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interview

Christine Brunet interviewe Cathie Louvet...

Publié le par christine brunet /aloys

Cathie Louvet... Un nom qui nous dit bien évidemment quelque chose sur ce blog ! Elle participe à notre revue "Les petits papiers de Chloé" depuis peu. Elle est blogueuse : "legere imaginare perigrinare", c'est elle. Elle écrit également : j'ai publié sur aloys la chronique de roman roman historique "De glace et de feu". Des activités et des passions multiples... Une interview s'imposait... Forcément !

 

Tu veux bien te présenter, stp ? 

Tout d'abord, un grand merci à toi Christine de me « recevoir » et pour ton intérêt pour mon bouquin et mon activité d'écrivain.

Si je devais me présenter, je dirais que je suis avant tout une très grande passionnée de lecture et de littérature. J'ai commencé à lire de manière quasi compulsive dès l'âge de 8 ans. Et devinez quelles étaient mes lectures préférées ?? Je vous le donne en mille...Toute la série des « Alice » et des « Soeurs Parker », « Le club des cinq », « Les six compagnons ». J'étais déjà attirée par les histoires de mystère et d'enquêtes...

Après des études de Lettres Modernes et d'histoire, j'ai enseigné en lycée pro et collèges, mais j'ai rendu mon tablier il y a quelques années pour me consacrer à mes activités littéraires. Je me considère avant tout comme écrivain, même si pour l'instant je traverse une période de désert en matière de création littéraire...

 

 

Comment te qualifierais-tu ? blogueuse compulsive, lectrice compulsive, les deux ? 

Indéniablement lectrice compulsive...Mon rêve absolu : hiverner de la Toussaint jusqu'à Pâques avec une montagne de livres à lire et de la nourriture, of course...

Je ne pense pas être une blogueuse compulsive, même si je consacre beaucoup de temps à rédiger et publier mes articles.

 

Qu'est-ce qui t'a décidé à créer un blog littéraire ? Un déclencheur ? tes motivations ? 

En réalité, je ne sais pas trop mais je vais essayer de retracer la genèse de ce projet:)  A l'époque, il y a trois ans, ma fille aînée tenait un blog consacré au maquillage et à tout ce qui touche à l'esthétique. Je me suis intéressée à son activité et un jour je lui ai demandé si c'était compliqué de créer un blog. Je pense que l'idée de partager mes lectures avec d'autres passionnés faisait son trou depuis un bon moment dans un coin de mon esprit.

Avec son aide, j'ai alors créé mon premier blog qui n'avait rien de très abouti ; les articles étaient très succincts et, à l'époque, je ne détaillais pas. Mais quand j'ai vu que ça marchait plutôt pas mal, j'ai eu envie de passer à autre chose, car je me suis découvert une nouvelle passion : écrire des chroniques de livres.

J'ai donc créé mon blog WP en septembre 2016, avec pour motivation de partager mes lectures mais aussi de donner aux lecteurs un plus : les coulisses des livres lus en parlant des personnages, des lieux, de la structure de tel ou tel roman, l'auteur, etc...Plus j'écrivais d'articles, plus j'avais de retours positifs, plus j'ai eu envie de « professionnaliser » mon activité.

 

Généralement, les blogueurs se canalisent sur un seul aspect du sujet traité... Policiers, thriller, sf, etc. Toi, tu as choisi de traiter le genre policier dans son ensemble et tu vas plus loin en proposant des articles sur des affaires qui ont, par le passé, défrayé la chronique. Pourquoi ?

Ahhh, la bonne question...:) Parce que le genre policier recouvre de nombreux sous-genres, tout aussi passionnants les uns que les autres ; même remarque pour le genre appelé « thriller » ; aussi parce que je considère que les littératures policières occupent une très grande place dans le monde littéraire et donnent lieu à de nombreux romans de très grande qualité. A mon sens, écrire une bonne intrigue policière ou un bon scénario de thriller requiert de véritables qualités littéraires. Tout comme le comique au cinéma, écrire un polar ou un thriller est un exercice bien plus complexe qu'on le croit.

Je suis également passionnée par l'Histoire et j'ai eu envie d'écrire des articles sur l'histoire du genre( série bien loin d'être achevée), comprendre pourquoi et comment sont nées les littératures policières. Dis-moi ce qu tu lis, je te dirai qui tu es...en quelque sorte. Il est très éclairant de se pencher sur les goûts littéraires d'une époque ou d'une société ; on en apprend beaucoup...

L'idée d'écrire des articles sur des affaires criminelles célèbres m'est venue assez récemment, au cours d'une visite à la médiathèque de Rennes. Je suis tombée sur le rayon «  criminologie » et là je me suis dit que, vu l'engouement du public pour les polars et les thrillers, ça pourrait intéresser mes lecteurs. J'ai à ce propos d'autres projets de séries pour les mois à venir. J'ai même envisager de créer u autre blog uniquement consacré à cet aspect de mon activité...On verra ça plus tard (Rires)

 

 

Tu n'es pas seulement à la barre de ton blog... Tu collabores également à d'autres blogs ! Quels sont-ils ? Comment les choisis-tu... Et tu prends le temps où ?

Ma collaboration à d'autres blogs s'est faite d'une manière fortuite. Ça a d'abord été Zonelivre, site sur lequel je ne publie que mes chroniques de polars et de thrillers, ainsi que celles concernant les romans scandinaves. Grâce à ce site, j'ai pu nouer des contacts avec des éditeurs et des écrivains, participer à la grande aventure de la littérature...(Sourire)

Je publie également des articles sur Collectif Polar, essentiellement ceux concernant les grandes affaires criminelles ou la police scientifique. J'ai choisi  ces deux sites parce qu'ils s'intéressent au même thème que le mien ; je voulais aussi, par ce biais, m'ouvrir à la blogosphère, avoir des contacts avec d'autres passionnés et d'autres blogueurs, car j'ai conscience que j'exerce une activité très solitaire.

Je publie également sur le site Les Yeux Fertiles et SherlockStLouisetCie ; ce sont eux qui m'ont sollicitée et j'avais envie de tenter cette aventure de faire vivre un autre blog que le mien, ce qui, en réalité, ne me demande pas tant de boulot que ça étant donne que je publie des articles que j'ai écrits pour mon propre blog.

Depuis septembre dernier, je suis également chroniqueuse pour la plateforme SimplementPro dédiée aux auteurs auto-édités, activité que j'apprécie beaucoup car cela me permet d'aider et de conseiller de jeunes auteurs ( activité à l'origine du projet dont je te parlerai dans la 7e question).

Avec Sherlock et cie, c'est un peu différent : c'est un site sur lequel j'ai un espace réservé pour des rubriques plus en rapport avec ma passion pour l'histoire. J'ai par exemple le projet d'écrire une série sur des hommes d'église célèbres ou pas, ayant vécu à différentes périodes du Moyen-Age. J'y ai également un espace professionnel pour un autre projet dont je vais te parler à la question suivante.

 

 

Parce qu'en plus tu es écrivain... Explose-nous ton univers, stp... Du policier ? Parle-nous de ton bouquin... 

Mon univers d'écrivain n'a aucun rapport avec les littératures policières. Il s'agit de romans historiques. En fait, quand j'ai commencé à écrire, je voulais allier ma passion pour la littérature avec ma passion pour l'histoire. J'avais envie de raconter des événements s'étant déroulé dans le passé mais sous forme romancée, d'une part pour que la lecture en soit plus agréable qu'un essai, d'autre part pour toucher un public plus vaste.

« De Glace et de Feu » est né de mon errance dans le fonds normand de la médiathèque de Saint-Lô, dans la Manche, où je vivais à cette époque. Je suis très curieuse de nature et après avoir parcouru différents ouvrages sur la naissance du duché de Normandie, l'idée m'est venue d'en raconter l'histoire. Mais très vite, mon projet littéraire est devenu plus ambitieux : fascinée par la civilisation viking très peu ou très mal connue, j'ai eu envie de raconter leur saga en restant le plus près possible de la réalité avérée. Me rendant compte qu'une partie de leur histoire chevauchait l'histoire de l'empire carolingien, j'ai imbriqué les deux histoires en une seule. Et voilà !!

Ce projet m'a demandé presque six années de recherches, car je voulais reconstituer la vie de ces gens et les événements historiques au plus près possible de la réalité. Je voulais raconter l'Histoire tout en racontant l'histoire de personnages fictifs qui auraient pu exister tels que je les ai décrits. Le second tome est en cours de rédaction finale depuis deux ans ; quant au troisième, il est en chantier...

 

Des projets ? Des envies ? 

Oui, toujours...Mon cerveau turbine à fond , j'ai d'ailleurs beaucoup de mal à le suivre (rires)

J'ai un projet qui me tient particulièrement à cœur : la création d'un cabinet d'accompagnement littéraire prposant différents services : correction complète de manuscrit ; fiche de lecture pour permettre à un auteur d'améliorer son manuscrit ; expertise ; conseils d'écriture ; mais aussi recherches pour des écrivains qui n'en ont pas le temps ou pas l'envie.

Je voudrais également professionnaliser mon activité de critique littéraire soit en proposant mes articles à diverses revues, soit en animant une émission radio, etc.

Mes envies : trouver un autre éditeur qui prenne mon travail plus au sérieux  que Publibook qui a publié le premier tome, structure qui ne propose pas grand chose pour m'aider à promouvoir mon livre. J'avoue être dans une phase de découragement et ne plus trop m'en occuper actuellement, ce qui m'attriste car je voudrais vraiment que mon activité d'écrivain débouche sur une certaine reconnaissance, moteur pour moi indispensable à la création littéraire. J'ai pourtant des projets de romans, mais pour l'instant l'étincelle n'est plus là...

 

 

Merci beaucoup pour le temps accordé !!!

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans présentations, interview

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Interview de Marie-Noëlle FARGIER par « Secrets de Polichinelle »

Publié le par christine brunet /aloys

Interview de Marie-Noëlle FARGIER par « Secrets de Polichinelle »
Interview de Marie-Noëlle FARGIER par « Secrets de Polichinelle »

 

Interview par « Secrets de Polichinelle »


 

Les titres de ses romans attisent la curiosité, il était donc temps de rencontrer Marie-Noëlle Fargier...


 

1) Peux-tu nous expliquer ce qu'est une "bukinê" et un "camaret" (Je connais "Les filles de Camaret", mais bon...) ?...

- Une "bukinê" est un mot d'origine grecque qui signifie une coquille de poisson, utilisée comme moyen de communication par les bergers (comme un sifflet). J'ai gardé ce moyen de communication dans mon roman. Dans mon histoire, la bukinê est le seul échange que peuvent avoir trois soeurs que la loi a séparées. Je voulais également traduire le son dans mon titre. Le son qui a une grande importance, d'une part pour la traversée du temps, "La bukinê d'Anna" se situe plus de mille ans avant Jésus-Christ, d'autre part, un de mes personnages principaux est musicienne. On retrouve la bukinê dans "Le Camaret d'Achille" (suite de "La bukinê d'Anna"). Cet objet est toujours là, retrouvé au pied d'une chibotte au 19ème siecle par une famille de Vals composée, elle aussi, de trois soeurs. Une rencontre va conduire l'une d'entre elles à vivre à Arlempdes, plus précisément dans un lieu-dit très proche de ce village "Le Camaret". Voilà pour répondre à ta question (eh oui, il y a plusieurs "Camaret" !)

2) "La bukinê d'Anna" est ton premier roman... tu viens de sortir un second, "Le Camaret d'Achille",... ils ont donc un lien...

- Comme je viens de le dire, un des liens est la bukinê, cet objet étrange qui a défié le temps (on voit bien que c'est une fiction !). D'autre part, on retrouve ces trois soeurs avec des noms différents mais des traits psychologiques identiques. D'une certaine façon, l'environnement, l'évolution, etc. auront-ils la mainmise sur leur comportement ou vont-elles garder ce qui fait leur différence, leur originalité, leur individualité ? Un autre lien capital est l'intrigue qui se déroule tout au long du roman. Des destins se croisent mais est-ce vraiment un hasard ? Des lieux se ressemblent (le Crouzas appelé la Cité d'Hélios dans "La bukinê d'Anna" et le Camp d'Antoune qui surplombe Arlempdes), des rêves étranges ou des visions, mais est-ce vraiment le hasard ? Sans quoi "Le Camaret d'Achille" peut être lu sans sa grande soeur "La bukinê d'Anna". Le changement d'époque, etc. m'a donné cette liberté.

3) "La bukinê d'Anna" est une réflexion sur la nature humaine... un roman qui frôle le fantastique, donc il est légitime de prendre une certaine liberté avec la réalité...

- Oui, "La bukinê d'Anna" est une réflexion sur la nature humaine. Je trouve intéressant de l'observer dans ce qu'on appelle "son évolution" et avec toujours les mêmes questionnements, quelle que soit l'époque. Cette nature humaine fidèle à la pyramide de Maslow où parfois les besoins sont perturbés et renversent la pyramide. C'est peut-être là le côté "fantastique" de mes romans. J'utilise le rêve, l'illusion pour les cartésiens et le reste au bon vouloir du lecteur. Mon roman "La bukinê d'Anna" a été dénoncé parce que, à l'instar d'Albert Boudon Lashermes, j'ai fait des chibottes un lieu d'habitation. Quelle impertinence ! Je ris, car oui, je suis romancière...

4) Déjà de nouveaux projets ?...

- Si les Dieux le veulent... oui, la suite va voir le jour avec encore plus de liberté puisque le côté fantastique va prédominer. Un conte pour enfants est en cours...

5) Sur une île déserte, quels sont les 7 (chiffre magique) livres que tu emporterais ?...

- Si j'étais sur une île déserte, j'amènerais Troyat (j'adore son univers), Baudelaire, Verlaine pour la musique de leurs mots. Zola pour me rappeler que la vie en société n'est pas si rose et une île déserte n'est pas si mal, un livre de photos avec des paysages, la faune, la flore et les grandes oeuvres humaines d'architectes, de peintres, etc. pour ne pas oublier que l'homme peut être extraordinaire. Et puis un livre de chansons pour continuer à chanter et enfin un livre aux pages blanches pour écrire. Pour le chiffre 7, j'aime la magie 

 

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Une interview de Christine Brunet pour "Les secrets de Polichinelle"

Publié le par christine brunet /aloys

Si l'année 2017 a été fort chargée pour Christine Brunet, l'année 2018 ne s'annonce pas moins riche en activités diverses pour l'auteure/présentatrice...


1) L'année 2017 s'est terminée avec une "grande dis" pour toi... Le blog "Legere/Imaginare/Peregrinare" (Cathie Louvet) place ton roman "Convergences" en deuxième position dans le classement des thrillers d l'année... et Bob Boutique obtient la troisième place avec "2401"...
- Petite erreur de classement : Bob deuxième avec "2401" et moi, troisième avec "Convergences"... Super cool. Cathie Louvet, c'est une super blogueuse très impliquée auprès des auteurs, une passionnée qui chronique également pour "Zonelivres", etc. etc. et... qui est également auteure !


2) Ainsi Actu-Tv change sa programmation... 3 émissions tous les deux mois ! En qualité de présentatrice, c'est un surcroît de travail, non ?...
- ... Oui et non... Moins de raccords mais je dois être plus dispo. Pas grave, c'est toujours du plaisir et de la découverte ! Et puis l'émission va être plus dynamique et ça, c'est bien !


3) Tu sors des romans à une cadence infernale, comment fais-tu ?...
- ... Infernale ? Non... Un par an... Certains auteurs de thrillers en sortent deux comme Chattam par exemple. J'en sors un lorsqu'il est prêt, lorsque j'en suis "contente". Je suis chanceuse, mes lecteurs sont toujours à l'affût. Pour le prochain, ce pourra être début 2019... ou fin 2018 pour Noël si j'y arrive. Mais je ne veux pas me mettre la pression : pas question de bâcler mon bouquin !


4) Que prépares-tu en ce moment ?...
- Deux thrillers... Voilà pourquoi ça prend plus de temps... L'un avec mon héroïne légiste et l'autre avec Axelle. Et puis, j'ai une autre idée... Mais là...


5) Sur une île déserte, quels sont les 7 (chiffre magique) livres que btu emporterais ?...
- "Le Comte de Monte-Cristo" et "Les Trois Mousquetaires" d'A. Dumas, "Le bouchon de cristal" de M. Leblanc, "L'eau des collines" de M. Pagnol, "Le Seigneur des Anneaux" de Tolkien, "Chaos" de B. Boutique, "Dracula" de B. Stoker. Mais je demanderais une petite rallonge... 7 livres, c'est peu !

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ACTU-tv entame sa huitième année ! Bob Boutique fait le point. Une interview de Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

ACTU-tv entame sa huitième année !  Bob Boutique fait le point.    Une interview de Christine Brunet

 

ACTU-tv entame sa huitième année ! le site

Bob Boutique fait le point.

 

Une interview de Christine Brunet

 

C- Huit ans déjà ! A dix on organise une grande fête ?

 

B- Ce n’est pas exclu, surtout que d’ici là, sur le plan privé, pas mal de choses auront évolué et changé en bien en ce qui me concerne. J’y songe.

 

C- Au fond tu es un indécrottable optimiste ?

 

B- Vrai, j’ajouterais même à la limite de la naïveté. Je ne me demande jamais si ce qu’on entreprend va réussir. Dans mon esprit c’est garanti, à condition de bosser bien sûr. Il faut prendre « réussir » entre guillemets of course, mais monter quelques gradins de l’échelle me suffit. En fait je commence à me poser des questions que lorsque j’ai l’impression qu’on fait du sur place, qu’on pédale dans la choucroute.

 

C- Ben 2017 s’est bien passé dans l’ensemble ?

 

B- Oui sans conteste. On est passé sur YouTube, on a trouvé de nouveaux chroniqueurs de marque comme Marc Quaghebeur, Richard Miller ou Sylvie Godefroid… On a récupéré la petite Anne-Sophie Malice et surtout, surtout, on a confirmé les piliers de l’émission comme Edmée De Xhavée et Carine-Laure Desguin qui commencent même à devenir de vraies pros ! Sans t’oublier toi Christine… mon avis : tu as réussi à trouver et imposer ton style, tu es devenue l’image indispensable de l’émission et… bon je ne vais pas en rajouter. Je te connais tu vas supprimer des phrases !

 

C- Hummm... Et puis on a fait des essais, des tentatives…

 

B- On n’arrête pas ! Parfois ça ne convainc pas vraiment comme « ça passe ou ça casse », « Le Concombre Masqué » ou nos séquences sur la littérature flamande qui ont connu peu d’écho… je le regrette. On y reviendra… et parfois ça marche là où on ne s’y attendait pas. Je songe à nos clips musicaux par exemple.

 

C- Tu parles des compositions originales d’Aurélien Belle, Michel Azaïs, Fabienne Coppens etc…

 

B- Oui, même si ces vidéos ne sont pas encore tout à fait au point. Le clip est une formule qu’on ne domine pas encore, notamment au niveau du lipping (la synchronisation parfaite entre le mouvement des lèvres du chanteur et les images). Mais je parie qu’on va y arriver cette année, tout s’ apprend et on est très têtus.

 

C- Surtout toi ! Pourquoi cette idée de créer des clips ?

 

B- Parce qu’on a toujours cherché à renvoyer l’ascenseur. Beaucoup d’artistes acceptent qu’on diffuse leurs musiques gratuitement et méritent donc qu’on les aide en retour. Un clip, ça coûte une fortune à la réalisation, plusieurs milliers d’euros ! Je ne parle pas d’une vidéo filmée à la sauvette sur une scène. Ca, n’importe qui peut le faire avec un téléphone. C’est très souvent mauvais et perso je trouve que ça nuit plus à l’interprète qu’autre chose… non je parle ici d’une vraie réalisation de film, avec un scénario, une ambiance etc… c’est super amusant à créer mais ça prend un temps fou… à tourner et encore plus à monter.

 

C- Et les exposés quasi pédagogiques de Marc Quaghebeur sur la littérature belge ?

 

B- Nous en sommes très fiers ! Non seulement ces conférences de niveau universitaire sont remarquables mais utiles et cadrent parfaitement avec la niche de téléspectateurs dans laquelle nous nous sommes installés. Celles et ceux qui s’intéressent à la littérature et ce que nous appelons les arts associés… peinture, bédé, médias… la culture quoi. Avec un petit « c », on se méfie de l’autre.

 

C- Et le Polichinelle ?

 

B- C’est un personnage que nous avons créé pour 2018 et qui prend rapidement de l’ampleur. Il sait tout sur tout et on ne sait pas comment ? On verra comment il évolue mais je suis assez confiant. C’était une bonne idée.

 

C- Je le crois aussi ! Parlons un peu de ces « visionneurs », comment se caractérisent-ils ?

 

B- En chiffres, on approche des 300.000 vues sur YouTube auxquels il faut ajouter les milliers de visiteurs de notre site et de tous les autres blogs de plus en plus nombreux qui acceptent de nous relayer, comme Aloys en première loge. C’est beaucoup et en même temps peu si on songe qu’un buzz même insignifiant peu totaliser un million de vues sur internet. Mais on parle d’autres contenus et puis notre chiffre progresse tout le temps, lentement, sûrement. Nous, on croit à la durée et puis par défaut… qu'est-ce qu'il y aurait sur ce plan si on n’était pas là ? Rien ou presque.

 

C- Vous savez qui sont ces téléspectateurs ?

 

B- En gros, selon nos dernières statistiques, 42% de belges, 38% de français (en hausse constante) et le reste divers ou indéterminés. 72% d’hommes ??? Je trouve ça étrange mais c’est comme ça ?

 

C- Bizarre, en effet ! En gros, qu’est-ce qui a changé depuis les débuts et qu’est-ce qui va changer en 2018 ?

 

B- Le point le plus marquant : la facilité que nous avons aujourd’hui de contacter les acteurs culturels. Il y a cinq ans, il nous fallait des mois pour obtenir l’accord d’un écrivain connu ou d’un responsable audiovisuel. Aujourd’hui, on commence à avoir un carnet d’adresses intéressant et puis on connaît de plus en plus de monde ce qui facilite grandement les contacts.

 

C- On vous prend au sérieux ?

 

B- On peut le dire comme ça. Je crois surtout que le petit monde littéraire belge (en France on ne représente pas encore grand-chose) a compris qu’on faisait de notre mieux pour être professionnel et aussi que nous sommes impertinents (parfois) mais justes. On n’a qu’une parole, on peut nous faire confiance, on tient nos engagements et tous les membres de l’équipe ne parlent que d’une seule voix.

 

C- Jamais eu de disputes ?

 

B- Non jamais. Une seule défection en huit ans avec un ami qui reste un ami mais n’a pas réussi à s’intégrer. Le principe est simple, chacun (bénévole rappelons-le au passage) entre et sort librement comme il veut et quand il veut. On se critique parfois (tu en sais quelque chose) mais toujours dans un sens positif, pour mieux faire et à la longue ça nous améliore.

Sur 1020 reportages, trois seulement ont posé problème car l’interviewé voulait modifier des choses ce que nous avons toujours refusé… et quand on entre tête baissée dans un problème qui agite le petit monde culturel, on veille toujours à présenter les versions des diverses parties.

 

C- Pas de politique ?

 

B- Sûrement pas, ni politique ni religion. Je t’avoue même que j’ignore les opinions politiques des membres de l’équipe et c’est très bien comme ça.

 

C- Des améliorations techiques ?

 

B- Oui, on travaille depuis 2017 avec des fonds d’écran, on multiplie les jingles et surtout (mais ça c’est vrai depuis cinq ans) on est passé à la haute définition. J’aimerais bien passer à un logiciel de montage plus pro mais il faudrait le temps de s’y consacrer et d’apprendre… je croise les doigts.

 

C- Il y a enfin un changement de programmation ?

 

B- Oui, on a décidé de passer d’une émission d’une heure et demie par mois, à trois émissions d’une heure tous les deux mois. Ca fait longtemps qu’on y pensait sans arriver à se décider, car ça remettait l’organisation en cause… mais réflexion faite, ce sera une bonne chose. On collera mieux à l’actualité et l’ensemble sera plus dynamique, du moins on l’espère. On va écourter également tes interventions entre chaque séquence, ça fait des années que tu le demandes. Tu vois, à force de taper sur le clou…

 

C- Une dernière chose : beaucoup d’auteurs nous demandent ce qu’ils ou elles doivent faire pour passer dans l’émission ?

 

B- Là notre réponse est claire et précise : RIEN. C’est nous, en fait un comité de programmation, qui prenons contact avec les acteurs qui nous intéressent ou ont réussi à attirer notre attention. Que chacun continue évidemment à essayer d’exister comme à se mettre dans la lumière, c’est non seulement de bonne guerre mais nécessaire, on appelle ça une ambition positive, mais il est inutile de nous envoyer 36 mails ou de nous engueuler… le comité analyse, s’informe et prend ensuite l’initiative.

 

C- Avec un avantage pour les auteurs de Chloe des Lys ?

 

B- Non, même si Laurent Dumortier nous aide et nous suit depuis la première heure. On reconnaîtra plus souvent des écrivains de cet éditeur parce qu’ils composent une partie importante de nos amis et amis de nos amis mais sans autre raison. D’ailleurs nous ne cessons de parler des autres maisons d’édition, petites, moyennes ou grandes…

 

C- Bien compris. On se revoit en 2019 ?

 

B- Je ne te répondrai pas « si dieu le veut » car je ne suis pas croyant, mais oui, si « le ciel ne nous tombe pas sur la tête. »

MERCI Bob !!!

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Interview à bâtons rompus avec Alice Masson... France Net Infos... Mais de quoi s'agit-il ?

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

 

 

J'ai rencontré au 26e Carré des Ecrivains Marseillais Alice Masson, stylo et carnet à la main, le regard rivé sur les bouquins puis sur les auteurs... Conversation engagée, j'apprends qu'elle intervient pour un journal d'info qui publie sur le NET, FRANCE NET INFOS. 

 

Je dois avouer que je ne connaissais pas... Elle ne me connaissait pas non plus, voilà qui tombait à pic ! Quelques échanges plus tard, cette interview est née... 

 

France Net Infos... Il s'agit donc d'un média en ligne mais encore ? Effectivement, c'est un web journal qui propose des articles par secteur géographique et par thèmes (sport, culture, beauté, voyage, etc...).

 

Sa date de création ? 

Le journal a été créé en 2000, c'est une association à but non lucratif.

 

Créé par qui ? Par Mikaël Buffard qui est le rédacteur en chef.

 

Créé dans quel but ? Pourquoi ce support "web" ? Mikaël est un passionné d'information et de journalisme, il a su fédérer autour de lui d'autres passionnés, chacun dans sa branche, qui relaient des informations dans de nombreux domaines.

 

Une idée du nombre d'intervenants ? Nous sommes 80 rédacteurs.

 

Wouah ! La zone géographique touchée ? Toute la France.

 

Fantastique ! Une idée de la portée de votre média ? Notre site a compté 100 000 visites pour 2017 (et ce n'est pas encore la fin de l'année !, un record...).  

 

C'est clair ! Pourriez-vous me parler de l'équipe ? De vous ? Votre rôle, votre démarche...
 
Nous travaillons de manière très autonome, l'équipe est constituée de bénévoles qui peuvent s'emparer des sujets qu'ils veulent dans la mesure où il y a une information à transmettre bien évidemment. Vous pouvez lire mes chroniques ici :
 
 
Pour ma part, j'ai vu une annonce sur le net disant que FranceNetInfos recherchait des rédacteurs, j'ai postulé et j'ai été admise. C'était fin 2012 et mon projet était de couvrir l'événement Marseille capitale européenne de la culture 2013. J'ai commencé comme ça et puis j'ai continué. A ce jour, j'ai publié plus de 650 articles sur de très nombreux sujet, surtout sur les événements concernant Marseille et les alentours. Dès la création de la rédaction Littérature, j'ai intégré l'équipe pour publier des chroniques littéraires.
Je suis passionnée par la lecture et l'écriture. Travailler dans cette rédaction me permet de recevoir des livres de la part des services de presse, d'échanger avec les auteurs par mail ou sur FB (dernièrement j'ai eu un très bel échange avec l'auteur Gilbert Sinoué qui m'a dit que mon article sur son dernier roman l'avait beaucoup touché), ces marques d'intérêt sur mon travail sont très importantes pour moi. Certains auteurs m'envoient leurs livres à mesure qu'ils sortent parce qu'ils savent que j'aurai une lecture attentive et bienveillante sur eux. Je suis très attentive à ne pas froisser les auteurs car je sais le travail colossal que demande l'écriture d'un livre et je le respecte.
J'essaie dans la mesure du possible d'aiguiller les lecteurs sur tel ou tel ouvrage selon leurs goûts pour qu'ils ne soient pas déçus, je ne sur-vends pas, j'essaie d'être objective tout en expliquant les émotions que m'ont procuré la lecture de l'ouvrage en question.

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Un interview de Jean-François Foulon signé Jean-David Herschel pour la revue ONUPHRIUS

Publié le par christine brunet /aloys

Un interview de Jean-François Foulon signé Jean-David Herschel pour la revue ONUPHRIUS

 

Conversation avec Jean-François Foulon

Posted on  Revue n°7

http://onuphrius.fr/conversation-avec-jean-francois-foulon/

« Ecrire, c’est chercher des réponses et y arriver rarement. »


 

Onuphrius – Jean-François Foulon, vous êtes très attaché à la terre et à la forêt wallonnes de votre enfance. L’enfant que vous étiez, qui s’est exercé à la version grecque et latine sur Homère et sur Virgile, a-t-il également reçu une culture littéraire spécifiquement belge ?

Jean-François Foulon – Non, on n’étudie pas spécialement les auteurs belges en Belgique francophone, du moins quand j’étais sur les bancs du lycée (qu’on appelle collège ici). On peut le regretter, car il y en a de bons. Je dirais même qu’on peut s’étonner de la vitalité littéraire qui existe en Wallonie et à Bruxelles. Mais si on réfléchit à la diffusion de cette littérature, on va vite tomber dans des problèmes politiques (au sens étymologique de πόλισ, la cité, l’assemblée des citoyens). Alors que la Flandre a une identité forte, ce n’est pas le cas en Wallonie francophone, puisqu’elle est voisine de la France et qu’elle est de culture française (avec certes des particularités, mais comme on peut en avoir dans n’importe quelle région de France). Difficile donc de s’affirmer comme différent dans un tel contexte.

Ajoutez à cela que toutes les grandes maisons d’édition se trouvent à Paris. Etre édité à Liège, à Charleroi, à Perpignan ou à Rennes a moins de prestige que de sortir un livre à Paris. Un écrivain « belge » va donc apparaître comme mineur aux yeux de ses compatriotes, tant qu’il restera en Belgique ; et il ne sera vraiment reconnu que lorsqu’il sera chez Gallimard, Grasset ou quelques autres. Tout cela explique sans doute pourquoi le milieu scolaire s’intéresse relativement peu à la production locale. Le Québec, îlot francophone dans un univers anglo-saxon, a davantage tendance à privilégier ses auteurs. Si la Wallonie était indépendante, on peut supposer que la situation évoluerait (c’était un peu le récent rêve de la Catalogne), mais elle est sous la coupe de la capitale fédérale. Pour le dire autrement, le drame de la Wallonie, c’est qu’elle a une capitale administrative qui est Bruxelles et une capitale culturelle qui est Paris.

Tout cela pour dire que ma formation littéraire à l’école (au lycée comme à la faculté) a été axée sur la littérature de France, ce que personnellement je ne regrette pas puisque ma mère était française et que je suis à l’aise dans les deux pays. Je me sens très peu belge, en fait, et à ce titre la belgitude, comme on dit, ne me « parle » pas. Et puis la littérature est universelle, elle traite de l’homme et de la femme en général, de leur place dans le monde, de leurs amours, de leur désespoirs, de leurs rêves. Ne la cantonnons pas à un morceau de territoire.

O. – Plus généralement, quels sont les auteurs qui ont été décisifs pour former votre sensibilité de lecteur, puis d’écrivain ?

J.-F. F. – Bonne question. On peut lire des centaines de livres, il y en a toujours quelques-uns qui sortent du lot. Pour ceux-là, on sait au moment où on referme le volume qu’on n’est plus le même qu’avant, tant on a été marqué au plus profond de soi.

Le premier livre de vraie littérature que j’ai lu, c’était Les Misérables de Victor Hugo. J’avais treize ans et j’avais été impressionné par cette plume qui courait sans effort apparent sur le papier, et qui vous racontait des histoires si bouleversantes. Après, il y a eu Dostoïevski, dont j’ai pratiquement tout lu ; Malraux et La Condition humaine ; puis ce fut Céline et son Voyage, incomparable par son style et d’une humanité bouleversante. Je citerai également Garcia Marquez et Cent ans de solitude. Ce livre m’avait tellement marqué que je suis parti à la découverte des auteurs latino-américains, notamment Cortazar et Alvaro Mutis (Mutis, qui m’a certainement inspiré pour mon livre de poésie Le temps de l’errance, avec ses récits de marins qui prennent le large pour des aventures improbables). Dans le domaine anglo-saxon, je citerai Styron (La proie des flammes), Penn Warren (Les eaux montentLes fous du roi), McCarthy, et Malcolm Lowry (Au-dessous du volcan). N’oublions pas Boulgakov du côté russe (Le maître et Marguerite) et Pavese pour l’Italie. Dans le domaine français, j’évoquerai Camus, qui a marqué mon adolescence, Cioran pour sa lucidité et son désespoir, Flaubert pour le style, Fromentin pour Dominique et tout Giono. J’ai adoré les livres de Mauriac, qu’on présente de manière réductrice comme un écrivain catholique alors que c’est avant tout un auteur torturé. Les Essais de Montaigne sont eux aussi fondamentaux, comme les Rêveries de Rousseau. Pour terminer, je proposerai aussi les noms de Yourcenar pour l’intelligence et de Jules Vallès pour sa révolte. Du côté de la poésie, il y a d’abord Rimbaud, mais aussi Guy Goffette (un Belge) et Jaccottet.

Et puis il y a tous les autres, évidemment, qu’on a oubliés, mais qui sont restés en nous et qui doivent eux aussi guider notre plume à notre insu.

O. – Vous écrivez aussi bien des poèmes que des nouvelles, de longs récits et des romans. Ces différentes disciplines influent-elles les unes sur les autres pour donner son cachet particulier à votre écriture ?

J.-F. F. – Un poème, même en prose, ne se rédige pas de la même manière qu’un roman. Dans un récit court on est surtout concentré sur l’intrigue et sur l’intensité du message qu’on veut faire passer, tandis que dans un roman, on prend plus le temps de flâner, de faire des digressions. Mais il est parfois difficile de faire des distinctions. Ainsi, mes nouvelles sont généralement très longues, et sont plutôt de courts récits. Elles servent aussi parfois de point de départ à des romans. Le chapitre premier d’Obscurité était à l’origine une nouvelle. Même chose pour un roman actuellement en cours de lecture.

O. – Sans nouvelles d’elle se rattache à la littérature fantastique. Est-ce un cas isolé parmi vos œuvres ?

J.-F. F. – Non, j’ai écrit plusieurs nouvelles qui se rapprochent du fantastique. J’aime bien mettre le doigt sur cette ligne ténue qui sépare le monde réel d’un autre, qui est peut-être celui de nos rêves ou de nos cauchemars.

O. – Cette nouvelle nous transporte dans l’atelier d’un peintre. On a le sentiment que la peinture est un thème très important pour vous. Pouvez-vous nous en dire plus sur la place qu’elle occupe dans votre vie, et si le peintre-narrateur de cette aventure étrange s’inspire d’un personnage réel ?

J.-F. F. – J’adore la peinture mais serais absolument incapable de tenir un pinceau. Mais la peinture est fascinante car elle doit fixer sur la toile un moment unique et, à partir de là, faire comprendre toute une intrigue ou tout un ressenti. C’est un tour de force. L’écrivain, lui, est dans la description minutieuse d’une succession d’événements. Avec lui, le temps se déroule, avec le peintre, il se fige.

Pour revenir à la présente nouvelle, j’ai choisi un peintre comme héros pour honorer une démarche artistique différente de la littérature. Ce peintre est inventé et ne fait référence à personne. Yseut, par contre, a existé. Des affinités incroyables peuvent se révéler à travers une correspondance, et que celle-ci se fasse sous forme de courriels n’y change rien. S’ils vivaient aujourd’hui, Héloïse et Abélard échangeraient des emails !

« Je dois être à mon insu une sorte de troubadour… »

O. – Une scène poignante nous montre le peintre à la recherche éperdue de son inspiratrice inconnue, sur les routes, auprès des commerçants, ne sachant vers qui se tourner pour trouver celle qui toujours se dérobe. Parfois le rire s’invite au beau milieu de la difficulté – ainsi de la remarque du cafetier : « Ce n’est pas d’artistes qu’ils ont besoin, les gens d’ici, mais d’un vrai peintre en bâtiment, pour rafraîchir un peu les façades ! » Cette idée d’une poursuite exaltée, d’une quête douloureuse se trouve également, quoique différemment, au centre de votre roman Obscurité

J.-F. F. – Oui, en effet. Ecrire, c’est chercher des réponses et y arriver rarement. C’est vrai que mes personnages sont souvent en déplacement, probablement à la recherche d’eux-mêmes. C’est vrai dans Obscurité, mais aussi dans les poèmes2. Soit il s’agit de marins partis bien loin, malgré les tempêtes, vers des îles paradisiaques qui relèvent plus du rêve que de la réalité, soit il s’agit de poèmes d’amour qui sont une quête de la femme aimée, à jamais inaccessible. Je dois être à mon insu une sorte de troubadour…

O. – La quête trouve-t-elle parfois, chez vos personnages, une issue heureuse ?

J.-F. F. – Rarement. Je suis assez pessimiste de nature parce que foncièrement lucide. Obscurité se termine mal. Les six premières nouvelles d’Ici et ailleurs3, regroupées sous le sous-titre Afrique, tournent autour d’un amour impossible et d’un assassinat. Par contre, une nouvelle comme Le Temple du soleil montre l’engagement politique et social d’une femme déterminée. Elle agit, même si elle sait que son action sera sans doute vouée à l’échec (« C’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! » comme disait le Cyrano de Rostand).

O. – Est-il indiscret de vous demander à quelle œuvre nouvelle vous êtes actuellement attelé ?

J.-F. F. – Un roman est actuellement en comité de lecture. S’il voit le jour, il devrait s’intituler Ardenne ; il raconte le cheminement intérieur et géographique (encore !) d’une femme dont le compagnon est décédé. Elle essaie de le retrouver à travers les souvenirs et les lieux où ils se sont connus. Cela l’amène à découvrir l’Ardenne, qu’elle ne connaît pas, mais qui était le pays natal de l’homme qu’elle a aimé.

Un autre roman est en cours d’écriture et traite, lui, de l’enfance malheureuse.

Propos recueillis par Jean-David Herschel

 

Publié dans interview

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Bob Boutique passe sur le grill de Polichinelle !!!

Publié le par christine brunet /aloys

And now, ladies and gentlemen... Voici l'inoxydable, l'indécrottable, l'incroyable, l'indémodable, l'infatigable, l'improbable mais très abordable, Monsieur Actu-Tv, j'ai cité : Bob Boutique !


1) Actu-Tv démarre sa 8ème saison... synonyme que ça "marche", non ? Peux-tu nous résumer cela en quelques chiffres ?


- Oui, on peut dire que ça "marche", mais l'explication est simple : on a une équipe super motivée, pas de tire-au-flanc et encore moins d'égo. Des chroniqueurs qui sont eux-mêmes auteurs et savent donc de quoi ils parlent et enfin... j'ai l'impression qu'on est les seuls à faire ça en Belgique.
Les chiffres ? Difficile, car on a changé plusieurs fois d"hébergeurs et qu'au début on ne comptabilisait pas. On vient de démarrer en plus sur You tube mais là, c'est vraiment le tout début donc peu significatif. Disons qu' avec le site et les partages sur Facebook, Google+, Twitter etc. ... grosso modo 15.000 spectateurs par émission.
Comparé à certains buzz, c'est pas grand chose mais pour de la littérature et les arts qui y sont associés (de la culture quoi !), c'est pas mal quand même !


 

2) Totalement satisfait ou encore perfectible ? Si oui, pourquoi ? Où ? Comment ?


- Ben oui, on est contents puisqu'on s'amuse et qu'on s'entend bien ! Perfectible ? Bien entendu, on travaille sans matos, rien qu'avec des idées et de la débrouille... on se critique tout le temps de façon positive et on essaie, on tente... si c'est pas bon ou pas terrible, on n'en fait pas une dépression. Mais toujours on continue, on n'a jamais raté une émission.
Un jour, j'ai fait un reportage sur une émission télé de la RTBF ! Le mec interviewait un lecteur... une séquence d'une demi-heure qu'on aurait fait chez Actu-Tv en une heure (peut-être un peu moins bien, OK) et qui, lancée sur le Net aurait eu à peu de choses près le même aspect que leur émission. Et bien, ils étaient DIX pour faire l'enregistrement plus un CAR DE CAPTATION ! Je veux bien qu'on soit syndiqués mais faut quand même pas pousser bobonne dans les orties... déjà que leurs journaux télés sont manipulés à mort (toujours la même couleur)... c'est bien simple, j'écoute les infos chez les flamands...
Alors oui, rapport qualité/prix, on s'en sort pas trop mal ! Sans coûter un centime à la collectivité. Subsides=zéro et on n'en veut pas.


3) Tu choisis tes collaborateurs ou y a-t-il des candidatures spontanées ? Y a-t-il des critères précis dans le choix de tes collaborateurs .


- Un seul critère, avoir la passion, de l'humour, parler vrai, simple et ne pas se prendre pour Brad Pitt ou Marilyn Monroe. Et aussi, CAPITAL, savoir bosser, préparer ses sujets, arriver à l'heure, être fiable quoi ! Du coup, on devient très vite des amis... chez Actu-Tv, on se fout des apparences, des accents (j'en vois certaines qui se sentent visées), on veut des PERSONNALITES. Le reste, la façon de parler, etc. ... ça s'apprend. A vrai dire, on ne s'est séparé qu'une seule fois d'un collaborateur qui tirait un peu trop la couverture à lui... une seule fois et ce après l'avoir averti amicalement trois fois !


 

4)Ton meilleur souvenir et ta pire galère ?


- Je n'ai pratiquement que des bons souvenirs, on a rarement rencontré des gens désagréables... bien sûr, on pose les questions qu'on veut et on n'épargne rien. Nous, on met tout sur la table puisqu'on est insolent mais juste. Mais toujours dans la bienveillance... ce qui nous déplaît, on n'en parle pas ou on l'ignore.
Galère... quand un mec trouve qu'on ne l'a pas assez flatté et mis à l'honneur et qu'il exige avec des grands airs et des sommations pseudo juridiques de visionner "sa" séquence avant le passage sur antenne ou même qu'on la retire. Là, je deviens presque grossier. C'est NON, allez vous faire voir... c'est déjà arrivé (fort peu) et on n'a JAMAIS cédé. On a toujours passé ce qu'on voulait. Bons mais pas cons ! Mais encore une fois, c'est très très rare.


 

5) Le troisième volet de ta trilogie, c'est pour quand ? Son titre ?


- Après "2401" et "Chaos", j'espère sortir le troisième tome début 2018. Et puisque le

Polichinelle veut toujours tout savoir avant les autres, disons qu'il s'intitulera probablement "Bluff" ! Si le comité de lecture le laisse passer of course car chez Chloé tout doit passer devant ce comité. Un scoop, il m'a presque tout refusé jusqu'ici, non pas pour le contenu, là ça va, mais pour l'orthographe. Pas oublier que je suis flamand ou allemand au départ. Du coup, je fais du chantage chez Christine Brunet.. ou elle corrige tout... ou rien du tout. C'est une vraie amie. Je sais qu'elle s'arrache les cheveux mais elle le fait quand même. Une sainte !

 


6) Après tes 3 "briques", un retour aux contes ?


- Aucune idée, j'en ai assez dans mes tiroirs pour sortir un troisième volume mais je ne trouve pas le temps. Une chose après l'autre.

 

 

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Les secrets de Polichinelle : Silvana Minchella

Publié le par christine brunet /aloys

On connait l'auteure Silvana Minchella... mais Silvana a également été chroniqueuse sur Actu-Tv, elle témoigne :


- Il y a plusieurs années, j'ai accompagné Bob pour une série d'interviews. Je ne m'étais jamais trouvée de ce côté-là du micro et à mon interrogation, Bob a répondu "tu te débrouilles". C'est sa façon de procéder pour voir ce qu'on a dans le ventre. Je n'en menais pas large mais j'ai passé le test à la satisfaction du jury.


 

- J'ai une foule de souvenirs. Chose amusante, c'est que mon meilleur souvenir et ma pire galère sont reliés à une même chronique. Nous sommes allés chez Julos Beaucarne pour l'interviewer au sujet de son nouvel album "Le balbuzard fluviatile". Un homme aussi talentueux qu'adorable. Le courant est passé immédiatement et de fil en aiguille, il nous a proposés d'aller dans un champ voisin découvrir "les pagodes". Et là, perchée sur mes escarpins, j'ai marché à ses côtés parmi les orties et les trous dans la terre. Stoïque. Bob, qui est très farceur, a écrit un petit mot à Julos le lendemain pour lui dire que je m'étais foulée la cheville...


- Ma dernière chronique date de deux ans à peu près. C'était pour le salon du livre de Braine-L'Alleud. C'est Bob le grand patron d'Actu-Tv, c'est lui qui décide avec qui il a envie de travailler.


- Enfin, je viens de terminer un recueil de poésie évoquant la passion amoureuse au parfum de phéromones... je sais que tu apprécies ma plume coquine...

 

Publié dans interview

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Carine-Laure Desguin sous le feu des questions de Polichinelle

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Si ma mémoire ne me trahit pas; les "drôles de dames" étaient trois... il en manque donc une ! Après Anne-Sophie Malice et Edmée de Xhavée, voici donc la troisième chroniqueuse d'Actu-Tv; Carine-Laure Desguin !


1) Chroniqueuse sur Actu-Tv, pourquoi ?
- Je glandouillais toute la sainte journée sur le Net et, très tard un soir de java à l'eau de rose, j'ai bousculé une petite chose avec une mine taillée comme un crayon, c'était Bob Boutique. Il m'a demandé si j'aimais schtroumpfer du virtuel vers le réel, que ça me changerait de mes étroites étiquettes une ou deux fois par mois et que de toute façon, une bonne transfusion de culture XYZ, ça ne pouvait qu'embaumer mes rêveries et grandir mon dictionnaire. Comme il n'y avait aucun contrat à lécher, j'ai tourbillonné de joie.


 

2) Ton meilleur souvenir, ta pire galère ?
- Ben justement tiens, y'a quelques jours d'ici, excursion dans les bois. De vrais bois tu sais, avec de la mousse sur les écorces en guise de boussole. Une escalade sur des feuilles humides et pourries, bref, Kho-Lanta mais en plus hard, tu vois l'genre ? En équilibre instable sur des talonnettes et en guise de sac à dos, la caméra de Bob, du grand art, monsieur, du grand art. Mais j'ai juré en crachant entre deux ornières de la boucler et de ne plus rien gribouiller à ce sujet, zappons donc le truc. C'est compris ça, Carine-Laure, hein ?
Un bon souvenir ? Absolument tous les reportages. Quand je serai bien jeune dans une trentaine d'années, j'aurai de quoi gamberger au lieu de chercher après ma prothèse dentaire dans je ne vous dirai pas quoi.


3) Quel reportage rêves-tu de faire ?
- Chaque reportage est une aventure et j'ai aimé tous les interviewés depuis André Guyaux, ce prof qui enseigne la littérature du 19ème à la Sorbonne, jusqu'à Benoit Goffin qui nous a si bien raconté la vie mouvementée de Maurice des Ombiaux. En passant par Olivier Leborgne, le fantôme de Jean-Jacques Rousseau, les ombres des surréalistes à Montbliart, etc.


4) Qui rêves-tu de rencontrer ?
- Pour le moment, j'ai envie de rencontrer Marc Danval, il a très bien connu Robert Goffin, une personnalité tout à fait hors du commun... ça m'intéresse car j'ai parfois de sacrées ondes de jazz qui me traversent la casquette ! Sinon, je pensais au roi Philippe. Mais avec Bob est-ce possible ? Se garer n'importe comment dans la cour du Palais Royal, se perdre dans une chambre alors qu'on cherche les chiottes, oublier sa caméra dans le coffre de la voiture et donc rebelote, il faut faire demi-tour, trouver du réseau dans l'une ou l'autre salle pour téléphoner à Poussin car bien sûr les lunettes sont-elles restées sur la boite à pain, t'es sûre de ça, Poussin ? Alors tu vois, Alain, Philippe ne comprendra rien à tout ça, j'imagine déjà le regard interrogatif...


5) Ton actualité ?
- Oh, ça foisonne dans tous les sens, comme d'hab'. Je m'excite sur les corrections d'un roman

dont je n'ose même plus prononcer le titre mais les meurtres se passent à Maubeuge, ça, c'est OK. Il y a un autre roman dans un tiroir, une espèce de road-movie dans les rues de ce putain de Pays Noir. Et plus concrètement, la diffusion de deux recueils collectifs édités chez Jacques Flament et les revues auxquelles j'aime participer, Aura, Lichen, Les Petits Papiers de Chloé. Je sais que je m'éparpille mais je suis comme ça, un peu "foufouille".
Plus concrètement, la préparation du 6ème Salon du Livre de Charleroi qui aura lieu le dimanche 12 novembre à la Bibliothèque Marguerite Yourcenar de Marchienne-au-Pont. Tiens, une idée de reportage sur les traces de Marguerite Yourcenar dans la région de Charleroi.
Et en février 2018, il y aura la lecture de ma pièce "Le Transfert" par le Box Théâtre de Mons. Là, t'es sensé me demander de quel genre de transfert il s'agit, cher Alain. Ben Le Transfert, c'est l'histoire d'un type qui est hospitalisé et voilà que son dossier se perd dans la corbeille virtuelle de son ordi. Et si tu n'existes plus dans le virtuel, comment veux-tu encore exister dans le réel ? Peut-on prendre la température d'un type qui n'existe plus ? Franchement ?


Je pense qu'en 2018, il se passera pas mal de choses ! 

 

 

Publié dans interview

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Sur les traces de Bob Boutique... Sur le blog "Les yeux fertiles"... Une chronique signée Cathie Louvet

Publié le par christine brunet /aloys

https://lesyeux-fertiles.com/2017/10/19/sur-les-traces-de-bob-boutique/#more-2587

https://lesyeux-fertiles.com/2017/10/19/sur-les-traces-de-bob-boutique/#more-2587

Sur les traces de Bob Boutique

Pour ma première contribution sur le site, je voudrais vous présenter un très talentueux romancier belge, auteurs de recueils de contes et de deux thrillers musclés particulièrement bien ficelés. Aujourd’hui, je vais vous parler de « 2401 », le premier d’une trilogie mettant en scène le commissaire Verdriet et son équipe.

 

2401 a été publié en 2015 par les éditions Chloé des Lys, maison d’édition belge implantée à Tournai, éditant de la poésie, des BD, des nouvelles, des biographies, des romans ainsi qu’une revue littéraire intitulée « Les petits papiers de Chloé ». La visée humaine qu’il véhicule est très profonde, pour preuve les divers thèmes abordés: la lâcheté; la corruption; l’exploitation de la détresse humaine; le regard de la société sur le handicap physique ou mental, mais aussi la réponse apportée à ces handicaps; le concept que chacun d’entre nous cache des squelettes dans son placard.

L’intrigue: Monsieur Jacques Durieux, brave retraité qui coule des jours heureux dans le bon village de Chamy sur Semois, reçoit une lettre anonyme plutôt inhabituelle: pas de demande de rançon, pas d’argent…Françoise Laloux, pharmacienne qui officie dans le même paisible village, reçoit une lettre identique. De même les « sœurs » Renard, Lise Deroubaix caissière dans la ville d’à côté et Alain Birnbaum, le médecin.

Que peut bien signifier cette pluie de lettres anonymes adressées à de braves citoyens qui, bien entendu, n’ont rien à se reprocher, ni dans le présent, ni dans le passé. Alors quoi? Mais Renée et Monique Renard sont bien décidées à ne pas se laisser faire et

Lettre anonyme

découvrit, à l’aide du médecin et du curé qu’elles entraînent à leur suite, quel corbeau se cache derrière.

Toute cette histoire pourrait se résumer à une vaste farce bourgeoise, dans le genre vaudeville, mais n’oublions pas que nous sommes dans un thriller; et qui dit thriller, dit frisson, angoisse, tension dramatique…Aussi, quand la piste de l’attentat permet aux policiers de remonter jusqu’à Chamy, la blague prend des allures de drame. Fini de rire!!!

Dans ce thriller très riche et très original, Bob a imaginé une société secrète dont les membres ne seraient pas mus par les habituels moteurs: « Le corbeau n’a rien à voir avec la religion, la philosophie ou la politique. Il n’est pas une secte mais une organisation secrète qui prend et qui donne. Vous avez le droit de demander n’importe quoi, n’importe quel service légal ou pas, pour autant que vous acceptiez d’en offrir un de même valeur. Donc, pas d’argent, l’opération serait nulle, puisque vous devriez donner autant de billets que vous en recevriez en retour (…)Il n’y a pas de limite morale. Vous donnez, vous recevez…vous donnez beaucoup, vous recevrez beaucoup. A vous de vous situer. » (Pages 43/44) => Avec pour obligation évidente de ne JAMAIS en parler ni poser de questions.

Pour autant, même s’il est clair que l’auteur ne se fait aucune illusion sur ce dont l’homme est capable par appât du gain ou goût du pouvoir et de la puissance, aucune trace de cynisme ni de cruauté gratuite. Le ton reste léger, même quand Bob évoque les « monstres » qui vivent dans l’hôpital psychiatrique du docteur Strassen, tissé de répliques bien sonnées et d’un humour grinçant mais jamais méchant, de ce genre-là, par exemple: « Comme quoi, rien n’est plus dangereux qu’une femme, que vous l’invitiez dans votre trou de célibataire (et ça commence toujours en tout bien tout honneur) ou la laissiez tomber comme une crêpe. De celles qu’on retourne d’un coup de poêlon en l’air, bien chaude, et qu’on ramasse alors brûlante sur le nez. » (Page 55)..

L’essentiel de l’action se déroule principalement en Belgique, dans le petit village de Chamy sur Semois, et en Suisse, dans la ville de Sion. Dans 2401, les descriptions de lieux n’occupent pas une place prépondérante; quelques phrases suffisent pour poser le décor et permettre au lecteur de se les représenter afin d’y situer les événements; rien de plus, car Bob, en bon conteur qu’il est, ne s’encombre pas de détails inutiles, juste le temps de nous faire regretter de ne pas avoir le bonheur de connaître ces lieux enchanteurs… Ainsi, « les gens qui connaissent Chamy et son environnement de forêts de hêtres et d’épineux ne manquent pas de faire une halte le long de la Semois dès que le temps le permet. » (Page 30)

Sans oublier toutefois de situer les lieux à leur juste échelle, toujours avec la pointe d’humour qui caractérise son style: « Le stade de Chamy, comme l’appellent pompeusement les joueurs, ressemble grosso modo à une prairie dont on vient de sortir les vaches, sauf que l’herbe est rasée, qu’il n’y a plus de flattes ( bouses), qu’on a délimité un terrain à la craie et qu’on a posé, à chaque bout, des piquets blancs avec un filet pour recevoir les ballons. » (Page 85)

L’ambiance « village de province » est décrite d’une façon savoureuse qui rappelle celle des films de Pagnol: « Sur la petite place de Chamy ( vous vous souvenez, au bord de la Semois) entre l’église et la maison communale, les braves dames commencent leurs conversations par « vous avez appris? » et commentent avec force gestes et roulement d’yeux le suicide de cet abbé qui était quand même un peu curieux, vous ne trouvez pas…rien que sa façon de marcher… » (Page 209)… »Et que dire de ces superbes villages de pierre aux toits d’ardoises avec une ferme à l’entrée, une autre à la sortie et la douce odeur du crottin dans l’air? » (Page 96)

La Semois

Pour conclure, je dirais que 2401 réunit dans ses 448 pages tous les ingrédients qui constituent non pas les bons, mais les excellents thrillers, car tout ici est à sa place: pas de fausse note, pas de fioritures, pas de descriptions inutiles. Le lecteur en a pour son argent, et pas une seconde ne s’ennuie. Au moment où il ouvre la première page, il met non pas le doigt mais tout le bras dans l’engrenage, et fébrilement tourne, tourne les pages jusqu’à la dernière…Au point de se dire: « Vivement la suite »!!!

Petite citation pour vous mettre définitivement l’eau à la bouche: « Cette histoire est pourrie, pleine de dangers incertains, comme s’il avançait dans le noir, les bras tendus pour ne pas se heurter à Dieu sait quoi… » (Page 115).

En cliquant sur ce lien, vous pourrez lire une interview exclusive de l’auteur:

https://legereimaginareperegrinareblog.wordpress.com/2017/10/19/interview-de-bob-boutique-auteur-de-2401-et-chaos/#more-24014

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