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fiche de lecture

Anne Renault a lu "les Romanichels" d'Edmée de Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

renaultanne

 

            Je viens de terminer « Les Romanichels » d’Edmée de Xhavée. Vous me direz que je ne suis pas en avance dans mes lectures puisque c’est son premier roman et que le second est déjà paru. C’est vrai, les livres à lire s’entassent, et la pile ne diminue que lentement. Mais mieux vaut tard que jamais…

             Chaque soir, j’ai attendu de retrouver Mammita, sa fille, et tous (et toutes) les autres, dont les destins naissent, se développent, se rencontrent aussi, nouant les fils d’une parentèle parfois complexe. Mais c’est avec plaisir et impatience de lire que je suis entrée dans cette saga, je dirais même « fresque » familiale, construite au point de croix. Ici, chaque détail, chaque description, chaque parole tissent la broderie serrée mais délicate d’une famille de la bonne bourgeoisie wallonne et de ses proches.  Ouvrage de dame, mais ce n’est certainement pas une critique sous ma plume, que cet entrelacs de vies, créant une intrigue qui progresse en douceur. Au fur et à mesure que la fresque s’agrandit, de nouveaux personnages apparaissent, qui viennent prendre leur place dans la composition.

               Le texte intègre avec fluidité les remontées dans le temps, cette mémoire, qu’il faut préserver, dans ses moindres détails, avant qu’elle ne sombre, ainsi que le présent de deux femmes, mère et fille, dont c’est la tardive mais véritable rencontre. Le tout ponctué de petites touches sur la saveur d’un thé, la douceur d’un rayon de soleil, le moëlleux d’un coussin...

              Atmosphère intimiste et intimité des souvenirs, tout cela dans le cadre, heureusement transgressé, des règles de vie d’une société bien née, de bonne condition, soucieuse du « ce qu’il faut faire «  et du « ce qu’il ne faut pas faire ».

              Tout commence par ce qui aurait pu être présenté comme un drame, mais qui,Romanichels-front--1-.jpg grâce à l’intelligence et à l’amour de la vie des personnages, se révèle être au contraire la condition d’une naissance, celle d’un véritable rapport d’amour entre une mère et sa fille.

               Et après l’épisode magique et mystérieux des « romanichels », où apparaît l’homme à la cigarette, le gitan silencieux, c’est un départ vers une nouvelle vie auquel nous assistons, une fois les secrets mis à jour, les non-dits dévoilés, une vie pleine de vérité et d’amour qui va emporter les deux personnages principaux.

                Roman psychologique et de mœurs, le livre plaît aussi par son ton vivant, gracieux et plein d'humour, même quand il aborde les difficultés et peines des personnages. L’amour du monde, la bonne volonté de vivre et de jouir des choses sont présents à chaque instant et font des « Romanichels », une histoire à la fois émouvante et savoureuse. 

 

 

Anne Renault

annerenault.over-blog.com

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Alain Magerotte a lu "Le coup du clerc François" de Georges Roland

Publié le par christine brunet /aloys

Alain

 

LE COUP DU CLERC FRANÇOIS

Par Georges Roland

 

Je me souviens d’un prof d’histoire qui nous conseillait de faire une deuxième, voire une troisième, lecture des livres d’Astérix (à l’époque où le grand GOSCINNY scénarisait les aventures du petit gaulois) tant les phylactères regorgeaient, disait-il, de références ou de feintes au 2ème degré (voire au dixième).

Certaines finesses risquaient, en effet, de nous échapper après une première et unique lecture.

J’ai ressenti la même impression à la lecture du dernier né de Georges Roland, «Le coup du clerc François».  

Je me suis surpris, plus d’une fois, à reprendre un paragraphe pour être certain de ne pas être passé à côté d’une allusion fine, d’une feinte déguisée, d’une référence cocasse ou d’un anachronisme poilant.

Car ce roman «anarchronique» fourmille de toutes ces bonnes choses qui vous font passer un délectable moment.

 

Plantons le décor : l’action se situe plus ou moins au Moyen-Âge mais on parle d’Internet et de caméras, mais aussi : des agents du groupe «Képis guêtres et bottes» (le K.G.B.), du «Comité d’Influence et d’Allégeance» (C.I.A.), du T.A.G. («Tout A (y) Gagner»), du R.S.C.A. («Récréation Sous Contrôle d’Arbitrage»), de la débâcle de l’Anse des Porcs… des 3 B («Batailler, Bouffer, Baiser»)… etc…

Principaux protagonistes :

Au sommet de la carte, le Royaume du Nord (capitale : Waulekoppe) et son roi autocrate et auto-désigné, Mahold Saitout. Dans sa jeunesse, ledit Mahold a rédigé un opuscule reprenant l’essentiel de ses idées et de ses conseils. Il avait imaginé titrer son œuvre «Mon combat» mais avait appris  in extremis que ce nom avait été déposé par un peintre recyclé dans la politique. Il opta alors pour «Mes pensées», comme un petit clin d’œil à Blaise.        

Au bas de la carte, le Royaume du Sud (capitale : Almon-Nosaute L.G.) sous la férule de Gothelon dans son beau palais du Biaboucquè. Gothelon est un fervent admirateur de Godefroi de Bouillon. Voix énorme, jupitérienne.

 

 

N’oublions pas : le Duché des Montagnes, Castard de Lardenne etclercrv.jpg son fils Benoît de Lardenne. Leur but : unir la Province (j’y viens…) et le Duché. La solution ? Unir Benoît et Eléonore (reine de la Province… encore un peu de patience, on y vient…) mais, gare à Barthélémy Le Tisseur (le gros Bart) espion prétendant d’Eléonore à la solde de Mahold.

Et : les Maussades, aux portes de la Province. Des gens surprenants : plus on en décime, plus il y en a. On leur a enlevé leur territoire, on les a diasporés dans tout l’univers connu, rien n’y fait… ils sont toujours là !

On y est : plus ou moins au milieu de la carte, la Province (capitale : Brizelle) et sa reine, Eléonore, férue d’art et de poésie. La Province, espace tampon, est une zone d’action occulte des belligérants, Mahold et Gothelon.

Une astuce : Guillaume IV Le Vif (père d’Eléonore), afin d’assurer à sa Province un avenir le moins belliqueux possible, avait tenu à associer les deux vindicatifs (Mahold et Gothelon) à sa descendance. Il les fit oncles d’Eléonore et Mahold est même son parrain en religion.

La Province couve en son sein la Ligue, composée de conspirateurs qui veulent instaurer une République dans ladite Province. Ils se réunissent dans l’arrière-salle de la taverne de maître Hop. Il y a là, Faron, l’Euclide, Tancrède, l’aguichante Marie la Porcheronne, également conseillère de la reine… sur laquelle je m’étendrai davantage (Je ne suis pas le seul d’ailleurs !)

En effet, cette pétillante et pulpeuse jeune femme me fait penser à cette actrice allemande née à Amsterdam, Willeke Van Ammelrooy qui, par sa plastique et son rôle dans MIRA (1971) faisait fantasmer les mâles, toutes générations confondues. Bon, je sais, Willeke n’est plus d’actualité depuis longtemps et j’aurais pu faire référence à quelqu’un de plus «contemporain». Mais que voulez-vous, on n’oublie jamais ses premiers «frémissements» picturaux.   

La Marie, grâce à ses performances horizontales, prouve combien les hommes sont bavards au lit et c’est tant mieux pour l’intrigue !

Parmi les soupirants de la reine, il y a André, un moine qui a été évincé de la cour de l’évêque. André a écrit le Tractatus, une sorte de nouvelle bible de l’amour. On y apprend qu’un chevalier est tenu au devoir de sa dame, bien plus qu’au devoir de la vierge. Il compte 33 lois de l’amour. Bref, cette «œuvre» ne plaît guère au Frimat des Saules (Frimat 1er, successeur du pape); la suprématie de la femme ! Alerte !

Ce livre à la gloire de la femme doit être réécrit par un homme à la gloire des hommes. Le moine copiste François en a la charge…

 

Dans ces quelques lignes de présentation, amies et amis lecteurs, vous avez déjà repéré sans nul doute les différentes allusions à des personnages réels ou à des situations vécues. Et bien, c’est comme ça tout au long des 223 pages. On ne s’ennuie pas une seconde, croyez-moi, car outre le fait de s’amuser à débusquer les anachronismes et autres références, il y a une histoire qui vous tient en haleine de bout en bout.        

Un livre édité aux Editions Chloé des Lys (23,60 €).

Voilà, vous êtes prévenus… dès lors, ne venez pas me dire Encorutilfaluquejelesus car je risque de vous tomber dessus Abraracourcix.  

 

Alain Magerotte

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Christine Brunet a lu "Farces et attrapes" de Gilles Saint-Laurent

Publié le par christine brunet /aloys

 

Photo Christine Brunet NB

 

 

J'ai donc lu, "Farces et attrapes" de Gilles Saint-Laurent. Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, ce nom est un pseudo... celui de Laurent Dumortier, bien connu par ailleurs pour ses recueils poétiques.

 

Pourquoi ai-je choisi ce petit recueil de nouvelles ? D'abord par envie récurrente de lire du fantastique... Et puis je voulais découvrir ce que Laurent avait publié sous cette autre identité. Bien entendu, le titre aurait pu être un atout supplémentaire mais je me suis laissée guider dans ce choix par... l'auteur lui-même.

 

Lorsque je l'ai reçu, j'ai été vaguement déçue de constater qu'il ne s'agissait pas là, sans doute, d'unhttp://www.bandbsa.be/contes3/farcesattrappesrecto.jpg recueil de textes à tendance SF ou fantastique mais le dessin de la couverture m'a interpellé. J'ai ouvert le livre... et je ne l'ai plus refermé jusqu'au point final !

 

D'accord, j'en conviens, le titre augure rires, fêtes familiales et joies enfantines... Un titre qui est, en lui-même, une farce...

 

J'ouvre le livre et me voilà bien attrapée au jeu équivoque de l'auteur :  des nouvelles courtes, surprenantes, fortement teintées de fantastique comme je les aime, avec des chutes et des détours étonnants.

 

Violence, terreur, un soupçon de suspens, un brin de folie... 

 

Un brin seulement ? Non, beaucoup ! Un peu comme si le monde devenait fou ! Dimensions parallèles ou Histoire parallèle ? La farce est bien là, dans le trompe l'oeil, en embuscade.

 

Des jeux d'enfants qui tournent court, un gouvernement qui pratique l'épuration ethnique des... Belges, un restaurant où il ne fait pas bon prendre quelques kilos de trop, et j'en passe..

 

Un ton ironique qui nimbe cet univers en contrepoint tapi au détour du quotidien... Je me suis amusée entre deux grincement de dents... Un livre à découvrir !

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

www.passion-creatrice.com

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Christine Brunet a lu "... Euphoriques et désespérées" d'Adam Gray

Publié le par christine brunet /aloys

2B
ISBN : 978-2-87459-553-0
Editions Chloé des lys

Une préface émouvante en forme de confession. Une préface ? Je sens qu'Adam s'insurge contre le mot... Non... Il s'agit d'une genèse, celle de ce recueil de poésie... non, plutôt recueil de chansons car elles sont toutes construites avec des strophes en miroir, des refrains qui ne demandent qu'une chose, c'est d'être mis en musique ou, au moins, être lus à haute voix pour mettre en valeur les rythmes plus que les rimes.


Des chants émouvants, joyeux ou grinçants transportent le lecteur/auditeur au fil d'humeurs à fleur de peau, à fleur d'âme.


... Euphoriques et désespérées : remarquez la place improbable des points de suspension. Adam nous propose là la conclusion d'un long cheminement de l'esprit...

... Euphoriques et désespérées : drôle de mélange qui provoque chez le lecteur/spectateur une suite infinie de réactions antinomiques comme autant d'électrochocs qui l'amène sur une route pavée d'embûches... une route tortueuse qu'on dit être celle de la Vie.


Je ne suis pas fan de poésie mais je la laisse parfois quelques heures prendre la main de mon univers. Adam Gray m'en a donné l'opportunité: je ne regrette pas de l'avoir saisie et de m'être laissée emporter. A votre tour de lui laisser la main et d'en accepter les conséquences.


Un livre atypique tant par sa construction que sa démarche. A découvrir !

Son site : adam-gray.skyrock.com

 

 

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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Philippe Desterbecq a lu "Escales en absurdie" de Laurence Amaury

Publié le par christine brunet /aloys

 

Phil D

 

 

 

Laurence Amaury est de ma région; je me devais de lire son recueil de nouvelles. C'est chose faite.

L'absurdie selon le dictionnaire est le royaume de l'absurde. Où Laurence emmène-t-elle donc ses lecteurs?

Si je n'ai pas trouvé bizarres les contes bizarres de Bob Boutique, je n'ai rien trouvé d'absurde dans les nouvelles de Laurence Amaury. Bon, je vous l'accorde, une escale en enfer n'a rien de courant mais c'est le sujet de la première nouvelle. Ensuite, nous voguons dans le monde tout ce qu'il y a d'ordinaire des bibliothécaires et des policiers qui sont les héros de plus de la moitié des histoires de ce recueil qui en compte 15.

Chauffage en panne, infiltrations d'eau (dans une bibliothèque, c'esthttp://www.bandbsa.be/contes2/absurdierecto.jpg grave), commodités ou téléphone à se partager entre bibliothécaires et flics, voilà les thèmes des premières nouvelles. Nous assistons ensuite à un débat entre défenseurs d'animaux et zoophobes et nous faisons un petit tour dans un supermarché où les caissières étalent leurs états d'âme. Nous rencontrons également un sommelier poète qui fait chanter les grands vins.

Laurence nous propose également trois intermèdes pour faire escales, sans doute, entre les différents voyages entrepris.

Ce qui frappe dans l'écriture de l'auteure, c'est la syntaxe parfaite et le vocabulaire recherché. Laurence Amaury écrit très bien, c'est le moins qu'on puisse dire. Elle fait également référence à de nombreux auteurs, ce qui prouve ses connaissances littéraires.

Un extrait qui m'a plu tout particulièrement. Laurence nous donne, par l'intermédiaire du sommelier, une définition du poète ou de la poésie.

La poésie ne se définit pas, pas plus qu'elle ne se laisse enfermer dans de savantes règles de versification. .. Elle a horreur des dictionnaires de rimes! Elle ne se laisse pas approcher de trop près : tout au plus peut-on l'entrevoir, par éclairs intuitifs, la ressentir soudain au plus profond de soi, avoir le privilège de la vivre un fugitif instant. Elle naît d'images imprévues qui se faufilent à travers le charme des sonorités et des associations de sons irrationnelles. Irrationnelles quant à la logique et aux conventions, bien entendu, mais qui font vibrer l'oreille, le cœur et l'imagination.

La poésie est liberté pure, elle se love dans les rêves de nuit et de jour, elle descend du subconscient délivré. Elle est voix venue d'ailleurs, c'est-à-dire du caché, du plus secret de nous-même, du vrai moi qui ne livre jamais, de l'au-delà de soi! Elle est voix impérieuse, voire tyrannique, à laquelle la main se doit d'obéir, qu'elle comprenne ou non! Elle éclate malgré soi, aux moments les plus inopportuns et il s'agit de la fondre en mots sur-le-champ ou elle s'échappe et se volatilise, perdue à jamais! Par contre, il ne sert à rien de la traquer.

 

 

Philippe Desterbecq

philippedester.canalblog.com

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Christine Brunet a lu "Suicide dans l'après-midi" d'Anne Renault

Publié le par christine brunet /aloys

 

ma photo

 

J'ai lu "Suicide dans l'après-midi" d'Anne Renault, Ed. CHloé des lys, ISBN: 978-2-87459-607-0

 

 



Un titre pas vraiment gai, une couverture ouverte sur la mer, fenêtre sur des tas de possibilités... possibilité de vivre ou de terminer là sa vie... ou celle des autres. Des héros qui évoluent toujours sur le fil du rasoir...
Des ? Souvent le "je" l'emporte, donnant plus d'intimité au récit... sous forme d'une sorte de journal de bord: rien du cheminement psychologique nous échappe.

 
Le narrateur (ou la narratrice) va-t-il basculer ? Va-t-il tuer par dépit ? Curieusement, à chaque fois, on csuicide-anne.jpgomprend, on compatit... Aurait-on réagi de la même façon ? Peut-être ou peut-être pas... Difficile à dire. 

S'il s'agit de meurtres, pourquoi "suicide dans l'après-midi"? Parce que tous vivent une passion dévorante qui les pousse à tuer ou à se tuer... petit suicide de l'esprit... Un flash, un grain de sable , et tout peut basculer.

Anne Renault nous tient. On s'enfonce... on plonge... on reste en apnée... Chaque mot, habilement choisi, pèse étrangement et nous entraîne inexorablement vers où ? Les tréfonds de l'âme humaine...

J'ai été emballée, emmenée... dans un univers pas même noir... (c'est d'ailleurs le plus curieux), un univers dans lequel les circonstances mettent la vie et la mort au même niveau. Reste le choix...

Un livre à découvrir !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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Alain Magerotte a lu Nid de vipères de Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

Alain

 

Avis aux futur(e)s lecteur(e)s et lecteurs… l’autrice Christine Brunet nous emmène… pardon, je recommence; avis aux futur(e)s lectrices et lecteurs… l’auteur(e) Christine Brunet nous emmène dans une histoire qui pourrait faire des dégâts. Je m’explique : si vous décidez de lire «Nid de vipères» allongé sur un transat au soleil, prenez garde. Vous serez tellement absorbé par votre lecture que vous risquez, soit l’insolation, soit de cramer complètement.

 

En effet, il vous sera difficile de vous détacher d’un récit mené tambour battant. Dès les premières pages, le rythme est donné. Un rythme que l’auteur(e) gardera soutenu tout au long d’un roman (485 pages) aux moult rebondissements, un peu comme cette pierre que l’on jette au raz de l’eau et qui n’en finit pas de faire des ricochets.

 

Pas de manichéisme, les protagonistes oscillent entre gris clair et gris foncé et c’est parfait parce que ça sonne plus «vrai».

 

Le personnage principal, c’est Aloys Seigner, commissaire divisionnaire. Une épée, plus efficace, tu meurs. Comment ne pas succomber au charme de cette jeune femme ? Ne cherchez pas, c’est perdu d’avance car cette fille-là, mon vieux, elle est terrible, comme dirait l’ex idole des jeunes transformée aujourd’hui en vieillard cacochyme.

 

Mais attention, la belle cache un terrible secret…

 

Comme les auteurs de CDL, Aloys a son «faux Bob». Le sien se prénomme Nils, le nôtre, Baudouin. Là s’arrête la comparaison car le «faux Bob» d’Aloys est grand et musclé.

 

Un drôle de coco ce Nils, sûr de lui et victime de son charme (comme notre «faux Bob»… ouf, je me suis rattrapé… non ?), tantôt sympa, tantôt salaud.

Et puis, il y a Marie-Claire Seigner, la mère d’Aloys, ex tigresse devenue «femme cougar» avec les années (le temps n’a pas eu raison de sa félinité).

On croise évidemment une foule d’autres personnages… comme le grand-père d’Aloys qui, au sujet de sa petite-fille, met les points sur les «i» avec Nils sur fond de chasse à courre (quelle horreur !...  Je fais allusion à la chasse à courre, bien entendu).  

 

Notre commissaire divisionnaire ne s’ennuie pas, le lecteur nonCouverture Nid page 1 plus : meurtres bizarres, enquêtes policières, attentat, intrigues des services d’espionnage, terribles secrets de famille (faut dire que la famille Seigner (il y a aussi un oncle… plutôt un frère qui occupe un poste important dans les Services Secrets) «n’est pas triste» comme on dit à Bruxelles. Une expression qui ne signifie pas nécessairement que ce sont des «marrants» mais plutôt des «fameux numéros», dans le positif comme dans le négatif), moments tendres, érotiques, nombreuses scènes de douche (une police propre ?)… sont au programme.

 

Beaucoup de voyages aussi; la Polynésie, les triades de Hong-Kong, la jungle birmane et Paris bien sûr. On sent que l’auteur(e) aime et connait ces lieux, ces endroits.

 

Ce livre m’a laissé sur le c… (Davantage par ses rebondissements que… parce que c’est ma position favorite pour lire).

 

Aussi, je vous propose un deal. Eloignez de vous toute(s) affaire(s), urgente(s) ou pas, donnez un tour de clé à la porte d’entrée de votre maison ou de votre appartement, installez-vous confortablement dans un fauteuil, éteignez les lumières sauf celle diffusée par un lampadaire que vous aurez pris soin de placer à côté du fauteuil. Vous serez ainsi plongé dans une ambiance idoine pour vous laisser transporter par un récit haletant. Une fois votre lecture terminée, parlez-en autour de vous en prenant soin de divulguer un minimum.

 

Si vous ne possédez pas encore «Nid de vipères», commandez-le ici sans tarder: cdlbarry@yahoo.fr

 

ALAIN MAGEROTTE

 

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Martine Dillies-Snaet a lu Rue Baraka de Carine-Laure DESGUIN

Publié le par christine brunet /aloys

MARTINEJ’ai lu « Rue Baraka » de Carine-Laure Desquin

 

 

 

            Avant de commencer la lecture de son ouvrage, je me demandais quelles surprises me réservait ce diable d’auteur  avec qui  j’ai partagé une  pizza des  plus infectes !


            Infirmière de profession, Carine-Laure DESGUIN  passe sa vie en réserve, en retrait, « en écoute » des autres et, a contrario, ce diable d’auteur libère un punch du tonnerre quand elle laisse ses mains pianoter le silence. Derrière son clavier, elle exulte, trouve le mot, sa famille et la technique pour les propulser au sommet d’un ouragan qui emporte. Elle ratisse large et tout le monde la  suit dans son trop-plein de vie délirant.

Pourtant, si vous la rencontrez, elle vous installe dans le silence et la quiétude dont elle s’est fait des alliés.

 

            Celui qui a aimé « Le  fabuleux destin d’Amélie Poulain » de Jean-Pierre Jeunet  et « Truman Show » de Peter Weir adoreront son récit. Le verbe est juste. L’écriture  impeccable  sent bon la gaieté,  les couleursimage-1 et l’optimisme. Si vous êtes stressés et avez le teint grisâtre, vous vous accrocherez peu à peu  à cette rencontre. Avec un air de ne toucher à rien, si ce n’est par ce savoir-faire, Carine-Laure DESGUIN vous forcera à ouvrir les yeux et vous entraînera dans la rue Baraka colorée qui est en chacun d’entre nous.

Et le cheminement sera bon.

 

            Les descriptions sont superbes. Mille touches de senteur,  de couleur qui,… paf/paf/paf/ sont claquées  sur la toile à un  rythme de claquettes. Même la palette du peintre fait partie inhérente du jeu : l’auteur n’est pas étranger à son histoire, le lecteur l’y sent partout.

 

            « Autour d’eux, les gens se parlent, s’occupent, achètent le journal, le pain, le kilo d’oranges ». Si je ne devais retenir qu’une seule phrase de ce livre, ce serait celle-là. Rien à voir avec l’histoire, avec la philosophie du récit, mais pour moi, elle est un morceau de musique à part entière. Rien que pour ces mots-là, pour avoir trouvé cet assemblage,  Madame Carine-Laure DESGUIN, merci.

 

            Alors, en un mot, si vous avez aimé « Amélie Poulain », vous aimerez «  Rue Baraka ».

 

 

Martine Dillies-Snaet

http://users.skynet.be/TheDillies/

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Bob BOutique a lu "Trop plein" de Nadine Groenecke

Publié le par christine brunet /aloys

J'ai lu.... "Trop plein"
de Nadine Groenecke
par Bob Boutique


C’était un jour de flottement. Je lis beaucoup, parfois à tort et à travers, souvent mal, et il ya toujours une pile de bouquins « à découvrir » sur la tour de mon pc… ce jour là, l’envie n’y était pas, mais bon… j’ai commandé, payé et il faut bien rentabiliser. Alors je choisis au hasard sur le tas, un livre dont la couverture me paraît attrayante…

« Trop plein », avec la photo d’un cocktail qui déborde. Je connais cette couverture qui est déjà passée trente-six fois sur ACTU, j’ai rencontré l’écrivaine il y a quelques semaines à Tournai (une jolie femme un peu coincée, ou timide, ou effrayée par mon sans-gêne…) et nombre d’auteurs lui ont rédigé des commentaires élogieux …

Pourquoi pas, me dis-je ? C’est la période creuse de la journée où la porte d’entrée de la librairie sonne un peu moins…Je vais me chercher un Nestea au frigidaire, m’assieds sur un tabouret avec un bic (je griffonne toujours dans les livres que je lis ) et commence comme d’hab par tourner et retourner l’objet d’un œil critique.

Le livre est bien imprimé (rien à redire), je n’aime pas trop la police employée mais bon… 150 pages pour un recueil de 10 nouvelles que Nadine dédie à sa grand-mère. Je me souviens.

Dans l’interview qu’elle m’a accordée pour ACTU-tv elle a longuement explique combien cette femme a compté pour elle… parce qu’elle était toujours là, l’aidait à étudier, à faire ses devoirs, lui cousait ses robes de petite fille… bref, une histoire d’amour vrai qui m’avait touché et qui justifie le titre du livre : « trop plein »… d’émotion. Car cette Mémé est partie après une très longue maladie que Nadine enfant, puis adolescente, puis jeune femme a suivi avec tristesse et désespoir.

La première nouvelle du recueil ‘le crabe’ (le cancer bien sur…) nous décrit cette descente aux enfers. Un texte fort bien écrit, facile, sans prétention qui emploie parfois un vocabulaire étonnant (bon sang ! Ca existe ce mot ?) mais court à l’efficace. On raconte une histoire, on pose les personnages, on décrit l’environnement et en avant… y’a plus qu’à se laisser conduire et verser une petite larme au passage….

J’ espère que le bouquin ne va pas pleurnicher ainsi pendant 150 pages, me dis-je alors, conscient que c’était la partie personnelle de l’ouvrage. Hé bien, pas du tout. Tranquillisez-vous. Après, les histoires sont de vraies histoires inventées, avec des situations qui partent dans tous les sens… cocasses, inattendues, amorales, dégueulasses, crapuleuses (je songe à Wlater), amusantes… avec des héroïnes qui toutes sans exception apparaissent naïves, introverties, peu sures d’elles, incertaines quant à leur physique, exaltées et gaffeuses.

Si j’étais psychologue j’appellerais ça, ‘le phénomène Pinocchio’. Mais cette allusion, seule l’auteure peut la comprendre et je n’ai pas envie ici de m’étendre ( en tout bien, tout honneur ) sur le sujet.

Quelques thèmes en guise de zakouskis. Elodie tombe follement amoureuse d’un nouveau représentant engagé dans l’entreprise où elle travaille… Carole se fait une fête pas possible, car elle va retrouver une amie qu’elle n’a plus vue depuis vingt ans… des émotions encore et toujours… 

Cecile est folle de joie. Son marin militaire en Afghanistan va enfin rentrer, après six mois d’absence… Cyrielle rentre le soir dans son appart et trouve sept roses rouges sur la table du salon. Voilà sept ans qu’elle est mariée. Son mari a laissé un mot…

Et bien entendu, par-ci, par là des chutes inattendues qu’on lit en se frappant sur la cuisse : « Merde, elle m’a encore piégée » ! Vous voulez que je vous dise. C’est un très bon livre et je ne m’étonne plus du tout qu’il ait remporté le prix Victor Hugo.

Pour un premier bouquin, c’est une vraie réussite. L’émotion dégouline entre les pages et ce n’est pas désagréable. On ne va pas au cinéma pour voir un Monsieur marcher dans la rue pendant une heure… Mais je regrette un peu que les Pinochiettes de Nadine ne sortent pas de temps en temps gagnantes de leurs aventures. Car on s’y attache à ces petites femmes au fond très simples et gentilles… on voudrait les prendre par la main et leur expliquer que tous les mecs ne sont pas… et que parfois dans la vie, la chance tombe du bon côté.

Non, je ne vais pas dévoiler quoi que ce soit.

Commandez le bouquin et lisez-le. Vous ne le regretterez pas. 
Bob Boutique
www.bandbsa.be/contes.htm

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Carine-laure Desguin a lu "De l'autre côté de la rivière, Sybilla" d'Edmée de Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

 

desguin

 

 

J’ai lu :

De l’autre côté de la rivière, Sybilla : D’Edmée de Xhavée, Editions Chloé des lys, année 2010, 251 pages,  ISBN 978-2-87459-519-6

 

L’histoire ? Aujourd’hui, c’est la fête à Verviers, grand rassemblement familial à l’occasion de l’inauguration du nouveau restaurant de Jean et de sa sœur Emma, Sybilla.

 

Pour Jean et sa sœur Emma, les hôtes de cette journée, derrière ces sept lettres, S.Y.B.I.L.L.A.,  retentissent  les émotions de toute une vie ; car Sybilla, c’était le nom de leur ancienne gouvernante, celle qui fut choisie après le décès de leur maman, Pauline Dupage, pour veiller sur leur éducation …

 

Originalité du roman : c’est Sybilla elle-même qui raconte …

 

Après le décès de Pauline Dupage, son mari, Félix Lemarchand est9782874595196_1_75.jpg plus ou moins écarté de l’éducation de ses deux enfants par les grands-parents Dupage, une famille bourgeoise très respectée dans la ville de Verviers. Derrière ce terme, bourgeoise, entendez austérité, rigueur de l’éducation, liberté limitée, œuvres paroissiales, amour illimité envers l’argent…Nous sommes dans les sixtees…

Marie Dupage, sœur de Pauline Dupage est restée vieille fille et, habitant toujours sous le toit familial, c’est elle qui oriente ou plutôt qui désoriente, du haut de son égocentrisme, de sa jalousie maladive et de ses manigances désarmantes, les journées des enfants et bientôt des adolescents.

 

Pendant toutes ces années, Sybilla aimera ces jeunes gens comme s’ils étaient issus de son propre sang. Elle sera celle qui, par son doigté et sa connaissance innée de la psychologie, adoucira dans la vie de jean et Emma les rudesses, les chagrins et les déconvenues. Elle sera une médiatrice entre la famille Dupage et la famille Lemarchand.

 

C’est surtout le style de l’écriture de cette lauréate de plusieurs prix littéraires que je voudrais mettre ici en valeur. Edmée de Xhavée est une narratrice hors pair. Son talent principal est selon moi cette faculté de transmettre à travers le récit, une légèreté et un humour inégalables, alors qu’en fait, l’enfance et l’adolescence de Jean et Emma n’a rien de bien drôle : mère décédée, père absent…

Edmée de Xhavée, en mettant en lumière toute la poésie qu’il ressort du monde de l’enfance et de l’adolescence, équilibre à merveille le côté sombre de l’histoire. Le langage des argonautes, une espèce d’espéranto connu seulement de Jean et Emma est une pure merveille. Lisez ce récit et vous saurez ce que signifie faire caravane, qui était la reine Zozor, qui était pantalon Marcel, et quels étaient les jours heudebert !

Dans cette famille, les surnoms sont savoureux : Zézette, Cri-Cri, Chiquita…

 

Un bon point également pour les descriptions des personnages ! Une vraie galerie théâtrale !

  - Page 48 : Et ses cheveux, qu’elle teint avec un mélange de sa composition – Caramel royal et Cuivre des steppes- donnent à son visage trop fardé l’air d’une méduse hagarde et craquelée à la tête entourée de serpents corail.

  - Page 198 : Une vieille dame en bigoudis sous un foulard de plastique transparent et maquillée comme une cantatrice, juchée sur son tabouret de bar, agitait des jambes gainées d’un training doré en aspirant bruyamment un milk-shake.

 

A présent, vous comprenez pourquoi la ville de Verviers a mis à l’honneur, voici quelques jours, cette écrivaine talentueuse qui avec son premier roman paru en 2009,  LES ROMANICHELS, avait déjà séduit tout un lectorat.

 

Chaque semaine,  sur le blog http://edmee.de.xhavee.over-blog.com, primé en 2009 par TV5, lisez un texte de cette auteure.

 

 

Carine-Laure Desguin

http://carinelauredesguin.over-blog.com

 

 

 

Publié dans Fiche de lecture

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