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fiche de lecture

Josy Malet-Praud a lu "Une belle époque" de Kate Milie

Publié le par aloys.over-blog.com

Visuel Auteur - PDNAUNE BELLE EPOQUE

Kate MILIE

Editions Chloé des Lys, 2009

 

Pour écrire un bon roman, il faut, dit-on, du talent, du travail et de la chance. Le talent chez Kate Milie ne fait aucun doute, le travail est perceptible à toutes les pages, quant à la chance, on peut se demander si elle en a vraiment besoin…tant les deux premières conditions sont remplies et suffiraient.

On dit aussi que pour –faire- un bon roman, de ceux qui sont accueillis avec enthousiasme par les lecteurs, il faut avoir quelque chose à dire, l’écrire avec passion et dans le plaisir. Kate Milie a des messages pertinents à délivrer, une culture à partager et le fait avec une ferveur indiscutable. Ses lecteurs le sentiront, qui liront avec un plaisir certain ce roman très complet et, à mon avis, parfaitement réussi.

C’est un roman étonnant. Par une structure hors du commun, comme à travers la richesse sociologique et culturelle de son contenu, la finesse des intrigues, l’art d’installer à point nommé les séquences de tension, et cette faculté assez rare de pouvoir conjuguer l’ensemble pour dérouler une histoire très actuelle, parfaitement cohérente et captivante de bout en bout. On oscille entre le passé et le présent, le réel et le virtuel ; la cadence maitrisée exclut toute monotonie ou longueurs soporifiques, le style est personnel et soigné, adapté aux ambiances, l’écriture est belle... J’ai savouré !

 

La Belle Epoque, au sens historique, est celle autour de laquelle cinq internautes réunis dans un salon virtuel vont se trouver liés par la fascination pour un peintre et celle des mots.

La passion pour un peintre du 19e, Gustave Klimt, m’est apparue comme la partie émergée du roman où les profondeurs vont révéler peu à peu les replis clairs-obscurs des comportements humains, filtrés –souvent9782874594281 1 75 masqués ou déformés- par les effets trompeurs du virtuel. Nul doute que la Belle Epoque exerce un véritable pouvoir de séduction sur Kate Milie qui offre d’ailleurs au lecteur un fragment généreux de la vie de Klimt ; et l’on appréciera aussi le regard rationnel, bien éclairé, qu’elle porte sur le développement des relations sur le net, une toile dont le principe même favorise des rapports si souvent nébuleux.

 

Deux univers parallèles s’enchevêtrent, se nourrissent l’un de l’autre pour conduire le récit jusqu’à son terme. Un épilogue inattendu qui, sans laisser le lecteur sur sa faim, le surprendra encore, une dernière fois.

« La belle époque » a du succès. Il ne peut en être autrement. C’est à mes yeux une très belle réussite, la première pierre sur laquelle Kate Milie peut sans crainte construire un édifice : une carrière d’écrivaine.

 

Josy Malet-Praud©Nov.2010

www.lascavia.com

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Carine-laure DESGUIN a lu "Orages" de Céline Gierts

Publié le par aloys.over-blog.com

http://www.bandbsa.be/contes/desguin1.jpg

 

Cette histoire est une histoire d'amour. Une très très belle histoire d'amour.

Ma note de lecture pourrait s'arrêter ici, car tout est dit. Une très belle histoire d'amour.

 

L'auteure, Céline Gierts, ne s'encombre d'aucune fioriture, d'aucun détail pouvant nous distraire de l'émotion partagée entre elle et il ...

Une femme: elle

un  homme: il

Où ? Tout près d'un champ de blé, tantôt sous le soleil, tantôt sous l'orage...

Quand? L'espace d'un été, j'aurais presque envie de dire l'espace d'un soupir, l'espace d'une respiration...

 

Dès les premières pages, des images et une musique se sont glissées à travers ce premier roman à l'avenir très prometteur. L'été 42, vous vous souvenez de ce film ? La musique ? Une musique qui nous immerge doucement entre les vibrations d'amour  de cette femme à la robe légère et de ce jeune homme ...

 

Un mari absent pour toujours, des enfants partis en vacances pour tout l'été...

Devant sa terrasse, un champ de blé...Et un homme, un de ces hommes que le soleil rend magnifique...

 

Orages, c'est l'histoire d'un très grand amour, un de ces amours qui ne s'annonce pas et qu'il ne sert à rien de combattre, un de ces amours qui se vit dans l'instant présent et dont on garde sur le corps et pour le reste deorages---cover--.jpg notre vie, le souvenir de la douceur d'une caresse et de la profondeur d'un regard.

 

Et tout cela, sans jamais rien se dire ...Les dialogues sont quasi-absents mais l'auteure, par sa connaissance de la psyché humaine, écume si facilement les souffles des sentiments que les phrases se lisent et s'absorbent comme le sable se gonfle des petites vagues de l'océan, à petites doses ...

 

Elle, croyait que plus jamais elle ne pourrait partager la douceur d'un drap...Par ses silences, sa présence, sa compréhension de l'autre, ses gestes sensibles et délicats, il, inconsciemment, lui a prouvé tout le contraire...

Un amour généreux ...

 

L'écriture ? Légère ...Les mots sonnent justes et se cadrent sans aucune prétention dans le canevas sentimental...

Un livre de 177 pages dont je ne peux que souligner la quasi-perfection de la mise en page et mis en valeur par la couverture, une aquarelle signée Dominique Baneton.

 

Et vous ne me demandez pas comment se termine cette histoire ? Elle se termine ? Le croyez-vous ? Vraiment ?

 

Vous vous souvenez de La route de Madison, quand Clint frôle de sa belle main d'homme le chapelet accroché à son rétro et que Meryl souffre tellement, s'accrochant à la portière de la voiture ...

Les dernières images de Orages sont bien mieux. Beaucoup mieux ... 

 

P149 :...il est des amours qui n'exigent pas de "toujours" ni de présence éternelle, dont la liberté rend l'instant absolu et unique, dont la rencontre nous nourrit à jamais ...

 

 

 Carine-Laure Desguin

carinelauredesguin.over-blog.com

 


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Gauthier Hiernaux a lu "Les romanichels" d'Edmée de Xhavée

Publié le par aloys.over-blog.com

gauthier hiernaux2En commandant ‘Les Romanichels’ d’Edmée de Xhavée, je m’attendais à lire un roman sur les gens du voyage. Mais de gitan, il faut attendre les vingt dernières pages pour en entendre parler…

 
Alors quel argument pourrait-il justifier un tel titre puisque les héroïnes du livre font partie de la classe bourgeoise (et parfois nobiliaire) de la Belgique du 20ème siècle ?

 
En outre, quand on évoque les Tziganes, on a plutôt tendance à les imaginer vivre en famille alors que les problèmes relationnels des mères et des filles (Mado et la Centauresse, Adrienne et Suzanne, Suzanne etE de Xhavée Les Romanichels Olivia), leur incapacité à se comprendre et à vivre ensemble sont au centre de ce roman.


Pour ma part (et il ne s’agit là que d’une interprétation), je pense qu’Edmée de Xhavée a songé à ce titre en raison des rapports qui lient Olivia et sa mère, Suzanne. Une métaphore de deux cultures différentes qui se côtoient de loin et qui, en raison de leur méconnaissance, ont des idées aussi fausses qu’arrêtées l’un sur l’autre. Je laisse à l’auteur le soin de donner sa version, si elle en l’a pas encore fait.      


Quoiqu’il en soit, ‘Les Romanichels’ est un très bel ouvrage dont j’ai lu, avec délectation chaque soir, quelques pages.


Même si cet type de roman n’est pas mon genre de prédilection, je me suis régalé des (més)aventures des deux familles, m’arrêtant parfois sur une phrase dont j’appréciais la musicalité ou une situation que je déplorais.


L’auteur nous fait voyager et enivre son lecteur avec bonheur d’odeurs, d’atmosphères et de sensations. De l’Italie profonde aux marchés d’Aix en passant par nos vertes campagnes wallonnes, elle nous dépayse, elle nous transforme en spectateur-voyageur.


Car, après tout, les Romanichels, c’est peut-être tout simplement nous, ses lecteurs…

 

 

Gauthier HIERNAUX

grandeuretdecadence.wordpress.com

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Christine Brunet a lu "Changements" de Laurent Dumortier

Publié le par christine brunet /aloys

ma photo

 

J'ai lu Changements de Laurent Dumortier...

 

La quatrième dimension, vous connaissez, bien sûr... avec Changements, inutile d'allumer votre téléviseur... Elle est là, entre chaque page, au fil des nouvelles qui égrainent les situations inquiétantes ou surprenantes.

 

Tout commence comme un jour normal... juste le temps de s'installer confortablement dans le récit comme on s'installe dans un bon fauteuil... Tout se passe bien... enfin jusqu'àL Dumortier Changements un certain point... 

 

On arrive alors au point final de la nouvelle avec étonnement en se demandant ce qu'on a raté et quand... Vous savez, c'est comme au début de la série... écran noir et parasites... La première fois, on se lève et on va voir ce qui ne cadre pas, on teste la prise...

 

Avec ces histoires, même réflexe la première fois puis on passe à la seconde nouvelle plus méfiant en se demandant à quel moment la situation va nous échapper. Inévitablement elle dérape à nouveau et nous reprend au piège...

 

Un livre que j'ai lu d'un trait, le sourire aux coins des lèvres et les sourcils froncés...

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

www.aloys.me

www.passion-creatrice.com

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Christian Van Moer a lu "un, deux, trois, soleil!" de Josy Malet Praud

Publié le par aloys.over-blog.com

http://www.bandbsa.be/contes/chrismellone.jpg

 

J’ai lu Un, deux, trois, Soleil ! le recueil de Josy Malet-Praud édité chez Chloé des Lys.

 

par Christian VAN MOER

 

 

Un, deux, trois… Soleil !

Le starter vous lâche dans la course. Au trésor ? Au bonheur ?...

Comme l’écrit justement Marie-Claire George-Janssens, qui préface joliment l’œuvre de Josy Malet-Praud :

Il est certes des ciels plombés d’injustice, de misère, de menaces, d’hypocrisie, de colère, des ciels sans espoir, des ciels de mort et de vengeance. Viennent aussi les jours de soleil, de soleil d’après l’orage, de soleil espéré, les jours de rire, de cœur en balade. 

Il est bien réconfortant d’espérer avec l’auteur que le soleil finira bien par faire revenir le beau temps après la pluie.

Sous le titre Un, deux, trois, Soleil ! sont réunis 22 textes de facture variée, de longueur inégale, émouvants, surprenants, originaux qui, sans jamais l’enfermer dans l’édification ou la moralisation, déroutent le lecteur vers une réflexion ou une rêverie.

 

LES PRINCIPAUX THÈMES

 

- Le soleil après l’orage :

Honneur au titre du recueil donc… Le thème de l’orage – meurtrier ou salvateur, vaincu ou triomphant – est bien présent chez Josy. Du sommet de l’Olympe, par la foudre, Zeus se rappelle au bon souvenir des hommes et trace toujours les messages divins au tableau noir du ciel.

 

- L’ange gardien :

Il illumine l’univers de Josy, et j’ai trouvé les récits qui illustrent ce thème particulièrement émouvants.

Divin ou humain, homme ou femme, objet de respect ou de dérision, l’ange gardien est là quand il le faut, mais ses pouvoirs sont limités : il fait ce qu’il peut.

Ainsi le père Gautier éloigne la jeune prostituée de l’avilissant trottoir ; Denis le S.D.F. sauve son jeune compagnon d’infortune de l’hypothermie fatale ; Galeo Ligalei – lisez Galileo Galilei, bien sûr –123soleil dessille les yeux de la « sage » Gabrielle dont le vote doit déterminer l’avenir de l’Humanité ; et saint Joseph empêche le crash d’un A320.

Par contre, malgré ses efforts, la doctoresse n’est pas parvenue à sauver le petit Juan et la maman de Sofia pourra-t-elle éviter à sa fille de mourir de son cancer du sein ?

 

- L’émancipation de la femme :

Pour la femme dans l’ombre, effacée, soumise, trompée ou exploitée, la lumière peut un jour venir.

Ainsi, la tapineuse retrouve la joie de vivre dans sa Pologne natale ; la jeune maîtresse d’un médiocre employé de banque est désabusée grâce à une facétie du Destin ; une femme au foyer modèle trouve la force de se libérer d’un tyran domestique ; une autre épouse parfaite, jusque-là uniquement préoccupée par le bien-être des siens, découvre enfin l’existence et l’importance de son « moi ».

 

- La condition humaine :

Pour décrire la condition humaine, l’auteur reprend, sous la forme d’une allégorie originale, le mythe du paradis perdu, du jardin d’Eden dont l’homme, créature divine, est violemment expulsé.

Dans le ventre de la mère – Nidville  – Moha est un fœtus  divin ; c’est « le Tout, la Conscience, la Connaissance, la Mémoire, le Mystère de l’Origine et de l’Avenir de l’Humanité. Mais avec le traumatisme de l’accouchement, tout bascule. En devenant homme, l’image de Dieu voit « sa conscience s’effilocher rapidement et sa mémoire égarer une à une toutes les clés du mystère ». 

 

Hommes ou femmes, avec leurs qualités et leurs défauts, les personnages de Josy sont attachants. Si quelques-uns viennent de l’ailleurs, vous reconnaîtrez aisément tous les autres pour les avoir déjà croisés ou côtoyés. Et ce qui vous sera peu à peu dévoilé, à travers leur histoire, c’est l’espérance derrière l’inquiétude, la sensibilité, l’humanisme de l’auteur.

 

L’ÉCRITURE

 

L’écriture de Josy Malet-Praud est impeccable. Sa langue est irréprochable et son style, travaillé sans outrance, élégant et attrayant. Josy a le don de dévoiler pudiquement le fond de sa pensée et maîtrise l’art de la métaphore pour typer un personnage ou décrire une situation.

Jugez plutôt.

 

- La pensée :

 

… il est des jours et des lunes, des saisons et des années où la poussière et la misère s’inclinent devant la dignité.

 

Elle laisse ses canaris voleter en liberté dans le logement. Madame Chapman porte un numéro à l’encre noire sur son poignet. Elle ne supporte pas les cages.

 

Les scientifiques donnent des clés pour ouvrir des portes. Mais… derrière se tiennent le bien de l’Humanité et le pire qui puisse lui arriver. Il suffit de si peu pour que les bonnes intentions débouchent sur l’enfer. L’Histoire sait de quoi je parle.

 

… l’Humanité crève de la vanité de croire en son éternité.

 

Et parce que cet Ancien aurait échappé à la peste de l’amertume et du renoncement, il sourirait.

Il dirait aux hommes de demain qu’ils ont encore le choix.

 

Alors, comme aux temps incertains de l’enfance, je convoque la lumière des jours plus heureux, l’antidote au poison lancinant des blessures tragiques.

 

Chassé de l’Olympe, tombé dans le Chaos, je suis né, m’acquittant du droit de passage dans l’Existence par la perte irrémédiable de la Conscience.

 

… dans les favelas d’Amérique Latine, des enfants qui n’ont rien, trouvent sous nos yeux déroutés par l’incompréhension, du bonheur à chanter en chœur et à danser au milieu de l’inconcevable.

 

… au milieu des sondes, des perfusions de la chimio, des petites têtes aux cheveux disparus, ce sont eux, enfants au destin peut-être éphémère, qui mènent la fête, nous rassurent et nous soutiennent dans – leur – épreuve.

 

-L’image :

 

Herbert, à moitié couché sur le tapis vert, maintint sa position précaire, grosse otarie en équilibre sur le rebord du billard noir.

 

Judith, une belle fille ronde à l’âge des moissons, cheveux longs ramassés en un faux négligé sur le haut de la tête. Echappées de l’ouvrage, des mèches rousses projettent des reflets mordorés sur un visage au teint de lait.

 

Un boulet de sarcasmes s’engage dans sa trachée : elle est prête à ouvrir les hostilités.

Les mots désobligeants et les reproches piétinent comme les sabots impatients des chevaux, juste avant qu’on soulève la barrière du champ de course.

 

Dans les yeux de Maria Rosa, j’ai vu passer la flèche incendiaire qui vise le cœur et le marque à jamais au fer rouge. Dans ses iris d’ébène, les cratères du désespoir se former.

 

Aux aguets derrière les meurtrières de ses rideaux faits main et jaunâtres comme la peau asséchée de son visage batracien, elle faisait le plein des petits riens de la rue qu’elle passait au tamis de son acidité, et rejetait aussitôt en paquets de scandales sous les portes des maisons du quartier.

 

J’ai su que c’était Lui et l’amour contenu sous la trappe de l’absence a jailli du fond des temps comme les laves incandescentes d’un volcan.

 

- Le mot de la fin :

 

Derrière la fenêtre,

Le soleil, la pluie, la neige, les saisons me sourient,

Derrière la fenêtre, le bonheur d’être toujours moi.

Toutes fenêtres ouvertes,

Je ris aux étoiles, aux comètes, aux oiseaux,

Je respire, je sens, je vois, j’écoute, je frémis.

J’aime le monde et je bois ses lumières,

Je laisse ma trace sur les lignes de la vie.

 

 

Bravo, Josy : Un, deux, trois, Soleil ! offre un bon moment de lecture.

 

 

Christian Van Moer  

christianvanmoer.skynetblogs.be

                                                                       

 

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Daniel Plasschaert a lu "Nouvelles entre chien et loup" de Micheline Boland

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http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ZOBDi4YLTJXs9M:http://www.bandbsa.be/contes"Nouvelles entre chien et loup", critique de Daniel Plasschaert

 

Entre rencontres inattendues ou espérées, attendues et rêvées. Entre bancs et fontaines, chambres d'hôpitaux et tables de restaurants, les personnages de ces nouvelles posent des questions au lecteur; une de ces questions parle de la fragilité du bonheur et du destin.

 

En un instant, tout peut basculer dans une vie. Dans un sens comme dans un autre, il suffit d'un regard, d'un objet, d'une attention qui se porte sur un détail insolite, d'un rayon de lumière, d'une toute petite décision prise au début de la journée.

 

À la lecture de ces nouvelles, on est tenté de jeter un pont entre elles et sa propre vie. On découvre des liens, des similitudes ou on les invente, on se revit en miroir, on pénètre dans le récit, on en fait partie.

 

Quelquefois nous vient l'impression de suivre tel ou tel personnage, dans la rue, dans un parc, on s'assied à sa table, on l'écoute parler ou penser. On anticipe ses réactions, on l'observe et l'on suit le cheminement de ses sentiments.

 

J'ai croisé Simenon dans ces atmosphères, certaines descriptions. Ce n'est pas Simenon, c'est sa compagnie discrète, en arrière plan. Comme s'il rêvait que ces petits tableaux psychologiques puissent devenir des intrigues. On n'en est pas loin.

 

L'un ou l'autre de ces personnages n'aurait-il pas des intentions cachées ? On ne le saura peut-être jamais. Où alors c'est à nous de pousser l'écrivain à devenir détective, oui, détective des âmes.

 

 

Daniel Plasschaert

danofsky.be


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Alain Magerotte a lu "Cartache !" de Georges Roland

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Alain

 

CARTACHE !

                                           Par Georges Roland

 

Le pauvre Carmel, Guy de son prénom, n’a pas le temps de souffler. Il vient à peine d’élucider un mystère que, potverdekke, un autre se présente à lui. Et alors là, question «mystère», notre Jules Maigret à la sauce «moules/frites» est servi.


Le mot de la faim (uniquement pour te mettre en appétit) : on retrouve quatre types étendus entre deux rames, la tête transformée en kip kap !


Qui a bien pu commettre de telles horreurs ? Quel monstre doté d’une puissance phénoménale a pu soulever un gros étau pour écrabouiller les têtes de Tichke Mosselbeuze, gardien de nuit, Léonard Deshonnelles, ingénieur, Clothaire Snotvinck, vieux nostalgique du tram et Jacques-Lionel des Haunarts, chef du dépôt ?


Ah, ça fieu, faut demander à la rame Monique, elle va te livrer le pot aux… Roza !… Roza qu’on retrouve avec plaisir ! Roza, la rame vedette du métro bruxellois et ses savoureux monologues brusseleirs !


Et puis, dans ce roman, il y a d’autres retrouvailles; la plupart des personnages rencontrés dans l’épisode précédent, C’est le brol aux Marolles.


A propos de plaisir, celui-ci gagne en intensité avec la présence de la pulpeuse ArletteG. Roland Cartache Carmel, plus excitante que jamais. Je me suis même laissé dire qu’elle était le fantasme de l’auteur… Georges, je te signale que tu n’es plus le seul à fantasmer sur la fille du plus célèbre limier de Bruxelles. Et comme toujours, alors que t’as deux asticots qui «zyeutent» sur une «tof meï», y a un troisième larron qui pointe sa frimousse et qui embarque la donzelle !... Holà, du calme gamin, je ne vois plus la limite entre la réalité et la fiction… mais, à tout bien réfléchir, y en a-t-il encore lorsqu’on s’applique à fond dans la lecture d’une histoire qui te tient en haleine ?  


Bon, celui qui embarque la craquante Arlette, c’est François «Susse» Moreau, un jeune inspecteur tout frais émoulu dans la police. 


Revenons-en à nos affaires… je parle des crimes, bien entendu. Comme dans tout bon roman policier, les suspects se bousculent au portillon. Parmi ceux-ci, un certain Léon Dingault, le roi de l’ «enkriekage»… comme Noël Godin est le roi de l’entartage !


Mais l’impatience te gagne, te ronge même… tu voudrais savoir, hein ?... Allez, je vais me montrer bon prince, je te donne une info sur cette affaire qui rend presque fou Guy Carmel : Mosselbeuze se prénomme, en fait, Jean-Baptiste, Tichke n’est qu’un surnom !   

  

Et puisque je suis dans les révélations, il serait peut-être temps de te dire ce que signifie le mot «cartache».


Une cartache c’est une grosse bille «œil de chat» en verre transparent avec flamme rouge ou jaune à l’intérieur. Mais une cartache c’est aussi un grand coup, sur le nez par exemple. Et ça, menneke, ça fait pas du bien ! Alors, pour qui le grand coup sur le nez ? Poser la question c’est y répondre si tu as lu avec attention cette note de lecture…


Euh, encore un mot sur la cartache… c’est également une partie bien précise de l’anatomie masculine qui tend à grandir et à se durcir face à une créature de rêve comme Arlette Carmel. Cette fille, comme l’intrigue, vaut le détour et cette fille, comme l’intrigue, te mettra dans tous tes états !

 

Alain Magerotte           

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MARTINE DILLIES-SNAERT A LU "LES ROMANICHELS" D'EDMEE DE XHAVEE

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MARTINEJ’ai lu « Les Romanichels » d'Edmée De Xhavée

 

 

 

                         Si j'ignore comment on retient les livres pour les prix littéraires, ce que je sais, c'est  qu'ici c'est un Goncourt que je viens d'achever. Quelles richesses dans ce récit! Amour de la vie, remise en question de soi et des valeurs inculquées, sincérité, aucune tricherie ! Comme Edmée De Xhavée a signé, avec « Les Romanichels », un livre riche!


C'est le seul commentaire que j'aurais envie de faire!     

 

                         Car enfin, je referme ce livre sur... trois semaines de lecture.

Ma lecture est terminée. Tristesse! Bonheur! Aucune ambivalence pourtant et il est rare que je prenne autant de temps  à lire 250 pages:  j'avais si  peu l'envie de l'achever, si peu l'envie d'abandonner les personnages qu'à chaque fois, je les laissais prendre forme. J'avais envie d'en savoir plus encore et encore plus sur chacun d'entre eux; or je savais qu'une fois le point final rencontré, ce serait fini. Et je voulais tout, sauf ça!

 

                         Abandonner les personnages,  quelle idée! On ne les abandonne pas quand on a la chance de connaître un tant soit peu l'auteur! Elle y est omniprésente. Mais quand même! Suzanne me manque! Et Mado, et Grand-Daddy, et Philippe, et. Sergueï, et..., et tous les autres!E de Xhavée Les Romanichels

 

Seul un chat ronronnant  manque à cette atmosphère de détente. Je souris en l'écrivant, car n'ayant pas dérogé à ma sacro-sainte habitude, une fois une cinquantaine de pages lues, je suis une fois encore allée voler les mots des deux dernières pages. Et ils furent ceux que j'attendais,  sans aucune surprise ni aucune déception. Que du contraire! Ils m'ont apporté la quiétude que je désirais avoir afin de pouvoir savourer tranquillement chaque réaction des personnages.

 

 

 

                         Edmée DE XHAVEE, grâce à sa sensibilité et à son style superbe, nous fait ressentir toutes les émotions vécues par les membres de deux  grandes familles partagées, tiraillées entre le sens du devoir et l'appel vers « l'ailleurs ». Chacun est acteur de sa propre existence mais ce sens du devoir en est bien souvent « le maître ». On ne fait pas une croix ainsi sur toute une éducation et il faut la sagesse des années pour pouvoir faire co-exister les deux et en retirer tout l'enseignement qu'il y a à en retirer.

 

                         Une semaine à partager avec sa mère fait vivre à Olivia la saga de sa famille dont elle ignorait quasiment tout hormis les convenances. A l'opposé, Angelina, la domestique, lui fait découvrir le sens profond du mot « vie » telle que la ressentent et la subliment  les Italiens et Italiennes. S'opposeront le « quant à soi » et « le plaisir du toucher », la « haute restauration » et les « petits restaurants familiaux », les rencontres de salon et celles des rues.

A chaque fois, les deux extrêmes,  en totale contradiction,  sont  aussi riches les uns que les autres. Tiraillement et dilemme de l'existence pour qui connaît ces deux mondes et qui doit « choisir »!

 

                         Enfin, au-delà de cette dualité, en filigrane jusqu'à la fin, viscérale, coule  la source de vie des Rrom dont la Chakra à seize rayons est leur emblème. Mais de leur rôle dans ce livre, je n'en dirais pas davantage. Il faut leur laisser l'étrange, la croyance.

 

                         Et puis s'il faut absolument lire ce qu'a écrit Edmée DE XHAVEE, ce n'est qu'à partir d'un certain âge et d'un certain vécu qu'on peut le vivre jusqu'au fond des tripes.  Un peu à l'instar du film de Clint Eastwood, « Sur la route de Madison , réellement et intiment  appréciable qu'à partir d'un certain...temps.

 

                         Merci, Edmée, de nous avoir offert tes « Romanichels »!

 

 

MARTINE DILLIES-SNAET

http://users.skynet.be/TheDillies/

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Gauthier Hiernaux a lu "Poulet aux olives" de Jean-Philippe Querton

Publié le par aloys.over-blog.com

gauthier hiernaux2

 

Jean-Philippe Querton

 

Mortel poulet

 

Ce n’est pas la fiche de lecture d’un seul roman que je vous propose aujourd’hui, mais celle de deux ouvrages (« Le Poulet aux olives » et « Mortelle praline ») qui n’ont pas en commun que leur auteur, Jean-Philippe Querton dont j’avais, il y a peu, chanté les louanges (voir « L’homme à la Chimay bleue » plus bas sur cette page) mais également le personnage principal, le détective très inspiré nommé Marcel Quinchon. 


Quelque peu refroidi par l’une de mes dernières lectures, je me suis délecté des pages savoureuses du premier roman de l’auteur intitulé « Le Poulet aux olives ». D’emblée, le romancier nous met au parfum : il s’agit d’un polar gastronomique, association qui n’est pas sans rappeler le regretté Manuel V. Montalban. Mais la Barcelone de Montalban a été troquée contre des contrées qui nous sont plus proches (Nivelles, Rebecq…) dans lequel Quinchon (appelons-le « Marcel », il ne s’en offusquera pas), doté d’une verve comparable à son appétit, évolue comme un poisson dans le ricard.


En quelques mots : Marcel Quinchon est appelé par une vieille rombière qui soupçonne sonhttp://www.bandbsa.be/contes/pouletolives.jpg mari d’infidélité. Une affaire somme toute très banale qui ennuie mortellement le privé. Mais quand la vieille est salement égorgée et que d’autres individus, liés de près à la famille, tombent comme des mouches, l’affaire se corse.


Dans « Mortelle praline », le dernier roman de l’auteur, Marcel Quinchon mène l’enquête dans le milieu hospitalier dans la région de La Louvière. Un peu moins de gastronomie dans ce dernier tome des enquêtes du détective amateur de bonne chair (celle qui se mange et celle qu’on honore) mais un ton et un humour qui ne peuvent laisser les amateurs de bons mots et d’atmosphères indifférents.     


Deux excellents bouquins à dévorer sans modération devant un bon feu de cheminée... ou un verre de Chimay.         

 

 

Gauthier Hiernaux

grandeuretdecadence.wordpress.com

 

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Christine brunet a lu "Trop plein" de Nadine Groenecke"

Publié le par christine brunet /aloys

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Impressions de lecture

 

 

Les larmes coulent sur mes joues alors que je termine la première nouvelle de Trop Plein, le recueil de Nadine Groenecke. Elle ne peut savoir quels retentissements ont ses mots sur mes souvenirs, mon passé. Et pourtant, c'est comme si je les revivais au fil des phrases, des images, des répliques...

Trop plein, c'est le recueil des avatars de tous les jours, des accidents de la vie, d'évènementsphoto couverture nad qui vous sont arrivés, sont arrivés à l'un de vos proches ou pourraient vous arriver. La cruauté est souvent au rendez-vous et se mêle à la malice, aux regrets, à la terreur, à la douleur dans un écheveau coloré de personnages profondément humains et de situations brossées avec justesse et légèreté.

Un moment du passé, de peut-être, de possibles... Voilà ce qu'est "Trop plein"... Un instant de lecture plaisir.

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

www.alots.me

www.passion-creatrice.com

Publié dans Fiche de lecture

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