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Un nouvel ouvrage signé Christian Eychloma vinet d'être accepté par les Editions Chloé des Lys "Le dilemme de Trajan"

Publié le par christine brunet /aloys

Jacques Liévin balaya de la main l’espace bétonné entourant le hangar climatisé protégeant le labo.

« J’espère que vous êtes archi sûr de votre coup ! Ici, ce n’est pas Rome et le Colisée…

 - Oui, oui, pas de problème ! » répondit tranquillement l’historien. « Je vous l’ai dit… Les documents fournis par le ministère turc de la Culture sont suffisamment détaillés pour que nous puissions avoir confiance. »

Il tendit l’index vers sa droite, puis vers sa gauche.

« Ici, tout près, le Sénat. Là, le théâtre et le temple de Cybèle. Un peu plus loin, par là-bas, l’agora… »

Il se retourna en écartant ostensiblement les bras.

« Et de ce côté, le palais du gouverneur en face duquel nous sommes installés !

 - Le palais du gouverneur… » répéta le professeur, un peu incrédule. « Bon… N’oubliez pas de prendre vos repères en arrivant. Juste en arrivant ! Et je répète que je suis forcé de limiter l’ouverture de la fenêtre temporelle à deux minutes par jour. Deux minutes ! Les autorités turques vont m’avoir à l’œil…

 - Je connais la règle du jeu. Mon chrono se trouve déjà cousu dans la poche interne de ma tunique !

 - Votre chrono ? Prenez-en deux… Prenez-en un deuxième et planquez-le ailleurs ! sait-on jamais… »

Jacques Liévin posa son pouce sur le scanner biométrique et attendit de percevoir le déclic caractéristique du système de verrouillage avant de pousser la porte. Puis il entra, Donato à sa suite, et claqua des mains pour commander l’éclairage.

Ils se retrouvèrent sous la lumière vive des néons, dans le bourdonnement continu du groupe électrogène et des armoires électriques assurant l’alimentation des énormes condensateurs dont les armatures, disposées en cercle au milieu du local, se faisaient face deux à deux.

« J’ai vraiment l’impression de vous envoyer une nouvelle fois en enfer ! » remarqua Jacques Liévin en se dirigeant vers le pupitre de contrôle.

« Allons, allons… 

 - Il faut dire que les péripéties de vos précédentes incursions au premier siècle ne sont pas faites pour me rassurer. Soyez prudent, Donato !

 - Croyez bien que mon objectif n’est certes pas d’aller là-bas chercher des ennuis, même s’il est vrai qu’il est parfois difficile de les éviter ! À quelle heure arrivent les représentants du gouvernement ?

 - Ils devraient être ici dans une heure environ. Ils tenaient beaucoup à assister à votre départ et je n’ai pu m’y opposer…

 - Je n’y vois pas d’inconvénient s’ils ne me retardent pas trop. Tout est prêt de votre côté ? » demanda pour la forme l’historien en jetant un coup d’œil sur l’écran du moniteur principal devant lequel le physicien venait de prendre place.

« Bien sûr… Pas de souci de ce côté-là ! Vous arriverez bien à Nicomédie le 1er août de l’an 112 après Jésus Christ, comme vous le souhaitez. J’ajouterai… ici même !

 - Parfait. Je vais me changer avant que ne se pointent nos officiels ! » répondit Donato en désignant la tunique et les sandales posées sur un des fauteuils.

Jacques Liévin leva soudain la tête en fronçant les sourcils.

« Mais au fait… Ne m’avez-vous pas également parlé d’un grand incendie, à Nicomédie ? Il ne faudrait pas que se renouvelle votre fâcheuse expérience de Rome où vous vous êtes pratiquement retrouvé au milieu des ruines encore fumantes !

 - Non, non… Il y a bien eu un terrible incendie à Nicomédie, mais la catastrophe aurait eu lieu en 111, autrement dit environ un an avant mon arrivée prévue.

 - Et n’est-ce pas justement en 111 que Pline a débarqué là-bas pour y prendre son poste ?

 - Tout à fait. Constatant le désastre, il aurait même immédiatement demandé l’autorisation de mettre en place une équipe dédiée à la lutte contre ce fléau, ce que Trajan lui aurait refusé, arguant du danger potentiel représenté par toute organisation !

 - Quoi ? Trajan serait allé jusqu’à redouter l’existence d’une caserne de pompiers dans la capitale de la Bithynie ?

 - Ce qui nous ramène à notre précédente conversation ! En être là pour un empereur me fait subodorer des problèmes graves dans cette région… »

Jacques Liévin, incrédule, demeura un instant sans rien dire. Puis il désigna la tunique que Donato était en train d’enfiler.

« L’argent ? Vous en emmenez suffisamment ?

 - Une bourse pleine de sesterces, ne vous faites pas de bile ! Des monnaies très fidèlement reproduites sur le modèle de pièces authentiques prêtées par le musée de Naples.

 - Bien… Je me permets de vous rappeler les consignes : ne pas nous laisser plus de trois jours sans nouvelle ! Un petit mot griffonné ou gravé sur n’importe quel support fera l’affaire…

 - Promis, promis…

 - Et encore une fois : l’interférence spatiotemporelle ne durera que deux petites minutes, à quatre heures pile de l’après-midi, heure locale ! Vérifiez le réglage de votre chrono ! »

Donato s’exécuta tout en observant, fasciné, le défilement ininterrompu de la vertigineuse arborescence des univers qui se créaient en permanence pour fabriquer un multivers où toutes les options possibles devenaient quelque part réalité. Quelque part et pour quelqu’un…

« J’ai beau savoir  - et pour cause !  - que tout ça n’est que trop vrai, ça ressemble encore fichtrement à un rêve… » confessa-t-il pensivement. « À commencer par ce que vous m’avez décrit de votre ordinateur quantique !

 - Sans lequel rien n’aurait jamais été possible… Moi aussi, j’ai cru rêver, quand je lui ai fait pour la première fois factoriser un nombre astronomique « en deux temps trois mouvements » ! 

 - L’algorithme de Shor, 1 c’est ça ?

 - C’est bien ça… D’innombrables copies des mêmes instructions s’exécutant strictement en parallèle et qui m’ont permis de démontrer la réalité de ces mondes multiples auxquels Hugh Everett croyait dur comme fer ! »

Donato éprouva une espèce de vertige en tentant de se représenter ce soudain enrichissement du réel, ce jaillissement cosmique créé à partir de rien, comme par magie, juste en appuyant sur un bouton. Un nombre inimaginable d’univers pratiquement identiques à l’instant zéro, avec le même personnage penché sur son écran, brassant les mêmes pensées, dans le même labo, sur la même planète, dans la même galaxie. Identiques à une exception près : certaines données du calcul complexe s’effectuant sur ce fameux ordinateur…

S’appliquant à dompter l’appréhension qui le gagnait, il acheva d’attacher sa tunique, laça ses sandales, s’assura de la présence de sa bourse et de son chrono. Puis il s’approcha de l’espace d’interférence près duquel il se mit à faire les cent pas en attendant un peu nerveusement qu’arrivent les envoyés du gouvernement turc.

 

 

 

1Peter Shor démontra en 1994 qu’un calculateur quantique pouvait exécuter un algorithme capable de factoriser, en un temps record, un entier en un produit de deux nombres premiers, ce domaine de recherche ayant été ouvert dans les années 1980 par des pionniers comme Richard Feynman et David Deutsch.

Publié dans Présentations

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Enfin la première émission test d'un actu-tv nouvelle version !!

Publié le par christine brunet /aloys

https://www.youtube.com/watch?v=MydB0h_jvQk

Pour tout contact avec l'équipe, un seul mail 

contact.actutv2@gmail.com

 

Comment participer à l'émission ?

 

1. Vous devez être un auteur CDL 

2. Etre abonné au forum, et aux blog des Editions Chloé des Lys et aloys.me

3. Votre titre doit être référencé

4. Avoir démontré votre implication dans la promotion de votre ouvrage.

5. Vous pouvez nous proposer des trailers, des lectures de passages, des chroniques d'autres ouvrages CDL lues et enregistrées sous vidéo MP.4, des présentations vidéo de votre/vos titres ou l'un de vos ouvrages à chroniquer.

 

Si vous avez d'autres cordes artistiques à votre arc, n'hésitez pas !!

ET

ABONNEZ-VOUS A NOTRE CHAÎNE ! C'EST GRATUIT...

Plus nous aurons d'abonnés, plus vous serez  VUS !

 

 

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"Bis" de Jérôme Jacob dans Le bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

"Bis" de Jérôme Jacob dans Le bibliothécaire
"Bis" de Jérôme Jacob dans Le bibliothécaire

Publié dans articles

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"D’écrire ces deux vies…", une poésie signée Carine-Laure Desguin, extraite de son recueil "Spirales urbaines"

Publié le par christine brunet /aloys

 

D’écrire ces deux vies…

 

 

 

Dépêchons-nous d'écrire ces deux vies

Ces instants de soleil ou de vent ou de pluie

Dépêchons-nous d'écrire tous ces mots

Avant qu'ils ne s'oublient

Et finissent en sanglots

 

Collons - les sur les murs

Sur les portes n'importe où

Je le sais les blessures

Sonnent en coup de grisou

 

Collons vite ces moments de nous deux

Ces souffles courts ces instants indécis

Quand vous disiez je veux

De vous dix minutes de sursis

 

Oui je voudrais monsieur les peindre sur les murs

Tous vos regards de feux je ne le savais pas

Que c'était vous le soldat sous l'armure

Celui qui maîtrisait mon corps sans le moindre faux pas ...

 

Carine-Laure Desguin

Publié dans Poésie

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Un nouvel extrait de l'ouvrage à paraître de NIcole Graziosi "La fille aux yeux bandés"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

 

         Devenue mère, je commençai à ressentir ce qu’il pouvait y avoir d’étrange dans la relation avec les parents. La comparaison entre ce que je vivais avec mes enfants et ce que j’avais connu s’imposait à moi.

 

        La naissance de chacun me procura un bonheur suprême.

 

        L’attente de ma fille fut certes quelque peu perturbée par les malédictions de la mère. J’avais préféré me procurer le trousseau du bébé à Paris. Cela se passa un week-end. Elle avait insisté pour m’accompagner chez Prémaman où je fis tous les achats indispensables, scrupuleusement, selon la liste qui m’avait été remise par la clinique. Allait-elle offrir quelque babiole à petit enfant ? Que nenni ! Nous sortîmes toutes deux les bras chargés de paquets de volumes et formes différents. Nous attendions l’autobus près du Bon Marché. J’étais éperdue de joie.

 

        « Bien sûr tu es contente, mais dis-toi bien que ton pain noir il faudra quand même bien que tu le manges un jour ! »

       

        L’évocation du pain noir est arrivée fort à propos pour renforcer mes bien naturelles inquiétudes. Qui ne craint pas un accident à la naissance, qui ne craint pas que son enfant ne soit pas normalement constitué ?

 

        C’est depuis lors que chaque jour de ma vie, chaque minute, oserais-je dire chaque seconde est sous-tendue par la crainte de ce pain noir.

 

        Lorsque ma fille est née, après m’être assurée que tout allait bien, j’ai éclaté en sanglots. « Eh bien, vous avez un si beau bébé et vous n’êtes pas contente... » me dit le médecin qui ne semblait pas comprendre que l’on puisse, à ce stade de l’aventure, pleurer de bonheur.

 

        « Mais oui, elle a tout ! »

        « Pourquoi ne pleure-t-elle plus ? » m’étais-je soudain écriée craignant LA catastrophe.

        - Mais elle ne va pas pleurer tout le temps !

 

        J’étais émerveillée d’avoir pu réussir un si bel enfant. Quelle sensation de jouissance, quel accomplissement.

       

        Pour l’événement, les parents étaient venus. La mère avait décidé de rester pour s’occuper de mon mari tandis que j’étais à la clinique. Une fois par jour, elle venait me voir et regarder l’enfant.  « Mais c’est tout le portrait de ta grand-mère  ! » Bien entendu, il s’agissait de celle qui, selon elle, était si laide et à qui je ressemblais moi-même autant.

 

        Elle se plaignit du comportement de mon mari. « Je ne le vois jamais. Et quand par hasard il est là, il a toujours le nez plongé dans ses dossiers. Il ne se rend même pas compte que je suis là ! C’était bien la peine que je me dérange pour m’occuper de lui ! »

 

        Elle repartit la veille de ma sortie de clinique. J’appris tout naturellement les gestes d’une maman.

 

        Pour ce qui me concernait, de ce pain noir, je parvenais tant bien que mal à m’accommoder. Mais pour ce qui était de mes enfants, il en allait bien autrement.

 

        Combien de fois n’ai-je pas été désespérée par ses malversations, par ses cruautés si savamment concoctées pour leur faire mal. Combien de fois n’ai-je pas imploré le ciel de me venir en aide ...

Publié dans Présentations

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"La vallée de Viroinval" de Katty Henderson dans Le bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

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"La septième porte" de Serge Guérit dans Le Bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

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"Des lendemains verts" de Jérôme Devillard dans le Bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

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"Instant" d'Evelyne Dasno dans Le bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

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Un article sur Séverine Baaziz dans "Le Républicain Lorrain"

Publié le par christine brunet /aloys

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