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Marie Du Crest nous propose un extrait de "Fragmentée"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Marie Du Crest  : lyonnaise de naissance et marseillaise de coeur. Agrégée de lettres modernes et diplômée de philosophie, enseigne depuis presque dix ans les cultures de la communication.

Chroniqueuse de théâtre contemporain à la Cause Littéraire, à la Clef des langues ENS Lyon, écrit depuis toujours mais a envisagé d'être publiée, il y a peu.  Tendance poésie.

 

Extrait

 

 

Durant d’interminables semaines,  il n’a pas cessé de pleuvoir. Le ciel  ruisselle, dégouline. Des rideaux de pluie, des jours obscurcis sans que la lumière ne parvienne à déchirer  la nuée grise.

 

J’ai regardé immobile, assise derrière la  grande baie du salon, le chagrin d’avril.

 

Les vitres de mes fenêtres seront des photos de Sudek,

 des larmes qui coulent le long de mes joues de verre.

 

 Les fleuves, les rivières, les ruisseaux même sortent de leur lit, enjambent les ponts de pierre et vont courir à l'aventure, dans les rues des villages et des villes, jusque dans les caves profondes et obscures, en quelques heures.

 

 Ils gagnent les champs, les prés et les vignobles aux récoltes compromises.

 

Poussent, poussent les herbes folles, les graminées éthérées !

 

Le gaillet gratteron s’enroule autour des plantes et finit par ligoter ses fragiles prisonnières.

 

 

  Le brave zouave de l’Alma, guerrier immobile, baigneur de pierre sent le courant de la Seine grossir le long de ses mollets tendus et craindra peut-être la noyade.

 

Boues des ressacs.

Les rues deviennent d’étranges canaux sur lesquels naviguent de frêles barques en bois, des canoës d’Indiens perdus.

 

Je vogue sur un radeau fou qui m’emporte.

 

Le paysage bascule tout entier dans ses reflets, à l’envers du monde.

 

 

  Jamais les pivoines, les boules de neige, les bleuets et les glycines ne sont aussi fastueux que  les fuchsias des jardins anglais.

 

Chaises de fer vides dans les parcs désertés comme après un départ précipité. Pelouses détrempées sous un soleil impossible. Les nuages ont pris le ciel comme une armée s’empare d’une colline ennemie.

 

 

   Loin, très loin, le silence  égoïste d’une maison au milieu de la campagne : nous nous sommes endormis, après la béatitude de l’amour. 

Publié dans présentations

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Micheline Boland nous présente son nouveau recueil de nouvelles "Des hauts et des bas"

Publié le par christine brunet /aloys

 

BIOGRAPHIE

 

Micheline Boland est née à Aiseau, en Belgique, en 1946. Elle vit actuellement dans la région de Charleroi. La passion pour la rédaction de petites histoires lui est venue dès l'école primaire. À l'adolescence, elle se lance dans l'écriture de poésies et de nouvelles. Ceci l'amène à collaborer à des recueils collectifs et à divers fanzines. Souvent intriguée par les comportements humains, elle se tourne naturellement vers des études de psychologue. Tout en travaillant en centre PMS, elle suivra une longue formation de maître-praticienne en programmation neuro-linguistique, une initiation à l'hypnose ericksonienne et diverses autres formations à l'analyse transactionnelle, à l'écoute active, au jeu de l'acteur, au clown…

 

Au terme de sa formation en P.N.L., elle se remet à composer régulièrement contes, poèmes et nouvelles trouvant ainsi le moyen de mettre en évidence l'emploi de cette discipline. En 1997, un de ses contes est sélectionné par le jury de "Fais-moi un conte", ce qui la conduit à se perfectionner dans cet art. En 2005, elle se lance dans l'impro théâtrale et quelques années plus tard dans le chant choral. Deux activités qu'elle pratique encore avec plaisir.

 

Son premier livre paraît en 2004 aux éditions Chloé des Lys. En 2006, Micheline publie "Comment rendre votre quotidien plus plaisant ?" qui s'inspire largement de la PNL et la met en pratique sous forme de mises en situation inspirées du vécu. "Des hauts et des bas" est le quinzième qu'elle publie chez cet éditeur. Elle a remporté plusieurs prix à des concours d'écriture et participé à de nombreux recueils collectifs.

 

Site Internet : http://homeusers.brutele.be/bolandecrits

Blog : http://micheline-ecrit.blogspot.com

 

 

Résumé

 

Dans ce recueil, l'auteur propose vingt-sept nouvelles qui évoquent des travers souvent peu reluisants de l'âme humaine. Il suffit qu'un ressort casse et tout bascule. Outre des nouvelles qui parlent de jalousie, de colère, de difficultés financières, on y découvre aussi des histoires douces-amères qui évoquent le deuil, la déception, l'ennui. "Tristement excellent ! Trois vies en une !", a noté le comité de lecture à propos d'une de ces nouvelles.

 

Enfant timide, épouse trompée, collègue sans-gêne, couple fusionnel, chien complice, chat négligé, benjamin complexé, veuve rencontrant l'amour, femme curieuse, commerçant sympathique, cuisinier exigeant ou encore vieillard désorienté. Ils font partie de ceux que l'on rencontre chaque jour et que l'on ne remarque plus. Ils vivent des émotions fortes, passent de la confiance à la suspicion ou de l'abattement à l'espoir. Parfois leurs rêves se concrétisent. Parfois leurs projets échouent, mais ils persévèrent malgré les embûches. Quelquefois, il leur arrive aussi de capituler.

 

Des nouvelles sans rapport entre elles si ce n'est qu'elles offrent toutes un cocktail de comportements humains.

 

Comme toujours, l'écriture est soignée, sensible, délicate. Les descriptions sont imagées. Les phrases sont courtes. Le rythme est soutenu, Le lecteur est parfois entraîné aux confins du fantastique et du merveilleux.

"Très subtil et quelle originalité ! Et ce mélange de personnes et de styles réunis par hasard autour d'une même passion qui les conduit à l'extrême et pour cause ! Quelle chute !", a écrit Noëlle Fargier au sujet de "La folie de Marguerite".

"Quel texte savoureux qui m'a vraiment réjouie. Une jolie vengeance bien amenée et on peut le comprendre : trop c'est trop à la fin. Tout en douceur, sans violence ni agressivité mais une glissante manière de "remettre quelqu'un à sa place". "Vengeance est un plat qui se mange froid"…Ici, c'est vraiment le cas et la chute nous ramène à la relativité de toutes choses ici-bas. En plus, c'est très imagé, c'est comme si la scène se déroulait sous nos yeux amusés. Bravissimo.", a écrit quant à elle Rolande Quivron à propos du "Parfum de Claudette".

 

ISBN 978-2-39018-033-3

 

 

Extrait de "LIBERTÉ…"

 

… "Désormais, je vis seul avec lui et mon existence a bien changé. Finis les longs câlins, les brossages réguliers, les shampooings fréquents. Il se contente de changer ma litière quand il n'oublie pas. Il secoue mon coussin de temps en temps et remplit mes bols. Le strict nécessaire, quoi ! J'ai l'impression qu'il m'associe à elle. Pourtant, moi, je ne suis ni infidèle ni revanchard et je me sens bien seul ! 

 

Aujourd'hui, il fait beau. J'entends la voisine qui appelle mon copain Mistigri. J'ai la nostalgie du temps où on m'appelait, moi aussi. Pour lui, je n'ai pas plus de valeur qu'un bibelot. Souvent, je vais faire un tour dans le quartier. J'y trouve toujours bien quelque chose à manger ou encore un siège de jardin garni d'un gros coussin qui m'invite à la sieste. Et si, comme elle, je le quittais ?

 

L'idée de m'en aller est comme une ombre qui m'accompagne sans cesse. Parfois je regarde la télé avec lui. On y parle de SDF désespérés, mais aussi de baroudeurs bien dans leur peau, qui voient du pays et font de belles découvertes. L'hésitation est une maladie dont je ne parviens pas à me débarrasser. Pourtant, je me convaincs peu à peu qu'il n'y a pas de bonheur ni de renaissance sans prise de risque. 

 

J'ai décidé ! Voilà quelques heures que je suis libre ! J'ai mangé des croquettes pour chiens et j'ai trouvé cela délicieux, je me suis reposé au soleil et j'ai apprécié le calme de l'endroit, j'ai visité des caves et des greniers. De temps à autre, un gamin ou un vieux m'a caressé. La vie est belle, le moral est au zénith. Je ne manque de rien et je suis indépendant. Elle a peut-être eu raison de se séparer de lui et de changer d'air.

 

Je suis devenu clochard par obligation. Je me suis éloigné du quartier. J'ai vu du pays, j'ai visité des villas cossues, des petites maisons ouvrières et même deux centres commerciaux. Je me sentais en vacances. Un jour ici, un jour là-bas ! Sans attaches et sans aucune contrainte. 

 

Quand la pluie d'automne est arrivée, j'ai commencé à regretter mon coussin à pois ! Une femme m'a menacé avec une brosse parce que j'essayais d'entrer dans une cabane au fond du jardin. Un matou m'a chassé de son territoire à coups de griffes et je suis blessé. C'est le premier accroc véritable de ma nouvelle existence. D'autres bagarres suivront, je le pressens. C'est comme si le froid rendait tout le monde susceptible et intolérant. Les bêtes comme les gens. Je commence à regretter d'avoir déserté mon foyer. Je relativise les désagréments subis depuis le départ de Nathalie. Être un peu négligé, ce n'est pas si grave après tout. J'ai pesé le pour et le contre, j'ai pris le parti de revenir au pays, tel le fils prodigue. François meurtri, englué dans son chagrin, ne pense sûrement pas à moi. Peut-être quelqu'un du voisinage me recueillera-t-il ? Je brûle d'espoir…

 

C'est en arrivant dans ma rue que je me rends compte que des affiches illustrées par une belle photo de moi ont fleuri un peu partout. Poteaux, vitrines, arrêts de bus… François me recherche donc !"…  

Publié dans présentations

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Jonathan Siel présente son ouvrage "C'est quoi cette nisortagiano?!"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Biographie


 

Louviérois d’origine, Carolo d’adoption, Jonathan SIEL a connu un parcours professionnel pour le moins sinueux mais extrêmement enrichissant.

Journaliste, enseignant, employé de banque et même formateur.

Toutes ces expériences et son envie d’écrire l’ont amené à rédiger son premier ouvrage sur les relations humaines au sein des organisations.



 

Résumé
 


 

Si des personnes se reconnaissent dans certaines des situations présentées tout au long du livre, il se pourrait qu’il ne s’agisse pas d’une simple coïncidence. En effet, c’est peut-être bien toi le boulet dont on parle ou l’emmerdeur de service. Tu fais peut-être partie de ces collègues prétentieux et arrogants ou de ces patrons incompétents. Eh oui, mon pote, la vérité est parfois dure à entendre. Tu t’es retrouvé dans les descriptions du couillon qui se ramasse tout le boulot pendant que tes autres collègues ont décidé de jouer les parasites ? Eh bien ce livre pourra peut-être te permettre d’évacuer cette frustration qui est en toi. Tu as envie de changer ? Tu es décidé à garder ton job ? Alors prends bonne note des lignes qui vont suivre. Car peut-être que tu ne t’es pas encore pris un C4 dans les dents, mais sache que ce genre de décisions ne dépend pas seulement de tes compétences (si tu en as). La chance passe, fais gaffe… Sache qu’un travailleur averti vaut au moins deux employés virés.

 

EXTRAIT

 

Ce mec qui glande un max dans son bureau, cette secrétaire dépressive qui chiale à longueur de journée, ce chef, mou du slip, qui est dans l’incapacité de prendre une décision importante... Ca ne vous rappelle pas quelque chose ? Mais oui bien sûr ! Bienvenue, les enfants, dans ce monde merveilleux/mystérieux/ennuyeux (entourer la bonne réponse) qu’est le travail. En rentrant dans la vie active (ou pas !), vous avez pu rencontrer des collègues intéressants, courageux, performants. Grâce à eux, votre organisation fonctionne plus ou moins bien. Et puis... il y a les autres. Les incompétents, les escrocs, les mythomanes. Leur utilité est à prouver au sein de votre boîte mais une chose est sûre : sans eux, vous auriez moins de choses marrantes à raconter en rentrant chez vous.

En feuilletant ce livre, vous retrouverez différentes espèces de « travailleurs » qui font partie (malheureusement) de votre quotidien professionnel.

 

Extrait


 

Si des personnes se reconnaissent dans certaines des situations présentées tout au long du livre, il se pourrait qu’il ne s’agisse pas d’une simple coïncidence. En effet, c’est peut-être bien toi le boulet dont on parle ou l’emmerdeur de service. Tu fais peut-être partie de ces collègues prétentieux et arrogants ou de ces patrons incompétents. Eh oui, mon pote, la vérité est parfois dure à entendre. Tu t’es retrouvé dans les descriptions du couillon qui se ramasse tout le boulot pendant que tes autres collègues ont décidé de jouer les parasites ? Eh bien ce livre pourra peut-être te permettre d’évacuer cette frustration qui est en toi. Tu as envie de changer ? Tu es décidé à garder ton job ? Alors prends bonne note des lignes qui vont suivre. Car peut-être que tu ne t’es pas encore pris un C4 dans les dents, mais sache que ce genre de décisions ne dépend pas seulement de tes compétences (si tu en as). La chance passe, fais gaffe… Sache qu’un travailleur averti vaut au moins deux employés virés.



 

Publié dans présentations

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Mickaël Auffray nous propose deux nouveaux extraits de son recueil de nouvelles à paraître chez CDL "Vous êtes ici"

Publié le par christine brunet /aloys

Souvenez-vous sa première présentation :

"

« Vous êtes ici » est un recueil de 10 nouvelles exposant des personnages à l'adversité contemporaine:

- L'impasse révèle les déchirures d'un couple au pied du mur ;
Démission offre une plongée dans une entreprise de recouvrement ;
 

 

EXTRAITS :

 

L'impasse
 

C'est un moment de bascule, un jour à péter les plombs. Je serre le volant de toutes mes forces, strangulation discrète. Elle s'observe dans le miroir du pare-soleil, passe méticuleusement son rouge à lèvres ; elle se pense belle, je ne vois que laideur. Mon regard se pose sur la rue d'en face, au bout de la rue c'est une impasse, au bout de l'impasse c'est un mur : le mur qui écrasera sa jolie gueule... Le rouge sur ses lèvres aura bientôt une autre saveur. Il suffira d'accélérer, environ 400 mètres pied au plancher, saisir la boucle de sa ceinture de sécurité et au dernier moment, presser le bouton comme on appuie sur la détente. L'airbag c'est fait, je l'ai désarmé côté passager.

 

******
 

DEMISSION


 

01h42 : Prière de laisser cet endroit aussi propre que vous souhaitez le trouver en entrant. Avec la cuite que je tiens, il est certain que les consignes affichées sur la porte des toilettes ne seront pas respectées : chiotte occupée versus dégueulis imminent, l’apéro en question a pris une tournure inattendue et franchement exaltée. Tête basse, j'observe le mur d’en face où des mots doux gravés dans le béton côtoient des bites dessinées au marqueur. Peu inspiré par cette poésie, j’insiste lourdement en frappant la porte, la réponse est cinglante : « Casse-toi pauvre con ! » […] Je reviens au bar, une grande bouteille de rhum est posée sur le comptoir. On me tend un verre avec une tape dans le dos à vous décoller la plèvre. Nous trinquons avant d’absorber ce soyeux liquide qui fait d’honnêtes gens de parfaits imbéciles. Je me tourne vers la scène de concert, un groupe de punk à la négligence maîtrisée éructe sa vision du monde. Ils surjouent l'indignation en triturant leurs coûteuses Gibson Les Paul pendant que les pissouses du premier rang crachent des salves de cyprine. Je vomis de nouveau, par les oreilles cette fois-ci.

 

MICKAËL AUFFRAY

 

Publié dans Textes

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L'équilibriste, un poème de Salvatore Gucciardo paru dans la revue "Magie poétique"

Publié le par christine brunet /aloys

L'équilibriste, un poème de Salvatore Gucciardo paru dans la revue "Magie poétique"

 

L’équilibriste

 

 

Suspendu

Sur une corde raide

Exposée

Dans le vide immense

 

 

L’homme fragile

Est fouetté

Par tous les vents

 

Les yeux exorbités

Le regard

Tourné

Vers l’horizon

 

Il contemple

L’amas de nuages

Lourds

Et sombres

 

Galopant

Comme des chevaux

Sans brides

 

Vers une lueur

Scintillant

Dans le ciel d’orage

 

Publié dans Poésie, articles

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Thierry-Marie Delaunois a lu "De soufre et de miel", le recueil poétique à paraître de Silvana Minchella

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Parcourons ensemble l’oeuvre: dédiée “à tous les homme que j’ai aimés…”, elle nous parle en prologue d’errance, de leurres, de déceptions, de mémoires karmiques, puis, soudain, une épée surgit, séparant mâle et femelle, flammes vacillantes; suivent espoir et désir, le chemin, abrupt, parsemé d’envies...quand survient l’Elu. Rêve ou réalité? Âme cherchée, enfin trouvée? Retrouvée? Vibration, souvenir, les mémoires flambent, flanchent, les âmes aspirées, l’instant proche, vers le paradis et les chairs se tendent, leurres et peur s’atténuant, héroïne, héros, la rencontre, sensuelle, les phrases crues, l’uppercut visuel, sensoriel, paupières closes; le tunnel s’ouvre, soupirs, tambours du coeur, cris et feulements, au coeur de la savane, les corps en feu, une dernière goutte de rosé(e), un corps Poussière d’étoile, secousses sismiques inéluctables. Mirages? Chaos? Une quête de l’autre longue, éprouvante, les flammes à nouveau vacillantes, les mots choisis par Silvana Minchella enrobés, susurrés, déposés, arômes mélangés et sens affolés, avant l’allegro final de cette symphonie fantastique et sensuelle, véritable déclaration d’amour touchante, frémissante, émouvante.

De soufre et de miel”? L’oeuvre poignante d’une auteure animée et enthousiasmante, les mots s’épanouissant en un style simple, agréable, le texte aéré et porteur de vives sensations, de sentiments diversifiés, l’amour frôlant le divin, sublimé, d’ardents épisodes aux répliques parfois théâtrales, ce recueil nous offrant une progression, parfaitement maîtrisée par l’écrivain, entre nos deux âmes mâle et femelle par l’épée séparées, recueil qui, s’il avait été musique, aurait été sans conteste du Liszt, une promesse de lait et de miel une fois l’oasis atteint. Bon voyage au sein des mots de Silvana Minchella, ils vous feront vibrer, vous élever, vous...bonne lecture!

 

Thierry-Marie Delaunois

 

Publié dans avis de lecteurs

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Michel Beuvens nous propose un petit texte humoristique : "premier rendez-vous"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Premier rendez-vous

 

 

 

J'ai  encore le cœur battant, et je sens encore ses doigts sur mon corps... « Je voudrais vous revoir... » me dit-elle en baissant les yeux, pendant que je me rhabille. On s'était mis d'accord : notre premier rendez-vous serait un test. Et ce test a duré à peine vingt minutes : son désir a été comblé, mais moi... je n'ai pas du tout envie de la revoir ! Elle n'est pas du tout mon genre !

 

Petites précisions : « Je voudrais vous revoir » fut suivi de :  « Il faudra refaire cet examen dans deux mois, après le traitement que je vais vous prescrire». Quand elle a baissé les yeux, c'était pour écrire des notes dans mon dossier, sur son bureau ; ses doigts tenaient un stéthoscope ; le test, c'était un test à l'effort et son désir, c'était : « Voulez-vous bien ôter votre chemise ? »

Non, décidément, madame H., cardiologue, n'est pas du tout mon genre !

 

 

Michel Beuvens (page FB : Michel Beuvens auteur)

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Résultats du concours...

Publié le par christine brunet /aloys

Quels auteurs ont participé ?

 

Texte 1 : Natalie Colas

 

 

Texte 2 : Séverine Baaziz 

 

 

 

Un grand merci pour leur participation et leur implication ! Deux super textes, deux belles surprises !

 

 

Le texte gagnant sera inclus à la super revue élaborée pour les 20 ans de CDL... (Il n'y aura pas de revue automne-hiver). 

Les auteurs qui ont participé à l'appel à texte "Chloé a dit..." verront leur courte nouvelle insérée également dans la super revue. 

En novembre, vous pourrez voter pour le second concours organisé, celui-là, pour la super revue !

 

Et la gagnante est...

 

Séverine BAAZIZ

 

 

Publié dans concours

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"S'il te plaît, tonton"... Un dialogue humoristique signé Thierry-Marie Delaunois

Publié le par christine brunet /aloys

 

(Deborah a accepté de passer trois jours chez son oncle qui l’a accueillie avec plaisir mais il est fort sédentaire et l’adolescente commence à s’ennuyer. Elle aimerait sortir avec lui pour le restant de la journée quel que soit le type de sortie mais son oncle est si bien installé dans son fauteuil, pratiquant son activité favorite: lire! Va-t-elle le déranger?)

Elle (cherchant à l’interrompre): Dis, tonton…

Lui: Mmm...Chut! Je lis! C’est captivant!

Elle: Je m’en doute mais...s’il te plaît, tonton?

Lui: Quoi, ma nièce préférée? Là tu as vraiment réussi à m’interrompre…

Elle (le coupant): C’était le but, je voulais te…

Lui (la coupant): Tu as donc atteint ton but et c’est bien! A présent, je me replonge dans…

Elle (le coupant à nouveau): Non, non! S’il te plait, j’aimerais sortir, faire quelque chose ensemble dehors!

Lui: Ensemble? Toi et moi?

Elle: Oui, à nous deux! Qu’est-c’que tu crois? J’aimerais passer un chouette moment avec mon tonton! C’est possible?

Lui: Euh… Qu’aimerais-tu faire éventuellement et où voudrais-tu aller? On n’est pas bien chez moi tous les deux?

Elle (se rattrapant): si, si, mais dehors c’est bien aussi! Un p’tit resto? La pizzeria? Un MacDo?

Lui: Un MacDo? A nous deux? C’est...d’un goût douteux!

Elle: On peut aller manger aux “Armes de Bruxelles” si tu veux! Il paraît que c’est bon là-bas et j’adore le poulet, le saumon, le…

Lui (la coupant): Euh… je pense que mon modeste compte en banque ne digérerait pas un tel repas. Aïe, aïe, aïe!

Elle (pleine d’idées): Dans ce cas allons visiter “Les Serres Royales” de Laeken! Aujourd’hui elles sont ouvertes au public et j’adore les fleurs, les plantes, les arbres, les couleurs, les…

Lui: Deb, tu oublies mes allergies et mon problème de rhinite. Je ne tiendrais pas trois minutes sans éternuer ou tousser! Et si je faisais une crise d’asthme en pleine serre?

Elle: Non merci! J’ai une autre idée: allons au ciné, celui de l’avenue de la Toison d’Or. Un très beau documentaire est sorti en salles sur la mer, sa faune et sa flore. Le titre, c’est “Blue”! J’adore les poissons, les dauphins, les tortues de mer, les…

Lui: Si c’est pareil au “Grand bleu”, je m’endormirai au bout d’un quart d’heure et tu sais que je commence à ronfler quand…

Elle: T’es dur, tonton!

Lui: Dur?

Elle: Compliqué! Tu préfères ton fauteuil et tes livres même quand je passe trois jours chez toi!

Lui: Tu n’es pas bien ici avec moi, ma nièce préférée?

Elle: Tu n’as qu’une nièce, tonton! Ok, j’ai trouvé mieux à te proposer: l’expo à Bozar sur Fernand Léger, un grand artiste moderne des plus connus! C’est un grand peintre et il a été apprenti-architecte. J’adore ses oeuvres, son style, ses couleurs, les…

Lui: Dis donc, tu connais Fernand Léger, toi? ça, c’est...du lourd! Non, les expos et les musées, c’est pas pour moi: la station debout ne me convient pas, mon dos est trop fragile et quand on visite une expo, il faut généralement se séparer de ses sacs, ce que je supporte difficilement! Tu en as d’autres, de ces…

Elle: Au théâtre, tu es assis et les fauteuils du Théâtre des Galeries sont très confortables. Si on allait voir ce soir “Le Dindon” de Georges Feydeau? Il n’est pas trop tard, c’est du bon et moi, j’adore la scène, les acteurs, les dialogues, les…

Lui: Je ne connais pas cette pièce et de toute façon au théâtre, les gens sont vraiment trop bruyants avec leurs éclats de rire incessants. Et si l’auteur a de plus écrit une pièce dans laquelle il laisse courir un dindon sur scène, cela ne peut que mener à…

Elle: Ok, laissons tomber le théâtre et allons à Flagey! Un très grand pianiste vient jouer ce soir et tu sais que j’adore la musique, le piano, le violon, la clarinette, la…

Lui: Au concert à Flagey? Quelle folie! Garer ma voiture dans ce coin? Je la retrouverais en cendres ou les pneus crevés. Sais-tu que…

Elle: Tonton, s’il te plaît, j’aimerais tant sortir! Peut-être que tu as une meilleure idée que moi?

Lui: Que reste-t-il comme possibilité excepté le resto, les Serres Royales, le ciné, les expositions, le théâtre et les concerts? Rien, me semble-t-il! Si tu veux, je lâche ma lecture et nous faisons une partie d’échecs, toi et moi!

Elle (riant): Ah, ah! Les échecs? Tu sais que je gagne toujours contre toi! Tu veux perdre une fois de plus, tonton?

Lui: Euh...non merci! Rien de tel qu’une bonne lecture dans mon…

Elle (s’exclamant): J’ai trouvé! ça se passe ce soir pas loin d’ici! Tu vas adorer!

Lui: Quoi ça? Où ça? Quel enthousiasme! Dis-moi…

Elle: Tu sais, près de Wolubilis, il y a le Cook & Book, une librairie qui compte plusieurs salles et on peut manger là-bas! C’est vraiment chouette et…

Lui: Oui, je vois! Très bien même! Tu veux qu’on y aille acheter mes futures lectures et y manger un bout alors que justement tu souhaiterais que je quitte mes livres pour…

Elle: Non, non, c’est pas ça! Il y a ce vendredi une soirée littéraire ouverte à tous et ils seront une bonne dizaine à se passer le micro pour de belles lectures. Et il y a des lectures qui se font à deux, souvent des dialogues! C’est…

Lui: Holà! Tu nous vois lire ensemble et en public un texte que l’un de nous aurait écrit, ma chère Deborah? De toute façon, écouter les autres, c’est déjà fatigant!

Elle (protestant): Non, c’est passionnant! On apprend, on retient, on se cultive, tonton! Dis, pourquoi m’as-tu accueillie chez toi si c’est pour ne rien faire ensemble? Sortons même pour tout simplement nous balader, bavarder, bouger!

Lui: En effet, il semblerait que ce soit bon pour la santé, bouger! Ce que je lis en ce moment…

Elle: Justement, qu’est-ce que tu lis? C’est quoi, le titre de ton bouquin et il parle de quoi exactement?

Lui: C’est une des premières publications du célèbre Frédéric Peignoir! “Le pouvoir du plein air” et le sous-titre est “Le mouvement, c’est la vie”! Pourquoi me demandes-tu cela?

Elle (s’exclamant en portant une main à son front): Le mouvement, c’est la vie! Pfff… Sacré tonton!

Lui: Pourquoi? C’est pas vrai?

 

FIN

Publié dans Textes

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Le rêve... 2e texte...

Publié le par christine brunet /aloys

TEXTE 2

Votes sur ce post jusqu'à demain 18h !

 

Il y a des jours où je me dis que ma vie aurait été tout autre si je ne portais pas ce fichu prénom : Monique.

Enfin, il y a encore peu, tout cela m’allait très bien. Par Tout cela, entendez : mon physique ordinaire et mes journées ordinaires. Bref, une monotonie qui ne manquait pas d’un certain confort : on se lève le matin aux côtés de l’homme que l’on a épousé, on passe les heures réglementaires sur son lieu de travail, et on se couche toujours aux côtés de l’homme que l’on a épousé. Une barque sur un fleuve tranquille, sans risques ni remous.  

           Jusqu’à ce que Geneviève parte en retraite.

           Depuis plus de dix ans, nous travaillons ensemble en tant qu’employées de comptoir dans une agence de voyage. Je savais bien que l’âge de la retraite approchait, qu’elle serait donc remplacée, mais comment aurais-je pu imaginer à quel point sa remplaçante allait bouleverser mon existence ?

Priscillia.

Belle à faire pâlir n’importe quelle jolie fille. Et les autres aussi, d’ailleurs. Un regard ensorcelant, des courbes sulfureuses, et un petit timbre de voix chantant. Les hommes en poussant la porte de l’agence n’avaient d’yeux que pour elle, accompagnés ou pas de leurs dulcinées. Que j’ai pu la détester, Priscillia ! Elle était tout ce que je n’étais pas : belle, libre et aussi butineuse qu’un papillon. Elle croquait la vie et les hommes. Et puis, tout doucement, j’ai commencé à apprécier toutes ses croustillantes anecdotes confiées chaque jour, toutes ces jalousies provoquées, tout ce piquant qui rythmait sa vie et saupoudrait un peu la mienne. Enfin, plus que ma vie, mes nuits.

           En y repensant, c’est exactement à ce moment-là que j’ai commencé à me souvenir de mes rêves.

           Chaque nuit, je dois vous l’avouer, je me suis mise à chavirer dans les bras d’un inconnu, comme si les tribulations de Priscillia déteignaient sur mon subconscient. Et je dois aussi confesser que j’y ai rapidement pris goût. Au fil des nuits, les images et sensations sont devenues plus réalistes. Peu à peu, étrangement, un décor reconnaissable s’est dessiné : celui d’un séjour que nous devions à tout prix placer en priorité : les forêts de cèdres du Luberon. Et le bel inconnu avait désormais un prénom : Giuseppe. Il était grand, ténébreux, une barbe de quelques jours, mais jamais son visage au complet ne m’apparaissait. Ses lèvres dans mon cou, oui, ses mains sur ma peau, la puissance de sa nuque… mais pas plus ! Et encore plus frustrant : la sonnerie de mon réveil retentissait systématiquement avant même que le corps de Giuseppe se dévoile !

           Et le pire restait à venir.

           Ils se sont arrêtés du jour au lendemain !

Quoi donc, me demandez-vous ? Mais enfin ! Mes rêves, voyons ! Priscillia continuait à rayonner de féminité, et moi, je souffrais d’un manque inconsolable, déversant sur mon mari l’aigreur d’avoir perdu mon amant. Un matin, même, je me souviens avoir envoyé le réveil se briser contre notre armoire, sous les yeux mi-endormis mi-effrayés de Bernard. Cela ne pouvait plus durer.

           Heureusement, j’eus une idée : aller sur les lieux de mes rêveries : les forêts de cèdres du Luberon. Mon mari, me sentant à la limite du burn-out, accepta, sans comprendre toutefois le choix de ma destination.

Dès le premier soir, après avoir attendu que Bernard et les filles s’endorment, j’ai filé m’asseoir sur la souche d’un arbre. J’ai souri aux passants, les ai déshabillés du regard.  Et figurez-vous que mon stratagème opéra ! Et ce, à merveille ! Giuseppe fit son grand retour ! Je ne l’avais donc pas définitivement perdu ! Désormais, je n’avais plus qu’une obsession : que jamais, il ne me quitte.

           Le séjour prit fin, et Giuseppe me fit le plus grand des plaisirs : m’accompagner. Il était avec moi. Toujours, tout le temps, la nuit et le jour. Tant et si bien, qu’un beau matin, il m’arriva la chose la plus extraordinaire de toute ma vie.

           J’étais seule à l’agence, un homme est entré et s’est assis en face de moi. Un grand brun ténébreux à la barbe de quelques jours souhaitant séjourner dans les forêts de cèdres du Luberon. Départ dans une semaine. Il se prénommait Giuseppe et attendait la confirmation de la femme sensée l’accompagner. Giuseppe ! Mon Giuseppe ! Mais bien sûr que j’accepte de t’accompagner !Tremblante, j’ai saisi toutes les informations de sa demande sans oser lui dire que pour moi, c’était oui, un grand OUI ! Quand il a franchi la porte, j’ai bondi de ma chaise, fermé l’agence à double tour, et l’ai suivi de loin jusqu’à son domicile. Je me suis faufilée dans l’immeuble, la lourde porte à digicode se refermant au ralenti, j’ai pris l’ascenseur pour l’étage resté sélectionné, et j’ai soupiré de bonheur à l’instant où la porte de son appartement s’est ouverte.

-       Je suis là !

           Feignant la surprise, il n’eut aucune réponse.

           -     Oui, je le veux ! Je viens avec toi, Giuseppe, dans les forêts de cèdres du Luberon!

           -   Mais, madame, il y a méprise… Voyons, je ne comprends pas...  Je ne m’appelle pas Giuseppe, vous le savez bien… 

          La théâtralisation lui allait si bien. Telle une panthère, je suis entrée. Il protesta. S’agita. Nous brûlions d’un même feu. De mes mains audacieuses, je lui arrachai sa chemise. Il me gifla. Je ne pouvais plus rien lui refuser. Je le giflai à mon tour.


           Je ne sais plus ce qui s’est passé ensuite.

           La seule chose que je peux vous dire, c’est que là, à l’instant où je vous parle, sur ce lit d’hôpital psychiatrique, j’en ai assez, mais vraiment plus qu’assez, d’être entourée d’infirmières, envieuses et incrédules, ne pouvant admettre qu’une femme prénommée Monique puisse vivre une telle idylle.

Publié dans concours

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