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Retour signé Carine-Laure Desguin concernant une soirée consacrée à une mise en voix des textes d'AURA N°100.

Publié le par christine brunet /aloys

Six comédiens, Gisèle Hanneuse, Jacques Marlier, Marianne Bougard, Alessandra Riggio, Sally Ariégo et Isabelle Deliener.

Deux musiciens, Guy Fossoul (guitare) et Christian Veys (violon).

Une chanteuse, Jacqueline Hutsebaut.

La mise en voix et la mise en scène, Marianne Bougard.

Ce vendredi 10 mai 2019, ces six comédiens amateurs ont interprété de façon magistrale les trente-sept textes sur le thème des Portes (AURA n° 100) écrits par les membres du Cercle littéraire Clair de Luth.

Un merci tout particulier à Isabelle Deliener, Jacques Marlier et Marianne Bougard qui ont donné ce mouvement si particulier à mon texte "Je prendrai la porte, comme on dit" (AURA N°100 p. 37) ainsi qu’à mes deux poèmes tirés du recueil en cours d’écriture Chambranles (AURA N°100 p. 23).

Ce récital a eu lieu au Ricochet, rue du Béguinage, 18, à Mons.

Le public était là, très attentif à l’interprétation de ces textes car parmi ce public, de nombreux auteurs.

Chapeau à Laurence Amaury et Gisèle Hanneuse qui ont organisé cette soirée pour célébrer la parution du N°100 de la revue AURA.

Voici quelques photos de cette soirée…

Infos au sujet de mes deux dernières publications :

Le Transfert : http://carineldesguin.canalblog.com/pages/le-transfert--theatre--editions-chloe-des-lys--2018/37214580.html

A chaos, chaos et demi : http://carineldesguin.canalblog.com/pages/a-chaos--chaos-et-demi--editions-la-p-tite-helene--2018/36963717.html

 

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La pièce de Carine-Laure Desguin "Le Transfert", lecture et commentaire de Denis Billamboz

Publié le par christine brunet /aloys

 

Le Transfert, lecture et commentaire de Denis Billamboz


 

Auteure polyvalente, Carine-Laure Desguin aborde, avec cette dernière publication, un genre littéraire nouveau pour elle : le théâtre, dans une pièce intitulée « Le transfert », qu’Éric Allard, le préfacier, définit comme suit dans son propos introductif particulièrement fouillé : « Le transfert met en scène un moment de bascule qui, dans un système totalitaire donné, fait verser des êtres humains du réel vers le virtuel, de l’existant vers l’inexistant. »

Dans un établissement hospitalier qu’on pourrait penser être un établissement psychiatrique, un médecin et une infirmière, assistés d’un robot, évoquent le sort d’un des deux patients présents dans la même chambre, après le passage du clown maison chargé de faire rire les malades. Le clown n’a pas pu faire rire ce patient, le médecin et l’infirmière doivent en tirer les conclusions et ils ne sont pas d’accord sur le sort qui doit lui être réservé. Comme il ne sait plus rire, il devrait être, selon le règlement, transféré dans la non-existence car un être qui ne sait pas rire est un non-existant qui n’a plus sa place parmi les vivants.

Cette pièce dans le genre absurde évoque un milieu carcéral ou concentrationnaire où les faibles sont éliminés ou mis à part. « …  ici, tu es dans un bâtiment très spécial. Regarde, ton pyjama est rayé. » (allusion à un uniforme de funeste mémoire). « Il y a un règlement, voilà tout ! ». Le patient doit être soumis aux dispositions du règlements mais le médecin pense qu’il peut encore être considéré comme un vivant. Le patient se défend en expliquant que son milieu ressemble à une prison ou à un camp : « Tout le monde est en uniforme, des uniformes de couleurs différentes. Une sorte de hiérarchie des couleurs. », et que ça ressemble à un établissement concentrationnaire.

Cette pièce pourrait aussi évoquer une maladie qui fait glisser tout doucement le patient vers la perte totale de la mémoire jusqu’à la perte du rire et de la raison de rire. Une façon d’évoquer la maladie d’Alzheimer qui est devenue une cause prioritaire dans le domaine de la santé publique. « Lorsque les souvenirs deviennent douloureux, on glisse vers la voie de la non-existence ».

Bien évidemment, cette pièce est avant tout un texte absurde qui rappelle les grands auteurs qui ont excellé dans le domaine : Kafka, Beckett, Ionesco et d’autres encore, mais elle pourrait aussi dénoncer les carences du milieu hospitalier face à certaines maladies ou dégénérescences qu’on juge incurables. L’auteure semble bien connaitre ce milieu et les problèmes qu’il subit tout autant que les conditions dans lesquelles les patients sont traités.

J’ai aussi trouvé dans ce texte comme un cri d’alerte devant la virtualisation d’une société qui ne fonctionnerait plus que comme un jeu vidéo où l’on élimine ceux qu’on ne désire plus voir selon des programmes immuables qui contrôlerait tout et décideraient du sort de chacun.

Il nous manque le jeu des acteurs de cette pièce absurde pour apprécier toute l’ampleur de cette scène qui démontre l’incapacité de cet hôpital psychiatrique à apporter des soins appropriés à ses patients. Parfois l’absurdité dévoile mieux la vérité que les raisonnements les plus cartésiens.

 « Lorsqu’un bureau est vide, cela signifie qu’il est rempli de dossier inexistants ». C’est pourtant simple à comprendre !

 

Publié dans Fiche de lecture

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Quelques haïkus signés Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

QUELQUES HAÏKUS

 

Le merle moqueur

chante le temps des cerises

je croque une pomme.

 

Soleil de midi

la neige fond goutte à goutte

mon pull est bien chaud.


 

Tous les bruits du fleuve

ses clapotis, ses rumeurs

une part de moi.


 

Où va l'écureuil ?

Écoute le vent d'automne

et tu le sauras.


 

Balade au jardin

le mélange des odeurs

souvenirs d'enfance.


 

Fraîcheur de septembre

saisir entre pouce et index

un grain de raisin.


 

Caresser le chat

rêver de l'odeur des lys

frémir de bonheur.


 

Rien que toi et moi

ta main froide dans la mienne

nos odeurs mêlées.


 

Dans le froid nocturne

le crissement de nos pas

messe de minuit.


 

En noir et en blanc

les photos de mon enfance

~des chansons affleurent.


 

Après la récré

dans la grande cour d'école

si seul l'oisillon


 


 

Micheline Boland


 

 

Publié dans Nouvelle

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Carine-Laure Desguin a lu le recueil de nouvelles d'Alain Magerotte "Bizarreries en stock"

Publié le par christine brunet /aloys

Chers lecteurs,

Si vous apercevez ce livre dans les rayons d’une bibliothèque, méfiez-vous. J’ai emprunté Bizarreries en stock et n’arrive plus à m’en débarrasser. Je lâche ce livre et il me revient, comme un boomerang. Le graphique de la couverture, c’est celui de mon dernier électrocardiogramme. Et le prochain graphique sera le vôtre si et seulement si. Je vous écris donc d’un espace irréel mais qui …existe vraiment. Je vous explique les étapes vécues, elles sont dignes des douze travaux d’Hercule.

1) Les mémoires du diable 

Page 19 : …Quand ma mission sera accomplie, ou digérée, le piège, en merveilleuse mécanique dotée d’une précision extrême, m’absorbera avant de se rouvrir pour s’offrir une autre victime…

Ecrivain ou écrivaillon qui vous sucez le pouce devant une page blanche, ne tombez pas dans le panneau. Méfiez-vous de qui et de quoi ? Les précautions à prendre sont à lire dans cette première nouvelle.

2) Le vieil homme et la pluie 

Page 27 : …J’atteins l’entrée du village, toujours habité par cette complicité inexplicable, pour l’instant, me liant à l’averse…

Ce vieil homme ne sortait que lorsqu’il pleuvait. Vous trouvez ça normal, vous ? Ben moi non plus ! Quant à la tante Victorienne, je sais pas si elle a tout capté. À vous de voir.


 


 

3) Chronique d’une fin annoncée 

Page 35 : …Un peu plus de la moitié est écrit, le reste comporte des pages vierges. Cependant, toutes sont numérotées et le mot finapparaît en lettres grasses sur la dernière …

Là, c’est le sommum, un livre qui se déplace, c’est déjà pas si banal mais alors là, un livre qui résiste aux flammes c’est carrément suspect, non ?

4) Un homme sans histoire 

Page 55 :…Méticuleux à l’image d’un enquêteur, il classe les différents éléments dans son congélateur comme autant de pièces précieuses…

Achille Lépine, n’oubliez jamais ce nom. Un homme qui se dit ne pas vouloir d’histoire. Mensonge !

5) Le bureau au fond du couloir 

Page 60 : …La présence de ce salaire reste, pour les deux femmes d’ouvrage, la seule manifestation de la présence du vieil homme…

Mystère dans le local 402. Il se passe de drôles de choses dans les bâtiments ministériels. Tout le monde ne dort pas dans ces ministères, faut pas croire.

6) Le collectionneur 

Page 86 : …« Belle collection, n’est-ce pas ? »

Le professeur Dursidore, un drôle de type. Mais pointez-moi du doigt un seul type normal qui se baladerait dans ces bizarreries en stock. J’attends.


 

7) File d’attente :

Page 99 : …Peut-être est-ce dû au fait que nous partageons un identique et étrange destin…

Une file d’attente qui permet aux existants le droit de revendiquer le fait d’être existants. Vous me suivez ? Non ? Suivez alors la file et revenez m’expliquer tout ça, ça vous passera le temps.

8) Un pied dans la tombe

Page 116 : …Sans demander son reste, il quitte le cimetière à cloche-pied, ne se rendant même pas compte que le membre supplicié ne porte aucune trace de la torture infligée…

Là, le suspense est à son paroxysme. Lecteur, prenez du recul, l’heure est grave.

9) L’odeur 

Page 119 :…Mais cette puanteur revêt un caractère particulier …une senteur de putréfaction en plus, si je pousse un peu l’analyse…

Vous me direz, après une histoire de cimetière, une histoire d’odeur et de putréfaction, c’est bien normal. Eh bien non, ce n’est pas normal du tout. Là, je me suis sentie (si j’ose dire) comme aspirée dans une spirale de textes infernaux.

10) Je suis mort le …

Page 144 : …Les mots assassins ont pollué l’eau bleue et refoulé sur ma plage des centaines de poissons morts, transformant mon éden en un vaste mouroir…

Il a tout vu et tout entendu ! Pauvre homme !


 

11) Heures de pointe 

Page 153 : …Il la tient son idée qui devrait faire de lui l’animateur le plus suivi et le mieux payé de la profession…

Ce texte écrit en 2004 est aujourd’hui une réalité. Vous ne me croyez pas ? Eh bien tant pis pour vous.

12) Adelin Leroi a disparu

Page 166 : …Tapi dans la pénombre, le visage glacial, l’œil mauvais, méprisant, un affreux rictus tordant sa bouche…les signes avant-coureurs d’une nouvelle attaque se dessinent…

 

Ah il a disparu ce Leroi. Bien fait pour lui, saloperie de politicard. Je crois que c’est cette phrase qui m’a valu le coup de pied final qui m’envoya en plein milieu de ces bizarreries. On ne se moque pas impunément de la mort d’un ministre. Mais ce n’était pas une mort banale. Et si cette mort n’en était pas une, si c’était le recommencement de quelque chose ? Parce que ces éclaboussures, franchement …

 

Si quelqu’un a la solution pour me faire revenir du côté des vivants, merci d’avance. Ces nouvelles m’accablent encore et mes neurones sont toujours en surchauffe. Ce Magerotte est criminel, on ne prend pas le lecteur en otage de cette façon. Je pourrais dire que ce recueil nourri de textes fantastiques (mais pas trop, juste ce qu’il faut pour vous hérisser les poils de l’échine) captive le lecteur parce que les personnages sont ceci ou cela et patati et patata. Mais en voyant le graphique de mon électro, vous ne me croiriez pas. Je ne suis plus là. Mais là. Je veux dire ici.

Bien cordialement,

 

 

Feu Carine-Laure Desguin

Collaboratrice du Salon du Livre de Charleroi, membre de l’ADAN, de l’Areaw, de l’AEB, de Clair de Luth, des Artistes de Thudinie, chroniqueuse pour www.actu-tv.net, etc.

 

Publié dans Fiche de lecture

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Grand-mère est partie avec un militaire Conte à quatre mains écrit avec Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

Grand-mère est partie avec un militaire

Conte à quatre mains écrit avec Micheline Boland


 

Tous les jours, grand-mère sortait de chez elle et allait chez le marchand de journaux situé à une centaine de mètres. Tous les jours, elle achetait les deux mêmes gazettes. Tous les jours, elle lisait et relisait les articles concernant les attentats récents ou anciens qui avaient eu lieu de par le monde. La perspective d'un attentat l'effrayait tant !


 

Quand elle sortait de chez elle pour faire ses courses, en plus de son grand parapluie, elle emportait toujours un couteau, une bombe au poivre et un sifflet. Dès qu'elle avait mis un pied hors de chez elle, elle était aux aguets. Dès que quelqu'un d'inconnu se présentait devant elle, elle faisait un détour pour l'éviter.


 

Ce jour-là, elle doit se rendre au centre commercial pour déjeuner avec Benjamin, son petit-fils. À quatorze heures, Benjamin la quitte car il doit reprendre son travail au collège. Et voilà grand-mère toute pâle qui tremblote. Elle ne sait plus par où aller pour rejoindre l'arrêt du tram ! Elle s'affole : " À l'aide, à l'aide."


 

Un bel homme, jeune, grand, costaud lui propose son aide.

"Calmez-vous ! Je suis là… Il n'y a rien à craindre ! Où voulez-vous vous rendre ?"


 

Et c'est ainsi que grand-mère est partie avec un militaire jusqu'à l'arrêt du tram.


 


 

Louis Delville

Publié dans Nouvelle

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Opération Taranis (Didier Veziano)... Un extrait entre Beyrouth et Paris

Publié le par christine brunet /aloys

 

Ambassade de France à Beyrouth, dans la salle de réunion de la DGSE.

 

— Mon Capitaine !

Tout excité, Mozart  débarqua dans la pièce sans même prendre la peine de s’excuser. Les regards se tournèrent vers lui. Le Capitaine Vanier s’arrêta de parler et laissa l’agent annoncer la nouvelle qui semblait autant le réjouir que l’inquiéter.

— L’homme de l’aéroport, dit-il en brandissant deux photos, c’est l’homme sur la photo à Paris. Celle que le général Le Garrec nous a adressée.

— Tu en es certain ?

— Regardez vous-même.

Le Sergent-chef lui apporta les deux photos. Vanier les observa longuement. Il n’y avait aucun doute. Et probablement que le type au keffieh à carreaux était aussi l’interlocuteur mystérieux avec lequel Abou Hamzra discutait lors de l’interception téléphonique. Vanier appela immédiatement Le Garrec, faisant fi une nouvelle fois des procédures. Il l’informa que le lien était dorénavant établi entre l’incroyable rencontre à Dubaï et les islamistes supposés qui jusqu’ici n’étaient que des visages inoffensifs sur des photos sans valeur. Le Garrec avait besoin de précisions.

— Vous avez identifié le type ?

— Pas pour l’instant. Il n’est pas dans nos fichiers. En tout cas, on ne lui connaît pas de liens avec le Hezbollah. Mais s’il s’agit d’un responsable de cellule aussi bien introduit auprès des Iraniens, c’est qu’il faut peut-être chercher du côté des Palestiniens, et plus précisément du Hamas. On est en train de vérifier. Si le Vevak est dans le coup, on sait que ce service ne peut traiter qu’avec un professionnel digne de confiance. Ce gars-là doit avoir un palmarès.

— Alors, vous devez le découvrir, Vanier.

— Je vais essayer de voir avec mon contact au Mossad. Il connaît bien le dossier palestinien.

— Pas pour le moment. Il vaut mieux laisser le Mossad en dehors de ça. Nous devons en apprendre davantage. Et Abou Hamzra ?

— Il est resté sur place à Dubaï, mais d’après notre source il sera il sera de retour à Beyrouth ce soir ou demain matin. Quoi qu’il en soit, nos hommes le surveillent.

— Ces deux-là vont certainement reprendre contact. Soyez présent à ce moment-là, Vanier. Il faut verrouiller. Plus rien ne doit nous échapper à partir de maintenant. Ou alors…

 

************************

Trois jours plus tard, dans le bureau du Directeur de la DGSI.

— Allô ! Rolland ?

— Oui, Le Garrec, je t’écoute.

— Vous en êtes où avec notre homme ?

— Rien de spécial. Il ne bouge pas beaucoup. Il sort faire des courses en bas de chez lui où on l’a même vu acheter de l’alcool. Il va lire le journal dans l’une des brasseries de la place de la République ou dans des rades à proximité. Il ne va jamais bien loin. Impossible de s’approcher de son appartement. Encore moins d’y pénétrer. C’en est presque décevant. Je commence même à me demander si on est sur une bonne piste.

Le Directeur de la DGSE ne laissa pas son homologue de la sous-direction du contre-terrorisme sombrer dans le pessimisme.

— Ne t’inquiète pas. Il va bouger à un moment ou à un autre. Il a des tas de choses à faire. Tu veux savoir qui est ce gars ?

— Dis-moi, parce que pour nous c’est le brouillard. On a l’impression de surveiller un traîne-savates.

— Tu es assis ?

— C’est la pire des choses qui pourrait m’arriver en ce moment.

— Comme tu voudras. Il s’appelle Yousef Zayad. Recherché par le Mossad et la CIA pour des attentats commis en Israël. Notamment celui de l’hôtel Park de Nataniya : vingt-neuf morts et plus de cent quarante blessés parmi les familles venues célébrer le Séder. Mais ce n’est pas tout. Il a également participé à des carnages au Yémen et au Pakistan. Ce type est un psychopathe. Le sang qu’il a sur les mains pourrait soigner les accidentés de la route de toute une année en France, et il resterait encore des stocks pour la Croix-Rouge. Aujourd’hui, il semble avoir changé de terrain de chasse et ce n’est pas bon signe. Ton traîne-savates est certainement en train de nous préparer un « son et lumière ».

— Putain, il faut impérativement entrer chez lui pour...

— Attention, Rolland, c’est un pro. Si le Mossad n’a toujours pas mis la main sur lui, c’est qu’il y a une bonne raison. Demande à tes hommes d’être prudents. Il n’hésitera pas à tirer s’il se sent piégé.

— Merci de t’inquiéter.

Publié dans Textes

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Edmée de Xhavée nous propose une présentation et un extrait de "La preferida"

Publié le par christine brunet /aloys

Présentation de La preferida d’Edmée De Xhavée

 

J’ai l’autre jour présenté Toffee, qui est le premier roman composant ce livre qui en comprend deux, très différents l’un de l’autre. Toffee met en scène, finalement, « de bonnes personnes » comme on dit, pas des saints, mais au cœur dénué de fiel ou poison quelconque.

 

La preferida, au contraire, nous décrit une Preferida et les conséquences de ce qui s’appelle laisser entrer le loup dans la bergerie. La preferida est une « naturelle », peut-être même presque inconsciente de son incroyable rapacité et amoralité, d’autant qu’elle sait très bien endormir sa conscience. Et comme il faut des complicités, elle « a le tour », et manœuvre sans hésitations pour une bonne cause : la sienne.

 

Voici un extrait…

 

Et j’ai su, dès lors, qu’il serait à moi si je le voulais toujours quand j’en saurai plus.

Il ne le savait pas, mais d’emblée je l’analysais non pas en tant que garçon avec qui éventuellement passer quelques bons moments et peut-être même sortir, mais en garçon par qui me faire épouser.

— Non, je chasse toujours en meute. Mes amis sont arrivés avant moi et m’attendaient, identifiant déjà les proies… aimeriez-vous que je vous présente ?

Nous l’avons suivi vers la table où se tenaient les amis en question, tenant précautionneusement nos verres – Cabernet rouge pour moi, un Tonic pour Alice. Il nous a présentées comme « deux sœurettes bien mignonnes et esseulées qui apprécieront un peu de virile et bruyante compagnie ». L’un d’entre eux avait à son bras une jeune fille plutôt jolie mais sottement pâmée, qu’il négligeait avec ostentation. Nous avons échangé poignées de mains et présentations. Olympe et Alice. Félix et Mirèse. François, Laurent, Paul. Et Yves. C’est son nom. Yves de Moustière. J’ai entendu la particule, et avais déjà remarqué la chevalière d’or à son auriculaire. J’ai levé mon verre en dégageant discrètement du long pied délicat mon auriculaire, lui aussi orné du signe de la patte blanche pour la belle société, la chevalière avec le lapis-lazuli et les armes de papa.

Je me suis appuyée contre Alice pour lui indiquer, d’une pression du coude, que l’affaire me semblait intéressante, et elle a levé vers moi son joli visage heureux, me répondant d’un clin d’œil plein de connivence.

Il y avait du bruit, entre musique envahissante et voix haut perchées pour la couvrir, des effluves de parfums discordants et vaporisés en abondance, du passage, des frôlements de sacs et manteaux… Non, ce bain de foule trop mélangée n’est pas du tout ce que j’aime, je ne m’amusais pas vraiment.

Pour ne pas dire pas du tout…

Voici pourtant des mois maintenant que je navigue de soirée en soirée, accompagnée d’Alice à qui j’ai soigneusement rappelé les règles : étant l’aînée, j’ai la préséance. Autant éviter les disputes inutiles. Maman souligne avec raison : ça s’est toujours passé ainsi dans les bonnes familles, on marie d’abord l’aînée, puis la suivante – les fils c’est autre chose mais nous n’avons pas de frère de toute façon -, et elle se fie au bon sens des traditions, même si d’aucuns les disent d’un autre temps. Mais dans les bons milieux, insiste-t-elle, ça n’a pas changé. Les bonnes manières et les traditions n’ont pas à changer puisqu’elles ont toujours obtenu de bons résultats.

Papa quant à lui trouve ce concept dépassé, soulignant qu’alors ce serait la fin de tout pour les sœurs cadettes de ces grandes bringues modernes qui vont dans la vie sans soutien-gorge en chantant Peace ‘n Love à tue-tête et ne se marieront que très tard juste avant d’être trop défraîchies, et encore.

Il rit et précise que nous ne sommes plus une famille bien prestigieuse après tout, tout au plus la branche éloignée et en déclin d’un ancien lignage, tout à fait désargentée qui plus est. Pour couronner le tout, notre particule a été vendue il y a plus de 70 ans déjà à de riches industriels en mal de panache bon ton, ce qui à l’époque avait permis de doter convenablement deux jeunes filles à marier ainsi que de rembourser des dettes, mais suite à ça le de Bonsenfants est devenu un bien terne Debonsenfants. La chevalière, explique-t-il, représente la famille d’autrefois, mais est de nos jours presqu’une fraude. Une fraude… et ça fait rire maman qui explique qu’il ne sait vraiment pas tenir son rang.

Nous écrivons cependant encore notre patronyme avec sa particule sur la carte de visite, la sonnette et dans le bottin téléphonique. Après tout nous y avons droit. Mais papa persiste et rappelle, trop souvent pour le plaisir de maman, qu’il ne peut pas se permettre de vivre du produit de fermages, troupeaux ou bois, lui, et qu’il va simplement au bureau en bus chaque matin, attendant ses congés payés comme d’autres ont attendu d’être adoubés chevaliers…

 

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Premières lignes du nouveau thriller de Christine Brunet "Gwen, adieu..."

Publié le par christine brunet /aloys

 

À la frontière entre Sierra Leone, Liberia et Guinée…

 

 

La brousse à perte de vue. Un peu à l’est, le ruban étincelant de la rivière Moa prenait ses aises entre les bancs de sable, les traînées de verdure et une île, plus vaste, couverte d’une forêt dense déjà baignée de la lueur orangée du coucher de soleil. Au milieu, une clairière ponctuée de taches colorées et un vaste bâtiment dans la cour duquel l’hélicoptère se posa.

Des hommes en armes partout, sur les toits, dans les allées et les jardins…

Gwen Saint-Cyrq, en poste depuis plusieurs mois dans un dispensaire géré par Médecins du monde, quitta son siège et sauta sur l’étendue engazonnée, étonnée par l’environnement : la maison de style colonial relevait plus du fortin que de la villa, flanquée de tourelles surélevées avec des vigies suréquipées. La cour était fermée et ressemblait à un gigantesque péristyle avec une promenade ouverte sur la zone verdoyante, couverte au sol de carreaux de terre cuite rouge, impeccablement alignés. Des murs d’un blanc éblouissant, pour l’heure teintés de la douce lueur du soleil couchant et, sur le perron, deux locaux vêtus de blanc à la manière des serviteurs.

Son hôte, Angel O’Maley, était un ex-amant éconduit à cause de ses travers violents et ses infidélités : à l’époque, il versait dans le mannequinat (son corps parfait et sa belle gueule lui avaient permis de poser pour les plus grands photographes de mode). Au fil des ans, l’homme était devenu un loufiat sans la plus petite once de conscience qui s’enrichissait dans la région grâce aux diamants de sang[1] et à la vente d’armes.

 

Le grand blond franco-américain effleura doucement sa main en la dévisageant avec une convoitise mal contenue : il adorait son look toujours aussi décalé (cheveux noir corbeau, piercings et tatouages multiples sur un maquillage lourd, noir et permanent) qui ne parvenait pas à gâcher la beauté de son visage et surtout de son regard d’un bleu glacier quasi hypnotique. Difficile de rester insensible à son corps frêle et flexible entièrement couvert de tatouages polychromes et à cette aura de sensualité dont elle n’était, à l’évidence, pas consciente ce qui la rendait plus attirante encore.

Il lui décocha un sourire doux et l’entraîna vers une grande porte massive et cloutée, plus dans le style sud-américain ou hispanique qu’africain. Tous deux s’étaient retrouvés par « hasard » quelques jours avant alors qu’on amenait un blessé par balles au petit hôpital : l’un des hommes de main du trafiquant notoire pris dans un traquenard tendu par les militaires.

Elle avait accepté ce job de médecin humanitaire, très éloigné de celui de légiste qui lui était dévolu à Paris, pour mettre un terme aux agissements criminels de l’Américain en jouant sur la corde sensible d’un passé commun que lui semblait regretter. Rien n’avait été négligé pour précipiter cette rencontre fortuite, pas même la blessure infligée par un tireur d’élite guinéen à l’homme de main. O’Maley avait marché… Couru même !  Les quelques heures qui allaient suivre mettraient un point final à une longue enquête complexe et douloureuse : tout était millimétré, chronométré à la seconde près…

Pas de couloir. Un vaste salon frais et propre, une salle à manger plus grande encore puis un petit jardin agrémenté de fontaines. Sur leur passage, partout, des serviteurs aux aguets du moindre désir du maître de maison. Gwen restait silencieuse, secrètement outrée par le décalage évident entre la pauvreté de la population, l’indigence de ses moyens médicaux à l’antenne médicale et ce luxe ostentatoire. Mais cette fracture ne semblait pas déranger le truand…

Celui-ci fit un signe rapide et deux domestiques en pantalon noir et chemises blanches s’éclipsèrent à l’instant, pressés de satisfaire le bwana[2]. Ce relent de colonialisme indisposait Gwen pourtant habituée au train de vie débridée de sa sœur d’adoption, Diane Rockwood-Graves, "jet-setteuse" millionnaire bien connue.

- Alors ? Qu’est-ce que tu penses de mon petit pied-à-terre ?

- Impressionnant, murmura-t-elle en poursuivant ses observations. On est où ?

- De l’autre côté de la frontière, juste à quelques kilomètres. Ici, les autorités m’ont à la bonne…

- Et cet ici, c’est où ?

- On est au Liberia, ma chérie… Un lieu hautement stratégique à quelques encablures seulement de la Guinée. L’endroit idéal pour faire des affaires…

- Tu ne t’occupes pas seulement de diamants, je me trompe ? poursuivit-elle d’une voix pensive.

- Pas seulement, tu as raison. Champagne ?

Elle acquiesça et prit la coupe que le serviteur lui tendait avec un remerciement silencieux.

- Pourquoi tous ces soldats ? s’enquit-elle en esquissant quelques pas dans la pièce.

- Tu sais tout comme moi que la région est loin d’être sûre. Et puis, je dois être prudent : les rapaces sont légion dans ce business !

- Tu viens souvent dans le secteur ?

- Très… En fait, c’est ici que j’habite depuis quelques années. Largement plus pratique et surtout, plus rémunérateur. Au fait, j’ai fait un don substantiel pour la rénovation de ton hôpital : il en a bien besoin ! Et tu recevras dans quelques jours plusieurs caisses de matériels et des médicaments…

- Je te remercie.

- Pas de quoi, vraiment… Tu n’as pas une petite faim, dis-moi ?

Très souriante à présent, elle se laissa entraîner vers une autre pièce où était dressée une table magnifique pour deux.

- On s’assoit ?

Elle déposa son verre intact sur le plateau du « boy » et emboîta le pas au maître de maison.

 

Elle allait s’installer lorsque des coups de feu éclatèrent. Angel bondit vers le balcon, se pencha pour mesurer la situation puis s’élança en courant vers l’entrée en lui intimant l’ordre de ne pas bouger.

Hésitante, elle le regarda quitter les lieux puis s’approcha de la fenêtre pour avoir une meilleure idée du problème. De trois hélicoptères en vol statique au-dessus du « péristyle » jalonné de petites lampes solaires claquaient des tirs d’automatiques. Les balles traçantes et les lasers de visée illuminaient la nuit et faisaient des ravages. Déjà une dizaine de corps étendus dans l’herbe et des blessés retranchés derrière les colonnes tiraient encore pour sauver leur peau. Aucune marque distinctive sur la carlingue des appareils, mais elle doutait qu’il s’agisse là de ses amis venus en renfort. L’opération était censée se dérouler pacifiquement… Un chef de guerre mécontent alors ? Un concurrent de l’Américain ? La situation était explosive.

Angel entra en flèche avec deux de ses hommes armés jusqu’aux yeux et la saisit par l’avant-bras sans ménagement :

- On se casse ! Grouille ! lança-t-il d’une voix urgente alors qu’elle découvrait qu’il était blessé à l’épaule.

Le temps n’était pas aux explications : elle le suivit en courant alors qu’une déflagration faisait exploser toutes les vitres.

Des salles en enfilade, une porte dérobée et, derrière, une forêt dense, sombre, mais pour l’heure rassurante. Ils s’enfoncèrent sous les frondaisons obscures sans regarder en arrière. Le maigre chemin s’effaça lentement pour ne laisser que le mur végétal comme seule issue. Ils courraient en butant presque à tous les pas contre les obstacles invisibles, l’oreille aux aguets, le cœur battant en tentant de faire le moins de bruit possible. Pas difficile dans le brouhaha des balles traçantes et des explosions. Gwen s’attendait à tout moment à ressentir la morsure d’un projectile ou à être rattrapée par une horde assassine.

Mais le bruit de la fusillade s’estompait avec la distance. Le petit groupe s’arrêta enfin sur les berges d’un fleuve boueux, mais lent, luisant sous la lueur un peu rouge de la lune. Pas de lampe pour éviter de se faire repérer.

- On y est ! C’est la Moa… souffla O’Maley en consultant la boussole intégrée à sa montre dernier cri. Sur l’autre berge, la Guinée… On ne peut pas rester de ce côté de la frontière…

Il porta la main à sa blessure, la retira couverte de sang et jura tout bas.

           - … À une cinquantaine de kilomètres à l’ouest, la frontière avec la Sierra Leone…

            - Il faut te soigner, remarqua Gwen en contemplant l’épaule ensanglantée.

- Pas le temps. J’ai vu pire, tu sais ! On évite les trafiquants libériens, les troupes guinéennes et on est sortis de l’auberge !

- Pourquoi ne pas rester en Guinée ?

- Ma tête y est mise à prix… grinça l’Américain sans s’étendre. Allez, on y va !

 

Tous se mirent à l’eau, Gwen devant avec un malabar couturé qui lui soutenait le bras comme s’il avait peur qu’elle ne disparaisse dans l’opacité liquide. Derrière, à quelques mètres, Angel et l’autre. Le fond invisible, meuble, sablonneux, vaseux par endroit, rendait la traversée délicate. En bruit de fond, les grillons avaient repris leurs crissements tandis que l’écho des explosions s’était tu. Le chuintement de l’eau déplacée, quelques clapotements suspects, une odeur de végétaux pourris… La gorge oppressée, Gwen avançait, sur ses gardes.

Bientôt, l’eau leur arriva au torse puis au cou et ils durent nager. L’eau sentait la vase, la terre aussi. Un mouvement du côté des berges puis des silhouettes longues et grises glissèrent dans l’eau : les crocodiles s’en mêlaient. Elle tenta de les garder à l’œil, mais ils s’enfoncèrent sans bruit et disparurent.

Son cœur se mit à cogner de panique dans sa poitrine. Finir dévorée par l’un de ces reptiles géants n’était pas la fin qu’elle s’était imaginée. Elle s’élança alors dans un crawl effréné et sentit bientôt le fond sous ses pieds. Le souffle court, elle poussa sur ses jambes pour avancer plus rapidement et se mettre à l’abri.

Elle était presque sortie du fleuve lorsqu’un cri inhumain la glaça d’effroi. Un dernier pas pour quitter la rivière meurtrière, et elle se retourna d’un bloc : l’eau glauque était agitée de remous impressionnants. Un dos d’écailles effleura la surface, un second plus large. Un ventre blanc reptilien puissant roula sur lui-même, un coup de queue furieux claqua : l’eau éclaboussa, moussa tandis qu’une main s’échappait quelques secondes du piège mortel. Plus rien, soudain. Le calme plat.

Hébétée, elle fouilla des yeux la mélasse boueuse avant de s’apercevoir que les deux autres avaient disparu… Angel venait de se faire dévorer… Une évidence qui mit du temps à faire son chemin dans son cerveau embrumé.

On la tirait en arrière, hors de la berge. Elle résista machinalement comme s’il y avait encore quelque chose à faire. Mais une voix pressante l’obligea à reprendre ses esprits. Elle se secoua, contempla le balafré à ses côtés qui l’entraînait vers la jungle toute proche :

- C’est fini pour eux, s’énervait-il encore. Il faut dégager avant de se faire repérer ! Et on reste sous le couvert des arbres ! Les Guinéens utilisent des drones pour surveiller leurs frontières.

Un dernier regard sur la surface désormais lisse et elle lui emboîta le pas sans protester. Ils longèrent la rive en restant autant que possible sous les frondaisons. Les passages à découvert étaient parcourus à toute allure, l’oreille au vent. Son compagnon n’utilisa sa lampe de poche que de longs kilomètres plus loin lorsqu’il fut certain qu’ils n’avaient pas été repérés. Leur progression en fut largement facilitée. Ils marchaient vite, sans s’arrêter un instant, l’homme devant renfrogné, le nez sur sa boussole.

Elle le suivait sans se plaindre, l’esprit ailleurs. Elle avait retrouvé O’Maley pour le perdre définitivement. Elle n’était ni triste, ni même nostalgique de leur passé commun, mais frustrée de ne pas être parvenue à conclure cette histoire devant un tribunal. Les crocodiles avaient fait le boulot… avaient été juges, jurés et bourreaux. Les victimes de ce criminel endurci étaient vengées par le destin. Pas plus mal, en fin de compte.

Ils pressaient le pas, courraient par endroit, sans se retourner, sans s’arrêter pour manger ou pour boire, comme s’ils avaient le diable à leurs trousses.

Trois nuits, quatre jours épuisants… Une autre traversée de fleuve, le Mori, puis la Sierra Leone à nouveau, et un repos bien mérité accordé par le mercenaire. Enfin « sortis de l’auberge », selon l’expression favorite de feu Angel O’Maley…

 

[1] Diamants de sang ou diamants de conflits : ce sont des diamants issus du continent africain, et qui alimentent les nombreuses guerres livrées par des rebelles aux gouvernements. Extraits de mines localisées dans des zones où la guerre fait rage, ces diamants sont vendus en toute illégalité et en toute clandestinité, afin de fournir en armes et en munitions les groupes armés qui les exploitent.

Publié dans l'invité d'Aloys, Textes

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Aviscène nous présente son roman philosophique "L'ultime élément"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie :

Née au Maroc en 1984, Aviscène est fascinée depuis son jeune âge par le monde mystique. Issue d’une culture orientale et occidentale, elle poursuit ses études en France où elle y étudie la linguistique. Passionnée de recherches théologiques, elle observe, médite et analyse certains extraits des textes sacrés du bouddhisme, du judaïsme, du christianisme et de l’islam et porte une attention toute particulière aux mots employés et à leur impact sur les consciences. Par le biais de la philosophie, elle partage avec ses lecteurs quelques joyaux d’une réflexion oubliée.

 

Résumé :

Un tourment et voici que le personnage principal se lance dans un grand voyage à la quête du sens. De village en village, il fera des rencontres surprenantes. Inspiré de méditations sur les livres sacrés du bouddhisme, du judaïsme, du christianisme et de l'islam, ce roman de sagesse à caractère philosophique et spirituel interpelle le lecteur sur la notion de la foi en mettant l’éclairage sur une dimension linguistique oubliée.

 

Extrait :

"Il décela avec stupéfaction la présence d’un temple, d’une synagogue, d’une église et d’une mosquée. Des gens portant des kesas, des kippas, des crucifix et des voiles défilaient harmonieusement dans les rues.

L'itinérant interpella l'enfant:

- Ne sommes-nous pas dans le village des Croyants ?
- Non! Ici, personne n’est Croyant."

Publié dans présentations

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L'avis de Denis Billamboz pour "le voyageur intemporel" de Salvatore Gucciardo

Publié le par christine brunet /aloys

 

http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/55539

http://mesimpressionsdelecture.unblog.fr/2019/04/23/le-voyageur-intemporel-salvatore-gucciardo/


23 avril 2019 ~ 

Le voyageur intemporel – Salvatore Gucciardo

 

Roman fantastique

Avant de lire ce roman fantastique, je ne connaissais que le peintre Salvatore Gucciardo qui illumine son univers avec des toiles aux couleurs flamboyantes comme des soleils de canicule ou de volcans en éruption. Je ne savais pas qu’il était aussi poète et romancier et qu’il pouvait inonder ses textes d’autant de couleurs que ses toiles. C’est en lisant ce roman fantastique que j’ai fait la découverte de l’auteur et de sa formidable imagination, de sa capacité à créer un monde nouveau au-delà de notre univers connu où les hommes rencontrent des êtres qu’ils n’ont jamais vus. Des êtres qui ne connaissent pas les grands défauts affectant trop souvent la condition humaine mais ne connaissant pas plus ce qui constitue l’humanisme : la liberté, le pardon, la pitié…

« Tout ce que fait le Grand Ouros est bon et juste. Nous devons obéir aveuglément à notre Dieu Tout Puissant !

-          Que faites-vous de la liberté ?

-          La liberté ?

-          Oui ! la Liberté !

-          Nous ne connaissons pas ce mot dans notre royaume.

-          Et le pardon ?

-          Le pardon ? Nous ignorons à quelle latitude il se trouve.

-          Et la pitié ?

-          C’est un vent qui souffle… »

Comme je ne suis pas un habitué des textes fantastiques, je me suis rapproché de mes quelques connaissances en matière de mythologie, grecque notamment, et dans ce texte j’ai trouvé quelques passerelles que Salvatore Gucciardo aurait pu emprunter pour nourrir son imagination. J’ai pensé qu’Ouros, le Grand Ouros, incarnait Ouranos le dieu des forces du ciel chez les Hellènes, que les serpents représentaient les forces chthoniennes, les forces de la fécondité et de la fertilité, comme dans la mythologie avant qu’Hésiode la clarifie. Et que tous les rituels érotiques pouvaient rappeler les cultes grecs comme les Mystères d’Eleusis, des cultes aux dieux de la fécondité et de la fertilité. Je pourrais aussi évoquer d’autres allusions qui ne sont pas sans rappeler la mythologie et son sens profond. Je suis sorti de ce livre avec l’impression que Salvatore Gucciardo voulait évoquer tous les travers inhérents à la condition humaine et nous convaincre qu’il était inutile de chercher ailleurs une meilleure condition, partout ailleurs le bien et le mal s’affrontent toujours avec violence et qu’il suffirait peut-être de conjuguer les forces ouraniennes et les forces chthoniennes pour que notre monde soit moins mauvais.

« A présent, pénètre-la lentement et savoure la profondeur de la terre et celle du cosmos. Quand tu auras atteint l’orgasme suprême, tu sentiras toutes les vibrations de l’univers ».

 

Denis Billamboz

Critique littéraire

Publié dans avis de blogs

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