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Jérôme Devillard a répondu à quelques questions à l'occasion de la parution de son recueil "Des lendemains verts"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Tu te présentes succinctement ? Tu es marseillais, je crois ? Prof ?

J'ai 46 ans et suis marseillais d'adoption. Je suis, en effet, originaire d’Auvergne mais je vis à Marseille depuis presque 20 ans, alors on peut dire que je suis marseillais. 

 

Tu viens d'Auvergne ! Incroyable ? D'où si ce n'est pas indiscret ?De Vichy, et j'ai fait mes études supérieures à Clermont-Ferrand. J'ai une formation scientifique en biologie, matière que j'enseigne. La science est d'ailleurs une de mes grandes passions... l'autre étant l'écriture. 

 

Qu'est-ce qui t'a amené à l'écriture ?

La passion, le besoin et aussi l'opportunité. Dès l'adolescence j'écrivais, mais je me suis arrêté à l'arrivée dans la vie active. Des changements dans ma vie il y a quelques années m'ont permis de m'y consacrer de nouveau et je ne le regrette vraiment pas. 
 

 

Ton ouvrage est une série de nouvelles qui tournent autour de l'écologie : un thème qui te tient à coeur ? Pourquoi ? 

 

L'écologie est effectivement un thème qui me tient à coeur. Il s'agit d'un thème universel, puisqu'il nous parle de l'environnement dans lequel nous vivons, et nous pouvons vivre. Pourtant, il laisse souvent indifférent ou tout au moins sans réaction. C'est sur ce constat que sont nées ces nouvelles. J'étais surpris de voir que finalement l'écologie suscitait peu d'intérêt, et que, même ceux qui s'y intéressaient (moi compris) agissaient peu. Ces nouvelles ont donc été pour moi une façon d'agir et de comprendre.

 

Pourquoi avoir choisi le genre "nouvelles" pour faire passer tes idées et pas un roman, par exemple ? C'est un concours de circonstances au départ. "Des lendemains verts" était à l'origine le sujet d'un concours de nouvelles. Je n'ai pas eu le temps d'y participer, mais le thème m'avait plu et j'avais commencé ma première nouvelle. La suite s'est enchainée naturellement.
 

 

Un fil rouge entre tes nouvelles ? à part l'écologie, s'entend... 

 

Oui, les personnages de mes nouvelles sont liés les uns aux autres de loin en loin. 

 

Ce qui veut dire ? Liens familiaux ?  Amicaux ?

Ce sont juste des inconnus qui se croisent, comme on en croise dans notre existence au quotidien. On les remarque à peine, mais ils sont là. Au fur et à mesure, à chaque nouvelle on se rend compte qu'on a déjà croisé ce personnage ailleurs... mais je n'en dis pas plus, je vous laisse découvrir. En fait ce fil rouge s'est imposé de lui-même. Ce lien existe entre chacun d'entre nous. Nous partageons tous la même planète, les actions des uns influencent l’existence des autres. De même les personnages de mes nouvelles sont liés, ils se croisent au sein du vaste monde et les actions des uns influencent également la vie des autres, de manière anodine ou non.

 

Justement, parle-moi de tes personnages ! Réels ou fictifs ? Inspirés de personnages de ton entourage ou pas ? Quels liens entretiens-tu avec tes personnages ? Personnages totalement fictifs. Enfin, ils tiennent sans aucun doute tous un peu de moi, mais pas seulement. Marguerite Yourcenar disait que "Deux choses sont vraies et contradictoires. L'un est que l'écrivain doit être profondément soi-même, il doit avoir un apport personnel à donner. L'autre c'est qu'il doit s'oublier soi-même." Je me reconnais assez bien dans cette vision de l'écrivain et c'est ce que j'essaie de faire lorsque j'écris. 

 

 

 

Que t'apporte l'écriture ?

 

Bonheur et douleur lorsque j'écris... plus sérieusement la possibilité d'exprimer certaines idées ou sentiments, de prendre le temps de les poser et d'y réfléchir afin de les partager.

 

Comment et quand écris-tu ? 

 

J'ai la chance d'avoir assez de temps libre pour pouvoir bloquer des journées entières dans la semaine. A ces moments, j'écris du matin au soir, enfin je suis sur mon travail d'écriture, qui peut parfois se solder par aucune ligne écrite de la journée. 

 

 

Comment voit-on cette passion d'écriture (si c'est une passion, s'entend) autour de toi ? 

 

Plutôt bien. Je suis soutenu par mes amis et ma famille qui sont mes premiers lecteurs et critiques... voire agents littéraires, car j'avoue que la promotion n'est pas vraiment mon fort.
 

 

Des projets ?

 

Un petit essai sur "la culture de la paix et de la non-violence" et un roman initiatique, dirons-nous, qui se passe à l'époque antique. Ces projets sont déjà presque bouclés mais un peu en attente du fait de la promotion de mon recueil de nouvelles.

 

Comment définirais-tu ton style ? Question pour le moins difficile. Je m'attache souvent aux instants, à une ambiance. 


Quels sont tes genres littéraires de prédilection ? Personnellement j'aime beaucoup des auteurs comme Marguerite Yourcenar, Andrée Chedid ou Dino Buzatti qui ont tout aussi bien écrit des romans que des nouvelles... même si je lis aussi de la poésie, et parfois de la fantasy. Je trouve d'ailleurs dommage de parler de genres littéraires quand il s'agit de distinguer littérature dite classique, de celle des policiers, de la fantasy ou autres. Cela sous entend souvent que certains genres seraient supérieurs aux autres. Il s'agit d'abord et avant tout, de mon point de vue, d'un goût personnel. 

 

 

MERCI !

 

Christine Brunetwww.christine-brunet.com

Publié dans interview

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Philippe Desterbecq nous présente ses ouvrages en vidéo !

Publié le par christine brunet /aloys

https://www.youtube.com/watch?v=pezOhcoSQTQ&t=18s

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Joël Godart dans la revue LICHEN

Publié le par christine brunet /aloys

Joël Godart dans la revue LICHEN
Joël Godart dans la revue LICHEN
Joël Godart dans la revue LICHEN
Joël Godart dans la revue LICHEN

Publié dans articles

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Le flou du miroir – Brigitte Hanappe lu par Edmée De Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

 

Tout juste paru chez Chloé des lys, j’ai décidé de me le procurer, après avoir rencontré son auteure. Parfois les rencontres donnent envie de lire ce qu’on n’aurait pas lu sans doute autrement. Je suis peu attirée par les témoignages, et encore plus rarement par les récits qui me font craindre une certaine pesanteur d’ambiance. Mais voilà, Brigitte Hanappe apparaît comme tout le contraire. Une gracieuse dame, élégante et tranquille, très féminine, coquette.

 

Et son récit est prenant, sans sensationnel ou suspense artificiel. Et c’est bien pour ça qu’on le lit volontiers, sans crainte d’être détournés vers des effets de style destinés à nous impliquer. On n’est pas impliqués mais surpris, touchés. On se reconnait parfois (je me suis retrouvée dans ses rêves persistants, et aussi dans le mauvais regard que l’on peut avoir sur les parents et qui se remet en place un jour, libérant enfin l’amour qu’on avait caché… Je pense que beaucoup d’entre nous pourraient se dire « moi aussi » en découvrant son cheminement).

 

Un suicide, un « autre » secret et secourable mais hélas pas aussi sage que ça, une sensibilité aiguë qui fait que les blessures ne guérissent pas mais s’incrustent, des remarques ou comportements bourrus de parents qui ne sont après tout que des parents et pas des psychologues, et on comprend cette souffrance grandissant en secret et qui un jour brise les écluses, et déferle.

 

Et surtout on assiste au lent travail de pansements, de nouveaux regards, d’écoute, qui ne se déroule pas sans dommages collatéraux car si on se sent seul dans l’aventure, le conjoint l’est aussi.

 

99 pages très denses, une écriture précise. On est invités à, peut-être aussi, mesurer la patience qu’il faut pour accompagner une personne déprimée : on vit dans deux codes de communication incompatibles. Il faudra donc avoir recours au pardon pour toutes les circonstances qui auront érigé un mur, un refus de plus.

 

Edmée de Xavée

 

Publié dans Fiche de lecture

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Une lecture de "Ici ou au-delà", de Philippe Desterbecq signée Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

 

Après lecture de deux pages de cet Ici et au-delà, j'ai envie de refermer ce bouquin. Basta. Fuck le pathos. L'impression de sombrer illico dans la déprime. Et puis, je sais pas, le soleil qui se pointe, le chat qui miaule ? même pas. Cette amitié entre Lisette et Adèle m'intrigue et les pages se tournent toutes seules. Une nouvelle en appelle une autre et je vis cette lecture comme une espèce de suspens, m'amusant à deviner quel personnage rebondirait dans le texte suivant et comment et pourquoi et surtout avec qui. Quels liens entre les retrouvailles de ces jumelles, Valérie et Line, et "Sauvée", la troisième nouvelle ?

 

Philippe Desterbecq manie ce genre si particulier, celui de la nouvelle avec brio maestro ou que sais-je, c'est comme on veut mais on me comprend (j'espère).

Ce livre c'est cent quarante-cinq pages fell good, six longs textes qui sont le reflet de la vie de tout un chacun, des relations humaines que nous tissons les uns avec les autres, de nos émotions profondes, de nos questionnements. Il y a du suspens (mais oui, qui donc me contrariera?), des rebondissements, des moments de grande tendresse, et de mystérieux points d’interrogation. Notons que ces textes sont inspirés d’un fait réel, un atout en plus !

 

On aimera (ou pas) les sympathiques clins d’œil à des œuvres d’autres artistes (Véronique Biefnot, Franck Andriat, Laurent Gounelle, Garou, Jean-Jacques Goldman), et l’on tombera en amour (ça c’est certain) pour ce kangourou, celui que vous voyez tout fier poser sur la photo de couverture. Cet héroïque et généreux (ah tiens pourquoi généreux ?) marsupial existe vraiment. Ici ! Et pour l’au-delà, eh bien, ouvrez ce livre édité aux éditions Chloé des Lys, une maison d’édition indépendante qui vient de fêter ses vingt ans d’existence, et vous lirez six très beaux textes feel good.

Carine-Laure Desguin

http://carineldesguin.canalblog.com

 

Publié dans Fiche de lecture

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Cette fois, Didier Veziano nous entraîne à Dubaï avec "Opération Taranis"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Dubaï – Dans une suite de l’Hotel Mariott


 

Debout près de la porte, un homme d’une cinquantaine d’années en costume de marque clair accueillit ses invités. Il les dirigea vers une table basse en les précédant, le bras tendu en signe d’invitation. Souriant, bronzé, il portait une fine barbe parfaitement taillée. Sa prestance laissait deviner un grand raffinement. Une assiette de gâteaux secs et une corbeille de fruits les attendaient, ainsi qu’un magnifique samovar. L’odeur sucrée de thé qui s’en dégageait envahit doucement la pièce. Les hommes s’assirent autour de la table. Dans la plus pure tradition iranienne, l’hôte les servit dans de petits verres cerclés d’argent. Le rituel dura quelques minutes silencieuses. Une fois les verres disposés face aux convives, telles des offrandes, le sourire de leur hôte s’effaça pour dévoiler un regard d’acier activé par de vifs yeux noirs plissés que protégeaient de fins sourcils. Le ton de sa voix était grave. L’homme imposait immédiatement le respect. Il s’appelait Ali-Reza Peshavzi. C’était le Directeur du Vevak, le redoutable service de renseignements iranien, autrement dit l’un des hommes les plus puissants du pays. Le Vevak fonctionnait sous le contrôle direct du Guide Suprême. Il ne devait rendre de compte à personne, ni au gouvernement ni au Parlement. Il était doté d’un budget secret et se plaçait au-dessus des lois. Ces trente dernières années, il s’était développé en machine de répression politique tentaculaire et avait utilisé le terrorisme comme levier pour obtenir des concessions des pays occidentaux. Les prérogatives et le pouvoir de nuisance de ce service étaient sans limites. Ali-Reza en était le plus haut et le plus sinistre représentant.

Assis à côté d’Ali-Reza Peshavzi, faisant face à Abou Hamzra et Yousef, un petit homme sec au visage d’aigle : Imad Moussayhé. Homme de l’ombre et trait d’union entre le régime iranien et ses satellites, le Hezbollah d’Hassan Nasrallah ou, depuis peu, le Hamas de Khaled Mechaal. Après quelques banalités échangées sur les conditions de leurs voyages et le charme de l’hôtel, Ali-Reza prit la télécommande posée au pied de la table et la dirigea vers le plafond. La lumière se tamisa lentement. Une autre pression sur une touche et un écran blanc descendit le long du mur, sur sa droite. Quelques secondes plus tard, la carte politique du grand Moyen-Orient se dessinait. À chaque pays correspondait un code couleur et la photo de son leader politique apparaissait dans une petite image en surimpression, à côté du drapeau du pays auquel il était inféodé. La bannière étoilée américaine y figurait encore en bonne place à l’est, avec le Pakistan ou l’Afghanistan, ou bien au sud-ouest, avec l’Arabie Saoudite. Mais les taches noires du drapeau de l’Etat Islamique, telles des excroissances malignes, dénaturaient l’extrémité ouest de la région, dans une zone couvrant l’Irak et la Syrie jusqu’aux portes de la Turquie. En regardant dans le détail, on devinait le logo des principales factions religieuses et politiques dominantes.

— Mes amis, annonça-t-il solennellement, voici la partie de notre monde tel qu’il existe aujourd’hui. Un monde dispersé, désuni. Un monde encore sous influence qui tend toujours une main implorante et tremblante vers les Occidentaux. Voici maintenant ce monde tel que nous allons le modeler.

La carte s’anima, épurée de toutes nuisances visuelles, pour laisser la place à un Iran dominant dont la couleur verte s’étendait progressivement comme l’épandage d’un produit fertilisant sur toute la région, de l’Égypte aux confins de l’Afghanistan. Le drapeau américain et les taches noires avaient disparus.

 

Publié dans Textes

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Ta mémoire, pareille aux fables incertaines – De Christian Eychloma, lu par Edmée De Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

De ce livre paru chez Chloé des Lys dans la série « Collection », il y a beaucoup beaucoup à dire, et ainsi je dois en dire peu, pas trop en tout cas, pour ne pas gaspiller les surprises…

Christian Eychloma nous offre ici une histoire – des histoires qui n’en sont qu’une, ou une histoire qui en est plusieurs ? – fascinante. Et déroutante.

On part à l’aventure en direction d’Ouranos, provenant déjà de la colonie Atlantis. Loin loin de la terre, mais pourtant enfants de la terre, oui. Adaptés, au fil des ans et inventions, à ces nouveaux paysages, bonheurs et dangers. Anaïs, son frère et ses parents apprendront le coût de la justice-injuste, de la compassion, des questions que l’on ferait mieux de ne pas se poser, des risques pris pour avoir usé du cœur et non simplement obéi aux ordres. Toutes les bonnes intentions, n’est-ce pas, n’ont pas forcément d’heureux résultats. Et la révolte gronde, les soumis ne le sont pas autant qu’on le croit.

Est-ce la même histoire, ou une autre, ou quoi ? Mais bien des années plus tôt c’est Camille, son frère et ses parents qui quittent l’Algérie pour la Nouvelle Calédonie. Le vaisseau n’est plus spacial mais il craque de toute sa charpente contre les flots, pendant un long long voyage vers l’inconnu. Tout est à apprendre, la nourriture, les paysages, les dangers, les douceurs, et la justice-injuste, la tentation de l’idéal, du respect de l’autre, les risques énormes pris pour y arriver. Et la révolte des Kanaks gronde, gronde.

Anaïs et Camille peuvent-elles échapper à leur destin ? L’amour qui voit fleurir leur passage à l’âge adulte peut-il est le grand amour ?

Et là, entre ces deux poches de temps, Lucien se pose plein de questions, a des impressions, des besoins de savoir, et frappe à une porte (la bonne) où il réalise qu’en fait… aujourd’hui est-il hier ou déjà demain ? Comment expliquer les similitudes de scenarii dans certaines familles ou groupes humains ? Edgar Cayce… comment savait-il ce qu’il savait, et n’avait pas appris ? (Je me le demande aussi…). Sommes-nous, serons-nous, étions-nous, ou tout à la fois ?

Bien des questions, de celles qui nous ont à tous traversé l’esprit en passant, et que souvent on a repoussées d’un m’enfin, je vois trop de films… Et pourtant, qui sait, qui savait, qui saura ?

Une aventure passionnante, 278 pages qui vous ont emportés, heu, vous emportent, ah zut, vous emporteront bien loin ! Mais on en revient !

 

Edmée de Xhavée

 

Publié dans Fiche de lecture

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Michel Del-Guidice en invité du blog Aloys avec son ouvrage "Planète noire"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Christine Brunet a lu "Planète noire" de Michel Del-Guidice

 

Couverture noire pour un thriller post-apocalyptique surprenant à plus d'un titre pour qui a déjà lu du "Del-Guidice".

"Planète noire" est un texte noir, violent voire ultra violent (trop pour moi, je dois l'avouer) ; les personnages sont déshumanisés (ils cherchent à survivre, mais à quel prix ?)... On découvre, au fil des lignes, une écriture très masculine et chaotique qui colle à l'atmosphère, un environnement sauvage et destructeur (autant que détruit) : l'auteur refuse tout espoir aux êtres qu'il a créés ce qui oblige le lecteur à prendre du recul pour ne pas sombrer.

"L'homme est un méchant animal" a écrit Molière : pour cet ouvrage, prenez la citation au pied de la lettre. On sort groggy de cette plongée sans issue.

Attention : Michel Del-Guidice nous propose une descente aux enfers qui ne convient qu'à un public adulte et averti et, en aucun cas, à des lecteurs adolescents adeptes des univers post-apocalyptiques d'Emmy Laybourne ou de Susan Beth. 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

Publié dans l'invité d'Aloys

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Un article dans "L'avenir.net" pour Salvatore Gucciardo

Publié le par christine brunet /aloys

Un article dans "L'avenir.net" pour Salvatore Gucciardo
Un article dans "L'avenir.net" pour Salvatore Gucciardo

Publié dans articles

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Edmée de Xhavée nous présente son prochain ouvrage à paraître aux Editions Chloé des Lys

Publié le par christine brunet /aloys

 

Présentation de Toffee – Edmée De Xhavée

 

C’est bientôt que mon nouveau livre sortira. Deux romans, Toffee et La preferida. Le premier au goût d’un tendre caramel salé et l’autre avec une pointe de ciguë. Une poignée, plutôt. On va dire un apéro à la ciguë et puis un soufflé au soufre.

 

Mais aujourd’hui c’est Toffee que je vais présenter. Sans trop en dire.

 

Un vieux monsieur content de sa vie, une dame plus toute jeune qui veut savoir. Une histoire pas possible, pas vraisemblable, et pourtant, serait-elle, en fin de compte, vraie ? Peut-on tout expliquer de ce qui se passe dans l’intime des gens, de leur détresse, de leurs rêves ?

 

Un court extrait :

 

Luis et Sofia accompagnaient les Fauquier à la villa de vacances pour tous les séjours prolongés, laissant Dolorès à ses charges de concierge et un peu de repos puisqu’elle n’avait alors ni à cuisiner ni à servir à table. Sofia avait rapidement abandonné l’école où on se moquait de son accent – elle était trop fière, lui reprochait Dolorès qui elle, avait appris l’humilité -, et aidait la vieille Zélie à la cuisine, au ménage et au service à table, tandis que Luis aidait le jardinier, assurait les déplacements en voiture et l’entretien de cet engin merveilleux, une Minerva crème et marron.

Et Sofia, quand les patrons n’étaient pas en vue, nageait dans la rivière claire où les tiges de nénuphars s’enroulaient autour de ses chevilles brunes, galopait pieds nus dans l’herbe d’où montait l’odeur de menthe et le picotement des sauterelles dérangées par sa course. Toute déterminée à s’abandonner au bien-être-en-vie qui rebondissait en elle, de veine en veine, de muscle en muscle…

Son accent, elle le travaillait mieux parmi les gens qui ne le lui reprochaient pas, et elle avait assez d’intelligence pour soigner sa façon de s’exprimer, choisir des mots adéquats, observer comment vivaient les patrons de ses parents pour s’en inspirer. Elle ne voulait pas, avait-elle expliqué bien plus tard à Julie, se sentir une petite-étrangère-pas-à-sa-place toute sa vie.

Sofia avait bien des fois évoqué cette époque de douceur paisible. Ses parents avaient trouvé refuge et travail, payant le prix de cette seconde chance par l’arrachement à tout ce qui leur était familier afin de non seulement survivre, mais vivre, et elle jouissait d’une adolescence presque normale, même si la guerre s’était étendue et avait imposé les files d’attente pour le pain et tant d’autres choses, ainsi que des bombardements très effrayants, mais qui avaient rarement représenté un danger dans leur partie de la ville.

Le bois de chauffage et les pommes n’avaient guère manqué, provenant des terres et vergers entourant la tannerie, et comme bien des familles, les Fauquier et leurs cousins avaient su trouver les ressources pour une certaine normalité dans la vie quotidienne, secourant au mieux les moins nantis autour d’eux.

Pour tous les jeunes qui étaient aux études, celles-ci se poursuivaient avec les aléas de trains qui partaient ou pas, de classes détruites ou pas, et on continuait d’organiser des promenades en vélo entre jeunes, la tartine dans le sac, la joie aux joues, la paix dans le futur…

Publié dans présentations

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