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"26 jours pour revivre", une nouvelle de Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

26 jours pour revivre


 

Toute ma vie a été placée sous le signe du nombre 13.

Je suis né un 13. Je me suis marié un 13. Je suis mort un 13.

Eh oui, je suis mort. Laissez-moi vous raconter.

 

Je me suis retrouvé très vite devant une grande porte marquée 13 ! Le vieux bonhomme, qui m'a ouvert et a remarqué mon regard fixé sur la petite plaque, m'a rassuré : "Tous les jours on change de numéro ! C'est plus facile pour mes statistiques !"

Je suis entré et c'était vraiment chouette… All inclusive, comme on dit maintenant : boissons, nourriture à volonté et quand on en a envie. Je me suis fait plein d'amis mais un jour j'en ai eu marre. Je suis allé voir le vieux bonhomme. Connaissant mon nombre fétiche, il m'a offert de passer 2X13 jours sur terre pour comparer. Cela a débuté le 17 février 2020.

En bas, j'ai vite déchanté. Toute la famille m'avait déjà oublié. Les jours passaient si lentement ! J'avais compté 17 février + 26 jours = 14 mars. Le vieux bonhomme avait rompu le sortilège et j'en étais heureux à l'avance ! Tout allait enfin réussir pour moi.

La seule chose qu'il avait oublié le vieux bonhomme c'est que cette année 2020 est bissextile.


 

Louis Delville

Publié dans Nouvelle

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Opération Taranis... Nouvel extrait proposé par Didier Veziano

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Beyrouth, dans la planque de la DGSE


 

Imperturbable, Safia se pencha pour poser le plateau de collation sur la table, à côté de l’attaché-case qui faisait miroiter les liasses de billets. Au fond de la pièce, l’homme continuait à prendre des photos de la scène. Au moment où elle se redressa, Jamal bondit sur elle. Dans un réflexe félin, Safia fit un pas en arrière pour se dégager et lui décocha un coup de pied circulaire au visage qui le renvoya instantanément sur le canapé. Le capitaine Vanier et son collègue n’avaient pas bougé.

— Calme-toi, Jamal. Je t’ai dit que de toute façon tu n’avais pas le choix.

Vanier s’empara de l’appareil photo et fit défiler les photos en souriant. Il le tourna vers Jamal.

— Regarde ! Pour peu que tu ne coopères pas, tout Beyrouth pourra voir que tu as fêté une grande occasion avec des services secrets étrangers et que tu as été bien récompensé. Il en pensera quoi, Abou Hamzra, d’après toi ? Alors que si tu prends cet argent, que tu nous donnes les informations dont on a besoin, d’ici une dizaine de jours, on disparaît de ta vie. Définitivement. Ah ! On a oublié de te dire un truc.

Jamal détourna la tête. Safia se tenait appuyée contre la porte du salon. Elle dégustait son champagne par petites gorgées. Vanier poursuivit.

— On sait où habite ta sœur. C’est bien ta sœur la fille que tu as vue l’autre soir au magasin de vêtements, près de la place de l’Étoile ? Tu te souviens ? Elle était accompagnée de ta maman…

— Fils de putes, laissez ma famille tranquille ! hurla Jamal.

— Ça va dépendre de toi.

— C’est ça vos méthodes, bande d’enculés ?

— Tu n’as même pas idée de quoi on est capables, répondit Vanier du tac au tac.

— Et après, vous vous étonnez que les musulmans vous détestent, mais…

— Garde ces conneries pour d’autres, Jamal, le coupa Vanier d’un geste de la main. Ne va pas me ressortir les croisades. Le problème, tu vois, c’est que vous détestez beaucoup de monde, à commencer par vous-mêmes !

Jamal marqua la surprise. Vanier continua dans un débit plus rapide, plus ferme.

— C’est à cause de nous quand le GIA égorge des Algériens par villages entiers ? C’est de notre faute quand les talibans décapitent des Afghans et lapident des femmes en public ? C’est encore de notre faute quand les chiites et les sunnites font exploser des bombes sur les marchés en Irak ou au Pakistan, tuant indifféremment des femmes et des enfants, ou bien quand le Hamas et le Fatah s’entretuent dans les territoires alors qu’ils devraient combattre main dans la main ? Tu veux que l’on continue la liste ? On peut remonter dans le temps si tu veux. Tu veux qu’on parle des massacres opérés par les wahhabites à Karbala ? C’était en 1801. Tu ne connais pas cet épisode ? C’est dommage. Ils ont trucidé les trois quarts de la population, décapité les nourrissons, éventré les femmes enceintes. Des musulmans qui tuent des musulmans à longueur d’année, au fil des siècles, ça ne t’interpelle pas ? Ça ne te choque pas ? On a une part de responsabilité ? OK. Mais la vôtre Jamal, la vôtre…, tu y as déjà réfléchi ? Ça ne faisait pas une semaine que Mahomet était mort que vous vous déchiriez déjà pour sa succession. Et aujourd’hui, alors que les autres religions se sont apaisées, la vôtre a tant de branches que même ton Dieu ne doit plus s’y retrouver. Alors, écoute-moi bien : il y a en ce moment des barbares qui veulent faire exploser Paris et ton chef est le responsable de ce projet. On doit retrouver l’homme qui est son relais en France et tu vas nous aider. Ou alors, oui, je peux te promettre que oui, on va utiliser des méthodes de salopards. Et je te le dis dans les yeux : je n’hésiterai pas un seul instant. Regarde-moi quand je te parle ! hurla Vanier.

Publié dans Textes

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Les petits papiers de Chloé...

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Nouveau numéro avec son lot d'illustrations, de textes, de chroniques ! Retrouvez les illustrations de Cédric, Fralien et François Beukels, les articles de Carine-Laure Desguin et Edmée de Xhavée, et... quelques surprises !

A commander sur le site des Editions Chloé des Lys

Nouvel appel à textes pour "Chloé a dit" :  "Chaque jour vers l'enfer nous descendons d'un pas" Ch. Baudelaire 'Les Fleurs du mal'

 

CONCOURS pour le prochain numéro de la revue 

Sujet : "Rencontre du troisième type"
 
Textes à envoyer avant le 30 juin 2019 !
en times roman 12 mini interligne 1 mini
 
Tout le monde peut participer mais attention, pour les votes, l'auteur ne peut voter pour son texte, bien sûr...

 

Et toujours disponible le hors série des 20 ans de CDL !!!

 

Publié dans ANNONCES

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Alain Van Kerckhoven nous présente son recueil de poésies "Des miettes dans le lit"

Publié le par christine brunet /aloys

Il s'agit d'un recueil de vingt-neuf poèmes courts

 

Tout d'abord, un court extrait

 

« Je ne sais plus où je l’ai mise...
– On va la retrouver !
– Je ne sais plus où je l’ai mise, qu’il répétait.

Et puis il s’assied, comme ça, au bord du trottoir, à mi hauteur de la rue de la Victoire.

Lui, c’était mon père. Et il renonçait à chercher sa voiture. Il faisait bon et, en face, une camionnette de location essayait péniblement de se garer.

- Un jour, je ne saurai même plus qui tu es, qu’il ajoute. »

 

 

Qui suis-je ? 

 

Alain Van Kerckhoven est un auteur belge dont la pensée rejoint la philosophie naturaliste contemporaine. Sa réflexion est principalement ontologique et oscille entre les domaines scientifiques, politiques et artistiques. Il a rédigé de nombreux articles et essais transversaux sur les rapports complexes qu'entretiennent la société, la technologie, la musique et la conscience. Il est aussi poète.

C'est en découvrant sa production littéraire que des compositeurs lui proposèrent des collaborations musicales dans lesquelles la plus grande importance est donnée à la musicalité du texte et à la portabilité de la charge émotionnelle par les interprètes. Ce recueil présente une sélection inédite de cette production poétique.

Les poèmes d'Alain Van Kerckhoven empruntent une langue dépouillée d'artifices, incisive, afin débusquer ce qui se tapit sous l'apparence du quotidien. Le geste le plus banal, la phrase la plus anodine deviennent l'indice d'une réalité magique, qui ne nous apparaît jamais qu'après coup. Et donc nimbée de nostalgie.

 

 

 

 

 

Publié dans présentations

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Edmée de Xhavée a lu "La septième porte" de Serge Guérit

Publié le par christine brunet /aloys

 

J’ai lu La septième porte de Serge Guérit – Edmée De Xhavée

 

Voilà, envie d’aventure et de mystère, je me suis décidée moi aussi à lire ce roman à la couverture intrigante. Se passait-il au moyen-âge, de nos temps, dans un avenir retourné en arrière dans un bond spectaculaire ?

 

Eh bien non, rien de tout ça : nous sommes à la fin des années 60, sous les pavés la plage, la pilule, les pantalons pattes d’éléphant, les vieilles carrosseries fleuries, le besoin d’aventure, le refus du métro-boulot-dodo et de l’embourgeoisement des parents.

 

Alors cet intrépide petit groupe d’amis finalement encore bien sages… il rêve et il brocante, il fait beaucoup des deux. On est copains, un peu amoureux mais prudents alors on est surtout copains et on rêve. On planifie un beau voyage, avec un itinéraire des étapes, de la place pour l’imprévu s’il se présente. Et puis, chemin faisant, on fouine avec passion au sujet de cette excitante trouvaille faite en brocante pour une bouchée de pain. Un coffret ancien, et un livre tout aussi ancien aux pages collées par le temps et l’humidité, autrefois magnifiquement relié et donc précieux et… écrit à la main, d’une encre aujourd’hui délavée ! Toutes les suppositions sont permises, les plus folles sont les bienvenues. D’autant que les propriétaires précédents n’en ont pas profité longtemps, morts d’une trépas qui ne faisait pas dans la dentelle.

Pourquoi nos amis, eux, ne sont-ils pas trépassés eux aussi ? Qu’est-ce qui les protège, les guide, les habite à leur insu, trouble leur sommeil ?

Les rencontres érudites les amèneront, à leur grande horreur, à la clé du mystère, la fameuse septième porte derrière laquelle… se cache un vrai cauchemar !

Mais je n’en dirai pas plus, c’est de bonne guerre !

Edmée de Xhavée

 

Publié dans Fiche de lecture

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"Bluff", le dernier thriller de Bob Boutique... Présentation

Publié le par christine brunet /aloys

 

Et de trois !

«Bluff» est le troisième volet de la trilogie du «Bouledogue et de la Petite» dans laquelle on retrouve, dans une aventure totalement différente, Johan et Lieve, les deux héros un peu déjantés mais fichtrement sympas de «2401» et «Chaos».

Comme d’hab, une enquête étrange qui démarre devant un barbecue familial pour se déchaîner dans l’océan arctique et au milieu des volcans d’Islande !

Un livre très actuel qui risque de déranger, de choquer même, car il remet nombre d’idées reçues en question. Une seule garantie : ça va déménager !

 

Extrait

Il était une fois un thriller qui commençait comme un film de Disney. Avec un zoom très lent sur un globe terrestre plein de jolies couleurs et des voix angéliques pour accompagner le mouvement de la caméra.

L’image de Google Earth grossit et découvre un pays morcelé qui ressemble à une crevette posée de tout son long sur une plage jaune, au bord de la Mer du Nord. Les Pays-Bas. Une région plate comme un polder avec un confetti d’îles qui grandissent sur l’écran tandis qu’apparaît petit à petit un maillage de canaux scintillants que zèbrent les sillages de petites embarcations affairées.

Maintenant, on distingue beaucoup mieux les villages aux maisonnettes attroupées près des temples comme des brebis autour de leur berger, les mouettes railleuses qui font du rase-mottes par-dessus les toits d’ardoises, ainsi que les chemins sinueux qui circulent entre les hameaux avec, ici et là, des voitures de la taille d’une fourmi. Ah, on oubliait ! L’odeur douçâtre et iodée des algues en décomposition. Et puis, soudain…

 

Publié dans présentations

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Christine Brunet a lu "Le transfert" de Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

 

Je termine la pièce de théâtre signée Carine-Laure Desguin et je reste sans voix. 

Je ne vais pas commencer par vous parler du texte. Pourquoi ? Tout simplment parce que le livre commence par une préface... 

En fait, je ne lis jamais les préfaces mais, pour une fois, je m'y suis plongée... magnifique et très juste, une analyse signée Eric Allard. En fait, j'aurais dû la lire APRES parce qu'avant même d'avoir lu le premier mot de la première scène, je savais tout ce qu'il y avait à savoir... tout ce à quoi m'attendre et quoi en penser... Dommage. 

Pas le choix... J'ai reposé le livre et l'ai rangé bien en vue pour qu'il titille à nouveau mon envie de découverte avec le besoin d'oublier cette satanée préface. 

Pas simple mais le titre n'a pas cessé de me faire de l'oeil et j'ai succombé... Premiers mots, premières réparties... Je plonge dans un cauchemar mais je vais me réveiller, c'est sûr... Enfin peut-être : et si je n'étais pas ? 

Je ferme les yeux et les rouvre en m'attendant à découvrir un environnement aseptisé et, penchés sur un moi en pyjama rayé, une tête de clown blanc (je déteste les clowns !), le regard vide d'une infirmière lobotomisée par la propagande et la physionomie d'un médecin qui refuse de l'être, lui (lobotomisé). 

Réflexion sur la société, sur la psychologie humaine et ses travers, Le transfert est une pièce qui joue avec le lecteur, avec ses réactions, sa propre sensibilité et son sens critique. (Pas question de vous en dire plus, en fait, je ne vais pas réécrire l'analyse d'Eric Allard).

La plume de l'auteur est précise, naturelle, acide, ironique, affolante. Les dialogues suscitent le sourire ou tapent sur les nerfs... Les situations pourraient prêter à rire si elles n'étaient pathétiques. C'est là tout le brio de Carine-Laure, tout le talent.

Je lui souhaite de parvenir à faire jouer sa pièce sur scène afin de donner à ses mots toute la portée qu'ils méritent.

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

 

 

Publié dans Fiche de lecture

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Christine Brunet a lu le recueil de nouvelles de Jérôme Devillard "Des lendemains verts"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

J'étais loin d'imaginer ce qui m'attendait en ouvrant ce recueil de nouvelles... huit au total de différentes longueurs mais toutes d'une intensité dérangeante.

Avertissement avant de plonger dans "Des lendemains verts", assurez-vous de ne pas être dépressifs et d'avoir, encore, un minimum foi en l'HUMAIN.

Ces textes sont destablisants, vous l'avez compris. 

Tout commence et tout finit entre rêve et cauchemar, entre frisson et espoir...  dans un futur qui frappe à notre porte. Mais entre chaque ligne, chaque mot, le désespoir et l'impuissance, un cri qui sort des tripes, qui prend à la gorge comme ces odeurs d'égoûts, ces tas d'immondices issus de nos mégalopoles et de notre société de consommation. 

Les mots oscillent entre poésie et mots "trash", une poésie attachée à la beauté de la nature, au rêve, à des futurs qui pourraient être enchanteurs, une douceur et une beauté vite effacée par une réalité bassement financière. 

Le lecteur s'envole au fil de merveilleuses images, de promesses de rédemption, mais retrouve violemment la terre ferme et une vie quotidienne que les héros... ou plutôt le héros traverse tel un fantôme de notre conscience malmenée. 

L'auteur joue avec le lecteur et un avenir finalement plus proche qu'on ne le croit.  Agir ? mais n'est-ce pas trop tard ? Rêvons... et faisons que nos rêves deviennent réalité !

Merci à l'auteur pour ces huit contes remplis d'urgence, de beauté et de laideur, d'humanité comme d'inhumanité ! J'ai adoré !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

Publié dans Fiche de lecture

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Une critique de "La Confession de Cleve Wood" de JC Texier dans le dernier numéro du magazine L'Agrégation.

Publié le par christine brunet /aloys

Une critique de "La Confession de Cleve Wood" de JC Texier dans le dernier numéro du magazine L'Agrégation.
Une critique de "La Confession de Cleve Wood" de JC Texier dans le dernier numéro du magazine L'Agrégation.

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Christine Brunet a lu "La septième porte" de Serge Guérit

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Fan de romans fantastiques, je ne pouvais manquer "La septième porte" de Serge Guérit. Couverture noire, chevalier sans visage : belle promesse de frissons. J'ai ouvert ce court roman (173 pages) avec, dans l'esprit, "La neuvième porte"... Vous vous souvenez probablement du film de Roman Polanski avec, en tête d'affiche, le très ambigu Dean Corso incarné par Johny Depp ? 

Erreur... Serge Guérit nous entraîne dans une sorte de chasse au trésor, une aventure vécue par quatre copains interpellés par deux trouvailles étranges : un grimoire et un coffret précieux. Recherches historiques, confrontation d'indices, coïncidences étranges, morts violentes les mettent sur la trace de... Faudra lire ! Ne comptez pas sur moi pour vous déflorer l'intrigue !

A mon sens, ce roman se situe à la croisée de deux univers.

Tout d'abord, celui des adultes pour trois raisons : quelques passages un peu "rudes" (mais les ados sont habitués à pire désormais), les héros ont plus de 20 ans et le contexte technologique dans lequel se déroule l'histoire, les années 1960/1970, est une période qui nous relègue (pour nos ados) à celle des hommes des cavernes, dixit mon fils... 

J'ai parlé de deux univers... Le second est celui des jeunes adolescents adeptes précoces des "Club des cinq" revenus depuis quelques décennies à la mode. Selon moi, "La septième porte" leur est destiné. Tous les ingrédients sont là : amitié, mystère, frisson, enquête, recherches presque journalistiques, indices historiques.

(Seul bémol une fois de plus, cette ambiance très 20e siècle qui pourraient désarçonner des gamins prompts à classer les adultes (au sens large) dans la catégorie des "dinosaures" mais qui fait, à mon sens, l'originalité du récit et lui donne un ton décalé plaisant.)

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com 

 

Publié dans Fiche de lecture

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