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interview

Bob Boutique: j'suis pas un écrivain, j'suis un conteur !

Publié le par christine brunet /aloys

bobclin.jpgJ'ai beaucoup hésité avant de demander à Bob de me raconter sa manière  d'écrire...  J'ai lu les critiques de son bouquin, l'interview donné pour Monde du Livre... Je l'ai regardé interroger avec brio des auteurs pour l'Actu TV... link

 

On sent son regard affûté. Son site est éclectique... Un regard particulier sur le monde de la culture qu'il développe avec toute l'équipe enthousiaste de l'Actu TV...link

 

Un humour à fleur de peau, piquant, déstabilisant qui intimide... 

 

J'ai tergiversé et puis le titre du livre, la personnalité de Bob m'ont convaincue... Contes bizarres...  J'aime les contes, tous les contes... J'avais donc envie de les lire mais un peu peur aussi... Le monde de Bob me paraissait si... bizarre...

 

Et voilà, c'est fait: pas déçue un instant ! J'en ai encore le sourire aux lèvres en repensant aux textes que j'ai dévorés, aux héros qui les traversent comme une claque à l'uniformité ! Et dans la foulée de l'enthousiasme, j'ai osé... Je ne lui ai pas posé des dizaines de questions, juste trois...

 

Je vous livre texto ses réponses... Rien à ajouter... Enfin, pas encore...http://www.bandbsa.be/contes/actu.jpg

 

« Tu gères ton texte comme tu veux », qu’elle m’a dit la p’tit Brunet. Je l’ai jamais vue, ni même entendue, rien que des mails échangés, mais j’ai sa photo et ma foi… elle est plutôt jolie. Une auvergnate qui vient en réalité d’Aubagne, le pays de Pagnol.

 

Moi je suis de Belgique, avec des parents hollandais. C’est très différent. Mais on a quand même un point commun. On adore les voyages. J’ai pas mal bourlingué avant de devenir « sache comme une imache » . Qui sait ? P’têt que je l’ai croisée sur un sentier de l’Everest ou au détour d’une piste kenyanne ?

 

Bon, c’est pas tout ça.

 

http://www.bandbsa.be/contes2/actutvcarre.jpg« J'aimerais que tu me parles de ta façon d'imaginer tes histoires et de les écrire. Comment t'est venue l'envie, où tu prends ton inspiration… » et tous ces trucs qu’on raconte dans les conférences de presse pour faire l’important.

 

Mais qu’est-ce que j’en sais Christine ? Quand j’entame un conte bizarre, je ne sais même pas comment il va se terminer. Et pour commencer, j’écris pas… je raconte. J’suis pas un écrivain, mais un conteur. J’ai une copine qui habite près de new-York et publie des textes que tous on peut les lire dans le grand auditoire de l’université, même qu’il faut prendre des notes pour en discuter après. Elle aligne deux mots, et elle a le prix Concours.

 

Moi, j’ai une image qui me saute aux yeux, comme ça, un truc qui m’émeut… et zou… c’est parti. J’en fais une histoire et je papote et je papote, comme on raconte un truc qui vient de vous arriver, à table à des amis, entre la poire et le fromage.

 

La syntaxe en prend un coup bien sûr, le vocabulaire aussi, car lorsque je ne trouve pas le mot qu’il faut, je l’invente et puis, comme j’ai commencé ma vie en allemand et en flamand, de temps en temps, je dérape et je mélange. Mais en général, on comprend. Voilà.

 

On comprend, c'est sûr... On s'amuse, on apprend... On fronce parfois les sourcils, on relit et on sourit un peu plus à l'humour fin, presqu'ironique du conteur...

 

« Je me demande pourquoi tes histoires finissent toujours mal... » qu’elle insiste mon interviouweuse… comme si j’étais le mec ravagé qui répand sa bile et son fiel autour de lui. 

 

(Ni bile, ni fiel, Bob... un juste retour des choses lorsque les méchants 's'en prennent un coup derrière les oreilles', comme on dit chez moi!).

 

Faux mam’selle. Faux. Mes contes sont plein de mecs tordus, de crapaudes et de pauv’types… mais je les aime tous, tous, parce qu’ils sont lamentables comme la plupart d’entre nous… parce que le monde est un univers de fous qui n’est lucide que quelques jours par an, pendant la période du carnaval ! Même que c’est dans ma préface.

 

Et tac, dans les dents ! pensais-je... J'entends la petite voix de Bob m'avertir qu'il faut toujours lire les préfaces... Bon... Mais je préfère sauter à pieds joints dans les textes, sans les avertissements de l'auteur... Son univers, je veux le découvrir seule pour le savourer tout à loisir... 


cover.gifMon monde à moi,- poursuit-il, c’est celui de Breugel ou mieux … celui de Bosch, avec des tas de personnages ridicules qui gigotent comme des marionnettes au bout de leurs fils et tout au fond du tableau, dans le lointain, tout petit, un berger immobile au milieu de ses moutons, qui observe en s’appuyant sur un long bâton.

 

Non, non, je ne suis pas le berger… moi, je danse avec les paysans et les madames aux gros seins et je suis (du verbe suivre)  leur procession qui mène tout droit vers l’enfer. M’en fous, j’y crois pas.

 

Des histoires qui finissent mal ?  Mon petit vieux qui tchate avec une gamine de treize ans ne l’a jamais agressée que je sache… et la jeune folle qui s’envole vers la Suède pour y rejoindre un correspondant du net… bon je vais pas tout dévoiler, mais… ça finit… bon vous verrez bien. Et le grand connard qui rate son suicide…

 

D’accord. Parfois mes personnages s’énervent un peu et assassinent ou se flinguent. Mais jamais gratuitement, par folie, par désespoir, par vengeance…  et tous iront au paradis comme dans la chanson de Polnareff, car tous (sans exception) ont été des petits bébés à leur maman avant de virer adultes. Je vous interdis de les juger.

 

bobdk5

 

Sur ce, j’ vais me faire un p’tit café. Elle m’a énervée la Brunet…

 

ça va, Bob, je m'incline devant la force... même si je n'ai pas encore dit mon dernier mot... 

 

 

 

Vrai que tes personnages, on ne peut que les aimer, les plaindre, les comprendre... Moi, je les trouve profondément humains, complexes... et très modernes... tellement éloignés des caricatures de Breugel ou de Bosch, trop restrictifs à mon sens... 

 

 

Situations cocasses, grinçantes, cruelles se succèdent au fil de tes contes dans un délire éminemment humain  qui tire les personnages hors de leur statut d'êtres sensés. C'est sans doute ça, l'art du conteur ! Non ?

 

Mais je vous laisse seuls juges...

 

Christine Brunet


www.christine-brunet.com

www.aloys.me

www.passion-creatrice.com

Publié dans interview

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Christine Brunet interroge JOSY MALET-PRAUD, l'auteur de "Un, Deux, Trois, Soleil"

Publié le par christine brunet

 

Portrait-crayon.jpgJe vais commencer, une fois n'est pas coutume, par une digression... inspirée par ce croquis crayon de Josy Malet-Praud... Quel talent, non? L'artiste y a fait passer tant de choses...

 

Un croquis de toi, Josy ?

Non, il n'est pas de moi (pas assez douée pour ça...). Il est lié à une rencontre. L'année dernière (comme tous les ans quand c'est possible), j'ai séjourné quelques semaines sur l'île de Saint Martin, aux Antilles. Un soir, à la sortie d'un concert de Gospel donné dans l'église de Grand Case qui est le point de ralliement des artistes de l'île, j'ai été abordée par une jeune femme équipée de ses crayons, fusains, pastels, etc... Elle m'a demandée si elle pouvait faire mon portrait. J'ai dit oui... elle avait moins de vingt ans, elle me semblait un peu paumée et "sur la brèche"... J'ai proposé un dîner dans un "lolo" (ce sont les équivalents des paillottes corses, implantés sur les plages) et tout en mangeant et en discutant... elle a fait ce portrait. Que j'ai gardé, bien sûr. Une rencontre étonnante, émouvante, des échanges humains authentiques. J'espère que cette jeune femme réussira.

 

Ce que j'aimerais interviewer cette jeune artiste... parce que je crois qu'elle a su retranscrire à la fois son propre ressenti et l'âme de son modèle... et on ne parvient pas à un tel résultat sans s'ouvrir aux autres... 

 

Je crois que c'est là toute la difficulté de l'artiste, quel qu'il soit. Poètes ou romanciers sur la même longueur d'onde que peintres ou musiciens ? Sans aucun doute... Il suffit de lire les textes de Josy pour en être convaincu...(link

 

Alors, dis-moi, depuis quand écris-tu ? lui ai-je demandé dès qu'elle a accepté de répondre à mes éternelles questions.
Depuis un certain nombre d’années. Je n’ai plus vingt ans, ni même trente, ni même quarante… J’ai eu le temps de m’y mettre ! Premiers écrits « matérialisés » et reliés : à l’âge de quatorze ans, j’ai écrit mes mémoires. Il faut dire que j’ai parfois des idées saugrenues : j’étais alors convaincue de ne pas passer le cap des dix-sept ans. Une bonne centaine de pages quand même ! J’avais des choses à dire ? En tout cas, j’avais déjà un passé. Dense. Passé la date fatidique, j’ai continué…
 
Surprise... amusée aussi, j'ai continué sur ma lancée et vous livre à présent, sans plus intervenir, ses réponses à mes questions...


Pourquoi écris-tu ? Un déclencheur ?
Curieuse incurable, j’écris comme on pousse la porte d’un magasin, pour aller voir ce qu’il y a derrière la vitrine, comme on perce la surface d’un lac gelé pour découvrir ce qu’il y a sous la surface. Ni contemplative ni voyeuse, je suis plutôt poussée par la volonté de comprendre. Mieux connaître les autres, ceux qui me ressemblent et surtout ceux qui ne me ressemblent pas, comprendre comment ils fonctionnent, pourquoi ceci est comme cela, ce que sont les différences quand elles existent. J’écris d’abord pour moi, c’est ma façon de prendre le monde à bras le corps, de lui faire face, de l’aimer ou pas, de ne pas me contenter de regarder passer les trains et mes semblables, de toucher du doigt d’autres univers, fussent-ils imaginaires. J’écris aussi pour le plaisir et le besoin de la création…Les mots, c’est comme les pièces d’un jeu de Lego. J’ai le goût de la construction, des univers à bâtir.

 
Que
 t'apporte l'écriture ?Visuel Auteur - PDNA
C’est un espace où j’ai des ailes, l’occasion d’une aventure toujours mystérieuse, un périple qui s’avère parfois dangereux. Ecrire, c’est se découvrir soi-même, c’est se dévoiler aux autres, s’exposer, prendre le risque d’être vu. C’est un bonheur qui paradoxalement peut faire mal aussi. L’écriture me rend heureuse et me fait parfois souffrir. Mais jamais au point de m’en écarter…
 

Comment écris-tu? d'un jet, en relisant fréquemment ?...
J’écris sur une impulsion, à partir d’une sensation, de bribes de souvenirs qui se rattachent à un événement, une situation parfois très banale et c’est autour de cela que se construit le récit (quand il y en a un). Parfois, quand j’ai besoin de –vider mon sac- d’un trop plein présent ou lié au passé, il n’y a pas d’histoire ou bien seulement une histoire-prétexte…J’utilise alors les mots comme des symboles, des codes pour mes émotions, mes sentiments. Les phrases sont ici des lignes à haute tension où chaque mot transporte une charge. Positive, quand c’est possible. Oui, positive car je suis une femme positive.


Que
 ressens-tu quand tu écris? Du stress, une urgence, un plaisir ?
C’est toujours l’urgence qui ouvre le bal. Celle de fixer sur le papier l’idée, l’événement avant qu’ils ne s’évaporent. L’inspiration, c’est comme un feu follet, éphémère et capricieux. Ou comme une expression sur un visage : il faut l’attraper sur l’instant, avant qu’elle ne disparaisse. Du coup, j’ai toujours dans mon sac, mes poches et sur mon bureau des théories de petits bouts de papier couverts de mots-clés….


verso-ISBN-9782874594731.jpgEnsuite, ce sont les heures du stress, oui… Quand après l’ébauche qui n’est qu’une armature incomplète, il faut creuser, déterrer, combler, cimenter, ériger, équilibrer les choses. Du stress et de l’angoisse à mi-parcours : toujours cette idée négative que je ne parviendrai pas au bout, que ce sera mauvais, que ce ne sera pas le juste reflet de ce que j’ai imaginé, rêvé, pensé, senti… Le reflet de ce qui a été d’abord écrit dans ma tête. J’écris plutôt bien….dans ma tête. J’y suis toujours beaucoup plus à l’aise…Les phrases et les séquences s’enchainent facilement. C’est lorsque qu’il faut les saisir au grand jour que les mots se rebiffent ou se défilent !


Le plaisir, enfin, intervient quand je n’ai plus qu’à nettoyer l’ensemble du superflu, de l’inutile, à rechercher un mot plus fidèle, plus juste, à remanier l’ordonnancement, à embellir l’écriture. Et le bonheur suprême : c’est lorsque c’est terminé et qu’il m’arrive d’être à peu près satisfaite. Je dis à peu près, car je ne le suis jamais vraiment tout à fait. Et dans tous les cas, jamais longtemps… Je suis un auteur qui doute, avant, pendant, après. Une idéaliste consciente des limites et des illusions attachées à ses idéaux. Je n’ai jamais de certitude, en rien. CQFD : je ne suis jamais en situation de contentement absolu. Ecrire, c’est accepter et supporter de vivre les hauts et les bas des montagnes russes, non ?


Que
l rapport as-tu avec l'écriture, tes personnages, ton récit ? As-tu du mal à mettre le point final à une histoire ?
J’entretiens un rapport plutôt passionnel avec l’écriture, un peu obsessionnel aussi, ça va de paire. De toute façon, c’est ma nature… Au fil du temps, écrire est devenu une forme d’addiction. Ce sont surtout les personnages qui m’intéressent : leurs comportements, leurs différences, leurs univers, leur courage, leur lâcheté, leur exemplarité et leur banalité. Ce sont –mes piliers- dans l’écriture. Je m’y attache très fort, à tel point que je les sens vivre…si ce n’est pas le cas, c’est loupé, je jette. Le récit est important bien sûr, mais il ne prend forme qu’après. Ce sont les personnages qui m’inspirent une histoire. Et l’histoire qui imposera un décor propre à la mise en scène des personnages. J’aime aussi particulièrement creuser les ambiances, dessiner des images, mettre des couleurs et des sons. Un peu comme dans la vie. Et si possible, avec simplicité, ce qui est finalement le plus difficile. Je n’aime pas trop les textes compliqués, les écritures alambiquées, pédantes, ronflantes. Gonflantes. Derrière ces vitrines surchargées de guirlandes et de dorures, il y a trop souvent un désert. Je préfère de loin une phrase un peu bancale au sens académique mais qui –a des tripes-, à un modèle académique sans substance. Je suppose qu’un écrivain digne de ce nom réunit les deux : les tripes et l’académie…123soleil.jpg


Comme tu l’auras compris, je n’écris jamais d’un seul jet ou bien seulement quelques fragments qui viendront s’incorporer ensuite dans un ensemble. Exigeante, je suis. Un récit abouti est le résultat de trois, quatre versions précédentes, parfois plus. Je n’ai pas trop de difficulté à placer le mot fin, mais seulement quand j’ai coupé les rameaux morts…En gros, c’est au feeling : je sens quand c’est prêt… un peu comme en cuisine.

 

As-tu des difficultés à lâcher tes personnages ?

  Non. Je m'explique : soit ce sont des acteurs qui n'ont aucune liaison avec moi (passée ou présente), auquel cas, je ne les oublie pas, mais nos routes se séparent. Soit, ils sont liés d'une façon ou d'une autre à ma vie, à mes expériences, ils sont donc -importants-. Cependant, dans ce cas, je n'ai pas non plus de peine à les "lâcher" à la fin de l'histoire, car ils ressurgiront à coup sûr sous une autre identité et dans un autre récit... Nous nous retrouverons. Ils ne font que s'absenter un moment.

 

Le livre terminé, la page était-elle irrémédiablement tournée ? 

Là encore, je dois faire la distinction entre ce qui est écrit dans le cadre d'une fiction totale, très -à distance de ce que je suis- et ce qui résulte d'une expérience familière. Dans le premier cas : la page est tournée. Dans le second : l'histoire, en tout ou partie, certaines situations sont ou ont été suffisamment marquantes pour qu'inévitablement, j'y revienne un jour, sous une autre forme, dans un autre cadre...Mais j'y reviens, c'est certain. Parce que l'événement à l'origine de la "semi-fiction" est de ceux qui m'ont structurée ou déstructurée parfois. Je suis ce que je suis grâce ou à cause d'eux : je ne peux pas faire l'impasse, consciemment ou pas.
 

Où puises-tu tes idées? Dans la vie courante ?. 
C’est une question qu’on m’a déjà posée plusieurs fois ces derniers temps. Les personnes qui ont eu la gentillesse de lire mes petites histoires ont parlé d’une « grande diversité », et je l’ai pris comme un compliment. A tord, peut-être (sourire) ?
Je ne « puise » nulle part. Je ne me dis jamais : -tiens, qu’est-ce que je pourrais bien écrire aujourd’hui- ? Je me mets au clavier (ou je saisis mon Waterman fétiche) lorsque quelque chose remue en moi…s’agite. Un souvenir qui refait surface, une conversation qui fait tilt, une situation qui me touche, un visage qui m’accroche, un fantôme qui flotte à l’horizon…. C’est n’importe quand, et n’importe où. Dans la rue, au ciné, en lisant, en dormant, en veillant, sous la douche … Je ne cherche pas. Tant mieux : j’aime les surprises. L-Equipage-017.jpgL’aspect désagréable de la chose, pour les autres, c’est qu’il m’arrive fréquemment de me mettre à planer au beau milieu d’une conversation : je ne suis plus là ; ça déroute un peu, mais mes proches s’y font…ou pas (clin d’œil !).

 

Dernière question, si tu veux bien... Comment réagit ton entourage face à ta passion de l'écriture ? 

J'ai le sentiment d'être vraiment soutenue, encouragée, mais comme pour tout ce qui m'est "exclusivement personnel", qui ne concerne pas directement -ma tribu-, les réactions varient selon que cette passion, mise en pratique, dérange ou ne dérange pas le petit monde qui est le nôtre, celui de -la famille-. Bref, -les miens- m'encouragent, c'est vrai, semblent aimer ce que je fais... mais il arrive néanmoins qu'il y ait quelques petits grincements de dents (à peine audibles, mais j'ai l'ouïe fine...) quand -la mère- et/ou -l'épouse- que je suis impose sa passion au détriment du confort de chacun. Raison pour laquelle...je travaille surtout le soir, et très souvent, tard dans la nuit, voire jusqu'au petit matin. Quand ma tribu dort et n'a plus "besoin" de moi. Ce n'est ni très original ni vraiment nouveau : toutes les femmes, qu'elles écrivent ou pas, ont quelque chose de la femme-orchestre et doivent déployer des trésors d'ingéniosité et de patience pour parvenir à conjuguer le -Nous- et le -Moi-... Question d'habitude ...et d'endurance ! (sourire) 

 

Que tu as donc raison ! Que de fois ai-je entendu "A quoi tu penses?" ou "Qu'est-ce que tu fais avec ce stylo à la main ?" alors que l'un ou l'autre de "mes hommes" (petit et grand) cherchait à me tirer vers autre chose... C'est alors de grand matin que je noircis le papier... Un instant à moi que je n'échangerais pour rien au monde...

 

Justement, c'est cet univers un peu en retrait, ce jardin plus tout à fait secret puisqu'il sera partagé qui construit son auteur.

Il s'agit là d'un juste échange de bons procédés... L'un bâtit, façonne le temps de quelques pages ou d'un dessin, l'autre abreuve son créateur d'un plaisir rare... Il lui insuffle la passion... 

 

Venez partager l'univers de Josy Malet-Praud sur son site http://www.lascavia.com/  !!!!

 

 

 

 

 

Photo Christine Brunet  Christine Brunet

 

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Publié dans interview

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EDMEE DE XHAVEE: l'écriture, c'est ce que la création m'a donné d'un peu spécial pour m'amuser ... Un interview de Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

Edmee-chapeauEn feuilletant le blog d'Edmée de Xhavée, auteur des Romanichelspublié aux Editions Chloé des Lys, quatre petites lignes ont capté mon attention... 

 

" Je suis née à Verviers (Belgique, Province de Liège) d'une famille vagabonde par nécessité. Oncles, tantes, grands-parents avaient soit vu le jour sous d'autres cieux, soit vécu sous ces autres climats, vu ces rivages encore purs de tourisme, chevauché dans les pampas ou bravé les flots sur des voiliers qui tanguaient vers l'Est ou l'Ouest."link

 

Ouahou! L'aventure, les destinées uniques, le poids du passé...  Un cocktail irrésistible qui me renvoie à mes lectures d'enfance, à ma folie des voyages... qui m'a poussée à lui demander de me parler d'elle, de son rapport à l'écriture...

 

L'écriture, m'écrit-elle, "c'est ce que la création m'a donné d'un peu spécial pour m'amuser et apporter quelque chose aux autres.

 

Si j’ai fini par être publiée, c’est un mélange de hasard, de chance, et de ce petit "pourquoi pas au fond ?" qui s’est mis à me taquiner les pensées."

Je lis et relis sa réponse et lui pose alors la question qui me turlupine...

 

Comment as-tu abordé l'écriture de ton roman?

 

Romanichels-front.jpgJ’ai écrit Les romanichels pour moi, sans aucune intention de le faire lire sinon à mes proches. J’avais envie d’à la fois me débarrasser de souvenirs en les banalisant sur le papier, et d’en protéger d’autres en les sculptant sur la page. Il ne s’agit pas d’une biographie, mais d’une mosaïque de fragments de vies et personnages. Vrais, imaginés, ce que les choses ou gens auraient pu être en réalité si seulement …

 

Et puis une fois terminé, parce que mon frère avait, en même temps que moi, terminé la rédaction de son premier roman dans le but de le publier, j’ai entendu ce timide pourquoi pas, au fond ?

 

Et voilà !

 

Pourquoi continuer à écrire ?

 

Parce que j’ai encore des choses à dire !

 

Je suis particulièrement attirée par l’incidence que les vies qui nous ont précédés ont sur la nôtre, parce que chaque génération pose ses échecs et terreurs dans le berceau de la suivante. On met toute une vie à se sentir maître de la sienne, à se dépoussiérer des acquis inconscients de celles de nos parents. Seul l’amour allège la charge, l’amour sous toutes ses formes pour autant qu’il soit vrai.

 

Quel rapport as-tu avec ton texte et tes personnages ?

 

Comme beaucoup d’auteurs je crois, j’ai une idée générale de mon sujet,  mais pas les détails. Parfois pas la fin non plus. Je suis les personnages, qui ont une fureur de vivre leur vie sans fardeau, eux, assez déroutante. Pour les nouvelles, ce sont des faits divers qui souvent ne veulent pas quitter mes pensées, et veulent rester avec moi sous le déguisement d’une nouvelle.

 

Tu dis que tu avais envie de te débarrasser de certains souvenirs... Tes textes, ta façon d'écrire ne sont-ils pas le reflet de ton passé, de cette hérédité qui te colle à la peau ?

 

Je suis née entre deux chaises, appartenant à un groupe social « de par ma naissance » mais n’ayant droit qu’aux coulisses suite au divorce de mes parents. L’école catholique a eu la même attitude. J’ai donc vécu comme une romanichelle sociale, ayant le choix entre vouloir regagner à tout prix les échelons perdus, ou errer au gré de mes découvertes, sans jamais appartenir à aucun groupe stable. C’est ce que j’ai fait, et c’est aussi ce qui m’a, en fin de compte, réconciliée avec mon « milieu » d’origine, contre lequel je n’ai pas de rancœur, parce que je ne lui dois rien. Liberté absolue, un bien être sans prix. Et il n’est donc pas étonnant qu’après des années de déplacements, j’aie enfin le projet de revenir planter ma roulotte là où je suis née.

 

Mon univers littéraire est inégal, comme mon parcours. Un de mes livres préférés est Madame Bovary, que je trouve toujours très moderne comme thème. Et un des livres qui m’a marquée en premier lieu est Le vagabond des étoilesde Jack London. J’en parle d’ailleurs dans Les romanichels, car mon père, extrêmement rationnel, nous lisait ce roman le soir avant de nous endormir, et était bien loin de se douter que tout ce qui nous intéressait, mon frère et moi, c’était ces voyages dans les vies antérieures. Mais j’ai lu aussi pas mal de « bêtes livres », comme je regarde parfois de « bêtes feuilletons » quand mon esprit est trop las pour avoir des exigences décentes. Bien dommage, puisque ça fait passer un temps qui ne reviendra jamais, qui est dans la partie inférieure du sablier … mais aimer le beau ne protège pas de la fatigue intellectuelle, hélas !

 

Tu me parles de ton roman, "Les romanichels"?

 

Les romanichels, c’est donc une histoire qui vagabonde pas mal, entre sociétés et pays différents. Quatre générations. Une jeune femme, Olivia, va passer une semaine avec sa mère, alors qu’elle avait prévu de partir en vacances avec son mari et des amis. C’est qu’elle a un peu insisté, la mère, et que ce n’est pas son genre. Et cependant, ce n’est pas elle qui s’est occupée de sa fille, elle en a confié la garde et les premières années à sa propre mère, l’impeccable Adrienne.

 

Et au cours de cette semaine de parlottes, Olivia apprendra à regarder son univers autrement. Drames, larmes, repas de fêtes, rires, tragédies, secrets dévoilés défileront dans le salon de l’appartement maternel, tournant définitivement une page.

 

Créer... C'est proposer aux lecteurs un univers dans lequel ils peuvent se projeter, qu'ils peuvent s'approprier, capable de les faire rêver d'un ailleurs auquel ils n'auront jamais accès...

Mais créer, c'est aussi livrer aux autres son acquis et son inné. C'est rêver un peu avec le monde que l'on crée...


Envie d'en savoir plus sur Les romanichels ? link

 

 

Christine Brunet

Un interview publié sur le blog "recreaction" le 28/03/2010

 

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Publié dans interview

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CLAUDE COLSON: "j'écris pour vivre plus intensément..."

Publié le par christine brunet /aloys

tete-Colson.JPGLorsque vous dites à quelqu’un que vous écrivez, après l’inévitable surprise de la première seconde, vous obtenez invariablement la même question : « et ça t’est venu comme ça ? »

 

L’histoire de l’auteur avec cette « première fois » est toujours différente mais donne toujours la clé pour comprendre son univers… Il est parfois des évidences incontournables qui se construisent au fil du temps, d’autres abruptes qui flirtent avec la pulsion passionnelle de l’instant.

 

C’est lors de cette première confrontation à la page vierge que l’auteur tisse son rapport à l’écriture. Douceur, patience, travail ou violence, urgence, besoin… Raison ou déraison ? Moi, je dirai fusion entre certains auteurs et leurs textes…

 

C’est ainsi que j’appréhende l’univers créatif de Claude Colson link… Pour m’en assurer, j’ai fait comme tout le monde en lui posant la sacro-sainte question : « comment, quand et pourquoi t’es-tu mis à écrire ? »


Je suis venu à l’écriture brutalement, il y a 15 ans. Deux éléments ont été déterminants : un changement d’activité professionnelle m’avait amené à faire des trajets quotidiens en train (qui ont une certaine importance dans ma poésie). Cela m’a redonné le goût de la lecture qui se trouvait, alors, mis en veilleuse. J’ai donc lu, lu, lu dans ces trains et à présent j’y écris aussi, mais pas seulement là. Et puis, des aléas de ma vie sentimentale ont fait qu’à un moment j’ai eu besoin de l’exutoire de l’écrit.saisons.jpg

 

« Mes premiers mots d’auteur (dans Saisons d’une passion, début du livre) : il souffrait, il décida d’écrire. » raconte Claude Colson.

 

Je suis donc venu à l’écriture par l’autofiction et ai trois livres de ce genre à mon actif.

Depuis je n’ai jamais cessé d’écrire ; plus ou moins selon les époques.link

 

J’écris au stylo, pour l’indispensable sensualité de cet acte, et retranscris ensuite à l’ordi (même ce texte pour toi ;  je sais, c’est du boulot, mais je n’imagine pas d’écrire autrement).

 

Comme je le comprends même si, aujourd’hui, pour moi, le clavier a remplacé ma plume… Il y a cette sensation spéciale du papier sous la main, du stylo qui court sur la surface blanche et comble le vide peu à peu…

 

Tu mélanges les genres dans tes textes : que t’apporte chaque style ?


Numeriser-couv-lena-dagneau0002.jpgCe qui me vient le plus facilement, c’est l’expression d’un ressenti personnel, et assez souvent c’est sous forme poétique, notamment les temps forts. J’ai coutume de dire que c’est par paresse : pas besoin de se décarcasser à trouver un sujet, il est en moi ! En écriture, la recherche d’un thème a toujours été ma plus grande difficulté. Dès que j’ai couché une ligne sur le papier le reste suit.


Le poème est aussi une forme en soi achevée et….courte (pour le paresseux que je suis).


Le journal permet aussi, plus simplement peut-être, l’écriture de soi, et le récit permet de relater l’événementiel ( je distingue schématiquement) : voilà peut-être pourquoi j’ai dans les trois livres mêlés les trois genres (cette décision est venue après-coup) qui s’éclairent mutuellement dans la narration d’un vécu qui n’a d’intérêt que s’il parvient à toucher à l’universel.

 

Alors, pourquoi j’écris ?


Pour vivre plus intensément. Je mêle sans cesse la vie réelle et son expression littéraire. Je trouve que l’écriture booste la vie, qu’elle lui donne aussi un contenu qui me paraît souvent plus important que les éléments du réel. Ce mélange a été qualifié par une de mes relations d’attitude proustienne (Je précise que j’ai lu Proust et que généralement il m’ennuie !!)

 

Peut-on parler d’une évolution de ton écriture au fil des textes et du temps ?


Je crois qu'une écriture évolue nécessairement avec l'évolution de l'auteur, surtout les écritures comme les miennes, qui restent assez fortement déterminées par le vécu, notamment en poésie où j'écris pour DIRE une émotion ou une croyance, dire parfois le non-dit social.

 

On ne peut essayer de faire partager son dire, d'universaliser une expérience, qu'au prix d'une sincérité absolue (ou quasi)…

Une évolution dans tes recherches de forme ?


Je pense avoir épuisé mes recherches en écriture d’autofiction.

 

Dans mes trois livres, j’ai successivement fait parallèlement des recherches de forme (mais là aussi, c’est venu après le jaillissement premier de l’écriture) : Saisons d’une passion est un récit linéaire (une flèche),Léna, une rencontre, une spirale (reprise obsessionnelle du thème) link, et le dernier, Toi-Nous a une construction en dents de scie – avec mélange intégral et permanent des trois genres, contrairement aux deux autres livres où ces genres occupent des parties séparées – pour rendre compte d’une folle histoire d’amour fou avec vingt-quatre ruptures.http://www.inlibroveritas.net/images/membres/1227.jpg

 

J’ai très longtemps pensé que j’avais un problème avec l’écriture de fiction, que je n’avais aucune imagination pour cela. Puis je me suis battu, j’ai commencé – assez récemment, enfin depuis quelques années quand même – par quelques exercices d’écriture sur un thème imposé. J’ai pu alors écrire quelques nouvelles (brèves) et, depuis 2007, j’ai tenté l’écriture romanesque de fiction. J’ai écrit deux textes , non encore publiés, un roman court environ 115 pages de livre et une novella d’environ 85 pages.

 

J’ai cependant encore l’impression que cette capacité à écrire de la fiction est fragile. (Depuis un peu plus d’un an d’ailleurs, je fais une pause dans cette activité, me contentant de textes très courts en prose ou plus souvent des poésies, car c’est impossible de cesser totalement d’écrire. Quand je vis des choses fortes, ma poésie est sensuelle, sensitive ; sinon elle est plus réflexive.)

 

Pour y parvenir je m’étais astreint à faire un plan, semi-précis, mais j’en ai eu assez vite assez et je me suis jeté assez tôt dans l’écriture du roman. Là j’ai eu la surprise de voir parfois l’histoire s’auto-créer, les personnages vivre leur vie et me faire ajouter des chapitres à ceux que j’avais prévus. Ces interactions entre mon projet et l’écrit sont exaltantes et créatrices.

 

Peut-on dire qu’aujourd’hui, cette écriture-besoin est plus raisonnée ? qu’elle évolue en même temps que toi ?


Oui, l'écriture du besoin pur est plus raisonnée - mais j'ai toujours mêlé à elle la tentation de l'esthétique. Aujourd'hui l'écriture est plus nourrie de l'envie d'écrire elle-même, mais il y a encore cette volonté du DIRE dont je parlais. Le but étant d'atteindre, si possible, l'adéquation parfaite entre une chose à exprimer et son expression.


toinouscols couv simplePlus de travail aujourd’hui ? Oui, mais  le plus gros est effectué au moment de la création: aurais-je l'immodestie de dire que j'ai à ce moment-là une certaine facilité (une fois le thème trouvé, ce qui est mon calvaire) et que l'accouchement d'un poème est assez rapide. J'ai parfois essayé de retravailler après-coup mais j'ai abouti à un ensemble plus froid (en poésie, trop intellectualisé).


 Je crois beaucoup à la force du jaillissement premier et de l'émotion. Chez moi, une ligne posée appelle d'elle-même la suivante

En fiction, bien sûr il y a un important travail préparatoire (recherches, plan etc.). Retouches à la relecture, aux relectures, mais ce ne sont que des retouches, généralement non essentielles.


Il va falloir que j'accentue cet aspect travail si je veux arriver à produire des textes plus longs (mon record 115 pages). Mais peut-être suis-je fait pour le texte court ??????

 

Mais ne crois-tu pas que le travail efface le côté fusionnel de l’auteur avec son texte ?


J’ai commencé à écrire sous l’impulsion de la passion amoureuse. Je me suis « un peu » distancié de cette dernière et l’ai transposée, sans doute pour partie, sur la passion de l’écriture…

 

Un transfert… Une évolution… Mais la passion est toujours là…

 

 

Passion créatrice, voilà le titre de mon blog… Un titre qui en a fait sourire plus d’un… Pourtant… La passion est le moteur du processus de création. Elle est le lien étrange qui unit l’écrivain et son texte. Révélation tardive ou besoin précoce, elle est toujours le résultat d’un parcours personnel.

 

Il y a autant de façon d’écrire qu’il y a d’auteurs. Quelques uns utilisent leur récit comme un laboratoire linguistique… Certains restent spectateurs de leur œuvre pour en maîtriser le courant, ou, au contraire, se laissent aller au fil des lignes et des événements qu’ils imaginent.

 

Il en est, enfin, qui ont un rapport fusionnel avec l’écriture qui devient alors le reflet d’un état d’âme, d’une tension personnelle…

 

Petit sondage... Selon vous, l’écriture est-elle le reflet d'une passion ? d'un besoin? d’un état d’âme ou d’une simple opportunité ?

 

Pour en apprendre encore plus au sujet de Claude Colson... link

claude-colson.monsite-orange.fr

 

 

Photo Christine Brunet  Christine Brunet

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Christine Brunet interroge *M*C, auteur du recueil de poésie "je t'aime"

Publié le par aloys.over-blog.com

http://chloedeslys.buygoo.net/users/1913/52/32/14/avatars/114-78.jpg*M*C... drôle de nom de plume me suis-je dit la première fois où je l'ai vu apparaître. Que cachait-il? Une poésie? Un roman? Une femme? Un homme? Rien de tels que deux astérisques et deux majuscules pour attiser l'imagination...


Je suis donc allée à sa rencontre ou, plutôt, c'est *M*C qui est venue vers moi pour publier un petit texte sur l'écriture...

Et comme le renard de La Fontaine attiré par l'odeur du fromage, je me suis enhardie à lui poser quelques questions complémentaires...


Pourquoi avoir choisi la poésie comme moyen d'expression et pas le roman ou la nouvelle?

 J'ai choisi la poésie parce que c'est ce qui sortait... comme je l'ai déjà dit, je ne controle pas vraiment ce que j'écris. Parfois, j'écris des nouvelles, très courtes. Pour les romans, j'ai beaucoup de mal à garder le fil rouge tout le long d'une histoire: j'ai déjà essayé pour divers concours et ça demande beaucoup de travail alors que quand j'écris, c'est sur le moment, sans penser à l'orthographe ni à la grammaire, je n'ai pas le temps de retravailler mes poésies. De toute facon, je n'aime déjà pas les relires, elles sont écrites sur le vif et c'est comme ça que j'écris. 4-up-on-2010-04-02-at-18.59.jpg

 

"Ma méthode d’écriture n’est pas vraiment une méthode, ce n’est en rien quelque chose de difficile. J’écris pour ressortir mes sentiments et mes émotions. J’écris ce qui arrive dans ma tête et qui descend alors jusque dans mes doigts. Parfois ce n’est qu’à la fin de mon texte que je me rends compte de ce que j’ai écrit. C’est un peu comme si je ne le contrôlais pas mais mon “atout” qui le fairait pour moi. Quand j’écris, je ne réfléchis pas, mes mains écrivent ce que mes pensées lui disent, ce n’est même pas moi qui commande ! " (Blog d'Aloys, texte du 01/06/2010)


Comment et quand t'es-tu mise à l'écriture?

J'ai commencé à écrire en 1ere secondaire, j'avais alors 12 ans. Mes poésies ne ressemblaient pas trop à grand chose mais elles étaient là, écrites sur le vif, comme je continue de faire. J'ai écrit la première fois à la suite d'un garçon que je trouvais très mignon à l'époque, mais qui s'est révélé être un con de toute façon. Au moins, il m'a appris à écrire, il a été l'élément déclencheur sans jamais le savoir !

 
En visitant ton blog, une drôle de photo m'a sauté aux yeux... je dois avouer qu'elle y est pour partie à cette interview... Tu m'expliques ?

J'ai beaucoup de photos qui sont restées sur mon pc depuis ma jeune adolescence, la photo du poignet est simplement l'une d'entre elles. J'essaie de prendre des images qui s'associent à ce que j'écris d'une façon ou d'une autre et cette image là correspondait à la poésie qui http://storage.canalblog.com/61/39/41198/53741080_p.jpg la suit.

  I'm still here

  I'm not dead yet

 I know I'm not invisible 

       Even if that's what you make me feel

         I won't let you get me into this... (Extrait)



Te sens-tu en phase avec ta génération, tes amis, la société ?

 Je me sens beaucoup plus en phase dans ma génération qu'à l'époque où j'ai écrit mon livre. Des fois, mais je crois que c'est un peu comme tout le monde, je me sens déconnectée mais j'ai des amis incroyables qui me remettent vite sur terre!http://idata.over-blog.com/3/91/53/25/Je-t-aime-je-te-hais-couverture.jpg

Là où j'ai toujours le plus de mal c'est la génération par rapport à mes parents ou d'autres adultes. Je n'ai pas été éduquée comme mes frères et j'ai grandi beaucoup par moi-même...  je suis devenue totalement différente de ma famille. 

Le design de ton blog dégage une atmosphère très particulière: en es-tu consciente ? 

Le design a été refait l'année passée. Avant c'était rose et noir. J'aime la couleur noire pour le blog car c'est la couleur de la souffrance. Elle est très présente dans beaucoup de poésies alors je voulais garder ça.

Pour la bannière que je viens de refaire, elle est dans tes tons plus joyeux que la premiere, un air de dire "je m'en sors pas si mal que ça" et le gris est venu à la suite des couleurs de la bannière, tout simplement. Je me rends un peu compte que c'est une atmosphère spéciale, je m'y sens un peu "chez moi" donc les autres y voient par là mon univers et s'ils ont vu la version précédente, ils peuvent voir l'évolution entre la *M*c du livre et l'actuelle...

 

Des questions, j'en ai encore des tas, mais je n'ai plus envie d'en poser, juste de vous faire partager tout un poème... Laissez-vous emporter !

Secret dévoilé

Tu es le seul qui connaisse trop
Tu es le seul à connaître une partie
Du tabou que je porte comme fardeau
Tu m'as laissée partir sans rien dire

Pourtant tu es toujours revenu
Comme si je n'avais jamais quitté
On ne s'était en fait jamais perdu
Aujourd'hui on peut enfin se retrouver

Désormais je porte un nouveau secret
Celui de ton image dans ma tête
D'une envie de se revoir
Pour plus d'un jour cette fois

J'ai tant de choses à te prouver
Te montrer et à m'excuser
De ces erreurs passées
Serait-ce assez pour être pardonnée?

Tu es le seul qui connaisse
Ce que personne d'autre ne sait
Tu es le seul à porter mon secret
Comme si c'était le tien

Comme si même de loin
Tu faisais attention à moi
Comme si ce serait à moi
De venir plus près de toi

J'essaierai tant que je le pourrai
Te prouver tant que je te verrai
Te montrer tant que tu seras
Je serai alors dans tes bras

 

*M*C

Venez rejoindre *M*C sur son blog !    http://pleinelunenuit.canalblog.com/

 

 

 

Photo Christine Brunet CHRISTINE BRUNET

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NATHALIE MARCON: je laisse vivre mes personnages... Un interview de Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

http://nathalie-marcon.com/nuit.jpg

Nath-2010.JPG

 

 

Ouvrons le site de Nathalie MARCON...

 

 

 

 

Et c'est le monde enchanté de notre enfance qui refait surface, impromptu, rafraîchissant, tout doux...link

 

Mais il est vrai que toute ma jeunesse a été bercée par les histoires fantastiques des contes que je lisais et relisais en boucle... Un imaginaire qui a abreuvé mon esprit, assis ma culture du roman, de l'histoire, de l'écriture, tout simplement...

 

 

Le conte de fée... Un genre à part, selon moi... Un monde d'enfant créé par les adultes...

 

Je me suis alors demandée comment Nathalie Marcon imaginait ses histoires, comment elle donnait consistance à ses personnages féeriques. J'ai voulu savoir si son processus créatif était semblable au mien... ( Il faut dire que j'écris des polars... ), persuadée que la construction d'un conte est aussi éloignée de celui d'un policier que la 5e symphonie de Beethoven l'est d'une création de Crankset... tout en appréciant ces opposés de la diversité créative, bien entendu !

 

Et voilà les réponses que j'ai obtenues...

 

Que représente l'écriture, pour toi?

L’écriture est pour moi un exutoire, un besoin, un amusement, bref, une nécessité qui me permet de m’épanouir dans la vie. Quand j’écris, mes problèmes s’évanouissent comme par enchantement, je suis déjà à ce moment précis dans un conte de fée.

  http://nathalie-marcon.com/fee.gif

Comment imagines-tu tes récits?

 Pour créer mes histoires, je me base souvent sur des événements réels de ma vie, événements que je transforme, que je romance. Il suffit d’un tout petit fait pour que l’aventure commence. Je ne sais jamais à l’avance ce qui va arriver à mes personnages. Je ne fais pas de plan, je mets simplement en place les protagonistes et ensuite, je me retrouve comme plongée dans un film où je ne suis qu’observatrice ; je laisse vivre mes personnages.

Moi, je n’ai aucun mérite, je ne fais que relater ce qui leur arrive. Je suis d’ailleurs souvent surprise de la direction que peut prendre une histoire ! Quand j’écris un conte de fées, je vis ce conte et c’est ça qui est merveilleux. L’idée de « Maud et le pouvoir des fées » est venue le jour où plusieurs papillons sont venus se poser sur la robe de ma fille, il y avait quelque chose de magique, c’est à ce moment que mon esprit s’est mis à vagabonder…  Quant au « Château imaginaire », tout part d’un rêve que j’avais fait.

 http://nathalie-marcon.com/nathalie.JPG

 

 

Depuis quand écris-tu?

 J’ai toujours été attirée par l’écriture. Toute petite, j’étais fascinée par les livres. Les dessins, les couleurs et les lettres qui étaient couchées sur le papier m’envoûtaient.

Adolescente, j’adorais écrire mais je ne me croyais pas douée car je détestais les rédactions.

http://www.bandbsa.be/contes/chateaurecto.jpgJ'ai compris bien plus tard que ce que je détestais en réalité c’était de devoir exposer ma vie au professeur (exemple typique de rédaction : qu’avez-vous fait pendant les vacances ?)

En réalité, c’est pendant cette période de l’adolescence qu’écrire était devenu pour moi un rêve. Rêve que j’ai mis de côté jusqu’à la naissance de ma fille. Ma fille ne semblait pas s’intéresser à la lecture, j’ai donc trouvé comme astuce de lui écrire des petites histoires où elle était l’héroïne. Je suis finalement contente de moi car ce truc a fonctionné !

 

 

"Tu as de la chance, Nathalie..." pensais-je à cet instant de son texte. J'ai écris une aventure pour mon fils, huit ans... Une histoire de zombies extraterrestres... Il en est toujours au 5e chapître... Je suis visiblement moins douée pour me projeter dans l'univers des enfants...


Comment en es-tu arrivée à te faire publier http://nathalie-marcon.com/couverture.jpgchez Chloé des Lys?

 Ce sont des amis qui m’ont conseillé de publier ce que j’écrivais. C’est comme ça que tout a commencé…

 

Des projets?

Pour l'instant, je suis en train de travailler sur une comédie policière. Je change carrément de style, ça me fait du bien car je peux ainsi me lâcher un peu plus au niveau de l'écriture; dans cette comédie, je ne suis pas obligée d'employer des phrases simples...

De plus, je m'amuse beaucoup en l'écrivant, tout ce que je peux dire c'est que certains personnages cumulent les catastrophes !

 

Sur ton site, tu parles de ta fille et de son goût pour la lecture mais aussi pour l'écriture...

Maud aujourd’hui dévore les livres, le fait de lire l’aide à s’évader.

Elle a écrit une petite nouvelle intitulée « Les fleurs de Clarisse ». Il y a maintenant deux ans, grâce à cette nouvelle, elle a gagné le concours de « Femmes d’aujourd’hui ».http://www.nathalie-marcon.com/photoavecmaud.JPG

Elle a également écrit d’autres petites histoires mais je ne les ai pas encore mises sur le site.

Elle a plutôt une bonne imagination (meilleure que la mienne !) et je pense de temps en temps à sortir un livre qui reprendrait tant ses nouvelles que les miennes. Ce serait sympa de faire quelque chose ensemble ! Elle adore également dessiner et est plutôt douée. Elle pourrait, si j’arrivais à lui dégager un peu de temps, illustrer nos histoires.


C'est étrange comme le processus de création paraît aller de soi, se suffisant à lui-même. Une image, un fait bénin, et l'imagination de l'écrivain fait le reste, un peu comme une source qui grossit au fur et à mesure du récit, des aventures, de la construction des personnages pour devenir un fleuve qui emporte tout sur son passage, l'auteur comme le lecteur...

Si l'écrivain tente d'en maîtriser le courant, il se laisse souvent emporter et s'étonne du résultat final... si éloigné du petit avatar du début: il a donné la vie...

 

Pour en savoir plus au sujet de Nathalie Marcon, lisez l'interview de l'ACTU... link

 

 

Christine Brunet

 

Cet interview est paru sur le blog "recreaction" le 25/04/2010

 

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Georges Roland: mes récits sont des divertissements...

Publié le par christine brunet /aloys

http://georges-roland-auteur.wifeo.com/images/photogeorges.jpgMon premier contact avec Georges Roland fut lors de sa présentation sur le forum des auteurs de Chloé des lys... Un court texte plein d'allant truffé de mots que je ne comprenais pas... Piquée au vif, j'ai voulu en savoir plus sur ce personnage atypique qui, en guise de perruque, porte sur sa photo une perruche ... En dérogeant un tant soit peu de la trame habituelle de mes interviews, je lui ai demandé de se présenter...


 Né à Bruxelles au sortir de la deuxième guerre mondiale, je suis un parfait bâtard belge, tiraillé entre cultures flamande et francophone. Et je n'aime ni les caricoles, ni la gueuze.


Qu'est-ce que tu dis en bas de ça, fieu ? 


Tu peux dire que je suis un Brusseleir récalcitrant et mangeur de poulet, un kiekefretteranar, en quelque sorte.


Révérence parler, mon sabir belgicain vaut bien l'english pidgin qu'est devenue la langue française, ce qui ne m'empêche nullement de la défendre contre l'invasion mondialiste. Je dis nonante-neuf au lieu de quatre-vingt-dix-neuf, je mange des pistolets, du cramique, et bois de la kriek et de la faro. À mes yeux, cela vaut mieux que d'utiliser des raccourcis anglo-saxons et de se ruiner l'estomac avec des chiens chauds rebaptisés, en guise d'assujettissement à la tendance.


http://georges-roland-auteur.wifeo.com/images/nivelles.jpgJe suis chauve, mais pourquoi se couvrir la bille d'une perruque, alors qu'une perruche, en plus, est capable de chanter et de parler ? J'orne donc ma calvitie d'une calopsitte.

 

Qu'est-ce que je vous disais ? Je présume que pour un Belge, ce vocabulaire coule de source... Mais pour une pauvre provençale exilée en Auvergne, c'est "une autre paire de manche"... De toute façon, j'ai ouvert un dictionnaire bruxellois/français sur internet... je suis au point !

Tu as une bibliographie importante... Depuis quand écris-tu et quelles sont tes sources d'inspiration ?


À dix-sept ans, je m'imaginais mélange : un tiers de Hendrik Conscience, un tiers de Victor Hugo, un tiers de Paul Verlaine, et surtout, un grand tiers de Albert Camus.


On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans.


L'appel de la scène fut un déclic, je m'investis dans des interprétations, des mises en scène, et enfin, l'écriture. Je montai des pièces pour enfants, pour adultes, initiai des adolescents à la magie du théâtre. J'écrivis des textes de chansons, des nouvelles, des romans. Tout le bataclan, quoi ? 


Quand on aime, pourquoi s'embarrasser plutôt que de s'embraser?

 

Tes histoires sont très ancrées dans le terroir...   Pourquoi ?

Je suis avant tout belgo-bruxellois.


Bruxelles et la province de Brabant apparaissent dans tous mes romans. Ils en sont les décors récurrents. Certains auteurs sont voyageurs impénitents, avides de découvrir la Terre. Moi, je reste sur place, chez moi, avide de connaître MA terre. C'est un peu comme si je voyageais autour de ma chambre.http://georges-roland-auteur.wifeo.com/images/BROL1.JPG

 

Est-ce que je n'ai pas intérêt à sortir de chez moi ? J'ai passé mon existence entre les USA, l'Eire et la Belgique. Ma fille habite Madrid, a épousé un Argentin de Buenos Aires. J'ai vu des villes merveilleuses, des villages inoubliables, Istanbul, Montevideo, El Djem, Colonia de Sacramento... et tout cela me ramène à Bruxelles, au Brabant. Pourquoi faire partir mes personnages de par le monde, alors qu'il se passe tant de choses dans la rue à côté ?


Tes récits jouent avec les mots, les attitudes comiques, loufoques... Pourquoi ce choix ?

 
 La farce et l'auto-dérision sont les mamelles de la bruxelloise attitude. C'est ce que nous appelons la zwanze. Notre langage est sans vergogne, criblé de rires, dégoulinant de bières incroyables, et sans doute imbuvables pour un étranger (Baudelaire a comparé la faro à de la bière deux fois bue) ; de plus, il ne faut jamais perdre de vue que notre emblème est un... Manneken Pis !


En tous temps, la fiction l'emporte dans mes récits. J'adore les fruits capiteux de l'imagination, et l'ivresse de commander le destin de mes personnages. J'aime cette phrase de Victor Hugo dans Océan : « La raison, c'est l'intelligence en exercice, l'imagination, c'est l'intelligence en érection.» Elle est le fil rouge de mon écriture. L'imagination, qui manque tant à notre époque de chroniques biographiques et de télé réalité au goût amer de déjà vécu. Créer des personnages-reflets d'êtres réels, mais sublimés par l'imagination, mis dans les circonstances les plus dramatiques, les plus loufoques, les plus tendues, par un auteur-marionnettiste, voilà où je trouve ma plénitude. Plus que de moi-même, j'ai besoin de ces gens ―non pas des héros, des anti-héros, des super-héros, simplement des ectoplasmes de l'imagination, qui me suivent partout, se trainent ou galopent dans les rues de mes délires. Ils sont conscients de vivre dans une pièce de théâtre, dans un roman, et ne se privent pas de le dire au lecteur, au spectateur. Car l'imagination doit friser le délire, elle doit être outrancière, décalée, nettement distincte de la réalité, puisqu'elle en est issue.

http://api.ning.com/files/8-p3w3RQ5y5KYJfc37d3*3kG*0B-Py-c3vt30Mf*cI6Z7tV6TUYLx*qe-8WRk2gbz6XlmWwHX8menjbewKMV*bLACNdwG0Ml/clercrecto.jpg?size=173&crop=1:1Mes récits sont des divertissements, non des compte-rendus, des dépliants de voyage ou des témoignages sur le vif. Ils sont, justement, la déraison, sans oublier que «Ex nihil, nihilo» rien n'est issu de rien, les personnages, les situations, les décors qui glissent le long de ma plume vers le clavier de l'ordinateur, sont il est vrai, bien réels, tout juste transformés.


C'est le lot du surréalisme.


J'ai laissé tomber depuis un moment mon dictionnaire bruxellois/français, happée par les mots de Georges Roland... Et je me surprends à imaginer ses ectoplasmes de l'imagination qui peuplent  des décors rocambolesques...


Le texte qui va paraître chez CDL est-il de la même veine?CDR-couv24.jpg

 

Justement... Je veux insister sur le fait que le récit (roman anarchronique) qui va paraître chez CDL est écrit en "bon français" et que je n'utilise le dialecte bruxellois que dans certains romans (entre autres la suite de polars humoristiques "Roza et le commissaire Carmel"). Un peu (en toute humilité) comme Pagnol avec sa trilogie. Je te signale que César- Fanny- Marius lui ont été inspirés par une pièce jouée en bruxellois, et qui a eu un succès considérable (on la joue toujours chaque année à Bruxelles) "Le Mariage de Mademoiselle Beulemans".


A une époque où il faut un dictionnaire anglo-saxon pour comprendre sa propre langue, il me paraît rassurant d'apprendre qu'il existe aussi sur Internet un dictionnaire de bruxellois (bien que, souvent, il soit composé par un non-zinneke(né à Bruxelles) et donc erroné).


Cart1eR.jpgJe dois ajouter que ma langue maternelle est le Flamand, que j'ai appris le Français à l'école, et que c'est sans doute pour cela que je la révère tant.

 

Un nouveau tournant dans ton processus de création?

Je te déçois tout de suite, il ne s'agit PAS DU TOUT d'une évolution dans l'écriture, plutôt une trajectoire parallèle.

 


Textes comiques, humoristiques, surréalistes mais aussi poèmes... Toute une panoplie qui permet à Georges Roland d'exprimer librement son ressenti, de jouer avec le style et les mots pour donner une autre dimension à ses textes et proposer au lecteur un univers aux sensations plurielles...

Auteurs, musiciens, sculpteurs (...) ne sont-ils pas amenés  à multiplier peu à peu les formes d'expression pour atteindre le plein épanouissement de leur passion créatrice ?

 

Il ne reste plus qu'à lire ses textes... avec ou sans dictionnaire... parfois avec un petit sourire aux lèvres en laissant notre imagination faire le reste.

 

C'est tout ce que je demande à un auteur: me faire rêver, me faire voyager... Pas vous ?

 

Allez à la rencontre de Georges Roland sur http://www.bernardiennes.be  et  http://www.georges-roland.com

 

Christine Brunet

Interview donné le 11/07/2010 pour le blog "recreaction"

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Publié dans interview

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Christine Brunet interroge ALAIN MAGEROTTE: "il était une fois, au siècle dernier, en l'an 1994 après J-C..."

Publié le par christine brunet

Il était une fois un écrivain mystérieux... Ma rencontre avec Alain Magerotte pourrait commencer de cette façon... un peu comme ses réponses aux questions que je n'ai pas manqué de lui poser...

Ce qui fait que j'ai envie de parler de lui? Très simple... le petit interview qu'il a donné en janvier 2009 pour le blog de Chloé des lys... 

 

D'abord une image... comme je les aime qui, immédiatement, m'emmène ailleurs...http://storage.canalblog.com/72/70/156207/34481949_p.jpget puis la réponse à la question: "t'écris quoi?"... Des nouvelles fantastiques et policières... A partir de là, plus possible de résister... Heureusement, il a accepté de jouer le jeu...

 

Dis, depuis quand écris-tu?   

 

     Ce n’était pas prémédité… je vais vous parler d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître :

Il était une fois, au siècle dernier, en l’an 1994 après J.C. pour être précis, trois fanas des «Guignols de l’Info» et de Groland (plus tard) qui lancèrent, sur les lieux de leur travail, un «opuscule corrosif» comme le qualifiait de manière pontifiante leur DG de l’époque. Pour l’appellation dudit opuscule (un périodique serait plus juste), après avoir hésité entre «Napalm !» et «Le Canard Déchaîné», les trois lascars jetèrent leur dévolu sur cette dernière.   

  

Durant 6 numéros, «Le Canard Déchaîné» allait amuser, intriguer, irriter… personne n’était épargné, pas même les auteurs qui fonçaient gaillardement à travers tout, sachant pertinemment bien cependant que «ce n’était pas n’importe quand, encore moins n’importe où, et certainement pas n’importe comment, que l’on peut rire de n’importe quoi avec n’importe qui». Une vérité proférée, en son temps, de manière plus simple, par Pierre Desproges si je ne m’abuse.   

    

http://www.bandbsa.be/contes/magerotte3recto.jpgBref, assez ri… après deux convocations chez le DG… les trois snipers rangent leur stylo et leur fiel allure, après avoir été priés, notamment, de ne plus se payer la tête de la classe politique, des religions et de leur… Directeur.


Je me suis donc retrouvé en mal d’écriture (c’est que j’y avais pris goût, moi…). Compatissant à mon désenchantement, un de mes deux acolytes me signala qu’un concours de Nouvelles était organisé par le Club Simenon à Verviers…http://www.bandbsa.be/contes/magerotte2recto.jpg


Je me suis lancé à l’eau (je n’avais jamais écrit de nouvelle)… quelques mois plus tard, j’ai reçu une lettre tapée à la machine me signalant que je n’étais pas lauréat. Cependant, au bas de ladite lettre, écrite à la main, il y avait cette phrase : Je tiens à vous signaler que votre Nouvelle a retenu l’attention de certains membres du Jury.


C’était à la fin de l’hiver 96-97. Je mis un terme à mon hibernation en me lançant dans l’écriture de Nouvelles. Nous étions en mars 97.

 

Tu y as partiellement répondu mais... enfin... Pourquoi tu écris ?

Parce que je suis complètement ludique et abominablement sadique.


http://www.bandbsa.be/contes/magerotte1recto.jpgLudique… j’ai toujours fait de la détente et de l’amusement, des priorités. Cela m’amène au plaisir de raconter des histoires et, de préférence, des histoires qui sortent de l’ordinaire, ce qui me permet de rendre celui-ci… moins ordinaire. J’ai toujours été un amateur de fantastique. Ma série culte est La quatrième dimension.

 

Tiens, moi aussi... mais j'en faisais des cauchemars...


Sadique… ben oui… je ne voudrais pas vivre ce que vivent certains de mes personnages ! C’est tellement jouissif de se dire que cela ne m’arrivera pas… et que… dès lors… tiens, je vais en remettre une couche (Ah ! Ah ! Ah ! – ricanement sadique, évidemment). Au fait, suis-je vraiment certain que cela ne m’arrivera pas ?.... (Ah ! Ah ! Ah ! – rire moins franc teinté de la couleur jaune).

 

Que t’apporte l’écriture ? A te lire, je m'en doute, bien sûr... Alors ?

L’évasion, ma bonne Dame, l’évasion ! Le rêve ! Ça me rappelle que, enfant, lorsque je sortais d’une salle de cinéma, il me fallait un moment avant de me réconcilier avec l’affligeante et banale réalité. Pendant une heure et demie, je m’étais laissé transporter par l’action, les couleurs, les personnages. Tout me paraissait beau, grand, merveilleux. Dehors, tout me semblait gris, terne, étriqué.


http://www.bandbsa.be/contes/magerotte6recto.jpgD’après ce que j’ai lu, tu as choisi la prose pour t’exprimer : pourquoi ?

Parce que j’ai le sentiment que c’est ce que je fais de moins mal. Je ne suis pas insensible à une certaine forme de poésie mais ce n’est pas mon truc. Respect total cependant. Je suis d’ailleurs plus sensible à la poésie lorsqu’elle est mise en musique. Par exemple, j’écouterai plus volontiers La ballade des pendus par Reggiani (superbe !) que je ne lirai l’oeuvre écrite de François Villon. Un autre exemple : certains poèmes d’Aragon… un must lorsqu’ils sont chantés par l’immense Ferrat !


Comment construis-tu tes histoires, tes personnages ? Inspiration réelle ? Plus à l’aise dans le genre «Nouvelle» ou le récit au long court ?

Pas de plan. Pas de règles définies. Je pars dans l’inconnu, c’est la bouteille à encre. Evidemment, la brume se dissipe au fur et à mesure et cela, après avoir souvent changé de cap.


Il m’est aussi arrivé, chemin faisant et suite à une réflexion personnelle sur une attitude ou un fait constaté, de me dérouler l’histoire dans la tête et de la retranscrire d’un seul coup d’un seul, une fois arrivé à destination. Ce fut le cas, notamment, avec la Nouvelle Levieil homme et la pluie (BIZARRERIES EN STOCK , 2004)… Je me rendais au boulot à pied, il pleuvait. J’ai croisé un vieil homme, il tenait un parapluie. L’idée m’est alors venue de raconter l’histoire d’un vieil homme qui ne sortait que les jours de pluie. Pour lui, l’eau c’était la vie et le soleil… la mort !


http://www.mabiblio.be/wp-content/uploads/2009/02/Scan%20cover%20Magerotte004%282%29.jpgEt puis, il y a les Nouvelles «frigo». J’écris plusieurs pages et, oups, je cale. Une idée me vient mais je ne la trouve pas suffisamment bonne… une autre idée, je ne suis toujours pas satisfait… je la mets alors au «frigo» et passe à autre chose. Il y en a ainsi que je termine deux, voire trois ans, après leur «démarrage». Ce qui me permet d’enfin les terminer ? Une envie tenace de vouloir aller jusqu’au bout liée au fait que je n’ai rien «sur le feu» à ce moment-là.    


Nouvelle. Ce que j’aime dans l’écriture d’un recueil de Nouvelles, c’est qu’on se retrouve dans dix ou quinze histoires différentes. Il faut en quelques phrases, planter le décor, présenter les protagonistes… faire preuve de précision, de  concision.


Le roman est plus une épreuve de longue haleine… je me sens davantage dans la peau d’un coureur de 100 mètres que dans celle d’un marathonien. Mais qui sait, peut-être qu’un jour… quand me viendra l’idée d’une histoire qui nécessitera un plus long développement.

 

Que ressens-tu quand tu écris ? Un besoin ? Es-tu proche de tes personnages ou très détaché ? 

AlainDu plaisir, encore du plaisir, toujours du plaisir ! Le plaisir est un besoin vital, n’est-il pas ?

Cela dépend. Quand il s’agit d’une jolie femme, j’aime autant être proche (rires). Bon, plus sérieusement, je raconte souvent mes histoires à la première personne, mettant ainsi mes inhibitions de côté pour franchir plus facilement les barrières d’une certaine pudeur. C’est une soupape que je fais sauter, ce qui me permet d’aller encore plus loin dans le délire ou la logique paranoïa.

Je suis présent dans les trois-quarts de mes récits… mais à doses homéopathiques.

 

Chaque écrivain a une façon bien à lui d'aborder l'écriture... Il y a ceux qui ont besoin d'un plan, d'un fil conducteur sur lequel ils construisent leur récits, d'autres qui laissent aller leur plume au fil de l'imagination, d'une idée qu'ils développent à l'extrême, d'un mot qu'ils ont entendu ou d'un visage qu'ils ont entr'aperçu. Alain Magerotte est de cette dernière catégorie... 


Qui d'entre nous ne s'est pas dit en se relisant: ouah ! c'est moi qui ai écrit ça ? Non... Pas possible ?! Mais où est-ce que je suis allé chercher tout ça ?


L'Inspiration... C'est la seule réponse possible... La passion d'exprimer ce petit "truc" immatériel qui nous possède... et nous oblige à créer...

 

Alain Magerotte n'a pas de site mais chacun pourra le retrouver sur facebook... et dans L'ACTU link

 

 

 

 

 

Photo Christine BrunetChristine Brunet, interview paru le 18/07/2010 sur le blog "recreaction"


http://recreaction.over-blog.org

http://aloys.over-blog.com


Publié dans interview

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