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Texte N°5 concours

Publié le par christine brunet /aloys

CONFIDENCES SECRÈTES…

Cela se passait il y a plus de dix ans, au salon du livre de X. Je m'y étais préparée à cette séance de dédicaces ! J'avais imprimé des signets pastel sur lesquels figuraient d'un côté un de mes poèmes apprécié d'un ami conteur, de l'autre les coordonnées de mon site et de mon blog. J'avais revêtu un nouveau chemisier blanc, un boléro fuchsia et une écharpe en soie assortie.

Après avoir salué Laurent, mon éditeur, j'avais disposé mes livres et des signets sur la table. Tout était en place. Je me suis assise. Il suffisait d'attendre un peu… Et tout s'était passé sans anicroche. J'avais plutôt bien assumé. Dès qu'un visiteur marquait son intérêt pour mes textes, je me levais, j'entamais la conversation. J'avais vendu un premier recueil aux parents d'une petite fille qui avait été attirée par la couverture très colorée et les titres des contes. Je prenais de l'assurance.

Il était aux environs de treize heures lorsque l'homme s'était approché du stand et avait feuilleté mon livre. Il devait avoir la quarantaine. Plutôt grand et robuste, il avait les cheveux châtains coupés court, un visage aux joues roses et des yeux bruns. Il était habillé d'un imperméable "à la Colombo". Je me suis levée, je l'ai salué comme je l'avais fait pour d'autres. J'ai expliqué : "les contes, ce n'est pas seulement pour les enfants, ce n'est pas seulement du merveilleux non plus." Il a eu un sourire énigmatique. Il a dit : "Mes parents sont en vacances en Savoie. Je surveille leur propriété. Ils comptent sur moi. Je m'occupe du parc." Il s'est penché vers moi : "Il ne faut surtout pas dire que je suis seul. Personne ne le sait." Il a ajouté quelques phrases à propos de ses activités de bricolage et de rangement avant de confier : "Je suis parfois violent." Je vis alors que son regard avait changé, que ses joues étaient devenues plus roses.

Mon mari parcourait la foire. Il s'était intéressé à un calligraphe et à diverses activités, mais revenait régulièrement vers le stand. Il m'y photographiait en conversation avec des visiteurs. Lorsque l'homme l'a vu viser et pousser le bouton de son appareil, il s'est approché davantage de moi et a dit d'un air suspicieux : "Je ne veux pas qu'on me photographie. J'ai horreur des photographies…" Dans son ton, la colère et la détermination se mariaient et formaient un cocktail inquiétant. La bulle de sécurité vous connaissez ? Eh bien, elle avait été violée, cette bulle et je n'en menais pas large.

Je me suis souvenue des quatre mots : "Je suis parfois violent". Je me suis reculée un peu en m'évertuant à banaliser les choses. "C'est juste pour avoir des souvenirs… On ne garde que celles où personne ne peut être identifié sauf moi et l'éditeur." L'homme parla encore de la nécessité de ses protéger des intrus, puis s'éloigna après m'avoir assuré qu'il allait repasser.

La grande salle continuait de bourdonner de conversations, mais pour moi tout avait changé. J'avais perdu ma sérénité, ma confiance, Mon imagination prenait le dessus, j'envisageais plusieurs issues et je me sentais impuissante à réagir. Je me suis mise à transpirer. Avait-il emporté un de mes signets ? Ne risquait-il pas de s'en prendre à mon mari ? N'allait-il pas casser notre appareil photo ? Heureusement après quelques minutes, je le vis repasser de l'autre côté de l'allée sans même jeter un coup d'œil au stand de Chloé des Lys. Peu à peu, je retrouvai mon calme.

Le soir, chez des amis, je racontai mon étrange rencontre. Nos amis me demandèrent de décrire l'homme, car, affirmaient-ils, le fils d'un riche industriel de la région avait déjà séjourné en hôpital psychiatrique pour paranoïa ! L'année suivante j'ai revu l'homme à ce même salon. Mais il ne fit que passer et je baissai la tête. Vous comprendrez dès lors pourquoi je reste assez floue à propos de l'endroit où cela est arrivé.

Publié dans concours

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Texte 4 ma première dédicace

Publié le par christine brunet /aloys

Déjà le vendredi, au travail, je n'étais plus capable de concentration. "Demain", me disais-je, "demain c'est ma première séance de dédicaces : comment cela va-t-il se passer ?". Alors évidemment, au retour à l'appartement, je n'ai plus pensé qu'à ça. La nuit, je n'ai plus pensé qu'à ça. Pas le temps de dormir : mon cerveau, ou plutôt ce qu'il me restait encore de neurones, ne pouvait plus que travailler à ce sujet, et de la manière la plus stérile qu'il soit. Pendant que ma pensée tournait en rond, mon corps dont déjà je ne sais que faire en temps normal se tournait et retournait entre les draps.

"Venez pour neuf heures trente" m'avait dit le libraire. A six heures déjà, j'avais bu deux tasses de café, et depuis le lever du soleil je m'étais posé à peu près quinze fois les mêmes questions : "ai-je commandé assez d'exemplaires ? vais-je trouver l'inspiration pour les innombrables dédicaces qu'on me demandera ?". Ah, boule de cristal, si je t'avais trouvée, si tu existais, capable de me rassurer, de me guider... Mais voilà, pour seules boules de cristal, je n'avais que les yeux de verre de mon écureuil et de mon canard empaillés, vestiges de mon passé laissé dans la commune voisine.

Quelle inconnue, dont l'équation m'est si étrangère, celle qui résulte d'avoir choisi dans mon tout nouveau quartier un libraire de moi tout aussi parfaitement inconnu, simplement parce qu'il avait osé une vitrine d'auteurs belges, et simplement parce que je n'avais pas encore découvert le quartier au-delà de trois cent mètres à la ronde... J'étais entré, avais acheté un magazine et un billet à gratter. Puis, dominant ma timidité, je lui avais parlé de mon livre, tout récemment publié, lui avais parlé de son étalage au travers duquel j'avais reconnu "un homme qui croyait en la littérature de son pays", lui avais proposé, en sorte de complément, de trôner comme un Saint-Nicolas de fin de printemps, dans un coin de sa boutique, sans qu'il eût à investir un cent, pour attirer la foule des lecteurs avides de "petits nouveaux" dans le monde des Grands, et il n'avait, sans doute, simplement pas osé refuser.

Je savais qu'il ouvrait tôt, même le samedi. Neuf heures et demie, c'est une éternité qu'il m'aurait fallu attendre pour les atteindre ; éteindre la lumière, étreindre ma caisse pleine de mes ouvrages et étendre le pas pour rejoindre sa boutique, là était l'unique apaisement possible de mes tensions, la seule issue à mon angoisse. Il était huit heures trente environ lorsque je le vis abasourdi de me voir arrivé tant à l'avance, à une heure où de rares clientes emperruquées et de braves vieux messieurs cachant leur calvitie sortaient quelques pièces de leur porte-monnaie dans l'espoir de millions gagnés le soir même, après que les boules auraient tambouriné durant des tours et des tours dans l'écran de la télé avant de s'évader dans un détour, trop lentement à leur goût mais dévoilant si vite leur numéro pas choisi d'eux...

J'avais l'air fin, ma caisse de livres sous le bras, dans ce réduit où je voyais, du coin de l'œil, la table pliante dans l'angle, au fond, la chaise pliante aussi, derrière encore, proprement coincée, où je sentais que je devrais me faufiler, moi qui n'avais pas épuisé l'hiver dernier les réserves accumulées dans les fesses et le ventre. De nappe, il n'en avait pas plus que moi prévue. La table était par ailleurs si petite qu'une pile de bouquins m'aurait empêché d'apposer correctement les quelques mots dédiés à chacun sur la page vierge qui n'attendait que ça depuis le sortir de l'imprimerie. La pile mise à ma gauche, la page à écrire eût été en porte-à-faux ; mise à ma droite, il m'eût fallu recourir à des contorsions hors de mes compétences pour tracer deux jambages.

Je me suis donc résigné à exposer trois exemplaires, bien à plat sur le devant, côte à côte, montrant ainsi sur leur couvertures six yeux (les miens) qui semblaient épier le chaland, plus un autre livre prêt à recevoir son endossement, sa dédicace cocasse, et enfin la caisse encore presque pleine à mes pieds, tels deux pilons déjà prêts à fouler les invendus.

A dix-huit heures, j'ai quitté mon libraire, le remerciant de m'avoir supporté dans le coin, affamé parce que j'avais oublié de me pourvoir d'un en-cas. Un seul livre dédicacé, je m'en souviendrai toujours je crois, à Julie, une brave dame qui avait toute une vie à me raconter.

Sans doute aurais-je dû, auparavant, m'aviser que l'étalage belge avait pris la poussière...

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Texte N°3 concours

Publié le par christine brunet /aloys

Ma première séance de dédicaces

Je suis une mamie, donc plus toute jeune de sa personne, en revanche jeune auteur inexpérimentée et très gaffeuse comme vous pourrez le constater…

Ce mois d’octobre dernier en 2015, suite au référencement de mon recueil de contes, je me retrouve devant mon lot de livres dont je dois faire la promotion… J’ai du mal avec cette idée et je me demande d’ailleurs quoi faire ?

Je retourne sur le forum "Chloé des Lys" pour y relire les conseils. Il y est renseigné, et même fortement conseillé de faire soi-même sa promo.

Connaissant la foire aux livres mensuelle à Le Roeulx, je me propose de contacter l’organisateur de cette manifestation.

Le numéro de téléphonne renseigné a un préfixe 02 et cela me déçoit car j’espérais une proximité qui me permettrait une prompte rencontre en vis-à vis. J'appelle et tombe sur un répondeur sur lequel je laisse un message… une semaine passe et me laisse sans réponse.

Je contacte alors directement le centre culturel par messagerie internet, la secrétaire me confirme qu’il est trop tard pour programmer quoi que ce soit en novembre, ce à quoi je m’attendais.

Nous convenons d’un rendez-vous, faisons connaissance, cernons le sujet et me voilà inscrite pour le dimanche 13 décembre, sachant que cette charmante personne sera mon intermédiaire avec l’organisateur « Mr Injoignable ».

Le Jour J, me voici toute émotionnée à l’idée de ma première séance de dédicaces. Je suis accueillie par le préposé au bar, un employé de centre culturel. Ce monsieur m’indique l’emplacement prévu, répond à mes questions et me donne quelques renseignements utiles.

J’installe mes livres, mes signets et l’affiche. Ensuite, je fais le tour de la salle et je salue un ou l’autre exposant de ma connaissance, car il s’agit également d’une bourse aux livres.

Un homme grand, fort, avec cheveux blancs et barbe en broussaille, me jette à plusieurs reprise un regard interrogateur. Non, me dis-je, ça ne peut pas déjà être le père Noël… il est trop tôt !

Quelque chose le dérange-t-il à mon sujet ? Je me sens observée et le trouve assez impressionant.

Arrive le public, des personne se présentent à mon stand et j’ai la chance de vendre mon premier livre à une mamie qui veut en faire cadeau à sa petite-fille.

Un peu plus tard je commande un café et m’informe au sujet de cet observateur inconnu… Et bien c’est tout simplement l’organisateur du salon !

Honte à moi, car je ne m’étais pas présentée et comment aurais-je pu, ignorant son rôle ? Je file à son stand pour corriger mon impolitesse et lui relate ma tentative ratée de contact par téléphonne…

Il me répond gentiment qu’il rappelle toujours les auteurs qui veulent participer… à condition de lui transmettre un numéro de téléphonne !!!

Et là, un ange passe et je réalise en rougissant que je l’ai appelé de mon poste fixe et que je n’ai effectivement pas laissé de numéro…

Bah, la glace est néanmoins brisée et les choses sont claires.

Je retourne à mon poste j’y fais de nouvelles rencontres, de nouveaux échanges qui me font prendre conscience que si j’ai effectivement offert des signets illustrés et renseigné mes coordonnées lors de la vente de mes deux livres ce matin, j’ai cependant oublié de les dédicacer !!!

Et personne ne m’a rien demandé !

Me voici donc la reine de la dédicace qui, pour sa première séance officielle, a finalement réussi à n’en faire aucune !

En revanche, un projet "d’animation famille" avec lecture de contes est prévu pour un dimanche après-midi du printemps prochain, la matinée se solde donc par du positif !

L’aventure aura donc été instructive et j’espère dorénavant me souvenir que lors d’une séance de dédicaces et bien il est permis et même conseillé d'en rédiger.

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TEXTE 2 concours "ma première dédicace"

Publié le par christine brunet /aloys

Première fois

5h30 du matin, un vendredi. Je n'ai pas réussi à dormir, trop de stress. Je suis remontée comme un coucou.

Dans quelques heures à peine, quatre pour être précise, je dois être à pied d’œuvre à la librairie d'un Auchan dans le sud de la région parisienne. J'ai sorti mon bouquin à peine un mois auparavant. J'en suis fière, c'est certain, mais mon nom est loin de faire les têtes d'affiche... D'ailleurs, à part mes amis et ce responsable de rayon, qui sait qu'il est désormais dans les bacs? Personne, c'est une évidence.

J'ai été invitée par l'entremise de mon éditeur. Mais je dois avouer que je ne connais pas les lieux : je n'y ai jamais mis les pieds. Lorsque j'ai reçu l'appel du libraire, j'ai accepté immédiatement sans regarder la carte... Devant un petit déjeuner que j'ai bien du mal à avaler, je regarde ma montre et me décide enfin à prendre la voiture. Il est 6h45... Un rapide calcul : le GPS annonce une heure de trajet, ça fait 7h45, on va dire 8h00. Je serai à l'heure.

L'ordinateur me guide : je traverse la ville peu encombrée encore et je passe sur l'autoroute. Tout va bien. Il pleut, je ne connais pas le chemin : je roule un œil sur l'écran du "Tom-tom", un œil sur la route et sur le compteur de vitesse parce qu'il paraît que le trajet est truffé de radars. L'autoroute du soleil... La voix féminine de l'appareil me demande de prendre la bretelle, à droite... J'obéis... Bouchon.

Un frisson remonte le long de ma colonne vertébrale... Mon cœur bondit tandis qu'un petit point rouge s'affiche sur l'écran de mon guide : retard, 30 mn ! La voiture devant moi ne bouge pas d'un iota et je découvre, affolée, un flot ininterrompu de véhicules qui semblent stationnés là pour la journée.

Que faire ? Ma seule chance, contourner le bouchon. A la prochaine sortie, je tente le coup même si je n'ai aucun sens de l'orientation ! Pas le choix ! 1/4 d'heure plus tard, je m'extrais enfin du trafic, la gorge douloureuse tant je suis angoissée. Mais le GPS n'est pas de cet avis : il me demande de faire demi-tour alors que je dois rouler... Et je roule, paniquée, en constatant que désormais, l'heure d'arrivée affichée dans le coin à droite est 9h33 !

Derrière moi, devant moi, des voitures agglutinées et la voix agaçante qui répète sans se lasser un "Faites demi-tour dès que possible !" qui me donne envie de hurler. Essayez de faire demi-tour sur une autoroute, vous ! Les kilomètres filent, pas de sortie... Je dois prévenir le libraire d'autant que la personne qui m'a obtenu la dédicace m'attend également. Le numéro de téléphone ? Aucune idée ! Tentez de consulter les pages jaunes en roulant, la panique au ventre : impossible, je vous le garantis ! Tant pis, je continue à rouler, butée, mâchoire contractée.

9h45 : je me gare enfin sur le parking de l'hyper plein à craquer. J'ai les jambes en coton et les mains moites. Que doivent penser les deux hommes qui m'attendent ? Je montre mon sac à l'entrée en bredouillant un truc inintelligible au vigile qui me regarde de travers, je lève la tête et... je découvre une affiche grandeur nature avec ma tête, la première de couverture de mon bouquin en plein milieu de l'allée centrale. Sur le côté, une table avec quelques exemplaires mais derrière, un présentoir surchargé de piles de livres…mes livres ! Il y en a une montagne ! Devant, deux hommes discutent puis se tournent vers moi en croisant les bras, le regard sévère... Je suis foutue... Je n'ai plus qu'une envie, fuir !

À ma mine déconfite, ils se mettent à rire. J'ai droit, à chaud, à une photo pour immortaliser l’instant et je m'assois la gorge sèche : qu'est-ce qui lui a pris d'en commander autant ? Si j'en dédicace 1 ou 2... Et le libraire qui me dit, pince sans rire, que j'ai intérêt à tout vendre ! C'est un cauchemar... Je vais me réveiller... Sûrement...

Ils s'éclipsent. Je prends un stylo et je me lève à la recherche désespérée du premier lecteur qui aura pitié de moi...

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TEXTE 1 concours "ma première dédicace"

Publié le par christine brunet /aloys

Séance de dédicaces

Ils m’ont placée juste devant les toilettes, en me disant qu’au moins on me verrait de loin et que je ne serais pas sur le chemin des chariots. Je me suis imaginée sur la piste de Santa Fe avec un défilé de chariots bâchés suivis de vaches et chevaux, et moi assise à l’ombre d’un cactus, attendant de vendre ma biographie de Kit Carson.

Mon livre, mon premier-né encore relié à moi par un cordon maternel, est dressé sur un présentoir, comme un brave petit soldat dans sa guérite. Rien encore comme article de presse pour appuyer le sérieux de mon travail. Pire encore… l’affiche que le supermarché a imprimée pour déplacer les lecteurs mentionne qu’il s’agit de mon tout premier livre, et ils ont choisi une photo de moi dans mon album Facebook, j’y ai 25 ans, une robe hippie et une monstrueuse fleur d’hibiscus dans les cheveux.

Une dame myope et pressée m’a déposé 50 centimes sur la table avant de pousser la porte étiquetée « Dames », me reprochant peinée « oh, vous n’avez pas une petite assiette ? ». Le gérant du supermarché passe de temps à autre avec l’air d’un souteneur qui vérifie le compteur, me souriant d’un air tout va bien dans mon monde en redressant le menton avant de retourner aux choses sérieuses.

Un homme âgé s’approche… enfin, il doit avoir mon âge mais je trouve que lui le porte mal avec ses rares cheveux blancs teints en blond Barbie noués derrière la nuque, comme une queue de rat blond qu’on lui aurait greffée. Il fait aussi trop de banc solaire et est tacheté comme une banane agonisante. Il regarde l’affiche devant ma table, fronce les sourcils, s’approche, enlève et remet ses lunettes, inspecte la hippie et puis moi, la bourgeoise respectable que je suis devenue, et sa bouche se contorsionne pour exprimer le doute. « Vous tenez le fortin pour votre fille ? ». Il expose des dents récemment blanchies et si régulières que je frissonne comme si la mort elle-même me souriait. Il prend mon livre chéri dans sa vieille main tannée, et me demande, d’un air qu’il croit absolument charmeur « Si je vous les achète tous… viendrait-elle me les dédicacer à domicile ? »

Je lui offre mon air le plus bourge, avec élégance mais la saine distance que l’on met entre soi et un homme trop séduisant pour que la tentation ne fasse aucun dommage, et sans sourciller lui dis : « Mais naturellement, elle s’en fera un plaisir ! Il est rare de rencontrer un lecteur qui d’emblée sait identifier la bonne écriture… donnez-moi donc votre adresse et votre numéro de GSM par précaution, voici le sien d’ailleurs » et je lui griffonne un numéro sorti de mon imagination que la sienne le fait empocher avec la vivacité d’une langue de caméléon.

Il s’éloigne et revient avec un chariot non bâché, et le remplit, avec un clin d’œil complice, de la quarantaine d’exemplaires de mon tout premier livre.

Comment a marché votre première séance de dédicaces ? J’ai tout vendu en une heure !

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Concours "Les petits papiers de Chloé" texte 9

Publié le par christine brunet /aloys

Combat de l’une, combat de l’autre

Au troisième étage d’une tour qui en compte nonante-neuf, une mère et sa fille. Toutes deux regardent par la fenêtre. La mère, debout, tient dans sa main droite une tasse de café. La fille est assise, faussement reelax, sur l’appui de fenêtre, tantôt elle se tourne vers sa mère (elle cherche chez elle une quelconque réaction), tantôt elle jette un regard victorieux sur la foule en délire.

La mère. Ces manifs me tuent. La ville est en sang. Les gens sont fous. Ecoute-les ! Regarde-les !

La fille (moqueuse). Demain, la loi sera votée. Ce progrès, c’est le tien.

La mère. La loi sera votée…

La fille. Comment ? Tu n’as pas l’air de te réjouir de cette réussite ? Ma réussite. C’est moi, ta fille, c’est moi qui ai concocté dans ma propre cervelle cette petite trouvaille…Tu vois, tu as eu raison de t’investir dans mes études ! Le jeu en valait la chandelle ! Je suis le fruit de ton éducation, maman…A quoi penses-tu donc à l’instant, là, tout de suite?

La mère (nostalgique). Le jour de ta naissance. Le plus beau jour de ma vie. Je pense à toutes ces femmes qui désormais ne connaîtront pas cet instant. Par ta faute. Par la mienne aussi, en quelque sorte…J’étais si fière de ton intelligence, de tes années d’université, de tes réussites, de tes succès dans cette biologie expérimentale, de ces bourses que les états du monde entier accordaient à ta fondation, de tous ces chercheurs qui bossaient des heures et des heures, pour toi, pour tes travaux. J’étais si fière de tout ça…

La fille (avec sarcasme). Je ne comprends pas pourquoi aujourd’hui, tu remets tout ce travail en question. C’est un grand pas en avant pour la cause féministe, maman ! Le féminisme, le combat de ta vie !

La mère (ne répond pas à sa fille, ne tourne pas la tête vers elle non plus, son regard est fixé vers la foule). Je pense à toutes ces familles qui seront plongées dans des discussions sans fin…Il y aura des séparations, des amours avortés. Des femmes seront privées de ça, donner la vie…

La fille. Les hommes sont demandeurs ! C’est pour eux que ces recherches ont abouti !

La mère (haussant le ton). Il y a des massacres en bas de nos fenêtres ! Le sang éclabousse les murs de la ville ! Et tu restes sur ta position ! Combien de morts as-tu provoquées depuis l’annonce de cette « découverte » ? Des gens se sont entretués pour ne pas que cette loi soit votée ! Et ces enfants nés dans de tels utérus seront-ils encore normaux dans cinquante ans ? Et ces enfants-là, comment enfanteront-ils, eux ?

La fille. Mes résultats sont infaillibles, c’est certain. Et d’autres chercheurs prendront la relève. Moi, basta.

La mère. Tu m’effraies, ma fille, tu m’effraies. Tout m’effraie en toi. Ton assurance. Ta détermination.

La fille. Mon assurance, ma détermination ! Justement des qualités, d’après toi ! De belles qualités pour une femme, disais-tu ! Désormais, je vivrai ma vie. Et pas la tienne.

La mère (toujours le regard rivé vers la foule en délire). Je voulais que tu sois indépendante, que tu ne dépendes pas d’un mari…

La fille. Aujourd’hui, avec ce progrès gigantesque et cette loi votée, c’est une guerre que les femmes ont gagné ! TA guerre ! Les demandes affluent déjà dans les cliniques ! Dans neuf mois exactement les premiers enfants issus de ces utérus verront le jour. En fait, chère mère, c’est TA réussite. Tu ne voulais pas une fille, tu voulais un cerveau !

La mère (résignée, laissant tomber sa tasse de café et ne la ramassant même pas). J’avais lu Huxley, lorsque j’étais adolescente. Tous ces enfants dans des tubes, cela m’attristait. Ce matin, des manifestants se tuent sous mes fenêtres. Parce que les recherches scientifiques de ma fille ont abouti. Des embryons grandiront dans des utérus implantés chez… des hommes. Dans neuf mois, des hommes accoucheront d’un enfant. A cause de moi…

La fille (se croise les bras et regarde sa mère, avec de la moquerie dans la voix). Je hais la médecine. Je voulais être une artiste. Je voulais être une femme. Avec des dentelles et du mascara sur les cils. Je voulais chanter, danser, écrire. Une artiste, maman, je voulais être une artiste. Demain, des hommes accoucheront. Moi, je tire ma révérence, je ferme ces rideaux-là et je pars. Pour en ouvrir d’autres. Une artiste, maman, je veux être une artiste.

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Concours "Les petits papiers de Chloé" texte 8

Publié le par christine brunet /aloys

La vengeance est un plat qui se mange froid…

L’offense sera lavée, je rumine, remâche et mûris un banquet punitif à faire froid dans le dos.

Au rythme lent d’une alléchante élaboration d’agapes gargantuesques, j’ai dressé les petits plats dans les grands: tous ont déserté le vaisselier.

Pas de platée de purée pour cette épopée épicée, j’ai échafaudé un somptueux buffet froid.

Œil pour œil, dent pour dent, que les réjouissances vengeresses laissent à plat cette engeance ! Sans aucunement lui faire du plat, j’ai crié ma vengeance dans une opulente bombance.

Au diapason de la réparation, j’ai médité de bons petits plats, abondants, à l’égal de mon ressentiment.

Entrées, plats de résistance, entremets, desserts participent à la fête savoureuse.

Viandes, crustacés et poissons jouxtent fruits pulpeux et légumes colorés dans cette

vendetta délectable.

Tout a été accommodé, assaisonné longuement, à petit feu, puis sagement refroidi pour le châtiment.

Les saveurs de la terre, de la mer et du ciel dansent élégamment dans ce ballet culinaire.

Mille et une sauces, chacune relevée d’un brin de courroux, d’une pincée de rancune aromatisent mon éventaire gastronomique.

Devant l’étalage revanchard de ces victuailles, je hume, avec délectation, le bouquet vengeur qu’elles

diffusent, fragrance qui me pénètre délicieusement.

Or, dans la gourmande attente de mon offenseur, un doute s’insinue et exhale soudain un parfum aigre et âpre qui s’obstine farouchement…

J’ai perdu le fil de mes desseins dans ce dédale culinaire, mais je garde la tête froide. Assurément, le gifleur n’est pas à la hauteur de ces délicatesses.

Au risque de tomber à plat et sans y mettre les pieds, je savourerai seule ces succulentes représailles !

Bon appétit ! Justice est ainsi faite !

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Concours "Les petits papiers de Chloé" texte 7

Publié le par christine brunet /aloys

Revanche éternelle

L’après-midi touche à sa fin. La Riviera italienne se caractérise, notamment, par cette lumière exceptionnelle qui accentue, si besoin est, la fascinante beauté des alentours. Le long de la strada, une propriété attire le regard. Elle habille tout le flanc d’une colline avant d’être brutalement interrompue, quelque cent mètres en contrebas, par la Méditerranée. Une moitié est couverte de maquis et l’autre plantée de pins et de palmiers imposants ainsi que de cyprès filiformes.

Parmi cette nature exubérante, dont plus aucun jardinier ne freine les ardeurs, se dresse une demeure inoccupée : un magnifique palazzo d’autrefois aux tons ocre (jaune pour les murs et rouge pour les tuiles) rehaussés par l’émeraude des volets à claire-voie.

Une terrasse ceinture l’édifice. Elle est surmontée d’une galerie en pierre blanche soutenue par des colonnes construites dans le même matériau et semble inviter à la contemplation de l’incomparable vue qu’elle offre sur la baie.

Le vent du large fait frémir le feuillage d’un olivier quasi millénaire et repousse, pour quelques instants encore, les assauts du crépuscule. C’est ce moment précis où la frontière entre le jour et la nuit devient floue et que, parfois, on appelle « entre chien et loup ».

Si les vivants ont déserté l’endroit – cette belle villa est en vente depuis des lustres – il est, pourtant, toujours habité par les souvenirs de ceux qui y vécurent heureux, certes mais aussi, sans doute, par leurs fantômes.

Rien n’a vraiment changé depuis la mort des derniers propriétaires. Dans le petit salon, chaque meuble se pare d’un drap blanc tandis que le parquet est saupoudré d’une fine couche de poussière. Aux murs, des peintures de paysages et d’animaux. Et, sur un guéridon en acajou, mystérieusement dépouillé de son linceul, un cadre en bois cérusé protège la photo d’un couple. Elle, la quarantaine, les cheveux noirs, les yeux marron clair, la bouche gourmande et le sourire prometteur, ne peut cacher ses origines de fille du Sud. Lui, par contre, plus âgé et moins spontané (quoique son regard espiègle démente ce jugement trop hâtif) donne l’impression de venir d’un pays où le soleil est moins présent.

Si l’on prenait la peine de retourner cet instantané de bonheur, on découvrirait une suite de mots, couchés d’une écriture féminine élégante, confirmant ce sentiment : « Le jour où nous avons su que nous étions des âmes jumelles… »

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Ils s’étaient rencontrés tardivement comme si le temps avait voulu se jouer d’eux. Mal lui en avait pris car, dès lors, ils avaient mis tout leur cœur à le rattraper et s’étaient aimés avec la passion de ceux qui n’ont plus rien à perdre mais, au contraire, tout à gagner.

Ensuite, il avait pris sa revanche… En partie, du moins puisqu’ils avaient décidé de partir ensemble.

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Le ciel est dégagé. La lune est pleine et sa lumière irréelle inonde la pièce par les seules fenêtres de la maison qui, étrangement, ne sont pas obturées par les contrevents. La tapisserie défraîchie faisant office d’écran, les ombres distillées par les arbres complices, piégés depuis tant d’années dans le parc, ont pris la forme de deux corps enlacés.

Ainsi en va-t-il des amants à jamais conjugués et du temps assassin qui, inlassablement, en décousent sans donner l’impression de pouvoir se départager… Et pourtant, celui qui régit les heures, les minutes et les secondes n’a que sa solitude à opposer à la gémellité célébrée par ces doubles parfaits et qui est, au final, la plus belle des victoires !

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Concours "Les petits papiers de Chloé" : texte 6

Publié le par christine brunet /aloys

« La vengeance est un plat qui se mange froid »

Jour de la Saint Valentin, deux jeunes hommes, Pierre et John, sont attablés dans un grand restaurant parisien étoilé. La nuit vient de tomber, les bougies ont été allumées sur leur petite table ronde. La commande est déjà passée ; ils sont en grande conversation quand un serveur apporte un vin millésimé…

Précisons que, la veille encore, ils s’étaient disputés pour une histoire de factures. Il est à savoir que Pierre, venant d’un milieu simple, s’était hissé au poste de directeur de publicité dans une firme importante de la capitale tandis que John, un danseur d’origine anglaise, végétait dans une boutique de luxe ce qui ne l’empêchait pas, depuis trois ans au moins, de dépenser sans compter l’argent de son compagnon de vie…

Pierre : Trinquons à… à la paix entre nous, John ! Humm, le vin est à bonne température. Et dire que la vengeance est un plat qui se mange froid, nous dit l’adage populaire.

John : J’aime le vin mais je n’aime pas le populaire.

Pierre : Alors, tu ne m’aimes pas.

John : Qu’est-ce à dire ? Il faudra un peu plus que des mots pour ne plus t’aimer.

Pierre : Et que te faudrait-il donc ?

John : Que tu te venges de moi ?

Pierre : Et pourquoi le ferais-je ?

Arrive le plat de résistance. Une fois servi, John réagit :

John : Parce que je t’ai trompé.

Pierre : Tiens, tiens. Tu es en train de me dire que si je me venge tu ne m’aimeras plus, et à côté de cela tu me demandes de me venger de toi, mais tu as trop bu ? De toute façon, je ne te crois pas.

John : Tu as tort car je suis très sérieux.

Pierre : Et si je n’ai pas envie de te croire.

John : C’est ton problème, mais le fait est là.

Pierre : Peux-tu m’en dire plus ?

John : C’est simple, la semaine dernière lorsque le pépiniériste est venu nous livrer les deux arbres pour notre terrasse j’ai cru bon de lui offrir une ou deux bières. Nous nous sommes assis dans le canapé pour les déguster et avons discuté longtemps… de fil en aiguille, il m’a paru de plus en plus séduisant ; croyant comprendre que je lui plaisais aussi il m’a attrapé la main, l’a baisée et je me suis laissé faire.

Pierre : Pfff ! Pour un peu tu serais une victime. Essaie plutôt d’être convaincant, je doute encore.
John : J’étais consentant malgré avoir bu trois bières d’un coup. Bref, on a fini par s’enlacer, et tu devines la suite…

Pierre : Tu sais bien que je n’ai aucune imagination.

A présent, les deux hommes tout gais se sourient pendant que les autres mets défilent.

John : Tu le fais exprès, Pierre ? Dois-je te dire que nous avons fini par aller dans la chambre à coucher ? Eh oui, c’est là où nous nous sommes accouplés.

Pierre : Ah ah , tu dis accouplés ; n’est-ce pas un peu désuet, voire précieux, de présenter les choses ainsi ? Dis, j’espère qu’il ne t’a pas mis enceint(e). Ah, ahahhh…

John : Pierre, je ne te permets pas de te moquer.

Pierre : Holà, tu ne veux pas que je me moque mais tu me demandes de me venger, et pire encore.

John : Pourquoi ne prends-tu rien au sérieux, pas même moi ?

Pierre : Pour ne pas être déçu, pardi !

John : Moi, je t’aime, je t’aime. Dis-moi, et toi tu m’aimes ?

Pierre qui mangeait les mots de son ami se garde bien de répondre. Inquiet mais non confus, John redemande avec un accent anglais délicieux :

John: Tu m’aimes, dis ?

Pierre : Après ce que tu viens de m’avouer tu voudrais que je t’aime encore plus.

John : Un peu, oui, car la preuve d’amour je viens de te la donner en te racontant mon infidélité et surtout en étant ici ce soir avec toi.

Pierre : Il est vrai que tu aurais pu décommander… quoique tu es si gourmand, et c’est moi qui t’invite. Bon, bon, admettons que je te crois.

John : Donc, il n’y a plus de problème.

Pierre : Oui et non ! A tout considérer, mon problème est comment vais-je me venger puisque tu m’y obliges ?

John : Attends que nos plats refroidissent.

Pierre : Très drôle !

Le dessert fut exceptionnel, les deux complices se lèchent encore les babines…

John : Merci de m’avoir régalé, Pierre, tu es un amour.

Pierre : Comme toujours.

Vint l’heure de l’addition, laquelle arrive sur un plateau d’argent. John montre du doigt la note, ce qui fait dire à Pierre sur un ton sec :

Pierre : Attends ! Hors de question que je paie, je te laisse cet honneur.

John : Oups ! Mais tu as vu tous les chiffres qu’il y a sur la note, c’est beaucoup trop cher pour ma bourse, tu sais bien que je suis toujours à découvert.

Pierre : Holà, très cher, c’est ton problème. Et puis, tu voulais que je me venge, voilà c’est fait !

John : Je t’ai menti tout à l’heure, je ne t’ai pas trompé avec le pépiniériste….

Pierre : Blablabla, je ne te crois toujours pas. Maintenant je te laisse, on se retrouve à l’appartement. N’oublie pas le pourboire et sois généreux ! Ah ah, je me demande bien quelle sera ta vengeance, sera-t-elle froide, sera-t-elle tiède ? Bye bye, moi, je t’aime bien quand même !

La vengeance serait-elle un plat qui se mange vraiment ?

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Concours "Les petits papiers de Chloé" : Texte 5

Publié le par christine brunet /aloys

L’amitié avant les liens du sang

Vengeance. C’était le seul mot qui me venait à l’idée. Si on reprenait depuis le début ? Ma meilleure amie Anabelle cherchait désespérément à séduire mon frère. Seulement voilà, Camille, la petite copine de Bastien (mon frère), faisait tout pour l’en empêcher. Jusque-là, c’est compréhensible. C’est la base, mais venons-en au fait. Un jour, j’étais au parc avec Anabelle et Bastien nous a surprises par derrière :

- Ana (belle) ! Je peux te parler ?

- Ben oui… B… Bien sûr ! dit Ana dont le teint virait au rouge écarlate.

Alors voilà que mon mon frère et ma meilleure amie se retrouvaient seuls dans l’endroit le plus romantique qui soit. En bonne amie qui se respecte, même si j’avais confiance en mon frère, je les suivis. Au bout d’une grosse demi-heure, ils s’embrassèrent langoureusement. Ainsi mon frère avait-il fini par craquer ? Il avait dû se passer quelque chose avec Camille.

Vous n’êtes pas encore au bout de vos surprises, une semaine après, je vis Anabelle s’effondrer en larmes devant moi. Il l’avait quittée. Une semaine pas plus. Quel imbécile ! Je lui en toucherai deux mots ce soir. Il ne s’agissait que d’un pari idiot avec trois copains mais ce pari idiot avait détruit ma meilleure amie.

Vengeance Bastien, vengeance. L’amitié avant les liens du sang.

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