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Concours "Les petits papiers de Chloé" : le bonheur est ailleurs - Texte 3

Publié le par christine brunet /aloys

LES PETITS BONHEURS DE VIOLETTE

 

La dentelle d'un feuillage, l'odeur du café, la saveur d'un carré de chocolat, la douceur de son peignoir, le chant d'un oiseau, les roses d'un ciel matinal, autant de petits bonheurs qui s'offraient le plus souvent à Violette peu après son lever. 

Il arrivait à Violette de regarder défiler les nuages et de trouver en eux l'écho de sa légèreté intérieure.

Jour après jour, elle renouvelait ses remerciements au destin pour les cadeaux qu'il lui avait accordés.

Ce matin-là, elle était montée dans le train et s'était assise en face de deux femmes qui bavardaient.  Violette avait l'impression de partager malgré elle quelque chose de leur intimité. Le bonheur d'une de ces femmes tenait, disait-elle, à un déménagement, plus précisément à l'achat d'une maison entourée d'un magnifique jardin. 

Violette jeta un coup d'œil sur le paysage. Dehors, quantité d'herbes folles et de fleurs sauvages frémissaient un peu sous le souffle du vent. Cette beauté gratuite n'était-elle pas partie intégrante de la magie du moment ? Observant le paysage et écoutant les deux femmes, Violette se pencha sur son propre vécu : serait-elle plus heureuse si la terrasse de son studio était plus grande ? Non, conclut-elle.   

Ce qui est désarçonnant avec le bonheur, pensa-t-elle, c'est que chacun en a une approche différente. Il n'y a pas une recette universelle. C'est tellement personnel. Il ne se définit pas une fois pour toute ni de la même manière pour chacun. 

Violette regarda sa bague. Aussitôt, elle replongea dans le passé et revécut des instants de grâce. Elle fut transportée ailleurs et affleura en elle le souvenir de sa grand-mère la lui offrant pour ses dix-huit ans. Des sensations affluèrent : la voix douce de sa grand-mère, ses yeux bleus, son sourire, le délicat mouvement de sa main, le frémissement de ses narines. Elle pouvait presque toucher du doigt l'infinie joie d'autrefois. Ce bonheur-là, c'était son trésor, un trésor d'amour reçu sans condition.  C'était bien plus que l'espèce de gri-gri que sa mère appréhendait dans ce bijou de famille.

Pourtant, se dit Violette, le bonheur ne se conjugue-t-il pas d'abord au présent même si de tendres ou forts souvenirs l'habitent à l'occasion. L'instant suivant ne sera du bonheur que si l'on y met une part de soi et pour cela il faut se connaître, être conscient de ce qui fait vibrer et aussi de ce qui entache la qualité de son ressenti. 

L'espoir d'un avenir meilleur n'est pas le bonheur, songea-t-elle. Non, espérer c'est juste  donner un coup d'accélérateur pour avancer. 

Le bonheur passé comme le bonheur futur ne sont pas de vrais bonheurs. Ce qui a un réel prix c'est le temps actuel dans toute son intensité et sa fièvre. Encore faut-il apprendre à le cueillir… 

Le train entra en gare. Violette se leva, se dirigea vers la porte, elle sentit des effluves de jasmin apportés par le parfum d'une voyageuse et le bonheur l'envahit tout entière.  

 

 

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Concours "Les petits papiers de Chloé" : le bonheur est ailleurs - Texte 2

Publié le par christine brunet /aloys

Oh l’amour ! 

Ah l’amour ! Celui des poètes, des chansons, des romans, celui qu’on croque à pleine dents, celui que tout un chacun attend ! L’amour rose, l’amour bleu, l’amour fou. 

Marie l’a attendu toute sa vie, l’amour ! Il n’est jamais venu ! Et ce n’est pas faute d’avoir tout mis en œuvre pour qu’il vienne à elle ! 

Petite, elle a cherché l’amour maternel, mais la femme que le ciel lui avait choisie comme génitrice ne lui a témoigné qu’indifférence. Pourtant, Marie était une petite fille toute mignonne et obéissante. Elle a toujours tout fait pour plaire à sa mère. Elle l’aidait dans ses tâches ménagères, elle travaillait bien à l’école, ne contredisait jamais ses parents, ne leur demandait ni cadeaux extravagants ni argent de poche. Son père était toujours absent et sa mère lui préférait ses copines. Carole passait des heures au téléphone, des soirées dans des pubs, au cinéma, au théâtre, pendant que sa fille restait seule chez elle, frissonnant d’inquiétude. 

Puis un jour, lorsque Marie a eu 16 ans, elle a tout plaqué : l’école, sa mère, tout. Elle avait trop donné, trop attendu l’amour d’une mère indigne. Elle l’a compris en lisant un de ces sempiternels romans que Carole exécrait. Elle est partie sans rien, sans laisser une lettre explicative, sans un mot.
Elle a cru rencontrer l’amour en la personne de Carlo. Il était beau comme un dieu. Il avait dix ans de plus qu’elle, mais qu’importe. Elle en est tombée folle amoureuse. Mais pour lui, tout ça n’était qu’un jeu et aussi un moyen de subsistance, car le beau Carlo a mis très vite la jeune fille naïve qu’elle était alors sur le trottoir avec l’ordre de rentrer au bercail avec du fric et pas qu’un peu. 

Marie se souvient de cette époque avec horreur : sa première passe, les mains grasses et velues d’horribles personnages sur son corps de jeune fille et bien plus encore. Les jours ont succédé aux jours, les passes aux passes. Marie est devenue une pute, une putain de pute. Il faut employer les mots adéquats. 

Si Marie n’a pas trouvé l’amour en la personne de son mac, elle a trouvé une certaine protection, presque un foyer, même si elle côtoyait souvent des êtres démunis comme elle, des jeunes filles qui ne faisaient que passer dans l’appartement loué par Carlo en plein centre-ville. On ne peut pas dire qu’elle a trouvé de l’amour auprès de ces filles blessées comme elle par la vie, mais, parfois, une certaine complicité.

Quelques années plus tard, elle a cru trouver l’amour auprès de sa fille, une jolie colombe arrivée un beau jour de printemps sans que sa mère s’y attende. Marie avait fait ce qu’on appelle un déni de grossesse. Elle allait donner naissance à un être créé à partir d’une graine inconnue, ce n’était pas possible ! Qui parmi tous ces hommes abjects avaient-ils pu lui laisser ce souvenir en partant ? Marie s’était pourtant toujours bien protégée ! 

Le fait est qu’une petite fille vint au monde. Quand elle la vit, toute rose, les cheveux noirs encore mouillés, la figure encore fripée, son cœur fondit littéralement. Si elle n’avait jamais trouvé l’amour, elle allait en donner, et à profusion ! Hélas, Marie ne reçut en retour que de l’indifférence, une fois de plus. Même sa fille ne l’aimait pas, c’était manifeste ! En fait, Marie  pensait ne pas mériter l’amour des autres puisque personne ne lui en avait donné. 

Aujourd’hui, Marie est vieille : elle a 25 ans. Vous direz sans doute qu’elle est encore bien jeune et, dans votre esprit à vous, vous aurez sans doute raison. Mais Marie se sent très vieille, elle a trop vécu, elle a trop donné, elle se sent vide, sans force, vieille, il n’y a pas d’autres mots. 

Sur le pont qui surplombe l’autoroute, Marie pense à tout ça, à l’amour qu’elle a cherché désespérément et qu’on a toujours refusé de lui donner, à sa triste vie façonnée par des mains bien mal intentionnées. Elle regarde en bas, toutes ces voitures qui filent à vive allure. Il suffirait d’un instant de courage, un petit saut dans le vide. Un petit article dans le journal pour signaler l’accident et Marie aurait disparu de la surface de la terre, invisible comme elle l’a toujours été. L’aura-t-elle, ce courage-là, l’aura-t-elle ? Le bonheur tant recherché, le trouvera-t-elle ailleurs ?

 

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Concours "Les petits papiers de Chloé" : Le bonheur est ailleurs Texte 1

Publié le par christine brunet /aloys

Le bonheur est ailleurs

 

Je saute à cloche-pied sur les gués de la vie.  Je ne me hâte pas d'atteindre l'autre rive. Les détours sont permis et j'en tente certains. D'autres sont imposés et parfois surmontés. Mais il en est certains que je veux refuser. C'est alors que je tombe et que le flux me glace. Il me faut surnager dans les tourbillons fous. Vouloir ne pas mourir avant que de survivre. Une main secourable m'est quelques fois tendue . Mais c'est au fond de moi que je trouve la force. Je ne sais d'où elle vient. Elle est là, elle attend. Enfin je la saisis comme un fruit enfin mûr. Que reprenne la danse des fragiles équilibres !

 Le bonheur est ici quand on peut le goûter. Il est une rencontre méritée ou fortuite.

Le bonheur est ailleurs quand on est plein d'aigreur. Quand on reste planté au milieu du courant. 

Il n'est pas le courant, il y est parsemé. 

Courage ou inconscience, qu'importe, je le poursuis ! Je garde les blessures des glissades et des chutes, mes étendards intimes qui me forgent et me font. 

 

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Résultats concours " Catastrophes, mes désirs deviennent réalité"

Publié le par christine brunet /aloys

Auteurs participants :

Textes 1 : Séverine Baaziz

Texte 2 : Micheline Boland

Texte 3 : Philippe Desterbecq

Texte 4 : Brigitte Hanappe

Texte 5 : Carine-Laure Desguin

Texte 6 : Gabriel Rasson

Texte 7 : Christian Eychloma

 

=> Texte 1 : 2
Texte 3 : 3
Texte 5 : 2

 

Et le gagnant est... Philippe Desterbecq avec 3 votes ! Bravo !

 

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Concours : Catastrophe ! "Mes désirs deviennent/sont devenus réalité" Texte 7. C'est le dernier ! Votes sur ce post jusqu'à 18h

Publié le par christine brunet /aloys

Les plaisantins 

(toutes les prophéties sont autoréalisatrices)

 

Tout avait commencé par une franche rigolade. 

Arthur - c’est le nom de mon copain - était encore à l’époque un sacré déconneur, tout en s’intéressant très sérieusement à des sujets compliqués qui, perso, me passaient nettement par-dessus la tête, comme la puissance du mental, l’autosuggestion, enfin, ce genre de truc…

Je ne me souviens plus des détails de la discussion qui nous avait  amenés à notre première expérience sociale. Rien de bien sérieux, histoire de déconner, je l’ai dit…

Arthur, affichant une pauvre opinion de l’espèce humaine, prétendait par exemple qu’il suffirait de faire courir le bruit d’une pénurie quelconque pour la provoquer. Une prophétie autoréalisatrice, en quelque sorte ! Chiche…

Après avoir hésité pour le papier cul, nous nous décidâmes pour les préservatifs. Arthur avait des copains et des copines dans toutes les boîtes branchées et il ne lui fut pas difficile de commencer à faire naître la rumeur d’une prochaine rupture d’approvisionnement. 

À notre plus grand plaisir, le résultat dépassa vite nos espérances. Au bout de deux semaines, toutes les pharmacies avaient épuisé leur stock et les files d’attente s’allongeaient devant les distributeurs automatiques. Et quand le PDG de Durex lui-même dut monter au créneau pour affirmer sur un plateau télé qu’il n’y avait jamais eu le moindre problème au  niveau de la production, nous fûmes aux anges ! Pliés de rire !

Bon, après un tel succès, nous n’allions quand même pas nous arrêter là ! 

« Ça te dirait de passer à la vitesse supérieure ? » me proposa Arthur avec un clin d’œil appuyé.

« Bon, je veux bien… Par exemple ?

- Nous allons faire courir le bruit d’une nouvelle épidémie… Qu’en dis-tu ? »

Je haussais les épaules. « Quoi ? Là, tu déconnes pour de bon…

- Pas si sûr. Ce qui devient vrai est ce dont nous finissons par nous persuader. Jamais lu d’article sur ces sorciers aborigènes australiens qui, juste en pointant un os sur la poitrine de la future victime,  pouvaient tuer sans coup férir n’importe quel membre de la tribu ?

- Mais comment voudrais-tu… 

- Renseigne-toi… Personne ne nourrissait évidemment le moindre doute sur la puissance du sorcier, ceci étant bien entendu fondamental. Bref, il s’agissait bel et bien d’une condamnation à mort, le gus en question y croyant tellement qu’il cessait aussitôt de s’alimenter et succombait  au bout de quelques semaines !

- Merde alors… 

- Bon, là, il s’agirait juste de créer un peu d’inquiétude pour voir à quelle vitesse prend la mayonnaise, hein !

- Si tu crois…

- Je connais quelques journalistes travaillant pour des canards à sensation. Je leur en touche un mot ? Ils marcheront dans la combine si je leur demande juste d’évoquer, sans trop insister, une nouvelle maladie virale avec de vagues symptômes, comme de la fièvre, des éruptions cutanées, des choses comme ça…  Nous attendons quelques semaines pour voir ce qui se passe et nous publions ensuite un démenti, alléguant une erreur d’interprétation…  Qu’en dis-tu ? »

 J’hésite. Je trouve que ça va quand même un peu loin. 

Il me tape sur l’épaule. « Tu ne vas pas te dégonfler, si ? Allez, je m’en occupe et te tiens au courant ! » 

Je me suis marré quand j’ai lu le très court article en troisième page. Sacré Arthur ! 

J’aurais fini par oublier cette drôle de farce quand, stupéfait, j’appris deux semaines plus tard, en regardant le journal télévisé, que les hôpitaux signalaient une nette augmentation du nombre des malades se disant affectés par la nouvelle maladie. Dingue…

Incrédule, ennuyé, perplexe, j’appelai aussitôt Arthur au téléphone. Hilare, il me répondit aussitôt qu’il était au courant, ajoutant qu’il avait décidé de corser le jeu en demandant à ses copains journaleux d’insister sur les éruptions cutanées permettant de reconnaître à coup sûr la « maladie ». Je n’osai pas lui dire franchement qu’il fallait aussi savoir s’arrêter… 

Les médias mainstream, ne voulant pas être en reste, s’emparèrent de l’affaire en dramatisant encore un peu la situation, et les habituels « médecins de plateau » se mirent à tenir le haut du pavé médiatique. Et des malades, de plus en plus nombreux, outre une forte fièvre, commencèrent à observer sur tout leur corps ces drôles de petites taches bleues…

Arthur exultait. « Mais enfin, comment une telle chose peut-elle être possible ? » lui demandai-je, au comble de la sidération. « Comment concevoir une chose pareille puisque c’est nous, nous, qui avons inventé tout ça ? »

Il éclata de rire. «  Jamais entendu parler des stigmates ? » me répondit-il. « Oui, ces plaies aux mains et aux pieds dûment constatées chez certains mystiques…  Alors, les taches, pourquoi pas, au fond ? »

Pourquoi pas, en effet ? En tout cas, en dépit des explications d’Arthur visiblement en train de jouir de sa réussite, je jugeai qu’il était devenu temps d’arrêter tout ça.  Grand temps. Vraiment. La plaisanterie tournait mal…

Il finit par l’admettre et contacta à cette fin ses journalistes véreux. Sauf que tout ça s’était emballé entre-temps et que, malgré de multiples démentis, l’épidémie semblait bel et bien là.  

Au bout de quelques semaines de cette situation, désespéré, rongé par un douloureux sentiment de culpabilité, je me rendis à son domicile. Après de multiples coups de sonnette, il finit par venir m’ouvrir. En pantoufles et pyjama, traînant les pieds. 

Le visage constellé de petites taches bleues…

 

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Concours : Catastrophe ! "Mes désirs deviennent/sont devenus réalité" Texte 6

Publié le par christine brunet /aloys

Demain, je me marie.

J’ai attendu ce moment.

Pourquoi m’a-t-il choisie ?

Je me suis toujours trouvée trop mince.

Banale, plate, pâle.

Maman, elle dit que j’ai un joli visage.

Lui aussi, il me dit ça.

Je le trouve si beau, inaccessible.

Il a dit qu’il me voulait.

Ça m’a fait plaisir.

Papa, il dit que je ne devrais pas.

Qu’il lui semble louche.

Qu’on ne sait rien de son passé.

Mais Papa sera là demain.

Papa est si gentil.

Je crois qu’il a peur pour moi.

Lui aussi, il sera là, sûr !

Il est grand, mince, fort.

J’aime bien m’appuyer sur son bras dur.

Il me regarde avec ses yeux noirs.

J’ai un peu peur quand il me regarde.

Mais j’ai des frissons et j’aime bien.

Il m’a montré son beau costume.

Son nœud papillon, d’un beau rouge.

Derrière ses ceintures, j’ai vu quelque chose.

Un révolver noir, comme dans les films.

Je n’ai pas osé lui en parler.

Aux parents, je n’ai rien dit.

J’ai aussi vu une lettre.

Dessus, il était dessiné une tête de mort.

Comme on voit sur les médicaments.

Le téléphone sonne et je dis allô.

J’entends un souffle et on raccroche.

Sûrement une erreur.

Demain, je me marie. 

Je me réjouis.

Je l’aime.

 

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Concours : Catastrophe ! "Mes désirs deviennent/sont devenus réalité" Texte 5

Publié le par christine brunet /aloys

Emportée par la foule

 

…. et cette foule ( ils sont combien là devant moi ? une centaine au bas mot ? au bas mot je dis ça par plaisanterie car les mots sont plus hauts que bas) hallucinante et non moins hallucinée oh non c’est infernal à présent ce sont des vagues de gens qui m’assailliront dans quelques secondes chacun d’entre eux brandissant quoi ? dans chacune de leur main attendez que je lise le titre des livres oh non je ne peux pas lire les mains s’agitent dans tous les sens ils approchent ils approchent affamés qu’ils sont ces lecteurs venus des quatre coins de la planète par avions bateaux trains vélos électriques trottinettes cuistax drones cerfs-volants balais de sorcières cafetières électriques (pourquoi pas hein ?) et j’en passe (car c’est plutôt incroyable et vous penseriez que je fabule et ça c’est pas mon genre)

attention ils se rapprochent de plus en plus ils hurlent ils scandent mon nom en insistant sur chaque syllabe ce n’est plus une vague c’est un tsunami de de de de lecteurs oui mais je n’en demandais pas autant et surtout pas tous comme ça en même temps faut dire que j’avais ingurgité un drôle de liquide déniché derrière un grimoire enfoui dans la bibliothèque poussiéreuse du château du Val et sur la fiole il était inscrit en majuscules porter à ébullition et une fois le liquide refroidi avalez-le en une seule fois et c’est ce que j’ai fait mais la deuxième partie du texte écrite en minuscules je l’ai lue après avoir ingurgité cette saloperie et là j’ai halluciné en lisant vos rêves deviendront réalité c’était pas mal j’ai pensé après trente secondes de réflexion et puis zou me voilà propulsée dans la plus grande librairie du royaume dont je tairai le nom (celui de la librairie et celui du royaume)

oh non ça flashe dans tous les sens et ça filme aussi c’est un moment historique je comprends et quelle pub pour cette librairie okay mais c’est une mort en direct à laquelle ils assisteront eh bien zut la télé nationale se pointe aussi juste là à la droite de la cam d’Actutv et moi entre les étagères des mangas oh la la les mangas valsent dans tous les sens et tant mieux ils se liront à l’endroit ah ah ah les lecteurs se chevauchent se télescopent j’espère qu’il n’y aura pas de mort tout ça pour une dédicace je ne contrôle rien de rien d’ailleurs je ne justifie pas ce texte je voudrais me rendormir et rêver de nouveau mais je suis là et je crève de peur oh pourquoi j’ai bu ce truc-là pourquoi j’ai bu ce ce ce ce truccccc oh la laaaaa j’étttttttoufffffffeeeeeeeeeeee … 

 

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Concours : Catastrophe ! "Mes désirs deviennent/sont devenus réalité" Texte 4

Publié le par christine brunet /aloys

Esthétique patience !

Acheter du pain frais est une priorité quotidienne que Roxane affectionne : cela lui permet de sortir de chez elle et lui donne l’occasion de faire une activité physique.

Mais depuis quelques jours, sa promenade solitaire s’éternise car ses pas la conduisent irrémédiablement devant une boutique de vêtements stylés.

Son regard se pose sur une magnifique robe ajustée qui parade dans la vitrine : une tenue raffinée avec la taille ceinturée d’une dentelle transparente. L’étoffe  semble scintiller, le décolleté dévoile le dessus des épaules et la coupe cintrée donne au mannequin une allure sexy. La longueur est parfaite pour une femme de son âge en s’arrêtant juste au-dessus du genou. 

Elle vient de fêter ses 65 ans et son statut de retraitée lui donne à présent le temps de s’octroyer des petits plaisirs.

Le prix indiqué sur l’étiquette est élevé : 289 € mais «  Le temps de vivre » est un magasin de luxe qui propose des habits de marque alliant l’originalité à la qualité.

Roxane soupire de dépit car elle meurt d’envie d’acquérir cette tenue attrayante.  

Le mariage de son fils unique programmé dans 2 mois est l’occasion idéale pour s’offrir le nec du chic.

Roxane sait comment mettre son corps en valeur, comment assortir des accessoires accrocheurs qui feront passer son âge au second plan : cette robe correspond à ses attentes et à ses goûts… élégante et subtilement sensuelle.

Mais les projets de Raphaël pour la cérémonie de noces chamboulent tous ses espoirs. Son fils et sa fiancée sont des artistes aux goûts peu communs et ils ont décidé de sceller leur union sous le thème des années 1970 : cheveux retenus par un bandana, chemises fleuries, jupes longues à volants, breloques…

Bref, le style Babacool… Peace and love!

Aux protestations de sa mère, la réponse de Raphaël fut sans appel.

   ─ Mais maman, cela n’a rien de ridicule ! C’est plutôt une idée géniale : un mariage qui plongera les invités dans un passé exceptionnel ! Et au moins, aucune dépense excessive : il suffit d’un petit tour aux fripes pour faire ses achats et d’activer un peu son imagination. Crois-moi, les gens vont ADORER…

Apercevoir son reflet dans la vitre la fait grimacer et ses doigts sont inconsciemment attirés par son visage. L’index suit les sillons près du nez, il effleure les pattes d’oie autour des yeux, tâtonne les striures aux commissures des lèvres. Roxane se console en observant sa taille fine et son ventre presque plat. Retrouver la jeunesse d’antan lui importe peu mais elle rêve de vieillir sans arborer ces rides qui se multiplient au fur et à mesure des années. 

Depuis longtemps, elle sait manier les artifices du maquillage et s’imposer un look qui dévie le regard des autres sur son corps plutôt que sur son visage. 

Un dernier coup d’œil attristé vers la robe suggère dans son esprit la silhouette dégingandée qu’elle affichera lors de la cérémonie : jupon fluide et chemisier informe. Elle n’ose imaginer le grotesque de sa situation : une dame de son âge déguisée en hippie !

Sa décision est prise : les rêves sont permis et le sien est tout à fait réalisable.

L’argent qu’elle ne dépensera pas pour les vêtements, les chaussures, les bijoux servira à une cause plus esthétique.

Les jours suivants, Roxane surfe sur internet à la recherche de conseils thérapeutiques et de noms d’excellents praticiens. Le lifting lui semble une opération trop contraignante, des injections de toxine botulique lui paraissent  plus appropriées.

Un mois plus tard, Roxane se contemple avec satisfaction dans la glace : les pattes d’oies se sont estompées, les pommettes plus saillantes ont effacé les sillons près du nez. Plusieurs personnes se sont étonnées d’ailleurs de sa mine resplendissante.

Chaque soir, elle se démaquille avec soin avant de scruter sa peau avec délectation et pourtant, elle s’attarde à des détails comme si elle cherchait la perfection.

   ─ Dommage que quelques ridules stagnent encore sur le dessus des lèvres !

Le médecin consulté lui propose aussitôt d’intervenir à nouveau en injectant des doses minimes de Botox mais il précise :

    ─ Cette zone plus sensible peut provoquer des petits désagréments qui disparaîtront au bout d’une quinzaine de jours.

Roxane n’hésite pas longtemps.

Pourquoi se refuser la possibilité d’être encore plus jolie ? 

Les semaines passent vite et Roxane soupire en se massant les lèvres. On est à la veille du mariage. Sa peau est lissée mais les inconvénients temporaires sont toujours présents.

Le docteur a bien tenté de la rassurer :  

    ─ C’est votre première expérience dans ce domaine et vos muscles orbiculaires réagissent avec un peu plus d’intensité au produit. Un peu de patience !

Bien que son rêve soit devenu réalité, Roxane est catastrophée car la patience ne va pas résoudre son problème immédiat.

Demain, son visage sera rayonnant, dépourvu des lourdes marques du temps. Mais, elle devra rester muette ou du moins parler le moins possible : ses lèvres semblent paralysées lors de certains mouvements. Certains sons sont difficiles à prononcer et les mots qu’elle exprime ressemblent souvent à des chuintements. Elle est incapable d’aspirer un liquide sans baver. 

Son beau discours rédigé en l’honneur des mariés restera dans un tiroir et elle devra se cacher discrètement la bouche pour déguster le champagne et grignoter les plats.

 

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Concours : Catastrophe ! "Mes désirs deviennent/sont devenus réalité" Texte 3

Publié le par christine brunet /aloys

J’ai eu une mère très superstitieuse : jamais elle n’aurait croisé deux couteaux sur la table (je m’amusais d’ailleurs souvent, juste pour l’ennuyer, à croiser les lames qu’elle repoussait sans rien dire) ; elle ne manquait jamais de tracer une croix sous le pain qu’elle s’apprêtait à trancher ; elle cherchait parfois des trèfles à quatre feuilles qui étaient censés porter bonheur à toute la famille ; elle évitait de passer sous les échelles dressées le long des trottoirs de la ville et évitait de rencontrer les chats noirs. J’en passe et des meilleurs. 

Petit, j’avais lu l’histoire d’une vache prénommée Dondon qui, comme moi, ne croyait pas à ces histoires de bonnes femmes. Un jour, elle était passée sous une échelle et avait reçu un pot de peinture sur la tête. A partir de ce jour, elle ne voulait plus manger que des trèfles à quatre feuilles, et, évidemment, à cause de la rareté de ces petites plantes, elle a commencé à dépérir.
Vous voulez connaitre la fin de l’histoire ? Non, elle n’est pas triste. Les enfants du fermier ont peint des trèfles à quatre feuilles sur des lunettes qu’ils ont placées sur le nez de la vache. Le restant de sa vie, elle crut donc manger ces feuilles censées porter bonheur. 

Notre vache, très terre à terre auparavant, était devenue superstitieuse, tout comme moi, je le devins un jour. 

Voilà comment : 

J’étais devenu un adolescent banal, quelconque, très proche des préoccupations de la vie courante. J’étais parti en classe de ville avec les élèves de ma classe et notre professeur qu’on surnommait « monsieur Ronchon » avait décidé de visiter une église ou une cathédrale, je ne sais pas trop. Nous n’avions aucune envie de découvrir les œuvres religieuses d’un passé révolu, mais comme il tombait des cordes, nous sommes tous rentrés, d’un même élan, dans le bâtiment séculaire. 

J’avais entendu dire, par ma mère, que lorsqu’on rentre dans une église pour la première fois, on peut faire un vœu qui se réalisera sans aucun doute. Sornettes évidemment, mais je me suis pris au jeu. J’ai pensé très fort à un vœu… Quoi ? Vous voulez que je vous le livre ? Bon, ben, de toute façon, y a prescription, alors… J’ai tout bonnement fait le vœu de me faire embrasser par Cindy, la jolie rousse qui attirait le regard de tous les boutonneux que nous étions alors. Le soir, dans le parc du couvent où nous logions, la belle m’a coincé dans un coin et m’a roulé un de ces patins dont je rougis encore aujourd’hui. Coïncidence, me direz-vous. Evidemment ! J’ai appris que la sage et timide Cindy était ce que ma mère appelait une « Marie, couche-toi là » ! 

Deux années ont passé avant qu’un événement me remette sur le chemin des croyances et superstitions. 

Ce jour-là, mon meilleur ami mangeait à la maison. Ma mère, comme à son habitude, avait mis les petits plats dans les grands pour que tout soit parfait. Tout à coup, j’ai renversé la salière, geste anodin dont j’ai à peine eu conscience. Ma mère s’est levée précipitamment pour réparer les dégâts et m’a dit : « Vite, Augustin, prends quelques grains et jette-les par-dessus ton épaule gauche. » Je l’ai regardée bêtement et elle m’a dit : « Renverser une salière amène à se disputer avec son meilleur ami ».
J’ai regardé Yves, mon copain de toujours. Nous avons souri en levant les yeux au ciel. Jamais nous n’avions eu le moindre mot. Notre entente était parfaite…jusqu’au jour où j’ai appris, quelques semaines plus tard, qu’il sortait avec ma petite amie ! Je préfère ne pas vous raconter ce qui lui est arrivé.  Et tout ça à cause d’une foutue salière ! 

Un an ou deux plus tard, nous étions, ma nouvelle copine et moi en visite dans la merveilleuse ville de Rome. Observant la magnifique fontaine de Trévi, Sophie me dit : « Jette une pièce dans l’eau ». Un geste complètement idiot, une croyance qui nous vient de la mythologie gréco-romaine, mais j’obtempérai pour plaire à la jolie fille qui était entrée dans ma vie. « N’oublie pas de faire un vœu », ajouta-t-elle, dans un grand sourire.
Je pensai à mon père, couché dans un lit d’hôpital depuis plusieurs mois, prêt à faire le grand voyage, celui dont on ne revient jamais. Je vous laisse deviner le vœu qui m’est passé par la tête à ce moment-là et, vous me croirez ou non, quelques instants plus tard, mon téléphone a sonné. C’était ma mère qui m’annonçait que mon père avait ouvert les yeux quelques secondes plus tôt, qu’il venait de sortir de son coma. 

J’ai alors commencé à me poser des questions. Serait-ce possible que les vœux puissent se réaliser ? J’avais vraiment du mal à y croire. Le hasard avait dû jouer dans les différentes situations que j’avais vécues. 

Et finalement, j’ai dû accepter que des choses nous dépassent, ne s’expliquent pas, mais existent. Tout comme l’air que nous respirons sans en avoir conscience, des phénomènes étranges peuvent avoir lieu sans qu’on puisse leur donner une quelconque explication. 

C’était la nuit de la Saint-Jean. Nous étions, mes collègues et moi, réunis, avec notre chef de service que j’exécrais, réunis autour d’un feu qui crépitait dans la nuit, pour ce qu’on appelle aujourd’hui un « team building », cette méthode qui nous est arrivée des Etats-Unis et qui a pour but de renforcer les liens entre les membres d’une même équipe.
Mon chef n’avait jamais pu me saquer et ce n’est pas quelques heures passées autour d’un feu de joie qui allait changer quelque chose à notre problème. D’un ton narquois, le connard en question me dit : « Allez, Gus (je détestais ce diminutif), saute au-dessus du feu et si tu réussis tu pourras faire un vœu. Je n’ai fait ni une ni deux, je me suis élancé et, tel en kangourou en furie, j’ai fait un saut magistral, j’ai plané au-dessus des flammes et je me suis retrouvé, sur les deux pieds, de l’autre côté des braises.
Je ne vous dirai pas quel vœu j’ai osé faire – j’en ai encore honte aujourd’hui – mais, le lendemain, mon chef passait l’arme à gauche. Catastrophe ! Mon vœu s’était réalisé laissant une femme seule pour élever trois marmots en bas âge ! 

Depuis, je fais bien attention, à la pleine lune, lorsque des étoiles filantes se dirigent vers notre planète, lorsque je souffle les bougies de mon anniversaire, lorsque je pénètre dans une église pour la première fois, de ne penser à rien et de ne surtout pas exprimer de souhaits. 

Des gens assez pragmatiques m’ont aujourd’hui parlé de la loi de l’attraction, mais « dans le doute, abstiens-toi », me disait ma mère et je ne touche plus à ces choses-là. Je pourrais m’y brûler ! Je croise maintenant les doigts pour que mon texte vous plaise et qu’il se retrouve un jour dans « Les petits papiers de Chloé »…

 

 

Publié dans concours

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Concours : "catastrophe, mes désirs deviennent réalité" Texte 1

Publié le par christine brunet /aloys

Madame

 

Madame, je crois que je vous aime,

Les jours de ciel gris,

Dans votre imperméable pleurant sur mes chaussures

Au beau milieu de notre ascenseur.

Les jours de ciel bleu,

Dans vos robes légères s'amusant au souffle du vent 

A attiser mes univers éteints.

Les jours de gaieté,

Quand votre rire remue mon cœur d'enfant.

Les jours de tristesse,

Quand vos yeux cernés me fendent l’âme.

 

Madame, je crois que je vous aime,

Les lundis, mardis, mercredis, jeudis, 

Vendredis, samedis et dimanches.

Les jours où je vous croise

Et ceux où vous manquez cruellement.

 

Madame, je crois que je vous aime,

Mais sans un mot de vous,

Je n'oserai vous le dire.

 

Monsieur, je vous en prie, cessez de croire que vous m'aimez, 

Cessez de poser sur moi vos regards et vos sourires.

Monsieur, je vous en prie, cessez de douter et prenez-moi par la main,

Par la taille et dans vos bras,

Et poser enfin vos lèvres sur les miennes.

 

Publié dans concours

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