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fiche de lecture

Pascale Gillet-B a lu : « Silencieux tumultes » d’Edmée De Xhavée.

Publié le par christine brunet /aloys

 

Silencieux tumultes, c’est l’histoire d’une maison dont les murs ont une âme, dont « les marches parlent doucement chaque soir et matin… » et où les objets « désaimés » retrouvent une existence au fil du temps.

Une maison qui offre une galerie de portraits de femmes truculents ! Femme tempétueuse et mère dominatrice, femme éteinte, soumise et assassine, soubrette boitillante et sensuelle, femme amoureuse et frigide, mère célibataire épanouie et libre, maîtresse féline et rayonnante, femme cocue et geignarde, femme fouineuse et heureuse…

Tout cela écrit dans un style fluide et poétique, pimenté de « wallonismes » savoureux : «  … Un peu de tarte à la maquée ? »

On retient des phrases comme : «  L’avenir est entré dans leurs vies et a pris le pas sur le passé. »

Ou encore «  …..(elle) était repartie au jardin d’un pas souple où dansait le bonheur. »

Un livre à acquérir pour sa bibliothèque toute affaire cessante !!!!

 

Pascale Gillet-B

 

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Serge Guérit a lu "Nid de vipères" de Christine brunet

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

 

Nid de vipères de Christine Brunet


 


 

Un premier roman … un thriller… une couverture bizarre… un titre étrange… une auteure que je ne connaissais pas.

Thriller voulant dire pour moi frissons garantis, bons et mauvais policiers, méchants, armes, bandits, meurtres et sang, le tout passé au mixeur et tartiné sur quatre cents pages.

Bon… j’achète et je lis.

Les vingt premières pages, comme dans tous romans, sont justes sympas, implantation des décors et présentation des personnages.

Mais… au fur et à mesure de la lecture des émotions et des ressentis naissent, doucement des pions se placent, se déplacent, se heurtent, tombent.

Des liaisons intrigantes et secrètes se nouent, se dénouent, se blessent.

L’enquête avance… piétine et repart de plus belle et graduellement inquiétante.

Et c’est là, à ce moment que l’on se laisse porter par les mots, par les phrases, que l’on ne peut plus lâcher la lecture, que les événements évoluent, que les manigances se sous-entendent, que l’on veut connaître la suite et la suite de la suite, que l’on ne laisse rien au hasard, que l’on doit lire et lire encore en espérant ne pas voir arriver le mot fin.

Si ce premier et excellent thriller date déjà de quelques années… Nid de vipères place le lecteur dans l’engrenage d’une suite grandement souhaitée et désirée.

Le jour de l’achat de ce roman, j’ai trouvé un remarquable thriller et découvert une magnifique et vraie romancière : Christine Brunet.

 

Serge Guérit

 

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Brigitte Hanappe a lu "Silencieux tumultes" d'Edmée de Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

 

En terminant le livre d’Edmée de Xhavée,« Silencieux tumultes », édité par Chloé des Lys, je me suis surprise à sourire béatement, le coeur envahi de silencieuses émotions, l’esprit imprégné de délicieuses images.

Dès les premières pages de ce roman, je me suis envolée instantanément dans un théâtre pour assister mentalement à une superbe pièce en plusieurs actes : la scène est une grande demeure familiale toute imbibée des secrets, des non-dits, de l’intimité de plusieurs générations.

Je n’ai aucun effort à faire pour imaginer le décor, le mobilier, les expressions ou caractères des personnages, tellement les mots de l’auteure regorgent de détails merveilleusement décrits. Je m’évade donc dans cette majestueuse maison bourgeoise, je ne suis plus lectrice mais spectatrice de l’histoire.

Et quelle histoire ! Des morceaux de vie qui à priori peuvent sembler anodins  mais bien au contraire… riches en émotions diverses. J’apprécie et je me sens en parfaite harmonie avec le ressenti des personnages.

Bref, j’ai beaucoup aimé ce récit. Et je sais déjà à l’avance que je le relirai avec plaisir, lors de soirées plus fraîches où j’aurai envie de me réchauffer le cœur avec de beaux mots.

Brigitte Hanappe

 

 

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Edmée de Xhavée a lu « Suicide dans l’après-midi » d’Anne Renault

Publié le par christine brunet /aloys

 

J’ai lu « Suicide dans l’après-midi » d’Anne Renault – Edmée De Xhavée


 

Le charme doucereux de la mort

Une écriture au charme un peu hypnotique, au parfum entêtant. Les vacillements de l’âme humaine y sont nombreux et exposés peu à peu, comme on libérerait une splendide pierre luisante – mais noire – d’un fouillis de papiers de soie multicolores. La mort est voluptueuse, son charme est puissant, ses sortilèges souverains. Dans ces nouvelles si bien écrites elle se donne, se cherche, se reçoit, se souhaite ou s’imagine dans un lent mais implacable cheminement intérieur.

La mort est aussi, toujours, dans l’ombre de la vie, de l’appel des sens, d’un grand appétit de plaisirs et d’émotions. Rien de sinistre dans ces nouvelles, mais l’arôme singulier d’une solitude qui crie et veut se réfugier dans l’inexistence. 

Les ambiances sont décrites avec la touche d’un Gustave Flaubert. Et le tumulte intérieur des personnages roule comme le tonnerre, explosant en sensualité parfois, ou en jalousie frôlant le désir de crime sans toujours s’y abandonner. L’intensité des émotions surprend, d’autant que bien des acteurs de ces nouvelles sont des gens comme les autres, semble-t-il. Comme nous. Et nous ne pouvons nous empêcher de nous demander si nous aussi… dans une telle situation de vie, nous … 

Je ne désire pas user le plaisir de la découverte en abordant nouvelle par nouvelle et expliquant sa singularité. Toutes sont excellentes et aspirent le lecteur dès les premières lignes vers le dénouement, avec l’attrait d’un voyage dans l’interdit. Mais quelques phrases vous donneront un aperçu de la plume d’Anne Renault :

« Ce qu’il contemple, c’est une belle fille, robuste et simple, au regard sans expression. Elle est debout, tranquille, dans la partie sombre de la rue. Et devant elle, au premier plan, dans la blancheur aveuglante de la lumière, une ombre s’étire. »

« L. est une petite ville banale de Flandres. Les vieux quartiers s’étendent dans une boucle du canal. A l’entour, la campagne est plate, riche et sans beauté. De belles maisons de brique, aux vitraux de couleur s’élèvent au milieu des champs. »

« Le ciel est gris fer. Pas un souffle. Rien ne bouge et il règne une atmosphère d’attente qui énerve. Les hirondelles volent bas et crient en rasant le sol. »

Chacune de ces nouvelles a son intensité et son mystère propres. Chacune est servie d’une écriture forte, de descriptions minutieuses qui conduisent le lecteur à l’apaisement final.

 

Edmée de Xhavée

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Joseph Bodson chronique "Le transfert" de Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

Joseph Bodson chronique "Le transfert" de Carine-Laure Desguin

 

Le Transfert, pièce sortie voici peu de temps mais qui suscite pas mal de commentaires de lecture. Merci à Joseph Bodson, Président de l’AREAW (https://www.areaw.be/joseph-bodson/ )


 

Carine-Laure Desguin, Le Transfert. théâtre, Chloé des Lys, 2019.

C’est un sujet difficile que celui auquel Carine-Laure Desguin se mesure ici, il fait un peu songer à Kafka (La Métamorphose), à George Orwell, à Swift…Bien sûr, je puis vous dire que tout ici est métaphore, mais ce ne sera guère qu’un placebo, car je n’en suis pas si sûr que cela. Il y a tant de situations dans ce monde où nous vivons qui pourraient s’y rattacher, tant de faits, de réflexions, de chiffres qui nous y entraînent…Transfert, c’est-à-dire déplacement , et cela évoque le football, avec ses achats de joueurs (un joueur est-il encore un homme, ou déjà un demi-dieu, même s’il a, comme Achille, le tendon vulnérable), transport, que ce soit par ambulance ou par l’absorption de médicaments…

C’est un peu un synonyme de délocalisation, – et ici, cela s’applique aux hommes comme aux entreprises, et aux légumes. Vous arrivez le matin à votre bureau, votre place n’est plus votre place, il n’y a plus rien, qu’une place qu’on vous désigne au hasard, et des murs nus.

Ici, en fait, il s’agit de passer du monde des existants à celui de la non-existence. Les médicaments agissent avec une certaine lenteur, enlevant peu à peu à l’individu ce qui faisait de lui un homme: Mon tout est un homme. L’infirmière veille strictement à ce que la procédure soit respectée, et certains mots – ceux qui évoquent les sentiments humains – sont strictement interdits. Un médecin aussi est présent, mais il est lui aussi en débit de transfert.

Disons tout de suite que Carine-Laure Desguin avec cette pièce,e a gagné la partie: les dialogues sont vifs, incisifs, rien ne traîne, rien d’inutile. Le sens – celui du néant, de l’anonymat – apparaît très clairement, sans fioritures, et chacun de nous doit se sentir concerné. Des formules heureuses (même si elles parlent du plus grand malheur qui soit) parsèment le texte: Le blanc, c’est la couleur du vide (p.35) Elle a le don de la formule brillante et concise qui recherche le débat, ou plutôt qui le bloque. C’est sans solution. Numériser les dossiers absents des inexistants. (p.45): la bureaucratie de l’absurde. L’urinal banni des chambres devient une sorte de symbole fort: un inexistant ne peut pas pisser. Et le patient en est à se demander quelle faute il a commise…

Il ne reste plus qu’à croiser les doigts et à souhaiter à cette pièce tout le succès qu’elle mérite. Non pas une pièce qui vous pousse à désespérer, mais bien à prendre conscience de ce néant, de cette non-existence vers laquelle on vous pousse. Il ne reste plus que le rire qui puisse nous sauver, même si c’est un rire un peu grinçant.

 

Joseph Bodson


 

https://www.areaw.be/carine-laure-desguin-le-transfert-theatre-chloe-des-lys-2019/


 

Lien vers Le Transfert :

http://carineldesguin.canalblog.com/pages/le-transfert--theatre--editions-chloe-des-lys--2018/37214580.html

 

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Edmée de Xhavée a lu "Un, deux, trois Soleil" de Josy Malet-Praud

Publié le par christine brunet /aloys

J’ai lu Un Deux Trois Soleil de Josy Malet-Praud – Edmée

 

Un… je l’ai lu d’une traite au soleil de l’été, dès sa réception. Chaque histoire me laissait le cœur en tumulte. De joie, de compassion, d’espoir, de plaisir. Soulagement aussi. Ou amusement enchanté. Et je continuais de tourner et tourner les pages pour un encore, encore ! essoufflé et avide.

Deux … je l’ai relu. Cette fois je ne courais plus à la suite de la houle finale qui bouleverse, mais je me suis laissée porter par les mots, les fabuleuses descriptions, l’art de voir l’ordinaire avec un regard qui le colore d’extraordinaire, un talent pour décomposer l’instant intense. Ou encore cette délicieuse fantaisie qui relie le réel au rêve, le divin à l’âme de ceux qui ont un cœur d’enfant.

« L’orage grondait tout autour de l’A320 qui fusait droit devant, dominant avec sérénité le magma de nuages noirs où des dieux s’entredéchiraient à coups d’épées phosphorescentes. » « Les yeux de Maria Rosa ont débordé de larmes, des bouillons d’amour mort dévalant la pente soyeuse de ses joues encore enfantines. » « C’était la collusion de l’eau de Javel et de la citronnelle sur le second palier, l’union sacrée de la pâte fraîche, du basilic, du parmesan, au cœur du bric-à-brac de l’étroite cuisine. »

Souvent l’auteur nous décrit un simple fait : une naissance sortant du mystère et entrant dans la vie en payant son dû, l’invincible optimisme d’une fillette qui sait que les demains sont toujours emplis de merveilleuses surprises, les mauvaises nouvelles qui mettent la vie entre deux cruelles parenthèses de fil barbelé, une bousculade d’émotions contradictoires qu’un époux dérouté cherche à traduire, Méduse que l’on voit attablée à une terrasse et dont on se souvient trop du regard pour s’y plonger encore, une délicate mosaïque de souvenirs … Ces simples faits sont vus au ralenti et sont étirés au point d’avoir la force d’une vie entière. Ils ont des odeurs : le sang, le bitume, le basilic, le savon bon marché, le café frais…

Trois … j’ai tenu à vous le présenter, cet éventail d’émotions, cet envoûtement des mots si bien assemblés par l’auteur qu’il ne peut être que naturel. Et la magie ne se tarira pas dans les œuvres à venir, suggère cette aisance à peindre des tableaux avec des mots.

SOLEIL ! 198 pages de grandes histoires courtes et ensoleillées publiées chez Chloé des lys. Il est toujours là, l’astre d’or, parfois brûlant dans sa gloire, parfois filtré par des nimbes de larmes, voire caché par la sombre colère de Zeus. Mais il est là.

 

 

Edmée de Xhavée

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Christine Brunet a lu le dernier roman de Jean-Claude Texier "La confession de Cleve Wood

Publié le par christine brunet /aloys

La première de couverture résume l'essence de ce roman complexe tout en nuances, en impressions, en clair-obscur. On se lance entre ses lignes les oreilles grandes ouvertes mais presque à tâtons tant les bruits, les voix, les sensations sont présentes, pesantes comme cette ambiance d'un jeu "pas vraiment" de dupe. Le lecteur fait corps avec Karl Erhard, enseignant aveugle mais époux clairvoyant et résigné. On entend le parquet ciré craquer sous les pas, les voix murmurées; on ressent presque la température des couloirs exigus qui rappelle certaines écoles de notre jeunesse. 

Les personnages principaux ou secondaires oscillent entre vie scolaire et vie intime comme les lecteurs ballottés au gré des événements. L'histoire défile aux côtés de l'Histoire (avec un grand H) : on pénètre dans le quotidien des professeurs, leur mal-être, leurs doutes, leur métier passion pour mieux appréhender les liens privés qui unissent les trois personnages principaux. 

Etude psychologique, étude sociologique, "La confession de Cleve Wood" joue sur le ressenti des lecteurs pour donner aux trois personnages principaux une dimension tragique et une épaisseur qui interpelle. Impossible de ne pas comprendre Hélène, la très jeune épouse de Karl mais comment ne pas avoir pitié du trop âgé époux qui se doute, sait, mais... Quant à Cleve Wood, tiraillé entre sa conscience et son désir, entre sa jeunesse et son amitié, difficile de le trouver si sympathique que ça et pourtant... 

L'écriture très visuelle de Jean-Claude Texier nous transporte dans la maison des Erhard, un peu comme si, privés de la vue, nous découvrions couleurs, volumes et meubles au travers des autres sens exacerbés. 

Alors, "quel est le sujet de ce livre ?" me demanderez-vous...  Pas question de vous en dire trop mais...

Ce roman est l'histoire d'un amour inconditionnel, d'un désir insatiable, d'une conscience mise à mal. C'est le récit de trois destins qui se croisent, se télescopent avant de reprendre peu ou proue leur chemin.

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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Edmée de Xhavée a lu "Ici et au-delà", le dernier recueil de Philippe Desterbecq

Publié le par christine brunet /aloys

 

J’ai lu Ici ou au-delà de Philippe Desterbecq – Edmée De Xhavée

 

145 pages, une ronde de nouvelles. Ronde parce qu’elles sont unies par une petite broderie au point de chainette, qui fait un cercle parfait. Le dernier maillon de l’une est le premier de la suivante, et le dernier maillon de toutes est le premier de toutes…

Un peu caramel salé. Sour Sweet. Une mélancolie bien dosée qui n’en fait pas un recueil dont sourire ou espoir sont absents.

Adèle qui a perdu son fils, et dont le chagrin a aussi détourné le mari. Reste l’amie Lisette, la fidèle amie, avec qui on parle, on pleure, on va au restaurant, on se confie… L’amie qui, parce qu’elle est si proche, doit aussi asséner un nouveau coup, qui exige alors d’elle… un terrible serment.

Line, la filleule de Lisette, adolescente sur le sentier de la guerre, il faut bien pourtant que les parents acceptent qu’on grandit, non ? Si à 16 ans on ne vibre pas comme un bourdon, quand le fera-t-on ? Surtout quand on a été adoptée… et qu’on découvre qu’on a … une sœur, une sœur vraie de vraie !

Et que dire du petit chat qui sauve Lilou ?

Et de cet enfant emmené au Maroc par son père il y a sept ans… sept ans de larmes pour la Maïté, qui pourtant voit sa vie illuminée par un nouveau bébé ? Où se trouve la raison, et où réside l’espoir ?

Le kangourou, le kangourou ange gardien qui fait l’objet de la couverture et d’une des histoires les plus douces du recueil… Pour qu’il puisse opérer son miracle, il fallait que Claudine et Viktor affrontent une nouvelle vie dans un autre monde… avec Sébastien…

Dorine, frappée par le destin, mais qui apporte à ses médecins des messages de leurs chers disparus… On n’est jamais seul.

Il y a des douleurs à affronter, parfois à surmonter, mais l’espoir est là, parfois simple lueur tremblante, mais qui ne demande qu’à éclairer…

 

Edmée de Xhavée

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Un article signé Jean-Michel Léost dans "L'Agrégation" pour le dernier roman de Jean-Michel Texier "La confession de Cleve Wood"

Publié le par christine brunet /aloys

  

 

 

 

Après L’Élitiste (2012) et Loozie Anna (2015), notre collègue Jean-Claude Texier publie un troisième roman : La Confession de Cleve Wood. Confession, puisque le narrateur est, cette fois, un jeune professeur d’anglais d’origine britannique : il raconte, avec la pudeur que lui imposent sa réserve naturelle et son éducation religieuse, comme pour retrouver la paix intérieure, sa rencontre avec Hélène, ses sentiments pour cette jeune femme, pianiste de talent, divorcée et mère d’un adolescent, qui a épousé Karl Erhardt, professeur d’allemand devenu aveugle, de vingt ans son aîné, qu’elle avait aimé lycéenne. 

   Rencontre due au hasard, comme beaucoup d’évènements, apparemment sans importance, qui peuvent bouleverser une vie, puisqu’il est accueilli chez ce couple, ami de ses parents. « C’est peut-être la seule au monde / Dont le cœur au mien répondrait… » : ces vers de Nerval reviennent à l’esprit du narrateur. Le prénom de « Cleve » n’est pas sans rappeler la Princesse de Clèves, comme le remarque son proviseur. De fait, il y a quelque chose de tragique et de sublime dans cette histoire. Car ce roman décrit un amour impossible et indicible, le conflit entre l’amour et l’amitié : une union fragilisée entre Hélène et son époux, aveugle et beaucoup plus âgé, la passion de Cleve pour Hélène, qui se heurte aux interdits moraux, la passion d’Hélène pour Cleve. Finalement, Cleve retourne en Angleterre, où Hélène lui écrira, disparaîtra, reparaitra… Laissons au lecteur le soin de connaître, dans les dernières pages, le dénouement et le rôle de Frédéric, le fils d’Hélène, dans cette tragédie. Les derniers mots du roman ouvrent le champ des possibles : raconter son bonheur, même illusoire, est la chose la moins intéressante au monde. »

  Ce roman, dont le cadre principal est encore le lycée Édith Cavell, est également l’occasion de s’interroger sur la vie enseignante, sur les difficultés entre les systèmes français et anglais, sur la relation pédagogique qui s’installe entre le professeur et ses élèves, la joie de la transmission, les difficultés de la tâche, les doutes qu’on peut éprouver.

  C’est enfin une sorte d’adieu de l’auteur aux personnages de sa trilogie, qui lui sont devenus familiers et dont il se sépare avec nostalgie. Confirmation, s’il en était besoin, que la vraie vie et la littérature ont des liens très étroits.

                                                                                           

                                                                                            Jean-Michel Léost

 

                                                         Jean-Claude Texier joue deux passages du roman sur YouTube

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Edmée de Xhavée a lu "La septième porte" de Serge Guérit

Publié le par christine brunet /aloys

 

J’ai lu La septième porte de Serge Guérit – Edmée De Xhavée

 

Voilà, envie d’aventure et de mystère, je me suis décidée moi aussi à lire ce roman à la couverture intrigante. Se passait-il au moyen-âge, de nos temps, dans un avenir retourné en arrière dans un bond spectaculaire ?

 

Eh bien non, rien de tout ça : nous sommes à la fin des années 60, sous les pavés la plage, la pilule, les pantalons pattes d’éléphant, les vieilles carrosseries fleuries, le besoin d’aventure, le refus du métro-boulot-dodo et de l’embourgeoisement des parents.

 

Alors cet intrépide petit groupe d’amis finalement encore bien sages… il rêve et il brocante, il fait beaucoup des deux. On est copains, un peu amoureux mais prudents alors on est surtout copains et on rêve. On planifie un beau voyage, avec un itinéraire des étapes, de la place pour l’imprévu s’il se présente. Et puis, chemin faisant, on fouine avec passion au sujet de cette excitante trouvaille faite en brocante pour une bouchée de pain. Un coffret ancien, et un livre tout aussi ancien aux pages collées par le temps et l’humidité, autrefois magnifiquement relié et donc précieux et… écrit à la main, d’une encre aujourd’hui délavée ! Toutes les suppositions sont permises, les plus folles sont les bienvenues. D’autant que les propriétaires précédents n’en ont pas profité longtemps, morts d’une trépas qui ne faisait pas dans la dentelle.

Pourquoi nos amis, eux, ne sont-ils pas trépassés eux aussi ? Qu’est-ce qui les protège, les guide, les habite à leur insu, trouble leur sommeil ?

Les rencontres érudites les amèneront, à leur grande horreur, à la clé du mystère, la fameuse septième porte derrière laquelle… se cache un vrai cauchemar !

Mais je n’en dirai pas plus, c’est de bonne guerre !

Edmée de Xhavée

 

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