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"Trop c'est trop", un texte signé Carine-Laure Desguin paru dans la revue Aura 96

Publié le par christine brunet /aloys

Trop c’est trop

 

Lorsque Dirck sortit ce matin-là, Maxima aurait voulu le retenir encore quelques minutes, là, dans le hall d’entrée de la maison, ou mieux encore, l’emmener vers le living et devant le feu ouvert lui glisser ces quelques mots : « Viens, asseyons-nous sur le divan, reprenons une tasse de café, restons un moment comme ça, juste pour le fun, juste parce qu’il pleut et que la journée sera longue. » Mais elle se tut, ravala cette boule rugueuse qui se mettait au travers de sa gorge depuis plusieurs mois déjà. Car après tout, elle devait dominer tout ça, ce n’était sans doute qu’une mauvaise période. Toutes les femmes au foyer ont connu des jours gris et moroses, remplis de moments de doutes, d’interrogations, et d’impressions de grands vides, aussi. Et puis, il faut l’avouer, si elle avait lâché ce boulot d’aide-soignante dans ce centre de psychogériâtrie, c’était pour maintenir son couple hors de l’eau. Dirck ne supportait plus les fatigues de sa femme, les fatigues et puis tout le reste, les énervements pour la moindre chose, les stress, et cette odeur de désinfectant qu’elle transportait jusqu’au fond de leur lit. Tout cela insupportait Dirck depuis trop longtemps, il voulait vivre « avec » sa femme et non pas « à côté » d’elle.

Maxima regarda sa montre, il était 6h50. Lorsqu’elle travaillait à la résidence du Bon Repos, c’est l’heure à laquelle elle arrivait, 06h50. Elle passait son badge devant le récepteur de la pointeuse et elle filait sur un des ordinateurs. Il fallait au plus vite qu’elle lise les observations de nuit, en même temps d’écouter le rapport oral de l’infirmière de nuit, tout ça afin de prendre connaissance des éventuels changements, untel est à jeun, un autre doit être prêt pour 07h30 car il part faire un examen à l’hôpital, un autre ceci et un autre encore cela. Tous les actes devaient être réalisés au plus vite car ils étaient rares les jours où une collègue ne déclarait pas forfait et il fallait alors prendre en charge des tâches supplémentaires, changer plus de lits, débarrasser plus de plateaux, et faire la toilette des personnes que la collègue n’avait pas eu le temps d’entreprendre. Alors ce matin-là, c’est encore tout ça qui court-circuita les pensées de Maxima. Et puis elle se remémora le deal de Dirck : « Ma mère vieillit, Maxima. Si elle venait habiter avec nous, cela te permettrait de rester ici, tu ne devrais plus courir d’un bout à l’autre dans les couloirs de ta putain de boîte, ce serait fini pour toi de répondre aux sonnettes, de remplacer illico une collègue absente, et puis tout le reste qui nous bousille la vie… »

Maxima n’avait pas réfléchi plus que ça. Après tout, s’occuper de Juliette, sa belle-mère, ça paraissait moins pénible que de supporter l’agressivité de certains résidents, les gamineries de ses collègues et le caractère bipolaire de sa chef de service. Et puis, elle sentait monter en elle, au fil des années, un trop plein, un trop plein de tout ça. Les jours défilaient trop vite, trop de trop dans sa tête et trop de tension jusqu’au bout de tous ses membres. Tout son corps lui faisait mal et le moindre bruit devenait un bourdonnement incessant qui lui martelait le crâne. Juliette et elle n’avait jamais eu aucun grief l’une envers l’autre. Et, malgré une mémoire qui jouait parfois de fausses notes comme un piano désaccordé, la maman de Dirck était encore assez autonome. Elle pourrait aider en chipotant à l’une ou l’autre chose, éplucher les pommes de terre, recoudre un bouton, raccourcir un pantalon, arroser les fleurs.

Bonjour Juliette, vous êtes matinale, bien dormi ?

Oh ma fille, toute ma vie je me suis levée tôt, vous savez. J’ai entendu la porte claquer. Dirk est déjà parti au travail ?

Bien sûr, il part souvent trop tôt, de crainte d’être coincé dans un embouteillage. Il reste un peu de compote de rhubarbe, vous en prendrez quelques cuillerées ?

Bonne idée, ma fille. Et je mettrai dedans mes pilules écrasées, elles passeront mieux comme ça.

Ah oui, je vous les écrase, ses petits bonbons de toutes les couleurs, ça me rappelle à chaque fois les matinées d’enfer, lorsque je travaillais à la résidence du Bon Repos.

Oubliez tout ça, ma fille. Hier, c’était hier. Quelle heure est-il au juste ? Il sera bien temps de me coucher, après ce repas ?

Mais Juliette, vous venez de vous lever !

La journée commence ? Et moi qui pensais qu’elle se terminait ! J’imaginais avoir dormi le temps d’une sieste et non pas une nuit entière ! J’ai entendu la porte claquer et il me semblait que Dirk rentrait du bureau.

Dirk vient à l’instant de sortir de la maison, Juliette !

Maxima termina de siroter sa tasse de café et ouvrit la porte d’une armoire. Elle prit la boîte à couture. Dedans, il y avait des morceaux de tissus, des aiguilles, des bobines de fil et des dizaines de boutons. Des boutons de toutes les couleurs et de toutes les grandeurs. Elle en choisit quelques uns, sans les compter. Ce fut plutôt les couleurs qui déterminèrent son choix. Il n’y avait pas deux éléments de la même couleur et Maxima pensa que c’était harmonieux, toutes ces couleurs éparpillées. Elle déposa les boutons au fond du mortier, vous savez, cet espèce de bol que les pharmaciens utilisent afin d’écraser leurs pilules avec plus de facilité. À ce moment-là, on entendit à la radio la chanson de Cookie Dingler, Une femme libérée. C’est au rythme de ces notes que Maxima écrasa les boutons. Oui, vous lisez bien, elle écrasa les boutons. De toute ses forces elle appuya sur le pilon et un a un les boutons furent réduits en une fine poudre. De temps en temps un éclat heurtait la paroi du récipient en céramique blanche et Maxima le récupérait avec la méticulosité d’une pharmacienne expérimentée.

Oh que j’ai faim, s’exclama Juliette.

Un peu de patience, Juliette, dans quelques minutes je vous sers un plateau bien garni, répondit Maxima, tout sourire en écrasant le dernier bouton. Elle s’en souvenait bien de ce bouton-là, c’était celui d’un chemisier bleu. Elle avait accroché ce chemisier à la chainette d’un caddie du supermarché, un soir qu’elle était à la bourre, comme d’habitude.

Oh que j’ai faim, réclama Juliette.

C’est la deuxième fois que vous me dites la même chose en trois minutes !

Je ne me souviens pas du tout, s’étonna Juliette. Et d’où vient toute cette eau toute chaude qui coule le long de mes jambes ?

Ce sont vos urines, Juliette, comme chaque matin. Comme chaque matin, vous urinez par terre en attendant votre petit-déjeuner et comme chaque matin, vous pensez que nous sommes dans la soirée et que Dick vient de rentrer alors que la porte claque car Dick part au bureau et comme chaque matin, vous me pourrissez la vie, Juliette. Vous comprenez ça ? Vous me pourrissez la vie !

Juliette ne réagit pas, elle tapota ses doigts contre la table en chantonnant : Tu sais c’est pas si facile être une femme libérée tu sais c’est pas si facile… Il n’était pas rare que Juliette poussât la chansonnette. C’est qu’elle connaissait pas cœur pas mal de chansons, cette Juliette.

Les mains de Maxima s’agitèrent. Son visage se métamorphosa : ses yeux devinrent colériques, son front se plissa et de grosses gouttes de sueur commencèrent à perler le long de ses tempes. Elle regarda sa montre, il était 07h10. La vision des charges qu’elle devait accomplir jusque 12h00 la rendit de plus en plus nerveuse, on lui annonça dans la foulée qu’une collègue était absente et qu’il fallait qu’elle assume des soins supplémentaires. Elle aurait voulu hurler. Sans trembler un seul instant et d’un geste calculé, elle prit le flacon de solian et aussi celui de resperdal. Elle vida les deux flacons dans la compote de rhubarbe et elle n’oublia pas de verser dans cette même marmelade le contenu du mortier en céramique blanche, ces quelques grammes de poudre. Elle se dit que c’était bien joli, cet arc-en-ciel sur un fond blanc et brillant. Elle beurra alors deux tartines et déposa tout ça sur un plateau en rotin.

Mes pieds se refroidissent !

S’il vous plaît, Juliette. Buvez le café, cela vous réchauffera.

Et la compote d’abricots ?

C’est de la compote de rhubarbe ! Regardez, cette compote est ici, dans ce ravier.

Dirck rentre bientôt ?

Je pense qu’aujourd’hui, en effet, il se peut que Dirck rentre plus tôt, murmura Maxima en fixant d’un regard absent le ravier de compote de rhubarbe au milieu du plateau en rotin.

 

Carine-Laure Desguin

 

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Céleste Savigny présente son ouvrage "Vingt-quatre étoiles"

Publié le par christine brunet /aloys

Biographie

Née le 28 mai 2000, Céleste Savigny se lance dans l’écriture à l’âge de dix ans en imaginant quelques poèmes, au fur et à mesure quelques petits textes. Et c’est quelques années plus tard que cela deviendra une réelle passion. Entre les livres et la plume, elle poursuit un parcours scolaire en latin-grec durant ses années de secondaire.

Sportive également, elle pratique depuis ses huit ans de la natation synchronisée.

A l’âge de 15 ans, elle écrit un recueil de textes intitulé « Au cœur des mots de l’océan » qui sera publié un an plus tard, aux Editions du Panthéon.

Peu après, elle se retrouve hospitalisée pour une dépression, et c’est au cours de cette dure épreuve qu’elle se met à écrire son roman « Vingt-quatre étoiles » qui sera publié aux Editions Chloé des Lys quatre ans plus tard.

En septembre 2018, elle fait son entrée à l’Université Libre de Bruxelles pour poursuivre un cursus en langues et lettres françaises et romanes.

 

Résumé :

 

A l’âge de huit ans, un soir de novembre, Elia connaît un tragique accident de voiture avec sa mère. En un fragment de seconde, c’est une étoile de plus qui apparut dans le ciel.

 

Et au réveil, elle n’entendait plus.

 

Dès lors, elle apprit à vivre dans un monde où seul le bruit de ses pensées venait rompre le silence.

 

Sa vie, redevenue monotone, se voit alors perturbée peu avant les vacances de février lorsqu’elle découvre des lettres laissées par sa mère. Celles-ci deviennent alors une énigme qu’elle se donne à résoudre et c’est en creusant dans les mensonges et les souvenirs qu’elle va réaliser qu’on ne sait jamais qui l’on est réellement.

 

Extrait :

 

« Je n’aime pas les rêves vous savez, cette réalité controversée qui se réduit à néant lorsque la lumière du matin vous éveille, je n’avais jamais aimé ça. J’ai toujours trouvé ça cruel de nous offrir un monde qui ne nous appartient qu’une seule nuit.

Le réveil fut dur et douloureux. Une fois mes yeux grands ouverts j’ai commencé à compter le nombre d’étoiles fluorescentes qui étaient collées au plafond. Il y en avait 24. Quelques unes avaient perdu leur brillance, sûrement à cause de l’âge. Pourtant on m’avait toujours dit que les étoiles ne mouraient pas, que leur lumière était éternelle. Avec le temps, j’ai fini par accepter que de nombreuses choses cessent de briller aussi fort et aussi intensément que la première fois. »

 

Publié dans présentations

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Nicole Graziosi nous propose un texte...

Publié le par christine brunet /aloys

« Mais enfin qu’est-ce que tu attends pour le renvoyer ce manuscrit ? L’éditeur l’a accepté ?Alors, faudrait quand-même que tu te décides ...» disait-on depuis pas mal de temps.

 

Eh bien voilà, c’est fait !

 

Le titre ? « La fille aux yeux bandés ». L’auteur : Nicole Graziosi.

 

Incessamment sous peu, va donc paraître chez Chloé des Lys « La fille aux yeux bandés », le troisième de mes livres chez ce même éditeur.

( Pour mémoire, les deux précédents sont : « Mais comment s’appelle-t-elle ? » et Tendresses et venins »).

 

Le propos ?

 

A quelques mois d'intervalle, Dorine enterre ses deux parents. Elle les enterre sans larme, sans chagrin, sans émotion. « Je n’ai que le chagrin de n’en pas avoir » nous dit-elle. Pourquoi une telle prise de distance ?

 

Au fil de sa vie revisitée, ses yeux s’ouvrent sur les diffamations hypocrites dont elle fut l’objet. De chocs émotionnels en révélations sournoises, elle découvre une vie parallèle créée de toutes pièces et qui lui est totalement étrangère. Dès lors, sa vie est dominée par son désir de comprendre les motivations de ceux qu’elle ne se résout pas à appeler autrement que ses « géniteurs ».

 

Extraits :

Si quelqu’un désire prononcer quelques paroles ... Nul n’en a manifesté l’intention. J’y ai bien songé, un peu, mais qu’aurais-je pu dire ?

« Que le diable t’emporte furent tes dernières paroles à mon intention. Il t’a emportée avant moi. Je te laisse en pays de connaissance. Je te laisse dans ses mains. A diable donc ! »

On nous a dit « Il est très tard. Il ne faut pas attendre parce qu’on va fermer. Venez chercher l’urne demain. Cette façon de nous éconduire était un peu choquante. Grève ou pas grève. Canicule ou pas canicule.

Mon coeur n’est que cendre. Cendre de ce que j’aurais pu, cendre de ce que j’aurais dû.

Des « il faut pardonner », des « il faut accepter », des « c’était quand même votre mère », j’en ai entendu. Trop. Les gens m’ennuient avec leur feinte compassion, avec leurs tons larmoyants, leurs phrases toutes faites, ils m’ennuient avec leurs mines éplorées. De quoi se mêlent-ils, à la fin. Ils aiment renifler du chagrin ? Alors il leur faut frapper à une autre porte. Ici, il n’y a pas de chagrin. Il n’y a pas de regret. Il n’y a pas de larmes. Il n’y a rien.

 

............................

 

Il y eut ma rencontre avec les allemands. Pour revenir de l’école, j’avais opté, ce jour-là, pour l’itinéraire qui comportait un morceau de la « Vieille Route» toujours déserte. Elle était bordée de hauts murs de pierres entre lesquelles avaient germé quelques graines de fleurs. Soudain, à un tournant, je vis des soldats allemands.

Je savais qu’ils étaient des méchants, que les gens se plaignaient de devoir par leur faute manger du pain noir et des topinambours, qu’il fallait faire d’interminables queues pour se procurer un petit bout de viande ou quelques grammes de beurre.

Je n’ignorais pas qu’en allant à Grenoble, même les femmes enceintes et les vieillards devaient quitter le tram à La Tronche, quel que soit le temps, et traverser à pied le Pont de l'Hôpital après avoir subi une fouille minutieuse.

 

Tout le monde connaissait l’histoire de ce monsieur qui, à la question

« pistolett ? » du soldat qui avait palpé dans la poche de son pantalon un objet inquiétant, lui avait répondu goguenard « non, non, pipe !» alors que de peur, son voisin claquait des dents ».

.......

J’avais tout cela en tête, ce jour-là, lorsque je me retrouvai face à l’ennemi. Ils étaient en grand nombre, ces soldats, alignés sur le bord droit de la route, fusils bien parallèlement pointés vers son milieu. Que faire ? Demi-tour et prendre l’autre chemin ? C’eut été avouer ma peur. Je continuai donc. Lorsque je fus bien engagée sur ma trajectoire, un cri me fit sursauter, puis la moitié des soldats se porta sur le côté gauche, fusils dirigés vers la route, dans un bruit de bottes assourdissant pour mes jeunes oreilles. Je fis ainsi le chemin au milieu des fusils, sans broncher, sans accélérer, sans les regarder. Ce ne fut qu’une fois sur le chemin, abritée des regards par une haie de lauriers, que je me mis à courir. Mon acte de bravoure, je le gardai secret. Ce fut ma fierté.

Publié dans Textes

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Salvatore Gucciardo à l'honneur dans Le magazine français "Profession photographe" n°36

Publié le par christine brunet /aloys

Salvatore Gucciardo à l'honneur dans Le magazine français "Profession photographe" n°36
Salvatore Gucciardo à l'honneur dans Le magazine français "Profession photographe" n°36
Salvatore Gucciardo à l'honneur dans Le magazine français "Profession photographe" n°36
Salvatore Gucciardo à l'honneur dans Le magazine français "Profession photographe" n°36
Salvatore Gucciardo à l'honneur dans Le magazine français "Profession photographe" n°36
Salvatore Gucciardo à l'honneur dans Le magazine français "Profession photographe" n°36
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Le blog "Les lectures de Maryline" a lu "Antoine et les merveilles du potager" de Michel et Pierre Surquin

Publié le par christine brunet /aloys

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/antoine-et-les-merveilles-du-potager-a164819608

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/antoine-et-les-merveilles-du-potager-a164819608

 

Résumé de l'éditeur : 

Antoine, jeune garçon en vacances, se balade, poussé par l'ennui. Il est intrigué par une grande bâtisse de son voisinage, dont le mur d'enceinte, cachant le terrain qui l'entoure, aiguise sa curiosité au point de braver l'interdit et d'escalader ce mur, pour voir...

 

 

Mon avis :

Ce livret est un vrai petit bijou! J'ai adoré et mon fils encore plus! Nous avons passé de très bons moments de lecture grâce à cette magnifique histoire. En fait, nous avons entre les mains un documentaire qui nous apprend des tas de choses intéressantes sur le potager et ce qui se trouve dehors, dans le jardin, tout près de nous...

Antoine est un jeune garçon qui se retrouve en vacances et qui décide d'explorer les alentours... Il découvre la nature. La végétation et les animaux se mettent à lui parler et lui raconter leur vie. On apprend tout un tas d'éléments intéressants sur les légumes du jardin, c'est vraiment très instructif et la leçon se fait de façon ludique. De petites activités parsèment le livret ce qui donne un véritable plus à l'histoire car l'enfant se sent concerné et utile.

Les illustrations sont magnifiques et parfaitement adaptées aux enfants, on voit bien les légumes et leurs couleurs, il y a des schémas, des photos, du dessin... Bref, j'adore l'ensemble!

A la fin, un petit exercice de mémoire est proposé. C'est très sympa! L'enfant se souvient de ce qu'il a lu ou entendu avec l'adulte ou bien il retourne chercher les informations sur les pages précédentes si il a un trou de mémoire ou un doute.

Bravo pour ce livret, le seul petit défaut que je trouverais à dire est qu'il est en trop grand format donc pas très pratique à emmener partout.

Publié dans avis de blogs

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Brigitte Hanappe a lu "Silencieux tumultes" d'Edmée de Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

 

En terminant le livre d’Edmée de Xhavée,« Silencieux tumultes », édité par Chloé des Lys, je me suis surprise à sourire béatement, le coeur envahi de silencieuses émotions, l’esprit imprégné de délicieuses images.

Dès les premières pages de ce roman, je me suis envolée instantanément dans un théâtre pour assister mentalement à une superbe pièce en plusieurs actes : la scène est une grande demeure familiale toute imbibée des secrets, des non-dits, de l’intimité de plusieurs générations.

Je n’ai aucun effort à faire pour imaginer le décor, le mobilier, les expressions ou caractères des personnages, tellement les mots de l’auteure regorgent de détails merveilleusement décrits. Je m’évade donc dans cette majestueuse maison bourgeoise, je ne suis plus lectrice mais spectatrice de l’histoire.

Et quelle histoire ! Des morceaux de vie qui à priori peuvent sembler anodins  mais bien au contraire… riches en émotions diverses. J’apprécie et je me sens en parfaite harmonie avec le ressenti des personnages.

Bref, j’ai beaucoup aimé ce récit. Et je sais déjà à l’avance que je le relirai avec plaisir, lors de soirées plus fraîches où j’aurai envie de me réchauffer le cœur avec de beaux mots.

Brigitte Hanappe

 

 

Publié dans Fiche de lecture

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De nouveaux ouvrages sont parus chez CDL !!!

Publié le par christine brunet /aloys

De nouveaux ouvrages sont parus chez CDL !!!
De nouveaux ouvrages sont parus chez CDL !!!
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De nouveaux ouvrages sont parus chez CDL !!!
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Publié dans fiche auteur

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Christian Eychloma nous propose une nouvelle "Contretemps"

Publié le par christine brunet /aloys

Contretemps


 

Frédéric, dit Frédo, entrouvrit les paupières pour les refermer aussitôt. Puis il renifla avec un haut-le-cœur un air qui puait le moisi. Il demeura quelques minutes hébété, la tête vide, avant de se rappeler brusquement où il se trouvait. Il ouvrit les yeux, en grand cette fois.

Le labo n’était que très faiblement éclairé par une rangée de veilleuses. Plutôt étonné, il se débarrassa de son cathéter et se redressa péniblement, soulevant un petit nuage de poussière en posant ses avant-bras sur les bords de son sarcophage. Quand donc les techniciens de l’équipe de suivi en avaient-ils fait coulisser le couvercle ? Et pourquoi n’y avait-il personne ici pour l’assister pendant sa phase de réveil ?

Il ressentit cruellement le froid sous son fin pyjama bleu. Il avait l’impression de s’être allongé dans cette foutue boîte il y avait à peine une heure ou deux, sous la lumière des néons. Après avoir dit adieu à tout le monde, et surtout à sa femme, en pleurs mais résignée. Après tout, il n’anticipait son départ pour « le grand voyage » que d’une semaine tout au plus, ce qu’elle n’ignorait pas. Les médecins ne les avaient laissés sur aucune illusion en leur annonçant son décès imminent.

Considérant l’état de l’art en matière médicale, il était condamné à très brève échéance. Irrémédiablement. L’état de l’art du début du vingt et unième siècle, s’entendait ! Car c’était sans compter avec les toutes récentes techniques d’hibernation, mises au point pour les futures missions spatiales de longue durée. Et, coup de chance, on cherchait justement un cobaye. Alors, autant tenter le coup…

Les toubibs lui avaient fait valoir que, puisqu’il allait mourir, il n’avait absolument rien à perdre à s’en remettre aux progrès de la science et à les laisser « geler » ses processus biologiques pendant qu’il vivait encore. Et dans un siècle ou deux, qui sait, on le réveillerait en lui annonçant la bonne nouvelle. Son mal ne serait plus incurable. Il aurait à nouveau devant lui trente, quarante, cinquante ans d’une existence en parfaite santé, peut-être plus !

Bon… tous ceux qui auraient fait partie de sa vie, ses amis, ses parents, ses enfants, son épouse, tous seraient morts depuis longtemps. Cette idée, plus une certaine appréhension de ce à quoi ressemblerait cette société future qui, peut-être, l’attendait, l’avait beaucoup dérangé. Mais valait-il mieux carrément choisir le néant ?

Et maintenant, où en était-il, au juste ? Dire que quelque chose était allé de travers lui apparut comme un doux euphémisme. De plus en plus inquiet, les jambes flageolantes, se guidant dans la pénombre sur le panneau lumineux indiquant la sortie, il s’approcha lentement du pupitre de contrôle dont les équipements bourdonnaient faiblement.

Fichtre… cela devait faire un bout de temps que le ménage n’avait pas été fait. Écartant machinalement de la main une toile d’araignée, il se pencha sur l’écran éteint de la console et remua ce qui ressemblait à un dispositif de pointage pour provoquer l’affichage d’un genre de tableur, s’étonnant un peu de retrouver un environnement technologique somme toute assez familier.

Clignant des yeux, il regarda de plus près ce qu’il finit par reconnaître comme un calendrier. Et là, il sentit son cœur faire un bond. Était-il juste en train de rêver ? Était-il vraiment en 2421 ? Mais si tel était le cas, depuis quand le bâtiment était-il abandonné ? Et pourquoi ? Et comment se faisait-il alors qu’il y eût encore une alimentation électrique, aussi réduite fût-elle ?

Les panneaux solaires, bien sûr. Ces fameux « nouveaux » panneaux à la durée de vie faramineuse et qui avaient apparemment assez bien tenu leur promesse. Mais au fait, considérant l’absence de tout technicien dans les parages, qui donc avait pris la décision de le réveiller, et pourquoi ? Il se souvint alors du dispositif de sécurité dont on lui avait parlé et qui était justement prévu pour provoquer sa sortie d’hibernation en cas de baisse de tension durable…

Il se redressa en se tenant le dos, sentant peu à peu ses anciennes douleurs refaire surface. Au moins n’avait-il plus rien senti pendant ces quelques heures, heu… ces quatre siècles de sommeil artificiel ! Il s’agissait maintenant de comprendre ce qui avait bien pu se passer, et pour ceci aller évidemment jeter un coup d’œil dehors…

Essayant d’imaginer à quoi pouvait bien ressembler une ville du 25e siècle, il clopina vers la sortie du labo et tira aussi fort qu’il le pouvait sur la porte qui résista. Serrant les dents, il tira encore et encore, par petites secousses. Lorsque la porte consentit enfin à s’entrouvrir, il s’aperçut qu’elle était bloquée par des ronces. Grand Dieu… depuis combien de temps l’avait-on oublié là ? Après bien des efforts, il parvint à ouvrir suffisamment pour se faufiler à l’extérieur. Et la surprise le cloua sur place.

Une espèce de jungle - comment aurait-il pu appeler ça ? - lui barrait la route de tous côtés en lui masquant presque complètement la vue du ciel. De grands arbres et des lianes enchevêtrées, d’épais fourrés, et une dense végétation recouvrant par endroits le toit de l’édifice. Et des chants d’oiseaux. Beaucoup de chants d’oiseaux. Il sentit une boule se former dans son estomac.

Il essuya la sueur qui perlait à son front sous l’effet de la chaleur soudaine et se mit à réfléchir à toute vitesse. Il se souvenait évidemment de ce à quoi ressemblait ce coin comme s’il venait à peine de le quitter. Le complexe universitaire offrait une vue magnifique sur la ville que l’on pouvait apercevoir en contrebas, depuis un belvédère tout proche. C’était tout droit. C’était là qu’il devait aller s’il voulait avoir une première idée de ce qui avait bien pu arriver.

Il repéra sur sa droite un espace moins touffu qui pourrait peut-être lui permettre d’y accéder. Il se glissa avec peine entre les troncs, écartant au passage les branches qui lui griffaient le visage et chassant involontairement des tas de petits animaux qui fuyaient à toute vitesse à travers les fougères. Fourbu, les pieds ensanglantés, le pyjama déchiré, il parvint enfin au bord d’un ravin.

Paralysé de stupeur, il demeura longtemps hagard, contemplant sans y croire l’immense forêt s’étalant à une centaine de mètres en-dessous. Hormis quelques « protubérances » pouvant faire penser à ce qui resterait d’anciennes tours, rien, absolument rien, ne subsistait de ce qu’il venait de laisser au 21e siècle. La nature avait apparemment partout repris ses droits. Plus âme qui vive dans un paysage de commencement du monde. Plus âme humaine, en tout cas… Il se retourna brusquement en entendant un grognement sourd. Non, plusieurs grognements.

Des loups ? Des chiens, à mieux les regarder. De plus en plus nombreux. Toute une « meute », en fait. De gros chiens plus que menaçants, babines retroussées sur de puissants crocs. Une espèce visiblement redevenue sauvage et ayant de toute évidence, depuis belle lurette, oublié son attitude servile et sa crainte de l’homme. Des fauves s’apprêtant tout simplement à le dévorer.

Il était sans arme, malade, exténué, aussi dépourvu de défense qu’un nouveau-né. Avec un rire d’autodérision, il fit face au vide et sauta.

Il lui sembla que la chute durait longtemps, longtemps, avant un choc terrible et une douleur fulgurante. Puis… plus rien.

Frédo venait de se rendormir. Pour l’éternité.

 

 

Publié dans Textes, Nouvelle

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Jocelyne Aubin nous propose un aperçu de son ouvrage en cours de référencement "Le miroir des songes Concerto en bleu pour violon et chiffon"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 
 
Léa, magicienne des tissus, couturière,
Léa, magicienne des formes, des couleurs, sculpteur, peintre,
Deux femmes embarquent pour une promenade créative en solitaire,
Unies cependant par un fil invisible...
Leur première approche est instinctive...
L'inspiration se nourrit d'images furtives, passées et présentes, petites bribes du temps saisies en plein vol.
C'est ensuite l'évidence... même au delà des songes... l'oeuvre devient miroir.
 
Extrait du livre :
Ce pourrait être un conte de Pouchkine, une peinture de Chagall, un concerto de Tchaïkovski...
 
"Le vêtement de l'inconnue de la rue est léger, pourvu d'un large décolleté qui laisse entrevoir la naissance de ses seins blancs....
L'inconnue ne court plus maintenant, sa démarche est devenue féline, elle s'approche à pas lents d'un jeune homme habillé d'un costume de lin blanc, d'une chemise multicolore.
Ils rient, s'embrassent. le garçon joue avec le foulard. La soie épouse le lin."
 
"A la lueur de l'aube et des flammes du feu, les mains caressent la glaise.
Elles se promènent sur la masse informe, creusent, cherchent, dessinent un chemin, l'effacent, recommencent la quête.
Léa sait qu'il lui faudra longtemps observer, avec pudeur, réserve mais détermination, l'émotion qui l'habite, avant que ne s'impose à son regard, l'esquisse de la forme qui vit en elle...
Les mains sur la glaise creusent, cherchent, encore et encore, jusqu'à ce que l'esprit, fatigué, se taise."

Publié dans présentations

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Présentation du recueil poétique de Daniel Roualland "Si peu de temps"

Publié le par christine brunet /aloys

Extrait :

La vie traverse l’homme

Sans s’arrêter

 

Biographie :

 Daniel Roualland est né à Nantes en 1946. Il y a enseigné un temps la philosophie. Il a ensuite exercé les métiers de psychosociologue et de sociologue à la Poste, à Poitiers, Rennes, Strasbourg et Paris.

 

Résumé :

191 poèmes courts et 32 longs.

Publié dans présentations

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