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Emilie DECAMP : "24 heures pour la fin d'un monde ?"... Extrait

Publié le par aloys.over-blog.com

site-1-.jpg« Il se tient dans l’ombre du couloir. Mais malgré cela, je peux voir la veine de son cou palpiter de rage. Ses sourcils se froncent et ses poings se serrent. Mon cœur aussi, j’ai peur. Je tremble. Il est comme une bombe à retardement, mais je ne peux pas voir le temps défiler ni savoir à quel moment il va exploser. Je suis stoïque face à lui et je sens les larmes prêtent à jaillir. Elles ont l’habitude et se tiennent prêtes. C’est triste. C’est lamentable. J’ai l’impression que cela fait une éternité qu’on se fixe. J’ai envie de baisser les yeux, mais je n’ose pas. Toujours garder son ennemi à l’œil. J’entends son souffle rauque, entrecoupé. Il a du mal à respirer avec la colère qui s’engouffre en lui. Pitié, qu’il s’étouffe avant de m’atteindre.


Il avance pas à pas. Que fait-il ? C’est un non-sens. Sa démarche ne colle pas à son humeur. Il devrait se précipiter et étaler sa rage. Mais que ça passe vite. Au lieu de ça, il fait durer en longueur comme s’il avait compris que c’était la meilleure façon de me torturer.


Il se penche en avant. Son visage est juste en face du mien et je vois ses lèvres frémir, un rictus s’inscrire sur son visage et un sinistre « Toi… », tremblant et haineux, sortir de sa bouche.


Le reste sembla se passer au ralenti. J’ai vu sa main qui se levait et s’abaissait lentement mais violement sur ma face de gamine. Je l’ai vu retirer sa ceinture et la claquer sur mon dos avant de réfléchir et de la retourner. Avec la boucle, c’est plus marrant. Et elle s’enfonça dans mon dos. J’ai vu des gouttes de sang perler sur le sol. J’ai vu sa main se relever et tomber de toutes ses forces sur ma tête. Après, je ne me suis plus relevée. Je ne voyais plus rien avec les larmes. J’avais tellement mal, tellement mal,…


Qu’ai-je fait pour qu’il ne m’aime pas ? »

 

Elle était une victime, mais s’en rendait-elle seulement compte ?


Elle alla devant le miroir, se retourna afin de voir le reflet de son dos et souleva son t-shirt jaunâtre. La trace de la boucle était encore visible comme pour montrer que jamais elle ne pourrait oublier cette journée, celles qui ont suivies et celles qui ont précédées.


Encore aujourd’hui, l’éternelle question tourne dans sa tête. Qu’avait-elle fait pour qu’il la haïsse à ce point ? Surement une chose horrible. Une larme perla sur sa joue.


Elle tourna un cahier entre ses doigts. Tous les textes qu’elle avait écrits étaient dedans. Il était vert avec une reliure noire. Sur la couverture était dessinée une maison. Une grande maison entourée d’une clôture, avec une cheminée d’où sortait de la fumée. Devant se tenaient quatre personnes. Deux grandes personnes, un homme et une femme, se tenaient la main. Un grand sourire s’étirait de part et d’autre de leur visage. A droite, un peu éloigné, se tenait un garçon qui avait l’air assez basé. Enfin, dans les bras de l’homme, une petite fille. Au-dessus d’eux, une multitude de cœurs. La famille parfaite. Sa famille idéale. Celle qu’elle n’aurait jamais.

 

 

EMILIE DECAMP

www.emiliedecamp.com

Publié dans Textes

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Georges Roland: la boxe

Publié le par aloys.over-blog.com

http://chloedeslys.buygoo.net/users/1913/52/32/14/avatars/295-73.jpg

 

 

LA BOXE

 

 


PREMIER ROUND


ils ont tous misé sur elle

parce qu’on dit qu’elle est cruelle

et que sa gauche est mortelle

je m’en fous

je me sens très bien capable

d’un uppercut imparable

de l’envoyer sur le sable

à genoux

lorsqu’au premier coup de cloche

on se pèse et on s’approche

on se guette l’anicroche

dans les yeux

c’est un nouvel abordage

nous salivons notre rage

je rassemble mon courage

de mon mieux

La boxe la boxe on en fait tous les matins

La boxe la boxe c’est notre pain quotidien

 

 


DEUXIEME ROUND


un instant on se ravise

on se tend on s’électrise

un coup dur pour ceux qui visent

notre union

ils l’acclament ils la supportent

scandent les coups qu’elle me porte

pour qu’enfin elle sorte

de ses gonds

lorsque je baisse ma garde

elle revient et me bombarde

de doublés à la pensarde

et dans les dents

peu après on nous sépare

comme sur un quai de gare

je tremble un peu des guitares

inquiétant

La boxe la boxe on en fait tous les matins

La boxe la boxe c’est notre pain quotidien

 

 


TROISIEME ROUND

 

 

je me lève et je sautille

j’ai les yeux dans ses pupilles

on s’observe et on s’épie

en dansant

elle esquisse une dérobade

me tamponne un peu l’arcade

puis me fait une accolade

dégoûtant

j’ai la chance de la faire

bien flipper de la crinière

de petits gnons dans les molaires

et sous les seins

mais je m’réjouis trop vite

et bien sûr elle en profite

pour m’oblitérer la frite

d’un parpaing

La boxe la boxe on en fait tous les matins

La boxe la boxe c’est notre pain quotidien

 

 


QUATRIEME ROUND

 


c’est là qu’il faut que je place

mon uppercut à la face

qui lui fait faire la grimace

rigolo

à ce moment elle ébauche

son mortel direct du gauche

et d’un coup elle me fauche

bang K.O.

je me retrouve en compote

j’ai l’estomac dans la glotte

les sourcils en papillotes

et tout en sang

me voilà je le redoute

au bout de ma longue route

l’arbitre crie Il est out

à qui le gant

La boxe la boxe on en fait tous les matins

La boxe la boxe c’est notre pain quotidien

 

Georges Roland

http://www.bernardiennes.be 

http://www.georges-roland.com

Publié dans Poésie

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A LA UNE...

Publié le par aloys.over-blog.com


http://www.bandbsa.be/contes/actutv.jpgA voir sur ACTU: Anne Sophie Malice (Chloe des Lys) rejoint l'équipe d' ACTU-tv !

Une très bonne nouvelle pour cette émission en plein essor et qui a un besoin ugent de collaborateurs. Nul doutehttp://photos-g.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs041.snc4/34397_464319517358_676387358_6613874_3815372_s.jpg que la petite Anne-Sophie lui apporte, avec sa personnalité originale, un beau gros nez rouge vermillon. voir ici:http://www.bandbsa.be/conte...

 

 

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http://www.bandbsa.be/contes/actu.jpgA voir dans ACTU: Dominique Brynaertraconte l'histoire du cochon dans l'émission du 19 septembre. ACTU-tv consacrait un reportage à Racontances, le groupe de conteurs qui se réunit tous les 3°http://photos-e.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs684.snc4/62410_464853877358_676387358_6627376_5831741_s.jpg vendredi du mois à la Fleur en papier Doré.On a pu voir une vidéo retraçant le passé de cette asbl, une interview de Dominique Leruth et une histoire racontée avec verve par Dominique Brynaert dans la roseraie du jardin Solvay à Watermael-Boisfort. A voir sur la chaîne YouTube de Chloe des Lys. Bon amusement ! ICI : http://www.bandbsa.be/contes.htm .....

 

 

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bobclinA voir sur ACTU: Hugo Lejeune va publier chez Chloe des Lys "La Croix et la Bannière" . Français, c'est en se promenant en Ardèche, peu après une très grosse tempête suivie quelques années plus tardhttp://photos-a.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs679.snc4/61888_464852802358_676387358_6627357_4072331_s.jpg de grands incendies que lui est venue l'idée d'écrire un des épisodes les plus apocalyptiques de la guerre des camisards, des protestants qui lutterent contre la dictature sanguinaire du très catholique Louis XIV.Voir l'interview ICI: http://www.bandbsa.be/contes.h tm

 

 

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http://www.bandbsa.be/contes/actu.jpgA voir sur ACTU: "La Chaumette" de Robert Fontaine (Chloe des Lys). Depuis son enfance, Stéphane fréquente une station balnéaire et a toujours été attiré par une coquette villa magnifiquement située en bord de mer.unhttp://photos-b.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs704.snc4/62429_465371212358_676387358_6640703_5690313_s.jpg jour, il découvre que la maison renferme un mystère Né à Ecaussinnes et installé à La Louvière, l'auteur a attendu sa pension pour se mettre à écrire. Voir ici: http://www.bandbsa.be/contes.h tm

 

 

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chloe‎25 auteurs bruxellois des éditions Chloe des Lys se sont déjà inscrits pour la séance de dédicaces qui aura lieu le samedi 23 octobre 2010 à partir de 20h00 à l' Espace-Art-Gallery d'Ixelles, à 'invitation du Réseau des Arts ethttp://external.ak.fbcdn.net/safe_image.php?d=3148c62066504af7eb733c06655de02d&w=90&h=90&url=http%3A%2F%2Fwww.bandbsa.be%2Fcontes2%2Fartespacegallery.jpg des Lettres en Belgique francophone de Robert Paul. Pour rappel, un spectacle aura lieu sur place ( Commandant Danofsky, Fabienne Coppens etc... ) et nous étudions la possibilité de rediffuser la soirée en direct sur internet via une émission spéciale d' ACTU-tv. Voir ici:http://www.bandbsa.be/foires/i xelles2010.htm

 

 

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bobclinA voir sur ACTU: Les auteurs de Chloe des Lys de A à Z aujourd'hui: Barbey Guy. Il écrit des histoires pour enfants inspirée par le naturisme, ce qui a inquièté des tas de gens qui soit ne les ont pas lues soit n'y ont rienhttp://photos-g.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs662.snc4/60237_465581292358_676387358_6645167_3065876_s.jpg compris. Seule "La Vie au Soleil" revue naturiste avait accepté de le publier à ce jour... voir: 'who is who' http://www.bandsa.be/contes.htm

 

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http://www.cafeduweb.com/images/upload/lecture/Couverture_Chateau_imaginaire_25018215.jpgNathalie Marcon est passée, le 21 septembre dans Café du Web... Allez Y jeter un oeil http://lecture.cafeduweb.com/lire/12109-chateau-imaginaire.html   link

 

Un article lui est également consacré sur DH.behttp://www.dhnet.be/regions/mons-centre/article/326023/la-belle-au-chateau-contant.html link

 

 


 

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http://www.dhnet.be/imagette_pdf/dh_pdf.jpg?time=1285734731 Un article sur notre maison d'édition, sur ce lien http://www.dhnet.be/dhjournal/archives_det.phtml?id=361915 Un peu de lecture !!!!!

Publié dans ANNONCES

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"11 h 31": Une nouvelle de CLAUDE COLSON

Publié le par aloys.over-blog.com

claude colson    11h31

 


 

     Il est 10 h.37. Dans la gare, Benoît regarde le tableau d’arrivée des trains. Non, pas encore d’annonce… Au bout de son bras ballant, un bouquet de fleurs rouges.


Il fait froid dans le hall. Benoît s’avance vers le buffet et commande un café noir.

 Bien chaud surtout, dit-il.


Le garçon, surpris, préchauffe la tasse avec l’eau et la vapeur sous pression du percolateur.


Des gens discutent, tranquillement attablés. À leurs pieds, des sacs, des valises avec étiquette : LD, OR, CDG, IST. Quelques personnes paraissent très animées : il va bientôt y avoir des élections.


Des bribes de conversations parviennent aux oreilles de Benoît :

      … mais enfin, tu peux me dire ce que ce qu’ils ont fait de concret depuis qu’ils sont au pouvoir ?

—    Et les autres ? Ils y sont restés six ans ; tu crois que c’est mieux ? … 

 

Benoît sourit et laisse son regard errer un peu plus loin. Des femmes et des hommes, sans doute sans argent pour consommer, sont avachis, assis sur leurs bagages. Les hommes ne sont pas rasés. Ils ont dû passer la nuit dans la salle d’attente, arrivés trop tard pour chercher un hôtel ou alors, désargentés.

 

Benoît est heureux. Il pense : « Moins d’une heure et ma vie va retrouver tout son sens » !

 

Il pose son bouquet près de lui, sur la table. Il a eu du mal à se procurer ces jolies roses ; il les voulait à longue tige : des Baccara !

 

Dehors, à la limite du quai et du bar, près des baies largement ouvertes, des gens vont et viennent sur le bitume. Tous semblent attendre : qui un train, qui des voyageurs annoncés.

 

Il va être onze heures et ça commence à grouiller de monde. Benoît rejoint le quai. Il lève le col de son manteau  car un vent glacé s’engouffre dans les larges espaces à l’air libre et vient le frapper désagréablement. Des femmes le croisent, jettent un bref regard aux roses, dont l’éclat tranche fortement sur l’anthracite de son pardessus. Généralement celles-là lui adressent un sourire. Parfois il répond ; quand la dame est jolie. Il a toujours été séduit par les femmes.

 

En réalité, lui ne pense qu’à Aïcha.

 

Comme elle était belle, lorsqu’il l’a connue à la fac d’Aix en Provence !

 

Brune aux yeux d’un noir de jais. Ils s’étaient plu d’emblée, puis  fréquentés toute la durée de leurs études.

 

Bien vite, le petit Nordine était venu égayer leur couple. C’était le bonheur.

 

Durant quelques années ils avaient vécu au Maghreb en totale osmose

 

Puis ça s’était gâté. Pourquoi, il n'aurait su le dire précisément, une érosion lente, la vie !

 

Quand Benoît avait préféré rentrer en France, Aïcha était restée au pays, avec Nordine.  Puis ce furent les relations envenimées, la recherche de solutions, le malheur.

 

Une ombre assombrit le regard de Benoît, tandis qu’il suit ces mornes pensées.

 

Il frissonne encore et se secoue. C’était fini, ça !

 

Aujourd’hui ça allait changer. Tout allait recommencer ! C’était la fête, digne des splendides fleurs qu’il s’était procurées.

 

Il l’avait voulu ainsi.

 

Il est parcouru d'une onde de joie dont la chaleur bienfaisante désengourdit ses membres ankylosés.

Il regarde longuement ses Baccara ; il rayonne.

 

Ses yeux se portent vers le cadran de la grande horloge. 11h 28. Un TGV vient de s’arrêter sur la voie n°2. Bien que les portes ne soient pas encore ouvertes, le quai est déjà envahi par ceux qui veulent accueillir un amoureux, une amante, un frère, des parents…

 

Le train suivant devrait arriver  une minute plus tard sur la voie 3, juste en face.

 

Il est pile à l’heure, parcourt les derniers mètres et stoppe. Quelques secondes encore et les passagers, pressés, descendent, joyeux et bruyants.

 

Après avoir consulté le plan du convoi, Benoît s’avance rapidement jusqu’à la voiture du milieu. À côté, les gens s’embrassent, se parlent à toute vitesse, comme si le temps devait leur manquer. Sur son quai c’est pareil.

 

Des hommes, des femmes, des enfants se dirigent vers la sortie, se bousculent.

 

Benoît cherche du regard la voiture 13.  Ah, la voilà, près de lui ! Le train est à présent à demi vide, les voyageurs continuent à en sortir, un à un. Il les dévisage, l’esprit ailleurs, pendant qu’il écarte les pans de son manteau.

 

Aïcha, si douce… Nordine, son fils aimant…

Leur image se confond avec celles des jardins et des vignes, des eaux jaillissantes, des coupes débordantes et des houris aux regards noirs.

 

Il presse le détonateur de sa ceinture d’explosifs.

 

La voiture 13 s’appelait : Val de Paradis.

 

 

 

CLAUDE COLSON

claude-colson.monsite-orange.fr


Publié dans Nouvelle

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MARTINE DILLIES-SNAET A LU "LENA" DE CLAUDE COLSON

Publié le par aloys.over-blog.com

MARTINEJ’ai lu « Lena, une rencontre » Claude Colson 



 

 

            Il faisait plutôt frisquet, ce matin. J’étais seule, j’en ai profité : j’ai allumé une flambée, me suis installée douillettement et ai achevé le livre de CLAUDE COLSON. C’est l’ambiance idéale pour lire du Colson !

 

            Le livre est agréable de par l’originalité de sa structure d’abord : un début en roman, une suite en poésie pour terminer par un « journal ». Trois styles différents, des écrits différents aussi mais qui se recoupent en ces styles qui quoique divergents se rejoignent. Finalement c’est ça,  ce livre: des arabesques, une multitude de courbes dessinées avec les mots et les styles, lignes qui s’envolent vers le ciel quand la joie est au rendez-vous ou, au contraire,  qui s’achèvent en petites croches descendantes quand le spleen guette l’auteur et l’emprisonne.

L’auteur réussit là un tour de force qui est celui d’allier la musique de la poésie avec  le rythme tout différent qu’offrent  les mots de son journal intime. Un mot retenu ici, repris là. On se surprend auxNumeriser-couv-lena-dagneau0002.jpg intersections.

 

            Léna, c’est « la » rencontre.


Léna, ce livre, c’est « la » rencontre. Chaque mot est choisi et le rythme, tout à l’image de l’auteur,  n’est jamais haché. La fluidité est partout. L’intimité aussi.


Claude raconte. Il n’y a aucun faux-fuyant, il raconte, analyse et raconte. On pourrait croire que la dissection est clinique mais il n’en est rien : tout est dans les sentiments. Claude met à nu et son corps et son esprit. Il nous fait partager « sa » rencontre avec Léna, puis les moments de doute et enfin, la déception qui le conduit au chaos personnel.


            On peut se demander si l’auteur a trouvé la sérénité après un tel livre ? S’il « vit » encore Léna  dans sa tête ? S’il est capable, maintenant, de la rencontrer et de parler doucement, avec elle, de leurs jardins secrets.

 

            L’auteur, par ce livre, donne envie d’aimer, donne l’envie de ces premiers moments toujours sublimes, fait naître aussi la colère et le chagrin. CLAUDE COLSON  nous entraîne dans son sillage de sentiments aussi divers que sont la passion, l’attirance, la fusion, la tendresse, la souffrance, le doute, …

 

            Tout est dans le secret des mots que, sans pudeur, il nous offre. C’est un cadeau.

J’en redemande.

 


MARTINE DILLIES-SNAET

http://users.skynet.be/TheDillies/

Publié dans Fiche de lecture

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UN PEU DE TERRE : UN CONTE DE MICHELINE BOLAND

Publié le par aloys.over-blog.com

http://www.liensutiles.org/image002mbol.jpgUn peu de terre

Un conte lauréat du concours de Surice 2009

 

Massimo triture le tablier de sa grand-mère entre ses mains. Il tente en vain de retenir ses larmes. Il articule : "Tu viendras nous voir en Belgique, Nonna ? Tu viendras dis ?"

 

"Mais oui, mon trésor…" Massimo est partagé. D'un côté, il est heureux de revoir bientôt son père qui, depuis des mois, est parti travailler loin du village, dans un pays du nord. Mais d'un autre côté, il est tellement triste d'être séparé de sa grand-mère. Il ne la verra plus, elle ne le consolera plus de ses petits malheurs, elle ne rira plus avec lui. A qui se confiera-t-il encore ? Sa mère ne semble remarquer que les bêtises qu'il peut commettre…"Tiens-toi droit", "écris plus petit", "mouche-toi". Sa mère n'est vraiment tendre que lorsqu'il est malade. Elle passe alors la main sur son front, le frictionne avec de l'eau de Cologne, le cajole en murmurant des mots gentils. "Ça va ma puce ?", "Tu veux quelque chose de spécial ? »

 

Nonna se penche vers lui : "Et n'oublie pas ce que je t'ai donné… La petite boîte."

 

"Oui Nonna…"

 

"Maintenant va, ta mère doit t'attendre."

 

Massimo rejoint sa mère dans la petite maison voisine. Elle est occupée à remplir une valise avec des robes, des tabliers, des pyjamas, des chemises de nuit, des culottes, des pulls… "Prépare ce que tu veux emporter, Massimo."

 

Massimo va dans le jardin. Aujourd'hui, le ciel est gris comme le sont ses pensées. Massimo sort la petite boîte bleue de sa poche et de ses mains nues fait ce que sa grand-mère lui a dit, il remplit la boîte de terre. La terre lui apparaît chaude, douce, maternelle. C'est la première fois de sa vie qu'il connaît ce contact. Massimo regarde longuement la terre avant de placer le couvercle et de fourrer cette petite chose bleue, ultime présent de sa grand-mère, en poche.

 

"Massimo, Massimo…"

 

"Oui Maman…"

 

"Seigneur, où t'es-tu encore sali ainsi !"

 

Massimo ne répond pas. Il va dans sa chambre, y prend le petit personnage de bois et la balle à peine plus grosse qu'un citron que lui a offerts sa grand-mère, quelques livres et va porter le tout à sa mère.

 

En fermant la grosse valise, sa mère chante, elle ne pense sans doute qu'à son père et à la jolie maison qu'il a louée là-bas. Son père a écrit : "Marie, la vieille propriétaire, est très gentille, elle m'a aidé à aménager. Elle est si heureuse de louer une partie de son habitation à un jeune couple avec enfant. Il y a un magasin et une école près de chez nous, un jardin derrière. J'ai eu de la chance."

 

Massimo part. Durant le voyage en train, pour se réconforter, il lui arrive de mettre la main en poche et d'effleurer la boîte. Quand ses doigts rencontrent le métal, il se sent moins seul, plus fort, moins inquiet à l'idée d'affronter l'inconnu. Enfin, il retrouve son père. Il voit la jolie maison, pas si jolie que ça, Marie, la propriétaire, plus ridée qu'il ne l'imaginait. Il voit l'école, l'épicerie. Mais Marie même si elle lui sourit et dit quelques mots en italien, n'a pas l'odeur de savonnette de sa grand-mère. Le ciel est bas, les enfants du quartier ne parlent pas sa langue. Marie, c'est une institutrice retraitée, elle l'embrasse trop fort, le réprimande parfois comme sa mère le fait et elle s'efforce de lui apprendre le français en lui lisant des livres de filles. Marie, elle ne connaît rien au football ni aux jeux de garçon !

 

Sa mère passe beaucoup de temps à confectionner des vêtements sur une machine à coudre prêtée par Marie. Sa mère semble contente. Elle gagne de l'argent et essaye de lire la bible en français pour tester ses progrès. Elle attend un bébé.

 

À l'école, il y a des enfants qui le traitent parfois de "macaroni" et il ne sait quoi répondre. Il n'est pas aussi fort que Gino qui a frappé un gamin qui l'avait appelé ainsi ni aussi mignon que Rosa qui trouve toujours une autre fille pour la consoler.

 

Parfois, Massimo a le cœur gros mais il n'en dit rien. Seule, sa petite boîte bleue lui apporte un peu de baume quand il a la nostalgie du pays. Il lui arrive d'embrasser le couvercle comme s'il embrassait sa Nonna.

 

Pour Noël, Massimo envoie à sa grand-mère une enveloppe qui contient dans une feuille pliée en trois, un peu de terre de Belgique et des pâquerettes séchées. Sa grand-mère lui répond. Elle a simplement calligraphié : "Tu m'as écrit de là où la terre fait souffrir mais rend riches les hommes qui la travaillent. Moi, je t'écris d'ici où la terre pleure de n'avoir pu nourrir ses enfants. Un jour tu comprendras, mon trésor." Il n'a pas vraiment saisi tout le sens du message mais il a épinglé la lettre sur le mur de sa chambre.

 

Le temps passe. Nonna écrit de moins en moins souvent, son écriture est moins lisible. Le bébé est bien là, bientôt, il marche et commence à parler. Marie aide toujours Massimo à faire ses devoirs et à étudier ses leçons. Elle l'appelle "mon petit loup", lui offre des chocolats et des livres mais est exigeante. Une phrase revient si souvent : "Tu peux faire mieux mon petit loup." Au fil des mois, les choses s'arrangent, les bulletins deviennent meilleurs. Son père parle maintenant d'acheter une maison.

 

Pour leur premier retour en Italie, les valises sont bourrées de cadeaux, des pantoufles garnies de pompons bleus et un chapeau à aigrettes pour Nonna, des chocolats pour les cousins. La veille du départ, Massimo prend soin d’emporter avec lui un peu de terre du jardin. Son père le regarde faire et en sortant de sa poche la même petite boîte bleue que celle de Nonna, il dit seulement : "Toi aussi…" Il a des larmes dans les yeux.

 

Maintenant, il y a un peu de terre d'ici, là-bas et un peu de terre de là-bas, ici.

 

Les années passent. La petite boîte bleue semble à présent presque oubliée. Pourtant, quand sa Nonna meurt, Massimo cherche sa boîte et la tient longtemps dans les mains.

 

Pareille à un grigri, il la gardera sur lui le temps d'un examen, le temps que cicatrice son premier chagrin d'amour et même le jour de son mariage !

 

La petite boîte remplie de terre de là-bas, c'est le signe de son attachement à l’Italie, c'est le souvenir d'une enfance merveilleuse avec une grand-mère extraordinaire.

 

 

Micheline Boland

 

Site : http://homeusers.brutele.be/bolandecrits/

Blog : http://micheline-ecrit.blogspot.com/

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Pierre Rive se présente... et nous propose un extrait de son livre "Ville"

Publié le par aloys.over-blog.com

pierreriveAuteur français né en 1960 à ST Nazaire en Loire-Atlantique (FR). Il vit actuellement à Nantes. Il s’intéresse de bonne heure à la littérature et il a écrit déjà des textes dès l’adolescence.

 

Il revient réellement à la plume dans les années 94 et commence à publier ses écritures dans les revues littéraires à partir de 2000. De nombreuses publications dans celles-ci pendant dix années.

 

Les textes poétiques qui ont pris naissance entre 1994 et 2004 ont été réunis dans les deux volumes intitulés « Ecriture vol 1 et vol 2 » aux éditions Chloé des Lys en Belgique (parutions 2006).

 

Puis viendront d’autres ouvrages chez ce même éditeur. Le livre « Parcs » qui s’alterne de nouvelles et d’images poétiques (souvenirs et réflexions d’un homme qui marche à dans les parcs) parution en 2007.

 

Le livre« Mélange » ouvrage constitué de sketches et de proses burlesques (parution 2008). Toujours dans la même veine de ce dernier «  Eternelle Mythologie » dont la composition se rapproche du théâtre, pamphlet sur les systèmes de vie de notre société sur fond de guerre de Troie, en langage argotique français (parution 2009).


Enfin un sixième ouvrage intitulé « Ville » dont la facture reste beaucoup plus sobre. (Parution 2010)

 

Son travail en écriture libre est basé sur l’image, le contraste, la réflexion, la critique sur notre civilisation, le burlesque…

 

  http://www.pierre.rive.cowblog.fr

 

 

Un court extrait du livre "Ville"

Prélude

 

Ecrire enfin ! Se laisser bercer par les vagues de l’encre;  les ourlets des flux sur le sable des lettres. Non, je n’ai rien oublié de ta soif, femme oiseau qui me picorait le cuir chevelu quand la nuit avait mangé depuis longtemps les lumières crépusculaires. Et, combien de fois tes ailes déployées sur mon front ? Et, combien de fois tes ergots labourant une terre lunaire ?

 

Ecrire enfin ! Ne plus entendre les doigts mélancoliques de la pluie sur les vitres, ni le vent humide sur les fleurs flétries, ni la sueur des voitures sur l’asphalte. Simplement les ourlets des flux sur le sable des lettres. Et pourtant, il y aura toujours l’enfer et le paradis, semblable à une statue aux courbes voluptueuses le ventre troué d’azurs et d’excavations profondes. Certainement parce que nous vivons dans un monde agressif, avec de temps en temps le geste du recul.

 

Mais, écrire enfin… Pour le plaisir des phrases… aussi.

 

 

 

Pierre Rive

http://pierre.rive.cowblog.fr/

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"Une belle époque" de Kate Milie : impressions de Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

Photo Christine Brunet J'ai lu "Une belle époque" de Kate Milie goulûment comme tous les livres qui me tombent sous la main puis je suis partie en vacances sans avoir écrit le premier mot de cette "fiche de lecture": j'avais besoin de laisser le roman trouver sa place dans mon univers littéraire. 

 

Je reprends le stylo avec envie : l'histoire ne s'est pas effacée, tout au contraire. L'impression ressentie au fil des pages s'est précisée. Elle se meut peu à peu en réflexions que je vous propose cette fois...

 

Papotages, bavardages entre habitués dans un salon de discussion sur le net. Un lieu intemporel, des personnages abstraits qui n'existent que pour cette rencontre quasi quotidienne, que pour leurs petites joutes verbales.Belle-Epoque-cover-

 

Klimt, sujet sérieux ? Un prétexte, sans doute, pour les héros d'étoffer leur alter ego virtuel, de lui donner une dimension qui s'accommode mal du monde réel : lorsque l'un d'eux se lance dans la dimension réelle en décidant une rencontre (d'ailleurs se lance-t-il vraiment ?), la déception est au bout de l'expérience.

 

"Une belle époque" est un jeu de cache-cache, de non-dits avec ses périodes d'observation, d'enthousiasme, de morosité, de doutes et de surprises. Un monde où l'esprit est roi, les phrases reines, les idées maîtresses.

 

Drôle de cohabitation de "personnages-façades" qui n'existent que parce que les autres existent et poussent l'absurde jusqu'à créer à leur tour un personnage multiple à leur image collective.

 

"Une belle époque", un roman sur la fin du XIXe siècle ? Non... A mon sens, un prétexte pour pointer du doigt l'un des grands mirages de notre siècle : celui de la toute puissance que nous fait miroiter le net...

 

 

Christine Brunet

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A LA UNE...

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bobclinL'émission N°6 de ACTU-tv s'est déroulée presque sans accroc ( une petite coupure de quelques secondes ????) avec une qualité technique en très net progrès et des invités tout à fait exceptionnels... de vrais "clients" comme on dit en télé. On avance, on progresse et nous remercions tous ceux ( et toutes celles ) qui nous encouragent à continuer. Le podcast est déjà disponible sur ACTU: voir http://www.bandbsa.be/contes.htmhttp://photos-c.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash2/hs306.ash2/58610_461987977358_676387358_6567963_6878294_s.jpg

 

 

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http://www.bandbsa.be/contes2/youtube.jpgA voir sur la chaine YouTube de Chloe des Lys, la superbe vidéo réalisée pour la sortie du premier livre de Olivia Billington "Elle, un autre". Un film intriguant, mystérieux, sensuel qui donne envie de se précipiter sur le bouquin ( j'allais dire sur l'auteur ),mais restons bien élevés.

Voir ici   http://http://WWW.bandbsa.be/contes.htmhttp://photos-d.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash2/hs309.ash2/58934_462227642358_676387358_6575492_3296644_s.jpg

 

 

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http://www.bandbsa.be/contes/actu.jpg A voir sur ACTU: Kaïkan, alias Michèle Lenoir, est passée dans ACTU-tv Un instant mémorable que cette séquence réalisée dans l'émission "Nos amis et les amis de nos amis" ce dimanche 19 septembre. Ces deux vidéos ( 1° et 2° partie ) sont désormais disponibles sur la chaîne YouTube de Chloe des Lys. Pour rappel, tout le monde peut les employer et les diffuser comme il l'entend pour autant qu'il précise qu'il s'agit d'une réalisation d' ACTU-tv. Voir ici: http://www.bandbsa.be/contes.h tmhttp://photos-a.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash2/hs349.ash2/62927_462290677358_676387358_6577253_1852313_s.jpg

 

 

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bobclinA voir sur ACTU: Alain Mondererva publier chdz CDL"La couleur fauve". Il est est né à Bruxelles en 1955. Il a une formation en communication (tourisme,journalisme). Grand voyageur, il part à la rencontre d'autres cultures ethttp://photos-h.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash2/hs333.ash2/61296_462749922358_676387358_6586216_7664674_s.jpg collabore à des revues touristiques. Chercheur d'ailleurs et d'innovation, il photographie ce qu'il découvre dans une poésie simple. Il sapprête à publier un recueil de nouvelles...voir son interview ICI : http://www.bandbsa.be/contes.htm

 

 

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http://www.bandbsa.be/contes/actu.jpgA voir dans ACTU: Encore un nouveau chez CDL Claude Danze "Les rendez-vous de Marissa". Il habite Jette, près de Bruxelles et se dit "artiste-fonctionnaire". Cinq fils, trois belle filles et bientôt des petitshttp://photos-g.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash2/hs323.ash2/60358_463139512358_676387358_6592657_5419979_s.jpg enfants.. " Il y a trois ans, en rentrant de vacances à Louxor avec des amis. Sur le vol de retour, l’équipage était particulièrement sympa. Une des hôtesses m’a inspiré le personnage de Marissa...Un accident, un meurtre, un deuil... la suite dans le livre. Voir ici: http://www.bandbsa.be/contes.htm

 

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http://photos-b.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs645.snc4/60508_463482352358_676387358_6598005_1302707_s.jpgLa séance de dédicaces des auteurs bruxellois conviés dans le prestigieux environnement de l' Espace Art Gallery d' Ixelles ce prochain samedi 23 octbore à 20h00 promet d'être un tout gros succès. A l'heure dite, 23 auteurs se sont déjà inscrits et nous étudions avec Robert Paul la possibilité de diffuser l'évènement en direct sur internet via une émission spéciale d'ACTU-tv. Pour rappel, un spectacle de blues et de chansons françaises est prévu sur place. Tout le monde est le bienvenu. Entrée gratuite. Voir ici:http://www.bandbsa.be/foires/i xelles2010.htm

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Josy Malet-Praud a lu "Je ne suis personne" de Laurence L.

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Visuel Auteur - PDNA

JE NE SUIS PERSONNE

Laurence L

Editions Chloé des Lys - 2007


On ne lit pas ce livre par hasard. La quatrième de couverture est explicite. Elle ne laisse place à aucun doute, aucune confusion des genres :

« Cette histoire d’inceste, j’ai eu besoin de l’écrire pour tous ceux qui ne comprennent pas, pour qu’on ne puisse plus fermer les yeux. Je deviens quelqu’un à mesure que je me confie à vous, et j’ose espérer que désormais, la marque brûlante de l’inceste se heurtera à votre vigilance ».


Le lecteur sait à quoi s’en tenir : Laurence L. ne lui propose pas un séjour dans « La petite maison dans la prairie »…Il a encore le choix de renoncer. Pour ma part et autant que possible, je choisis toujours de voir les choses en face, de regarder le monde dans les yeux, tel qu’il est, et de ne pas me contenter des seules représentations qui me conviendraient le mieux, celles qui rassurent. Un temps pour l’univers espéré, un temps pour l’univers dans ses réalités. Une façon d’être qui peut parfaitement ne pas être partagée.


Contrairement à mes habitudes, je reste en arrêt devant les touches de mon clavier… Commenter un roman deje-ne-suis-personne.jpg fiction, des nouvelles …c’est une chose. S’autoriser l’autopsie d’un tel récit en est une autre.  Aussi, pas –d’exercice de style- ici, pas d’analyse personnelle du fond et de la forme, rien de ce qui fait l’ordinaire d’une fiche de lecture.  Parce que cette histoire est celle d’une femme en chair et en os et que cette femme, c’est l’auteur.  Ce qu’elle a subi, vécu, ce qu’elle a décrit, écrit, ne peut être dit que par elle. Il n’y a pas de place pour la discussion, la négociation, la critique littéraire même constructive. Comme pour tous les drames de l’existence, tous ceux qui marquent la chair et l’esprit, qui pèsent si lourdement sur les épaules des victimes, seule l’intéressée est en mesure d’en parler. Qui se permettrait de juger ou de discuter des événements dramatiques qu’il n’a pas vécus ? Pas moi.


Laurence L livre son histoire, en révèle les tenants et les aboutissants,  démonte le phénomène, met à jour les rouages, les engrenages du système, confie ses sentiments et ses émotions, affirme ses convictions et sa détermination. Laurence L donne un grand coup de pied dans les portes bien verrouillées derrière lesquelles il ne faudrait surtout pas se cacher. Elle le fait pour elle, pour les siens, mais pas seulement. Elle le fait pour tous ceux qui acceptent de voir le monde autrement qu’à travers le petit bout de la lorgnette, et pour tous ceux aussi qui, directement ou indirectement, pourraient être, sont ou seront pris dans la toile d’araignée de l’intolérable, inacceptable, insupportable épidémie silencieuse qu’est l’inceste. Savoir, c’est aussi se donner une chance de comprendre. Comprendre, c’est pouvoir s’élever, s’opposer, …se réveiller  afin de pouvoir couper l’herbe sous les pieds du cauchemar. Plus largement, c’est donner une chance à -l’Autre- de n’être pas détruit…ou si c’est déjà fait, de pouvoir se remettre debout et parvenir à grandir, à construire…


L’empathie ne vous est pas étrangère ? Dignité, Humanité, Respect ne sont pas pour vous des concepts associés à des coquilles vides ? Suivez l’auteur, elle (L.) vous guidera sur le chemin de la compréhension, de la réflexion, sans tabou, sans vous laisser vous voiler la face, sans céder aux convenances. Elle vous dira ce qu’il faut que vous sachiez.


Un grand merci à cette auteur pour sa générosité, son courage, sa sincérité. J’espère que son livre sera lu, au-delà du petit cercle de ses amis et de ses proches. Comme elle le suggère elle-même, - Je ne suis personne- est en effet, j’en suis convaincue, d’utilité publique. Et c’est aussi l’œuvre de … - Quelqu’un


 

Josy Malet-Praud@juillet 2010 / www.lascavia.com

Publié dans Fiche de lecture

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