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fiche de lecture

Ta mémoire, pareille aux fables incertaines – De Christian Eychloma, lu par Edmée De Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

De ce livre paru chez Chloé des Lys dans la série « Collection », il y a beaucoup beaucoup à dire, et ainsi je dois en dire peu, pas trop en tout cas, pour ne pas gaspiller les surprises…

Christian Eychloma nous offre ici une histoire – des histoires qui n’en sont qu’une, ou une histoire qui en est plusieurs ? – fascinante. Et déroutante.

On part à l’aventure en direction d’Ouranos, provenant déjà de la colonie Atlantis. Loin loin de la terre, mais pourtant enfants de la terre, oui. Adaptés, au fil des ans et inventions, à ces nouveaux paysages, bonheurs et dangers. Anaïs, son frère et ses parents apprendront le coût de la justice-injuste, de la compassion, des questions que l’on ferait mieux de ne pas se poser, des risques pris pour avoir usé du cœur et non simplement obéi aux ordres. Toutes les bonnes intentions, n’est-ce pas, n’ont pas forcément d’heureux résultats. Et la révolte gronde, les soumis ne le sont pas autant qu’on le croit.

Est-ce la même histoire, ou une autre, ou quoi ? Mais bien des années plus tôt c’est Camille, son frère et ses parents qui quittent l’Algérie pour la Nouvelle Calédonie. Le vaisseau n’est plus spacial mais il craque de toute sa charpente contre les flots, pendant un long long voyage vers l’inconnu. Tout est à apprendre, la nourriture, les paysages, les dangers, les douceurs, et la justice-injuste, la tentation de l’idéal, du respect de l’autre, les risques énormes pris pour y arriver. Et la révolte des Kanaks gronde, gronde.

Anaïs et Camille peuvent-elles échapper à leur destin ? L’amour qui voit fleurir leur passage à l’âge adulte peut-il est le grand amour ?

Et là, entre ces deux poches de temps, Lucien se pose plein de questions, a des impressions, des besoins de savoir, et frappe à une porte (la bonne) où il réalise qu’en fait… aujourd’hui est-il hier ou déjà demain ? Comment expliquer les similitudes de scenarii dans certaines familles ou groupes humains ? Edgar Cayce… comment savait-il ce qu’il savait, et n’avait pas appris ? (Je me le demande aussi…). Sommes-nous, serons-nous, étions-nous, ou tout à la fois ?

Bien des questions, de celles qui nous ont à tous traversé l’esprit en passant, et que souvent on a repoussées d’un m’enfin, je vois trop de films… Et pourtant, qui sait, qui savait, qui saura ?

Une aventure passionnante, 278 pages qui vous ont emportés, heu, vous emportent, ah zut, vous emporteront bien loin ! Mais on en revient !

 

Edmée de Xhavée

 

Publié dans Fiche de lecture

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Carine-Laure Desguin a lu "Silencieux tumultes" d'Edmée de Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

 

SILENCIEUX TUMULTES pourrait être le prochain feuilleton de l’été, celui que des millions de téléspectateurs attendraient angoissés chaque vendredi soir, avec sur le bord des lèvres des questions vitales qui leur feraient oublier le gratin enfourné depuis belle lurette ou la séance chez leur psy préféré: Mais pourquoi donc la fille de Léonie reste-t-elle avec cet homme qui…? Et, aux environs du troisième épisode, le suspens étant à son comble, Quelle est cette beauté peinte par XXX (je ne peux tout dévoiler !) sur ce tableau digne d’un impressionniste, mais qui donc est-elle ? Ce visage ne m’est pas inconnu…

Car tous les ingrédients sont présents, plusieurs générations prises dans les tumultes d’un entrelacs d’amours et de désamours dans une grande maison très stylée entretenue par des domestiques et des jardiniers, pour faire de cette saga qui commence en 1928 et qui se termine en 2009, un succès télévisé ou mieux encore, une adaptation cinématographique qui se nommerait Au vent en emporte le temps.

Mais ce xième livre d’Edmée de Xhavée, c’est bien plus que tout ça, c’est 196 pages écrites dans un style d’une rare poésie, avec des allusions aux légendes régionales, aux recettes d’une savoureuse cuisine de terroir, à des objets inusités et presque inconnus de nos jours.

Et je ne peux donc résister au plaisir de vous offrir quelques lignes de ce petit bijou qui devrait s’inscrire d’ores et déjà au sein du patrimoine culturel de la province de Liège.

Page 55 :

Sur la table ronde empire marquetée et cerclée de cuivre ciselé et étincelant, de superbes dahlias jaillissent d’un vase chinois, tandis qu’un Val Saint Lambert, juché sur le petit guéridon japonais laqué rouge, offre sa transparence à un plumetis de grappes de verges d’or, dont les tiges feuillues s’élancent en se croisant, vigoureux traits verts dans le cristal de l’eau ou la lumière tremble.

Page 83 :

Derrière la haute haie de troènes, le jardinier des voisins poussa sa tondeuse, et l’odeur de l’herbe coupée lui parvient au gré du souffle de l’air chaud de cette journée de mai. De gros nuages galopent épars dans le ciel, troupeau vaporeux dans un bleu autrement pur.

Page 174 :

Elle prend soin de laisser les lumières allumées dans la maison, et de les voir prendre vie à mesure que la nuit s’assombrit, imaginant, derrière chacune des fenêtres éclairées, les silhouettes de ceux qui ont habité ce lieu avant eux.

Alors, convaincus ? N’hésitez pas, ouvrez la porte de cette belle maison et laissez vous emporter par les souffles de ces silencieux tumultes.

Silencieux tumultes, Editions Chloé des Lys, 2018.

 

Carine-Laure Desguin

http://carineldesguin.canalblog.com

 

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Christine Brunet a lu "De glace et de feu" T2 de Cathie Louvet

Publié le par christine brunet /aloys

Wouahou ! Eh bien ! C'est le cri du coeur lorsque je pose le T2 de la trilogie de Cathie Louvet "De glace et de feu". 

Vous connaissez l'auteur : elle tient un blog très pointu sur le roman policier et historique, analysant à fond chaque livre qui a la chance (ou la malchance pour certains) de passer entre ses mains. 

Après avoir lu le T1, je me suis plongée avec intérêt dans ce second opus. 

Tout d'abord très déstabilisée par les premiers chapitres : le lecteur n'est plus propulsé dans l'univers vicking mais sur le "vieux" continent en 819 aux côtés de Louis Le Pieux... En quelques lignes, nous plongeons au coeur des intrigues de Cour, des calculs politiques, des affres d'un pouvoir de droit divin tiraillé entre politique et religion. Personne n'en réchappe et le lecteur s'aperçoit que les femmes sont loin d'y jouer un rôle de second plan... plus machiavéliques et manipulatrices dans un univers masculin où les prélats jouent dans la cour des grands. 

En quelques lignes, la plume de Cathie, précise et documentée, nous embarque... jusqu'au style très travaillé au vocabulaire parfois vieillot qui colle à l'époque et rend le récit plus que plausible, réaliste et vivant.

Devant nos yeux ébahis défilent les grands noms qui ont fait l'Histoire... et tous les obscurs, les petites mains qui s'y sont agités. On contemple la chute inéluctable des Carolingiens et l'opportunisme des rois vickings à l'affût. 

Eh oui... Les vickings reprennent leur place à la fin du premier quart du roman pour notre plus grande joie... Ils apparaissent et disparaissent au gré des actions coup de poing sur les côtes d'abord puis dans les terres, profitant de la faiblesse des pouvoirs en place. Ils pillent, tuent, ravagent... Jeu du chat et de la souris, confrontation et imbrication de deux mondes, de deux civilisations. Tiens, saviez-vous que les vickings prirent Paris, Chartres, Poitiers, Blois, Tours... Rien ne leur résistait : l'île de Ré comme Bordeaux, Blaye, Fonsac, Ste Foy, Agen, Toulouse, Arles, Nîmes, mais aussi Amiens, Abbeville... Et les héros du premier tome reprennent leur place !

Impressionnant de comprendre soudain comment ces deux peuples que tout séparait (à part leurs conflits internes) ont construit les bases de notre monde moderne.

Une fois de plus, l'auteur nous fait voyager au coeur d'une période méconnue de l'Histoire mais ô combien fondatrice. 

Peu de dialogues : Cathie privilégie l'action, les descriptions, les faits historiques, la construction des personnages, l'Histoire avec un grand "H" étant, en fin de compte, le personnage principal de ce second tome. Alternance entre grande et petite histoire, le vrai et le faux s'entremêlent pour notre plus grand bonheur.

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

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Carine-Laure Desguin nous propose un extrait de sa pièce de Théâtre "Le transfert"

Publié le par christine brunet /aloys

 

EXTRAIT :

……

L’infirmière  Voici ce, ce …, docteur, le voici !               

Le docteur(opinant de la tête, se grattant le menton, réfléchissant intensément)  Encore un ! Un de plus !

L’infirmière (rigide) Oui docteur, il en est ainsi, désormais. Nous ne pouvons plus inverser le processus. Le Comité Central décide. Sa décision est irréfutable. Irréfutable.

Le docteur  Il est donc trop tard, le processus est lancé !

L’infirmière  Le processus démarre bien ! Très bien !

Le docteur  Encore un ! Un de plus !

L’infirmière  Eh oui, docteur, un de plus.

 

Le Patient est assis sur son lit. Il tourne la tête vers celui ou celle qui parle. Pas de désarroi dans son regard. Uniquement de la résignation.

 

Le docteur  Le comité Central trouvera une solution. Ou n’en trouvera pas. Cela est-il voulu ou pas ? Tout est possible. Les interrogations me submergent. Tout cela est tellement étrange.

L’infirmière  Tout est possible, docteur, tout.

Le docteur  Êtes-vous certaine que pour celui-ci aussi… ?

L’infirmière  Certaine, docteur. Pour celui-ci, aussi, il en est ainsi.

Le docteur  Un de plus !

L’infirmière  Oui docteur, un de plus !

Le docteur  Un de plus !

Le docteur  Oui, docteur !

Le docteur  Encore un !

L’infirmière  Les couloirs deviennent trop étroits. Ce procédé est la seule solution. Et puis, nous devons vivre avec notre temps et un hôpital se doit d’être à la mode ! On suit le mouvement ou pas ! Soyons progressistes !

Le docteur  Un de plus !

L’infirmière (toujours sur un ton froid et d’une voix blanche) Un de plus, oui, docteur.

Le docteur  Incroyable !

L’infirmière  C’est la réalité, docteur.

Le docteur (réfléchissant et articulant le mot)   La REALITE ! Et dans cette réalité, un patient n’existe pas ! Est-ce donc possible de ne pas exister dans une réalité ? Eh bien oui, ici, c’est possible !

L’infirmière (d’une voix appuyée, sûre d’elle) Oui, c’est la réalité, docteur, ce patient n’existe pas, il ne rit pas lorsqu’il voit un clown et il veut jouer à un jeu qu’il considère comme une punition. Tout ceci nous fut encore confirmé voici quelques minutes à peine. Je vous le répète, ce patient n’existe pas. C’est la réalité, docteur.

Le docteur  Et dans cette réalité, il y aura bientôt plus de patients qui n’existent pas que de patients qui existent. Un comble ! Quelle réalité ! Quel échec pour la médecine ! Quel échec pour le monde politique ! Quel échec pour la nation ! Des patients qui n’existent pas !

L’infirmière  Oui, beaucoup, beaucoup d’inexistants. Chaque semaine amène un lot supplémentaire d’inexistants. Docteur, le Comité Central nous le demande instamment, ce mot patient est interdit dans ce cas, ne l’oubliez plus. Merci.

Le docteur (marquant son sentiment par une grimace et s’adressant au patient)  Alors, mon brave, il paraît que vous n’existez pas !

L’infirmière  Docteur, un peu de psychologie. Merci de sélectionner vos mots.

Le docteur  Sélection, sélection…

Le patient  (résigné, comme s’il s’attendait à ce nouveau statut) Le robot m’a remis un carton blanc. Un carton blanc, d’un blanc presque transparent. C’était le signe. Je m’en doutais. C’est comme ça, lorsque les souvenirs deviennent douloureux, on glisse vers la voie de la non-existence. J’ai lu tout cela dans une certaine littérature. Mais j’ai si mal de me souvenir. Alors, j’abandonne.

Le docteur  Je ne vous apprends rien. Vous ne guérirez pas de cette inexistence. Cette pathologie est incurable. Il se dit que des recherches sont en cours…

L’infirmière  Docteur, l’inexistence est un état, et pas une maladie !

Le docteur  Il me plaît de penser qu’un patient sur un lit d’hôpital souffre d’une pathologie ou l’autre. Pathologie qui reste à déterminer. Dans le cas contraire, tout deviendrait inquiétant.

L’infirmière  On ne guérira jamais de l’inexistence. L’inexistence est un état. L’inexistence n’est pas une maladie.

Le docteur Quels sont donc les paramètres de cet inexistant ?

L’infirmière  On est dans l’incapacité de prendre les paramètres d’un inexistant ! Où voulez-vous inscrire les paramètres ? Dans le non-espace ? Et les heures des prises de ces paramètres ? Dans le non-temps ? Docteur, secouez-vous et n’oubliez pas que le Comité Central reste à l’écoute!

Le docteur  Oui, je comprends, je comprends. Les paramètres ne se prennent pas car il est impossible de les transcrire. Bien que le thermomètre, le tensiomètre et le saturomètre soient eux, bien réels. Et vous, mon brave, vous comprenez, n’est-ce pas ?

L’infirmière  Docteur, sélection des mots, sélection des mots. Merci. Et je persiste à le dire, les paramètres ne se prennent pas chez un inexistant.

 

Un temps

 

Le patient (parlant très lentement)   Je commence à vraiment, vraiment  tout comprendre. L’inexistence est belle et bien incurable. De nos jours, hélas, les inexistants tombent dans l’oubli le plus total, ils n’intéressent encore personne. Nous ne sommes pas assez nombreux. Je suis un inexistant. Je suis un incurable. Je suis un inexistant. Je suis un incurable. Je ne ris pas lorsqu’un clown s’approche de moi. Je suis un inexistant. Je suis un incurable. Mes souvenirs me font mal, très mal.

L’infirmière  C’est d’ailleurs bien normal ! C’est logique ! Les inexistants n’ont pas de dossiers ! Leurs dossiers se sont engloutis dans le néant virtuel. La prise des paramètres reste impossible ! Comment voulez-vous effectuer des recherches alors que les dossiers de base n’existent pas ?

Et que justement tout laisse à supposer que ces dossiers sont tombés dans le néant virtuel afin de procéder à une élimination naturelle. On ne peut pas soigner ces inexistants puisque ceux-ci deviennent inexistants afin qu’on ne les soigne plus ! Ceci est bien une élimination naturelle, docteur !

Publié dans Textes, Fiche de lecture

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Christine Brunet a lu "L'Astronaute" de Séverine Baaziz

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Couverture verte (et pour cause), petits personnages debout sur des avions en papier qui traversent la page, voici le tout pemier visuel que j'ai eu du 3e roman de Séverine Baaziz... Image originale pour un récit qui ne l'est pas moins !

Comment qualifier "L'astronaute" ? Voyons... Quelques adjectifs : déstabilisant (pour qui a lu les deux premiers romans), court (plus une longue nouvelle qu'un roman), monochrome (là, faut lire), fou, dingue, absurde... Dis, Séverine, tu l'as écrit sous l'emprise de quel psychotrope ?

Le personnage principal est givré, l'aventure est loufouque... tellement que, du début jusqu'à la fin, on se demande si Michel Bracowski, l'astronaute mou, malléable, psychologiquement instable, n'est pas simplement le fruit du rêve cauchemardesque d'un esprit caché mais pourtant si présent en tre les lignes, un être jamais nommé mais qui raconterait sa vie très agitée... ou, qui sait, un drogué en plein délirum tremens. Bon, je ne vais pas jusqu'à accuser l'auteur, hein... N'est-ce pas, Séverine ? On ne sait jamais... si je me transformais en Kröte.surprise

"L'astronaute" est un conte absurde dans lequel le lecteur s'englue. Quelques sourires timides vite effacés par des grimaces de dégoût. Berk, berk, berk... Coâ ? Coâ ? Coâ ?

Le texte, très visuel, olfactif, tactile, est très original, montrant ainsi toute la virtuosité de la plume de Séverine Baaziz.

Je ne saurais trop vous conseiller de vous embarquer, aux côtés de Michel Bracowski, dans ce voyage abracadabantesque. Difficile de vous en dire plus sans déflorer les sensations et les surprises qui vous attendent. Un conseil, pourtant : accrochez-vous ! Restez sur le qui-vive, tous vos sens en alerte : vous allez en prendre plein les mirettes !

Coup de coeur inattendu !

Petite confidence de Séverine... c'est ma désespérance de la nature humaine qui m'a donné envie d'écrire cette histoire, certaines actualités dramatiques comme la "crise des migrants", la montée des populismes. La crainte, aussi, que le pire possible puisse dépasser notre imagination, que les hommes puissent se surpasser d'insatiabilité et de cruauté. Un "stop !" que je hurle sur papier. 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

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Carine-Laure Desguin a lu "La septième porte" de Serge Guérit

Publié le par christine brunet /aloys

Paris, juin 1969. Ils sont quatre amis et entre deux soirées bien arrosées dans les caves à jazz, ces gais lurons élaborent des itinéraires pour leurs prochaines vacances. Mathieu Maimort est libraire (très qualifié puisqu’il a fait un stage chez un maître en reliure), Willy est mécanicien, Chris est l’artiste de la bande et Jeanine, elle, est éducatrice et surtout la petite amie de Mathieu. La route du soleil et des festivités estivales post-soixante-huitardes semble donc se profiler à merveille.

Sauf que…

Jeanine vient tout juste d’acquérir sur une brocante un étrange coffret contenant des figurines qui représentent des chevaliers engoncés dans des cottes de maille et à la suite d’une coïncidence (vraiment ?), elle devient aussi propriétaire d’un livre mystérieux à la couverture de cuir antique. Ces deux objets insolites intriguent Mathieu et lorsqu’il s’aperçoit que le livre est écrit en trèèèès vieux français et qu’il met en évidence des mots comme XXX et XXX (je ne peux tout révéler quand même), il veut absolument en savoir plus. Et donc, Mathieu Maimort, aidé de ses trois complices mènent les investigations en vue d’élucider des mystères vieux de plusieurs centaines d’années.

Les quatre élus (oui oui ce sont bien des élus, vous comprendrez ça à la page cent soixante-cinq) remonteront les pistes, et quelles pistes ! Citons par exemple celle de Pierre de Tilieux, un des anciens propriétaires du coffret…Pierre de Tilieux empalé sur une fourche à paille…Alors, coïncidence ? Malédiction ? Je me pince, je dois absolument me taire…

Ils traverseront la France (c’est les vacances après tout) dans une vieille auto surréaliste et raffistolée par Willy, un mécanicien aux mains d’or. À Chartres, à Bourges et à Clermont-Ferrand, nos intrépides feront l’acquisition de documents leur permettant d’élucider les secrets de ce bouquin écrit en antique français.

La septième porte, c’est un livre passionnant écrit avec pas mal d’humour, des informations historiques (ça, vous vous en doutiez) et des clins d’œil aux technologies existant dans les années soixante.

Peut-être que vous aussi vous apprendrez des choses étonnantes sur vos origines, pourquoi pas ? Car pour éveiller votre curiosité, encore une chose … Mathieu Maimort apprend qu’il s’appelle en réalité Mathias de Milmort et qu’il est le descendant d’un chevalier pas si net que ça. Alors, convaincu cher futur lecteur ?

Je vous invite à découvrir la suite de ce road-movie historique en lisant La septième porte, le premier roman de Serge Guérit. Ce thriller vous entraînera sur les pas des croisades et surtout vous découvrirez la face cachée de l’histoire ainsi que d’autres importantes révélations.

Lisez jusqu’au bout, jusqu’à ce passage au sujet de cette vieille auberge, c’est là que vous franchirez la septième porte. Alors, laissez-vous séduire par cet énigmatique chevalier qui sur la couverture de ce livre édité par les éditions Chloé des Lys semble vous narguer, vous et personne d’autre. Oui, vous. Alors, coïncidence ou simple rendez-vous avec l’histoire de vos origines ?

Carine-Laure Desguin

http://carineldesguin.canalblog.com

 

 

Publié dans Fiche de lecture

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Une chronique de l'ouvrage de Salvatore Gucciardo, Le voyageur intemporel, signée Martine Rouhart sur le site de l'AREAW

Publié le par christine brunet /aloys

Une chronique de l'ouvrage de Salvatore Gucciardo, Le voyageur intemporel, signée Martine Rouhart sur le site de l'AREAW

 

Personnellement, depuis l’enfance il m’arrive de pénétrer dans l’intimité des peintures. Tout à coup l’instant merveilleux jaillit, un furtif serrement dans la poitrine, une sensation confuse. Un point de tableau me happe, tout vacille, mon être se tend et s’envole, léger comme un elfe, pour se poser dans un repli du paysage. C’est presqu’une illusion d’impression, mais je la ressens, je suis rentrée dans le paysage, je suis devenue la peinture.

Il y a un peu de cela dans le livre de Salvatore Gucciardo, et ceci, à plusieurs égards.

Tout d’abord, le roman est en résonance profonde avec l’univers cosmique qui inspire presque toutes ses peintures, et la lecture du livre y renvoie sans cesse.

Ensuite, c’est par ce phénomène étrange, cette sorte de pouvoir de « rentrer dans les peintures », que débute le roman.

Renato, 22 ans, a acheté une toile représentant un monstre aquatique (un poulpe) avec, à ses côtés, une femme nue vue de dos. Il fixe le tableau et soudain, tout se brouille dans sa tête, il est pris d’un malaise. Il se réveille dans un palais. Il y est accueilli par le monstre, qui lui présente sa femme Era (qui n’est autre que la femme du tableau acheté par Renato). La beauté d’Era trouble grandement le jeune homme qui en tombe passionnément amoureux.

Nous ne raconterons pas ici l’histoire, une vaste épopée qui entraîne Renato (rebaptisé Ini) dans de nombreuses péripéties (l’on ne peut s’empêcher, tout au long de la lecture, de voir passer des images de certains épisodes de Games of Thrones). Les épreuves qu’il a à surmonter les unes après les autres doivent finalement le conduire à subir l’Epreuve du Savoir et alors, enfin, à s’unir à Era.

Au-delà de l’histoire proprement dite, il s’agit surtout d’une sorte de conte philosophique et poétique, où le merveilleux se mêle à l’effrayant, le sensuel à la brutalité.

C’est le récit d’un très long rêve qui est en même temps un voyage initiatique dans le temps et dans l’espace, un voyage au bout duquel Renato trouvera la connaissance, l’indépendance et donc une forme de liberté.

L’on y lira des réflexions de nature philosophique intéressantes, comme celles sur le destin des artistes dans notre monde, ou encore, sur la solitude.

« La solitude est un virus incurable. Elle est en nous depuis notre naissance. Elle ne connaît ni le bien, ni le mal. Elle est intemporelle et se nourrit de chair humaine. Lorsqu’elle se manifeste, elle accapare notre personne et nous emprisonne de ses multiples tentacules. Aussitôt, les terres de l’âme s’irriguent. L’eau se met à s’agiter. L’écume se forme et se faufile dans les galeries intérieures, emportant avec elle des gerbes d’espoir, des racines d’amour, des liens d’amitié. Bientôt, une vague océane couvre le tout ».

Le style est très poétique, essaimé de métaphores ; une écriture onirique qui fait écho aux œuvres picturales de l’auteur-poète qui démontre que Salvatore Gucciardo est un Artiste complet.

 

 

Martine Rouhart

Romancière, poète et critique littéraire

12 mars 2019

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Joseph Bodson chronique "Fractures" de Laurent Dumortier sur le site de l'AREAW

Publié le par christine brunet /aloys

https://www.areaw.be/laurent-dumortier-fractures-nouvelles-chloe-des-lys/

Laurent Dumortier a déjà publié plusieurs romans et recueils de nouvelles, qui relèvent le plus souvent du genre fantastique. Mais, au fil de ces publications, son talent s’affine, et il lui suffit de quelques pages, de quelques phrases, pour nous plonger au coeur du mysttère.,

Un humour très inventif, très original, comme à la page 7: sans brusquerie, en douceur il s’impose au départ des choses elles-mêmes, des situations. A la page 13, les humains ont l’air d’automates, ils sont eux-même manipulés Rien de voulu, de concerté, un tumulte d’événements. Des brèves de désespoir?. Ailleurs, dans Ambre Laca, par exemple, ce sont les animaux qui s’attaquent aux hommes. Dans De la poudreuse à Noël, une véritable vision d’apocalypse. Ou bien, p.71, Echoué, une métamorphose qui fait un peu songer à Kafka, un homme  à écailles.

Un vol de livres bien imaginé…de littérature noire, bien sûr, mais je ne vais pas tout vous raconter. La gastronomie, l’argyromètre…de quoi vous régaler…

Bonne lecture!

Joseph Bodson

Publié dans Fiche de lecture

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Séverine Baaziz a lu Dans un grand champ de nuages blancs, le premier roman de Philippe Dester (de son vrai nom : Philippe Desterbecq)

Publié le par christine brunet /aloys


 

Je ne sais pas vous, mais moi, il y a des livres qui ont beau attiser ma curiosité maintes et maintes fois, je ne les lirai pas. La vie étant trop courte pour tout lire, probablement la raison fait-elle sa sélection. Et puis, il y en a d’autres qui s’imposent comme par évidence. Ce fut le cas du livre de Philippe.

Un titre qui sonne, une couverture qui interpelle, et surtout un sujet qui m’a toujours littérairement fascinée : la vie après la mort. Tant de déclinaisons possibles, tant d’invitations à l’intime et à l’universel... Une thématique qui a d’ailleurs donné vie, pour ceux qui s’en souviennent, à mon premier roman.

Comment Philippe, lui, allait-il donc bien pouvoir aborder la grande question de l’après ?

 

J’ouvre le livre et, immédiatement, le point de départ de l’histoire fait écho à un autre livre que j’ai beaucoup aimé : La chambre des merveilles de Julien Sandrel. Même fait divers tragique : un adolescent de seize ans, sur un skateboard, est percuté par une camionnette. Dans La chambre des merveilles, le garçon tombe dans le coma ; dans le roman de Philippe, il se retrouve dans un grand champ de nuages blancs. Se pourrait-il qu’il s’agisse d’un clin d’œil ?

 

L’histoire, maintenant.

Alex, l’adolescent, assis sur son nuage, s’entend annoncer par une voix qu’il est mort, certes, mais aussi, oh joie, oh bonheur, qu’il a la possibilité de redescendre sur terre. Evidemment, ce n’est pas si simple. Il faut qu’il accepte le deal. Ou autrement formulé : les missions. Lui qui croyait, naïvement, pouvoir retrouver un semblant de vie normale, ses proches, eh bien le voilà embrigadé dans une course qui le dépasse, celle des échelons de la vie spirituelle. Mais de quelles missions s’agit-il ? Que peut-il espérer ? Et surtout parviendra-t-il, si jeune, à faire le deuil de sa vie terrestre ?

 

Désolée, mais je ne vous en dirai pas plus.

J’ajouterai simplement qu’en plus de la thématique de l’au-delà explorée avec originalité, Philippe croque avec  justesse l’âge adolescent, la place de l’amitié, la fougue des premiers amours, mais aussi la cruauté de la maladie... J’ai failli fondre en larmes plus d’une fois. Je me suis agacée de cette voix angélique parfois insidieuse. Bref, je me suis prise au jeu de l’histoire et, une fois le livre refermé, les personnages si attachants ont continué à m’accompagner : Alex, bien sûr, mais aussi madame Peyrac, Ornella, Amir, Aglaé...

 

Une seule question : à quand la suite, Philippe ?

 

Disponible en ligne : https://www.editionsdusaule.com/produit/dans-un-grand-champ-de-nuages-blancs/

 

SEVERINE BAAZIZ

 

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La valse des infidèles – Beaudour Allala (lu par Edmée De Xhavée)

Publié le par christine brunet /aloys

 

Un livre paru en 2013 aux éditions Chloé des lys. Il m’avait tapé dans l’œil à l’époque et puis je l’avais oublié. Jusqu’à ce qu’une connaissance « de goût » m’en reparle, me dise qu’elle l’avait beaucoup aimé, ce livre.

Alors il m’a fait à nouveau tant de clins d’yeux que j’ai cédé à la tentation. Et ne l’ai pas regretté. Bienfaisante tentation…

Douze personnages à un bal. Et autant d’infidélités. Chacun vit la sienne. Oh, rien de monstrueux, juste des infidélités qui se sont imposées, présentées. Au conjoint ou… à soi. Infidèles à l’idée d’aller jusqu’au bout, infidèles à celle d’admettre devant tous que oui, c’est arrivé et… Infidèles à sa propre vie et ce qu’on en attendait.

« Sur les murs un papier peint représente les dunes d’un désert, le désert du mariage, le désert de l’ennui, le désert du désir… Et, lorsqu’on s’en rapproche, on peut y distinguer une silhouette errant sur les dunes, celle du corps de l’amante dont la carnation se fond aux teintes des grains de sable pour disparaître au moment où on s’en éloigne ».

Des hommes et des femmes infidèles, en souffrance, en résurrection, en départ pour une autre vie. En deuil pour toujours comme dans cette nouvelle où à ce bal se retrouvent par hasard à la même table un homme et une femme qui furent, il y a de cela vingt ans déjà, amants. Mais il avait cédé aux moralistes et était devenu le triomphe de sa femme. Ce soir il est malade, a le cheveu gris, les paupières lourdes, la peau du cou relâchée. Elle aussi a la chevelure toujours dense mais blanche. Vingt ans de manque, ça a son poids. La souffrance de l’amour interdit les transperce à nouveau, et alors qu’elle se place derrière lui et pose les mains sur ses épaules, rien que ça, « toute la chaleur de son vieux corps me transperce. L’émoi envahit encore mon vieux cœur. Je retire ma main et m’éloigne en la refermant, pour garder, en son creux, ce vide qui aura tant rempli ma vie ».

J’ai aimé la franchise avec laquelle ces infidélités sont traitées, sans jugement bien ou mal, avec juste l’épaisseur des remords, de la douleur, et tout l’amour qui vibre de mille tremblements parfois éphémères.

 

110 pages infidèles, Editions Chloé des lys 2013

 

EDMEE DE XHAVEE

 

Publié dans Fiche de lecture

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