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Joseph Bodson chronique "Le transfert" de Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

Joseph Bodson chronique "Le transfert" de Carine-Laure Desguin

 

Le Transfert, pièce sortie voici peu de temps mais qui suscite pas mal de commentaires de lecture. Merci à Joseph Bodson, Président de l’AREAW (https://www.areaw.be/joseph-bodson/ )


 

Carine-Laure Desguin, Le Transfert. théâtre, Chloé des Lys, 2019.

C’est un sujet difficile que celui auquel Carine-Laure Desguin se mesure ici, il fait un peu songer à Kafka (La Métamorphose), à George Orwell, à Swift…Bien sûr, je puis vous dire que tout ici est métaphore, mais ce ne sera guère qu’un placebo, car je n’en suis pas si sûr que cela. Il y a tant de situations dans ce monde où nous vivons qui pourraient s’y rattacher, tant de faits, de réflexions, de chiffres qui nous y entraînent…Transfert, c’est-à-dire déplacement , et cela évoque le football, avec ses achats de joueurs (un joueur est-il encore un homme, ou déjà un demi-dieu, même s’il a, comme Achille, le tendon vulnérable), transport, que ce soit par ambulance ou par l’absorption de médicaments…

C’est un peu un synonyme de délocalisation, – et ici, cela s’applique aux hommes comme aux entreprises, et aux légumes. Vous arrivez le matin à votre bureau, votre place n’est plus votre place, il n’y a plus rien, qu’une place qu’on vous désigne au hasard, et des murs nus.

Ici, en fait, il s’agit de passer du monde des existants à celui de la non-existence. Les médicaments agissent avec une certaine lenteur, enlevant peu à peu à l’individu ce qui faisait de lui un homme: Mon tout est un homme. L’infirmière veille strictement à ce que la procédure soit respectée, et certains mots – ceux qui évoquent les sentiments humains – sont strictement interdits. Un médecin aussi est présent, mais il est lui aussi en débit de transfert.

Disons tout de suite que Carine-Laure Desguin avec cette pièce,e a gagné la partie: les dialogues sont vifs, incisifs, rien ne traîne, rien d’inutile. Le sens – celui du néant, de l’anonymat – apparaît très clairement, sans fioritures, et chacun de nous doit se sentir concerné. Des formules heureuses (même si elles parlent du plus grand malheur qui soit) parsèment le texte: Le blanc, c’est la couleur du vide (p.35) Elle a le don de la formule brillante et concise qui recherche le débat, ou plutôt qui le bloque. C’est sans solution. Numériser les dossiers absents des inexistants. (p.45): la bureaucratie de l’absurde. L’urinal banni des chambres devient une sorte de symbole fort: un inexistant ne peut pas pisser. Et le patient en est à se demander quelle faute il a commise…

Il ne reste plus qu’à croiser les doigts et à souhaiter à cette pièce tout le succès qu’elle mérite. Non pas une pièce qui vous pousse à désespérer, mais bien à prendre conscience de ce néant, de cette non-existence vers laquelle on vous pousse. Il ne reste plus que le rire qui puisse nous sauver, même si c’est un rire un peu grinçant.

 

Joseph Bodson


 

https://www.areaw.be/carine-laure-desguin-le-transfert-theatre-chloe-des-lys-2019/


 

Lien vers Le Transfert :

http://carineldesguin.canalblog.com/pages/le-transfert--theatre--editions-chloe-des-lys--2018/37214580.html

 

Publié dans Fiche de lecture

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Edmée de Xhavée a lu "Un, deux, trois Soleil" de Josy Malet-Praud

Publié le par christine brunet /aloys

J’ai lu Un Deux Trois Soleil de Josy Malet-Praud – Edmée

 

Un… je l’ai lu d’une traite au soleil de l’été, dès sa réception. Chaque histoire me laissait le cœur en tumulte. De joie, de compassion, d’espoir, de plaisir. Soulagement aussi. Ou amusement enchanté. Et je continuais de tourner et tourner les pages pour un encore, encore ! essoufflé et avide.

Deux … je l’ai relu. Cette fois je ne courais plus à la suite de la houle finale qui bouleverse, mais je me suis laissée porter par les mots, les fabuleuses descriptions, l’art de voir l’ordinaire avec un regard qui le colore d’extraordinaire, un talent pour décomposer l’instant intense. Ou encore cette délicieuse fantaisie qui relie le réel au rêve, le divin à l’âme de ceux qui ont un cœur d’enfant.

« L’orage grondait tout autour de l’A320 qui fusait droit devant, dominant avec sérénité le magma de nuages noirs où des dieux s’entredéchiraient à coups d’épées phosphorescentes. » « Les yeux de Maria Rosa ont débordé de larmes, des bouillons d’amour mort dévalant la pente soyeuse de ses joues encore enfantines. » « C’était la collusion de l’eau de Javel et de la citronnelle sur le second palier, l’union sacrée de la pâte fraîche, du basilic, du parmesan, au cœur du bric-à-brac de l’étroite cuisine. »

Souvent l’auteur nous décrit un simple fait : une naissance sortant du mystère et entrant dans la vie en payant son dû, l’invincible optimisme d’une fillette qui sait que les demains sont toujours emplis de merveilleuses surprises, les mauvaises nouvelles qui mettent la vie entre deux cruelles parenthèses de fil barbelé, une bousculade d’émotions contradictoires qu’un époux dérouté cherche à traduire, Méduse que l’on voit attablée à une terrasse et dont on se souvient trop du regard pour s’y plonger encore, une délicate mosaïque de souvenirs … Ces simples faits sont vus au ralenti et sont étirés au point d’avoir la force d’une vie entière. Ils ont des odeurs : le sang, le bitume, le basilic, le savon bon marché, le café frais…

Trois … j’ai tenu à vous le présenter, cet éventail d’émotions, cet envoûtement des mots si bien assemblés par l’auteur qu’il ne peut être que naturel. Et la magie ne se tarira pas dans les œuvres à venir, suggère cette aisance à peindre des tableaux avec des mots.

SOLEIL ! 198 pages de grandes histoires courtes et ensoleillées publiées chez Chloé des lys. Il est toujours là, l’astre d’or, parfois brûlant dans sa gloire, parfois filtré par des nimbes de larmes, voire caché par la sombre colère de Zeus. Mais il est là.

 

 

Edmée de Xhavée

Publié dans Fiche de lecture

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Carine-Laure Desguin nous présente "Putain de Pays Noir", son nouvel opuscule publié aux Editions Lamiroy

Publié le par christine brunet /aloys

Carine-Laure Desguin nous présente "Putain de Pays Noir", son nouvel opuscule publié aux Editions Lamiroy
Carine-Laure Desguin nous présente "Putain de Pays Noir", son nouvel opuscule publié aux Editions Lamiroy

Carine-Laure, c’est quoi ce truc, Putain de Pays Noir ?

Ben c’est un opuscule qui sortira le vendredi 21 juin 2019 aux éditions Lamiroy !

Un opuscule ? Ça se mange, ça ? Ou alors c’est une maladie ?

Pour ne pas connaître les opuscules édités chez Lamiroy, faut vraiment …

Alors explique-nous tout ça…

Chaque semaine un opuscule est édité, c’est en fait une longue nouvelle. Et donc le 21 juin cette histoire noirissime, Putain de Pays Noir, n’aura plus de secret pour nombre de lecteurs. Les abonnés recevront cet opuscule (j’aime bien ce mot, opuscule) dans leur boîte aux lettres et puis pour les lecteurs intéressés, Putain de pays Noir sera visible dans pas mal de librairies à Bruxelles, ainsi qu’à Charleroi. Voici le lien vers le site des éditions Lamiroy :https://lamiroy.net/collections/opuscules

Très bien, Carine-laure ! Mais encore ? Cette histoire ?

En exclusivité pour Aloys, voici la quatrième…

Dealer et combinard pour arrondir ses fins de mois, Jérémy, un soir de défonce, tabasse son père, un bourge de pharmacien. Au cours de sa cavale, il rencontre Angel, une droguée notoire qu’il connaît depuis longtemps.

Sexe, violence et autres défonces sont au rendez-vous de ce suspense haletant d’une noirceur totale.

En plus d’une incursion dans le milieu sulfureux et junky de ce Pays Noir, l’intrigue se déroule dans un Charleroi en totale reconstruction.

Tu as deux fois le mot défonce, tu le sais, Carine-Laure ?

Oui, c’est pour que ce soit bien compris…

Le milieu sulfureux de Charleroi…tu le connais, ce milieu-là ?

Ah, je ne peux tout dire quand même. Et puis ça, c’est personnel quand même. Mais oui, j’ai baladé dans les quartiers miteux et de plus très tard le soir, lorsque j’écrivais Putain de Pays Noir. Un de mes amis m’avait mise en garde mais je suis téméraire, et puis, j’avais besoin de voir, de sentir, et de me frotter à tout ça.

Tu n’as pas poussé la plaisanterie jusqu’à la snif quand même ?

Ok, passons à autre chose. En résumé, Putain de Pays Noir, c’est pour très bientôt !

Un extrait ?

Ok mais un très court extrait, le voici :

..

— Tu m’emmerdes, je lui gueule, en écrasant dans le cendrier rouge brique mon deuxième joint. On va chez mes potes, dans la mansarde, au-dessus de nous, là-haut. Et chez Alan, on n’ira sans doute pas, tu pues la pisse, tu es moche à crever et je commence à avoir la honte de traîner une poufiasse comme toi à travers toute la ville. Et tu sais quoi ? Ton marsupilami, je l’ai foutu dans les chiottes, chez la Pétache.

— Mais che…

— Y’a pas de mais, mes couilles tu veux dire, ouais. J’en ai ma claque, Angel, tu vas retourner dans ta famille de merde et tu vas me lâcher les baskets. J’en ai marre de toi, tu ne me fais plus bander.

..

Merci mille fois Carine-Laure, c’est très classe…

N’est-ce pas ? Ah oui, j’oubliais, il y aura des séances de dédicace, les lecteurs apprendront tout cela très bientôt en surfant sur mon bloghttp://carineldesguin.canalblog.com!

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Christine Brunet a lu le dernier roman de Jean-Claude Texier "La confession de Cleve Wood

Publié le par christine brunet /aloys

La première de couverture résume l'essence de ce roman complexe tout en nuances, en impressions, en clair-obscur. On se lance entre ses lignes les oreilles grandes ouvertes mais presque à tâtons tant les bruits, les voix, les sensations sont présentes, pesantes comme cette ambiance d'un jeu "pas vraiment" de dupe. Le lecteur fait corps avec Karl Erhard, enseignant aveugle mais époux clairvoyant et résigné. On entend le parquet ciré craquer sous les pas, les voix murmurées; on ressent presque la température des couloirs exigus qui rappelle certaines écoles de notre jeunesse. 

Les personnages principaux ou secondaires oscillent entre vie scolaire et vie intime comme les lecteurs ballottés au gré des événements. L'histoire défile aux côtés de l'Histoire (avec un grand H) : on pénètre dans le quotidien des professeurs, leur mal-être, leurs doutes, leur métier passion pour mieux appréhender les liens privés qui unissent les trois personnages principaux. 

Etude psychologique, étude sociologique, "La confession de Cleve Wood" joue sur le ressenti des lecteurs pour donner aux trois personnages principaux une dimension tragique et une épaisseur qui interpelle. Impossible de ne pas comprendre Hélène, la très jeune épouse de Karl mais comment ne pas avoir pitié du trop âgé époux qui se doute, sait, mais... Quant à Cleve Wood, tiraillé entre sa conscience et son désir, entre sa jeunesse et son amitié, difficile de le trouver si sympathique que ça et pourtant... 

L'écriture très visuelle de Jean-Claude Texier nous transporte dans la maison des Erhard, un peu comme si, privés de la vue, nous découvrions couleurs, volumes et meubles au travers des autres sens exacerbés. 

Alors, "quel est le sujet de ce livre ?" me demanderez-vous...  Pas question de vous en dire trop mais...

Ce roman est l'histoire d'un amour inconditionnel, d'un désir insatiable, d'une conscience mise à mal. C'est le récit de trois destins qui se croisent, se télescopent avant de reprendre peu ou proue leur chemin.

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans Fiche de lecture

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Un article sur Salvatore Gucciardo dans "Bruxelles culture"

Publié le par christine brunet /aloys

PORTRAIT : SALVATORE GUCCIARDO, PEINTRE ET POÈTE

 

Artiste d’origine italienne, sa famille émigre en Belgique dans les années cinquante. Enfant passionné et doué, en parfait autodidacte, il a appris seul à dessiner et à peindre. Il étudie l’histoire de l’art et de la littérature. En 1974, il expose au Palais des Beaux-Arts de Charleroi. Il reçoit un accueil chaleureux de la presse qui l’encourage à continuer de peindre. En 1975 Aubin Pasque, peintre fantastique, l’intègre dans le Mouvement Artistique International Fantasmagie dont il est le fondateur. Salvatore Gucciardo a plus de 60 expositions personnelles à son actif. Il a reçu de nombreux prix et titres honorifiques en Belgique et en Europe. Il figure dans plusieurs dictionnaires, anthologies, catalogues, revues littéraires et artistiques, en tant que peintre et en tant que poète.

Il est édité dans plusieurs pays et certaines de ses œuvres ont été acquises par des musées belges, ainsi que par plusieurs villes en Belgique, en Italie et au Luxembourg. Parmi les très nombreux articles de presse qui lui ont été consacrés, on peut lire : « Grâce à un art extrêmement raffiné pratiqué par le Maître Salvatore Gucciardo, le public réalise un voyage à l’intérieur des émotions humaines, émotions mises en valeur par des couleurs créées par une personne dont on ne peut mettre en doute les compétences artistiques »

Son talent fut remarqué par le critique d’art Stephan Rey, alias Thomas Owen. Dès leur première rencontre qui date de 1976, une profonde amitié nait entre l’écrivain, membre de l’Académie royale de langue et de littérature française de Belgique et le peintre, elle durera jusqu’à la mort du célèbre romancier en 2002. Il a fallu cinq ans pour que l’artiste finalise cette pièce maîtresse d’une œuvre qui compte plusieurs centaines de personnages. Salvatore semble nous dire, dans sa vision créatrice, combien prime la relation entre l’homme et la nature.

Son message est une source d’espoir, une quête spirituelle, une communion profonde entre l’homme et l’univers. Sa vision cosmologique est chaleureuse et poétique. Il place l’être humain au centre du monde. Anita Nardon, sociétaire de l’Association Internationale des Critiques d’Art lui consacre une monographie aux éditions Art In Belgium dans la collection « Traces de l’art ». Le peintre est aussi poète. Il a déjà publié plusieurs recueils de poèmes et figure dans plusieurs anthologies de poésie, notamment dans Vingt Poètes, Anthologie de la poésie contemporaine, Editions du Chasseur abstrait, France 2012, ainsi que dans l’anthologie « Les Poètes et le Cosmique » de JeanPierre Béchu et Marguerite Chamon, Editions Du Net, France 2015, de même dans l’anthologie « Les Poètes, l’Eau et le Feu » de J.P. Béchu et M. Chamon, Editions Du Net 2017. Cette passion pour la poésie n’est pas récente. A 17 ans il se passionnait déjà pour l’univers poétique d’Arthur Rimbaud et Charles Baudelaire.

Après deux recueils de poésies « Lyrisme cosmique » et « Méandres » parus aux Editions Chloé des Lys, Salvatore vient de publier son premier roman « Le Voyageur Intemporel », également chez Chloé des lys. Le voyageur intemporel est un voyage initiatique dans le temps, une fresque fantastique, un récit rocambolesque et poétique qui donne une vision insolite et complexe de la nature humaine dans sa nudité intérieure. Voici un petit extrait de ce qu’en dit Denis Billamboz, critique littéraire. « Je suis sorti de ce livre avec l’impression que Salvatore Gucciardo voulait évoquer tous les travers inhérents à la condition humaine et nous convaincre qu’il était inutile de chercher ailleurs une meilleure condition, partout ailleurs le bien et le mal s’affrontent toujours avec violence, et qu’il suffirait peut-être de conjuguer les forces ouraniennes et les forces chthoniennes pour que notre monde soit moins mauvais ». Plongez dans l’univers hypnotique de cet artiste dont on n’a pas fini de parler, en visitant son site : www.salvatoregucciardo.be

Silvana Minchella

Publié dans articles

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"Les vacances", une nouvelle signée Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

Les vacances


 

En voilà une belle destination de voyage, la Loire et ses châteaux qui font rêver : Chambord, le plus grand… Chenonceau, le plus poétique… Blois, le plus chargé d'histoire…

Parlons-en de Blois, une ville surprenante que j'ai revue sous le soleil. Nous logions en pleine ville dans un hôtel situé sous le mur du château et nous avions décidé qu'après une bonne nuit de repos, nous irions à la découverte de cette bâtisse aux styles nombreux et au passé prestigieux.

Chaque fois que je fréquente ce lieu que je connais par cœur, notre première rencontre date de plus de cinquante ans, j'ai toujours l'impression que le guide a vécu les événements qu'il se plaît à raconter. On s'attend toujours à ce qu'il sorte une photographie d'époque représentant le Duc de Guise agonisant dans le cabinet vieux entouré par ses assassins ! N'aurait-il pas aussi un enregistrement de la phrase prononcée par Henri III : "Il est encore plus grand, mort que vivant" ?

Ce que j'apprécie aussi c'est juste à côté du château le musée consacré à Robert Houdin, un enfant du pays, grand magicien du 19e siècle. Cette année, le "son et lumière" mêle magie et histoire…

Le seul problème est que l'éléphant que le magicien fait apparaître dans la cour s'est révélé bien vivant ! Croyez-moi, ça fait du dégât un éléphant dans un vénérable château et c'est vers minuit que le cornac est parvenu à s'en rendre maître !

Demain, après la grasse matinée, nous allons à Cheverny, le château de Tintin et Milou qui est un animal bien plus calme. Les seuls autres animaux sont les chiens de la meute mais, vu les circonstances, je m'attends au pire !


 


 

Louis Delville

Publié dans Nouvelle

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Antonia Iliescu présente son ouvrage à paraître « Poésies en gouttelettes – Epigrammes »

Publié le par christine brunet /aloys

 

Un nouvel ouvrage intitulé « Poésies en gouttelettes – Epigrammes » de Antonia Iliescu va bientôt paraître chez les éditions Chloé des Lys. 


Un extrait :

(…) J’ai conçu ce volume par le soin d’attirer l’attention du lecteur sur un genre de poésie qui, malgré son heure de gloire dans le passé, est aujourd’hui peu pratiquée et donc, peu connue. Le livre que je vous présente ici comprend deux parties distinctes :
Le premier volet est fait d’épigrammes et polygrammes originales, illustrées par l’auteure, groupées dans vingt-et-un thèmes : sur l’épigramme, politique, les lois de la physique, religieuses, vieillesse, épitaphes, histoire, l’art divinatoire, mariage et amour, enfants, écrivains et écrits, sur la bêtise, nature, rats, sur les voleurs, sur les chefs, internet, la chimie de la vie, agape, thèmes divers.
Le deuxième volet offre un bref regard sur l’histoire de l’épigramme dès son apparition en Grèce antique et jusqu’aux temps modernes, quand on observe une tendance à disparaître comme genre littéraire (surtout en France et en Belgique). 
(…) Si celui qui prend cet ouvrage dans ses mains ne s’ennuie pas, mon but est atteint.

 

Et une épigramme :

« 
Noir et blanc » 
(thème pour un concours d’épigramme)  
Écrire en noir et blanc c’est difficile,
Ce n’est pas tout à fait mon style. 
Alors, devant le thème, j’ai échoué ;
La preuve que je suis très… nuancé.

Publié dans présentations

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Edmée de Xhavée a lu "Ici et au-delà", le dernier recueil de Philippe Desterbecq

Publié le par christine brunet /aloys

 

J’ai lu Ici ou au-delà de Philippe Desterbecq – Edmée De Xhavée

 

145 pages, une ronde de nouvelles. Ronde parce qu’elles sont unies par une petite broderie au point de chainette, qui fait un cercle parfait. Le dernier maillon de l’une est le premier de la suivante, et le dernier maillon de toutes est le premier de toutes…

Un peu caramel salé. Sour Sweet. Une mélancolie bien dosée qui n’en fait pas un recueil dont sourire ou espoir sont absents.

Adèle qui a perdu son fils, et dont le chagrin a aussi détourné le mari. Reste l’amie Lisette, la fidèle amie, avec qui on parle, on pleure, on va au restaurant, on se confie… L’amie qui, parce qu’elle est si proche, doit aussi asséner un nouveau coup, qui exige alors d’elle… un terrible serment.

Line, la filleule de Lisette, adolescente sur le sentier de la guerre, il faut bien pourtant que les parents acceptent qu’on grandit, non ? Si à 16 ans on ne vibre pas comme un bourdon, quand le fera-t-on ? Surtout quand on a été adoptée… et qu’on découvre qu’on a … une sœur, une sœur vraie de vraie !

Et que dire du petit chat qui sauve Lilou ?

Et de cet enfant emmené au Maroc par son père il y a sept ans… sept ans de larmes pour la Maïté, qui pourtant voit sa vie illuminée par un nouveau bébé ? Où se trouve la raison, et où réside l’espoir ?

Le kangourou, le kangourou ange gardien qui fait l’objet de la couverture et d’une des histoires les plus douces du recueil… Pour qu’il puisse opérer son miracle, il fallait que Claudine et Viktor affrontent une nouvelle vie dans un autre monde… avec Sébastien…

Dorine, frappée par le destin, mais qui apporte à ses médecins des messages de leurs chers disparus… On n’est jamais seul.

Il y a des douleurs à affronter, parfois à surmonter, mais l’espoir est là, parfois simple lueur tremblante, mais qui ne demande qu’à éclairer…

 

Edmée de Xhavée

Publié dans Fiche de lecture

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Christian Eychloma nous propose un extrait du roman "Le dilemme de Trajan", dernier tome de sa trilogie

Publié le par christine brunet /aloys

 

Extrait du roman "Le dilemme de Trajan", dernier tome de la trilogie ouverte avec "Mon amour à Pompéi" et poursuivie par "Les larmes de Titus", sous réserve d'acceptation par le comité de lecture !

 

Le proconsul arrangea machinalement les plis de sa toge bordée de pourpre et contempla avec quelque pitié le vieil homme debout entre les deux gardes.

« Qu’on lui enlève ses chaînes et lui apporte une chaise ! » finit-il par ordonner.

Il attendit que le prévenu se fût assis pour renvoyer d’un signe les deux légionnaires qui allèrent se poster de part et d’autre de la porte donnant accès à la grande salle servant de tribunal. Puis il nota avec un certain étonnement que celui-ci, contrairement à la plupart des suspects qu’on lui amenait, le regardait sans crainte apparente.

« Dis-moi… » lui demanda-t-il sans brusquerie en passant du latin au grec. « On t’appelle bien Ignace et tu prétends bien être l’évêque d’Antioche ?

 - On t’a dit vrai, consul !

 - Et quel âge as-tu, Ignace ?

 - Environ quatre-vingts ans, consul… »

Consul… Pline observa curieusement le vieillard. Une attitude sereine en dépit de sa situation, sans provocation mais sans fausse humilité, un homme drapé dans sa dignité qui refusait de s’adresser à lui en l’appelant « Domine », comme il aurait convenu. Un peu comme s’il avait considéré cet interrogatoire comme un entretien d’égal à égal.

Ignace… Ce nom lui avait par contre immédiatement rappelé quelqu’un.

« T’étonneras-tu si je t’affirme qu’à Antioche, il y a bien longtemps, j’avais déjà entendu parler de toi comme d’un fauteur de trouble ? »

Le prisonnier, nullement déconcerté, dévisagea son interlocuteur.

« Et toi, t’étonneras-tu si je te révèle qu’à la même époque, c’est moi qui ai conduit au camp militaire les médecins qui t’ont soigné ? »

Pline, pris de court, ne put s’empêcher de marquer sa surprise.

« C’est toi qui…

 - Oui, consul. T’en souviens-tu ? Deux hommes, des étrangers parlant une langue bizarre, et une femme, une romaine ! Une medicae

 - Si je me souviens… » murmura Pline en remuant instinctivement sa jambe.

Incroyable, par les dieux… Mais pour être en mesure de lui rappeler de tels détails, cet homme ne pouvait mentir. Pourquoi justement lui ?

« Et… saurais-tu me dire d’où venaient ces trois personnages providentiels ? » demanda-t-il, abasourdi de pouvoir peut-être enfin lever le voile sur cet épisode mystérieux de sa vie.

« Non. Ce que ces gens m’ont dit d’eux-mêmes et de qui les envoyait s’est révélé être une fable. Mais ils possédaient à coup sûr des pouvoirs extraordinaires !

 - Des pouvoirs dont tu as pu juger par toi-même ?

 - Oui, tout comme toi. Des individus aussi habiles dans l’art de guérir que dans celui d’occire !

 - Occire ? Veux-tu dire par là qu’ils t’auraient fort efficacement débarrassé de tes ennemis ?

 - N’as-tu pas entendu parler, à l’époque, de ces fameux cadavres retrouvés par une de vos patrouilles sur la route d’Antioche ? »

Oui, effectivement. Il s’en souvenait, maintenant. Encore une chose dont tout le monde au camp s’était beaucoup étonné… Des brigands tués de façon tout à fait inhabituelle, avec un petit bout de métal dans la tête.

Jusqu’où cet étrange bonhomme saurait-il encore le surprendre ?

« Tu pourrais donc m’éclairer sur ce qui s’est passé et quelles armes inconnues ont été utilisées ?

 - Ce serait un peu long à expliquer mais je propose de t’en parler, éventuellement, un peu plus tard si tu le souhaites. »

Éventuellement… Conscient du vif intérêt qu’il avait su provoquer, ce vieux filou entendait sans doute conserver, à toutes fins utiles, une monnaie d’échange.

« D’accord… » répondit Pline en souriant. « Nous y reviendrons. Toi non plus n’as donc jamais su qui les envoyait…

 - Peut-être Dieu lui-même qui, pour une mystérieuse raison, a tenu à te sauver… Ce Dieu auquel tu ne crois pas ! »

Pline, plutôt agacé, balaya d’un geste les propos du vieil homme.

« Aurais-tu l’outrecuidance d’essayer de me convertir, par hasard ? »

Puis il réalisa que l’interrogatoire était en train de prendre un tour inattendu et qu’il était temps d’en revenir à l’objectif qu’il s’était fixé : essayer de juger en toute impartialité de la dangerosité de ce vieux fou. Même si les choses étaient devenues subitement un peu plus compliquées…

« Bien… Pourrais-tu m’expliquer ce qu’est un évêque ?

 - C’est le guide spirituel d’une communauté chrétienne.

 - Leur chef, en somme…

 - Plus que ça…

 - Explique-toi !

 - Un évêque doit s’assurer que les membres de sa communauté n’oublient pas le message de notre Seigneur.

 - Votre seigneur ?

 - Jésus de Nazareth, condamné par Ponce Pilate à mourir sur la croix. »

Pline caressa sa courte barbe frisottante, signe chez lui d’une grande perplexité. Encore et toujours la même histoire…

« Tu as connu ce… Jésus de Nazareth ?

 - Non… Mais j’ai connu certains de ceux qui le suivaient lorsqu’il prêchait, à Jérusalem, sous le règne de Tibère.

 - Et ceci te suffit pour être convaincu que cet homme n’était pas un vulgaire agitateur, justement crucifié pour avoir tenté d’inciter le peuple de Judée à prendre les armes contre Rome ?

 - C’est ce que prétendent les Romains, en effet… Pourtant, parmi ceux qui l’ont supplicié, certains ont ensuite admis leur erreur et reconnu en lui notre sauveur. Et juste après sa résurrection…

 - Sa résurrection ! » réagit vivement Pline. « Crois-tu vraiment qu’un homme puisse revenir de chez les morts ?

 - Un homme ordinaire, non, bien sûr. Mais lui était fils de Dieu et…

 - Bon, ça suffit ! »

De plus en plus agacé, il comprit que la discussion allait vite tourner en rond.

« Sais-tu pourquoi tu es là, Ignace ?

 - Sans doute parce que je suis un des principaux représentants de cette communauté de citoyens qui refusent de rendre un culte à l’empereur…

 - Pas seulement. Tu as été arrêté pour avoir prêché dans l’enceinte de l’agora alors que j’avais strictement interdit tout rassemblement. Et des témoins de confiance m’ont rapporté des propos plutôt séditieux…

 - Qu’entends-tu par là ?

 - Ce que j’entends par là ? Encourager celles et ceux qui t’écoutent à abandonner la religion de nos pères et des pères de nos pères pour adopter tes propres superstitions constitue une attaque contre nos valeurs traditionnelles. Et prétendre que l’esclave est l’égal du maître une grave atteinte à l’ordre établi !

 - Tu parles de valeurs… Considères-tu comme si valorisant le spectacle donné par les jeux du cirque et ne peux-tu comprendre notre refus d’y assister ? Je n’entendais pas par ailleurs remettre en cause l’ordre établi, comme tu dis, en parlant de l’égalité devant Dieu de l’esclave et de son maître !

 - Insinuer qu’un esclave pourrait être l’égal de son maître me paraît pourtant de nature à…

 - Devant Dieu, consul, pas devant les autorités… Pour notre créateur, nous sommes tous égaux : toi, moi, tes soldats, tes maîtresses, tes esclaves, tes amis et tes ennemis, les prostituées du port…  »

Pline faillit se lever pour manifester son indignation, puis se ravisa. Au fond, à condition bien sûr d’accepter de considérer les choses avec suffisamment de recul…

Il se souvint de ce jour où Calpurnia avait durement réprimandé, puis puni, une de ses caméristes pour une simple maladresse. Et de sa propre réaction devant ce qu’il avait alors considéré comme une flagrante injustice.

« Stultissimus est, qui hominem aut ex veste aut ex condicione, aestimat » 1

Perplexe, il pensa qu’il pourrait être avisé d’encourager son épouse à lire Sénèque.

 

Christian Eychloma
 

Est tout à fait insensé celui qui apprécie un homme d’après l’habit ou d’après la condition.


 

1 Est tout à fait insensé celui qui apprécie un homme d’après l’habit ou d’après la condition.

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Un autre petit extrait de Toffee, le roman prêt à sortir… signé Edmée de Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

Il y avait aussi cette sotte fille, la fille des concierges de chez Fauquier, une blonde qui se trouvait irrésistible, il s’en souvient. La fille du chauffeur, un brave type qui ne parlait jamais. Une des cousines – Micheline, sans doute - lui avait offert des vêtements qu’elle ne portait plus, et peu après il avait entendu Zélie lui reprocher – oui, maintenant il était certain que c’était Micheline car il revivait nettement la scène – de lui avoir donné des choses qu’on peut porter en famille mais pas quand on fait partie du personnel. Les shorts, par exemple, avait-elle dit d’une voix bougonne, comment lui interdire de les porter maintenant, et elle se pavane partout avec ça, mademoiselle Micheline ! Vous, ça allait, mais elle n’est pas de la famille ou des proches, ça ne se fait pas ! Il ne faut pas lui monter la tête, elle est déjà bien assez fière comme ça…

Il faut dire que lui aussi, il avait eu l’impression qu’elle passait avec insistance devant le court de tennis quand lui ou les cousins Pierre et Clément jouaient, s’arrêtant pour détacher pensivement les liserons du grillage d’un air absorbé, feignant l’indifférence, la démarche d’une danseuse orientale, dans son petit short de lin beige.

Il la détestait, et se demande d’ailleurs pourquoi il avait un sentiment aussi défini pour elle qui ne l’intéressait pas du tout. Elle était un peu plus jeune que lui, trois ou quatre ans peut-être. Ou plus encore. Pierre la trouvait « damn sexy » mais estimait qu’il valait mieux garder ses distances, terrain miné était écrit en toutes lettres sur son front.

Il se demande même, à présent, si maman elle-même n’avait pas un jour dit quelque chose. Maman l’aimait bien, disait que ça devait être difficile pour elle d’avoir été arrachée à son pays, dont elle se souvenait certainement très bien, certainement assez pour en avoir la nostalgie. Elle la trouvait jolie, ou peut-être pas jolie, mais agréable. C’était plutôt ça, agréable. Elle le reprenait quand il la jugeait quelconque et trop voyante. C’est son type, mon chéri, elle est faite sur un modèle plus… comment dire ? Plus marqué. Mais elle n’est pas quelconque. Ceci dit elle risque fort d’avoir des ennuis car elle joue un peu de son type, justement, et n’a pas trop conscience sans doute de comment c’est perçu ici… Elle a de l’ambition, mais c’est un peu trop évident, parfois !

C’était une remarque de ce type que maman avait faite.

Pénétré par cette remontée dans le passé, il se tient debout devant la porte-fenêtre. Pas de Monsieur Fonction, qui est déjà passé le matin, par contre les corneilles ont l’air de répéter une attaque par escadrons car elles ne cessent de partir en reconnaissance et de revenir en vociférant ordres et impressions. À la main il tient un bol de thé – son thé de déchets – et grignote un biscuit au gingembre.

À cinq heures il y aura un bon documentaire sur la Patagonie, il ne faut pas qu’il oublie. Mais il peut terminer son thé sans hâte.

Ah ces tasses de thé qu’il apportait à maman, avec du citron et, justement, un biscuit au gingembre, de ceux que son amie Penelope lui envoyait d’Angleterre fidèlement à chaque fête de Noël. Il s’asseyait sur le bord du lit, lui redressait les oreillers, et ils avaient une petite pause de silence partagé, sans lecture ni musique, juste eux deux, l’intensité d’un long adieu qui s’égrenait jour après jour dans une multitude de rituels anodins. Il la voyait avaler l’odorant liquide, fermer les yeux et timidement sourire, puis elle lui pressait parfois la main – oh que la sienne était décharnée, parcheminée, avec ce solitaire qui luisait en tournant follement autour de son doigt squelettique aux jointures enflées.

Pourquoi donc avait-elle pensé que papa se remarierait ? Pourquoi, elle qui n’avait vécu que pour eux deux, n’avait-elle pas, au contraire, eu une pensée pour papa qui allait rester seul, si triste, encore bien jeune, abandonné malgré elle à une existence solitaire ?

Mais oui… mais oui, ça doit être lié à ça…

Il se souvient…

Cette sottise.

Comment donc une telle sottise avait-elle pu prendre cette place dans le désarroi de sa mère ?

Car oui, au retour de ces fameuses vacances, quand elle avait demandé si ils s’étaient amusés, reposés, ce qu’ils avaient fait tous les deux… papa avait dit, avec un soupçon de vantardise qui l’avait déconcerté « Ma Lizzie chérie, ton vieux mari fait encore des ravages ! La petite des concierges des Fauquier s’est jetée dans mes bras le jour du départ… et m’a embrassé ! »

Le visage de Maman s’était brièvement figé, comme aspiré de l’intérieur, puis elle avait lentement fini de mâcher le morceau d’une pomme qu’Yvonne avait coupée pour elle. Enfin elle avait fermé les yeux comme pour se préparer à un effort, et souri d’un air calme en demandant :

— Tu parles de la petite Toffee ?

Il se souvient soudaine de la tristesse qui avait tremblé comme des larmes dans le regard qu’elle et Yvonne s’étaient alors échangé.

 

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