)

2) Depuis quand écris-tu ? Un déclencheur ?

Je pense que j’écris depuis que je sais tenir un crayon entre mes doigts. Quand j’étais enfant, j’ai eu lavlhs4.JPG chance d’habiter dans un logement de fonction qui était à la fois une école, une mairie, une maison commune, une bibliothèque…C’était un endroit ouvert sur l’ensemble de la communauté où tout le village transitait à un moment ou un autre. Mais surtout, dans la salle de la mairie, un objet extraordinaire me fascinait : la machine à écrire. Elle était grise un peu rugueuse comme une toile émeri, elle claquait dans le silence laborieux du secrétariat. Je n’ai eu le droit d’y toucher que vers 9 ou 10 ans. Les touches étaient dures et quand on faisait une faute, il fallait recommencer toute la feuille. A 12 ans j’avais réussi à construire une histoire d’une centaine de pages (interligne au minimum et sans marge !) qui a été évidemment refusé par tous les éditeurs (et comme je les comprends).

Je pense que l’élément déclencheur a été cette vieille machine…

 Original !!! Tu me définis le mot "écriture"

Le Robert en donne sept définitions, dont entre autre celle de 1879: « Manière de s’exprimer par écrit ». Qu’est-ce que je pourrais ajouter ?

 Est-ce tout ce que représente l’écriture, pour toi ? Une simple manière de s’exprimer ?

A bien y réfléchir, oui. Pour moi, c’est exactement ça. La définition du petit Robert est particulièrement appropriée pour Nannig. J’ai en effet porté attention à la façon dont les mots se succèdent, au rythme des phrases, à la structure narrative… C’est un texte très travaillé qui n’a rien de spontané. C’est une tragédie au sens le plus classique du terme où la manière de s’exprimer sert la thématique.


Poussons la question... Définis ton style !

A part Nannig qui a été travaillé en profondeur, mes autres romans sont plus spontanés. Je ne sais pas si j’ai un style particulier, en tout cas, rien de très visible pour le moment. C’est Franz Bartelt qui m’a dit cet automne : « il faut écrire beaucoup et un jour un style s’impose ». Je n’en suis pas encore là…

 

Facile ou compliqué d'être lu pour toi ?

C’est toujours délicat de se soumettre au jugement d’autrui. Entre les amis ou la famille qui vous assure que c’est formidable (mais sont-ils impartiaux) et l’indifférence polie de certains éditeurs (l’ont-ils lu d’ailleurs ?) c’est difficile de se faire une juste idée.

Mais quand le livre sort en librairie, cela devient assez difficile, effectivement, d’être lu par le plus grand nombre, de sortir du cercle d’amis ou d’amis d’amis…


Facile ou compliqué de mettre le point final à un livre ?

Comme je commence toujours par écrire la fin de mes textes, je n’ai pas de difficultés pour mettre le point final. Tiens ! Que voilà une manière originale d’écrire ! Est-ce style Colombo (je ne sais… enfin pas vraiment, ce que tu écris, donc…) on connaît le coupable au début et on déroule ensuite l’intrigue ou bien est-ce un moyen de te rassurer en te donnant le point d’arrivée ? => Comment construis-tu tes textes ??? Par contre j’ai besoin de me construire un synopsis qui va évoluer au fil des pages rédigées mais qui me guide (même si parfois, finalement, je m’en éloigne assez fortement). => tu fais donc un plan, tu as la structure et tu écris sur cette base-là ? oui Je n’ai pour le moment jamais réussi à mener à terme un projet dont je n’aurais pas écrit la fin. => on en revient à ma question : as-tu besoin de savoir où va ta plume ? D’ailleurs, je fais la même chose comme lectrice : je commence toujours par lire les dernières pages…

Argh !!!!!!!!! Que voilà un crime… enfin pour un certain type de romans… 

Nannig, tu le classerais dans quelle catégorie ?

 C’est une tragédie fantastique : tous les ingrédients de la tragédie sont présents mais l’histoire a une double lecture : Philippe est-il seulement idiot ou est-il manipulé par une force supérieure ?

et que lis-tu comme livre ? Un peu de tout. Je n’ai pas de style particulier mais j’évite maintenant (j’étais plus cliente il y a 20 ans) les thrillers trop sanglants ou les romans d’épouvante type S King.


Comment voit-on ton travail d'écriture autour de toi ?

J’ai toujours reçu pour le moment un accueil bienveillant. Il m’a été difficile « d’avouer » que j’écrivais. C’est la première publication de Nannig qui m’a obligé à me découvrir. Avec la sortie de mon troisième roman, il m’est plus facile d’en parler, peut-être parce que, maintenant, je me sens un peu plus légitime. Mais je ne suis toujours pas très à l’aise avec l’exercice de promotion…

 

Je crois que c'est le cas de nous tous face aux lecteurs, face à un exercice qui nous est plus étranger que le maniement de la plume !

 

Merci pour cet interview ! Et bonne route à Nannig !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 


 

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Alexandra Coenraets : "Ecrire, c'est se dire avec un filtre."

Publié le par christine brunet /aloys

100 1665 style rétroAlexandra Coenraets, c'est d'abord une couverture qui accroche le regard et attise la curiosité. Ce sont ensuite quelques mots lâchés lors d'un interview donné à Bob Boutique pour l'Actu Mag (cf www.bandbsa.be). Jugez plutôt...

A la question "Quel ouvrage vas-tu publier ?" elle répond ainsi :

"C’est particulier. C’est un roman dans lequel des éléments autobiographiques et fictionnels se mêlent.

« Naissance », c’est son titre. C’est l’histoire d’une femme, trentenaire, qui apprend à vivre après un inceste subi enfant. On suit les différentes étapes de sa reconstruction. Cette femme me ressemble, mais ce n’est pas moi, elle a une existence propre, des expériences à elle. 
J’aimerais que ce livre parle aux survivants de ces agressions insupportables, mais aussi aux autres, à l’entourage, à la société, qu’ils en saisissent l’ampleur des conséquences sur l’être humain, et puissent, dès lors, agir de manière appropriée."

 

De quoi vouloir en savoir plus !

Alexandra, depuis quand écris-tu ? Un déclencheur ? 

 

J'ai 37 ans et suis traductrice de formation. J’ai travaillé dans l’industrie pharmaceutique pendant près d’une dizaine d’années, comme assistante en recherche & développement et recherche clinique. Je me suis réorientée vers la relation d’aide et suis formée en Analyse Transactionnelle et à la pratique de la médiation (accompagnement et gestion de conflit).

J'ai commencé à écrire vers neuf, dix ans. Impossible de dire pourquoi, c’était en moi, c’était naturel, ça coulait de source. J’ai commencé par réaliser de petits journaux avec mes deux frères, qu’on allait vendre vingt francs belges aux commerçants du coin. Au même âge, j’ai demandé et reçu ma première machine à écrire. Je me souviendrai toujours de l’émerveillement que j’ai ressenti en la découvrant...

http://www.bandbsa.be/contes3/naissancer.jpg

Définis le mot écriture...

L'écriture... J'ai une préférence pour la sonorité du mot "écrire". Ecrire, c'est se dire avec un filtre. Voilà ce qui me vient spontanément. Ecrire, c'est partir. Dans l'imaginaire. Ecrire, c'est aussi revenir. A soi, à l'essentiel. Quelqu'un a dit "l'écriture est l'expression de l'âme", non ? Je compléterais: écrire ouvre une porte à l'expression des mouvements du corps et du coeur. Ceci n'est pas une définition définitive, tant il me semble difficile de définir l'écriture ! En donner une définition résonne en moi comme de tenter d'en cerner les contours, or elle me paraît mouvante, infinie, évolutive, bref indéfinissable (rire).

 

Je rebondis sur ta phrase "J'ai une préférence pour la sonorité du mot "écrire""... puis sur la suite de ta définition (qui me paraît être la plus belle qu'on m'ait donné :

 Ah bon ? Merci, je suis flattée !

 

Es-tu une auteur attentive aux mots et surtout aux sonorités qu'ils engendrent ? Un gros travail sur le style et les sonorités ?

 Oui, en effet, je travaille beaucoup sur la sonorité des mots, leur symbolique aussi, et le rythme des phrases. Je peux passer un bon moment sur une seule phrase...Juste pour trouver le mot qui sonne bien, qui va avec les autres, qui décrit la sensation ou l'émotion exacte que je veux transmettre.

 

Revenons au sujet de ton livre... Tu m'en parles un peu plus ?

Ce roman raconte le chemin d’une femme, trentenaire, son parcours semé d'embûches pour apprendre à vivre après un inceste subi enfant. Le lecteur ou la lectrice l'accompagne dans sa reconstruction. J'ai vécu un inceste, j'ai été abusée par mon géniteur lorsque j'étais enfant et j'en ai fait un roman. Je voulais mêler le témoignage et le littéraire, j'ai voulu que ce soit un mélange des deux. J'ai été en contrat avec une autre maison d'édition, en 2009-2010, qui m'a finalement priée de transformer mon roman en témoignage "pur et dur". Je n'ai pas voulu, ça ne m'aurait pas ressemblé, dès lors, je n'en voyais pas l'intérêt. Je suis reconnaissante à Chloé des Lys de laisser aux auteurs cette liberté dans le contenu et la forme. 

Laurence me ressemble, mais elle n’est pas moi, elle a une existence propre, des expériences à elle. J’aimerais que ce livre parle aux survivants de ces agressions insupportables, et aux autres, à l’entourage, à la société, qu’ils en saisissent l’ampleur des conséquences sur l’être humain, et puissent agir de manière appropriée. Souvent, la méconnaissance du traumatisme et de ses séquelles induit un comportement inadéquat. C'est le tabou sur les crimes d'inceste que je m'attache aussi à dénoncer: on ne touche pas à la famille, c'est sacré. Or, on sait bien que la majorité des abus - qui sont nombreux - se déroulent dans les familles. La société, consciemment ou inconsciemment, renvoie beaucoup de honte et de culpabilité aux victimes, c'est exactement le même mode d'action que celui de l'agresseur. Tout est fait pour réduire les victimes de viol, et évidemment, d'inceste, au silence. Heureusement, quelques voix s'élèvent, il y a des survivants qui écrivent, des gens qui veulent porter haut et fort cette parole, dont Clémentine Autain, et son livre "Viol, elles se manifestent", paru au mois de mars, dans lequel je témoigne aussi. Qu'il y en ait qui en parlent est primordial. Je me rends compte que c'est plus facile de passer par le mot "viol" pour se faire entendre auprès d'un large public. Le terme "inceste" est encore plus tabou, du fait même, me semble-t-il, qu'il renvoie à l'un des tabous fondateurs de l'humanité ! La preuve en est qu'il n'est pas mentionné dans le code pénal belge. En France, il y a fait son entrée en 2010, pour qu'ensuite sa définition soit abrogée, car déclarée inconstitutionnelle ! Il est frappant de voir le nombre de témoignages d'incestes commis sur des mineurs qui se retrouvent dans le livre que je viens de citer. 

 

L'écriture t'a-t-elle aidée à te reconstruire ? (écriture "thérapeutique"- je n'aime pas le terme) ou as-tu décidé d'écrire après être parvenue à 'surmonter' ton traumatisme ? (peut-on jamais surmonter pareille chose ?)

 

Je n'aime pas trop non plus le terme "thérapeutique", lorsqu'il se rapporte à l'écriture. Je suis depuis plus de dix ans dans une démarche thérapeutique pour me reconstruire, mais à l'écriture, j'aime mieux associer le terme "artistique". Cela dit, l'écriture de ce livre est intimement mêlée à mon parcours de reconstruction. L'écriture m'a aidée à me reconstruire, de même que me reconstruire a aidé l'écriture ! Si j'ai commencé vers neuf-dix ans, j'ai passé plusieurs années sans pratiquement rien écrire, dans la vingtaine. J'étais absorbée par beaucoup d'autres choses, travail, couple, amis, etc. et je ne laissais pas s'épanouir cette dimension artistique tellement vitale pour moi, elle n'apparaissait que par bribes, n'avait pas sa juste place. J'y avais très peu accès. Mon agresseur, en me violant, a voulu détruire la richesse que j'avais, et je l'ai refoulée au fond de moi pour survivre. J'imagine que les gens qui m'ont connue il y a dix, quinze ans, diraient qu'ils sentaient déjà chez moi ce côté un peu artiste...Mais je dirais moi que tout cela restait en surface, en attente d'être vraiment pris à bras-le-corps, approprié, ancré, comme je le fais depuis qu'entre autres, j'ai recommencé à écrire. J'ai vécu une période bouleversante quand j'ai pris conscience que mon géniteur m'avait abusée (dans tous les sens du mot: trompée, trahie, salie), et j'ai eu besoin de sortir de moi cette douleur, d'exprimer ces ressentis nouveaux, pénibles et merveilleux en même temps, car je m'autorisais à les ressentir. L'écriture étant pour moi quelque chose de presque animal, l'envie d'écrire s'est réveillée avec ce bouleversement, comme si elle sortait d'anesthésie. Ce sont ces ressentis nouveaux qui m'ont donné la force et l'envie nécessaire pour commencer, continuer et terminer d'écrire ce roman. Je suis très contente de voir aboutir ce projet, d'autant plus que je le porte depuis plusieurs années. C'est un accouchement : l'accouchement d'une partie de moi qui était morte, l'accouchement d'un "bébé", à qui je souhaite la plus belle des vies.

 

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Non, on ne se remet pas d'un inceste, on vit avec les séquelles. Aller mieux est possible, se reconstruire est possible, mais ça prend énormément de temps, surtout dans une société où le tabou pèse encore. Pour ne parler que de mon expérience, ce n'est pas linéaire, ce sont des vagues. C'est un travail de longue haleine.  Il y a des paliers. Un jour après l'autre, je rajoute quelques mailles supplémentaires à ces nouveaux liens qui remplacent ceux qui ont été bousillés par des parents destructeurs. Je resterai toute ma vie marquée au fer rouge, la trace de cette destruction physique et psychique est indélébile. Comme le numéro sur le bras d'un survivant des camps de concentration. Cette comparaison a du sens, les lecteurs et lectrices le verront en lisant le roman. Pour terminer, je suis mitigée quant à l'emploi du mot "résilience": je trouve qu'il est bradé, servi à toutes les sauces et commercial. Ça devient une étiquette, et ça me gêne.

 

 

Comment définirais-tu ton style ?

Mon style ? Je pense qu'il fait la part belle aux émotions, aux sensations, en tout cas c'est ce que je tente de transmettre. On m'a dit aussi qu'il était subtil et rigoureux. Nuancé. Et donc, je fais très attention aux sonorités. A chacun-e de se faire son idée selon sa propre sensibilité !

 

Ton rapport avec les lecteurs : facile ou compliqué d'être lue ?

Facile ET compliqué d'être lue. Facile, parce que j'ai envie de partager, de transmettre, il y a ce désir très fort en moi. Compliqué, parce que c'est accepter de se mettre à nu, du moins partiellement, c'est prendre un risque et l'émotion que je ressens est tellement intense quand je sais que je suis lue: la boule dans la gorge, le ventre noué (ou l'inverse ;-) à chaque fois. En même temps qu'une intense libération! La joie du rêve d'enfant qui devient réalité et la confrontation à cette réalité, justement. Mettre un point final à mes récits ? ça dépend de ce que tu entends par là...(Nuancée, voyez !). Je suis très intuitive, quand c'est la fin du récit, c'est la fin, elle s'impose à moi, je le sens, point final. Par contre, après, il y a le retravail qui commence. Et là, c'est beaucoup plus difficile de s'arrêter. Je suis aussi très exigeante, perfectionniste. Il y a un moment où je me force à ne plus relire, pour ne plus rien modifier. Il y a quand-même un moment où il faut savoir s'arrêter (que voilà une parole sensée !).

 

As-tu pensé au moment où tu devras présenter ton roman (d'abord, est-ce un roman? Une grosse nouvelle?)à tes lecteurs ?Je veux dire, face à face ? TU dis ne pas avoir de mal à mettre ton point final... IL s'impose à toi => ton histoire terminée, tu penses déjà à une autre ?

 C'est bien un roman (il fait près de 300 pages). Pour être sincère, j'appréhende un peu le moment où je devrai présenter "Naissance" aux lecteurs, en face à face. Il traite d'un sujet intime, ce n'est forcément pas facile d'en parler. Mais je l'ai voulu, l'envie est là, et je m'en sens capable. On verra !

Je constate que j'ai besoin d'une période de sevrage entre deux romans (rire!). Donc, non, même si la fin d'une histoire s'impose à moi, je ne pense pas directement à une autre. Il y a bien des idées qui me traversent, mais elles ne font que passer et ne s'accrochent pas : je ne suis pas prête et n'ai pas l'énergie disponible. Actuellement, je suis en plein dans cette période: j'ai terminé mon second roman il y a quelques mois et suis en train de le digérer. C'est curieux, mais je décrirais le processus comme suit: après avoir expulsé tous ces mots hors de moi, parfois dans la douleur, j'ai besoin de réingérer le produit fini, de le laisser s'installer puis s'ancrer en moi, prendre une assise, et me remplir.

 

Comment voit-on ton travail d'écriture autour de toi ?

 Autour de moi, je n'ai que des réactions remplies d'énergie positive sur mon travail d'écriture, c'est très gai, ça fait du bien, je m'en nourris beaucoup.

 

Parle-moi de tes personnages pour terminer...

Laurence, c'est la femme dont j'ai parlé plus haut. Loïc et Sylvain sont deux hommes qui croisent sa route. Elle les confronte à leurs limites, leurs peurs, leurs désirs, ils la confrontent à tout cela également. C'est le penseur indien Krishnamurti qui a dit "les relations sont sûrement le miroir dans lequel on se découvre soi-même", je trouve que cela illustre bien ce que j'ai voulu explorer. Et quand il y a l'inceste en fil rouge, chacun de nous se trouve confronté à ce qu'il y a de plus intime en soi.

 

Sans aucun doute. Donc, Laurence, c'est un peu toi. Mais tes autres personnages sont-ils inspirés de ton entourage ? Sont-ils totalement fictifs ?

Je préfère laisser planer le mystère et garder ça pour moi... En tout cas, il me semble que même dans le cas de personnages fictifs, on s'inspire toujours bien de quelqu'un, non ?  Me concernant, ça peut être quelqu'un que j'ai connu ou que je croise dans la rue. Après, c'est la plume créative qui prend le relais ! 

 

Un auteur s'expose fatalement lorsqu'il décide d'être publié. Dans la plupart des cas, la fiction est prépondérante et camoufle l'auteur mais dans d'autres, l'auteur est "en première ligne". Je ne sais pas si je serais capable de gérer ça. Cette histoire est certes romancée mais extrêmement personnelle. Tu m'as donné envie de découvrir "Naissance" et je me demande comment la lectrice que je suis va réagir en tentant de faire cohabiter fiction et vécu ! Plus d'infos au sujet de l'auteur ?

Vous la retrouverez sur son blog  http://quandilnaitdusens.wordpress.com.

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans interview

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Fabienne Merkelbag : l'écriture, c'est "Oser dire les choses, parce que l’écriture permet de se dépasser."

Publié le par christine brunet /aloys

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Pouvez-vous vous présenter, svp ? Parlez-moi de votre /vos livres en quelques mots.

Fabienne Merkelbag, 50 ans, mère de deux filles, Florence (23 ans) et Romane (19 ans). Après une enfance passée en Allemagne, je vis dans la région liégeoise depuis l’âge de 18 ans. J’y ai effectué mes études de master en Histoire à l’Université de Liège. Après avoir travaillé comme collaboratrice parlementaire pendant plus de dix ans, je suis depuis 2002 Inspectrice de la Culture au Ministère de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles. 

Mon livre, Sagrada Familia, est un ensemble de chroniques inspirées de faits réels mais détournés sur un ton impertinent, mêlés d’humour et de mauvaise foi.


Voilà qui promet ! Original, en tout cas... Depuis quand écrivez-vous ? Un déclencheur ?

L’écriture a toujours fait partie de ma vie. Je fais partie d’une génération qui écrivait régulièrement à sa famille pour les vœux, les anniversaires, les vacances etc… cette habitude d’informer la famille sur les petits faits quotidiens m’a amenée à raconter de manière plus humoristique les événements qui m’ont marquée.

 

Définissez le mot écriture 

 

L’écriture est pour moi un Art. Lorsque je lis, je suis impressionnée par le style de certains auteurs. Leur capacité de faire vivre un personnage ou une intrigue estimages-0165.jpg finalement assez rare. C’est à force de lire que j’ai eu envie de m’y essayer. Poser les mots sur un papier et imaginer comment il sera perçu par le lecteur. Oser dire les choses, parce que l’écriture permet de se dépasser. Comme la peinture, la sculpture ou la musique…


Votre style ?
 

Je crains n’appartenir à aucune style. Ni romancier, ni nouvelliste, ni essayiste. Juste une « écriture spécifiquement belge » comme me l’a écrit l’écrivain belge Patrick Virelles (Peau de vélin, Bestaire impertinent…) en 2006 lors d’une participation à un concours de ‘nouvelles’. C’est vrai que le ton est familier et composé d’expressions wallonnes et bruxelloises.


L'écriture est-elle une passion ? En avez-vous d'autres ? Si oui, y at-il interaction entre vos passions ?

 L’écriture est une réelle passion. Je ne peux rester devant une feuille, un bout de papier ou un post-it sans y griffonner quelques mots. Mon autre passion est la lecture. J’adore les auteurs contemporains. Je ne me déplace jamais sans avoir un livre avec moi. Dans mon sac, dans la voiture… et bien sûr partout dans la maison.


Comment appréhende-t-on votre travail d'écriture autour de vous ?
 

images-0292.jpgDepuis des années, l’envoi par mail de mes « bafouilles » ravit mes proches. J’ai été régulièrement encouragée à continuer. Mais il s’agissait de mon entourage, que je savais bienveillant… Ce sont les encouragements de Patrick Virelles, auteur reconnu, qui m’ont poussée à les mettre en forme pour une publication éventuelle. J’ai été enchantée lorsque Chloé des Lys a eu envie de miser sur mon livre…


Facile ou compliqué d'être lu ?
 

Facile ; il s’agit d’une écriture simple, familière, enjouée… 

 

Vous êtes historienne : pourquoi ne pas avoir choisi d'écrire un roman historique ou, tout au moins, un roman très ancré dans l'histoire ?

  

Le roman historique est une discipline qui demande une grande rigueur, en termes de respect des faits, des personnages et de la critique historique. Je préfère, grâce à l’écriture, me laisser aller à la description d’une série d’événements qui me touchent. Je ne peux écrire que lorsque les mots qui s’alignent me bouleversent, ou me font rire. Lorsque l’on a reçu une éducation stricte, cadrée, c’est peut-être dans l’expression libre et créatrice que l’on trouve un exutoire… A croire qu’en cas de « débordement », ou d’impertinence, je pourrai me retrancher derrière un « c’est pas moi, c’est mon personnage qui l’a dit »… 

 

Pour l'avant-dernière question, j'aimerais vous la poser différemment : vous partez du

réel pour raconter vos histoires, 

      a/ vos personnages sont-ils fortement inspirés de votre entourage ?

Dans Sagrada Familia, tous les personnages existent. Que ce soit Florence, Romane, Gisèle, Claire ou Simonne, tous partagent ma vie, de près ou de loin. Chaque chapitre débute d’ailleurs par un prénom. Une manière de leur rendre hommage, sans doute. Ma façon de leur dire que je les aime… Dans mon quotidien, j’ai beaucoup de mal à le dire. L’écrire m’est plus facile… 

 

       b/ écrire, c'est se dévoiler, plus ou moins... Vrai/faux ?

C’est particulièrement vrai puisque je parle de moi et de mes proches. Même si mes récits sont ‘romancés’ ou font preuve de mauvaise foi, c’est tout un pan de ma personnalité qui est dévoilé… Lors d’une allocution que j’avais faite lorsque j’ai gagné le deuxième prix de l’Eau Noire à Couvin en 2006, j’avais dit que je comparais l’envoi d’un manuscrit à un accouchement. L’impression de se livrer. De se donner. Complètement. Sans pudeur. Le jour où l’on diffuse un texte, on n’en est plus maître. C’est angoissant … et terriblement excitant…

 

       c/ Là, je vous suis à 100% !!!! l'auteur s'expose, quelque part... D'où ma question : est-il compliqué pour vous d'être lue.

 

Au début, certainement. Mais voilà plusieurs années que je partage mes textes avec mes proches. Je reconnais que j’ai besoin du regard des autres pour m’améliorer. L’important est que les commentaires soient sincères. Je préfère une critique négative à des propos flatteurs qui ne respirent pas la sincérité. Je tiens compte des remarques ou des conseils que l’on me donne. J’en ai besoin. C’est cela avancer…

 

Vous dites imaginer comment vos écrits vont être perçus par vos lecteurs : écrivez-vousnoelNouvelAn2007et08-133--1-.jpg pour vous ou essentiellement pour les autres ?

Dans un premier temps, j’écris pour moi. Et puis, rapidement, l’envie de partager mes écrits avec les autres. L’envie de partager…

 

 Qu'apporte, selon vous, le mélange de "langues" à vos récits ? N'avez-vous pas peur que cet aspect restreigne le nbre de vos lecteurs ?

Inclure des expressions « belges » dans mes textes est apparu comme une évidence. Le récit se voulant avant tout ‘oral’, j’écris comme pourrait parler « monsieur tout le monde ». Avec des mots comme « chique », « lacquemants », « frappadingues » ou « zine », je me permets un ton insolent qui dénote avec le langage « bon chic bon genre »… Et j’aime citer des lieux typiquement liégeois, c’est une manière de dire que je suis bien dans la cité Ardente… Je ne pense pas que ces quelques termes effrayeront le lecteur. Au contraire…

 

Allez, un extrait pour vous mettre en appétit...

 

Une semaine sur mon voilier nous propose Claire ? Nous, c’est Lucrèce et moi. Le voilier est amarré à Cadix. Cadix, en Andalousie, pas Cassis, à côté des calanques. Cadix, c’est plus à l’Ouest. Et plus au Sud… Oui, parce que la proposition n’était pas encore digérée que j’ai vite fait de revisiter ma boussole. Parait qu’un marin ne parle pas comme moi. ‘Au dessus’, c’est le Nord, ‘en bas’, le Sud. ‘A droite’, tribord et ‘à gauche’ babord.

 

Merde, faudra que j’informe Di Rupo qu’il est de babord et à de Wever qu’il est tribordien. Quant à l’ouest, j’y suis assez régulièrement pour savoir l’identifier rapidement…

 

Venez faire du bateau qu’elle nous dit Claire, à trois on passera le détroit de Gibraltar. Je vous expliquerai comment on navigue… Fastoche, me dis-je. Sportives comme pas deux, Lucrèce et moi avons, dans nos jeunes années, pratiqué une série de sports. On connait tous les termes concernant la pratique du canasson et nous sommes capables de traduire les yeux fermés les ‘lets’, ‘sets’, et autres ‘smashs’ tennistiques.

 

N’empêche, je dois bien admettre mon incompétence en termes de jargon maritime : j’ignorais qu’un ‘phoque’ pouvait s’écrire ‘foc’ et n’était pas uniquement un mammifère pinnipède ; je pensais qu’une ‘défense’ n’était que de l’ivoire interdit à la vente depuis le massacre de nos amis les éléphants ; je ne savais pas que le ‘duc d’Albe’ était, outre un tortionnaire ibérique, un poteau planté dans l’eau des ports, et encore moins qu’un ‘pont’ était autre chose qu’un jour où les fonctionnaires ont –encore- congé ; enfin, un ‘génois’ n’était dans mon esprit étriqué qu’un petit suisse beau, riche et consterné de ne pas m’avoir encore rencontrée…

 

 

Comme Fabienne Merkelbag l'a très justement écrit, un livre est, qu'un auteur ne veuille ou non, un reflet de lui-même, de son univers de sa personnalité. Cela transparaît dans l'écriture, le genre choisi, le style... Cela le rapproche du lecteur... et fait, en même temps, son unicité. 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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Publié dans interview

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Claude E. : Pour moi, l'écriture, c'est un art de vivre.

Publié le par christine brunet /aloys

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Une superbe couverture, vous ne trouvez pas ? Mais qui est Claude E. ?

Niçois à l'origine, je suis installé au Canada depuis une quarantaine d'années. J'enseigne le droit à la faculté de droit de l'Université d'Ottawa. Dans le cadre de mon travail, J'ai publié plusieurs livres de droit et une grand quantité d'articles à caractère juridique : v. Claude Emanuelli sur Google. Je suis marié et nous avons deux enfants;

J'écris depuis l'age de douze ans. À l'époque, j'ai été cloué au lit pendant plusieurs mois par une maladie. C'est à ce moment là que j'ai commencé à écrire ( un roman de science-fiction ). Depuis, je ne me suis jamais arrêté. J'ai surtout écrit des textes juridiques dans le cadre de mon travail mais aussi, à temps perdu, des poèmes, des pensées, un scénario de bande dessinée, des esquisses de romans entamés mais pas terminés, etc. Je viens d'achever sept nouvelles assez longues que j'aimerais faire publier sous forme de recueil.

L'élément déclencheur? Il y a cette maladie qui m'a immobilisé plusieurs mois quand j'avais douze ans. Il y a aussi Jacques Prévert. C'était mon parrain. Je l'ai bien connu dès mon plus jeune âge. Il m'a impressionné, m'a fait découvrir des livres ( pas seulement les siens ), m'a donné le goût de lire et d'écrire. Il était très impressionné lui-même quand en 1974, mon mémoire de maîtrise a été publié par Pédone.

 

Pour moi,l'écriture, c'est un art de vivre. Je ne passe pas une semaine sans écrire quelques pages ou sans peaufiner ce que j'ai déja écrit; j'ai besoin d'écrire;

 

Vous pourriez développer, s'il vous plaît ?

L'écriture pour moi c'est un art de vivre: j'ai un mode de vie, une façon de vivre quiCover-Claude2.jpg accordent une grande importance à l'écriture, aux projets qu'elle véhicule, aux joies qu'elle procure, etc. L'écriture fait partie de ma vie courante :  dans mon travail, bien sûr, mais aussi dans d'autres cadres; par exemple, pour bien résoudre un problème complexe, j'aime en coucher les données sur papier et à partir de là explorer une ou plusieurs solutions par écrit, les comparer, les travailler, lier certains de leurs éléments,en distinguer d'autres. Ça m'aide à réfléchir.

 

Votre style ?

Mon style a été modelé par mon travail de professeur. Dans ce cadre,il se doit d'être concis, clair et direct. Je pense que mes autres écrits reflètent aussi cette tendance. Cela dit, j'essaie toujours de construire de jolies phrases qui sonnent bien.

 Seriez-vous un auteur "tatillon" qui peaufine ses textes, sans cesse insatisfait ? êtes-vous resté dans le domaine de la SF ? Quel genre littéraire vous semble plus proche de vous ?

Je suis un auteur très tatillon, ce qui correspond à ma personnalité ( perfectionniste ). Je peaufine mes textes jusqu'à ce que j'en sois satisfait. C'est ce que je fais actuellement avec les nouvelles que j'ai terminées. Je tente d'obtenir un résultat qui du point de vue du fond comme du style tient la route. En général, j'obtiens, en fin de compte, quelque chose qui me convient. Les textes que j'écris aujourd'hui n'ont plus rien à voir avec la science-fiction. Ils concernent plutôt des histoires de moeurs, des drames qui révélent les faiblesses de l'être humain, ses travers, etc.

 

Facile ou compliqué d'être lu ?

Concours-Oratoire-Sapere-Aude--15-mars-2012--067-copie-1.jpgDans le cadre de mes cours, les étudiants n'ont pas toujours le choix; ils doivent lire certains de mes textes. Par ailleurs, mes écrits sont souvent cités par les tribunaux, y compris la Cour suprême du Canada, et dans les travaux de certains de mes collègues. Certains amis lisent volontiers les textes que j'écris dans des domaines non juridiques. Je n'ai pas de difficulté à me faire lire.

 

 On met peut-être moi de soi dans les textes juridiques, très encadrés, que dans des textes issus de son imaginaire ?

Naturellement, il m'est plus difficile d'être personnel  dans mes textes juridiques. Dans ceux-ci, j'essaie surtout d'être clair du point de vue du fond et de la forme, juste aussi. Cela dit, mes idées, mon style trahissent ma personnalité quand l'on cherche bien.

 

 Mettre un point final ? C'est plus facile si je suis satisfait de la conclusion, sinon je reviens sur mon texte aussi longtemps que nécessaire.

 

 Ce travail ne casse-t-il pas le côté spontané de l'écriture ?

Mon écriture est spontanée quand j'écris le premier jet. Ensuite, elle est travaillée. EnTranche-Claude-E.jpg fin de compte, le texte n'a plus grand chose de spontané mais il a d'autres qualités plus importantes à mes yeux.

Dans l'ensemble, ceux qui me lisent ne se plaignent pas. Mes étudiants, mes collègues, les juges qui me citent dans leurs jugements me trouvent généralement clair et semblent apprécier mon travail. Il en va de même des amis qui ont lu mes écrits à caractère non juridique.

J'aime travailler mes textes pour que l'histoire se tienne, que le texte soit bien bâti, que les phrases soit bien construites, que le style soit soigné. Pour moi, ce sont des qualités essentielles pour avoir un bon résultat.

Je me suis rendu compte au fil de votre interview que nombre de mes réponses sont influencées par le fait que l'écriture est pour moi, d'abord et avant tout, un outil de travail dans le cadre de ma profession. Çela a un impact sur l'importance que l'écriture a dans ma vie depuis bien longtemps, sur ma façon d'écrire, etc. 

 

D'où sortent vos personnages ? De la vie réelle ?

 Plusieurs personnages de mon livre m'ont été inspirés par des gens que j'ai connus çà et là. D'autres sont le fruit de mon imagination. Cela dit, celle-ci est nourrie par mon acquis, mon vécu, mon inconscient, mes fantasmes, mes frustrations, mes préjugés, etc. Après, ils leur arrivent souvent de s'imposer à moi, de se construire, de s'étoffer d'eux même au fil de l'histoire. Parfois aussi, je les façonne pour les faire correspondre au personnage que je veux décrire.


 Vous m'en dites plus au sujet de votre livre ?

  Malgré le titre du livre, l'histoire tourne autour de Constant, un professeur d'université dans la cinquantaine qui s'ennuie. Pour tromper cet ennui, il fréquente assidûment les bars de danseuses à Ottawa où il vit. Un jour sa femme le quitte, il apprend le décès tragique de son ami Serguei et il rencontre Caline, danseuse au Mirage. Il cherchera à attirer Caline dans ses filets, à élucider les circonstances mystérieuses dans lesquelles son ami est mort, mais ne tentera pas de ramener sa femme au bercail; trois choix qui lui coûteront cher. C'est un roman noir qui se situe dans le milieu des danseuses pour l'essentiel, d'où plusieurs scènes érotiques qui devraient plaire aux amateurs du genre.

 

L'auteur en a juste assez dit pour éveiller ma curirosité et me donner envie de lire son roman ! 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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Publié dans interview

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Rolande Michel : Mes personnages et, plus précisément, ceux de ce premier roman jeunesse, évoluent de façon imprévisible.

Publié le par christine brunet /aloys

Tout est partie d'une volonté de Rolande Michel de présenter son roman sur le blog Aloys... (Une présentation que vous retrouverez le 19 février...). La curiosité a fait le reste, d'autant que j'aime lire la littérature "jeunesse" et reste fascinée par les auteurs qui sont capablesd'écrire dans un univers qui n'est, a priori, plus le leur. L'auteur  deJeanne a été prompte à répondre à mes questions... et je l'en remercie très vivement.
Vous vous présentez ?
Je suis née à Callenelle, un petit village du Hainaut Occidental, le 29 juillet 1942.
J'aurais voulu faire du théâtre, mais devant le refus catégorique de ma mère, je suis devenue prof de langues modernes. Je me suis contentée de faire du théâtre en amateur en menant de front une carrière professionnelle prenante et l'éducation de mes quatre enfants que j'ai dû élever seule. Après un premier roman psychologique édité pour compte d'auteur ( à condition que ce soit sous mon nom d'épouse!), j'ai dû renoncer à écrire et me suis exprimée à travers des poèmes qui ont été une véritable thérapie, face aux aléas de la vie.
A présent retraitée et heureuse grand-mère de huit petits-enfants, je me suis remise à écrire.

Votre livre, vous m'en parler un peu avant d'aller plus loin ?
 Jeanne, une petite fille de huit ans, espiègle et rebelle, fait plein de bêtises (pas bienhttp://www.bandbsa.be/contes3/jeanne.jpg graves) avec le gros Pierre, le fils du boucher.
Pour fuir la lourdeur d'un quotidien où elle entretient des rapports difficiles avec sa mère, elle s'évade dans son monde imaginaire. 
Un jour, elle fait une chute en classe et Birdie, l'oiseau qu'elle nourrissait depuis des années, l'entraîne au sommet de l'arbre au pied duquel elle jouait avec son grand-père.
Pierre la rejoint en pédalant dans les airs.
Avant de survoler le Tournaisis et d'atterrir à Bruges, ville mythique pour Jeanne, ils doivent choisir: plonger dans le passé ou découvrir leur avenir.
Très intéressée par son avenir, Jeanne accepte d'accompagner d'abord Pierre dans le passé. Ils embarquent dans un étrange sous-marin : le Dreamicus qui leur permet de découvrir les fonds marins. Ils y croisent des poissons au comportement très proche de celui des humains et partagent la vie des hippocampes avant d'être renvoyés, trois siècles en arrière, sur une plage des Caraïbes. Ils y partagent l'existence des pêcheurs jusqu'au jour où, après avoir été enlevés par des marchands d'esclaves, ils sont sauvés par le héros de Pierre : Barbe Noire, le pirate.
Ils sont alors obligés de refaire, en sens inverse, le chemin parcouru.
Jeanne se retrouve au pied de l'arbre. Un miroir y a été déposé. En s'en approchant, elle découvre un avenir plutôt inattendu.       

Un petit extrait ?

Et me voilà repartie ! Suis-je bête ! Décidément, je ne changerai jamais ! Je fuis constamment la réalité pour me nourrir de mes rêves, je fais d'eux un monde plus réel que celui où je vis, je m'y plonge tout entière sans réfléchir, je me délecte d'aventures ou de situations imaginaires dans lesquelles je me sens parfaitement à l'aise, toute-puissante, presque divine._MG_2118.jpg
Depuis quand écrivez-vous ? Élément déclencheur ?


J'écris depuis toujours. Enfant, j'inventais des histoires pour mes copines et j'évacuais mon mal-être à travers des poèmes.
Editée en 1994 pour compte d'auteur, j'ai dû, suite au départ de mon mari, assumer seule l'éducation de mes 4 enfants tout en enseignant à temps plein. J'ai renoncé à écrire.
Il y a trois ans, mon fils cadet m'a montré le livre d'une personne que je connais et m'a dit froidement : "Tu pourrais faire mieux ! Quand vas-tu t'y remettre ?"
Cette réflexion m'a fait l'effet d'un électro-choc. J'ai acheté un pc et m'y suis remise, sans trop croire que je puisse être éditée. J'ai eu beaucoup de chance.
Là, je suis en train de peaufiner un second roman jeunesse. J'ai pratiquement terminé un roman psychologique que je veux laisser un peu mûrir avant de le retravailler.   


 Définissez le mot écriture...

C'est une passion l'accès au rêve, la porte ouverte vers l'Infini.
C'est aussi un moyen d’exorciser mes peurs, mes angoisses, de livrer une part de moi-même, fût-elle infime.

Mon style ?
Difficile à dire. Des personnes qui ont lu mon livre le disent sobre, nerveux, imagé, poétique par moments.

 L'écriture est une passion. En avez-vous d'autres ? Si oui, y a-t-il une interaction entre vos passions ?


C'est une passion. Quand je manquais de temps, j'écrivais des poèmes, c'était un besoin vital. Je les garde au fond d'un tiroir et ne les montre à personne. Il m'arrivait aussi dejeannerv.jpg griffonner des textes et de les laisser là. J'en retrouve par hasard.
J'ai d'autres passions : les enfants et les gens en général. J'essaie de comprendre les autres et je trouve souvent des circonstances atténuantes à leur comportement. C'est sans doute pour cela que le roman psychologique m'attire.
J'ai aussi une grande passion pour le théâtre dont j'aurais voulu faire mon métier. J'ai joué dans plusieurs troupes d'amateurs. J'ai également écrit des sketches que mon fils cadet et moi avons joués. J'ai en projet une comédie.
Le théâtre est une forme d'écriture qui se veut plus vivante, plus proche de la réalité du quotidien.


Comment appréhende-t-on votre travail d'écriture autour de vous ? 


Comme je suis quelqu'un qui ne se prend pas la tête, les gens qui me connaissent moins bien sont étonnés. Les autres m'encouragent.


Facile ou compliqué d'être lu ?


Se faire connaître n'est pas simple. Etre lu ne me paraît pas facile. Heureusement, les auteurs édités par Chloé des Lys ont la chance de bénéficier de nombreuses aides.
C'est vraiment extraordinaire, à l'heure où tant de maisons d'édition ne lisent même pas votre manuscrit et vous le retournent au bout de deux semaines en prétextant qu'il ne répond pas à leur ligne éditoriale du moment. Etre lu devient alors une sorte de mirage 
Selon moi, Jeanne est plutôt destiné aux adolescents et jeunes adultes.
Malgré moi, dans ce que j'écris, il y a toujours un petit côté psychologique. Je crois vraiment que le vécu des gens les suit tout au long de l'existence et influence ou conditionne leur comportement.

Parlez-vous de vos personnages, de la façon dont ils viennent à vous...
rolande-theatre.jpgMes personnages, je les crée un peu par hasard. Pourquoi Jeanne ? Je n'en sais rien. Pourquoi a-t-elle 8 ans ? peut-être parce que c'est une des périodes où la fraîcheur de l'enfance est encore intacte ou bien parce que, à cette période de mon enfance, je n'avais pas encore pris vraiment conscience de la réalité de l'existence et de la cruauté du monde.
Mes personnages et , plus précisément, ceux de ce premier roman jeunesse, évoluent de façon imprévisible. J'avais bien un plan très vague en tête, mais je ne l'ai pas suivi.
Mes personnages sont, en partie, le reflet de personnes réelles, mais en partie seulement. 
Ainsi donc, Jeanne, c'est un peu moi enfant : elle est espiègle, curieuse, gourmande, nulle en gym ; elle adore sa grand-mère qui la comprend et elle se ressource auprès d'elle. La maison de ma grand-mère était mon havre de paix.
La différence entre Jeanne et moi, c'est que j'étais bonne élève, mais toutes les deux on devient prof.
A travers Jeanne, on retrouve les silences, le fossé entre le père soumis et la mère dominante, le manque d'amour maternel, l'évasion dans des petites blagues idiotes mais pas bien méchantes.    

Que diriez-vous de votre style ?
Les formes d'expression que j'utilise sont toutes proches de moi. Leur importance varieimages-0001.jpg en fonction des moments. M'exprimer à travers mes poèmes m'a aidé à supporter un certain mal-être à certaines époques de ma vie.

Pourquoi un roman destiné à la jeunesse ?
Je ne sais pas pourquoi j'ai choisi d'écrire un roman jeunesse (un second est presque terminé ). En fait, j'ai une prédilection pour les romans psychologiques dans lesquels il y a forcément une part de moi.
Par contre, les sketches que j'ai écrits et jouais avec mon fils sont drôles. J'adore faire rire. On me dit marrante. Mais,... ne dit-on pas aussi que "le clown est triste" ?
Une dernière répartie qui en dit long sur le ton du roman et sur la personnalité de l'auteur ! Je ne sais pas vous, mais moi, cette présentation m'a donnée furieusement envie d'en découvrir plus !

Christine Brunet
www.christine-brunet.com

Publié dans interview

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