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Texte 4 Concours sur l'imaginaire

Publié le par christine brunet /aloys

L'année de mes neuf ans

Enfant de neuf ans, dans la solitude de ma chambre, je n'avais guère que les livres d'images pour échapper à l'affligeante réalité. Par passion, mes parents étaient devenus bouquinistes. Ils s'occupaient davantage de leur clientèle et de leur commerce que de moi. Ils me laissaient emprunter les albums qui me plaisaient. La mangrove et ses arbres émergeant des eaux m'attiraient tout autant que les nuages en forme de papillon qui parcouraient le ciel de la couverture d'un recueil de contes. Je vivais la vie des flocons de neige tombant sur les igloos, je devenais tour à tour le pêcheur qui tentait de capturer des sirènes ou la sorcière qui préparait une potion qui avait le pouvoir de rendre invisible.

À mon retour de l'école, sitôt mon goûter avalé, je m'évadais entre les pages. Je voyageais, je voyais des plantes magnifiques, des animaux exotiques. La vie s'écoulait ainsi au rythme des aiguilles de l'horloge et des dessins de vieux bouquins que je découvrais avec gourmandise.

Quand je suis tombée malade, j'aurais voulu que mon hépatite ne guérisse jamais. En peu de temps, ma chambre était devenue l'annexe du magasin. Papa et Maman m'apportaient régulièrement des livres enjolivés le plus souvent par des illustrations raffinées. Parmi les dessins qui m'ont marquée, il y avait un œuf d'autruche dans lequel un artiste minutieux avait aménagé une grille…Une armée de fourmis progressait vers cette providentielle ouverture afin de découvrir un intérieur extraordinaire. Étrange petit peuple auquel je m'identifiais ! Étrange intérieur garni de fleurs multicolores ! Étranges semaines où les livres étaient mes agréables compagnons.

Un jour, Maman m'annonça que les résultats de ma dernière prise de sang étaient satisfaisants et que j'allais pouvoir reprendre le chemin de l'école le lundi suivant. Maman consacra l'après-midi à faire le grand ménage dans ma chambre, emporta les ouvrages devenus inutiles et me fit faire des exercices de français et de calcul. Ce jour-là, une drôle de bestiole pénétra dans ma chambre par la fenêtre entrouverte. Elle était d'une blancheur nacrée. Je crus reconnaître en elle, une des héroïnes d'une histoire que j'avais lue. Elle se posa sur mon édredon, puis sur ma main où elle laissa une trace et repartit. La trace était comme un tatouage que Maman remarqua à son retour. Elle m'envoya à la salle de bains et j'eus beau frotter et frotter rien n'y fit. Maman me dit : "Cela sera un petit souvenir de ton hépatite."

Le lundi suivant, je rentrais à l'école. J'avais changé : durant les cours, je trouvais avec une rare facilité les réponses aux questions posées par la maîtresse et durant les récréations, je parvenais à captiver mes copines avec des histoires que j'inventais au fur et à mesure.

Souvent, je regardais la petite tache brune sur ma main et j'éprouvais un grand bien être.

À présent à chacun de mes voyages, je retrouve quelque chose du monde merveilleux découvert dans les livres l'année de mes neuf ans.

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Texte 3 Concours sur l'imaginaire

Publié le par christine brunet /aloys

MARJOLAINE


 

Dix centimètres, des petits yeux noirs brillants, une fourrure blanche comme la neige, Marjolaine est ma meilleure amie. Comme il est hors de question pour mes parents d'avoir un chien ou un chat, Marjolaine est devenue ma confidente. C'est ma grand-mère qui m'a offert cette peluche pour mes sept ans. J'ai choisi ce prénom, celui de ma copine restée dans le petit village où je suis née. Pour se rapprocher du travail de papa, nous avons déménagé en ville où la vie est tout autre qu'au village. J'allais à l'école à pied. À présent, je prends le bus.

Qui pourrait comprendre que je viens d'un univers où les récréations duraient quelquefois plus longtemps que prévu et où l'on travaillait davantage en groupes. Dans ma nouvelle école, j'ai très vite pris conscience d'être une élève différente, moins bien habillée que les autres, plus rêveuse et pas du tout au courant des jeux à la mode.

Alors j'ai décidé d'emmener Marjolaine partout : en classe, au réfectoire et même dans la salle de gym. Elle ne prend pas beaucoup de place dans mon cartable qu'il me suffit d'ouvrir pour trouver sa présence rassurante.

Dans mon école, un établissement très réputé, m'a dit Maman, l'institutrice, Madame Virginie, ne cesse de me houspiller : "Catherine gigote moins… Qu'est-ce que je viens de dire ? Regarde-moi quand je te parle…Relis tes devoirs, tu feras moins de fautes."

Marjolaine et moi, on partage le même lit, le même banc. Le soir, sous ma couette, je lui raconte tout ce que j'ai sur le cœur : que Madame Virginie est injuste lorsqu'elle déduit des points pour "écriture déplorable", que c'est le plus souvent moi qu'on pointe du doigt à la moindre peccadille, qu'on m'appelle souvent la nouvelle plutôt que de dire Catherine. Marjolaine ne répond pas, mais je sais qu'elle comprend tout ce que je lui raconte. Elle rit, oui je peux affirmer qu'elle rit, quand je suis la meilleure en calcul mental et que Madame Virginie me complimente. C'est si rare les félicitations !

Parfois, un petit coup d'œil à mon cartable et Marjolaine m'inspire la bonne réponse. Mais chut, personne ne doit le savoir !

Depuis hier, il y a une nouvelle, elle s'appelle Nadia et descend au même arrêt de bus que moi. La maîtresse m'a demandé de la mettre au courant des habitudes. Nadia m'a offert des bonbons parce que je lui ai prêté des crayons de couleur. Elle aussi a une peluche dans son cartable, elle s'appelle Émilie. Elle me l'a montrée et je lui ai montré Marjolaine. C'est notre secret

Un jour, quand Nadia sera devenue ma vraie copine, je n'aurai peut-être plus autant besoin de Marjolaine…À nous quatre, Marjolaine, Émilie, Nadia et moi, on formera une vraie équipe…

 

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Texte 2 : Concours sur l'imaginaire

Publié le par christine brunet /aloys

La lettre

 

Nul tampon sur cette enveloppe au ventre gonflé et à l’écriture inconnue. Dorine la palpe, l’observe puis ne résiste pas au désir de l’ouvrir sur le champ, là devant tous. Elle cache son émotion en découvrant sur les quelques feuillets une écriture si différente de celle de l’enveloppe. Une écriture qui, une bonne quinzaine d’années plus tôt, lui fut très familière et qui est toujours en sa mémoire, incrustée à jamais. Le « Ma chérie » aperçu subrepticement en replaçant les messages dans leur enveloppe attise sa curiosité. Elle attendra pourtant d’être seule pour en savourer la suite. « Mais d’où proviennent ces écrits puisqu’il a quitté le monde depuis plusieurs « années ? Ils sont datés de quelques jours avant sa disparition ... « Sans doute a-t-il été transporté d’urgence dans un hôpital. Il n’aura pas eu la « possibilité de me les envoyer... « Peut-être les a-t-il confiés à un ami, à celui qu’il avait chargé de me prévenir de son « décès : « Il tenait absolument à ce que je vous prévienne immédiatement, vous « étiez la femme de sa vie » ... « Nul doute que c’était là sa façon de me faire participer au dernier adieu que ni la « distance ni les conventions ne permettaient ... « Fut-il, lui, le dépositaire de ce précieux trésor ? ... « Un autre de ses amis, peut-être ? ... « Et si c’était sa femme qui les avait trouvés, ou ses fils, dans une quelconque « cachette ? ... « Emus par un si grand amour soudain révélé, dans un élan de respect ou de « tolérance, auraient-ils pu décider de remettre ces feuillets à leur destinataire ? ... De pourquoi en comment et de peut-être en sans doute, la journée de Dorine n’est que questionnements et suppositions. Son esprit virevolte entre souvenirs, désirs et espoirs. Les années ne se sont pas écoulées. Elle revit chaque instant de sa vie d’alors mais elle craint de les avoir enjolivés et peut-être un peu magnifiés avec le temps. Elle se connaît. Elle sait la force de son esprit. Voilà, enfin, le moment venu de mettre fin à son attente, à son besoin de ressusciter, de retrouver les mots du bon vieux temps, les mots qui l’ont construite, qui l’on consolée, qui l’ont fait naitre à elle-même et à la vie. Que ce retour impromptu dans la chaleur de sa vie lui fait de bien ! Ses mains tremblent. Que cette attente fut délicieuse ! «Ma chérie, je ne te mérite pas ... « Tu m’as tant apporté ... « Tu as été si patiente, ma femme adorée, ma si chère Elsa. L

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Résultats du concours...

Publié le par christine brunet /aloys

Quels auteurs ont participé ?

 

Texte 1 : Natalie Colas

 

 

Texte 2 : Séverine Baaziz 

 

 

 

Un grand merci pour leur participation et leur implication ! Deux super textes, deux belles surprises !

 

 

Le texte gagnant sera inclus à la super revue élaborée pour les 20 ans de CDL... (Il n'y aura pas de revue automne-hiver). 

Les auteurs qui ont participé à l'appel à texte "Chloé a dit..." verront leur courte nouvelle insérée également dans la super revue. 

En novembre, vous pourrez voter pour le second concours organisé, celui-là, pour la super revue !

 

Et la gagnante est...

 

Séverine BAAZIZ

 

 

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Le rêve... 2e texte...

Publié le par christine brunet /aloys

TEXTE 2

Votes sur ce post jusqu'à demain 18h !

 

Il y a des jours où je me dis que ma vie aurait été tout autre si je ne portais pas ce fichu prénom : Monique.

Enfin, il y a encore peu, tout cela m’allait très bien. Par Tout cela, entendez : mon physique ordinaire et mes journées ordinaires. Bref, une monotonie qui ne manquait pas d’un certain confort : on se lève le matin aux côtés de l’homme que l’on a épousé, on passe les heures réglementaires sur son lieu de travail, et on se couche toujours aux côtés de l’homme que l’on a épousé. Une barque sur un fleuve tranquille, sans risques ni remous.  

           Jusqu’à ce que Geneviève parte en retraite.

           Depuis plus de dix ans, nous travaillons ensemble en tant qu’employées de comptoir dans une agence de voyage. Je savais bien que l’âge de la retraite approchait, qu’elle serait donc remplacée, mais comment aurais-je pu imaginer à quel point sa remplaçante allait bouleverser mon existence ?

Priscillia.

Belle à faire pâlir n’importe quelle jolie fille. Et les autres aussi, d’ailleurs. Un regard ensorcelant, des courbes sulfureuses, et un petit timbre de voix chantant. Les hommes en poussant la porte de l’agence n’avaient d’yeux que pour elle, accompagnés ou pas de leurs dulcinées. Que j’ai pu la détester, Priscillia ! Elle était tout ce que je n’étais pas : belle, libre et aussi butineuse qu’un papillon. Elle croquait la vie et les hommes. Et puis, tout doucement, j’ai commencé à apprécier toutes ses croustillantes anecdotes confiées chaque jour, toutes ces jalousies provoquées, tout ce piquant qui rythmait sa vie et saupoudrait un peu la mienne. Enfin, plus que ma vie, mes nuits.

           En y repensant, c’est exactement à ce moment-là que j’ai commencé à me souvenir de mes rêves.

           Chaque nuit, je dois vous l’avouer, je me suis mise à chavirer dans les bras d’un inconnu, comme si les tribulations de Priscillia déteignaient sur mon subconscient. Et je dois aussi confesser que j’y ai rapidement pris goût. Au fil des nuits, les images et sensations sont devenues plus réalistes. Peu à peu, étrangement, un décor reconnaissable s’est dessiné : celui d’un séjour que nous devions à tout prix placer en priorité : les forêts de cèdres du Luberon. Et le bel inconnu avait désormais un prénom : Giuseppe. Il était grand, ténébreux, une barbe de quelques jours, mais jamais son visage au complet ne m’apparaissait. Ses lèvres dans mon cou, oui, ses mains sur ma peau, la puissance de sa nuque… mais pas plus ! Et encore plus frustrant : la sonnerie de mon réveil retentissait systématiquement avant même que le corps de Giuseppe se dévoile !

           Et le pire restait à venir.

           Ils se sont arrêtés du jour au lendemain !

Quoi donc, me demandez-vous ? Mais enfin ! Mes rêves, voyons ! Priscillia continuait à rayonner de féminité, et moi, je souffrais d’un manque inconsolable, déversant sur mon mari l’aigreur d’avoir perdu mon amant. Un matin, même, je me souviens avoir envoyé le réveil se briser contre notre armoire, sous les yeux mi-endormis mi-effrayés de Bernard. Cela ne pouvait plus durer.

           Heureusement, j’eus une idée : aller sur les lieux de mes rêveries : les forêts de cèdres du Luberon. Mon mari, me sentant à la limite du burn-out, accepta, sans comprendre toutefois le choix de ma destination.

Dès le premier soir, après avoir attendu que Bernard et les filles s’endorment, j’ai filé m’asseoir sur la souche d’un arbre. J’ai souri aux passants, les ai déshabillés du regard.  Et figurez-vous que mon stratagème opéra ! Et ce, à merveille ! Giuseppe fit son grand retour ! Je ne l’avais donc pas définitivement perdu ! Désormais, je n’avais plus qu’une obsession : que jamais, il ne me quitte.

           Le séjour prit fin, et Giuseppe me fit le plus grand des plaisirs : m’accompagner. Il était avec moi. Toujours, tout le temps, la nuit et le jour. Tant et si bien, qu’un beau matin, il m’arriva la chose la plus extraordinaire de toute ma vie.

           J’étais seule à l’agence, un homme est entré et s’est assis en face de moi. Un grand brun ténébreux à la barbe de quelques jours souhaitant séjourner dans les forêts de cèdres du Luberon. Départ dans une semaine. Il se prénommait Giuseppe et attendait la confirmation de la femme sensée l’accompagner. Giuseppe ! Mon Giuseppe ! Mais bien sûr que j’accepte de t’accompagner !Tremblante, j’ai saisi toutes les informations de sa demande sans oser lui dire que pour moi, c’était oui, un grand OUI ! Quand il a franchi la porte, j’ai bondi de ma chaise, fermé l’agence à double tour, et l’ai suivi de loin jusqu’à son domicile. Je me suis faufilée dans l’immeuble, la lourde porte à digicode se refermant au ralenti, j’ai pris l’ascenseur pour l’étage resté sélectionné, et j’ai soupiré de bonheur à l’instant où la porte de son appartement s’est ouverte.

-       Je suis là !

           Feignant la surprise, il n’eut aucune réponse.

           -     Oui, je le veux ! Je viens avec toi, Giuseppe, dans les forêts de cèdres du Luberon!

           -   Mais, madame, il y a méprise… Voyons, je ne comprends pas...  Je ne m’appelle pas Giuseppe, vous le savez bien… 

          La théâtralisation lui allait si bien. Telle une panthère, je suis entrée. Il protesta. S’agita. Nous brûlions d’un même feu. De mes mains audacieuses, je lui arrachai sa chemise. Il me gifla. Je ne pouvais plus rien lui refuser. Je le giflai à mon tour.


           Je ne sais plus ce qui s’est passé ensuite.

           La seule chose que je peux vous dire, c’est que là, à l’instant où je vous parle, sur ce lit d’hôpital psychiatrique, j’en ai assez, mais vraiment plus qu’assez, d’être entourée d’infirmières, envieuses et incrédules, ne pouvant admettre qu’une femme prénommée Monique puisse vivre une telle idylle.

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Concours pour les petits papiers de Chloé : racontez un rêve. Deux textes en lice. A vous de choisir !

Publié le par christine brunet /aloys

TEXTE 1

 

Si le doute m’était conté…

 

Chaque nuit, il me renvient, plus vrai que jamais. Aucune de mes pensées du jour ne sont à la hauteur de mes songes bercés par l’obscurité. Aucun souvenir éveillé ne vaut nos retrouvailles nocturnes. Je couche mon corps courbaturé, je ferme les yeux, il m’est rendu. Sa voix me parvient, son odeur m’enivre et me voilà à nouveau amoureuse. Mon tendre mari. Je me retrouve dans ses bras, lovée, sécurisée. Et pourtant je sais qu’il n’est plus. Je décompte ces heures sombres, à la joie éphémère, fragile. Il est là, grand, rieur, charmant. Il me semble pouvoir le toucher, fondue dans sa peau. Mais au matin, il n’est plus. Mon rêve en joue. Il me balade dans notre temps, me fait fouler les espaces de ma vie dont il ne me reste que des clichés ternes.

Mes yeux lâchent, mes pensées se taisent, enfin, et je m’évade. Mon corps semble soudain plus léger, perd tous ses maux de vieille femme et me fait courir sur la plage, sauter dans un bois et mieux que gravir les escaliers d’une maison que je ne reconnais pas, je les survole. Vivre et rire ; le temps s’est figé à mes trente ans. J’embrasse mon mari. Seul mon rêve me délivre d’un présent auquel je n’appartiens plus. Pourtant, son visage aux traits flous me perturbe, mais je sais que c’est lui. Je n’ai aucun doute. Je ne veux pas douter de ce passé. Mon rêve me semble maintenant le seul moment qui m’épargne de doutes. Mon doux mari. Il me parle, mais je ne le comprends pas. Je ne peux lui répondre, mais qu’importe… Parler est illusoire. Je veux juste l’aimer. Puis, il me quitte. Encore. Mon rêve ne m’épargne pas. Jamais. S’il ne faisait que me prendre mon mari… Il en fait un être torturé par mes remords, mué en amas d’une vie confuse. Mon mari. Il va vers cet homme, l’enserre et me délaisse. Les oiseaux chantent, la lumière s’invite ; j’ouvre les yeux, seule dans notre lit. Je me tourne vers ma table de chevet, regarde tendrement mes photos et découvre, un jour de plus, que je suis veuve et mère d’un homme qui en aime un autre…

 

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Résultats du concours... Qui a participé et qui a gagné ?

Publié le par christine brunet /aloys

Résultats du concours... Qui a participé et qui a gagné ?
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LES AUTEURS QUI ONT PARTICIPE !

 

Texte 1 : MARCELLE PÂQUES   1 vote

Texte 2 : SEVERINE BAAZIZ       5 votes

Texte 3 : EDMEE DE XHAVEE     1 vote

Texte 4 : MICHELINE BOLAND   0 vote

Texte 5 : MICHELINE BOLAND  0 vote

Texte 6 : ISABELLE CHEVALIER   0 vote

 

Bravo à Séverine Baaziz qui gagne notre concours !!!! Merci aux 6 participants talentueux, aux votants et aux très nombreux lecteurs qui ont découvert les textes en lice mais n'ont pas pris part aux votes.

Résultats du concours... Qui a participé et qui a gagné ?
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Dernier texte... Vote sur ce post... Vous avez jusqu'à 20h pour voter ! Résultats ce soir 21h...

Publié le par christine brunet /aloys

Dernier texte... Vote sur ce post... Vous avez jusqu'à 20h pour voter ! Résultats ce soir 21h...

 

Les quatre-vingt ans de mamie Rose.

Au cours du succulent repas, les rires fusent. On attend avec impatience le gâteau de mamie Rose mais cette dernière s’est éclipsée ? On l’appelle. On la cherche dans toutes les pièces, en vain.
— Maman est peut-être dehors, suggère Anne, la cadette.
— Que ferait-elle dans le jardin alors qu’il fait déjà nuit ? rétorque Paul, un des jumeaux.
— Avec son étrange peur, pour ne pas dire sa phobie, de fêter ses anniversaires, maman a sans doute eu besoin de s’isoler avant de souffler ses bougies. Tout à l’heure, en nous voyant tous arriver à l’improviste, elle a failli s’évanouir. Depuis, elle fait la tête comme si on venait d’enterrer l’un de nous. C’est à nous dégoûter de lui faire une surprise ! Je vais voir dans la cour, dit Marie l’aînée.
À peine est-elle sortie, qu’elle crie «au secours !». Tout le monde accourt. La faible lumière du perron laisse entrevoir une faille de plus d’un mètre de large qui s’est ouverte au seuil de la maison. Marie a les pieds et une partie du corps dans le vide. Ses mains glissent. Jean attrape sa sœur avec poigne. Il la tire hors du trou béant puis il va chercher la lampe torche dans le cellier. Tandis que des «mamie Rose !» résonnent, le vif éclairage révèle un sol zébré de fissures. Une chaussure abandonnée de l’octogénaire fait penser au pire. De discrets mais incessants craquements se font entendre. Un arbre s’écroule, avant d’être avalé par la terre morcelée qui a sans doute déjà digéré l’aïeule. Effrayés, tous les membres de la famille se réfugient à l’intérieur. Les murs se mettent alors à bouger. Un cadre tombe. Plus aucun téléphone ne fonctionnent. Anne allume la télévision. Ce serait-il produit quelque chose pendant qu’ils faisaient la fête ? Pourtant, aucun flash spécial n’est diffusé. 
Soudain ! De grands cris de frayeur s’élèvent. Le courant vient de se couper et la lampe torche montre des signes de faiblesse. Jean garde son calme. Il descend à la cave où les bougies sont rangées.
— Et si ?
— Tais-toi Anne ! ordonne Marie en grimaçant à cause d’une contusion à la jambe. 
Jean est long, trop long. Denise, sa femme, panique. Marie tente de rassurer sa belle-sœur. Des enfants pleurent. Les adultes prostrés chuchotent « Et si mamie Rose leur avait menti ! »
Jean revient enfin. Il chancèle. Il jette des bougies sur la table. Il sent l’alcool. Il a bu. Il s’installe dans le fauteuil où il continue de vider une bouteille de vieille prune. Des lueurs dévoilent des murs et un plafond lézardés. Une eau noire suinte un peu partout. L’air devient glacial. Jean est dans un état semi-comateux. Au lieu de répondre aux questions, il laisse échapper un interminable rire nerveux. La panique monte. Certains se serrent en se disant des mots d’amour, comme s’ils pouvaient être les derniers. Mais « chut ! », il ne faut pas effrayer les plus jeunes.
Paul décide d’aller voir dans la cave. Il remonte blême et tremblant. Le verdict tombe :
— Au lieu d’écouter papa, nous l’avons fait interner. Le visage maléfique du mur de la cave existe bel et bien. Il est réapparu et il m’a parlé, dit Paul d’une voix chevrotante.
— Et je peux vous dire que ce qu’il raconte est effrayant. N'est-ce pas Paul ? dit Jean.
— Oui. Et vous avez tous le droit de savoir. À trente ans, après la découverte de sa stérilité, maman a donné son âme pour guérir et nous avoir. Elle ne devait jamais fêter son anniversaire avec ses quatre enfants réunis, sous peine d’entraîner la mort de tous ses descendants. C’est pour cette raison qu’elle s’arrangeait toujours pour partir en vacances ou pour être soi-disant malade à cette date.
— Ou pour se fâcher avec l’un d’entre nous, ajoute Jean. Je n’aurais pas du venir aujourd’hui mais une voix m’a soufflée : «Ta maman est malade et affaiblie. Sa mort est proche. Va fêter ses quatre-vingt ans et pardonne-lui !». Ce qui arrive ce soir est de ma faute.
— Non Jean ! C’est le diable qui t’a piégé. Il y a dix ans, quand il a fait des révélations à papa, il a procédé de même. Comme Maman n’avait pas le droit d’avouer ce pacte, pour ne pas signer notre arrêt de mort, elle a accusé papa de folie. Cela a été une peine supplémentaire infligée par le démon.
— Alors, je pense que le diable ne doit pas être étranger à cette idée de repas d’anniversaire qui m’est soudainement venue, dit Anne au bord de l’évanouissement.
— Vous racontez n’importe quoi, rétorque Marie. Le diable n’existe pas. Nous allons vivre.
Aussitôt, un rire maléfique et une fumée noire monte de la cave.

Le lendemain, le facteur a découvert l’effondrement partiel de la ferme. Le corps de mamie Lucienne n’a jamais été retrouvé. Seules les dépouilles de ses descendants ont été découvertes.
Papy Guy avait toujours été saint d’esprit mais cette tragédie lui a finalement fait perdre la raison. Les belles-filles et les beaux-fils, rescapés de ce funeste repas de famille, ont subit le même sort.
 

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Texte N°5 Concours les petits papiers de Chloé

Publié le par christine brunet /aloys

LES DEUX MAMIES

 

 

Gabrielle s'est levée très tôt. Après sa toilette, elle a passé plusieurs heures à cuisiner. Elle s'est appliquée pour évider et épépiner les tomates des gamins, et pour paner les escalopes de veau qu'elle leur destine. À dix heures et demie, Monique, la mère de son beau-fils, arrive chez elle avec sa petite valise et un gâteau fait maison. Monique a horreur de conduire le soir, elle a donc prévu de loger chez Gabrielle. Il est près de midi quand les deux femmes terminent de dresser la table. Assise dans un fauteuil, Gabrielle attend la famille. Elle se réjouit de les revoir tous, surtout Corentin et Damien, ses deux petits-fils. Elle brûle d'impatience, se lève et va vérifier que rien ne manque. Elle a pensé à tout : à la salière, au poivrier, aux petits beurriers, aux bougies, aux deux verres décorés de Schtroumpfs. Elle a mis de délicieux vins blancs au frais. Un instant, elle perd pied : elle a oublié de rafraîchir les sodas pour les garçons ! Elle pallie cet oubli. Elle regarde l’heure : midi vingt. Ils ne vont plus tarder...

Avant de se rasseoir, elle jette un regard au miroir. Son chignon et son léger maquillage sont impeccables. Corentin adore sa coiffure, il dit qu'elle la fait ressembler un peu à une princesse. Elle s'observe encore et constate amèrement qu'elle a pris des rides depuis le décès de Michel, son époux. Comme Michel lui manque, lui qui est décédé il y a presque un an !

Son fils et sa belle-fille arrivent. Les deux petits ne viendront pas ce dimanche, car ils ont une réunion importante chez les scouts. Mais Juliette et Caroline, les aînées, vont suivre accompagnées de leur amoureux. Le nombre de couverts ne changera pas. C'est pour cela qu'on n'a pas pris la peine de la prévenir de l'absence des deux garçons. Gabrielle est déçue, des larmes qui lui montent aux yeux. Elle n'a pas vu grandir ses petits-fils ! Plus ils avancent en âge, moins elle les voit. À dix et onze ans, ils ont déjà des activités qui leur sont propres. Ils prennent leur indépendance. Ils n'ont plus besoin qu'on les conduise à l'école et qu'on surveille leurs devoirs. D'ailleurs qu'ont-ils encore à faire de ses câlins ? Qu'ont-ils à faire de sa mousse aux deux chocolats ?

On sonne de nouveau. C'est sa fille et son mari. Enfin les derniers se manifestent ! On passe à table. Gabrielle prend place au plus près de la cuisine. On échange des banalités. Son gendre se charge de servir le champagne. Gabrielle et Monique vont chercher les verrines préparées avec amour.

On bavarde. On parle vacances, voyages, restaurants, cinéma, mode, placements, sports, politique. Quasiment pas un mot au sujet de Michel si ce n'est pour évoquer ses talents de bricoleur et rien à propos des deux petits qui sont absents. Gabrielle, qui a le cœur lourd, n'avait pensé que cuisine savoureuse, ambiance chaleureuse, cajoleries aux deux gamins.

L'heure est au dessert. En sortant le gâteau et la mousse aux deux chocolats du frigo, Gabrielle retrouve les plats qu'elle avait préparés pour les deux gamins. Elle a passé tant d'heures pour plaire à tout le monde… Était-ce bien indispensable ?

Bientôt, il ne reste que Monique qui l'aide à remettre de l'ordre dans l'appartement.

Le lendemain midi, nos deux mamies se régaleront des tomates aux crevettes et escalopes panées.

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Texte n°4 concours les petits papiers de Chloé

Publié le par christine brunet /aloys

Treize ou quatorze ?


 

Traditionnel dîner d'anniversaire aux Délices du Terroir. Trente-cinq ans, cela se fête. J'ai invité ma sœur, mon frère aîné, son épouse et leurs jumelles de dix ans, Lise et Manon, mon oncle et ma tante, mon cousin et sa fiancée, mes parents et ma grand-mère. Je n'ai pas invité Luc. Pourquoi l'aurais-je invité ? Après plus de dix ans de vie commune, nous avons décidé de mettre durant quelques mois notre relation entre parenthèses. Il continue de vivre dans notre maison et j'ai posé mes valises chez une copine. Je ne supportais plus de le voir sacrifier notre vie de couple à son travail. Ma vie sentimentale était devenue un long, si long fleuve trop tranquille.

J'arrive au restaurant et je suis la première. J'ai réservé la salle du fond, celle qui permet une certaine intimité. Oh surprise la table est dressée pour quatorze ! J'interroge la patronne, elle bredouille : "Hum…Il y a des gens superstitieux, paraît-il… Votre sœur a pensé à eux… Ce serait dommage de gâcher la fête." Est-ce le subterfuge imaginé par Caroline, ma frivole sœur, pour inviter un nouveau copain ? Déjà, mon cousin arrive et je n'ai pas le temps d'approfondir la question. Progressivement les autres invités nous rejoignent. Ma sœur me glisse à l'oreille : "Je me suis permis d'inviter une personne de plus pour éviter que vous soyons treize à table. Tu connais, Maman elle est tellement superstitieuse !"

C'est alors que Luc entre... Il vient vers moi. Il semble embarrassé. Il dit juste d'une voix fêlée : "C'est ta sœur qui m'a invité… J'ai accepté…Bon anniversaire, Val !" Il pose un baiser sur ma joue. Je souris, il m'a manqué comme nos petits déjeuners bavards et nos fous rires d'amoureux complices … Pourquoi ne pas nous accorder une deuxième chance ?

Ma sœur a pris les choses en main. Décidemment elle en fera toujours à sa tête : elle a décidé de la place que chaque personne occupera à table. C'est ainsi que Luc se retrouve assis entre elle et moi. Comme à son habitude, Luc est bavard et jovial. Le potage terminé, je me penche pour prendre un mouchoir dans mon sac. Je vois le pied de ma sœur qui cherche celui de Luc. Je remarque que Luc le repousse… Lorsque je me redresse, mon regard croise un instant celui de ma sœur ! Elle rougit… D'un coup me reviennent en mémoire quantité d'incidents anciens : la vieille théière cassée soi-disant par moi, le baiser volé de Caroline à mon premier amoureux,... Je n'hésite pas une seconde. Je crie : "Ça suffit, Caroline ! Pars tout de suite ! Je ne veux plus te voir ! " Elle bafouille un minable : "Pourquoi ?" Papa intervient : "Allez du calme, les filles…" Des paroles qui tombent à plat comme de coutume. Je me lève, je désigne la sortie du doigt. "Caroline, tu pars immédiatement ! "

Elle se lève en renversant sa chaise et quitte la salle. Quelques instants plus tard, on entend le crissement des pneus d'une voiture sur le gravier du parking.

C'est à ce moment-là que la patronne entre dans la salle et me demande discrètement : "Pouvons-nous servir la suite, Madame ?" J'acquiesce. Le repas se poursuit dans le bourdonnement de conversations banales. Seul indice d'un souci passé, la chaise de Caroline qui reste vide.…

 

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