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Christine Brunet interroge ALAIN MAGEROTTE: "il était une fois, au siècle dernier, en l'an 1994 après J-C..."

Publié le par christine brunet

Il était une fois un écrivain mystérieux... Ma rencontre avec Alain Magerotte pourrait commencer de cette façon... un peu comme ses réponses aux questions que je n'ai pas manqué de lui poser...

Ce qui fait que j'ai envie de parler de lui? Très simple... le petit interview qu'il a donné en janvier 2009 pour le blog de Chloé des lys... 

 

D'abord une image... comme je les aime qui, immédiatement, m'emmène ailleurs...http://storage.canalblog.com/72/70/156207/34481949_p.jpget puis la réponse à la question: "t'écris quoi?"... Des nouvelles fantastiques et policières... A partir de là, plus possible de résister... Heureusement, il a accepté de jouer le jeu...

 

Dis, depuis quand écris-tu?   

 

     Ce n’était pas prémédité… je vais vous parler d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître :

Il était une fois, au siècle dernier, en l’an 1994 après J.C. pour être précis, trois fanas des «Guignols de l’Info» et de Groland (plus tard) qui lancèrent, sur les lieux de leur travail, un «opuscule corrosif» comme le qualifiait de manière pontifiante leur DG de l’époque. Pour l’appellation dudit opuscule (un périodique serait plus juste), après avoir hésité entre «Napalm !» et «Le Canard Déchaîné», les trois lascars jetèrent leur dévolu sur cette dernière.   

  

Durant 6 numéros, «Le Canard Déchaîné» allait amuser, intriguer, irriter… personne n’était épargné, pas même les auteurs qui fonçaient gaillardement à travers tout, sachant pertinemment bien cependant que «ce n’était pas n’importe quand, encore moins n’importe où, et certainement pas n’importe comment, que l’on peut rire de n’importe quoi avec n’importe qui». Une vérité proférée, en son temps, de manière plus simple, par Pierre Desproges si je ne m’abuse.   

    

http://www.bandbsa.be/contes/magerotte3recto.jpgBref, assez ri… après deux convocations chez le DG… les trois snipers rangent leur stylo et leur fiel allure, après avoir été priés, notamment, de ne plus se payer la tête de la classe politique, des religions et de leur… Directeur.


Je me suis donc retrouvé en mal d’écriture (c’est que j’y avais pris goût, moi…). Compatissant à mon désenchantement, un de mes deux acolytes me signala qu’un concours de Nouvelles était organisé par le Club Simenon à Verviers…http://www.bandbsa.be/contes/magerotte2recto.jpg


Je me suis lancé à l’eau (je n’avais jamais écrit de nouvelle)… quelques mois plus tard, j’ai reçu une lettre tapée à la machine me signalant que je n’étais pas lauréat. Cependant, au bas de ladite lettre, écrite à la main, il y avait cette phrase : Je tiens à vous signaler que votre Nouvelle a retenu l’attention de certains membres du Jury.


C’était à la fin de l’hiver 96-97. Je mis un terme à mon hibernation en me lançant dans l’écriture de Nouvelles. Nous étions en mars 97.

 

Tu y as partiellement répondu mais... enfin... Pourquoi tu écris ?

Parce que je suis complètement ludique et abominablement sadique.


http://www.bandbsa.be/contes/magerotte1recto.jpgLudique… j’ai toujours fait de la détente et de l’amusement, des priorités. Cela m’amène au plaisir de raconter des histoires et, de préférence, des histoires qui sortent de l’ordinaire, ce qui me permet de rendre celui-ci… moins ordinaire. J’ai toujours été un amateur de fantastique. Ma série culte est La quatrième dimension.

 

Tiens, moi aussi... mais j'en faisais des cauchemars...


Sadique… ben oui… je ne voudrais pas vivre ce que vivent certains de mes personnages ! C’est tellement jouissif de se dire que cela ne m’arrivera pas… et que… dès lors… tiens, je vais en remettre une couche (Ah ! Ah ! Ah ! – ricanement sadique, évidemment). Au fait, suis-je vraiment certain que cela ne m’arrivera pas ?.... (Ah ! Ah ! Ah ! – rire moins franc teinté de la couleur jaune).

 

Que t’apporte l’écriture ? A te lire, je m'en doute, bien sûr... Alors ?

L’évasion, ma bonne Dame, l’évasion ! Le rêve ! Ça me rappelle que, enfant, lorsque je sortais d’une salle de cinéma, il me fallait un moment avant de me réconcilier avec l’affligeante et banale réalité. Pendant une heure et demie, je m’étais laissé transporter par l’action, les couleurs, les personnages. Tout me paraissait beau, grand, merveilleux. Dehors, tout me semblait gris, terne, étriqué.


http://www.bandbsa.be/contes/magerotte6recto.jpgD’après ce que j’ai lu, tu as choisi la prose pour t’exprimer : pourquoi ?

Parce que j’ai le sentiment que c’est ce que je fais de moins mal. Je ne suis pas insensible à une certaine forme de poésie mais ce n’est pas mon truc. Respect total cependant. Je suis d’ailleurs plus sensible à la poésie lorsqu’elle est mise en musique. Par exemple, j’écouterai plus volontiers La ballade des pendus par Reggiani (superbe !) que je ne lirai l’oeuvre écrite de François Villon. Un autre exemple : certains poèmes d’Aragon… un must lorsqu’ils sont chantés par l’immense Ferrat !


Comment construis-tu tes histoires, tes personnages ? Inspiration réelle ? Plus à l’aise dans le genre «Nouvelle» ou le récit au long court ?

Pas de plan. Pas de règles définies. Je pars dans l’inconnu, c’est la bouteille à encre. Evidemment, la brume se dissipe au fur et à mesure et cela, après avoir souvent changé de cap.


Il m’est aussi arrivé, chemin faisant et suite à une réflexion personnelle sur une attitude ou un fait constaté, de me dérouler l’histoire dans la tête et de la retranscrire d’un seul coup d’un seul, une fois arrivé à destination. Ce fut le cas, notamment, avec la Nouvelle Levieil homme et la pluie (BIZARRERIES EN STOCK , 2004)… Je me rendais au boulot à pied, il pleuvait. J’ai croisé un vieil homme, il tenait un parapluie. L’idée m’est alors venue de raconter l’histoire d’un vieil homme qui ne sortait que les jours de pluie. Pour lui, l’eau c’était la vie et le soleil… la mort !


http://www.mabiblio.be/wp-content/uploads/2009/02/Scan%20cover%20Magerotte004%282%29.jpgEt puis, il y a les Nouvelles «frigo». J’écris plusieurs pages et, oups, je cale. Une idée me vient mais je ne la trouve pas suffisamment bonne… une autre idée, je ne suis toujours pas satisfait… je la mets alors au «frigo» et passe à autre chose. Il y en a ainsi que je termine deux, voire trois ans, après leur «démarrage». Ce qui me permet d’enfin les terminer ? Une envie tenace de vouloir aller jusqu’au bout liée au fait que je n’ai rien «sur le feu» à ce moment-là.    


Nouvelle. Ce que j’aime dans l’écriture d’un recueil de Nouvelles, c’est qu’on se retrouve dans dix ou quinze histoires différentes. Il faut en quelques phrases, planter le décor, présenter les protagonistes… faire preuve de précision, de  concision.


Le roman est plus une épreuve de longue haleine… je me sens davantage dans la peau d’un coureur de 100 mètres que dans celle d’un marathonien. Mais qui sait, peut-être qu’un jour… quand me viendra l’idée d’une histoire qui nécessitera un plus long développement.

 

Que ressens-tu quand tu écris ? Un besoin ? Es-tu proche de tes personnages ou très détaché ? 

AlainDu plaisir, encore du plaisir, toujours du plaisir ! Le plaisir est un besoin vital, n’est-il pas ?

Cela dépend. Quand il s’agit d’une jolie femme, j’aime autant être proche (rires). Bon, plus sérieusement, je raconte souvent mes histoires à la première personne, mettant ainsi mes inhibitions de côté pour franchir plus facilement les barrières d’une certaine pudeur. C’est une soupape que je fais sauter, ce qui me permet d’aller encore plus loin dans le délire ou la logique paranoïa.

Je suis présent dans les trois-quarts de mes récits… mais à doses homéopathiques.

 

Chaque écrivain a une façon bien à lui d'aborder l'écriture... Il y a ceux qui ont besoin d'un plan, d'un fil conducteur sur lequel ils construisent leur récits, d'autres qui laissent aller leur plume au fil de l'imagination, d'une idée qu'ils développent à l'extrême, d'un mot qu'ils ont entendu ou d'un visage qu'ils ont entr'aperçu. Alain Magerotte est de cette dernière catégorie... 


Qui d'entre nous ne s'est pas dit en se relisant: ouah ! c'est moi qui ai écrit ça ? Non... Pas possible ?! Mais où est-ce que je suis allé chercher tout ça ?


L'Inspiration... C'est la seule réponse possible... La passion d'exprimer ce petit "truc" immatériel qui nous possède... et nous oblige à créer...

 

Alain Magerotte n'a pas de site mais chacun pourra le retrouver sur facebook... et dans L'ACTU link

 

 

 

 

 

Photo Christine BrunetChristine Brunet, interview paru le 18/07/2010 sur le blog "recreaction"


http://recreaction.over-blog.org

http://aloys.over-blog.com


Publié dans interview

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PAPIERS MAGIQUES... UN SLAM DE ROMANO VLAD JANULEWICZ..

Publié le par aloys.over-blog.com

Romano Vlad Janulewicz« Papiers magiques »

 


 

Il est temps d's'faire la malle, 
Mais oublie maillots d'bain, ch'mises à fleurs, 
Ray Ban miroirs ou sandales, 
Là où tu vas aucun b'soin d'accessoires pour nager dans l'bonheur ! 
Ok, tu veux pas trop t'projeter mais il est difficile 
Finalement d'pas tirer deux-trois plans sur la comète : 
Y aura-t-il des crimes, des bagarres, des idylles ? 
Les intrigues sauront-elles bien s'ancrer dans ta tête ? 
Tu t'installes à ton aise, respires un grand coup, 
Et dis au revoir à « hic et nunc ». Destination inconnue ! 
Fais confiance au pilote, même s'il est un peu fou, 
L'essentiel au final est d'vivre un périple qui t'troue l'cul ! 
Moi, j'les ai découverts sur le tard, 
Et d'puis j'les kiffe, pas d’danger qu’on s’sépare 
Poésie, littérature blanche, noire, romans de gare, 
Escort'ront ma vie jusqu'au bout. 
L'heure du départ approche. Pour qu'ton voyage démarre, 
Faut qu'les mots soient lancés et l'décor planté. 
Enfin tu t'décides à larguer les amarres. 
Pour ça, suffit juste d'tourner la première d'couv'illustrée ! 
Les livres sont des charmes, des passeports, des passerelles, 
Et si c'est pas d'la magie, faudra quand même m'expliquer 
Comment on atterrit dans toutes sortes de pays, d'univers parallèles, 
En lisant simplement des papiers imprimés...

 

 

ROMANO VLAD JANULEWICZ

http://blogoscriptorium.canalblog.com/

 

Publié dans Poésie

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A LA UNE...

Publié le par aloys

bobclin A voir sur ACTU: Les auteurs de Chloe des Lys de A à Z aujourd'hui: Baligand Chantal. http://photos-e.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs402.snc4/46548_454782062358_676387358_6413498_2270853_s.jpgChantal Baligand, née en 1956 en Belgique, est romaniste et agrégée de l' enseignement supérieur. Mère de quatre enfants, elle a travaillé plus de dix ans comme nègre dans diverses maisons d' édition belges et française (mais pas chez... CDL...). Elle enseigne aujourd' hui les lettres dans des classes terminales et est artiste - peintre. Elle a plusieurs expositions à son actif en Belgique.

voir ici:http://www.bandbsa.be/contes.htm

 

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A voir dans ACTU: ACTU-tv Programme de l'émission du 19 septembre 2010. La première émission de la rentrée (ce sera déjà le numéro 6) promet d'être tout spécialement animée et variée ! ACTU-tv est allé à Tournai, Mons et Bruxelles pour rencontrer des personnages vraiment originaux, de vrais amis ou amis de nos amis: Kaïkan, Anne-Sophie Malice, Dominique Leruth, Dominique Brynaert et bien sûr de nombreux autres artistes du spectacle... Voir le programme: ICIhttp://www.bandbsa.be/contes.htm

 

 

 

 

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A voir sur ACTU: Encore un p'tit nouveau qui réjoint Chloe des Lys, Yannick Torlini. Il est de Nancy,http://photos-c.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs432.snc4/47510_455260617358_676387358_6421565_7293058_s.jpg étudiant en cinquième année de lettres, a déjà publié quelques opuscules chez divers éditeurs et prépare pour la rentrée un recueil de poèmes qu'il compte intituler "La Métamort". Un texte très sombre né de réflexions faites sur des poètes comme Ghérasim Lucas ou Giorgio Agamben." Voir son interview ici: http://www.bandbsa.be/contes.htm

Publié dans ANNONCES

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CLAUDE COLSON : Réflexions tout à trac Chapitre 1

Publié le par aloys.over-blog.com

claude-colson.jpg  Réflexions tout à trac*

 

Chapitre 1 

 

Un malaise inattendu

 


  Ce matin, aux stations, le train s'arrête beaucoup plus longuement que d'ordinaire. D'interminables minutes. Et c'est l'anormal, le figé. Comme si la vie était sortie de son lit.


Chez les voyageurs on devine alors une sorte de sourd malaise. On se regarde furtivement ; après tout, on ne se connaît pas. On pense pourtant à peu près la même chose. Vite détourner les yeux. Comme si de rien.


Se réfugier dans la normalité de l'indifférence. Pourtant, l'extra-ordinaire nous amène aux bords de l'humanité. Il s'en faudrait de peu pour.


Ce malaise va au-delà de la crainte du patron, bientôt furieux du retard. Dans le non-dit général c'est la vie qui s'enlise, prend en gelée. Les cerveaux sont soudain envahis par l'obligation de penser. Quel scandale ! Il était si commode de se laisser porter par le train-train, d' "être vécu" en quelque sorte, plutôt que de vivre. Nous revoici sujets !


La fraternité, depuis longtemps battue en brèche, est sur le point de revenir. On pourrait presque se parler, je ne veux pas dire faire semblant, émettre des sons creux, paraître, se protéger, briller mais se parler vraiment .


Eh bien non, l'incident est réglé, le train reprend sa marche normale ; les gens peuvent à nouveau, dans la promiscuité, s'ignorer tranquillement. On l'a échappé belle ! Moi compris.Il est de ces dérisions ordinaires...

 

 

CLAUDE COLSON

*cdr_bouton.gif

http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre29492.html#page_1

http://claude-colson.monsite.wanadoo.fr/



Publié dans Textes

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A LA UNE...

Publié le par aloys.over-blog.com

bobclin Et de onze... onze auteurs bruxellois de Chloe des Lys ont déjà annoncé leur participation à la soirée dédicaces-cabaret qui se déroulera le samedi 23 octobre à l'Espace Art Gallery d'Ixelles, sous les auspices du réseau des Arts et des Lettres en Belgique francophone. D'autre suivront, c'est certain.
http://external.ak.fbcdn.net/safe_image.php?d=3148c62066504af7eb733c06655de02d&w=90&h=90&url=http%3A%2F%2Fwww.bandbsa.be%2Fcontes2%2Fartespacegallery.jpg

 

 

 

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A voir sur ACTU:
Minou Molinier-Parente(Chloe des Lys) remarquée par "Inédits". " Ses poèmes relativement longs évoquent, comme le suggère le titre ( "et le vent balaiera nos traces sur le sable" ), la nature bienveillante et le plaisir des découvertes au long des voyages...".
http://photos-c.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs405.snc4/46867_453929557358_676387358_6394981_7169836_s.jpg" J'avoue que j'avais un peu peur...j'avais tort. C'est une lecture de plaisir "...
 

http://www.bandbsa.be

 

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 A voir également sur ACTU: Un reportage d' ACTU-tvCorelap, l'imprimeur de Chloe des Lys Emission du 27 juin 2010. Où et comment sont imprimés les milliers de livres publiés par Chloe des Lys? Dans une entreprise de travail adapté de Mouscron. Le 'qui, que, quoi ,dont, où' de Corelap, avec un reportage qui décrit de A à Z comment un tapuscrit devient un bouquin

 

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A voir sur ACTU: "Le Triangle sous le sable" de Gauthier Hiernaux. "http://photos-h.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs299.snc4/41265_454316557358_676387358_6404410_1031651_s.jpg

C'est pendant mes études que j'ai commencé à élaborer l'univers de "l'Empire de la Nouvelle Ere". Au total il y aura 10 tomes, tous écrits, qui constituent une fresque racontant l'apogée puis la déchéance de cet Empire." 

http://www.bandbsa.be

 

 

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http://photos-d.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs394.snc4/45727_454324982358_676387358_6404555_4657476_s.jpgA voir sur ACTU: Un nouveau blog pour ACTU-tv. Ca n'a pas traîné. La nouvelle public relations d'ACTU-tv Kate Milie, a immédiatement pris les choses en mains et réalisé un blog qui démarre à toute allure. On y trouvera les programmes bien sûr, mais également des photos, des reportages, des interviewes... bref tout ce qui concerne les pendants de cette Webtélé en plein essor.

 Voir ICI : http://www.bandbsa.be/contes.htm

Publié dans ANNONCES

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GAUTHIER HIERNAUX: extrait de son roman "LE TRIANGLE SOUS LE SABLE"

Publié le par aloys.over-blog.com

gauthierhiernauxLe gémissement de Locustre avait quelque chose de rauque et d’animal qui avait un effet euphorisant sur sa compagne et l’encourageait à poursuivre, encore et encore, ses étreintes amoureuses. Elles pouvaient se mêler sans relâche, avec une telle fureur que, parfois, leurs corps ne faisaient plus qu’un. A présent encore, comme tous les soirs après la prière à Herma, elles faisaient l’amour.


Enfin, elles prirent enfin un peu de repos.


Eneïa s’amusait à regarder les rayons courir sous la peau nue de sa compagne et les gouttelettes de sueur lentement s’évaporer. Le spectacle la ravissait et la ramenait, en douceur, à la réalité. Elle avança son annulaire et suivit le tracé du corps, du menton au vagin. Locustre frissonna dans son sommeil quand l’ongle atteignit la limite du nombril. Elle battit des paupières et tourna la tête vers sa compagne. Son sourire faisait pâlir l’astre solaire.


L’horloge digitale indiquait la Septième Heure du soir. Locustre se leva et prit sa douche. Quand elle revint dans la chambre, elle portait sa tunique. Une lame courte battait sur son flanc gauche et elle agrippait de son autre main une lance d’un mètre quatre-vingts.


Eneïa soupira ; elle avait presque oublié son tour de garde. Locustre déposa un baiser sur ses lèvres et quitta la case sans un mot d’adieu.


La jeune femme se leva à son tour et inspecta, d’un œil morne, l’endroit qu’elle partageait avec Locustre. Les Grandes Sœurs leur avaient accordé une case à la fin de leur période probatoire de deux ans. Sans être qualifiées de « libres », les mœurs du l’île n’étaient pas si rigides que dans l’Empire. En l’absence totale d’homme, les Petites et les Grandes Sœurs n’étaient pas soumises au diktat masculin. Elles n’avaient pas l’obligation de se marier, d’enfanter et d’élever les descendants de leur époux. Elles n’avaient pas non plus le devoir de restreindre leur vie sexuelle à la loi d’un seul – ou d’une seule, en l’occurrence – partenaire. Certaines, comme Eneïa et Locustre, passaient une sorte de contrat avec la communauté pour ratifier leur vie de couple. Au terme d’un examen de huit saisons impériales, si les résultats étaient satisfaisants, le parterre des dirigeantes de l’île offrait une case privée au ménage méritant. La communauté avait été obligée de prendre des mesures suite aux abus constatés au fil des années. En effet, certaines filles avaient feint la stabilité conjugale dans l’unique but de bénéficier d’une chambre privative. Une telle attitude était évidemment réprouvée sur Séliandre où tout, du repas à la douche, était pris en commun. Même si Eneïa et sa compagne couchaient hors du dortoir comme plusieurs de leurs congénères, elles étaient tenues de participer aux nombreuses activités collectives de la journée.


Les novices ne pouvaient prétendre à l’examen qu’une fois leur apprentissage terminé. Celui-ci prenait dix ans. Eneïa se souvenait du jour où elle avait débarqué, avec une quinzaine d’autres, sur la plage de l’île. Pendant des années, elle avait subi l’entraînement militaire rigoureux des guerrières. Elle n’avait jamais eu le goût de l’exercice et avait fait le désespoir des sœurs-instructrices. A la fin de l’entraînement, les armes d’Eneïa lui avaient été refusées. Elle avait été préposée aux sacrements ; non seulement elle devait veiller à la bonne tenue des objets liturgiques mais également assister les Grandes Sœurs lors des rituels. Eneïa était une fille plutôt intelligente et les responsabilités qu’on lui avait confiées étaient exécutées avec célérité et sérieux. Sans la passionner, ce travail lui convenait car il lui permettait davantage de libertés que n’en avaient ses consœurs. Elle pouvait donc vaquer à son principal loisir : la rêverie.


Locustre était beaucoup moins fine mouche, mais la réflexion n’était guère une qualité qu’on demandait chez les guerrières. Elle s’enorgueillissait d’avoir été classée bien loin devant ses camarades de promotion à l’examen. Eneïa voulait bien la croire car sa maîtresse avait déjà fait montre de ses aptitudes physiques lors des rencontres amicales qui se déroulaient entre les guerrières une fois tous les deux ans. Elle avait battu la tenante du titre, Ilinea, à la lutte et avait fini deuxième à l’épreuve du tir à l’arc. Cette gloire lui était montée à la tête avant que les Grandes Sœurs ne se décident à intervenir car, à Séliandre, on veillait à ce que les femmes ne tombent pas dans les mêmes travers que leurs congénères mâles. On rappelait fréquemment aux guerrières que la gloire n’était rien et que l’humilité prévalait. La communauté des Grandes Sœurs avait appelé Locustre à faire amende honorable en public : pendant une saison, elle avait lavé les latrines de la cité.


Cette punition – même si la sentence n’avait pas été présentée sous l’angle de la pénitence – avait été acceptée par la guerrière qui l’avait exécutée sans émettre une seule plainte. Au moins avait-elle appris à rester à sa place, en apparence du moins car, si elle n’en avait soufflé mot à personne, même pas à son amante, elle en avait tenu rigueur à ses supérieures. Ses projets de vengeance s’étaient taris au fil des saisons et elle avait fini par les oublier pour pouvoir couler une vie plus ou moins heureuse. Les longues heures passées à l’entraînement, aux gardes de jour et de nuit, à la prière et aux corvées quotidiennes laissaient peu de temps aux guerrières de l’île. Elles ne pouvaient se permettre la moindre relâche car les Dieux et les Hommes comptaient sur elles.


Eneïa se demandait souvent si les Grandes Sœurs n’entretenaient pas une vie dure aux filles de l’île pour qu’elles se posent moins de questions sur leur existence et leur rôle dans le monde. Dans l’Empire de la Nouvelle Ere, les matrones avaient une finalité étroitement liée à la gent masculine. Eneïa n’avait pas vécu longtemps dans une cité impériale (à peine cinq ans) mais sa mémoire des événements passés était restée intacte. Elle se souvenait d’une discussion entre sa mère et sa grande sœur, Oni, à propos du mariage prochain de cette dernière. Oni avait été promise à un garçon de bonne famille dont les parents fréquentaient les siens depuis leurs propres épousailles. Sa sœur concevait moult réticences à fréquenter son futur époux qu’elle trouvait totalement dépourvu d’intérêt et d’un physique fort discutable. Elle lui préférait un jeune garçon sans le sou qui s’essayait, sans beaucoup de succès, aux arts plastiques. Une histoire banale en somme. Deux saisons avant la cérémonie – Eneïa avait alors quatre ans – Oni avait provoqué une confrontation avec ses géniteurs. Longuement elle avait tenté de les convaincre d’annuler ce mariage qu’elle trouvait absurde et dont l’unique but était d’enrichir sa famille. Le père était entré dans une colère noire et, après avoir agoni sa fille d’injures, avait quitté la pièce avec pertes et fracas. Leur mère était restée, consciente que, pour parvenir à ses fins, elle devait davantage jouer la carte de la raison. Patiemment, elle avait expliqué à son enfant le rôle des femmes dans ce monde qu’il fallait repeupler. Peu à peu, Oni s’était calmée et ses remparts s’étaient effrités avant de tomber définitivement.


Malgré elle, Eneïa avait participé à la discussion. Elle jouait dans le salon quand le reste de la famille y avait fait irruption. Elle se souvenait d’une réflexion de sa mère concernant le rôle des femmes ; Oni n’épousait pas ce jeune homme pour enrichir le patrimoine familial, mais pour donner aux Dieux de nouveaux fidèles et, à l’Empire, de nouveaux bras pour ses jeunes rouages. Or donc, les femmes n’étaient sur Terre que pour enfanter, encore et encore, jusqu’à ce qu’elles soient dans l’incapacité physiologique de poursuivre leur tâche.


Même si cette version était aussi réductrice qu’erronée, elle avait fortement marqué la jeune Eneïa. A quatre ans, elle se souvenait avoir passé plusieurs nuits à évaluer puis à éliminer des candidats potentiels à sa future charge. Cette idée l’avait poursuivie jusqu’à sa première année sur l’île, quand elle avait constaté l’absence de tout être de sexe masculin à des kilomètres à la ronde. Elle avait interrogé son instructrice à ce propos, laquelle n’avait rien trouvé d’autre que de lui rire au nez avant de l’envoyer chez les Grandes Sœurs. Elle avait eu beaucoup de mal à comprendre que le rôle auquel elle s’était préparée durant une partie de sa prime enfance n’était pas celui auquel on la destinait à Séliandre. Jamais elle ne se lierait au moindre homme. Jamais elle ne porterait d’enfant. Elle ne participerait pas à la gloire de l’Empire.


Elle avait vécu ce destin comme un échec.


Les questions s’étaient bousculées dans sa tête durant son adolescence et elle avait fini par arriver à la conclusion que ses parents l’avaient jugée incapable d’assurer sa mission terrestre, même si, au fond de son cœur, elle s’en sentait tout à fait les aptitudes.


A présent qu’elle avait vingt ans, Eneïa avait rangé son amertume et menait, vaille que vaille, une existence normale. Quand elle avait rencontré Locustre la grande, elle l’avait interrogée sur ce point et la jeune femme avait avoué que la question ne l’avait jamais torturée. Les Dieux avaient besoin de guerrières pour défendre leur secret. De quel secret s’agissait-il ? Nul ne le savait à part peut-être la Première Sœur de Séliandre. Le coffre était enfermé dans les fondations du temple de Maki, Déesse de la paix et de la concorde, et gardé nuit et jour par le Volko-Mirr. Aucune Sœur n’avait le droit de s’approcher de la porte d’airain qui fermait les soubassements et Locustre affirmait que, même si un étranger arrivait à passer la sécurité du temple, il se perdrait à jamais dans les couloirs ou serait foudroyé par le Volko-Mirr.


Les Sœurs craignaient le gardien des Dieux plus que tout.


En tant que préposée à l’approvisionnement du Volko-Mirr, Eneïa avait pu l’approcher. La Première Sœur lui avait fait jurer de garder le mystère, lui dressant les tourments qu’elle endurerait si jamais elle parjurait. Eneïa savait qu’elle n’avait aucun intérêt à se délier de son serment ; la Première Sœur de l’île de Séliandre l’avait justement choisie pour sa tempérance.


Elle n’aurait pu trouver mieux… d’un point de vue professionnel uniquement. Eneïa avait deux visages ; tant elle pouvait être minutieuse et perfectionniste quand il s’agissait de son travail tant elle pouvait être distraite et chaotique dans sa vie de tous les jours.


La jeune femme quitta enfin le lit où elle paressait depuis une demi-heure et gagna les latrines tout en évitant les tas de vêtements disséminés un peu partout. Dans moins d’une heure, elle devait dresser l’inventaire de la journée de demain. A demi nue, elle installa son corps menu devant le clavier de l’ordinateur et en parcourut soigneusement les données.Couv Livre Triangle2


Les provisions ne leur feraient pas défaut cette année, elle pouvait dormir sur ses deux oreilles.


Les objets de culte étaient impeccables et il semblait que la tenue des locaux ne l’était guère moins. Demain, vers six heures, elle se rendrait dans le temple de Maki pour apporter au gardien l’offrande des Sœurs de Séliandre. Si elle voulait être en forme, elle devait se coucher dès maintenant. Mais pour l’heure, elle avait encore une tâche importante à réaliser. Elle revêtit sa tunique, ébouriffa davantage sa crinière blonde et bouclée puis sortit de la case. Il faisait froid, mais elle avait été habituée à ne pas en craindre la morsure. Elle marcha jusqu’au temple et se heurta au couple de guerrières postées sur les marches. Elles échangèrent quelques banalités avant de livrer passage à Eneïa. Elle était la seule sur l’île, excepté naturellement la Première Sœur, à ne pas subir de contrôle d’identité à ce niveau.


La jeune femme posa ses grands yeux verts perpétuellement animés d’une lueur d’étonnement sur la statue de la Déesse qui ouvrait le lieu de culte. Eneïa ignorait qui avait bâti ce temple, mais le révérend-architecte qui avait choisi l’emplacement de la représentation de la Paix et de la Concorde voulait que, de la première à la dernière marche du temple, l’on devinât le regard de la Divine Maki.


Comme à son habitude et sans doute pour se rassurer, Eneïa posa la main sur le marbre quand elle passa à proximité avant de rentrer dans le massif Pronaos. Ce faisant, elle commença à réciter une prière qui l’accompagna jusqu’au Naos, une quinzaine de mètres plus loin. Avant de passer les deux colonnes qui délimitaient cette partie du temple, elle abaissa la capuche de sa tunique sur sa tignasse rebelle. Elle fit trente pas et fut devant les portes du Sanctuaire, le seul endroit en ces lieux qui était verrouillé jour et nuit malgré la présence des Petites Sœurs à l’entrée. Eneïa sortit de l’intérieur de son vêtement une clé qu’elle introduisit lentement dans la serrure, poussa la cloison et entra dans la pièce la plus petite des lieux. Une autre statue de Maki, bien plus imposante que celle qui ouvrait le temple, était posée contre le mur. Eneïa s’agenouilla face à elle et posa délicatement son front sur le sol. Elle resta prostrée un long moment.   


Le Volko-Mirr devait être libéré une nuit par mois. La raison de cette sortie programmée était inconnue à Eneïa mais qui était-elle pour oser poser la question ? Devait-il se nourrir ? Avait-il été investi de quelque mission par sa divine Mère ? Seule la Première Sœur connaissait la réponse.


Le rôle de la jeune femme se bornait à ouvrir et à fermer la porte quand le Gardien reviendrait avant l’aube.


Selon la légende, le mortel qui croisait le regard du Volko-Mirr était changé en flammes. Même si Eneïa concevait quelque doute sur la véracité de cette menace, elle préférait tout de même se cacher les yeux dans sa capuche quand le gardien sortait.


Quand sa prière s’acheva, la Petite Sœur Eneïa ressentit un sentiment de paix intense. Le cœur plus léger, elle se releva puis s’avança jusqu’aux pieds de l’idole. Elle passa sa main derrière elle et, à tâtons, chercha le bouton situé à l’arrière de la statue commandant l’ouverture d’une porte secrète. Elle souffla quand la pulpe de son index frôla le bouton. Elle poussa un second soupir quand elle entendit le bruit infime des rouages.


Elle roula contre la statue en tirant sa capuche à fond sur ses yeux puis se mit en boule. Elle récita une nouvelle prière dans sa tête et attendit qu’IL sorte.


Cinq minutes s’écoulèrent.


Un raclement.


Un souffle métallique.


Le Volko-Mirr sortait de sa tanière.


Elle l’entendit traverser le Sanctuaire puis passer les portes ouvertes. Les raclements et les grincements qui ponctuaient chaque pas s’évanouirent bientôt.


Eneïa aspira une goulée d’air pour se donner du courage et se releva.


Elle savait que le Gardien ne reviendrait pas avant plusieurs heures, elle avait le temps de faire ce qui devait être fait.

 

Gauthier Hiernaux

http://grandeuretdecadence.wordpress.com

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A LA UNE...

Publié le par aloys.over-blog.com

bobclinPetit appel à tous les auteurs et auteuses de Chloe des Lys du Grand Bruxelles. La page web de la séance de dédicaces du samedi 23 octobre, à partir de 20h00, à l'Espace Art Gallery d' Ixelles se trouve à cette adresse: ( bandbsa.be/foires/ixelles2010.htm ). Pouyr les inscriptions on est prié de s' adresser à Bob Boutique: baudouin.boutique@skynet.be

 

 

 

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desguin Un coup de gueule d'actualité !

 

Les enfants du voyage ...
 
Des yeux noirs gonflés de musique
De paysages et de rires exotiques
Des mots d'enfants des ciels fermés
Ouvrez vos coeurs et regardez
Rescapés des frontières invisibles
Mal-aimés des nantis des socilaisés
Nos coeurs sont des pépites nos corps sont de passage
Et quoique vous fassiez battez et piétinez
Nous resterons les enfants du voyage
 
Nous traverserons vos rivières et vos villes
Et aimerons vos oiseaux dans les arbres
Les encens brûlés des églises inciviques
S'infiltrent honteux et vous regardent
 
Nous roulerons sans calcul et sans colère
Et prierons les oiseaux de passage
Nous marcherons vers les douces lumières
Et resterons les enfants du voyage .
 
Voici deux semaines un ami me demande d'écrire un texte ou une poésie ...Le sort des gens du voyage le désarmait et il voulait crier ou simplement faire passer un message ...
Les prises de position au sujet d'un sujet d'actualité, ce n'est pas mon genre ...Etiquetter, jeter, lever un drapeau coloré par autre chose que le mot liberté ne m'intéresse pas ...
Cependant, au milieu de chaque conflit, de chaque guerre, de chaque souffrance, le sort des enfants ne me laisse pas indifférente.
CAr demain, ce seront ces enfants-là qui couvriront notre terre d'amour de sang ou de lumière ...
Carine-Laure Desguin
http://carinelauredesguin.over-blog.com


Publié dans ANNONCES

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CHRISTINE BRUNET : Rue Baraka de Carine-Laure Desguin...

Publié le par christine brunet /aloys

Photo Christine BrunetImpressions de lecture

 



Je lâche le livre et me rapproche de la très large baie vitrée de mon salon qui donne directement sur le jardin. Il est coloré en cette saison mais le ciel est gris, pesant... A part ce petit rayon de soleil qui s'infiltre encore timidement entre la masse triste... Voilà, c'est cela, Rue Baraka...


C'est un tourbillon de mots comme une spirale infernale qui propulse de la lassitude vers l'espoir, de la grisaille vers la couleur, de la nuit du doute vers la lumière éclatante.


C'est une spirale de vie, une spirale de pensées et le vide s'emplit alors de rêves... et de phrases phares martelées qui entaillent le gris uniforme. Quelles phrases? Elles sont le secret... image-1.jpg


On en sort un peu saoul, groggy de cette déferlante de couleurs... 


Voilà... Le soleil brille....


Et l'histoire? Et les personnages? me demanderez-vous... Ils sont là, le maître éblouissant, l'élève ébloui...

 

Et le lecteur ? Eh bien, il contemple avec un petit sourire satisfait le rayon de soleil qui illumine, à présent, son jardin...


 

CHRISTINE BRUNET

http://recreaction.over-blog.org

http://aloys.over-blog.com


Publié dans Fiche de lecture

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A LA UNE...

Publié le par christine brunet /aloys

bobclinA voir dans ACTU: "Orages" de Céline Gierts (Chloe des Lys).http://photos-a.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs318.snc4/41218_452858517358_676387358_6363795_6495774_s.jpg

C'est son premier roman. Elle est montoise et enseigne la psycho. Orages de vie, renversement climatique, nous avons tous traversé des tempêtes, marché sous la pluie au rythme de nos rencontres... voir ici:http://www.bandbsa.be/contes.htm

 

A voir aussi sur ACTU: Gaffe aux yeux ! La Belle Mère Dure #16 vient de sortir . Cette revue anarchiste, vulgaire et parfois carrément scatologique, sort quand elle est prête ! Son éditeur s'appelle Eric Dejaeger et est à part cette erreur intellectuelle qu'il revendique haut et fort, un auteur et poète respecté. Comme quoi... Ce dernier numéro fait fort, comme d'hab, avec des provocateurs du genre de John Ellyton, Jean-Philippe Querton, Eric Allard, Denise La Crémière etc... ACTU n'est pas responsble du contenu de ce chiffon de papier (que nous lisons tous en cachette) !http://photos-f.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash2/hs215.ash2/47869_452849442358_676387358_6363654_5639158_s.jpg

 

Voir ici:http://www.bandbsa.be/contes.htm

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MARTINE DILLIES-SNAERT A LU "LES OISEAUX BLEUS" de CHRISTIAN VAN MOER

Publié le par aloys.over-blog.com

MARTINEJ’ai lu « Les oiseaux bleus » de Christian Van Moer (*)

Médaille d’Or de Poésie de l’Académie des Sciences, Lettres et Arts d’Arras (F)

 

 

 

                         Barde ou berger de la troupe ? Christian Van Moer est notre maître incontesté. Quand je referme le livre, je ne puis que souffler un « Diantre ! Quel diable de bonhomme ! »

 

                         Qui peut encore, aujourd’hui, se permettre le luxe de raconter une histoire en vers ?! Et une histoire d’aujourd’hui s’il vous plaît ! Quelle autre ponctuation que le point d’exclamation pourrais-je donc employer dans ce commentaire ? Vous êtes un diable, Monsieur Van Moer. Devant un tel écrit, je retire mon chapeau. Arras, en vous octroyant la Médaille d’Or, a reconnu en vous un maître de la poésie.

 

                         L’auteur nous raconte une histoire d’amour au moment le  plus fort de la guerre de Bosnie. Il raconte, il murmure, il chante, loue, enrage, damne, hurle, pleure et avale la douleur. Il ne transcende rien, il offre, il offre tout : ses émotions et ses émois enrobés de musique rythmée par la magie des vers.Les-oiseaux-bleux-C.-van-de-Moer.jpg

 

                         La richesse de la diversité des récits dans le rythme époustoufle. A la manière des anciens, il chante la mer, Eros puis, tel un magicien, il y mêle soudain les peaux dorées d’huile solaire et des mots tels que « sexy » et,  enfin, tout en douceur et en délicatesse, y glisse furtivement la mélodie de la flûte… du dieu Pan !

Et je me surprends à lever les yeux et à chercher à le voir apparaître, le sourire doux au coin des lèvres. J’aime cet humour distillé qui rappelle que les récits latins et grecs n’étaient ni vierges ni insipides.

 

                         Je pense très sincèrement que, outre toutes les personnes aimant les lettres,   ce livre  devrait être lu et étudié par les sections littéraires.

Il est rare d’avoir des récits d’une telle qualité.

 

                         Christian Van Moer signe, avec « Les oiseaux bleus », un réel chef d’œuvre.


 

MARTINE DILLIES-SNAET

http://users.skynet.be/TheDillies/

 

Publié dans Fiche de lecture

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