Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

interview

A la rencontre de Jean-Louis Gillessen : interview sur les traces de sa pièce de théâtre, LEON, 20H30

Publié le par christine brunet /aloys

Jean-Louis GILLESSEN... Mais qui est-il ? Voilà une question que je me pose depuis qu'il a proposé, sur ce blog, un poème... ou plutôt, un hymne à la vie. Je pensais qu'il publiait chez Chloé des lys un recueil de poème... Et bien, pas du tout ! Il propose une pièce de théâtre au titre singulier... LEON, 20H30... avec quelques mots énigmatiques au-dessous "Supposez... Mais ce serait trop long à vous expliquer". Bizarre, bizarre... Non ?

 

Allez, Jean-Louis, tu te présentes ? 

1A.jpg

 

 

Je me présente sous mon  nom réel parce qu'il est déjà apparu sur des affiches, dans des critiques, en tant qu'auteur et comédien de théâtre.

J'habite actuellement à Wasseiges, en pleine campagne, qui se trouve à quasi égale distance de Namur, Louvain-la-Neuve et Liège, et à environ 75 kms de Bruxelles : vive la Belgique et ses autoroutes ! L'entité compte 4 villages et 2.500 habitants.

Je vis seul, séparé, mais suis l'heureux papa d'une fille de 15 ans, pour qui tout boule et roule agréablement. Quatre frères et sœurs, quantité de neveux et nièces.
Parents décédés. Agé de 57 ans, je suis né le 15 mai 1956.

De formation Educateur Spécialisé A1 et Infirmier, j’ai suivi des humanités gréco-latines, beaucoup voyagé en Europe. Gymnaste de compétition,  je me destinais à être enseignant en éducation physique, mais des problèmes de dos m’ont empêché de poursuivre les études, tout comme celles de médecine que j’ai dû interrompre cette fois suite à un accident de moto. Tout en travaillant, j’ai suivi le cursus de 5 ans d’un conservatoire communal en Art Dramatique, années qui m’ont enrichi sur le métier de comédien, sans que je ne pense alors le pratiquer. C’est le « hasard », même si je ne crois pas en celui-ci, qui m’a permis en 1980 de travailler dans un théâtre pour enfants pendant trois ans : j’y faisais tout, de la vente des spectacles à décorateur, régisseur, auteur, comédien, … Puis la vie a fait que j’ai cumulé multiples professions éclectiques : chauffeur de bus, gérant d’auberge de jeunesse, barman dans un tennis-club huppé (plus jamais !), saisonnier en France, directeur artistique pour une boîte événementielle, libraire, et bien entendu éducateur pendant de nombreuses années.

J’écris depuis l’âge de 8 ou 9 ans, voire même avant, avec comme élément déclencheurDSC01285 le souci de vouloir, justement, communiquer en laissant une trace concrète à mes parents, frères et sœurs, sur le tableau destiné à cet effet qui se trouvait dans la salle à manger-salon. Très vite, le tableau ne me laissant pas suffisamment de place, je suis passé à l'écriture sur feuilles puis sur cahier. Plus tard, en humanités gréco-latines, à 14 ans, dans le cadre du cours de Français, pour le premier " vrai " examen de création propre, le professeur avait proposé aux élèves de choisir entre 4 thèmes imposés : deux en dissertation et deux en poésie. J'avais mal à la tête, il faisait chaud, nulle envie de disserter, j'ai pu le faire à satiété dans les années qui suivirent. L'un des deux thèmes en poésie s'intitulait " La page blanche ". Et là, j'ai bondi sur l'occasion pour écrire cinq pages de texte en alexandrins. Emerveillé par les tragédies grecques, romaines et françaises que les professeurs nous avaient fait découvrir, je ne pouvais qu'essayer de créer moi-même quelques uns de ces chantants vers à douze pieds dont je me délectais.
Je fus encore plus surpris quand sur le bulletin apparut au mois de juin la note de ... 19 points sur vingt! J'avais pu écrire et assembler des mots que mon professeur avait appréciés! Puis j'ai cherché à retrouver des notes approximatives, que ce soit par le biais de dissertations ou d'exercices de diction et de déclamation. Heureux étais-je, les points arrivaient et me donnaient à chaque fois une bouffée de bonheur intense.

Aujourd'hui, je continue d'écrire par amour de la vie du verbe. Pour exister par la plume et enseigner, transmettre ce que je ne peux simplement dire.
Pour témoigner de scènes de la vie quotidienne, d'épisodes ou de témoignages à leur tour entendus au détour d'un café, d'une rencontre au hasard des jours plus nouveaux les uns que les autres. Pour dire tel inattendu, telle expérience, telle joie, telle douleur. Pour rapporter, raconter, conter les mouvements des multiples histoires qui déterminent un destin, un chemin, pour donner le feu à une étincelle, apporter la lumière à ce qui pourrait ne jamais paraître ou apparaître, pour partager, faire circuler de l'émotion, celle qui sous-tend nos valeurs et nos comportements. Voilà ce que représente pour moi l’écriture.

DSC04451J'aime à surprendre par le mot, le faire chanter dans son verbe, s'entrechoquer avec ses pairs, je les veux multiples et distrayants, tantôt différents, tantôt répétés, sans jamais lasser, tantôt bruts, tantôt transformés, remaniés, inventés, j'essaie de faire vivre le langage écrit comme s'il était dit. Tel est mon désir et par là-même, ce qui le fait vivre, et surtout continuer à vivre, à perdurer. Car si le désir est toujours satisfait,  satisfait à jamais,  c'est la mort du désir,  la mort de l'écriture.

Je  suis un " désireur " assidu. La pratique de l'écriture de la parole, des mots dits par l'autre ou ceux que j'imagine et que je dépose sur le papier, cette pratique s'attache à dégager l'émergence sans cesse renouvelée de ce désir qui me fait vivre.

«  Heu-reux ! » , comme disait Fernand Raynaud.

Certes je peux ressentir par quelque fulgurance un surgissement passager d'une partie du tas gris comme une caserne qui se trouve bien enfouie au tréfonds de mon être, mais alors j'écris, je pose le mot, je me réanime et je l'anime. Alors vient à la rescousse précisément un nouveau désir, que j'apprivoise, reconnais plutôt que ne le refoule, et que je m'applique à maîtriser. Je ne peux écrire sans maîtrise, fut-elle directe ou juste à la relecture : j'écris à la plume, rature, biffe, reprend, corrige, peaufine. Et les mots doivent danser et chanter. Pour moi bien entendu, mais aussi et surtout pour la lectrice, le lecteur. Si je perçois que mon désir échoue, je m'évertue à le libérer de sa première force pulsionnelle parfois aveugle, afin de le faire passer du plan alors souvent inconscient, où il resterait " immaîtrisé ", au plan conscient où il peut être assumé, réfléchi, plus précis, messager de mots plus nuancés, plus jolis, mieux choisis, mêlés, transcrits, ... ils deviennent alors mieux manuscrits, formeront in fine meilleur manuscrit. Pléonasme entre le mot adjectif et son nom homonyme.

DSC01276.JPGLe style de mes écrits ? Ils sont variés. J'ai publié de 2000 à 2007 - dans la revue R.I.F (Réfléchir, Intervenir, Former), dont j'étais membre actif pendant cette période -  des articles mensuels tantôt journalistiques, tantôt sous forme de poèmes. La revue existait (et existe encore) sous l'obédience du coordinateur de l'équipe éducative au sein de laquelle je travaillais dans un Centre d'Hébergement pour la Jeunesse dépendant de l'AWHIP. Je m'occupais de la mise en pages, de l'édito, et mes articles relevaient tantôt de l'actualité sociale, tantôt le plus souvent tournaient autour d'un thème que je choisissais librement (ex: la précarisation, les familles recomposées, la transcription d'un témoignage, les droits du père séparé, de nombreux poèmes à thème social, ou complètement hors ce sujet.)

Comme dit plus haut, j’ai également participé activement à l’écriture en groupe de pièces de théâtre pour l’enfance et la jeunesse. Aujourd’hui je m’adonne toujours à la rédaction de poèmes et d’articles de fond journalistique. Je remercie d’ailleurs Christine Brunet qui publie et publiera encore de temps à autres quelques uns de mes textes.

Mon univers littéraire ? Tout récemment les ouvrages de mes nouveaux comparses que je commence à découvrir chez CDL Chloé des Lys, je ne citerai pas de noms pour ne pas faire de jaloux, et j’ai du pain sur la planche car la production est éclectique et prolixe  (rires) ! L’intensité de la lecture dans ma vie a beaucoup varié selon les périodes de ma vie. Un peu, beaucoup, passionnément selon les  disponibilités. De fait j’ai repris des études par deux fois dans la trentaine puis la quarantaine, tout en travaillant et en élevant ma fille Manon. Lorsque je travaillais full time, temps plein, tout en étudiant, j'ai plus lu des livres en rapport avec les études susnommées, car je ne pouvais pas concrètement lire autre chose, si ce n'est le journal, et l'un ou l'autre magazine littéraire (ou pas). Je me souviens (rires, parce qu'il était deux ou trois heures de la nuit et que je devais assurer le réveil, petit-déjeuner + la gestion des départs à l'école des enfants dits à trouble du comportement lors des gardes en tant qu’éducateur) je me souviens donc avoir lu tout un temps Le Journal du mardi, dont le rédac chef était le journaliste Bouffioux.
Comme beaucoup,  j’ai fort été marqué et influencé par les «  classiques  »  lus en humanités, j'ai fort apprécié dans le désordre pendant cette période et les années qui suivirent tant Hugo, Tolstoï, Zola, Stendhal en passant par Alfred de Musset, Georges Sand, Verlaine, Rimbaud, Voltaire, Tchekhov, Pirandello, Camus, Sartre, la liste est trop longue et certes non exhaustive, j’en oublie une quantité incroyable, puis Stefan Zweig, Sagan, tant cette vague donc que  de nombreux romans selon les époques et les modes dont je n'ai plus en mémoire les titres ni ne pourrais ici retrouver les auteurs (habitant sur seulement 83 m2 de surface, j'ai vendu une bonne partie des livres lus, même si certains sont encore "casés" dans des vieux casiers AMP de mon ancienne librairie (rires). Je voudrais citer Roland Topor, Dubillard du même prénom pour ses fameux Diablogues et autres,  Dostoïevski, l'intégrale des textes de Raymond Devos, ceux de Pierre Desproges, des maîtres en la matière, Guy Bedos, j'apprécie fort Philippe Labro, et dans un tout autre registre passionnément le regretté généticien et philosophe Albert Jacquard, le sociologue Joseph Basile ( chroniqueur dans la LLB) et j'oublie ici quantité d'auteurs lus avec grand intérêt, mais que ma mémoire ne pourrait retrouver pour l'heure ...

gillessen1Que vais-je publier chez CDL ? Une pièce de théâtre intitulée " Léon 20 H 30 ", inspirée d'un fait divers, au départ irradiant de banalité, qui m'est arrivé.
La pièce relate l'histoire de Léon. Son histoire qu'il raconte. Passager sur une moto, ce jeune étudiant en médecine est victime d'un accident de roulage. La moto percute une ambulance à vive allure et il subit un traumatisme crânien sévère. Il est alors entraîné dans une histoire clinique longue de dix ans, où le milieu du médico-légal se révèle être impitoyable et surprenant. De victime Léon devient comme accusé. La pièce, dénonciatrice d'un système, se veut néanmoins résolument drôle et optimiste. Elle a été jouée à de nombreuses reprises et en plusieurs endroits, le total de ses diverses créations a réuni huit ou neuf mille spectateurs.        

Niveau reconnaissance, j'ai connu la joie d'être reconnu (oui, j’apprécie fort ces mots de la langue française «  connaissance »  et « reconnaissance  ») par des critiques positives de quotidiens belges et autres hebdomadaires. J’ai pu bénéficier d’un passage à la RTB radio Namur et à la télévision au JT de 19H30 sur la RTBF, qui présentait un extrait filmé par leur équipe au splendide Espace Léopold Cedar Senghor Place Dumont à Bruxelles. Sans compter  la reconnaissance du public. Mais pourquoi avoir attendu tant de temps alors pour faire éditer le texte ? Je pense que l’évidence ne m’apparaissait pas,  j’ai mené une vie fort remplie (qui n’est pas finie !), et ce sont ma fille, des amies et amis qui m’ont convaincu d’entreprendre la démarche : aujourd’hui j’ai fait le pas sage qui s’imposait.      

Il est vrai que j’éprouve des difficultés à «  accepter  » un texte définitif quel qu’il soit : je ressens le besoin de changer tel ou tel passage, remodeler, peaufiner, mais j’en ai déjà parlé plus haut à propos du sens que je donnais à l’écriture et concernant ma façon d’écrire. Je peux ajouter que j'écris toujours au stylo d'abord, puis je transcris sur ordi. Parfois en écoutant de la musique. Souvent la nuit. Il m’arrive régulièrement de me relever pour jeter sur le papier une idée. Parfois cela me prend deux minutes, parfois je les prolonge en heures ! Le soleil se lève, j’écris encore, je ne vois plus le temps passer quand, à onze heures du matin, … j’ai faim !

Je constate alors que j’étais à la plume comme on était au charbon pendant huit à 10 heures d’affilée. Mais la joie, le bonheur, la jouissance sont intenses.

DSC04455.JPG

Des projets ? Ha, des projets, oui, ça bouillonne là-dedans ! Je m’attèle  à la mise sur pied d'une nouvelle création de ma pièce dans laquelle je jouerai et ferai la mise en scène : je dispose de l’endroit pour les répétitions (la salle de gymnastique de mon village), et pour les représentations de la merveilleuse salle qu’est le centre culturel de la ville de Wasseiges (Ferme de la Dîme). Je compte pouvoir « tourner »  avec la pièce dans quelques villes-clés de Belgique. A l’heure venue, je ferai connaître les dates et lieux de représentations sur le blog Aloys, avec l’autorisation de mon amie Christine Brunet.

Parallèlement je continue d'écrire ardemment, tout en préparant l'édition de Léon. J’ai commencé à m’attacher à la création d'un blog que je veux être attractif, rédigé correctement, à l'aspect non rébarbatif et sans couleur d'amateurisme. Cela prend du temps. Pour l’instant, il n’est pas très original, j’en reste aux balbutiements. Je souhaite continuer à travailler sur un projet d'écriture également théâtrale qui a pour thème l'éducation, au sens large du terme, mais plus particulièrement vue par l'œil d'un éducateur passé par multiples expériences, tant au niveau du terrain avec les enfants que celui des formations, séminaires, contacts avec les collègues, réunions d'équipes, de synthèse concernant un enfant patient, etc. J'abrège : le projet est la réalisation d'un "One man show" sur le ton principal humoristique, auto dérisoire et critique par rapport au thème abordé. Il va de soi que, tout comme pour la quasi majorité de mes textes, je m’inspire de «  qui  »  et de «  ce que  »  je vois et observe autour de moi, alentour dans la société du tout venant.

Cela me permet, et j’en terminerai par ceci, d’écrire en en-tête de ce que je publie :

« Toute ressemblance avec des personnes existant

ou ayant existé n’est pas fortuite »

Jean – Louis  Gillessen

 

Allez, je vous propose de découvrir quelques lignes de cette pièce de théâtre qui, je dois l'avouer, m'intrigue fortement...

 

DSC04459

 

P R E A M B U L E ( sur scène )

 

 

  Un médecin féminin

 

En blouse blanche, elle vient s'asseoir

 sur une chaise faisant partie du décor

 déjà planté de la scène I.

Un éclairage bleu est  tamisé.

 

 

 

Fin de journée. J'ai passé l'après-midi avec Léon. Tout a changé.

Je vous répète qu'il s'agit là d'un état démentiel qui ne nous paraît pas susceptible d'amélioration, étant donné sa relation à des lésions irréversibles, par nature, du cerveau. " ... C'était il y a dix ans, une phrase parmi tant d'autres issue du dossier médico-légal de Léon.

Supposez, mais ce serait trop long à vous expliquer.

Alors nous ne pouvons pas en parler, me direz-vous. Bientôt, si, et vous avez raison,

il faut connaître Léon. Cet après-midi, à dix-sept heures, il est parti.

Pour aller au théâtre, à vingt heures trente, pas loin d'ici, peut-être ici-même.

Il m'a dit qu'il vous " dira ". C'est étrange, j'ai passé quelques heures en sa compagnie, et je parle un peu comme lui. Mais je ne sais toujours pas s'il est vraiment guéri.

J'irai le voir ce soir. Ce qu'il a certes oublié dans ce qu'il a écrit, je l'ai retenu pour lui dans ce qu'il ne dit pas. Il sera surpris mais ravi de découvrir ces quelques phrases perdues sur quelques feuilles trouvées dans quelque pile de ses quelques papiers.

C'est vrai qu'il en a trop. Des papiers. Entassés épars sur un dossier dérangeant, comme pour le couvrir sans trop l'étouffer. Le dossier.

Mal rangés, dérangés. Les papiers sur le dossier. Voici l'oubli de Léon.

 

( Sur ces derniers mots, le médecin soulève une pile de feuilles qu'elle projette

 

en l'air : les feuilles par dizaines retombent éparpillées sur la scène. )

 

 

Publié dans interview

Partager cet article
Repost0

Silvana Minchela : un interview dans le blog d'Elodie Lemaire pour LIMAGINARIA

Publié le par christine brunet /aloys

 

limaginaria.png

 

La Terre nous dit A Dieu a été le premier roman chroniqué en cette année 2014. Suite à sa lecture, et touchés par la plume pleine de tendresse et de poésie de son auteur, nous avons voulu en savoir plus. 
Interview réalisée pour Limaginaria en janvier 2014.

Felixita : Bonjour Silvana, pour commencer, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Silvana Minchella : Je suis descendue de ma montagne du sud de l’Italie, à l’âge de cinq ans, pour suivre mes parents à  Bruxelles.
Mais je pense qu’une partie de moi est restée là bas et c’est elle qui capte et me renvoie les histoires que j’écris.
Si la montagne m’a offert l’alliance avec la vie sauvage, la ville m’a permis de découvrir les livres.
J’ai été prise de boulimie dès le premier contact visuel puis tactile avec la merveille qu’est un livre… son odeur, la sensualité du papier, les mots qui murmurent ou crient. Je les voulais tous, c’était mon seul désir.  J’en oubliais de manger et de dormir.
Tout naturellement, j’ai commencé à écrire des poèmes.  A l’adolescence, ce furent des nouvelles et des lettres d’amour…
Vers la trentaine, j’ai découvert la pensée de plusieurs guides spirituels et ce fut une deuxième naissance.  Depuis, cette quête ne me quitte pas.
La petite fille en haut de la montagne me dit qu’elle sait tout cela depuis toujours mais que je ne l’écoutais pas!

F : La Terre Nous Dit A Dieu est-il votre premier roman ? Quel est votre parcours littéraire ?La Terre nous dit à dieu
S.M :
 C’est, à ce jour, mon seul roman. Le deuxième est en cours d’écriture.  J’ai publié plusieurs recueils de nouvelles, un livre de poésie, des contes pour enfants.

F : La Terre Nous Dit A Dieu est un ouvrage plein de poésie et de tendresse. Quelles ont été vos sources d’inspiration pour ce titre ? Comment avez-vous abordé la création des personnages ?
S.M : La poésie et la tendresse, ainsi que l’humour, se retrouvent dans tous mes ouvrages.  " La Terre nous dit à Dieu" reste pour moi un grand mystère.  Je l’ai "reçu" et écrit sans en changer un virgule.  Tous les matins, à l’aube, j’étais tirée hors du lit et menée au clavier. Par qui? Par quoi? Mystère… J’écrivais, dans un état second, et j’avais très froid.  Soudain, je me réveillais, je relisais et découvrais le texte dont j’ignorais tout!  Il m’arrivait de pleurer, parfois je voulais changer le cours des choses.  Impossible.  L’histoire et les personnages cherchaient un canal pour se matérialiser, ce fut moi.

F : Le roman traite aussi de sujets plus écologiques. Êtes-vous écologiste ? Quel regard portez-vous sur la planète et les créatures qui la peuplent ?
S.M : Je ne suis pas écologiste.  Ce mot ne signifie rien pour moi. J’aime passionnément cette merveilleuse Planète et tout ce qui la peuple. Jamais je ne pourrais faire du mal à un arbre, et l’idée de manger un petit animal me révulse l’estomac.
Je pense que les humains vivent en état d’hypnose, coupés de la Source, et qu’ils sont très malheureux.  Je les aime.  Si les messages contenus dans mes livres pouvaient en aider quelques uns, j’en serais heureuse.

F : Avec La Terre Nous Dit A Dieu, vous avez laissé un message à destination des adultes. Vous arrive-t-il, avec vos mots très poétiques, d’écrire pour les plus jeunes, ou d’écrire dans d’autres genre de littérature ? Si oui lesquels ?
S.M : Oui,  j’ai écrit  " La princesse Amandine" pour les petits.  De très belles illustrations l’accompagnent.  Ce sont des messages d’amour, de gratitude, d’espoir.
On retrouve ces messages dans le recueil de nouvelles  " Eveil"  destiné aux adultes.

F : Vous publiez votre roman chez Chloé des Lys, comment s’est passé le travail de recherche d’éditeur ? Avez-vous envoyé le texte chez plusieurs éditeurs ou un seul ?
S. M :  La recherche d’un éditeur m’a appris la patience et le lâcher-prise.  Beaucoup de réponses du style  " Votre travail est bon mais ne correspond pas à notre ligne éditoriale".   Il semblerait que les romans policiers, les thrillers et les histoires érotiques soient plus appréciés par le grand public.  Concernant " La Terre nous dit à Dieu", je pense que le titre fait peur.  Ce n’est pourtant pas du tout un livre catastrophe.  Finalement, je fus contactée par le directeur de Chloé des Lys pour aller signer mon premier contrat. Il s’agissait du recueil de nouvelles "Eveil".
Chloé des Lys aime beaucoup mon écriture, le comité de lecture me fait toujours un accueil chaleureux.  Ils ont publié trois ouvrages  :  Eveil  -  La Terre nous dit à Dieu  -  Les louves -

L’année dernière, Edilivre a publié un de mes recueils de nouvelles  " Jeux de dupes" qui parle d’aventures à la fois drôles et cruelles sur les sites de rencontres.

F : Comment s’est passé le processus éditorial, a-t-il été long entre le moment où le roman a été accepté et le moment où le roman a été publié ? Comment travaillez-vous une fois le roman accepté ?
S. M : Eh oui, il ne suffit pas d’écrire, de trouver enfin un éditeur.   Chez Chloé des Lys par exemple,  il faut attendre plusieurs mois pour réaliser la mise en page, le choix de la couverture, l’impression et la livraison.  Et après, une fois passé l’émerveillement de tenir en mains son nouveau livre, ii faut redoubler de persévérance, de créativité, de travail … Je m’occupe de la promotion de six livres, un travail d’équipe que je dois assumer seule.

F : Au sujet de la couverture du roman, quels ont été vos choix pour la création ? Comment s’est passée l’élaboration de la couverture ? Avez-vous eu votre mot à dire ou pas du tout ?
S. M : J’aime associer les talents.  Je choisis un ami peintre, sculpteur ou photographe pour illustrer la couverture de mes livres.   Sauf pour " La Terre nous dit à Dieu" pour qui,  à y bien réfléchir, je n’ai jamais décidé quoi que ce soit!   ( Rire )

F : Enfin, quels sont vos projets pour l’année à venir, pouvez-vous nous en parler ?
S. M : Trouver du temps pour continuer à écrire le roman qui me brûle la tête ( celle que vous savez tape du pied là-haut sur la montagne).  Continuer les animations mises en route  :  Conférences "L’énergie sauvage de la Femme" autour du livre  " Les louves"   -    Animation de soirées littéraires réunissant des auteurs, des musiciens et des peintres  -  Brunchs littéraires -  Foires du livre -  Recherche d’éditeur pour un nouveau conte pour enfants …

Retrouvez les ouvrages de Silvana Minchella sur le site de son éditeur:http://www.editionschloedeslys.be/

 

Elodie Lemaire

http://limaginaria.wordpress.com/2014/01/19/silvana-minchella/

Publié dans interview

Partager cet article
Repost0

Une pie dans le ciel de Saïgon, le nouveau roman de Gauthier Hiernaux : interview

Publié le par christine brunet /aloys

 

Une-pie-dans-le-ciel-de-Saigon.jpg

 

On commence à te connaître... Tu as déjà pas mal publié... Tu en es où, exactement ?

« Une Pie dans le Ciel de Saigon » est mon huitième livre publié chez Chloé des Lys. J’ai également sorti en 2012 « Mallaurig » chez Cactus Inébranlable éditions. J’ai encore beaucoup de matière au fond de mon disque dur et encore davantage dans ma tête. 

Un nouveau bouquin paraît chez CDL. Dans la lignée des précédents ? D'autres héros ? Une parenthèse ?

J’ai écrit quatre mini-romans qui n’ont aucun lien entre eux sinon le format. « Tribu silencieuse » était une fable que je voulais humoristique et qui a bien marché. « Lucioles » était beaucoup plus sombre et traitait des choix, parfois douloureux, que doivent faire les personnes.

« Une Pie dans le Ciel de Saigon », c’est plutôt un hommage à la remise à zéro du compteur. Le bouquin n’est pas un truc mystique, c’est davantage une redécouverte de soi à travers les autres. 

 

Est-ce un roman ? Une longue nouvelle ? 

… ou un court roman ! J’ai commencé à écrire des ouvrages de cette taille particulière non pas manque d’inspiration ou par envie d’en sortir trois par an, mais pour une toute autre raison.

En musique, en BD et en peinture, je trouve qu’il est facile de se rendre compte après quelques notes/pages… si on aime ou si on n’aime pas ce que l’on entend ou voit.

En littérature, c’est plus compliqué. Pour apprécier un livre – ou plutôt savoir si on va l’apprécier – il faut avoir lu au moins un chapitre. L’attirance, si tant est que je puisse la nommer ainsi, est moins immédiate. Mes trois mini-récits font entre 70 et 90 pages. Il est donc possible d’en lire un en une heure et de se faire ainsi une idée sur mon style. Je trouvais cette idée intéressante.

Mes autres livres – les cinq premiers tomes de ma saga intitulée « Grandeur & Décadence de l’Empire de la Nouvelle Ere » sont de plus gros romans. Mes lecteurs fidèles les apprécient beaucoup, mais je sais que celles et ceux qui ne s’y sont pas encore plongés hésitent en raison du nombre de tomes (lesquels peuvent être lus tout à fait indépendamment les uns des autres) et de leur taille.

Pourquoi ce titre ?

« Une Pie dans le Ciel de Saigon » ? Ah ça… ce sera au lecteur de le découvrir. Je dirais que le titre est construit sur le même modèle que ceux de « Lucioles » ou « Tribu silencieuse »  : quelques mots qui prennent à contre-pied le ton du récit, mais un titre qui revêt tout son sens au fil de la lecture. En tous cas, jusqu’à présent, j’ai reçu de bons échos sur le titre donné et sur la couverture. C’est déjà ça. 

 

 Alors, l'histoire ?

Le héros d’ « Une Pie » n’a pas de nom, pas au début du récit en tous cas car il ignore qui il est et la perte de sa plaque d’identification ne facilite en rien sa situation.

L’homme se réveille dans une tente-hôpital, sans aucun souvenir de ce qui l’a amené là. Petit à petit, il va être amené à se redécouvrir. Et ce qu’il est réellement ne va sans doute pas lui plaire.

 

Des projets ? Chez CDL ? Chez Cactus ? Ailleurs ?

Absolument. « Les Enfants de Jafez », le sixième tome de ma saga Grandeur & Décadence de l’Empire de la Nouvelle Ere a été accepté par le Comité de lecture de Chloé des Lys. La couverture est déjà prête, mais j’attends l’année prochaine pour le corriger et l’envoyer. Cette année, j’ai quand même déjà publié deux bouquins (« Lucioles » – « Une Pie dans le Ciel de Saigon »).

J’ai également participé à un recueil de nouvelles (« Assortiment de crudités ») qui, à l’heure où je réponds à tes questions, Christine, n’est pas encore paru. Il devrait voir le jour cette année encore. Ma nouvelle s’intitule « L’odeur de métal sur les doigts » est traite de la fascination d’un homme pour une « Go-Go dancer ».

Sinon, je souhaiterais également envoyer mon dernier policier («La Fraternité des Atomes ») à divers comités de lecture. Le temps me manque pour le relire une dernière fois. Je pense que s’il est finalement publié, il plaira beaucoup, sans doute davantage encore que « Mallaurig » et « Tribu silencieuse ». 

 

J’ai également deux projets en chantier : un policier dans le milieu du paint-ball et un ambitieux roman médiéval se déroulant 10 ans après la Grande Peste du 14ème siècle.     

 

Gauthier Hiernaux

grandeuretdecadence.wordpress.com

Publié dans interview

Partager cet article
Repost0

Louis Delville nous parle de son dernier livre "Petites et grandes histoires"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Ce qui est bien avec Louis Delville, c'est que lorsque vous lui posez une question, il répond à toutes les questions que vous aviez en tête mais que vous n'avez pas encore formulées !

 

"De Noé à Louis Léopold Victor" mélangeait contes et nouvelles. "Petites et grandes histoires" est dans la même optique. On y trouve des textes parfois longs (pour moi cela signifie plus de deux pages !) et de textes courts (parfois quelques lignes).

 

La longueur de mes nouvelles est souvent dictée par un règlement de concours ou par une idée qui me vient et que j'ai envie de développer. Dans ces cas-là, je ne termine que lorsque je suis satisfait de l'histoire. Pour les contes, je vais toujours à l'essentiel et je "fais court", surtout si je dois le présenter devant public.

 

Les textes courts sont généralement issus d'ateliers d'écriture que Micheline et moi fréquentons sans modération et où nous avons rarement plus de quinze minutes pour écrire. J'ai voulu les signaler pour que mes lecteurs ne me considèrent pas comme un fainéant ! Je n'ai pas indiqué les consignes imposées lors de l'atelier. Je me suis contenté de corriger les (quelques) fautes d'orthographe qui subsistaient et parfois d'ajouter un détail historique ou de date (voir ci-après).

 

Ces textes sont donc spontanés et je trouve qu'ils correspondent bien à l'idée que les gens se font de moi !

 

Le lecteur subtil comprendra donc facilement que j'ai souvent besoin d'un petit incitant pour écrire…

 

Je suis très à cheval sur les détails. Si je cite une date, le jour de la semaine est le bon. Si je parle d'une ville, je cite le nom d'un quartier, d'une rue réelle (merci Internet !). Cela permet d'avoir un texte qui "tient la route" et qui semble véridique. Pour moi, conteur, c'est très important que je sente mes auditeurs (ou lecteurs) "dans" l'histoire avec moi…

 

2) Comme vous le comprenez maintenant, il n'y a pas de fil conducteur dans ce second livre si ce n'est mon imagination. C'est déjà bien ainsi !

 

Je suis trop amoureux de la liberté pour me laisser enfermer dans un carcan. Je me souviens que lors de ma première approche de l'impro le 12 avril 2003 (c'était un samedi !), nous avions dû rapidement trouver un adjectif à joindre à notre prénom. Comme les deux mots devaient avoir le même première lettre, j'avais immédiatement trouvé "Libre/Louis", pour moi cela ne pouvait être que cela !

 

Petite anecdote au sujet de la liberté : lors d'un autre atelier d'écriture de cinq jours animé par Xavier Deutsch, un auteur belge bien connu, nous avons été mis dans la situation d'imaginer une histoire qui se passait dans un village coupé du monde… J'ai rongé mon frein pendant les quatre premiers jours et quand, par la volonté de l'animateur, le village a enfin été accessible, je me suis défoulé ! Mes personnages se sont mis à tuer. Je crois bien qu'il y a eu cinq morts en quelques minutes ! Ce sera peut-être publié dans mon troisième livre ?

 

3) Ah, la couverture…

Comme la majorité des textes sont directement issus d'ateliers d'écriture, je me suis dit que ce serait bien que mon écriture personnelle apparaisse en première page de couverture mais comme après, je les recopie sur mon ordinateur, je voulais aussi faire référence au moins à un écran.

 

Fralien, l'illustratrice de Chloé des Lys a bien compris et en quelques jours, elle m'a proposé une couverture qui me plaisait ! La seule ajoute demandée a été de faire figurer un beau stylo à plume d'or à côté des quelques lignes de la première nouvelle du bouquin. Clin d'œil : cette nouvelle ayant été directement écrite sur ordinateur, j'ai donc dû en écrire un court extrait à la main ! En page 4, elle a trouvé "le" truc : tout le texte de cette page si importante est écrit sur un écran de smartphone.

 

Ces deux faces sont donc le résumé de mon activité d'écriture !

 

Ajoutez à cela une couleur de fond dans les tons clairs et mon second livre va, je l'espère, attirer le regard des futurs lecteurs.

Publié dans interview

Partager cet article
Repost0

Steve Rodgers : l'écriture, c'est " "le" moyen de communication le plus important dans la vie, comme dit l'adage : "les paroles s'envolent mais les écrits restent"

Publié le par christine brunet /aloys

steve-1.JPGSteve Rodgers, pour ceux qui le connaissent, c'est d'abord une voix et un rythme. Mais quelle surprise d'apprendre que le rockeur s'était transformé en écrivain et allait publier son premier roman aux Editions Chloé des lys. Du coup, j'ai voulu en savoir plus... Une interview sur un rythme rock-en-roll !

 

Steve Rodgers... Seriez-vous américain ? Anglais ? En fait, qui êtes-vous ?

Je suis belge, Steve Rodgers est un pseudonyme officialisé par la SABAM.


 Pour nos lecteurs français, c'est quoi, la SABAM ?

 La SABAM est l'équivalent de la SACEM en france.

 

 Beaucoup vous ont déjà entendu via, notamment en France, des vidéos sur actu TV: vous êtes un chanteur. Vous vous définissez comment ? auteur, compositeur, interprète ? Poète, chanteur, "rockeur" ?

Je suis auteur, compositeur et également interprète, plutôt dans le style rock, hard rock & blues, je peux également "jouer" au crooner comme par exemple reprendre des titres de Frank Sinatra, ceci pour m'amuser.

 

 Vous avez déjà enregistré des disques ? Si oui, combien et lesquels ? De l'autoproduction?

 J'ai enregistré en tout et pour tout une 20aine d'albums dans ma vie, soit en tant que chanteur au sein d'un groupe ( FN GUNS ) soit comme musicien de studio.  

 

Voir: www.steverodgers.be ou www.purpleyears.com  

 

 

Ouah ! Vous allez publier chez Chloé des lys un roman... J'ai cru comprendre qu'il s'agissait d'un roman policier ! Quel style ? et pourquoi ce choix ?

Cela fait des années que l'envie d'écrire m'est venue, mais je n'avais pas le sujet, et un beau jour, le personnage m'est venu comme par enchantement, et je me suis mis à écrire trois romans en presque deux mois. J'avais l'impression que ce n'était pas moi qui écrivais, mais une "entité" venue guider mes doigts.

 

 Parlez-nous en un peu... Un roman policier humoristique, historique, un thriller, un polar? 

Je me suis plus tourné vers le polar, des histoires inventées de toutes pièces, mais avec des lieux réels, comme par exemple la ville où il habite existe vraiment, les rues sont réelles aussi. Excepté la section S.S.I.I qui est une invention.

 

 Et ça veut dire ?

 S.S.I.I = Service Spécial d'Investigation International

 

Comment sont nés vos personnages ?

J'ai lu énormément de San Antonio, ce qui m'a beaucoup inspiré, j'ai voulu que mes romansSteve-5.JPG soient moins humoristiques, et mon personnage n'utilise pas de langage en argot.

 

 Parlez-moi un peu plus de lui. Il s'agit donc d'un homme... Comment sont arrivés les personnages, on va dire, secondaires ? 

 Les personnages secondaires sont : 1) Son chef de service et un collègue de son bureau.  2) Un inspecteur de la PJ française ayant eu des aventures auparavant avec mon personnage.

 

Où les trouvez-vous ? Dans votre entourage ? 

Pure invention ! Aucun des personnages est existant. Par contre, dans mon 3ème roman, il s’agit d’une aventure vécue par un taximan à Bruxelles. Ayant exercé ce métier, toutes les rues sont réelles et toutes les interventions via un dispaching sont réelles aussi. Seule l’histoire est de pure invention. Et toujours avec le même personnage principal.

 

Définissez le mot "écriture"

Je pense que l'écriture est "le" moyen de communication le plus important dans la vie,http://ecx.images-amazon.com/images/I/41xi%2BVdyIDL._.jpg comme dit l'adage : "les paroles s'envolent mais les écrits restent".

 

 Définissez votre style, svp... 

Mon style ? Je ne saurais pas vous le dire, j'écris à l'instinct, je ne cherche pas et cela me vient tout seul. Je ne crois pas être un romancier né, je peux ne rien écrire faute d'inspiration pendant des semaines et puis, subitement écrire pendant des jours entiers sans m'arrêter. Quand j'écris, c'est comme si quelqu'un me dictait ce que je dois écrire. Cela peut vous paraître étrange, mais c'est comme ça. C'est pareil pour la musique.

 

Steve-6.jpgDes projets littéraires ?

Pensez-vous être plus un auteur/compositeur/interprète ou plus un écrivain ? Que vous donne l'écriture que ne vous donne pas la musique ?

La musique m’a apporté beaucoup de plaisir et encore aujourd’hui. J’ai eu la chance d’être édité chez Paul Beuscher à Paris avec un ouvrage concernant 5.500 accords de guitare ainsi que ma propre méthode pour apprendre cet instrument. Ouvrage intitulé « 5.500 accords pour guitare ».

Je suis avant tout musicien, mais je prends un énorme plaisir quand je me mets à écrire. Je ne pense pas être un écrivain, cela peut venir avec le temps.

Si par bonheur je peux faire éditer plusieurs romans, ( j’en suis au 5ème actuellement ) et que je peux encore en écrire plusieurs, alors là oui, je pourrais peut-être dire que je suis écrivain. Mais pour l’instant, disons que … On m’ouvre une porte vers un destin, et je verrai où cela me mènera.

 

Se donner une étiquette de « romancier » ou « écrivain » serait fort prétentieux de ma part.

 

Avoir plusieurs cordes à son arc, jouer avec les genres, surfer sur la passion... 

Voilà, à l'évidence, l'univers de Steve Rodgers !

 

Dans l'attente de votre premier polar, alors !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans interview

Partager cet article
Repost0

Interview d'Edouard Ballureau, avis d'un professionnel sur le monde du livre !

Publié le par christine brunet /aloys

Qui est Edouard Ballureau et pour quelles raisons lui ai-je demandé de répondre à quelques questions ? Vous allez voir, ses réponses et son approche du monde du livre nous intéresse TOUS ! Quelques idées reçues à mettre à la poubelle et des points sur les i à souligner...

 

Edouard, pourriez-vous vous présenter pour nos lecteurs, svp ?

 

Edouard Ballureau 48 ans actuellement représentant pour les éditions De Borée depuis 8 ans. J'ai été précédemment libraire à Sarcelles, à la librairie Le Temps de Lire, puis au sein de l'espace culturel E.Leclerc. J'ai appris le métier sur le tas, si je puis m'exprimer ainsi, auprès de Madame et Monsieur Champsavoir avec qui j'ai oeuvré durant une quinzaine d'années, puis lors du rachat de la librairie par le groupe E.Leclerc (j'ai poursuivi l'activité pendant 5ans).

Quel est le rôle d'un diffuseur dans la chaîne du livre ? Vous avez été libraire. Un métier passion. Aujourd'hui, vous promouvez les auteurs auprès des libraires justement, et des grandes surfaces également. Le métier de libraire a-t-il changé ? Si oui, pour quelles raisons ? Les grandes surfaces prennent-elles le pas sur les librairies de quartiers ?

 

Le métier de libraire, depuis mon départ, n'a pas changé en soi,mais il doit faire face à une concurrence accrue de la part des grandes surfaces et plus récemment de la vente sur le Net voire du téléchargement ce qui oblige le libraire indépendant à mettre ses moyens en oeuvre pour conserver et fidéliser une clientèle; cela passe par l'accueil, le conseil, le choix, les délais de commande et la rencontre avec les auteurs.


La distribution et la diffusion d'un livre est un avantage sans doute décisif, aujourd'hui, pour un auteur : cela dispense-t-il un auteur (de petite ou moyenne édition) de toute démarche vers ses lecteurs ?

 

L'auteur, quant à lui, ne doit pas se réjouir trop vite une fois édité par une maison d'éditions, et ce quelle que soit son importance.

Effectivement, même s'il sera visible sur les tables grâce au travail des commerciaux et de la distribution, le flot de parutions est surabondant. S'il veut tirer, en quelque sorte, son épingle du jeu (même d'une façon modeste), il devra s'investir en effectuant des séances de dédicaces pour aller à la rencontre du public. Il peut aussi utiliser le réseau internet pour faire sa propre promotion.Toutes les pistes intéressantes peuvent et doivent être mises en oeuvre.

 

Question plus compliquée, sans doute : vous baignez dans le monde du livre. Selon vous, que recherche un libraire en invitant un auteur en dédicaces ?

Comment doit (dans l'absolu) se comporter un auteur en dédicaces et ce qu'il ne doit pas faire ?


Le libraire a tout intérêt, à son tour, à organiser des rencontres avec les auteurs, ceci dans un souci de créer une dynamique pour fidéliser sa clientèle, faire partager ses coups de coeur et initier un échange entre ses clients et les auteurs, et également... augmenter ses ventes (point non négligeable).

L'auteur qui décide de participer à ces séances de dédicaces-rencontres, s'il en accepte le principe, se doit d'être enthousiaste, ne pas hésiter à se lever pour aller à la rencontre des clients pour faire une promotion sans forcing de son ouvrage. Il suffit parfois de peu pour accrocher un client.

Il peut y prendre beaucoup de plaisir et avoir la satisfaction, lorsque qu'il reviendra pour son prochain ouvrage, de retrouver des lecteurs qui lui seront fidèles par la suite.

J'imagine que, pour un écrivain, le premier plaisir est l'écriture. Puis c'est le plaisir de voir son manuscrit édité et enfin de pouvoir échanger avec ses lecteurs et les rencontrer de visu ?

Il doit vraiment prendre cet "exercice" comme un plaisir et non comme une corvée car les gens le ressentiront forcément à son attitude... L'auteur peut alors trouver le temps long ! L'exercice peut être intimidant au départ, mais j'ai accompagné assez souvent des auteurs débutants qui, maintenant, se sentent très à l'aise et ont trouvé des trucs pour accrocher le public.

 

Les métiers du livre souffrent (disparition de Virgin, FNac sur la scellette) : effets de la crise (l'avez-vous ressentie ? Encore maintenant ?) ou de l'apparition du livre numérique ?

 

On parle de crise depuis quelques temps déjà, mais en interrogeant régulièrement les divers intervenants de la chaîne du livre, les ventes du livre sont toujours stables.

Le support papier continue à se vendre malgré la concurrence de son cousin numérique. L'un n'empêche pas l'autre. Dans un domaine culturel proche, pour exemple celui du disque ne voit-on pas revenir en force le vinyl ? Les lecteurs fidèles aiment aussi "l'objet"... je pense au plaisir d'une belle bibliothèque remplie de toutes sortes de livres...difficile à réaliser avec du numérique !


Dernière question et pas la moindre... Lorsque vous présentez un livre aux libraires, qu'est-ce qui fait qu'il va accrocher? l'éditeur ? le prix ? la cover ? le thème ? la 4e de couverture ? le nom de l'auteur (sans doute vrai pour les auteurs très connus qui font vendre, mais pour les autres ?).

Le tout en même temps, je présume. Mais dans quel ordre de priorité ?


Pour terminer, les facteurs prépondérants pour la vente d'un livre sont dans l'ordre, et ceci n'engage que moi :

- La couverture et le sujet

- L'auteur

- L'éditeur... bien que ce dernier point intéresse plus le libraire, à mon avis, que le lecteur.

 

Voilà quelques mots qui ont l'avantage de remettre les choses à leur place ! Un grand merci à Edouard Ballureau pour cette participation à notre blog et ce partage de sa vision du livre et son devenir !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans interview

Partager cet article
Repost0

Pour Justine Caizergues, l'écriture c'est : "laisser les mots venir à nous..."

Publié le par christine brunet /aloys

 

http://www.bandbsa.be/contes3/quandfaneRV.jpg

 

 

 

En créant ce blog, j'avais décidé d'aller vers les artistes et de les faire parler de leur passion, de leur art. Cette démarche est parfois simple... lorsque mon interlocuteur brode, tente d'expliquer sa démarche.

 

Mais parfois, l'auteur préfère me renvoyer la balle en un jeu qui, je dois dire, me laisse sur ma faim. Pourtant, cette démarche cherche l'essentiel. Un trait de caractère ? Peut-être une simple façon d'écrire et de se décrire. 

 

Justine Caizergues fait partie de ces auteurs adeptes de la brièveté, de la concision. Je vous laisse juger...

 

 

 

 

Justine, tu te présentes, s'il te plaît ?


Je m'appelle Justine Caizergues, j'ai vingt ans et deux petits frères. En deuxième année de fac de lettres, je me passionne pour l'écriture depuis l'âge de dix ans.

 

Depuis quand écris-tu ? Pourquoi ? Un déclecheur ?

 

Pour les dix ans d'une amie, je lui ai écrit une nouvelle. Quand j'ai vu qu'elle tenait la route et que je m'étais régalée à l'écrire, j'ai réalisé combien j'aimais ça. Mais le véritable élément déclencheur a été mon professeur de français en classe de première. Il fallait faire des écrits d'invention pour le baccalauréat, et il me mettait de très bonnes notes.. il m'a encouragée, et voilà !

 

Parle-nous de ton roman... 

 

Je l'ai écrit d'une traite en une quinzaine de jours.. il parle d'amour, d'amitié, de handicap et d'adoption..

 

Donne-moi ta définition du mot "écriture"


Laisser les mots venir à nous.


DSCF4285.JPGComment voit-on ton activité d'auteur autour de toi ?


Les gens sont soit étonnés,soit très fiers!!


Parle-moi de tes personnages : comment sont-ils nés ?


De mon imagination, et un peu inspirés de mes connaissances!


Facile ou compliqué de mettre un point final à tes romans ?

 

Facile, je commence par la fin!

 

 

Tu commences par la fin ! Alors là ! Tu m'expliques ta façon d'écrire, de créer ton histoire?

 

Souvent, je réfléchis à la fin, que j'écris, et elle m'aide à faire découler les événements du récit!

 

Ton roman est-il totalement fantaisie ou y a-t-il un brin de réalisme ?DSC04918.JPG

 

Seulement réaliste!

 

 Tes personnages sont, un peu, inspirés de ton entourage. Comment procèdes-tu pour les créer ?

 

Je ne sais pas répondre à cette question ! ils me viennent comme cela, je ne fiche pas leurs caractéristiques physiques, morales etc, je les invente juste..

 

Quand écris-tu ? Des rituels ? Ecris-tu à la plume ou sur ordi ? Relis-tu à l'écran ou sur papier ?

 

A l'ordinateur et je relis à l'ordinateur, j'écris toute la journée, pas de moment précis! ni rituels!

 

Concernant la rose, dis-m'en plus... Je comprends qu'elle est le reflet de la cover mais encore... Quelle adéquation avec ton roman ?

 

En fait, elle a un lien avec le roman : l'un des personnages principaux va offrir à sa femme un bouquet dans lequel il y aura une fausse rose, qui du coup ne fanera jamais.. (image de son amour pour elle)

 

282379_10151083419234021_1947476300_n.jpgJ'essaie, tu vois, de te faire approfondir tes réponses trop évasives à mon goût : cette brièveté est-elle ta "marque de fabrique" ? Un trait de caractère ?

 

Oui je suis assez synthétique, pour être claire en général!  c'est sûrement pour ça que mes réponses sont trop brèves j'ai du mal à faire autrement..

 

Parle-moi de ta couverture


Je la voulais en rapport avec le titre, et la rose que m'a dessinée la dessinatrice était magnifique..

 

Utilises-tu un plan  ? Ecris-tu au fil de la plume ?

Pas de plan même si je sais que je devrais.. disons que j'ai la trame dans ma tête! Oui au fil de la plume voilà!

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans interview

Partager cet article
Repost0

Jean-Claude Slyper : Je crois que mes personnages sont ordinaires, banals, triviaux comme peut l’être le quotidien, ils sont aussi absurdes et grotesques, mais émouvants

Publié le par christine brunet /aloys

S7300123_3.jpeg    Jean-Claude Slyper est un auteur, mais pas seulement : il démontre une fois de plus que la création peut être multiple, passionnelle mais réfléchie.

 

     Jean-Claude, tu te présentes, s'il te plaît ?

     Je suis né à Paris, je vis à Paris, mais il y a d’autres villes qui m’ont charmé, emballé, attiré : Berlin, Londres, Rome, Bruxelles, Dublin, Erevan, Marseille. Je pratique la basse et la contrebasse. Depuis tout petit j’aime arpenter la ville de jour comme de nuit, surtout la nuit, quand tout est silence, taches de lumière et ombre. J’adore rouler sur de petites routes et découvrir de cette façon les pays, des chemins de traverse en quelque sorte, je reconnais ne pas faire œuvre écologique à rouler ainsi en voiture mais je me donne bonne conscience en me disant que ce serait pire en avion.

J’écris depuis le milieu des années soixante-dix. De petits textes, souvent pour composer des chansons quand je jouais en groupe. Je n’ai pas le souvenir d’un événement déclencheur en particulier, plutôt mon appétence pour les histoires, les contes, les scénarios qu’enfant j’imaginais pour mes jeux, les rédactions à l’école.


   Quel genre de texte écris-tu ? 


Comme je le disais, mes premiers textes étaient courts puisque paroles de chansons, puis ils se sont allongés pour raconter des histoires plus longues. En réalité, je ne choisis pas vraiment entre la nouvelle et le roman, entre un écrit d’une page et un autre de centaines de pages. La rapidité et la brièveté me replongent dans mon passé musical, c’est un jeu de raconter vite une idée ou une histoire, trouver le tempo, la musicalité. Evidemment, certains sujets demandent longueur, largeur et temps afin de les fouiller et d’en déterrer les secrets.

 

   Tu me donnes ta définition de l'écriture, s'il te plaît ?... et puisque tu y es, de ton style...

  Une définition de l’écriture : ça peut être le besoin de figer sur un support stable l’activité humaine ; ça peut être fouiller ce que l’on appelle l’âme ; c’est aussi essayer de comprendre comment et pourquoi évoluent les femmes et les hommes dans leur environnement. Ecrire peut être une thérapie. Ecrire, c’est aussi être un conteur dépositaire de la culture et de l’histoire de sa famille, de son clan, de son peuple. Ecrire c’est toucher l’universalité. C’est aussi et surtout un outil pour découvrir et comprendre le monde.

 Mon style est assez classique, j’aime jouer avec les mots, les situations dans lesquelles nous plonge le quotidien.


Tes personnages... Comment les crées-tu ? D'où sortent-ils ?   

 Mes personnages sont dans l’interface, hommes, femmes, animaux ou parfois objets, ils ouS7300127_2.jpeg elles se frôlent, se frottent, se heurtent comme ils ou elles se cognent dans la réalité de leur vie, de la ville. Ils ou elles sont dans le décalage entre leur vision d’eux-mêmes ou d’elles-mêmes et l’image que leur renvoient les autres. Ils ou elles agissent rarement comme on est supposé le faire, sans penser à mal, parfois, ils ou elles sont presque aussi absurdes que leur vie, que la vie. Leur naissance peut être provoquée par un souvenir, une odeur, un paysage, une discussion, une image, un paradoxe, il y a souvent une touche d’immatériel, de saugrenu ou fantastique, ils ou elles le sont souvent, parfois, jamais. Ils ou elles me confrontent à la difficulté de la communication entre ce que voient mes yeux, ce qu’entendent mes oreilles, ce que pense mon cerveau et ce que voit l’autre, ce qu’il ou elle entend, ce qu’il ou elle pense, ou pas d’ailleurs ; souvent mes personnages ne pensent à rien juste à continuer à vivre.

 Dirais-tu que tes héros s'inscrivent dans ton univers comme dans la vraie vie, dans des rapports sociaux quotidiens ?

Je crois que mes personnages sont ordinaires, banals, triviaux comme peut l’être le quotidien, ils sont aussi absurdes et grotesques, mais émouvants. Evidemment je grossis le trait afin de faire émerger la poésie des petites choses de tous les jours, la part émouvante et attachante des hommes et des femmes, des animaux et des choses aussi ; il me semble que toutes les personnes portent en elles des réserves de bizarre, de fantastique que je cherche à dénicher. Mes héros ou  héroïnes jouent avec les concepts, les émotions et les sentiments en les poussant jusque dans leur absurdité enfouie. Alors oui, ils et elles s’inscrivent dans mon univers comme dans la vraie vie, mais ils et elles en sont un miroir déformant et grossissant.

 

 Tu parlais de l'écriture : dans quel style te retrouves-tu le plus ? La brièveté (en rapport avec ton univers de chansons...) ou la longueur ?

J’ai besoin des deux styles, court et long, dans le style court je retrouve effectivement l’énergie qui tend le blues, le jazz, le rock’n’roll, le rythm‘n’blues, il faut maintenir un rythme élevé, si possible, avec une histoire simple ; dans le rythme long, l’immersion dans la vie des personnages doit être totale et demande de prendre son temps pour la raconter, enfin moi je prends mon temps, un peu comme si j’étais réticent à les abandonner, j’ai besoin de les sentir vivre en moi, et je pousse le plus longtemps possible leur compagnonnage, je replonge en enfance quand je détestais quand une histoire se terminait, que ce soit un film, un livre, et même la visite des ami.e.s.

Dans mon quotidien, j’ai besoin d’écouter une chanson de Bob Dylan, de Janis Joplin, de Nina Simone mais aussi un opéra de Verdi ou de Borodine, court et long, toujours, de lire un poème de Pouchkine, Le cœur est un chasseur solitaire de Carson McCullers ou Melmoth, l’homme errant de Charles Robert Maturin.

 

 Comment perçoit-on ta passion d'écrire autour de toi ? 

C’est assez mitigé, bizarrement, on pourrait croire que l’on trouve ma passion d’écrire formidable, mais dans mon entourage certains sont indifférents, par moments j’ai l’impression que ça les ennuie, que ça les embête même, quand d’autres, et c’est la plupart, approuvent totalement et avec entrain. Je crois que l’on balance toujours dans son entourage entre jalousie et bienveillance, ce qui rejoint ta dernière question : je crois que c’est beaucoup plus compliqué d’être lu par des intimes que par des inconnus, pour ma part je préfère être lu par des inconnus car les émotions des rapports intimes ont tendance à polluer le jugement, les enjeux ne sont évidemment pas les mêmes. Avec les intimes je ne sais jamais si l’éloge est sincère, si derrière la critique ne se cache pas quelque ressentiment, et quand il n’y a ni éloge ni jugement c’est encore pis car ça me plonge dans un océan d’indifférence, mais peut-être est-ce de la timidité dans ce cas.

 

 Facile ou compliqué d'être lu ?(tu parlais d'écriture thérapeutique... on met tous un peu de nous dans nos mots...)

 

 S7300124_2.jpegMais pour répondre plus précisément à la question facile ou compliqué d’être lu, je réponds facile, car c’est quand même le but du jeu d’être lu, quand tu fais de la musique c’est pour être écouté, quand tu écris c’est pour être lu, enfin c’est ainsi pour moi. Après des années à lutter contre ma réticence à faire découvrir mes écrits — je ne me sentais pas prêt, comment l’être quand on a la prétention de pénétrer dans l’univers de la littérature ? — j’ai sauté le pas. Et maintenant je trouve normal d’être lu, je peux même dire que j’aime ça. C’est peut-être un des aspects thérapeutiques de l’écriture : oser se montrer, oser s’offrir aux critiques, plus qu’aux critiques, au j’aime ou j’aime pas. Pis encore, il y a l’indifférence, le mouais ou c’est bien pour uniques commentaires. Finalement, c’est le même trac de monter sur scène et de se montrer à lire. Parfois c’est douloureux d’écrire, c’est difficile de se montrer sévère et intransigeant envers soi, de suivre une certaine discipline  — je dois dire que je n’y arrive pas toujours —, mais heureusement des instants de bonheur compensent les maux de tête. Juste une phrase qui nous enchante, un enchaînement de mots, de sonorité et d’images.

 

Publié dans interview

Partager cet article
Repost0

Clarène Meyers... Son interview !

Publié le par christine brunet /aloys

Lorsque je demande aux auteurs qui passent par ce blog depuis quand ils écrivent, généralement, la réponse est "depuis l'adolescence". Clarène a 15 ans et démontre qu'il n'y a finalement pas d'âge pour s'immiscer dans le monde de l'édition et imposer son univers, son imaginaire, son écriture. J'ai voulu savoir comment un auteur aussi jeune aborde l'écriture et les lecteurs.

_MG_0118.jpgDepuis quand écrivez-vous ? Un déclencheur ?

Je pense que j’écris depuis toujours... Depuis mes 6 ans, j’ai vraiment trouvé un moyen d’expression qui me correspond. Mes tiroirs sont d’ailleurs remplis de petites histoires et poèmes que je composais pour m’amuser lorsque j’étais à l’école primaire. Depuis lors, mes écrits ont évolué : je ne parle plus des  mêmes choses et mon style est certainement devenu plus imagé. Mais l’idée reste la même : j’écris pour le plaisir, pour exprimer ce qui est en moi et pour le faire découvrir à d’autres. Si l’écriture n’existait pas (si je vivais par exemple à la préhistoire), je pense qu’il me manquerait vraiment quelque chose.

Qu'écrivez-vous ? Quel genre littéraire ?

Le roman que je vais publier est un roman « Heroic Fantasy ». C’est un style que j’adore ! Dans ce type d’histoire, les personnages sont réalistes, en ce sens qu’ils éprouvent des sentiments très humains (il est donc facile de s’identifer à eux), mais ils évoluent dans un univers fantastique et extravagant. Un univers dans lequel on a vraiment envie de plonger pour découvrir une vie et une faune complètement différentes des nôtres. La plupart des romans que je lis durant mes temps libres sont des romans d’heroic fantasy et ont pour auteur Pierre Bottero, Brussolo, Erin Hunter, Suzanne Collins,… Mais je lis aussi d’autres livres, notamment grâce à l’école. Les auteurs contemporains sont ceux que je préfère. J’aime par exemple Amélie Nothomb, Eric-Emmanuel Schmidt et Philippe Claudel.

Définissez le mot "écriture"

L’écriture pour moi… c’est une manière de mettre des mots sur des sentiments, des émotions ou des rêves qu’on ne sait pas toujours exprimer oralement. Par écrit, on prend le temps de choisir les bons termes. On se relit. On se corrige. On prend le temps d’améliorer sa pensée. On prend aussi du plaisir à être lu par d’autres, à leur partager un univers et à faire vivre des personnages pour eux.

Vous vous présentez svp ?

Comme vous l’avez sûrement compris par mes réponses précédentes, je suis une jeune auteure : j’ai 15 ans et je suis en 4e secondaire en options math-sciences. J’aime lire, écrire, dessiner, composer des paroles de chanson pour mon frère et je joue aussi du piano depuis 6 ans. Je n’ai pas encore beaucoup de « vécu » derrière moi, mais j’aime écrire et je pense que le roman que j’ai écrit plaira aux ados de mon âge. Il peut même déjà convenir aux enfants à partir de 10 ans. Ma petite sœur l’a déjà lu et elle a apprécié.

Définissez votre style.

P5193577b.JPGVu le public auquel s’adresse « La vie en mauve », j’ai essayé de garder une écriture simple, narrative et descriptive, voire cinématographique. Je voulais vraiment que les lecteurs visualisent les villes, les lieux, les animaux que j’ai imaginés. Je voulais qu’ils aient envie de s’y trouver et de rencontrer les personnages, de vivre avec eux. Le côté « cinématographique » se retrouve dans cet aspect visuel, mais aussi dans la construction de mes chapitres que j’ai construits un peu comme les séries télévisées, avec un dernier événement à la fin qui amène chaque fois du suspense et donne l’envie de lire le chapitre suivant.

Parlez-moi de vos héros : comment les créez-vous ?

Les personnages principaux de « La vie en mauve » sont Samy et Lara, deux enfants de respectivement 13 et 8 ans. Même si je ne m’en suis pas tout de suite rendue compte, ils sont assez bien inspirés de mon frère et de ma sœur, au niveau physique mais également au niveau des pensées et du comportement. Ce n’était pas conscient de ma part, mais à la re-lecture, j’ai réalisé que c’était probablement un peu mon frère et ma sœur tels que je les imagine dans un monde idéal…  Le chaton de Samy et Lara est lui aussi inspiré de mon entourage vu qu’il ressemble très fort à Bamboo, mon chat !

Racontez-moi l'histoire de "la vie en mauve"

La vie en mauve raconte l’histoire de deux enfants, Samy, 13 ans, et Lara, 8 ans, qui se retrouvent dans un monde parallèle au nôtre. Ils y ont été appelés pour résoudre un conflit qui dure depuis plusieurs siècles. Ils partagent ainsi la vie d’un peuple, isolé et très évolué (car ils ont inventé une formule de jouvence et trouvent leur énergie dans le sommeil, sans jamais devoir manger ou boire), mais ce peuple des Fils de la Force et de l’Esprit est soumis aux attaques de la nature et des animaux. Samy et Lara vont les aider à lutter contre la nature hostile mais surtout à comprendre les raisons de sa haine. Je ne vais pas vous raconter le dénouement de l’histoire, mais, je peux juste vous dire que, comme souvent dans les conflits, rien n’est simple : il n’y a pas vraiment de méchants et de gentils, mais seulement des mauvais choix qui sont parfois posés et des habitudes auxquelles on s’accroche.

Comment et quand écrivez-vous ?

P6293138b.JPGIl y a deux bonnes années, durant les vacances d’été, j’ai commencé à écrire une histoire, comme j’aime souvent le faire. J’adore inventer de petits textes, simplement à mon bureau, sur un bout de papier. Mais la plupart du temps, ces petites histoires sont, soit fort courtes, soit sans suite. Cette fois, je ne sais pas exactement ce qui m’y a poussé (peut-être la pluie), mais j’ai vraiment pris goût à l’histoire et j’ai continué à avancer dans les chapitres. Et finalement, quand je me suis retrouvée avec une dizaine de chapitres, je les ai fait lire à ma mère, qui m’a encouragée à continuer. J’ai alors fait une halte pour bien réfléchir et savoir où je voulais aller, comment les personnages allaient évoluer et comment l’histoire se terminerait, car je me suis dit que, plutôt que d’écrire juste pour le plaisir, ce serait peut-être bien aussi de faire passer un message dans le livre… Une fois que tout a été clair dans ma tête, j’ai repris l’écriture de manière plus structurée. Cette fois, j’ai tout retapé sur l’ordi et, puis, j’ai continué à essayer de rédiger un chapitre par jour. Les idées principales étaient choisies et fixées, mais beaucoup de petits détails ont aussi afflué au fil du récit. Une fois l’histoire terminée, cela a été une grande joie de tout relire, mais également encore beaucoup de travail pour corriger les derniers points incohérents et les mauvaises tournures de phrase. Je crois que j’ai encore relu le roman au moins cinq fois ! A chaque fois, je trouvais des points à améliorer ou à corriger... Maintenant que le livre est complètement finalisé, c’est vraiment le résultat que j’avais envie d’obtenir.

Vous faites partie de la génération du numérique : que pensez-vous des tablettes/liseuses ?

Même si je consulte beaucoup de sites sur internet, je n’ai encore jamais lu de livres entiers sur une tablette. Je ne suis pas équipée pour… Et puis, par habitude, je préfère le contact avec le papier, surtout, en tant qu’auteur… C’est beaucoup plus agréable de voir son livre publié sur papier, de pouvoir le mettre dans sa bibliothèque et le tenir en mains.

Vous allez être lue... Facile ou compliqué, selon vous, d'affronter le regard des lecteurs ?

J’ai déjà fait lire mon livre à mon entourage familial et à mes amis. C’est vrai que j’ai ressenti une certaine crainte en leur passant le livre, car, même si moi, j’adore l’histoire de Samy et Lara, ce n’est pas pour ça que les autres vont apprécier. Heureusement, ils ont tous aimé le livre. Son point fort, je pense, est que l’écriture est facile et agréable à lire : les chapitres sont courts et finissent chaque fois sur une touche de suspense… Ce sont des éléments qui donnent envie de savoir la suite. Je sais que je ne peux pas plaire à tout le monde, mais j’espère vraiment sastifaire un maximum de lecteurs, principalement ceux qui sont sensibles au style « Heroic Fantasy ». Et puis surtout, il faut prendre le livre comme il est, sans prétention : c’est un livre écrit par une jeune auteure et pour les jeunes lecteurs.  

 

 

Pourquoi la vie en Mauve ? N'avez-vous pas peur que les lecteurs pensent plutôt à un roman sentimental ?

Pourquoi le titre « La vie en mauve » ? D’abord parce que ça sonnait bien !. Ensuite et surtout, parce que le mauve a une signification particulière dans le roman. Il y est présent dès le début et deviendra en quelque sorte un symbole de connaissance et d’éternité… La couverture du livre est d’ailleurs principalement dans les tons de mauve. Je n’ai donc pas trop peur que les lecteurs s’attendent à un livre sentimental, car l’illustration est assez explicite pour qu’on se rende compte du type de livre dont il s’agit : deux enfants, dans un monde fantsatique, où le mauve a une place prédominante. C’est le côté aventure qui ressortira donc principalement de la couverture…

 

Clarène se positionne dans un univers qu'elle connaît parfaitement, dans un lectorat qui lui ressemble (quoique le thème m'interpelle et me donne envie...). Une couverture qui interpelle, une démarche complètement assumée malgré le jeune âge de l'auteur ! Bravo et beaucoup de succès !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans interview

Partager cet article
Repost0

Lorsqu'un conte de Bob Boutique se rebiffe, ça donne... les dix petites négresses !

Publié le par christine brunet /aloys

 

Bob Boutique... Je me souviens le jour où, juste après la signature de mon premier contrat chez Chloé des lys, il m'a contactée pour son interview... Très intimidée, à l'époque, j'assistais, médusée voire apeurée ou suffoquée (tout dépend des moments) à ses interventions sur le forum, par exemple.

 Et puis, j'ai décidé de créer le blog passion créatrice et ma première idée a été de lui demander de répondre, à son tour, à quelques questions. Mais j'ai mis des semaines avant d'en avoir le courage... et le résultat a été un jeu rapide et mordant que j'ai eu bien du mal à maîtriser... parce que Bob est du genre "immaîtrisable" ! Vous lui posez une question, et il vous renvoie un interview quasi bouclé ! Et cette fois n'a pas fait exception !

Avec certains d'entre vous, (les auteurs concernés se reconnaîtront), j'ai du mal à obtenir les infos que je cherche... Pas simple de décortiquer son écriture, j'en suis consciente... Pour Bob, ça va de soi... Une facilité qu'on retrouve dans ses réponses...

Les années passent... Pas trop, quand même et voilà Bob avec un nouveau bouquin, différent des deux précédents, plus... enfin, faudra le lire pour comprendre !

 http://www.bandbsa.be/contes3/10negresses.jpg 

 

 

 

Bon, je commence, alors... Dis, Bob, c’est curieux...  On s’attendait à te voir publier un « Contes Bizarres III » et voilà que tu nous sors un roman « Les 10 petites négresses » ! 

C’est une erreur !  J’étais effectivement en train d’écrire un troisième recueil de contes bizarres et me lançait dans une cinquième nouvelle, lorsque celle-ci  s’est rebiffée…

 

Rebiffée ?

Tout à fait. Normalement mes contes font, grosso modo, une  trentaine de pages, après quoi j’en arrive tout naturellement au fameux  « et arriva ce qui devait arriver » suivi de la chute. Un processus bien huilé dont je ne suis absolument pas responsable, car tout cela se trame dans ma tête sans que j’aie le moindre mot à dire…  un matin vers sept heures je commence à écrire, sans trop savoir où je vais, je tape sur les touches, je tape, je tape , l’histoire se développe sans que j’en connaisse la fin, pas de plan, pas de notes, rien… et trente A4 plus loin, ben…  c’est fini.


Et pour Les petites négresses ce ne l’était pas ?

Exactement, j’arrivais plus à terminer ! Chaque fois que j’achevais un paragraphe, un autre se profilait… faut dire que c’est un peu particulier.(ça, je confirme !!!!)

Dans ce conte devenu un roman, je mets en place des personnages qui ressemblent quand même très fort à des amies que nous connaissons toi et moi et ça, ça m’ amusait, tu peux pas savoir… ( oh, mais je m'en doute !!!) Je crois que j’ai rigolé du début jusqu’ à la fin…

 

Et comme en plus tu les as dessinés, le doute n’est plus possible ! D'ailleurs l'une de tes négresses me ressemblerait que ça ne m'étonnerait pas... Je me trompe ?

Bah, tu connais l’ expression… toute ressemblance avec des personnages existants etc…

 

… Est difficile à prouver, c’est ce que tu as mis dans ta préface, hein !

Pour le cas où.  Je dois admettre à ma grande honte ( mais aussi à ma grande jubilation) que je ne les ai pas favorisées. Mais bon… je les adore et elles ont toutes beaucoup d’humour. Enfin, je l’espère.

 

Comment as-tu choisi tes têtes de turc, comme ça à pouf ?

Si je me moque de quelqu’un, c’est que j’ai de l’admiration ou même du sentiment pour lui. Il me viendrait jamais à l’idée de ridiculiser une personne qui m’est indifférente (perte de temps) ou que je déteste. Dans ce dernier cas, je vais  la trouver et lui mets un coup de boule. Et, croyez-moi, ce n’est pas une figure de style. Ici, je me suis limité à dix, mais j’aurais pu en ajouter encore l’une ou l’autre.

 

Pas peur des retours de bâton ?

Ben quand on ouvre une porte, faut s’attendre à ce qu’elle se referme… parfois même en coup de vent. Je sais là contre, comme dit à Bruxelles.

 

Toi qui as pas mal baroudé, tu connais l’endroit où l’histoire se passe ? On peut expliciter ?

Oui, je connais. Tout comme toi, je suis incapable de parler d’une région sans y avoir été… Poussin, Juju  et moi avons traîné nos godasses dans le coin. Tout est vrai et vérifié, garanti sur facture.

 

Pourquoi ce titre qui évoque évidemment Agatha Christie ? Tu venais de le relire ?

Non. Mais c’est un policier qui m’a marqué à l’époque. D’ailleurs, je l’explique dans le bouquin… Pour moi « Les 10 petits nègres » est une espèce de modèle du genre. Une histoire qui vous scotche et vous énerve tout autant, car on n’arrive pas à trouver la clé, sauf à la fin lorsque… enfin, je vous laisse lire, je ne vais pas déflorer le sujet, même s’il a été pas mal copié depuis.

En plus, on y trouve les trois grands classiques du théâtre appliqués à  la littérature policière : l’unité de lieu,- ici c’est une espèce de huis-clos -, de temps, - neuf jours-, et d’action : une mécanique qui fonctionne comme une horloge avec les douze coups de minuit.

 

Tu as donc dû faire un plan ?

A postériori. Le premier jet s’est fait en quinze jours… puis j’ai dû relire et relire, pour gommer toutes les invraisemblances et mettre les rouages au bon endroit.

 

Il y avait des couacs ?

Oui, surtout dans la répartition du temps et dans la désignation des personnages… chaque négresse a en effet son nom de carte d’identité et le surnom qu’elles se donnent entre elles. Là, il fallait pas que je m’emmêle les pinceaux. C’est pour ça que je les ai dessinées… afin que le lecteur les visualise et ne les confonde pas lorsqu’elles parlent entre elles ou bougent dans un même espace…

 

Une sorte de Cluedo en fin de compte ?

Tout à fait ! Qui a tué Miss Scarlet ou le professeur Plum ? Est-ce le colonel Moutarde ou le révérend Green ? On distribue les cartes et on tente de percer le mystère.

 

Sauf que dans les « 10 petites négresses »…

On n’en parle pas !!! Par pitié. L’ histoire est ce qu’elle est, mais la solution finale est, je crois, très particulière et je supplie ceux qui auront lu le bouquin de ne surtout rien révéler, je dirais même de ne pas faire de commentaire, car dans ces pages TOUT compte : le moindre mot, le plus petit détail…

 

Là, je confirme !!!! Dis, un truc me chiffonne... Chloe des Lys n’a pas fait d’ennuis pour accepter ce manuscrit ?  Les clés y sont quand même grosses comme des serrures de portail et  les négresses, qui se reconnaîtront, chargées à mort, non ?

Non, je crois que CDL a la chance d’avoir un comité de lecture d’une qualité et d’une intelligence hors du commun. Et je ne dis pas ça pour les flatter… d’ailleurs ils m’ont refusé le premier manuscrit !

 

Ah bon ?

Oui, pas pour le sujet qui je crois leur a plu, mais pour mes innombrables fautes d’orthographe ! Plus d’une par page et il y en a cent cinquante ! Je pourrais te montrer leur avis circonstancié : c’est oui, à la condition expresse que je leur propose un nouveau manuscrit corrigé ! Heureusement que j’ai trouvé une bonne poire bien blête, prête à tomber de l’arbre, pour revisiter mes textes et apporter les corrections… j’imagine d’ici les profonds soupirs qu’elle a du exhaler tout au long de son calvaire. Une sainte… c’est la même qui a fait cette splendide couverture qui donne le tournis. Vous la reconnaîtrez.

 

Passons. Donc pas de résumé de l’histoire ?

Surtout pas.

 

Et les autres contes déjà écrits avant que ce cinquième ne dérape ?

Ils seront repris dans un « Contes Bizarres III » que j’espère publier début 2014, si le comité de lecture l’accepte.

 

Toute dernière question, si tu veux bien... Tu as un style très particulier : à certains moments (pas si rares d'ailleurs), ton texte est poétique, très imagé. A d'autres, il est très parlé. Est-ce que cette ambivalence est un reflet de ta personnalité ( et est donc inné), ou est-ce que cette multiplicité de styles est là pour réveiller le lecteur, ou booster le texte ?

 

En tous les cas, il n'y a  rien de préparé ni de volontaire, je suppose donc que c'est inné. En fait,  je n'écris pas mais "raconte" des histoires et je le fais comme si nous étions toi et moi dans un resto ou à la maison à bavarder tranquillement. Je t'explique, je fais de grands gestes, je suppose que je dois tirer des mimiques pas possible, j'imite les voix de mes personnages et parfois même je crie ! C'est une sorte de one man show et je suppose qu'inconsciemment j'en ajoute un peu pour créer l'ambiance et maintenir le suspense.

Après y'a plus qu'à retranscrire...

Dans chaque village de France et de Navarre, tu trouveras un conteur capable de captiver son public de cette façon, sans l'avoir appris. C'est comme ça !

 

Peut-être, oui... Il est vrai que "Les dix petites négresses" tiennent autant du thriller, je dirais, que du conte. En tout cas, les personnages qui s'y cotoient sont plus vrais que nature ! 

Je n'en dirai pas plus, même sous la torture, juré Bob! Mais j'ai hâte que le livre sorte pour le tenir entre les mains et vous livrer une fiche de lecture pas piquée des hannetons !!!! Ma vengeance à moi...

 

Vous le savez tous, mais je vous rappelle que tout l'univers de Bob se retrouve dans ses deux précédents opus (Contes bizarres 1 et 2) et, bien évidemment, sur son site, www.bandbsa.be/contes.htm.

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

 

 

 

 

 

Publié dans interview

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>