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PREMIERS MOTS SUR LE PAPIER... EDMEE DE XHAVEE

Publié le par aloys.over-blog.com

Edmee-chapeauPremiers mots sur le papier

 

 

Ma première oeuvre écrite fut, je dois l’admettre, un plagiat. Je recopiais le catéchisme dans un cahier à l’intention de ma mère qui ne voulait plus entendre parler de curés, de servante du curé, de bouteille de porto du curé ni de confession. Comme les chères sœurs, dans leur tact infini, m’avaient bien annoncé que cette orientation funeste la conduirait en enfer et que je comptais alors aller au ciel au ciel au ciel pour la voir un jour, cette Vierge Marie que l’on disait si gentille, j’ai décidé de sauver l’âme de ma mère et de lui faire changer de destination.

 

J’ai donc repris les leçons essentielles – sans doute assez transformées car le premier jour d’école j’ai cru qu’on nous racontait les aventures d’Adam-le-lièvre et non pas d’Adam et Eve. J’ai aussi illustré les leçons pour que le retour de ma mère vers le ciel soit plus agréable. Lors de la montée vers le Golgotha, j’ai mis une emphase remarquable. Jésus passe, la croix sur l’épaule, abondamment couronné d’épines, des gouttes de sang grosses comme des nez tombant autour de lui – je n’avais pas le sens des proportions, et il fallait que les détails y soient. Il est dans une rue bordée de maisons. Dans l’une d’elles, sans porte pour des raisons de facilité, Marie égrène un chapelet devant un crucifix planté au mur, éclairée par le lustre de notre salle à manger, une roue de bateau avec 4 lampes. Des larmes de la taille de feuilles de marronnier tombent de ses yeux. Elle est si absorbée qu’elle ne regarde pas passer son malheureux fils, qui ne se tourne d’ailleurs pas vers « sa maison »….

 

Les leçons étaient suivies d’une interrogation à laquelle ma mère n’accordait jamais le sérieux nécessaire, trop amusée par les illustrations.

 

Plus tard, j’avais sans doute 12 ans, j’ai donné naissance à mon premier roman. Deux amies – belles, blondes, avec de gros seins (j’illustrais aussi !) – acceptaient de tester la machine infernale d’un ami (comme il était inventeur et savant, il avait des lunettes et un tablier blanc, un type sans charme). Cette machine les emportait au temps de la préhistoire. Elles y rencontraient un « ancien belge » vraiment beau, inspiré d’un film péplum de l’époque (muscles, barbe bien taillée, parlant le belge moderne sans accent ni fautes de grammaire). L’amour naissait, et aucune jalousie ne sévissait entre les amies du fait qu’il n’y avait qu’un seul homme potable dans tout cet ancien monde. Il faut dire qu’à cet âge, l’amour et ses affres n’étaient pas clairs pour moi, et tout me semblait bien simple. Il y avait aussi un épisode où on trouvait un bébé abandonné que l’on nourrissait avec du lait de jument grâce à une petite bouteille de privine (gouttes nasales pour les rhumes !!!) qu’une des deux amies avait judicieusement gardé dans sa poche, et dont la tétine venait à point.

 

Je ne sais plus comment l’histoire finissait. L’ancien belge remontait-il le temps pour devenir vendeur itinérant d’aspirateurs à Verviers, ou restaient-elles dans le lointain passé, couvertes de peaux de mammouths, coiffant leurs cheveux blonds avec des arrêtes de poissons, jouissant d’un heureux farniente ? Le bébé… irait-il en classe pour apprendre ses tables de multiplications ou devenait-il le chef du clan tandis que les blondes enseignaient les secrets du maquillage aux autres femmes ?

 

Je ne sais plus !

 

 

 

EDMEE DE XHAVEE

http://edmee-de-xhavee.over-blog.com

Publié dans Textes

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CHRISTINE BRUNET : LES ROMANICHELS D'EDMEE DE XHAVEE

Publié le par Christine Brunet

Photo Christine BrunetIMPRESSIONS DE LECTURE

 

Premières pages... L'histoire ne commence pas dans l'allégresse mais avec une mauvaise nouvelle qui rapproche lentement mais inexorablement mère et fille en les projetant dans le temps.

 

Un résumé? Non... je ne vous en dirai pas plus ! L'histoire se découvre mais ne se résume pas...

 

Je me laisse aller, fais connaissance avec quelques personnages... Et, peu à peu, sans y prendre garde, je ne veux plus entendre parler du présent des héros... Je veux découvrir leur passé... une histoire de vieilles dentelles... sans arsenic mais pavée de conventions dans un monde figé dans le paraître... une histoire de gens englués dans la bienséance, qui souffrent et font souffrir dans le carcan imposé, sous le regard acéré et moralisateur de leur communauté.http://idata.over-blog.com/1/38/37/34//Romanichels-front.jpg

 

Mais on les aime, ces personnages qui se débattent sous le ciel gris... parce que, parfois, ils s'échappent. On les suit alors avec soulagement sous le soleil italien ou provençal. On applaudit à leurs résurrections, à leurs coups de pieds dans les convenances, à leurs libertés grappillées ou gagnées de haute lutte. Puis on grince des dents aux retours de bâton.

 

Un joli style qui amène sans effort à mes narines provençales les effluves piquantes du thym et du romarin à peine cueillis et qui accompagne avec délicatesse les personnages dans leurs joies, leurs doutes et leurs désillusions.

 

Vrai, j'attends avec impatience ton prochain livre, Edmée...

 

CHRISTINE BRUNET

http://recreaction.over-blog.org

http://aloys.over-blog.com

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MARTINE DILLIES-SNAET COMMENTE "DOUBLE FACE" de Laurent DUMORTIER

Publié le par aloys.over-blog.com

MARTINEJ'ai lu "double face" de Laurent Dumortier

 

Toujours en format A6, cet opuscule d’une soixantaine de pages est le deuxième  d’une série de trois ? Quatre ? Cinq ? Ainsi glisse la vie de LAURENT DU MORTIER : pas à pas et marche après marche.

 

Cette fois, le monde de l’adolescence est derrière lui. Même si ce clair-obscur refuse de l’en libérer totalement. Comme si l’on pouvait un jour s’en détacher ! Mais ça l’auteur le comprendra bien plus tard, quand ses enfants seront grands, quand lui-même pourra affirmer sans regret que « maintenant, il est adulte ! ».


Mais laissons-lui le plaisir de son âge.http://www.critiqueslibres.com/img/cover/M/2874592080.gif

 

Jolie porte fermée en première de couverture et ouverte en quatrième de couverture. Alors que la logique aurait voulu que ce fût l’inverse, non ? Maisssss la logique des poètes !!!!!!!


Dans tous les objets  qu’il approche, LAURENT DUMORTIER en touche les deux faces : le clair et l’obscur, l’amusant et le triste, l’enfance et sa disparition. Et il joue de la même manière avec ses sentiments. Mais est-ce un jeu ? Même si l’auteur seul peut y répondre, je ne le crois pas ; il y a trop de souffrance à détruire une vieille image pour en créer une nouvelle ou à effacer un mot, des maux pour, en contrepartie découvrir l’aura de l’amitié. Ainsi va la vie. Finir pour commencer.


L’auteur n’est pas  le phénix renaissant à chaque fois de ses cendres, il essaie simplement d’  « être ». Le plus simplement et le plus honnêtement du monde.

 

Et  qu’il  le  veuille  ou  non,  LAURENT  DUMORTIER   est  rentré dans  l’âge adulte.

 

A suivre.

 

 

MARTINE DILLIES-SNAET

http://users.skynet.be/TheDillies/

 

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PARADISE PAR CARINE-LAURE DESGUIN

Publié le par aloys.over-blog.com

 

 

desguin.jpg      Paradise...

Pour vous et pour vous donner l'envie de le lire, j'ai tourné les nonante-cinq pages de "PARADISE" de Emilie Decamp !


D'abord ce titre PARADISE , et ensuite cette couverture , une photo en noir et blanc; un personnage couché sur le sol avec à ses côtés, le tracé d'une étoile; son étoile ? Votre étoile ?
L'énigme est posée et c'est la raison pour laquelle l'envie de lire le premier roman de cette jeune étudiante en information et communication a relégué au second plan mes tâches prévues...
Premier roman, oui mais cinquième ouvrage puisque cette officionados des concours littéraires a publié chez "Chloé des lys" quatre recueils de poésies et un recueil épistolaire ...
Ces nonante-cinq pages, je les ai lues en un seul souffle et je les aime, ces histoires qui me clouent sur une chaise et qui m'obligent à bousculer mon petit programme perso !

" PAradise", qu'évoque-t-il ce mot qui permet tous les possibles et tous les impossibles ?
" Les portes" , c'est le nom donné à la première partie de ce livre écrit clairement, sans s'encombrer de fioritures, de descriptions longues et inutiles...; et on voudrait les ouvrir de plus en plus vite, ces portes car on devine que Damien , le personnage principal sera face à son destin ...
Et si notre vie basculait sur un dérapage, une omission ? relèveriez-vous le défi ? demande cette jeune et talentueuse auteure sur la quatrième de couverture ?

Emilie Decamp a surpassé dans son style concis et direct la difficulté qu'était de raconter simplement une histoire qui pourrait se révéler compliquée...
Car les choix de Damien sont aussi les nôtres...Et vous, à sa place qu'auriez-vous fait ?
Auriez-vous saisi le deal offert par ce personnage énigmatique qui surgit et s'éclipse ...comme une étoile ?? Damien comprendra-t-il ? Et que comprendra-t-il ?
Faisons-nous les bons choix ? Car nos vies, comme celle de Damien peuvent, d'un moment à l'autre , basculer ...
Et au bout de cette route d'épreuves , de dilemnes , le salut sera-t-il ...ou ne sera-t-il pas ?

Damien, lui, connaîtra la vérité de la vérité; celle que nous désirons tous regarder en face, et puis palper et puis pourquoi pas lever au plus haut des étoiles, en plein coeur de l'univers...
Derrière les portes, l'inattendu....
Alors, chers futurs lecteur, faites comme moi et inattendez-vous !!!

Car moi, je ne vous dirai rien de plus...

 

 

CARINE-LAURE DESGUIN

http://carinelauredesguin.over-blog.com

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UN PETIT TOUR EN MONTAGNE ? de CLAUDE COLSON

Publié le par aloys.over-blog.com

claude colsonUN PETIT TOUR EN MONTAGNE ?



 
   
Limité dans mes déplacements. Pu monter 20 minutes au dessus du Plan du Lac. Arrêt sur une roche ombreuse.
Joli spectacle de nature où domine un univers de vert. Vert des épines au dessus de ma tête, comme de celles du pin Cembro, là devant, à 20 mètres. À mes pieds le brun des aiguilles desséchées, jusqu’aux premières herbes, tapis irrégulier baigné de soleil et magnifiquement orné du mauve et du jaune des fleurs sauvages profuses. Elles profitent ici de la fin de l’été. Le tout est rehaussé de quelques taches blanches : les pétales de marguerites. C’est dix fois plus beau qu’un jardin à l’anglaise.


En contrebas, vert bouteille, le lac irisé de vaguelettes toutes dorées. À remarquer sur sa rive un éclat mat : le noir du toit d’une cabane.


Puis le regard de remonter.  D’abord un sentier s’essouffle à grimper la pente, tirant de courtes bordées, mais bientôt s’impose le vert profond d’une sapinière puis le vert tendre d’un résidu d’alpage. À nouveau les sapins, grognards serrés épaule contre épaule, attaquent la pente. Jusqu’à 2000 environ. Alors c’est encore, souverain, l’alpe ensoleillée, seulement tachetée par endroits de maigres bosquets vert foncé. Ils s’étiolent, remplacés vers le haut par les premiers rochers qui trouent l’herbage.


Assis sur ma roche large et confortable, bien au frais, j’admire cette beauté tandis qu’au dessus de mon front une petite brise fait danser les bouquets d’aiguilles, verts eux aussi. Une pavane lente.


Plus loin, majestueuse de force impavide, presque terrifiante, triomphe la pointe déchiquetée d’où semble pleuvoir la moraine, en pierrier, presque verticale.


Un peu de vert encore tout au bas des pentes. Des lichens ? D’ici je ne saurais dire mais tout près de là j’aperçois la descente sinueuse et argentée – angles cassés – d’un torrent blanc qui me paraît étonnamment silencieux et figé.


Plaisir d’écrire ces lignes, de voir, de rendre compte, de vivre. Et cette question : qu’est-ce que la littérature ? Qu’est-ce que la vie ?

 

 

 

CLAUDE COLSON

http://claude-colson.monsite.wanadoo.fr/

 


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"L'AVIS DE LILY", UNE NOUVELLE D'EDMEE DE XHAVEE

Publié le par aloys.over-blog.com

Edmee-chapeau.jpgL’avis de Lily 

 

Lilianne a piqué du nez pendant quelques minutes, elle s’en rend compte aux sourires amusés des siens. « Welcome back Grandma ! » murmure Troy, son petit-fils, serrant sa main avec douceur. Elle lui fait un clin d’œil et redresse la tête, lasse et écoeurée à la vue du gâteau que Mary-Beth, sa belle-fille, est en train de découper. Un gâteau recouvert d’une sorte de crépi de maçonnerie blanc, au pourtour orné d’un hideux double feston orange et vert fluo. Un ridicule dindon de plastique roux et rouge, piqué au-dessus d’un Happy Thanksgiving écrit de guingois, tremble et puis s’effondre.

 

Quelle horreur, pense-t-elle. Ca fait des années qu’elle « n’a plus faim pour le dessert », ce qui lui permet enfin d’éviter cette succession de gâteaux aux couleurs et goûts répulsifs. Des années d’un petit plaisir silencieux sous prétexte du grand âge de son estomac. Car Lilianne n’a jamais été, il faut le dire, quelqu’un qui donnait son avis s’il allait contre celui de la majorité.

 

Mariée de guerre, enceinte et amoureuse, elle avait débarqué en 1946 à New York, chargée de son argenterie et de son trousseau brodé-main, avec des centaines d’autres mariées de guerre. Sous les fenêtres des bus qui les emmèneraient vers leur destination finale, des Américaines ulcérées agitaient des panneaux : Go home, Frenchies ! Elle avait rejoint Allamuchy, dans le New Jersey, au bord de la Musconetcong, pour y trouver une belle-famille en larmes : Don, son amour, son dieu en uniforme… Don était mort trois jours plus tôt d’un accident de la route.

 

Elle était restée, cherchant son rire dans ces champs cultivés, et son souvenir dans sa vieille chambre qu’elle occupa désormais. Elle avait permis à la Musconetcong d’emporter ses larmes et son avenir, sans un bruit.

 

Elle laissa son nom devenir Lily. Accepta que Don Junior, son fils, lui soit escamoté par ses beaux-parents qui, disaient-ils, le comprenaient mieux.. Toléra que l’on rie de son argenterie et de ses draps brodés qui finirent par jaunir dans une armoire. Survécut à la consternante découverte, quand elle maîtrisa bien la langue, qu’ils étaient tous ignares et bigots. Pria Josette, sa sœur venue rendre visite en 1965, de ne rien dire alors qu’on lui expliquait, comme à une sauvage qu’il faut instruire, les bienfaits du frigidaire et de l’aspirateur. Détourna le regard lors du mariage de Don Junior et Mary-Beth quand on accueillit Josette et son mari en leur clouant des casquettes de baseball rouges sur la tête. Endura les coups d’œil amusés parce qu’elle portait toujours des tailleurs ou jolies robes, des bas et ses perles.

 

La naissance de Troy la sauva. Elle l’aima et puisa en elle ce qui restait de primesautier, de charmant, d’enthousiaste pour ce garçonnet, réplique de ce beau lieutenant tant aimé dans ce qui semblait une autre vie. Et lui, il s’était lové dans cette niche d’amour comme un petit opossum et y avait grandi à l’abri de la médiocrité. Il parlait parfaitement le français, aimait la bonne cuisine, et enseignait l’histoire de la Chine à l’Université de New York. Troy, Troy… le pourquoi et pour qui de toute cette vie en exil de soi…

 

« … et il va autoriser que l’on fore dans les réserves d’Alaska ! Il était temps, il faut un homme comme lui pour protéger l’autonomie de la nation !… » John, le frère de Mary-Beth, postillonne son avis comme toujours, le dentier bringuebalant dans sa bouche. Lilianne et Troy échangent un regard sans paroles, et elle pince les lèvres avec irritation. Mary-Beth le remarque avec suprise. Jamais sa belle-mère n’a eu la moindre velléité d’opinion querelleuse. Amusé, Troy se penche vers son élégante grand-mère et demande : « Tu voulais dire quelque chose, Grandma ? »

 

Elle se tourne vers lui, hésite, et puis, le regard ferme, ses deux mains gracieusement repliées sur la table, elle ouvre la porte à sa pensée : « Ce président que vous aimez tant, c’est un imbécile ! » La stupeur écarquille tous les regards en face d’elle tandis qu’un rire plein de triomphante gaieté fuse à son côté. Leurs deux joies s’unissent en une cascade rafraîchissante.


 

EDMEE DE XHAVEE

edmee.de.xhavee.over-blog.com

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MARTINE DILLIES-SNAET : R.A.S. de LAURENT DUMORTIER

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MARTINEJ’ai lu « R.A.S.» de Laurent Dumortier

 

 

 

            R.AS., R.A.S., R.A.S., rien à signaler! Mon oeil! Tout à signaler, oui! L'urgence du détachement de tout, y compris du présent, y compris du « moi ».

 

            Dans cet opuscule (format A6), LAURENT DUMORTIER dévoile une facette de son moi intérieur ; celle-ci est  abandon, détachement, indifférence et  ne restent que des mots pour l'exprimer.


            J'aime le petit format que l'on peut glisser indifféremment au fond d'une poche, d'un sac ou bien même laisser traîner sur un meuble. Il est agréable à toucher et à regarder. J'aime aussi la possibilité qu'il offre de pouvoir être lu dans tous les sens. C'est l'apanage de ces petits formats et, ici, dieu merci, ce melting-pot de lecture me permet d'échapper au climat gris du livre.


En toute quiétude, je peux alors en apprécier des mots qui touchent: L'envers de moi dit Laurent, Des mots jetés à la face, Une porte qui claque , dit-il ailleurs; et plus loin encore On lui a tendu la main, Il l'a refusée, On a voulu le secourir, Il a filé au coeur de la bataille, et encore Pourras-tu me pardonner ?.

 

            Si vous voulez aimer les mots qui touchent, un conseil: lisez-le comme moi, dans tous les sens: à gauche, à droite, de bas en haut puis, quand vous aurez pris ce qui vous enrichira, prenez l'opuscule à l'endroit et, cette fois, allez du premier mot au dernier.http://www.bandbsa.be/contes/chloe/ras.jpg


Personnellement, je l'ai tourné et retourné plus de trois fois avant de le prendre «dans le bon sens » et je ne le regrette pas, car à partir de ce moment-là, vous plongerez dans le monde de l'indifférence, de cette indifférence qui fait peur pour celui qui l'a griffée. Un monde entre l'adolescence et l'âge adulte.

LAURENT DUMORTIER atteindra une autre maturité dans les écrits suivants.

Ici, on est encore dans le monde de l'entre-deux!

 

A suivre!

 


MARTINE DILLIES-SNAET

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NOANN LYNE : J'AI LU "UN, DEUX, TROIS SOLEIL" de JOSY MALET-PRAUD

Publié le par aloys.over-blog.com

noannJ’ai découvert Josy Malet-Praud un peu par hasard.

 

 

Il y a trois mois, j’ai voulu savoir comment d’autres auteurs assuraient la promotion de leurs livres, comment ils se présentaient. Après avoir souvent zappé, quelques sites ont retenu mon attention, dont celui de Josy.


J’ai découvert quelques textes placés timidement, et l’écriture m’a semblé séduisante. On eût dit le style d’un écrivain chevronné, à la fois personnel et dépourvu de ces petites affèteries et complications propres aux débutants, et même à certaines notoriétés du livres - je ne cite personne.123soleil.jpg


L’auteur après quelques contacts m’a proposé de découvrir en avant-première son recueil : « un deux trois soleil ». Il était conforme à ce que j’imaginais : une écriture sobre avec une syntaxe irréprochable et juste ce qu’il faut de mots pour décrire les situations et les émotions.


Autre point fort : la grande humanité dans les personnages. L’homme et la femme sont au centre des textes, et ils sont décrits avec naturel et élégance, sans emphase, ce qui les rend attachants. A proprement parler, les textes ne sont pas tous des nouvelles. Il n’y a pas forcément d’histoire ni de chute finale. Mais l’écriture est suffisamment plaisante et les personnages touchants pour se passer de grandes mises en scène. Juste un bémol, la mise en page perfectible et la tabulation hasardeuse. Mais c’est disons une note personnelle. J’ai passé un bon moment de lecture.

 

 

NOANN LYNE

 http://www.noann-lyne.com

 


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Les oiseaux des villes : une nouvelle poétique de Carine-Laure Desguin

Publié le par aloys.over-blog.com

desguinSur le quai de la gare ? Bien sûr que j'écris sur le quai de la gare...Je suis assise sur ma valise, voilà tout ! Et j'écris...


Tous ces gens au visage triste ou gai, jeune ou moins jeune allument mon crayon et sur le papier se dessinent des textes "urbains". Des textes "urbains" ?


Hé oui, pour les demandeurs de pain, les demandeurs d'amour... Pour tous ceux-là, je désirais écrire...


Vous qui me connaissez bien, vous savez que j'aime la ville et tous ses oiseaux ... 
Ses oiseaux ?


A travers la toile du net, je perçois des interrogations, juste là, dans les lueurs de vos yeux ébahis...


Les oiseaux des villes ! Oui, des oiseaux ! De gentils oiseaux...En hiver, ils ont faim, ils ont froids..


Les oiseaux de la ville, ce sont tous ces gens sans toit, ce sont ceux que les beaux manteaux oublient, évitent et repoussent tout près des égouts, des souterrains, des quais de gare et des ponts...


Les oiseaux des villes, ce sont des hommes mal rasés, des mendiants, des prostituées; ce sont des demandeurs d'asile, des demandeurs de pain, des demandeurs d'amour...


      Les oiseaux des villes   I   ( novembre 2009 )
De la "Place Buisset"
Aux "Buissons des Rois"
De la "vallée des nus"
A la "Plaines des Vides-Ordures"
Sur les froids pavés des trottoirs
Le matin attend la nuit
La nuit décale le jour
Tu attends fille du jour
Fille du printemps fille de l'hiver
Le corps explosé aux tourments de l'amour
Le corps exposé aux tournants du désamour
Tu attends fille de rien
Tu attends fille de tous
Que des paupières plissées en billets
De banque des voitures débarquent
Le plus tôt le plus tard
Entre tes soupirs et tes fumées d'espoir
Te déshabiller et te rhabiller
Du nécessaire des fruits et du miel
Du superflu des paillettes des dentelles

     Les oiseaux des villes II  ( novembre 2009 )
La ville est torsadée
De tes arcs-en-ciel urbains
Oiseaux de plumes aux petits cris
Chantant sur les toits des humains
Vous êtes le soleil au bout
des tunnels des piétinants
Aveugles et sourds et malentendants

Vous êtes entre deux façades
De pluie de soleil au fond
De ce qui touche les trottoirs
Les poussières les poubelles les cartons

Oiseaux de plumes aux bonheurs
Simples et tranquilles
Vous regardez piauler les autres
Les "mal-pensants" les indociles
Les embouchés les imbéciles
Aux pieds de plomb aux mains d'argile
Aux poches lourdes de pognon
Au coeur clos et engourdi
Et sourds de partout aux oiseaux des saisons

        Les oiseaux des villes III  ( novembre 2009 )
Décalée dans la ville aux longs manteaux
De verre à soif de canifs métalliques
De clochards de chair de sang et d'étoiles
De courses de chevaux et de rouges carnavals
Tes puzzles derrière les lucarnes
De feux et tes questions géométriques
fertilisent les musiques et les confessionnaux

Noceuse aux amulettes fétardes aux talismans
Tes agapes refroidissent sur des nappes en papiers
Peints et de soie et de cachemire et de rubans
Tes gerbes de flammes rançonnent les chèquiers

Echouée sur les cuirasses des cyniques tambours
Chapeautés d'argent et d'or et de lumière
Et d'encens pourquoi pas puisqu'au nom de l'amour
Tu enjambes gauloiseries et animales crinières.

La poésie c'est pour moi une des plus grandes libertés. On lance des mots, des idées. On crée des images et les mouvements deviennent un film...


Vous avez lu ces textes. Quelles images avez-vous maintenant tout au fond de vous ? Et demain, que restera-t-il de cette lecture et de ces images ? A qui penserez-vous la prochaine fois que vous traverserez la ville ? Et quand il fera froid, très froid, à qui penserez-vous ?



Merci à vous chers amis d'être arrivés ici, sur la dernière ligne...Mais c'est peut-être un commencement, n'est-ce pas ? Après une dernière fois de quelque chose, il y a une première fois d'une autre chose ! Non?...

 

 

CARINE-LAURE DESGUIN

http://carinelauredesguin.over-blog.com

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UNE NOUVELLE D'EDMEE DE XHAVEE : AU CARREFOUR...

Publié le par aloys.over-blog.com

Edmee-chapeau

Au carrefour de la rue des Trois Bacs et de la chaussée de la Grande Ferme

 

Pierre se réveille, l’esprit encore oscillant entre sa vieille chambre à coucher si familière, encore pleine de cette odeur d’inhabité, et l’agréable griserie du rêve dont il vient de sortir. Il y attendait Assunta au carrefour formé par la rue des Trois Bacs et la chaussée de la Grande Ferme. Il y avait l’âge qu’il a à présent, mais le carrefour était tel qu’il l’a connu lors de son adolescence, sans les passages piétonniers repeints de frais, les acacias plantés aux quatre coins, et les panneaux de signalisation qu’il a remarqués hier soir en arrivant. Assunta ! Combien de rendez-vous ne s’étaient-ils pas donnés à cet endroit ? Elle débouchait de la chaussée de la Grande Ferme et marchait vers lui, droite et sans hâte, ses cheveux frisés se mouvant au ralenti sous les caprices du vent. Il avait du mal à ne pas aller à sa rencontre pour écourter l’attente, mais son frère Rocco la suivait parfois, et ils devaient prouver leur bonne conduite. De là ils allaient manger une glace chez Dà Matteo s’ils avaient l’argent pour le bus, ou se rendaient à la maison des jeunes où travaillait Nando, le frère aîné d’Assunta. La voix un peu cassée de la jeune fille l’envoûtait, ainsi que ses longs yeux aux sombres paupières byzantines, ses lèvres si bien ourlées et rebondies, et sa denture saine et régulière, sa peau lisse et ambrée. Ils étaient jeunes, presque des enfants qui entrevoyaient une des merveilles du monde des « grands » : l’amour.


Puis ses parents l’avaient envoyé en pension à Namur. Il ne rentrait plus que pour les vacances. Petit à petit l’impatience de se revoir avait fait place à un léger malaise. Il avait maintenant ses repères dans une ville, de nouveaux amis pour lesquels il ne voulait pas rester « le villageois » Assunta, tout comme son village, peu à peu se dissolvaient, fantômes de sa « vie d’avant »


Trente ans plus tard, après n’être revenu que pour le mariage de son frère et puis le décès de sa mère, c’est le mariage de sa nièce qui l’a ramené. La ferme familiale n’a presque pas changé et il a été ému par sa beauté simple. Le seuil usé de pierre bleue, les fenêtres trapues aux vitres parsemées de petits défauts - des « yeux » comme disait sa mère -, le toit d’ardoises, les pavés bombés de la cour entre lesquels les pissenlits s’infiltrent. Le village s’est un peu modernisé, avec une superette à l’entrée, et des fermes rénovées derrière les haies desquelles surgissent des parasols rayés. Pierre est surpris de la sérénité qui, après un divorce, une faillite et les affres de mettre sur pieds une nouvelle entreprise, l’enveloppe ici. Incrédule il réalise avoir toujours langui en secret pour son village et son rythme matin, midi et soir, et les vies aux passions douces qui s’y déroulaient. Il décide de marcher jusqu’au carrefour, comme autrefois lors de ces chastes après-midi. Le mariage n’aura lieu que demain, et aujourd’hui il veut se rendre à ce rendez-vous avec un passé dont il comprend enfin le charme. Qui sait ce qu’Assunta est devenue ? Quelle aurait été sa vie s’il n’était pas parti ? Sans doute l’aurait-il épousée et serait-il resté ici. Ou pas ? La rue des Trois Bacs a une petite stèle expliquant l’origine de son nom, et quelques nouvelles villas ont remplacé les maisons de son enfance, notamment le « petit maga » où il achetait des Solus. Sans y penser, il s’assied sur la grosse borne de pierre comme autrefois, le regard tourné ver la chaussée de la Grande Ferme. Une voiture s’y engage, secouée par les vieux pavés. Il se lève et s’écarte, la rue est étroite et il n’y a toujours pas de trottoirs. La conductrice accrochée à son volant, le fixe avec attention, ralentit. Sa chevelure crépue danse autour de son visage au gré des cahots. Leurs regards incrédules se vissent l’un à l’autre. Ils se sourient avec une joie rayonnante. Alors qu’elle s’arrête, se penchant de biais vers la fenêtre ouverte, une autre voiture arrivant en sens inverse scelle à tout jamais cet instant de bonheur. L’odeur âcre des freins et l’invincible contorsion des ferrailles ne les atteindront même pas. Et la douleur est une notion qu’ils abandonnent derrière eux. Chacun n’a entendu et perçu que « c’est toi ? » dans une onde de pur plaisir.


 

EDMEE DE XHAVEE

http://edmee.de.xhavee.over-blog.com

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