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Concours poésie "Les petits papiers de Chloé". Thème la vieillesse.

Publié le par christine brunet /aloys

Poésie n°3

 

 

usure

croque la vie croque la mort
le croque-mort est de sortie
il vaut mieux que tu te méfies
tu ne peux rien contre ton sort

tu devrais accepter d'être bientôt en terre...
si ta langue était douce et ton esprit sincère
on pourrait t'accueillir sans arrière-pensée
et peut-être montrer notre fraternité.
Farder la vérité est une absurdité
tu n'as plus la jeunesse tu n'as plus la beauté
ta peau est ravinée ton corps est un peu gros
il vaut mieux ravaler certains de tes propos
que d'essayer en vain de ravaler ta face
mettre du fond de teint dans toutes les crevasses
essayer de combattre tous les sillons profonds
c'est perdre le combat et perdre la raison.
La vie inéluctable t'entraîne vers la fin
et ce qu'on voit tomber, les paupières et les seins
ne fait qu'expliciter la grandeur de l'usure
qui modèle ton corps et te caricature.

Croque la vie croque la mort
le croque-mort est de sortie
il vaut mieux que tu te méfies
tu ne peux rien contre ton sort

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Concours poésie "Les petits papiers de Chloé". Thème la vieillesse.

Publié le par christine brunet /aloys

Poésie n°2

 

 

VIEILLIR
 
Vous voulez bien vieillir ? Alors écoutez-moi
Dormez bien chaque nuit. Réveillez-vous bien tôt
Ne regardez jamais en bas mais vers le haut
Visez le maximum et vous serez le roi.
 
Sortez, voyez des gens. Ça vous mettra en joie
Fuyez le mauvais temps qui vous courbe le dos
Faites-vous des amis, prenez des rigolos
Riez tout votre saoul. C'est ça la bonne voie.
 
Si vous vous sentez vieux, dites-vous que souvent
On se retrouve seul pour des ans et des ans
Parce qu'on ne va pas là où on doit aller.
 
Vers le bonheur discret, vers l'amour infini
Pour ceux que l'on aime. Le seul qui vous survit
Qui laisse un goût de miel et vous tient éveillé.

Publié dans concours

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Concours poésie "Les petits papiers de Chloé". Thème la vieillesse.

Publié le par christine brunet /aloys

Poésie n°1

 

ÊTRE VIEUX

 

Tu te vois renoncer parce que tu es vieux.

Non, il te faut lutter, agir et résister.

Ta main peut caresser et tu peux consoler,

Ne reste pas discret, inerte, silencieux.

 

Tu crois qu'avec les ans tu n'es plus audacieux.

Éprouve tes talents et sois-en assuré,

Tu as toujours en toi adresse et volonté.

Montre-toi amical, patient et ambitieux.

 

Bien sûr tu es plus lent mais jusqu'au dernier jour

Dans le fond de ton cœur laisse germer l'amour.

Donne, reçois, souris, communique et partage.

 

Laisse-toi emporter et traverser le temps

Selon ton intuition, en regardant devant.

Fidèle à toi-même, va au bout du voyage…

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Texte n°6 du concours "Les petits papiers de Chloé"

Publié le par christine brunet /aloys

 

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Réfectoire

 

 

 

Le réfectoire se voulait un lieu à la fois récréatif et solennel. Récréatif car chacun se retrouvait avec les autres aux mêmes heures, quatre fois par jour, dans cette immense pièce aux tables placées à angle droit, cernées d’autant de chaises que de commensaux; c’était un repas d’élèves et pas de moines et l’on pouvait parler en ce lieu, mais pas tout de suite. Les places, les voisins et les chefs de table étaient les mêmes pendant une semaine; le lundi, l’ordre était changé. Les Grands étaient à la table du Recteur, les Moyens étaient entre eux, de même que les Petits. Ainsi, le réfectoire était-il le seul endroit, avec la messe conventuelle et les offices du dimanche, où tous les élèves étaient régulièrement rassemblés. Les repas principaux étaient précédés de la prière chantée: “Bénissez-nous Seigneur – bénissez ce repas, cette table accueillante, et procurez du pain à ceux qui n’en ont pas, ainsi soit-il”.

Le côté solennel commençait ici. Le repas continuait dans le silence; l’élève lecteur de la semaine prenait place sur le bureau suspendu qui dominait la pièce, et donnait la lecture. Le ton était calqué sur celui du réfectoire des moines: il restait monocorde tout au long de la phrase, et chutait sur le dernier mot qui précédait un point. Cette chute était différente si la phrase se terminait par un signe de ponctuation autre que le point. Ce rite rendait d’abord étrange le texte, roman ou journal, lu par le soliste; mais l’oreille s’y faisant jour après jour, il redevenait ce qu’il était, et voulait être sans doute: un texte récité d’une voix dont tout sentiment était exclu.

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Texte n°5 du concours "Les petits papiers de Chloé"

Publié le par christine brunet /aloys

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/fa/Poucet10.jpg/330px-Poucet10.jpg

 

 

Il était roux. Un géant, barbu comme tous les ogres des contes que je dévorais à l'époque. Un teint laiteux, des dents jaunies par le tabac, la mâchoire en permanence serrée sur le bec d'une pipe qu'il bourrait d'un doigt agacé, ou machinal, en nous foudroyant tour à tour d'un regard vert, inquisiteur et froid.

11 ans. Premier jour de collège. Cet ogre est notre professeur de français et notre professeur principal. Une journée complète à ses côtés, pas d'alternative. Aucun bruit dans la salle de classe, pas même le vol d'une mouche tout autant intimidée, sans doute. 

Il nous observe l'un après l'autre, nous évalue lentement, nous jauge, fait son choix... Pourvu qu'il ne m'interroge pas... Pourvu qu'il...

Il me désigne silencieusement et autoritairement d'un index teinté en jaune. Mon coeur bondit puis cogne douloureusement dans ma poitrine. Je cherche autour de moi un soutien mais ne rencontre que le regard fuyant mais soulagé des autres élèves. 

Je me lève, les jambes en coton, le cerveau en pleine purée de pois. Il ne me lâche pas des yeux...

Le tableau, désespérément noir, la craie qu'il me tend. J'entends sa voix sans comprendre encore le sens des mots. Tout ce que je sens, c'est l'odeur de tabac froid qui flotte autour de lui. Mes yeux restent scotchés à ses lèvres qui aspirent avidement, par à-coups bruyants, l'air de la pipe froide.

Impossible de sortir un son, la langue collée au palais.

Il s'impatiente, savoure la terreur qui transpire de chaque pore de ma peau et me renvoie, d'un ton aigre, à ma place. Impossible de savoir comment je l'atteinds, mais la chaise est la bienvenue. Je m'affaisse, me recroqueville et jubile secrètement lorsqu'un autre élève, rouge comme une pivoine, se lève à son tour et bafouille quelques mots indistincts : tout aussi déplorable que moi, voilà qui me rassure !

Ce géant roux, que nous surnommions à voix basse "Barbe rouge", sévit deux ans et laissa la place à un être malingre et timide, terrorisée par ses élèves. Curieux passage de témoin.

 

J'ai revu mon professeur plusieurs années plus tard lors d'un concours : il était l'un des correcteurs de l'épreuve écrite. Nous nous sommes rencontrés pour l'oral, reconnus... Mais là, c'est une autre histoire !

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Texte n°4 du concours "Les petits papiers de Chloé"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

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LES CHAUSSURES BEIGES

 

 

 

 

"Je ne dois pas faire de bruit en marchant."

"Je ne dois pas faire de bruit en marchant."

"Je ne dois pas faire de bruit en marchant."……..

 

Ma mère passe derrière moi. "Mais qu'est-ce que tu fais là ?"

 

"J'ai été punie. Je montais l'escalier. La sœur directrice m'a prise par le bras. Elle m'a dit : "Vous en faites du bruit ! Vous marchez comme un soldat." J'ai réagi : "Mais ma sœur…" "En plus, vous me répondez !  Vous me copierez cinquante fois : je ne dois pas faire de bruit en marchant."

 

Je me lève et je continue avec aplomb : "Mais je n'en peux rien. Ce sont mes nouvelles chaussures. Écoute, Maman. Quand je marche ici sur le parquet, elles font aussi beaucoup de bruit."

 

"Oui, c'est vrai. Puisque c'est ainsi, on les gardera pour le dimanche…"

 

Ouf, ma stratégie a fonctionné ! Maman n'y a vu que du feu !

 

"Maintenant, termine cette punition, même si elle n'est pas juste !"

 

En fait, ces chaussures neuves, offertes par mes grands-parents à l'occasion de la braderie, m'ont valu quelques critiques désagréables de copines. "C'est pas beau cette couleur…", "Et puis le petit talon, c'est laid…"

 

À mes yeux, le verdict de mes copines condamnait ces souliers beiges qui, du coup, ne me plaisaient plus ! C'était des "salomés" un modèle qui faisait fureur dans les années cinquante, des souliers décolletés, à lanière, fermés par une boucle. J'en avais eu des noirs vernis, des blancs, des bleus, des bruns qui ne m'avaient valu aucune remarque. Il fallait, oui il fallait, que je n'aille plus en classe avec ceux-ci ! 

 

Quand je rencontrais un problème, j'avais pour habitude de le retourner dans tous les sens pour le résoudre. Je n'étais satisfaite que lorsque j'avais trouvé plusieurs moyens de parvenir à mes fins et que l'un d'eux s'imposait clairement à moi. Alors j'ai cherché, cherché encore… J'aurais pu, par exemple, abîmer mes chaussures en les frottant contre des pierres. Un jour, en jouant à l'équilibriste dans le jardin de bon-papa, cela m'était arrivé mais je me souvenais parfaitement du regard sombre de ma mère et de son flot de paroles ! Si j'adoptais cette solution, je m'exposerais à sa colère. Je n'y tenais vraiment pas. J'aurais pu aussi marcher dans des flaques d'eau. Mais là encore, gare aux représailles !

 

Comment faire pour ne plus porter ces chaussures ?

 

Une remarque de mon institutrice allait me donner la solution…

 

"Les enfants, cessez de faire un tel bruit dans les escaliers. On dirait le défilé militaire de la fête nationale ! Si cela continue, il y aura des punitions dans l'air !"

 

Eurêka ! Il me restait juste à imaginer comment mettre mon plan à exécution ! 

 

À l'école, pour un fou rire, pour une faute d'orthographe, pour un "merci" ou un "pardon" oublié, pour une bagarre dans la cour de récréation, il y avait souvent une sanction : verbes à conjuguer à différents temps, phrases ou mots à recopier cinquante fois ou, pour les plus grandes, petite dissertation sur le sujet. À chaque âge, son type de punition. J'avais un peu plus de neuf ans. Il suffisait de m'inspirer des châtiments infligés à des amies.

 

J'ai réfléchi et soupesé chaque mot de cette fausse punition. Fausse punition certes mais vrai remède !

 

 

Mes chaussures beiges ont été réservées pour le dimanche. En ce temps-là, on distinguait en effet les habits et accessoires du dimanche et ceux de la semaine. Pour aller à l'église, à un dîner dans la famille ou chez bon-papa, je m'habillais avec plus de recherche ! Il m'arrivait même de porter un chapeau, des gants en crochet et de prendre un petit sac à main. Ces fichues chaussures beiges s'assortissaient à mes plus jolies robes. Et puis les adultes sont moins spontanés que les enfants. Ils ont appris à se taire et à mentir à bon escient ! Qui parmi eux aurait osé dire que mes chaussures étaient laides ?

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Texte n°3 du concours "Les petits papiers de Chloé"

Publié le par christine brunet /aloys

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La naissance d’une passion.

 

Souvenir d’école,

Souvenir d’enfance ou souvenir d’il y a quelques jours,

Souvenirs heureux ou nostalgiques,

Souvenirs précieux ou anecdotiques.

 

Fin des années de primaire.

Fin de l’été.

 

Mes parents m’ont inscrite pour un long chemin en pension, chez les sœurs de la Doctrine Chrétienne.

L’école est splendide. Immense et blanche. D’un sinistre achevé.

Le murmure affirme que dans une grotte à un jet de pierres de cette école pour jeunes filles de bonnes familles, est apparue la Vierge à de petites paysannes.

Que ce soit vrai ou que ce soit une histoire inventée, ce murmure donne une idée du décor : grands couloirs qui résonnent de pas, escaliers majestueux, plafonds hauts, boiseries encaustiquées, chapelle romane… et Sœur Saint-Adrien qui hante le hall et les réfectoires de sa présence.

Drôle de spectre faisant deux pas en avant. Un arrêt à mi-route. Demi-tour. Deux pas en arrière. Et bla bla bla…

Deux pas en avant. Un arrêt à mi-route. Demi-tour. Deux pas en arrière.

Sœur Saint-Adrien. Tout un poème appelée Miroute par de nombreuses générations de potaches aux jupes plissées !

De hauts murs entourent les cours et les jardins.

Je suis égarée dans ce nouveau monde. J’y prends mon envol dans la vie.

Un peu pivert et tourterelle,

Un moineau tombé du nid,

Un perdreau de la dernière pluie,

Une colombe déguisée en rapace,

Un peu reine de la voltige au cœur qui bat de l’aile.

Rien n’est gravé dans le marbre.

Rien n’est écrit sur des feuille.

Et pourtant, c’est là que j’ai découvert ma passion des mots.

Les livres sont bannis. Seuls les manuels scolaires et les ouvrages pieux reçoivent la bénédiction de ces Dames.

Moi, je rêve d’aventures…

« L’inactivité est la mère de tous les vices ! ». L’horaire est donc bien draconien avec si peu de moments de répits. Je prends donc l’habitude de tricher durant les heures d’études : mon livre de grammaire cache l’enquête en cours ou alors, est-ce celui de math qui me sert d’abri à rêves.

La brièveté de ces moments me frustre…

Que n’aurais-je pas donné pour qu’on me fiche la paix une journée entière !

Il reste la nuit et la lampe de poche sous les draps.

Les histoires sont fantomatiques.

Je suis Alice, une ombre menant l’enquête sur les murs de mon alcôve.

Je suis une aventurière pratiquante, et pas que le dimanche et les jours de confesse !

La lampe. Les livres. La journée, bien rangés dans ma valise attendant l’extinction des feux avec impatience.

Et de valises, toute ma scolarité je les aie portées sous les yeux !

 

Ecrits sur un mur virtuel, avec les amis perdus et retrouvés, une certitude : tous ces souvenirs d’enfance nous construisent et nous relient !

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Texte n°2 du concours "Les petits papiers de Chloé"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

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SUBSTITUTION

 

 

 

"Marie-Christine, vous ne savez pas vous servir d'une paire de ciseaux ?"

 

La question perturbe le silence délicieux de notre cours de couture, juste troublé par les petits déplacements.  Mon cœur se serre. Une fois de plus, notre institutrice, Mademoiselle Thérèse, s'adresse à ma voisine de banc. Sait-elle que la mère de la fillette passe la moitié du temps à l'hôpital ? Sait-elle que son père se débrouille comme il peut pour que Marie-Christine et son frère ne manquent de rien ? De mon point de vue, mon amie Marie-Christine n'est ni plus bruyante ni plus dissipée que les autres. Et pourtant, combien de réprimandes n'encaisse-t-elle pas à longueur d'année ? Est-il donc si vrai que son écriture n'est que patte de mouche, que ses jeux ne sont que dangereux et que son comportement n'est que désobéissance ? Si elle est si nerveuse, n'est-ce pas que sa vie est loin d'être un jeu de société sans anicroche ?

 

Sur le banc, à droite, des ciseaux qui ne coupent guère. Propriétaire : Marie-Christine. De l'autre côté de la rangée, les mêmes ciseaux efficaces, fiables et performants, eux ! Ceux de Sonia…Marie-Christine s'évertue à couper un fil qui résiste. Quand elle y arrive enfin, le résultat n'est guère fameux… Elle va sûrement avoir des problèmes pour enfiler son aiguille ! Elle va encore perdre un temps précieux et se faire réprimander.

 

Je désire que mon amie soit aussi bien considérée que les autres. Elle et moi, nous vivons souvent dans une même bulle, celle où le réel est enjolivé. J'ai raconté que j'avais vu sa poupée à la magnifique robe rose et sa machine à coudre, comme celle de Maman. Elle a décrit ma salle de jeux et mon dernier cadeau de Noël, un petit magasin presque aussi grand que celui de Madame Rita, l'épicière, a-t-elle prétendu ! Pour les autres élèves, nous sommes les témoins mutuels de nos réussites et de nos exploits.

 

Nous habitons le même quartier et pourtant nos parents se connaissent à peine. Sur le chemin de l'école, nous nous confions nos chagrins et nos projets. Quand nous nous retrouvons en tête-à-tête, pas besoin de tricher !

 

Pour cette histoire de ciseaux récalcitrants, ma décision est prise. J'éviterai une nouvelle humiliation à Marie-Christine ! Tout le monde est penché sur son napperon. Subrepticement, je vais demander conseil à l'institutrice et en passant, je permute discrètement les ciseaux. Bien malin qui pourrait dire quelle paire appartient à qui ! Le père de Sonia n'aura qu'à aiguiser et à réparer s'il le faut ! Le problème est dans l'autre camp, celui d'une gamine choyée et appréciée de tous ! Le temps passe et plus il passe, plus je me réjouis de mon astuce. L'atmosphère est tranquille. Personne ne saura rien de ma malice…  

 

- Sonia, que faites-vous avec vos ciseaux ?

 

- Ils ne vont plus, Mademoiselle.

 

- Essayez encore…

 

Brève tentative et constat affligé : "Un bon ouvrier a de bons outils, Sonia. Tenez, voici les miens !" Silence dans la classe… Mademoiselle Thérèse fait les cent pas. D'une voix douce, elle recommande : "Faites de plus petits points… Soyez fières de votre ouvrage !"

 

Quelques minutes plus tard, elle constate : "Tiens, Sonia, vous avez les mêmes ciseaux que ceux de Marie-Christine. Marie-Christine, c'est vous qui avez pris les ciseaux de votre compagne ?"

 

"Mais non, Mademoiselle."

 

Ah, cet accent de sincérité, ce cri du cœur !

 

"C'est bien,  je vous crois. C'est peut-être un défaut de fabrication après tout."

 

Qui a remarqué ma substitution ? Qui a jugé que l'institutrice avait été injuste en dépannant l'une et pas l'autre ? Qui, plus tard, fera comme moi le rapport avec "Les animaux malades de la peste", une fable de La Fontaine ?

 

 

Marie-Christine n'a jamais su ce que j'avais fait pour elle. Après l'école primaire, nous nous sommes perdues de vue mais je sais qu'elle a réussi des études universitaires. Ses problèmes familiaux ne s'étaient pas estompés, son père et sa mère sont morts relativement jeunes mais elle avait manifesté ténacité et volonté.

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Texte n°1 du concours pour "Les petits papiers de Chloé"

Publié le par christine brunet /aloys

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Le premier soir des vacances

 

 

Enfin ! On peut dire qu'on les aura attendues. Longtemps. Ce soir, c'est les vacances ! Pour un moment, on peut remiser dans un lointain recoin de sa tête tous les soucis de la journée passée comme des précédentes. On prend son temps. Le soleil est déjà bas dans le ciel, mais ce soir, pas d'urgence. On rassemble tranquillement, lentement, toutes ses affaires, en écoutant le silence d'une salle vide et calme. Le même que tous les soirs à vrai dire.

Pourtant, aujourd'hui, on y prête davantage attention. Cela pourrait presque sembler triste mais, au contraire, une profonde sérénité emplit l'atmosphère. L'avait-on seulement remarquée, cette odeur légèrement grisante dans l'air ambiant ? Les senteurs des arbres en fleurs à travers la fenêtre entrouverte, sans doute. Il fait bon, et les rayons obliques du soleil donnent aux ombres des formes insolites et amusantes, comme lorsque l'on regarde des nuages dans le ciel. On traîne encore un peu, puis finalement, on rentre. On continue de ne pas se presser.

Oh, non, surtout pas ! On sait déjà que cette heure où le temps est comme suspendu n'est que trop éphémère et que, demain, ce ne sera plus qu'un lointain et agréable souvenir, à demi effacé par le rythme du quotidien. Alors on respire de toutes ses forces, à pleins poumons. Et on savoure.

Dans la voiture, on choisit un disque avec soin : c'est que ce dernier sera notre précieux compagnon de voyage, pendant toute la durée de notre retour en douceur à la réalité. Bientôt, la routine reprendra sa place rassurante entre le ronronnement sourd de la machine à laver et le monologue berçant de la télévision. On soupire une dernière fois, on hésite à peine, puis on sort de sa voiture en baillant.

On arrive chez soi. En fait, on est bien content ! On va pouvoir souffler, se reposer, se laisser aller. Comme pour nous conforter dans cette idée, le chat s'approche à pas de velours du fauteuil dans lequel on s'est installé et vient frotter tout doucement sa tête contre le bas de notre pantalon, en quête de caresses. Et dans ce début de nuit, seul continue d'exister, pendant quelques trop courtes minutes encore, l'instant présent.

 

 

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Texte n°7 !!! A vos votes !

Publié le par christine brunet /aloys

VACANCES DE REVE

 

La Toscane, un soir d’été…

J’ai vingt ans, le miroir me fait la cour .

L’air s’est parfumé aux mille odeurs entêtantes exhalées par les fleurs, l’eau bleue, les peaux chaudes de soleil, les mets qui rissolent dans la grande cuisine aux carreaux blancs …

Et Lui, Tiziano, alangui contre moi, ses cheveux couleur de jais que l’on croiraient imbibés d’huile précieuse , frôlant mon épaule.  Je frémis au contact de sa peau ferme et douce, ambrée, qui s’étire tout le long de son corps viril . Il est nu, comme moi, ange affolant, fier de sa beauté, éperdu devant la mienne…

Sa main , posée sur un de mes seins , s’anime soudain et la caresse me tétanise, hérisse ma peau. J’ai l’impression d’être argile sous les doigts d’un sculpteur. 

Comme pour se mettre au diapason de cette perfection, une douce mélodie italienne s’élève depuis la plage , se fondant dans les rires séducteurs des jeunes gens qui entament les parades amoureuses de la nuit.

Tiziano murmure des mots sucrés, me parcourt de baisers velours qui laissent sur ma peau une vapeur humide , puis  sans transition me saisit les cheveux brutalement , écrase mes lèvres dans sa bouche gonflée et me pénètre d’un seul coup .

Les cascades de fleurs tournent devant mes yeux , décorent de fresques le ciel indigo qui les renvoie dans la mer où elles explosent tel un feu d’artifices.

L’explosion me fait sursauter , hagarde, en sueur….

Quoi ?  Où ?  Comment ?

 

C’est le réveil qui vient de tout bousiller , me ramenant à Bruxelles, sous un ciel gris , dans un lit single .

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