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Une nouvelle de Manou She : comme un secret.

Publié le par aloys.over-blog.com

 

http://www.bandbsa.be/contes2/belleechapeau.jpg

 

Comme un secret

 

J’avais finalement décidé de ne pas assister à l’enterrement, hantée par un sentiment d’illégitimité, d’imposture, dépassée par un chagrin qui de minute en minute étendait les tentacules de sa souffrance de plus en plus loin dans mon avenir.

Nous avions pourtant à peine eu le temps d’envisager les lendemains, occupés comme nous l’étions à habiter, définitivement nous semblait-il, le présent de l’autre. Tu es mort et je suis là, comme il y a à peine trois mois, avant notre rencontre. Mais avant tu n’étais pas mort. Tu n’existais pas. Tu étais sur une autre planète, en orbite autour d’une autre étoile, moi j’allais travailler, puis je rentrais chez moi et retournais travailler et rentrais encore, comme si c’était la chose la plus évidente qui soit, la seule que j’aie jamais imaginée. C’était ainsi, depuis toujours, petite, je me levais pour aller à l’école et rentrais le soir et mangeais dormais et retournais à l’école et ainsi de suite depuis trente ans et je croyais que c’était ça, la vie, et c’était bien. Et c’était bien, tu entends, j’étais tranquille, comme ça, avant que tu ne viennes, avec ton air gauche, me demander un annuaire, comme si c’était mon boulot de prêter des annuaires, que je n’avais que ça à faire, toute la journée à courir que de prêter des annuaires aux visiteurs perdus... Tout ça pour mourir trois mois plus tard en laissant un gouffre plus grand que l’univers dans le creux de mon être, m’abandonnant avec une esquisse de vie à jamais gravée sur mon corps, me lâchant dans le précipice des émotions sans le moindre bâillon pour faire taire mon chagrin, rien pour seulement pleurer avec ta famille qui ne me connaissait pas. Ton père, ta mère qui auraient su te faire vivre encore un peu. Me montrer des photos de ton enfance. Ton adolescence. Jules sur sa première moto, le regard fier dissimulé par le casque.

Quelque chose pour que tu ne disparaisses pas comme si tu n’avais jamais été réel, comme si ce bonheur si parfait n’avait pas été qu’une mauvaise farce, un cruel pied de nez de la vie…

J’étais passée devant leur maison, j’avais suivi de loin le cortège funèbre… Quelles larmes serais-je allée verser, moi, l’étrangère, quel réconfort aurais-je pu donner-prendre à cette famille qui t’avait vu naître, grandir, rire, à cette mère au regard effrayé, incrédule, devant la perte si inattendue de son enfant ? A qui aurais-je pu dire il m’a aimée plus qu’aucune autre, il m’a confié son bonheur…

Je n’étais rien, dans ta vie. Un silence peut-être. Une respiration. Je me suis retirée toute seule. Je me suis effacée, double clic suppr, c’est fini, Marie disparaît de ta biographie. Y avait-il seulement quelqu’un qui savait que nous devions partir ensemble le jour où tu n’es pas descendu du train gare de Lyon, ce jour où j’ai appelé sur ton portable et qu’une voix blanche m’a dit, ne m’a pas dit, n’a pas pu me dire et a donné le téléphone à une autre voix blanche qui m’a dit sans savoir quoi dire et pourtant assez pour que je saute dans le premier le TGV espérant sans même oser le murmurer des miracles de la médecine qui pas plus que Dieu ne semble décidée à soulager l’homme de sa souffrance fondamentale.

 

Je suis rentrée à Paris comme on se réfugie au sein de la mère, concentrant toute mon énergie à me projeter dans le bourdonnement frémissant de ma ville, faisant disparaître jusqu’à l’autoroute qui m’y conduisait, le regard obstinément fixé sur mon encore invisible destination, l’aéroport d’Orly, les immeubles, les centre commerciaux, la mosquée le périf la porte de pantin le bd Jaurès mes plantes dans l’appartement qui devaient manquer d’eau c’est sûr. Je m’arrêtai à la pharmacie bien décidée à étouffer ce sanglot à coup de lithium, et tiens, du magnésium aussi et de l’Euphytose et avez-vous de la verveine ou quelque chose pour dormir, et des boules Quiès aussi, je ne supporte plus le bruit des motos, c’est terrible, ça fait vibrer toute ma chair, je me sens comme écartelée.

A la maison, volets fermés, un bouquin et au lit, tant pis pour les plantes, que malgré moi je défiais de mourir… aussi.

 

Voilà.  Je ne pleurais pas trop. Trois jours au lit, un après-midi au sauna, un appel à Lucie pour lui dire que j’écourtai mes vacances. J’avais doublé la dose de lithium, de magnésium et d’Euphytose, acheté un thermos pour emporter ma tisane, ma vie était redevenue comme avant, ce n’était qu’un rêve, ou un cauchemar, rien, en somme, trois mois dans une vie ce n’était rien, les rêves non plus, d’ailleurs je n’en avais jamais eu et je retournai travailler.

Paris effaça sa plage, les enfants reprirent leur cartable et moi mon métroboulotdodo, comme si de rien était, je n’avais parlé de ma rencontre avec Jules à personne, personne ne m’en parla, même pas besoin de se taire.

Je ne tentai plus d’oublier, c’était vain, je m’accoutumais seulement à vivre le cœur serré, comme une espèce de douleur, pas violente, non, mais définitive, désespérément définitive. Je m’enivrais matin et soir du brouhaha des pas saccadés dans les couloirs du métro, des corps qui se frôlent à longueur de journée sans jamais se toucher. Comme une capoeira géante. Avec pour musique le bruit des métros sur les rames qui relancent les pas, agitent les retardataires. Celui des portes qui s’ouvrent grand pour avaler le flot continu de chair humaine. La sonnette de fermeture suspend les gestes. Les secousses du transport font vibrer les vitres, les parois et les passagers, les plongeant dans une douce torpeur, effaçant les regards, enveloppant, berçant encore et encore ces corps abandonnés sans complexe au giron artificiel et déglutis quelques stations plus loin dans le même rituel de cliquetis et de frottement, de claquement et de sifflement.

Je m’y livrai aussi avec, me semblait-il, plus de détermination que les autres, préoccupée depuis quelques jours par un appel à l’intérieur de moi dont je ne savais que penser, un appel à la vie ou à la mort,  que je tentai de faire taire, sachant que de jour en jour il se ferait plus bruyant jusqu’au moment où, si je ne prenais pas une décision maintenant, il exploserait à l’air libre braillant hurlant jusqu’à ce que je l’apaise de berceuses et de câlins mais où en trouverais-je la force ?

Pourrais-je entendre dans le cri de la vie le murmure d’un mort ?

 

Chaque jour je marchai plus vite dans les couloirs du RER pour tenter de semer mes pensées, sans réaliser, un vendredi soir, concentrée sur le bruit de mes pas, qu’un silence anormal règnait, un silence qui s’amplifia jusqu’à devenir total au moment où je débouchai sur le quai. Je n’avais jamais vu autant de monde. J’essayais d’estimer et par ce savant calcul de comprendre mais c’est dans l’immobilité et le silence absolu que je déchiffrai la réponse : un voyageur avait pris un billet sans retour.

Tout semblait changé, dans ce décor si familier : les lumières étaient éteintes, les voyageurs, brutalement kidnappés par ce drame violent, cru, se taisent si fort qu’on les entend se taire, écraser la voix intérieure qui aurait voulu parasiter les mots des agents RATP transmettant les informations à leur central et dont les éclats de voix indécents ricochent jusqu’à nos oreilles : nettoyer les voies… enlever les restes…

A l’autre bout du quai, un bébé pleurait.

D’un bout à l’autre du quai, jusque dans le tunnel où gisaient les restes de celui qui fût, les voûtes se renvoient les cris du bébé qui pleurait.

Dix, cent, mille bébés criaient.

Tous les bébés de la terre criaient.

 Tais-toi.

Chacun d’entre nous n’entendait plus que ses pleurs, attendait qu’il se taise, effaré à l’idée que ses cris puissent exprimer l’horreur de ce que nous ressentons tous. Sa maman déambulait fébrilement, le secouant plus que le berçant, les gens s’écartaient pour la laisser passer, la suivaient des yeux pour voir si elle s’y prenait bien, ne fallait-il pas faire autre chose pour le calmer ? l’un d’entre eux suggérant ‘vous devriez peut-être l’emmener ailleurs’ et la mère le regardant, perdue, les yeux pleins de larmes, n’ayant pas la force d’exposer plus longtemps son enfant à la détresse humaine mais ne sachant pas où aller pour l’en soustraire, allant et venant toujours mais désormais comme coupable, coupable de porter ce cri de vie et de révolte qui résonnait avec la mort et soudain je ne pus plus, je ne supportai plus de l’entendre, je ne contins plus l’écho qu’il éveillait dans ma chair tais-toi, tais-toi, je criai aussi, je hurlai, je courus et m’enfuis, errant longtemps dans les rues jusqu’à rentrer à pied dans le soir naissant, prendre la voiture sans même passer l’appartement, porte de Pantin, périf, porte d’Italie, autoroute A6,  Auxerre, Avallon, Pouilly… A6 que je quittai brusquement à Chalon Sud en réalisant que je m’approchais dangereusement de Lyon.

Echapper au destin. Echapper au réel qui s’obstinait à croiser ma route. Ailleurs. Une autre dimension.

J’empruntais des routes au hasard jusqu’à apercevoir un nom qui tout à coup m’apaisa. Cluny. Une abbaye, un refuge pour les égarés. Je suivis donc résolument les panneaux qui m’y mèneraient, dans une campagne obscure et déserte, soulagée de ne croiser que les faibles lampadaires des villages calmes que la nuit engloutissait derrière moi et peu à peu assez détendue pour envisager de m’arrêter quelque part pour manger, une auberge, pensais-je : j’avais changé de siècle, je me sentais au temps des auberges et des abbayes. Loin des RER et des suicidés.

A l’entrée du village suivant, passant devant une station service fermée, je réalisai brusquement que j’étais presque sur la réserve de carburant et compris en même temps que je n’aurai aucune chance, si tard, de trouver une station ouverte, sans parler d’un 24/24.

Cluny etait encore loin. Cluny se dérobait aussi. La nuit m’engloutit, à peine encore percée par les phares de ma petite voiture. Je commencai à m’effrayer à l’idée de passer la nuit seule en rase campagne. Il me fallait trouver gîte et couvert au plus tôt.

J’échouais finalement au Café Bar Hôtel Restaurant du Lion d’Or débusqué sur la place d’un petit village endormi et dans lequel, après un moment de surprise qui suspendit toute conversation, on m’offrit une soupe et un refuge pour la nuit.

 

Je dormais à peine dans la chambre vieillotte qui dégageait le renfermé et la poussière. Mais je ne m’y sentais pas si mal. Le lit ancien, la commode massive, les rideaux lourds de velours me rassuraient. Je passai les plus longues heures de la nuit assise sur une chaise grinçante qui soulignait chacun de mes frémissements, leur donnait un écho, redessinant les contours de mon corps dans le silence de la nuit. Je regardais à travers la fenêtre un paquet d’étoile jouer à cache-cache avec les nuages, je vis la rosée se déposer aux premières lueurs de l’aube, fraîche, précieuse et éphémère.

Je sortis au lever du jour marcher dans la campagne.

Je me sentais habitée.

Je suivis les sentiers escarpés qui surplombaient le village, me racontant inlassablement notre vie et son accident, notre début et sa fin, je marchais dans le jour naissant avec un trou dans la tête et un bébé dans le ventre.

Un bébé dans le ventre. Une force puissante qui multipliait ses cellules sans se soucier des tempêtes qui agitaient le monde. Et si fragile.

J’aurai renoncé à toi, ma Louisette. Je ne savais pas comment te fabriquer dans cette vie amputée. Mais là, dans ce matin tranquille qui m’offrait un lever de soleil d’une rare douceur sur le village endormi, sur les maisons basses, l’église romane, l’église des petites gens, massive, austère ; face à cette vie si discrète, qui se serait voulue invisible, habitée par des gens que ne se disaient que de passage ; face à ce village qui de chacune de ses pierres reliait le passé et le présent, je lus un signe. Je lus la patience de la vie qui se construisait minute après minute, pas après pas, si silencieusement, ma Louise que je pensais que toi et moi nous pourrions entrer dans la danse, discrètement, sans rien dire et tracer comme sur un champ labouré le sillon de notre existence, parmi d’autres, à l’infini.

 

Tu commençais à exister au seuil de ces vieilles pierres, tu commençais à devenir en cachette, comme un cadeau, une délicatesse qui ne se dirait pas pour que les mots ne la gâchent pas.

Et devant le soleil frais de ce matin flamboyant d’automne qui chantait le mystère de la vie, je décidai de te garder, mon bébé, comme on garde un secret.

 

 

MANOU SHE

Publié dans Nouvelle

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Tu m'as dit : "Qui es-tu ?" de Martine Dillies-Snaet

Publié le par aloys.over-blog.com

MARTINE
Tu m’as dit : « Qui es-tu ? »

Poésie,


Je laisse  déjà échapper trop de mots,

Poissons d’argent se faufilant entre les doigts

Entre les lèvres.

Ma tête, mon esprit sont  tiraillés

 Entre le non-dire et les dires

Mais une seule façon de vivre.

En se taisant.


            Tu m’as dit « Qui es-tu ? » Réponds-moi !

Tu n’osais pas me le demander, combien de temps t’es-tu retenue ?

            Tu veux que je te parle de moi

Mais.

Je ne parle jamais de moi,

Je ne peux pas.


            Que dire de soi sachant que tout moi est continuité

Comment parler de soi sans parler des reçus,

Sans mettre à nu l’intime, l’éducation, la vie, l’émotion des manques ?

Et quel nom donneriez-vous à  ce droit qui vous autoriserait

A juger, critiquer l’ascendance ?

Je ne puis prendre cette liberté.


            Après tout, c’est la vie qui a fait de nous ce que nous sommes

Et le poète n’est que nudité d’une vie entière.

Les mots en sont les voiles, les manteaux

Dont il essaie tant bien que mal de fermer, de croiser les pans.


            Tu me demandes de parler de moi.

Je suis poète, je suis poète, je suis poète, je suis

Poète !

Et si je te le dis c’est parce  qu’on me l’a dit.

Risible ! Quel poids ai-je à côté des maîtres ?

            Non, je ne puis te parler.

Il faudra accepter. Se sentir touché ou pas

Aimer ce que j’écris ou pas

Mais pour soi

Et non  parce qu’on m’y aura cherché.

Pour soi.

Non, je ne puis te parler, raconter.

Pourtant, je te l’assure, j’y ai pensé !

            Ta question,

J’en ai fait le tour, en ai dessiné les pleins et les déliés,

Décortiqué les lettres, l’alphabet,

Je l’ai couchée sous mon oreiller

Et

Et lorsque les musiques jouaient en diapason avec mon cœur.

je l’ai entendue me murmurer.

            Mais, désolée, Criquette, Criquet,

Désolée, je n’ai pas pu lui parler.

 

                                              

Quelqu’un, un jour, après une conférence-poétique, lors de la séance de dédicaces, m’a dit :

-          On ne devrait déjà acheter vos livres rien que pour la dédicace. Après deux minutes de paroles, vous laissez couler des mots personnifiés. Jamais je n’ai vu cela. Le plaisir est immense. Merci.

 

 

J’ai souri. Ce plaisir à donner est incommensurable, mais il vous vide.

La question suivante serait : - Pourquoi donner, offrir ?

Rires ! Je te préviens, Criquette, je n’y répondrai pas.

 

 

Bien à toi.

08/10/2010

martine

 

 

 

 

Martine Dillies-Snaet

http://users.skynet.be/TheDillies/

 

Publié dans Poésie

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A LA UNE...

Publié le par aloys.over-blog.com

 

http://by152w.bay152.mail.live.com/att/GetAttachment.aspx?tnail=1&messageId=aee78ca6-ea69-11df-b36f-002264c20888&Aux=44|0|8CD4C8D9F5FE6B0||0|0|1|0||&maxwidth=220&maxheight=160&size=AttJe rappelle l'exposition des illustrations de France DELHAYE au siège de Chloé des lys...http://by152w.bay152.mail.live.com/att/GetAttachment.aspx?tnail=2&messageId=aee78ca6-ea69-11df-b36f-002264c20888&Aux=44|0|8CD4C8D9F5FE6B0||0|0|1|0||&maxwidth=220&maxheight=160&size=Att

http://by152w.bay152.mail.live.com/att/GetAttachment.aspx?tnail=3&messageId=aee78ca6-ea69-11df-b36f-002264c20888&Aux=44|0|8CD4C8D9F5FE6B0||0|0|1|0||&maxwidth=220&maxheight=160&size=AttVoilà un petit aperçu du talent de France... époustouflant, non ?

 

 

 

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http://www.bandbsa.be/contes/actu.jpgA voir sur ACTU: "Que le diable nous emporte...T1 et T2" de Christian Eychloma (Chloe des Lys). L'humanité est menacée par le changement climatique et s'apprête à quitter une Terre gravement polluée. Voir ici:http://www.bandbsa.be/contes.h tmhttp://photos-a.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash2/hs471.ash2/74433_484639507358_676387358_6987072_2987452_s.jpg

 

 

 

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http://www.bandbsa.be/contes/depaoli.jpgJacques de Paoli est l'invité du dimanche matin 13 novenbre à 11 heures de la radio RQC de Mouscron... 

Il serai à la bibliothèque René Henoumont d'Herstal le 26 novembre à 15 heures ( rue large voie 110). Il y présentera mon roman "APRES TOUT..." La chanteuse/diseuse Madame Muriel Vigneron y lira des extraits comme elle le fit avec talent à la bibliothèque d’Auvelais (Sambreville) dans le cadre de La Fureur de Lire.

 

http://www.bandbsa.be/contes/cybelejules.jpgPrésentation de mon livre à la bibliothèque de Herstal dans le giron de Jacques De Paoli, le 26 novembre, c'est SON évènement mais il m'y fait une petite place. L'évènement est signalé sur le forum (voir Suggestion : le comptoir de Liège et Evènement : Jacques + J.C.).

 

 

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gauthierhiernauxCe petit message pour vous donner trois petits renseignements.

Les Foires du livres d’abord : le week-end des 13 et 14 novembre, aura lieu à Tournai  le fameux ‘Tournai La Page’. J’y serai présent le 14/11 à partir de 14h pour dédicacer mes trois ouvrages, tous parus chez Chloé des Lys.

Le week-end du 27 et 28 novembre, je serai présent à la 8ème Foire du Livre Belge à Uccle (Centre culturel, rue Rouge 47 à 1180 Uccle) le 28/11, également à partir de 14h00. Notez que cette Foire est essentiellement axée sur les auteurs belges, une exclusivité en Belgique...

Enfin, vous trouverez sur mon blog (www.grandeuretdecadence.wordpress.com) un nouvel onglet intitulé ‘Glossaire’ que je vous invite à consulter. Vous y retrouverez la définition de certaines termes qui reviennent régulièrement dans mes ouvrages.

 

 

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http://www.bandbsa.be/contes/actu.jpgA voir dans ACTU: Programme de l'émissiondu 14 novembre
C'est la 8° émission de cette télé qui s'installe doucement dans le web. Au programme... une foultitude de choses: la séance de dédicace des auteurs bruxellois à l'Espace Art Gallery, le prix de l' AREW remis à Laurence Amaury (CDL) pour l'ensemble de son oeuvre,http://photos-f.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash2/hs449.ash2/72221_485133657358_676387358_6996231_3752519_s.jpg "...La samaritaine"et Huguette Van Dyck son animatrice (en photo), Philippe Tasquin qui passera en décembre dans ce café chantant... voir ici http://www.bandbsa.be/contes.h tm

 

 

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http://www.bandbsa.be/contes/damienpetit.jpgAvant-première de mon prochain roman à Tournai la Page ce 13 novembre!! Bienvenus à tous!!http://www.bandbsa.be/contes/conviction.jpg (présence soutenue et assurée de Lauretta)

bobclin A voir dans ACTU: Damien (CDL) "Tout est dans la conviction" Belge, de Lessines, c'est son deuxième roman chez Chloe des Lys. Il y a eu "Affaire d'Ego" en 2008 et le voici qui nous propose maintenant "Tout est dans la conviction".

Un texte qu'il présente lui-même comme du romantisme noir, avec un personnage amoral que tout excède...Ses maîtres en littérature, Kérouac, Jean-Jacques Rousseau, Camus, Benjamin Constant, Dostoïevsky: très éclectique. Voir ici:http://www.bandbsa.be/contes.h tm

 

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desguinBonjour à tous ! Vous êtes libres le week-end prochain ? Parfait !

 Dans le cadre des manifestations de Tournai-la-Page, venez  découvrir cette grande foire littéraire !
 Le samedi 13 novembre à partir de 14 heures, je vous attends ! Où ? Halles aux draps, grand-place, Tournai !
 
Vous avez déjà Rue baraka ? Qu'importe ! Venez découvrir d'autres auteurs et pour ma part ...je vous dédicacerai la dernière page de votre Rue Baraka !
 
Je serai sur le stand de Chloé des lys ! Merci à tous et ...à samedi !
 

Ci-joints quelques liens ...et vous saurez pourquoi le secret du vieux peintre ....Soyez curieux ! image-1
 - Sur critiqueslibres, on parle de ce livre :
http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/23346
 - Autre site littéraire :http://livrogne.com/2010/07/rue-baraka-carine-laure-desguin/
  - Autre site littéraire :
http://jelistulisillit.wordpress.com/?s=rue+baraka 
  - Exigence littérature : 
 
http://www.e-litterature.net/publier2/spip/spip.php?page=imprim&id_article=1008&var_mode=calcul
 - Sur le blog de Christine Brunet  : http://recreaction.over-blog.org/article-carole-laure-desguin-l-ecriture-c-est-chez-moi-comme-des-vents-qui-deboulent-46982401.html
 

 - Autre site littéraire :http://livrogne.com/2010/07/rue-baraka-carine-laure-desguin/

Carine-LAure Desguin
http://carinelauredesguin.over-blog.com

 

 

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bobclinA voir sur ACTU: Einar Kleve. Un deuxième roman chez CDL "Garcisse" pour ce jeune natteur du groupe belge "Hologramsss". " Garcisse, c'est un jeu de mots entre « garce » et « narcisse ».L'histoire d'une jeune femme d'origine flamande, Liesbeth, qui sehttp://photos-h.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash2/hs472.ash2/74550_486150697358_676387358_7018994_6306918_s.jpg dénude devant une webcam, et de son frère cadet, Herman, qui étudie le journalisme. Il est également très féru de musique rock et joue comme claviériste dans un groupe. Nos deux jeunes gens sont pris au piège d'une modernité criarde un peu bébête mais subtilement angoissante."

 

Voir ici   http://www.bandbsa.be/contes.h tm

 

 

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bobclinA voir sur ACTU: Gerard Cavazzasur Radio Campus peinture, littérature, poésie... Il est sans doute plus peintre (abstrait, surréalisme et couleurs) qu'écrivain. A moins que ce ne soit le contraire...un long entretien radiophonique avec cet artiste dehttp://photos-g.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash2/hs465.ash2/73818_486162742358_676387358_7019098_5997767_s.jpg réputation internationale qui publie cette année "Les âmes Pénélope" chez Chloe des Lys." J'écris sur un cahier d'écolier, assis à une table de bistro, de préférence en terrasse pour voir passer les filles..." Voir ici:http://www.bandbsa.be/contes.h tm

 

Un lien...  http://www.radiocampustours.com/2010/11/on-est-pas-serieux-quand-on-a-17-ans-mercredi-3-nov/

 

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bobclinA voir sur ACTU: Micheline Parmentier"Paroles nues". Encore une 'tit nouvelle pour CDL "J'habite à Schaerbeek (Bruxelles), dans la cité des ânes ( 4 longues oreilles sont à l’écoute au Parc Josaphat) de l’autre côté du boulevard il y a le quartier deshttp://photos-b.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs1180.snc4/150280_486696772358_676387358_7028174_1244511_s.jpg “FLEURS”...". Avec "Paroles nues", elle est partie à la recherche d'elle-même et s'est découverte dans la poésie." J’écris pour vivre mieux, pour fixer mes émotions dans une fenêtre ouverte sur l’avenir..." voir ici: http://www.bandbsa.be/contes.h tm
 

 

  

Publié dans ANNONCES

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Impression de lecture : "Toi-Nous" de Claude Colson vu par Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

Photo Christine BrunetJe ferme le dernier livre de Claude Colson, Toi-Nous, avec, dans la bouche, un petit goût d'amertume... et d'échec. Je vous sens lever un sourcil interrogatif...

 

Vous vous méprenez ! Il ne s'agit pas là d'un échec de l'auteur... mais de l'échec d'une vie, celle d'Yves. Alors que dans Lena, Bruno se rebiffe, s'insurge, crie son mal être et son incompréhension, Yves espère, tente l'expérience qui s'offre à lui mais reste en retrait et analyse : il a mûri.

 

Il a compris, s'implique mais garde son individualisme et sa lucidité. Ses coups de gueule sont désormaistoinouscols-couv-simple contenus même si la passion est là, prête à déployer ses tentacules.

 

Au gré de son état d'âme, les mots jaillissent, bouillonnent ou étouffent, engluent, tourmentent. Aux couleurs éclatantes de l'espoir et du désir se substituent peu à peu le gris du doute, le noir de la rancoeur, de la résignation puis de la solitude.

 

Toi-Nous... C'est d'abord Toi puis Nous puis Moi... Fatalité d'un échec programmé ? Ou éternel recommencement parce que l'Humain ne peut se satisfaire du singulier ? La réponse est dans chacune de ses pages... derrière chacun de ses mots...

 

Toi-nous se lit d'une seule traite, au rythme des soubresauts de deux vies qui espèrent, hésitent et se déchirent sans parvenir à ne faire qu'une. 

 

 

 

Christine Brunet

http://recreaction.over-blog.org

www.aloys.me

 

 

 


Publié dans Fiche de lecture

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Christian Van Moer a lu "Nouvelles à travers les passions" de Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.bandbsa.be/contes/chrismellone.jpg"Nouvelles à travers les passions", critique de Christian Van Moer

 

Après nous avoir fait traverser les saisons, voilà donc que Micheline nous invite à voyager à travers les passions.


Au gré de sa fantaisie, 24 textes plus ou moins courts nous mènent tant du Pays Noir à Vittel ou de la Vendée au Portugal, que de la Belle Époque au Moyen Age ou des années cinquante à nos jours. Et avec elle, on regarde des photos, on relit de vieilles lettres, de vieux documents, on écoute les cris et les chants, distraitement d'abord, avec émotion finalement.

 

Écolier à cette époque révolue où la moindre image nous faisait rêver, j'étais fasciné par certaines illustrations de mon manuel d'histoire ou de mon livre de lecture : la statue équestre d'Ambiorix, le portrait de Marco Polo, les Sauvages emplumés du Nouveau Monde entre autres, ou encore le siège d'un château fort, une exécution capitale, un autodafé... : avec nostalgie, j'ai eu l'impression de retrouver quelques-unes de cesboland2 images - qui en montraient à la fois beaucoup et pas assez - lorsque Micheline fait revivre Christophe Colomb, Henri le Navigateur ou Barbe-Bleue...

 

Micheline glane dans le champ des passions. Traversant les frontières et les époques, ses récits dévoilent les hommes en montrant la beauté et l'horreur, l'ambition et l'amer ressentiment, l'envie et l'amour, la Providence et la fatalité, le printemps et l'hiver de la vie, la démence et le salut... Mais chez Micheline, les passions les plus inavouables sont décrites avec retenue (trop, peut-être), avec une extrême pudeur : le sang n'éclabousse pas le lecteur, les personnages ne crachent pas leur bile. C'est un peu comme dans les Contes de Perrault, où la cruauté et les turpitudes de la vie demeurent évidentes malgré la sagesse et la beauté des mots.


Si certaines nouvelles surprennent parfois, c'est par le pouvoir insidieux de la fascination que leur brièveté recèle et libère au final, lorsque la fine ampoule contenant le poison ou le parfum se brise. Charmé, contrit ou simplement perplexe, on vacille alors un moment avant de passer au récit suivant.

L'écriture est irréprochable : le vocabulaire est riche sans être pédant, la phrase, courte sans être stéréotypée, la syntaxe et l'orthographe sont solides.

Un paragraphe : Quand je lève les yeux vers lui, sa belle chemise blanche en lin est éclaboussée d'encre. La perfection de l'encre m'apparaît non pas sur ce papier enduit au blanc d'œuf qu'il a fait passer de l'un à l'autre, pareil à un bijou précieux, mais sur le lin. C'est comme si la fibre livrait une dimension spirituelle. La force et le pouvoir de l'inattendu. La métamorphose de la maladresse. L'encre sève de vie. La tache rédemptrice aussi bien du péché de perfectionnisme que de celui d'orgueil. (Éclaboussures d'encre de Chine, p.148)


Personnellement, j'ai particulièrement apprécié "Une espèce de Mentor" et "Piqûre ou Grigri ?"


J'ai passé un bon moment de lecture...

 

 

Christian van Moer


christianvanmoer2.skynetblogs.be

christianvanmoer.skynetblogs.be

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Lettre d'amour... d'Edmée de Xhavée

Publié le par aloys.over-blog.com

Edmee-chapeau-copie-1Lettre d’amour (Edmée De Xhavée)

 

 

   Ma bien chère Léonie,

 

   Comment commencer, comment terminer, comment expliquer? Comment, après cinq ans de mariage arrangé vous confier mes sentiments sans être ridicule, sans vous blesser ?

 

   Cinq ans. Presque sept depuis notre première rencontre. Je revenais de ce long séjour en Argentine où j’avais appris les secrets de la laine et de son commerce. J’étais gorgé de splendeurs et d’aventure, de ces visions d’un autre monde avec ces buffles magnifiques tirant les chariots de laine, les gauchos à la peau cuivrée et leurs chevaux beaux comme si descendus directement des nuages d’orage, les gués où les voitures s’embourbaient, les patios plantés de fleurs luxuriantes et buissons à l’ombre desquels on savourait le dulce de leche avec un maté.

 

   De retour, il me sembla que toute la ville n’attendait que le récit de mes aventures et des nouvelles de leurs familles installées là-bas. Je passais d’un salon à l’autre. Avais-je vu les de Jaer, les Lonhienne, les Young ? Comment supportaient-ils le climat ? Comment donc grandissaient les petites Marguerite et Germaine ? Comment se comportaient les actions du vélodrome Palermo, dans lequel presque tout le monde avait investi ? Et la traversée, avait-elle été bonne ?

 

   Mais partout aussi, avec une insistance bien peu discrète, on me parlait de vous. J’avais trente ans, et une belle expérience acquise avec les meilleurs des marchands de laine. Il me fallait m’apprêter à accompagner ce précieux bagage d’une vie de famille que je fonderais.

 

   Vous reveniez de Suisse, où vous aviez passé deux ans avec une tante malade. À cause de ces années perdues, voilà que vous étiez un peu plus âgée que les autres pour vos premières sorties. On vous disait calme, peu portée aux plaisirs de la société. Il est vrai que tout ce temps avec votre tante vous avait tenu à l’écart de la jeunesse et ses facéties, ainsi que des attentions des jeunes gens peu intéressés par la paire que vous formiez et qui était, alors, indivisible.

 

   Ma mère vous qualifiait de bon parti, vantant votre teint pale et votre inébranlable patience. Vous aviez tout pour faire une mère idéale, insistait-elle.

 

   Lorsque je vous ai vue, non, je ne vous ai pas trouvée jolie, pardonnez-moi. J’avais encore le souvenir de cette exubérante jeune fille de la belle société de Buenos Aires que mon cousin allait épouser : un chignon si lourd que l’on aurait dit un turban de la soie la plus noire, les lèvres sinueuses, les yeux languides, la poitrine que l’on imaginait tiède et rebondie sous la soie brodée, le cou animé d’un battement de cœur que l’on aurait voulu calmer d’un baiser. En comparaison, vous m’apparaissiez sans surprise, d’une beauté qui n’étincellerait jamais.

 

   J’ai pourtant été heureux de nos fiançailles. Un homme sans dettes se doit de se  marier, de donner à son propre père l’assurance de sa descendance et votre quiétude, si lointaine des bouderies et caprices de la belle Argentine que j’aurais sans doute aimé avoir à satisfaire pour la simple récompense de ses effusions fut, en fin de compte, une route sans ornières vers notre mariage. J’étais content, oui. Pas amoureux, mais content. « Le mariage n’est pas une affaire de cœur », m’avait bien dit mon père. « Mais il le devient parfois quand on a de la chance ». En moi pourtant, je voyais mal comment nos relations, polies et aimables mais dénuées d’intimité même dans nos moments les plus intimes, auraient pu un jour s’animer au point de bouleverser mon cœur.

 

   Nos trois enfants naquirent ainsi, issus de ces étreintes polies mais non sans douceur. Je vous embrassais sur la joue en riant, vous serrant contre moi, et vous compreniez mon attente. Vous aviez un sourire dont la gentillesse me rassurait toujours, sans que j’y prenne garde alors. Vous ne me subissiez pas, ni ne me recherchiez. Mais vous vous donniez sans marchander ou flirter. Et sans mot, lorsque nous allions nous endormir, vous me souriiez, la joue perdue dans ce flot de cheveux sombres qui avaient alors l’odeur du bonheur. Et vous fermiez les yeux, replongeant dans cette existence qui était la vôtre et dont je vous laissais maîtresse, par une indifférence bien masculine que vous ne me reprochiez pas.

 

   Et puis je suis reparti en Argentine pour un an, à Buenos Aires. Avec trois jeunes enfants, vous êtes restée sur place. Lorsque nous nous sommes dit au revoir sur le bateau, le tremblement de votre menton et l’eau sur votre regard ont brisé le sceau de mon coeur. J’ai pensé que c’était votre peine que je consolais, que c’était pour vous réconforter que je vous ai promis d’écrire souvent et de penser à vous. J’ai cru que c’était l’inquiétude pour votre solitude de jeune maman qui me tracassait pendant cette longue traversée. Qui me tenait éveillé dans ma cabine ondoyant sur les flots. Qui me rendit indifférent aux charmes de la toujours très belle et insupportable Consuelo. Qui suspendait brutalement mes pensées lorsqu’on me parlait de vous ou des enfants.

 

   Chère, chère Léonie, non.

 

   C’est l’amour de vous, la douleur d’être séparé de vous, la souffrance de me trouver si loin alors que j’entends mon cœur hurler de joie « j’aime, j’aime ! ». Je vous aime avec force, je me languis de votre odeur, de vous serrer dans mes bras, de vous dire mon amour en français et en espagnol puisque vous êtes si fascinée par cette langue aux senteurs d’abricots. Plus que trois mois, trois petits mois, et je vous expliquerai votre beauté, ces yeux qui sourient de leur eau tranquille aux reflets d’or, cette chevelure qui se dénude pour moi des peignes et rubans et s’étend comme une onde tiède, ce corps bien droit et fier qui se déploie pour les naissances de ces enfants qui nous ressemblent, ces lèvres encore bien enfantines qui sourient avec la force d’une femme… Je vous aime, ma chère Léonie, et suis un homme heureux, comblé.

 

   C’est un mari amoureux que vous accueillerez au bateau d’ici peu.

 

 

Edmée de Xhavée

http://edmee.de.xhavee.over-blog.com

Publié dans Textes

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Les oiseaux des villes VII : poème de Carine-Laure Desguin

Publié le par aloys.over-blog.com

desguin
VII

Il revient quelquefois je sais que c'est lui
Sur les trottoirs des villes les oiseaux ont faim
Longeant les murs les berges le jour la nuit
Gamin poulbot bon à rien galopin
  
Où est-elle son étoile à Paris ou ailleurs
Chaque ville pleut des riens et se rit bien des choses
On se veut magicien peindre bleu peindre rose
Colorer les lumières allumer les couleurs
  
Il revient quelquefois je sais que c'est lui
Sur les pierres dans les gares il est revenu
Vous entendez sa voix ses faims et ses cris
Ses chansons riment encore et ses pieds sont nus
  
Ton corps saigne de partout et vides sont tes poches
Tes barricades sont là elles hissent tes drapeaux
C'est moi qui t'écris je ne suis pas Hugo
Des gamins survivront ils s'appellent tous Gavroche

Carine-Laure Desguin

http://carinelauredesguin.over-blog.com

Publié dans Poésie

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A LA UNE...

Publié le par christine brunet /aloys

bobclin A voir sur ACTU: Interview:Sylvia Chamis (CDL). Encore une 'tit nouvelle chez CDL ! Parisienne, responsable des resources humaines dans une grosse boîte, elle va publier "Le 11 septembre à Uckange". Ce quihttp://photos-h.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs007.snc4/33735_480783037358_676387358_6908887_4119082_s.jpg l'énerve ? Les jugements à deux balles, du genre (vous allez les reconnaître) les gentils salariés et les méchants patrons ; les femmes dominées et les salauds de mecs ; les immigrés sympa et les cons qui vivent sur leur palier ; les cyclistes écolos et les bagnoles... Voir ici: http://www.bandbsa.be/contes.h tm

 

 

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chloeExposition des illustrations réalisées par France Delhaye au siège des Editions Chloé des Lys du 01/11 au 30/11

 

 

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claude colson28 octobre : ma réflexion du jour :

La création, c'est au final de l'inutile, comme le reste mais qui dira ce qu'elle apporte en "trouver du sens" au créateur, sa fierté gratuite ( et la nécessité vaine)   d'avoir ajouté au monde quelque chose d'unique ( à prétention esthétique) qui n'y était pas avant lui.

20 Octobre :

 Dans  mes trois premiers livres d'autofiction j'ai eu pour souci constant d'essayer d'aller à l'universel.

Je reçois , 4 ans après la première parution de Léna, une rencontre, cet avis qui montre que je n'ai pas totalement échoué :

" Je viens de terminer "Léna, une rencontre"... que dire... j'ai beaucoup aimé ! Et cela m'a enLena C. Colson même temps beaucoup troublée : c'est comme si j'y entrevoyais l'écho de mon propre récit... même si le contexte, l'histoire, ne sont pas exactement les mêmes, bien sûr... il demeure toutefois des similitudes dans les émotions... et dans l'expression de celles-ci... sauf que, bien sûr ici, le point de vue est masculin.
   Bref, merci pour ce moment de lecture !"

 

 

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     http://www.bandbsa.be/contes2/youtube.jpg A voir et à revoir... CDL et corelap... sur la chaîne YouTube CDL... http://www.bandbsa.be/contes.htm

 

 

 

 

 

 

 

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bobclinA voir sur ACTU: InterviewMarcelle Pâques (CDL): "Bientôt les jonquilles". C'est par l'entremise d' Edmée de Xhavée que Marcelle est arrivée chez Chloe des Lys. Elles s'échangeaient des commentaire et des textes par blogs interposés puis unhttp://photos-c.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash2/hs475.ash2/74854_484091162358_676387358_6979093_7277576_s.jpg jour l'auteur(e) des "Romanichels" lui a conseillé d'envoyer ses textes à l'éditeur. Bien lui en a pris puisqu'elle va publier à son tour un premier receuil de poèmes. Membre du club littéraire hennuyer, elle connait également Laurence Amaury. Qui se ressemble s'assemble... Voir son interview: http://www.bandbsa.be/contes.h tm

Publié dans ANNONCES

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Une nouvelle de Marcel BARAFFE : Gazons

Publié le par aloys.over-blog.com

http://www.bandbsa.be/contes/baraffe.jpg

 

 

Gazons

 


S’il est, dans l’ensemble du monde sportif,  des êtres particulièrement différents de tous les autres, ce sont bien les footballeurs. Ils s’embrassent, s’envoient des accolades à briser les os d’un bœuf, se tapent dans la main comme des banquiers venant de conclure une bonne affaire, pirouettent, courent en gigotant (de préférence dans le champ des caméras), amorcent quelques pas de danse exotiques mais il n’y a là rien de bien original, me direz-vous, et c’est vrai. J’ai pu vérifier que ces comportements sont aussi très courants, ailleurs, quelle que soit la forme du ballon. J’ai même vu, dernièrement, une athlète enveloppée du drapeau national se rouler par terre, une attitude qui a certainement fortement déplu à bon nombre d’anciens combattants.


            En vérité, dans la classification des espèces dont la principale fonction est d’essayer de vaincre (pacifiquement) les autres, le véritable trait distinctif propre à l’homo habilis footeux, réside dans sa faculté à extirper du plus profond de sa gorge, une quantité non négligeable de salive qu’il propulse devant lui. Ce n’est pas du mépris pour l’adversaire et encore moins pour le spectateur. Mais c’est comme cela, le footballeur crache. Aucun témoin, digne de foi, ne niera cette particularité. Et pour ceux qui douteraient encore en affirmant qu’ils ne sont pas les seuls sportifs à expectorer en public, ils n’imaginent quand même pas que les nageurs au départ crachent dans la piscine avant de plonger et ce ne sont certainement pas les concurrents du 100 mètres dos qui s’exposeraient  à des retombées désagréables. Prenons le cas maintenant des joueurs évoluant sur des revêtements lisses. Vous pensez bien qu’ils ne prendraient pas le risque de rendre plus dangereux un sol déjà rendu glissant par la sueur. Le volleyeur a, bien sûr, le recours de cracher par-dessus le filet. Mais ce n’est pas évident. Je vous vois venir. Vous allez me parler des rugbymen. Allons donc ! Ils ont si souvent la tête dans l’herbe, la poussière ou la boue qu’on ne voit pas leur visage et il ne viendrait à un aucun joueur l’idée de cracher en plein milieu d’une mêlée.


          Rien n’échappe à l’œil des caméras. Elles nous apprennent ainsi qu’un footballeur crache en moyenne trois fois par minute. Un match dure 90 mn. Ils sont 22. Nous excluons de ce total l’arbitre de champ trop occupé à jouer du sifflet. Il n’est pas nécessaire d’aller au-delà de ces chiffres en nous livrant à des calculs fastidieux. Il apparaît clairement qu’à chaque rencontre sportive, le gazon est arrosé ici et là et qu’il reçoit donc une quantité non négligeable de salive qu’on peut estimer à quelques litres. Et alors ! Ne pourrez-vous vous empêcher de glisser. Et alors ! Mais ce n’est pas sans conséquences, bien au contraire. Je ne veux, bien sûr, porter aucune accusation ici à propos de pratiques qui font jaser les média. Ce n’est pas à moi de le faire. Mais il se trouve que, selon une loi naturelle, ce qui revigore l’être humain et lui donne un supplément d’énergie n’est pas nécessairement favorable au végétal. Vous me voyez venir n’est-ce pas ? Eh oui ! On a constaté que les gazons des pelouses dépérissaient jusqu’à disparaître, laissant ainsi la terre à nue, avec pour conséquence fâcheuse de rendre les tacles dangereux. Comment ? Que dites-vous ? Ah oui ! Exact. Pas facile de travailler le ballon lors des coups de pied arrêtés. C’est horrible. Je vous l’accorde. Mais rassurez-vous. Vous avez certainement remarqué que les gazons naturels disparaissaient de nos stades au profit de gazons synthétiques traités en laboratoire pour résister aux substances douteuses que pourrait (notez bien le conditionnel) contenir la salive de nos footballeurs. Le génie humain, mon cher ! qui trouve toujours des solutions là où il y a des problèmes. Voyez-vous ! Ces sportifs de haut niveau, performants et adulés des publics, peuvent continuer à cracher comme avant et même davantage. Et tant pis pour tout ce petit monde, du conducteur de tondeuse à l’arroseur, qui a perdu son boulot. Qu’ils se consolent en se disant que c’est pour la beauté du sport.        

 

 

Marcel BARAFFE

http://marcel.baraffe.over-blog.com           

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FLORIAN HOUDARD: "Créer, c'est crier !"

Publié le par aloys.over-blog.com


 

« Créer, c’est crier. » 

 

houdartUn crayon à la main, je relis ma « Petite femme aux cigarettes ». Je ne peux laisserblackout aucune longueur, les phrases doivent toutes virevolter comme des plumes emportées par le vent. Déjà, j'approche de la fin et les larmes me noient progressivement les yeux. Je pense qu'il n'y a rien de plus cruel que l'irruption du merveilleux dans un monde aussi désenchanté que le nôtre. Quoi qu'il en soit, je suis vraiment très heureux que Chloé des Lys ait également décidé de publier ce roman-là. Peut-être encore plus que pour le premier.

 

Celui-là, je le voulais aussi personnel qu'universel, plus accessible mais tout aussi profond. J'ignore si j'y suis arrivé mais je suis satisfait en tout cas d'avoir eu de telles ambitions. Je voulais de la poésie en images planant sur une forêt de symboles. Avec Black-out, j'avais souhaité toucher à tout : l'humour et la mélancolie, la terreur et les jeux de langue, l'héritage surréaliste et les clins d'oeil aux films de science-fiction. « La Petite femme aux cigarettes » plonge quant à lui dans l'univers des contes de fées pour mieux nous narrer la honte des vies défaites.

 

A priori, les deux récits ne se ressemblent guère mais à y regarder de plus près, c'est toujours le même plaidoyer pour la dignité humaine qui en ressort.florian3.jpg

 

Après les mots viennent les sons. Les baffles de mon ordinateur crachent les nouvelles compos des Rotten Apples, mon groupe de punk hardcore humoristique, et j'ai du mal à croire que je suis capable de hurler si fort. Notre évolution est assez nette : toujours plus de cynisme et d'expérimentations sonores. On sent l'enthousiasme avant la technique et même si le chemin reste long, je pense que c'est le bon.

 

J'en suis certain maintenant : créer c'est crier. Parce qu'il y a trop de vides à combler.

 

Revenant sur mon adolescence, j'écrivais en mars un dernier slam, sentant à raison que j'allais devoir arrêter les scènes à Mons. Dans ce texte, il y avait ces phrases : 

 

« On manquait tellement de com qu’on avait tous notre cam.

C’est comme ça qu’on avance quand rien a plus de sens : 
J’pense qu'il faut se soigner seul et sans ordonnance.
Moi, ma taff, mon shoot, c’était déjà d’écrire.

Matérialiser sur papier tous les cris et les délires.

Et imaginer cet ailleurs que je pourrais jamais visiter.
Pas d’avenir pour moi, donc je me pemettais de l’inventer. »

 

(Flaw, « Ma dernière scène »)

 

Un mois plus tard, après m'être qualifié pour le Grand Slam de Bobigny, j'apprenais que j'étais désormais persona non grata à la Maison Folie où se déroulent les scènes montoise. Au moins, en écrivant ce dernier slam, j'avais été honnête avec moi-même, contrairement aux adeptes du One Man Show pour la middle class.

Slam MonsMême si j'ai aimé concevoir des histoires abracadabrantes depuis mon plus jeune âge, j'ai commencé à écrire plus sérieusement à l'adolescence, comme beaucoup de jeunes auteurs d'ailleurs. Et, en cela pas différent pour un sou des blogueurs actuels, j'écrivais alors pour combler un vide intérieur, imaginer des autres moi dans des autres mondes. D'années en années, j'ai compris que le vide était surtout extérieur avec les arts qui dépérissent, écrasés par la culture du masse, et les gens qui dépriment, étouffés par la société de consommation et « sa loi du toujours plus ». Les germes de « Black-out » sont donc apparus avec l'éveil de ma conscience sociale.

 

Créer c'était toujours crier, mais différemment.

 

Face aux abominations de la culture de masse, ses clichés, ses histoires pré-scénarisées écoulées massivement grâce à l'implication de médias omniprésents, j'étais convaincu qu'il me fallait écrire pour faire ce qui n'avait pas encore été fait, sinon cela n'en valait pas la peine. Je n'entends pas par là quelque chose de parfaitement original, cela est impossible, on a tous nos influences, mais quelque chose qui me serait propre et en rien formaté et frelaté par le système.

 

Comme le dit si bien le groupe de metal industriel Nine Inch Nails : Art is resistance.

 

 

 

Il n'y a pas de création pure mais il y a en revanche une création vraie, celle qui déforme tous les moules et qui ne se laisse pas manipuler par les faiseurs d'opinion.

 

Créer, c'est aller contre les normes, secouer les convenances.

Il ne s'agit bien évidemment pas de faire de la provocation inutile, non, mais plutôt de se forger son cadre de création propre à partir de tout ce qui nous a particulièrement ému et inspiré.

 

Je sais que j'ai fait très peu de chemin encore mais j'ai trouvé à ma démarche un nom qui me plaît: post-surréalisme.   

 

 

 

 

Dans Black-out comme dans la Petite femme aux cigarettes se développait silencieusement un second univers, à l'intérieur même du récit, permettant aux personnages d'échapper à la brutalité de la vie. Ce lieu serait peut-être le surréel, un endroit où l'on peut fuir tous les conditionnements et la dictature des instants. Un endroit qui transforme la souffrance personnelle engendrée par la société de consommation en une création qui permet aussi de se recréer. Ainsi mes personnages sont eux-mêmes comme des auteurs de leur propre histoire, même l'issue fatale est là, dans le temps du récit, ils peuvent goûter à l'ivresse de la liberté.

PICT-florian.JPG

 

Post-surréalisme donc parce que nous ne pouvons hélas exister que dans l'après. En attendant peut-être que le présent devienne un passé riche en enseignements...

 

 

Florian HOUDART

http://www.ombreflets.com/auteur-florian-houdart-110.html

www.facebook.com/people/Florian-Houdart/1384734528 

 

Publié sur le blog Passion créatrice le 19/09... 

Publié dans Textes

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