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Fluctuat nec mergitur, une nouvelle d'Alain Magerotte

Publié le par christine brunet /aloys

FLUCTUAT  NEC  MERGITUR

 

Le bois du bol d’air longe une rue pavée où s’érige une église du douzième siècle, un monument restauré, classé, qui a ouvert ses portes aux amateurs d’art et d’histoire.

A l’entrée du bois, un écriteau invite les passants à découvrir un lieu enchanteur: Maintes fois remodelé, le site bénéficie aujourd’hui d’une option d’aménagement qui préserve sa valeur écologique : bois de vieux saules, massifs d’épineux et de ronces, cognassiers, prairies fleuries, friches et bords de chemins odorants, mare aux batraciens, sous-bois rafraîchissants, petits potagers, verger, ruisseau. La pergola et les rampes de bois qui jalonnent le chemin sont réalisées en robinier.

Sans oublier les petits pensionnaires comme la grenouille rousse, le colvert, ou le pic épeiche.

Ce havre de paix unanimement apprécié par les amoureux du calme et de la nature fait la Une des journaux depuis quelques jours. Sur le pont de bois qui surplombe la mare aux batraciens, plusieurs corps sans vie ont été découverts. Une bien étrange affaire que celle-là. Le Nunc est bibendum, nom du bistrot qui jouxte «le bois de l’enfer» ainsi surnommé par une presse avide de sensation, ne désemplit pas. La gargote est devenue le quartier général d’une foule de curieux, des journalistes et de la police.

«Ne cherchez plus le coupable ! A qui profite le crime ? Ben à moi, tiens !» aurait pu déclarer, avec son esprit frondeur, Pol, le patron du bibendum, un gros bonhomme jovial, féru d’auteurs grecs et latins, à un point tel, qu’il a donné à ses deux fils, issus d’un mariage heureux avec Hélène, les prénoms de Virgile et d’Homère. Drôlement accro, Pol !

Mais, l’homme n’a pas trop le cœur à rire. L’hécatombe du petit bois l’affecte d’autant plus que la première victime était un de ses meilleurs clients : René Cuzan, dit cul sec ou, pour parodier Lucky Luke, «l’homme qui levait le coude plus vite que son ombre». Cul sec cultivait un potager situé non loin du bistrot. Tous les jours, vers dix-sept heures, il venait s’enfiler quelques p’tits blancs en guise d’apéro, pendant que son épouse, la patiente Adèle, l’attendait pour le dîner.

«Allons donc, comment pourrait-elle en vouloir à un homme si câlin, si attentionné, qui n’avait pas hésité à délier les cordons de la bourse pour lui offrir un four à micro-ondes… fort pratique en somme pour réchauffer son repas quand il rentrait tard le soir, éméché…»

Le jour fatal, René était tellement bourré, qu’il était repassé par le bois, pensant que le bon air de l’endroit le ragaillardirait. En fait de retapage, il fut retrouvé avec l’intérieur du corps calciné, comme s’il avait inhalé un puissant insecticide par le biais d’un aérosol. Les cadavres suivants allaient présenter le même symptôme.

 

L’os est particulièrement dur à ronger pour le commissaire Didier Leclebs car, il n’y a pas de lien entre les victimes qui se différencient tant au niveau de l’âge, que du sexe ou du statut social. Dans son bureau où s’entassent en piles compactes procès-verbaux et dossiers en attente, il médite sur l’opportunité qu’il a d’épater les hautes instances s’il mène à terme cette enquête difficile. Une occasion de redorer un blason quelque peu terni.

Mais, pour l’instant, les inspecteurs Mireau et Lelouche, qui le secondent, piétinent dans leurs recherches. Il les convoque d’urgence. Les mains croisées derrière le dos, il arpente le bureau de long en large. L’absence de résultats dans l’enquête lui donne une humeur de chien. Ces deux-là risquent de lui faire louper LE COUP de sa carrière.

L’aboiement n’est pas une exclusivité canine, le commissaire Leclebs en fait une démonstration éclatante :

« JE NE VOUDRAIS PAS ÊTRE À LA PLACE DE CE FILS DE P... LE JOUR OÙ IL TOMBERA ENTRE MES PATTES ! »

Le ton est toujours agressif lorsqu’il s’adresse à ses subalternes :

« Alors, vous deux, quoi de neuf ?

- Euh... s’enhardit Mireau, nous avons un onzième macchabée sur les bras... ce matin...

- Quoi ! braille Leclebs, encore un ! Je suppose qu’il n’existe aucun lien, si ce n’est... »

Il s’interrompt, fusillant du regard un Lelouche penaud, qui avance timidement :

« ... Brûlé de l’intérieur ! Il s’agit d’un fonctionnaire, je vous rappelle que les autres...

- Oh, ça va, je connais la liste par cœur. Dites-moi, mes gaillards, faudrait peut-être enclencher le turbo... j’ai des comptes à rendre, moi ! Jusqu’à présent, pas le moindre indice, pas la plus petite piste. Vous passez votre temps à compter les morts… vous êtes pas engagés comme comptables !

- On fait ce qu’on peut, commissaire... répond Mireau, déconfit.

- Ce n’est pas assez ! »

Afin d’atténuer le feu de la colère de son supérieur, Lelouche intervient à nouveau. Son air de conspirateur fait penser à un joueur de cartes prêt à abattre un atout dans une partie tendue à l’extrême.

« A propos, Pol, le patron du bistrot, m’a signalé avoir entendu un curieux remue-ménage durant la nuit précédant la découverte du premier cadavre...

- Quoi ? Qu’est-ce que… pourquoi pas me l’avoir dit plus tôt ? s’irrite le chef.

- Ben, le gars ne s’est pas levé, il était trop fatigué. Donc, il a entendu, mais rien vu… il m’a cependant assuré qu’il y avait du monde dans le bois…

- Ouais, encore une fois, on n’avance pas ! » Leclebs continue de faire les cent pas en maugréant.

Lelouche insiste, tenant absolument à faire l’intéressant :

« Notez, commissaire, que je ne le sens pas vraiment ce gars-là. C’est un faux jeton. Il emploie des mots à double sens et s’exprime dans un jargon incompréhensible. M’étonnerait qu’à moitié qu’il ait des choses à cacher. Tiens, le jour où je l’ai cuisiné, je l’ai entendu causer en étranger à un de ses copains. Il parlait d’un client... qui était heureux d’avoir fait un grand voyage... un certain... Ulysse, je crois... ça, il l’a dit dans notre langue, c’est peut-être un indice... affaire à suivre ?

- Qu’est-ce que vous me chantez là ?

- Ben... l’Ulysse en question... c’est peut-être la clé de l’énigme... sinon pour quelle raison aurait-il parlé de lui dans un drôle de charabia ? D’abord, va falloir vérifier si c’est son véritable nom, ensuite...

-… Assez de blabla, allez me surveiller ça de plus près... »

 

L’air s’est enveloppé des fragrances d’un printemps cédant volontiers au renouveau d’une nature en ébullition. Une résurrection qui contraste avec la mort rôdant dans les environs.

Les inspecteurs sont en faction, dans une voiture banalisée, près des entrées principales du bois. Ils communiquent au moyen de talkies-walkies hauts de gamme. Mireau au sud, grille une énième cigarette tandis qu’au nord, Lelouche se coule dans la quiétude ambiante. Il est tiré de sa léthargie par l’arrivée inopinée de Pol.

« Alors inspecteur, on s’endort dans les délices de Capoue ?

- ...?... Hein, qui c’est celle-là ? Et d’abord, que faites-vous ici ?

- J’éprouve le besoin de respirer un peu, fessus sum laborando...

- ...?...

- Mon épouse a pris le relais pour quelques instants. Ex quo tempore ibi estis ?

- Ecoutez mon vieux, je ne comprends rien à votre baratin...

- C’est du latin. Une langue prétendument morte, pourtant…

- Ouais, ça suffit, dégagez maintenant, je bosse, moi !

- D’accord, d’accord… en fait, je voulais vous avertir, inspecteur, que, malgré les appels à la prudence lancés par les médias, j’ai aperçu deux jeunes gens pénétrer dans le bois... je ne voudrais pas qu’il leur arrive malheur...

- Y a longtemps ?

- Une bonne heure... j’espère qu’ils ne seront pas expédiés ad patres... je veux dire... j’espère qu’on ne les retrouvera pas morts, comme les autres !

- ... Ou morts... comme votre latin ! »

«Et toc ! Je l’ai mouché cette fois » jubile Lelouche.

 

Suzon et Charles-Ferdinand forment des projets d’avenir. En fin d’études d’option professionnelle, la belle se destine à la couture. Le jeune homme, issu d’un milieu bourgeois aisé, termine des études d’assistant social afin d’aider les plus démunis. L’attrait de l’inconnu le pousse vers cette voie.

Main dans la main, ils foulent le sentier de terre battue qui mène au pont de bois. Passant devant un cognassier, le garçon tombe en arrêt, admiratif.

« Oh, des coings ! J’en cueillais dans le parc qui ceinturait l’immense propriété de grand-mère... hum... j’en ramenais des seaux entiers pour qu’elle fasse des confitures. Bon sang, ils ont le même effet, sur moi, que la madeleine de... »

« ... Brel !... coupe Suzon, fière d’étaler ses connaissances.

- Mais non, de Proust, ma chérie. Charles-Ferdinand lui pose un tendre baiser sur les lèvres. «Cognasse» pense, en même temps, le petit pète sec en s’emparant d’un coing qu’il roule entre ses doigts.

« ... Il y a toujours un coing qui me rappelle…

- Ah ça, c’est Eddy Mitchell ! » dit-elle spontanément, certaine cette fois, de ne pas se tromper.

Leur balade les conduit jusqu’au pont où ils s’enlacent, perdus dans un océan de bonheur. Ensuite, accoudés sur la rambarde, ils admirent le magnifique spectacle qu’offre le soleil couchant qu’ils prennent à témoin pour susurrer les promesses éternelles.

Soudain, une odeur âcre se répand, devenant vite insoutenable. Elle provient d’un tuyau qui, tel le périscope d’un sous-marin, émerge du centre de la mare aux batraciens.

Cette pestilence provoque chez les tourtereaux des quintes de toux, suivies de vomissements. Les yeux rougis, ils portent la main à la gorge, la bouche grande ouverte comme pour mieux happer l’air, si nécessaire à la vie. Un air subitement devenu un ennemi mortel piquant, brûlant, tuant...

Suzon et Charles-Ferdinand s’affalent sur le pont et, aussitôt, l’odeur se dissipe dans la douceur de cette soirée printanière, en même temps que le tube disparaît au fond de la mare.

 

« Allô requin bleu... allô requin bleu... insiste Lelouche en hurlant dans son appareil.

- Voilà, voilà, pas de panique, je suis là, poisson d’avril... si on ne peut plus aller pisser en paix... que se passe-t-il ? répond Mireau, excédé.

- Le patron du Bibendum m’a signalé la présence d’un homme et d’une femme dans le bois... tu ne les aurais pas vus sortir ? s’inquiète Lelouche.

- Wabada bada, wabada bada…

- Tu te crois malin ?

- Si on peut plus détendre l’atmosphère…

- C’est vraiment le moment…

- Bon… ceci dit, j’ai vu personne… y a longtemps ?

 - Une bonne heure environ… »

Lorsqu’ils découvrent les corps de Suzon et de Charles-Ferdinand, les inspecteurs sentent une chape de plomb s’abattre sur leurs épaules, un sentiment d’impuissance les envahir. Rompus de longue date à affronter le pire, ils craignent cependant les foudres à venir du commissaire Leclebs.

« J’en connais un qui va être content... soupire Mireau.

- Tu parles... » lâche presque en choeur Lelouche.

 

« Monsieur le Ministre vous attend » fait la jeune secrétaire de cabinet. Elle arbore un large sourire ainsi qu’un cardigan en cachemire.

Le Ministre de l’Intérieur, Jean Dorant, s’avance, une main franche tendue vers le commissaire Didier Leclebs.

« Monsieur le commissaire général de la PJ, bonjour !

- Euh... pardon, Monsieur le Ministre,... commissaire tout court... balbutie le roquet.

La secrétaire s’éclipse, refermant la porte derrière elle.

« Comment donc ? Malgré vos états de service, vous n’êtes encore que commissaire… » Il se met à compulser sommairement un dossier épais qui repose sur un sous-main défraîchi.

«Il se paye ma tête, après les fleurs, je vais avoir droit au pot» pense Leclebs.

Sachant que l’attaque est la meilleure défense, il prend les devants.

« Au sujet de l’affaire du bol d’air, Monsieur le Ministre, nous sommes arrivés dans une phase dissuasive importante. Après cinq jours au cours desquels on ne pouvait plus compter les morts sur les doigts des... deux mains, j’ai décidé de modifier le système de surveillance. Les résultats se sont avérés au-delà de toute espérance : plus de maccha... euh... plus de cadavres sur les bras depuis quarante-huit heures… »

Le Ministre répond, évasif :

« C’est bien Leclebs, c’est bien. J’ai pris connaissance de cela dès mon retour d’un grand voyage dont je reviens très content... »

Le commissaire questionne à brûle-pourpoint :

« ... Comme Ulysse ? Monsieur le Ministre...

- ... Je constate mon cher Didier, vous permettez que je vous appelle Didier, que vous ne manquez point de références culturelles. »

L’autre, confus :

« Oh, vous savez, Monsieur le Ministre, je ne fais que mon boulot, c’est mon job de savoir... euh, vous permettez... une petite question... voyagez-vous toujours sous votre véritable identité ?

- Dites-moi, cher ami, je suis, me semble-t-il, soumis à un interrogatoire serré. Je ne vois pas où vous voulez en venir, quelle question saugrenue... bien entendu, je voyage toujours sous ma véritable identité, pourquoi en irait-il autrement ?... Qu’importe, je ne peux vous en vouloir de conserver constamment l’esprit en éveil. N’est-ce pas l’apanage d’un bon flic ? D’ailleurs, je pense que votre dossier se trouvera en ordre utile pour cette promotion au grade de commissaire général de la PJ… »

Le brave Leclebs n’en croit pas ses oreilles. Mais il est à cent mille lieues d’imaginer que le meilleur reste à venir.

Jean Dorant prend un air grave. Il pose les coudes sur son bureau et joint l’extrémité de ses doigts, signes annonciateurs qu’il se prépare à tenir un discours, une spécialité des gens de sa corporation.

« Didier... par votre occupation professionnelle, vous êtes bien placé pour savoir que nous évoluons dans un monde de brutes où le pouvoir et l’argent sont intimement liés. La guerre économique que nous livrons à d’autres nations fera un jour ou l’autre, c’est une certitude, des perdants. Il n’est pas question de nous retrouver dans la peau de ceux-ci. Evoluant dans un pays aux ressources naturelles limitées, pour ne pas dire inexistantes, il nous faut dès lors user d’astuces, d’esprit d’entreprise, de créativité... vous me suivez ?

- Tout à fait, Monsieur le Ministre...

- Alors, aussi paradoxal que cela puisse paraître, nous vendons la mort pour... garder la vie. » Il marque un temps d’arrêt afin de ménager ses effets, puis reprend :

« ... Des contrats sont en passe d’être signés avec des pays lointains où les dirigeants, très riches par la grâce des ressources naturelles dont le sous-sol de leur territoire regorge, sont confrontés aux nombreux problèmes inhérents à une surpopulation engendrant pauvreté et conflits ethniques... c’est de l’une de ces régions que je reviens. J’y suis allé négocier le nouvel équipement que nous venons de mettre au point. Restant en contact permanent avec le directeur de mon cabinet, celui-ci m’a tenu au courant de l’évolution des effets positifs de cette expérience capitale… mais je parle, je parle jusqu’à la déshydratation… Didier, désirez-vous boire quelque chose ?

- Non, merci, Monsieur le Ministre. »

Le flic se dit qu’il a bien affaire au prototype du politicien. Jean Dorant emprunte le chemin des écoliers au lieu d’aller droit au but.

Le Ministre se sert un verre d’eau qu’il vide d’un trait.

«... Nous avons donc mis sur pied, avec la collaboration de nos plus éminents savants, un système d’élimination sournois, silencieux, mais terriblement efficace, qu’il fallait, bien entendu, tester. Pensez donc : la propagation d’un produit toxique qui ne laisserait aucune trace. Un de nos chercheurs, le professeur Hopplynus, a ainsi concocté un insecticide à l’échelle humaine dont voici la composition... »

Il tire un papier de sa poche sur lequel sont griffonnés quelques mots.

«... Du dichlorvos, ester phosphoré avec action anticholoinestérasque et du chlorure de méthylène. Des techniciens de premier choix, je vous ferai grâce des détails, ont donc expérimenté cette arme redoutable dans le bois du bol d’air. La mise en place de ce système sophistiqué a duré toute une nuit. Un laps de temps de cinq jours s’avérait nécessaire pour vérifier l’efficacité du produit. »

Leclebs est atomisé.

« Enfin, Monsieur le futur commissaire général de la PJ... si, si, j’y tiens plus que jamais… sachez que j’ai exigé que cette enquête soit menée par vos bons soins. Je m’étais souvenu qu’un éditorialiste vous avait joliment défini en une formule : fluctuat nec mergitur… vous le champion incontesté des affaires classées sans suite… alors, une de plus ! N’ayez crainte, le bon peuple se lassera vite, comme toujours. Aujourd’hui, il descend dans la rue, demain chacun vaquera à ses occupations quotidiennes. Pour résister à la pression immédiate, dites que, comme pour l’assassinat d’Albert Loos, le président du parti de l’opposition, l’affaire suit son cours. Sur ce, au revoir et merci, Monsieur le futur commissaire général de la PJ… »

 

Didier Leclebs et Jean Dorant se serrent la main. Finalement, la fatuité du premier s’accommode plutôt bien de l’orgueil du second.

Vanitas vanitatum et omnia vanitas... dirait Pol.

 

 

Alain Magerotte

Nouvelle extraite de "Tous les crimes sont dans la nature"

 

A. Magerotte Tous les crimes sont dans la nature

Publié dans Nouvelle

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Le chemin, un poème de Claude Colson

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

claude colson-copie-2

 

Le Chemin

Et tout comme le reste

Février a passé.

Au vingt-neuf, son rare zeste,

Il a tenté de s'accrocher.

 

En vain. Malgré la froidure,

Les brouillards du premier,

Soubresauts de morsure,

Présents en matinée,

 

Mars traîne avec lui

L'embellie attendue,

Dans le mot déjà, qui luit,

Telle une promesse, voire un dû.

 

Les frimas du matin

Devront céder la place

À la tiédeur d'un air fin

Que midi diffuse, en masse.

 

Et les oiseaux de criailler,

De piailler en tournoyant,

Un peu comme enivrés

Par lumière et douceur du vent.

 

Tout comme la nature

Demeure en évoluant,

Tu vis le temps qui dure

Et te meurs, chaque instant.

 

Claude Colson



http://claude-colson.monsite-orange.fr

Lena C. Colson

Publié dans Poésie

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Un projet... " Fantasmes révélés", une rencontre entre deux créateurs...

Publié le par christine brunet /aloys

 

0728-Silvana-portrait-casquette-600x400-pixelsCertains d'entre vous la connaissent déjà... Silvana Minchella est auteur chez Chloé des lys d'un premier roman, "Eveil", d'un livre à paraître "La Terre nous dit à Dieu" et journaliste occasionnelle pour l'Actu TV.

Quelle n'a pas été ma surprise en apprenant sa collaboration à un projet original, celui de "fantasmes révélés".

Mais quel est-il, exactement ?

De prime abord, il est le fruit d'une collaboration entre unjj-08-2009-02-21-Etreta.jpg illustrateur, Jean-Jacques Oppringils et une auteur, Silana Minchella autour d'un thème, la féminité. Jusque là, rien d'original, quoique...



Pour vous donner une idée plus précise du projet, je vous livre une présentation de cette oeuvre, de la démarche en tant que telle...

 

Une histoire de création...

 

Au commencement, il y a le rêve...

 

LSA-implantation-1.jpg

 


"J'aurais voulu être un Créateur. Si cela avait été possible, j'aurais réalisé au fil de mes œuvres une aventure de plus de vingt cinq milliards d'années... "

 

"Celle-ci aurait permis d'assister au passage d'un Univers tel qu'il est apparu, tel qu'il a existé, tel qu'il est vécu, à un autre ensemble sans doute totalement différent.

 fantasmes

Au départ, le chaos originel ferait place à une lente organisation de la matière provocant un Big Bang et ses destinées. L'Univers se serait refroidi, la matière se serait organisée de façon de plus en plus complexe jusqu'à former des galaxies, des étoiles et des planètes. Progressivement, l'eau source de vie serait apparue. Des océans, des continents formeraient quelque part une planète de couleur bleue. La végétation y aurait fait son apparition, devenant doucement luxuriante.

 

Les premières grandes civilisations apparaîtraient... évoluant jusqu'à aujourd'hui; la perception de la durée étant alors ramenée à l'échelle humaine durant quelques instantsthree-dimensional-feminity35-s500 pour contempler les grandes réalisations de l'humanité.

 

Inéluctablement, le fil de la vie reprendrait rapidement ses droits en quittant à nouveau notre propre espace-temps pour sans doute observer un jour l'emballement de l'ensemble du système... Cette planète et cet Univers tout entier se réchaufferaient, ils iraient inexorablement vers une disparition dans une fournaise générale jusqu'à l'éclatement sans altérer la vie d'autres univers parallèles. La matière se refroidirait à nouveau en se réorganisant d'une manière inconnue, totalement dissemblable de ce qui existait précédemment, comme si cela avait déjà été imaginé.

 

Par un nouveau geste d'une hardiesse diabolique, un Univers serait alors né, porteur de tous les possibles.

L'Art, la Musique, la Littérature, les Mathématiques et les Sciences y seront bientôt les Rois !

 

L'Anneau de l'Amour Infini n'a quant à lui pas été altéré durant ces 25 milliards d'années...

 

... Le rêve met en place une vision.... Celle de l'artiste... La création découle alors du rêve et se concrétise en une image multiple, criante de couleurs et de vie... Jean-Jacques Oppringils nous parle de son processus de création, résultat direct de sa vision...

 

Selon une vision simple de la vie, tout dans cette aventure n'y est que cycle. Une représentation artistique de ce "concept" en est l'Anneau...

 

L'Anneau de l'Amour Infini est alors celui qui englobe tous les autres. Il contient l'Anneau fini de l'Univers dans lequel tourne "l'Anneau de la Matière" dans lequel tourne "l'Anneau de la Géologie" dans lequel tourne "l'Anneau des Galaxies" dans lequel tourne celui de l'eau... et ainsi de suite jusqu'à "l'Anneau d'Humanité" dans lequel tourne "l'Anneau de Sublima" dans lequel "l'Anneau de Cerebrea" n'a lui eu qu'un seul cycle (comme cela a été le cas par exemple pour le palais de Versailles qui a perdu sa fonction)...

 

Quant à l'Anneau de la Féminité Tridimensionnelle, il représente à notre époque la

three-dimensional-feminity26-s500féminité dans notre univers.

Celui-ci communique par un Tunnel-Vortex  imaginaire vers l'autre univers de cette aventure à l'époque fort lointaine de l'Anneau de Sublima.

 

Il communique également avec L'Anneau de l'Amour Infini, celui qui englobe tout... mais aussi avec l'Anneau Diabolique !

 

C'est pour cette raison qu'il est tridimensionnel.

 

Il sera lui-même fait d'une multitude de plus Petits Anneaux en rotation en son sein et évoluant chacun dans des directions très différentes.

 

Ce dernier Anneau est celui qui permet de passer "D'un Univers à un Autre"

à partir de notre époque...

 

 

 

Mais où nous emmène l'imbrication de ces anneaux ?

 

J'interroge alors l'artiste qui me livre une autre explication... Il commence par m'éclairer sur son concept de sculpture monumentale :

 


 

Tout d'abord, il faut vous dire qu'il faudra sans doute un espace de 2 hectares de parc pour l'exposer. J'aimerais pouvoir le faire aux abords d'un château puisque cette création est, entre autres, un hommage aux grands bâtisseurs.

three-dimensional-feminity44-s500Cette sculpt
ure serait en fait réalisée à partir de mes estampes en grand format (au moins 200 x 200 cm de côté). L'ensemble de cette sculpture est constituée de près de 200 de celles-ci. D'où la grande surface nécessaire pour l'installer.

 

Je comprends mieux, en effet, le concept...  mais comment expliqueriez-vous plus simplement votre démarche artistique et la symbolique des anneaux ?

Chaque estampe de ce projet est à considérer comme un élément d'un Anneau. Vous pourrez voir un prototype d'un élément de l'Anneau de Cerebrea qui a été exposé (près d'un château) durant l'été passée en ouvrant le lien ci-après (pour cela, je vous invite à cliquer que le schéma enprojet4 vue aérienne de ce projet de sculpture et de descendre un peu plus bas dans la page qui s'ouvrira alors).

Prenons un exemple... celui de l'Anneau de Sublima. Cet anneau est constitué de plusieurs de mes estampes en grand format. Ces estampes ou éléments comme on vient de le voir sont mis verticalement par rapport au sol et donc positionnés en cercle ou, pour être plus poétique, sous la forme d'un anneau. Le plus gr
and de ces Anneaux est l'Anneau de la Féminité Tridimensionnelle qui fera plus de 40 mètres de diamètre et sera fait de 50 estampes. 

 

Je vous en livre une, exemple vivant du message que veut nous faire passer l'artiste...

 

 

 

En ouvrant le lien suivant vous pourrez aussi voir en haut de celle-ci une simulation d'un morceau d'un anneau.

http://www.oppringils.info/pages/anneaux/anneaux-info.php


Les +- 200 estampes ainsi mises en anneaux seront bifaces afin que l'on puisse "visiter" ces anneaux à l'intérieur comme à l'extérieur de ceux-ci.

En ouvrant la page suivante vous pourrez aussi voir en haut de celle-ci une simulation d'un morceau d'un anneau.

http://www.oppringils.info/pages/anneaux/anneaux-info.php

En cliquant sur le schéma
 de la sculpture vous pourrez en découvrir une à une toutes les estampes de la sculpture et aussi les 10 "vidéos" qui accompagnent cette création.


Je dois maintenant vous suggérer de découvrir le livre de l'Anneau de la Féminité Tridimensionnelle puisqu'il est une des clés de voûte de ce projet (il l'est avec l'Anneau Diabolique qui fera aussi l'objet d'un livre qui est en cours d'écriture).

projet3Ce livre vous permettra de comprendre toute la philosophie du projet. Vous y découvrirez qu'au moins 3 univers existent dans cette aventure. Tous ont été créés par l'Anneau Diabolique il y a bien longtemps... cependant personne ne sait combien d'univers ont ainsi vu le jour depuis la nuit des temps...

Vous trouverez cet ouvrage en ouvrant ce lien :http://www.oppringils.info/pages/livres/index.html (il est en seconde position).

Ensuite, toujours sur cette page, vous trouverez l'ouvrage de Silvana Minchella (Fantasmes Révélés) qui est lui un Anneau-Elément "tournant sur lui-même" au sein de l'Anneau de la Féminité Tridimensionnelle.

Je terminerais cet
te explication pour vous indiquer que ce projet tente bien modestement d'expliquer que tout n'a qu'un cycle de vie, qu'il s'agisse d'un être vivant, d'un palais, d'une ville, d'une planète, d'un soleil ou d'un univers !


projet1Il 
y a cependant des exceptions à cette règle... L'Anneau de l'Amour Infini (auquel se raccordent les "Fantasmes Révélés" de Silvana) ainsi que l'Anneau Diabolique (celui qui crée les univers) qui n'auront jamais de fin.... Ont-ils seulement eu un début alors qu'ils tournent sur eux-même sans fin ?


Mais ce n'est pas tout... Il existe encore une exception... et elle est de taille...

En effet, par ce projet et grâce à la science, l'humanité a trouvé le moyen de "vivre" sans fin elle aussi en passant lorsqu'il le faudra D'un Univers à un Autre...

C'est l'art et la littéra
ture d'aujourd'hui qui peut-être un jour inspireront nos scientifiques à chercher à mettre au point des Tunnels Heim-Jhay dont il est question dans le livre "clé de voûte" que je vous suggère de lire. La grande question restera de savoir si l'intelligence humaine parviendra à démontrer qu'il existe bel et bien des univers parallèles. Si tel est le cas et que ces univers ont des âges différents... alors... la survie de "l'humanité" et de ses pensées ou celles d'une "civilisation future" se poursuivra sans fin !


Qui sait aujourd'hui ce que la science de demain nous apportera ? Et pourquo
i pas aussi l'Anneau de l'Eternité de la Pensée ?


... je vais ici conclure par un sourire que je vous fais maintenant :

Promis, pour ma sculpture, je m'arrête à une surface 2 hectares..... et oui... cette oeuvre est 
elle aussi un Anneau Elément qui tourne dans celuiprojet2 de l'Anneau de l'Art et de la Créativité, lui-même Anneau Elément de l'Anneau de l'Eternité de la Pensée tout juste né depuis la découverte des Tunnels Heim-Jhay !


En conclusion, j'aimerais vous donner un exemple de la collaboration de deux processus de création... un reflet de l'image dans l'écriture... ou peut-être de l'écriture dans l'image ? Je vous propose, pour terminer, un texte signé Silvana Minchella...

 

Nr 44

 

Femme fleur

Corolle ouverte

Pistil dressé

Au nectar qui perle

 

Femme fruit

Que le couteau incise

Noyau éclaté

Chair dévorée

 

Femme enfant

Offrande pure

Que des mains obscures

Torturent

 

Je vous aime

 

 

 

Miroir-de-Sublime-JJO.jpg



 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com


Publié dans interview

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Quelques Haïkus pour Pâques, signés Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

 

Flyers Micheline 002

 

Gourmandise en vue

Tous ces œufs en chocolat

Dans le jardinet

 

Dimanche de Pâques

Premiers tintements de cloches

~ Courir au jardin

 

Les cris des enfants

Découvrant les chocolats

~ Ai-je eu dix ans ?

 

Au milieu du pré

La grosse poule de Pâques

À portée de l'âne

 

Avant les enfants

Le chien mange les œufs en sucre

~ Trop tard pour la chasse !

 

Le lapin fondu

Sous les rayons du soleil

J'y goûterais bien

 

Les petites taches

Au bout des doigts des enfants

~ Délices pascales

 

 

 

Micheline Boland

boland2

Publié dans Poésie

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Christine brunet a lu "Nouvelles de l'Est" de Gauthier Hiernaux

Publié le par christine brunet /aloys

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J’ai lu « Nouvelles de l’Est » de Gauthier Hiernaux

ISBN 978-2-87459-660-5

Editions Chloé des Lys

 

Site de l'auteurgrandeuretdecadence.wordpress.com

 

 

 

Je me replonge avec plaisir dans l’univers de Gauthier Hiernaux. Même contexte politique que les opus précédents, même écriture, mais une autre approche : cette fois, l’auteur nous présente des tranches de vie au travers de personnages atypiques dans un contexte de guerre.


Pour une fois, Gauthier Hiernaux utilise non plus le genre du roman mais celui de la nouvelle. Pour être honnête, j’étais peu attirée et perplexe quant à la capacité des nouvelles de faire passer l’ambiance des précédents romans.


Bon, nous revoilà plongés dans une Terre appartenant à un univers parallèle au nôtre.http://www.bandbsa.be/contes3/nouvellesest.jpg Nous faisons connaissance de personnages aux physiques très marqués comme le Dragon Ilwad ou le barbare (je vous laisse les découvrir…).


Cette fois, le contexte est plus marqué, un savant mélange de monde romain antique, soviétique, mythologique et futuriste. Les textes sont courts, très vivants, parfois surprenants, démontrant à nouveau les manipulations d’un pouvoir politique totalitaire capable de tout pour asseoir sa légitimité. L’expansionniste, la peur de la différence, l’endoctrinement, le racisme, les préjugés, l’obscurantisme, autant de sujets abordés.


Un style toujours très agréable, très vivant. Un grand bravo à l’auteur qui m’a entraînée durant de trop courtes heures dans son univers. 

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Couverture Nid page 1

Publié dans Fiche de lecture

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Le reflet, un poème de Laurent Dumortier

Publié le par christine brunet /aloys

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:o0YOuIz-NJ0UnM:http://www.bandbsa.be/contes/chloe/laurent.jpg

 

 

Le reflet

 

 

Demain n’est pas encore arrivé

Qu’il est hypothétiquement passé,

Tu vois…

 

Mes yeux ne voient plus d’hier

Qu’un monde sans couleur

Même la lumière

A perdu sa splendeur…

 

Tu me demandes de rester,

De ne pas basculer

Mais je crois que le monde s’en fout

S’il ne reste qu’un reflet après tout…

 

Je suis si près du bord

Le vent souffle si fort

Je suis si bien…

 

Encore un pas de plus

Et je ne sentirai plus

Que le froid du bitume

Accueillant mon amertume…

 

Tu me demandes de rester,

De ne pas basculer

Mais je crois que le monde s’en fout

S’il ne reste qu’un reflet après tout…

 

S’il ne reste qu’un reflet après tout…

 

S’il ne reste qu’un reflet, après tout

C’est peu et c’est déjà beaucoup…

 

Tu me demandes de rester,

De ne pas basculer

Mais je crois que le monde s’en fout

S’il ne reste qu’un reflet après tout…

 

Laurent Dumortier

gsl.skynetblogs.be

http://www.bandbsa.be/contes3/concept.jpg

 

 

Publié dans Poésie

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L'inventaire de vos sens, un texte de Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

delvilletete

 

L'INVENTAIRE DE VOS SENS

Fermez les yeux.

Respirez profondément.

Complétez cet inventaire en laissant parler vos sens et vos émotions.

 

Chose claires et pures :

Tintin

L'eau Bru

La mer d'un pays chaud

 

Choses troublantes :

Les OVNIS

Le vent

Les tempêtes

 

Choses qui surprennent :

Un plat inconnu mais succulent

Un plat inconnu mais pas à mon goût

 

Choses qui font battre le cœur :

Des retrouvailles

Une première rencontre

Être face à une caméra

Écouter un orchestre en train de s'accorder

 

Choses mélancoliques :

Les chrysanthèmes de Toussaint

Certaines chansons

Certaines musiques

De vieilles photos

 

Choses poignantes :

Une corrida

Un grand concerto pour piano

Édith Piaf sur scène

Jacques Brel sur scène

 

Choses qui font rougir de honte :

Rien, j'assume !

 

Choses agaçantes :

Celles qui n'avancent pas comme elles devraient (voitures, piétons, histoires…)

Le manque de respect de façon générale

 

Choses qui donnent un vertige d'émerveillement :

Les chutes du Niagara

Un grand paquebot

Un plat cuisiné sublime

La neuvième symphonie de Beethoven

 

Choses qui égaient le cœur :

Voir les étoiles dans les yeux des gens qui m'écoutent conter ou chanter.

 

Choses peu rassurantes :

Les bruits inhabituels (armée, avion, cris, tonnerre)

Une foule inconnue

 

Choses qui provoquent l'enthousiasme :

Quelque chose qui fonctionne bien jusqu'au bout et comme prévu !

Une rencontre

 

Choses fugitives :

Une odeur d'épice

Parfois certains parfums

Un oiseau sur une banche

 

Choses désolantes :

Certaines images à la télé

Une rupture à laquelle je ne peux rien !

 

Choses qui font monter les larmes aux yeux :

Souvenir de personnes disparues

Un enfant prodige jouant du piano ou du violon

 

Choses qui donnent un très grand plaisir :

Conter

Les fameuses étoiles dans les yeux des spectateurs

Recevoir des amis

Offrir un cadeau

 

Choses qui apaisent :

Ma couette

Caresser un gros chien

 

 

Louis Delville

louis-quenpensez-vous.blogspot.com

 

Publié dans Textes

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Philippe Wolfenberg se présente !

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.bandbsa.be/contes3/wolfenbergtete.jpg

 

 

Pseudonyme : Philippe WOLFENBERG

Titre du roman : « Les états d’âme de la lune et du soleil »

 

* J’ai 48 ans.

* Je suis célibataire sans enfants.

* Je suis employé communal détaché au sein d’une a.s.b.l. de services de proximité afin d’en assurer le secrétariat.

* J’habite Chaudfontaine, une commune verdoyante de la périphérie de la « Cité ardente » (Liège).

* Mes passions sont l’écriture, la lecture, la photographie, la marche et le jardinage.

* « Les états d’âmes de la lune et du soleil » se trouve être ma première publication mais j’écris depuis environ vingt ans et ai à mon actif des poèmes, des textes aux accents poétiques, des citations et un autre roman.

 

 

Un résumé ? Celui de « Les états d’âme de la lune et du soleil » :

 

« Après avoir manqué toute une série de rendez-vous que la vie lui avait fixés avec Elena, Phil, écrivain à succès, en vient à désespérer de jamais trouver son âme sœur. Il remet ce constat affligeant en question lorsque, au cours d’une réception, il fait la connaissance de Caterina, une charmante auteure italienne qui vient de publier son premier roman. Et si elle était cette jumelle de cœur, d’esprit et de corps qu’il n’a cessé de chercher en vain ? »

 

 

 

Extrait de « Les états d’âme de la lune et du soleil » :


 

Samedi 3 juillet 2010

 

En compagnie de Caterina, mes nuits sont aussi belles que mes jours. Celle qui vient de s’écouler – faite d’élans de tendresse et de sommeil parfait – prend fin lorsque la clarté matinale s’engouffre par la fenêtre ouverte.

Nous allons saluer les parents d’Isabella qui tentent de nous retenir à déjeuner. Caterina décline l’invitation. Nous convenons, à la place, de nous retrouver pour dîner dans le même restaurant que la veille.

 

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Habités par l’impression grisante de ne plus appartenir ni à l’espace ni au temps, nous déambulons dans le décor abstrait de quelques rues enserrées entre des maisons étroites, accolées les unes aux autres, dont les façades polychromes délavées par le soleil et les intempéries – ou tout simplement les années qui passent – forment une sorte d’image kaléidoscopique.

Nous laissons derrière nous l’agitation citadine pour amorcer l’ascension d’une route escarpée menant à l’église San Giorgio que j’avais aperçue le jour de notre arrivée.

Soigneusement déposées dans leur écrin de verdure, de superbes demeures jalonnent le parcours. Par intermittence, elles se dérobent à nos regards en se cachant derrière la masse des pins qui proposent, en alternance avec les nuages plus présents aujourd’hui, des oasis d’ombre que nous accueillons avec soulagement.

Une esplanade, ouverte sur la gauche vers le large, donne accès à un chemin longeant l’édifice religieux pour, en fin de compte, aboutir à l’entrée du cimetière.

Nous traversons une allée bordée d’un mur compartimenté en niches funéraires comme on en rencontre dans les régions méditerranéennes. Parmi des tombes plus

conventionnelles, Caterina s’immobilise devant celle de ses parents tandis qu’Emma dépose, sur le marbre immaculé, un bouquet de fleurs séchées qu’elle tenait à la main.

Le silence instauré par Caterina, pendant ces quelques minutes de recueillement, se prolonge jusqu’à l’instant où, profitant de l’éloignement momentané de sa fille, elle décide de le rompre.

* Tu comprends pourquoi Emma et moi sommes tellement fusionnelles ? Aussi absurde que cela puisse paraître, nous représentons, l’une pour l’autre, le lien ultime avec ma famille…

* Je considère cette attitude normale et attendrissante… En fait, elle vous rend plus adorables encore à mes yeux…

* Contrairement au père d’Emma, tu as su appréhender la complexité de notre binôme et y trouver ta place…

* J’essaie de faire fi de tout raisonnement pour ne me fier qu’à mon instinct…

Elle me dévisage en silence puis, brusquement, prend ma main et m’entraîne derrière elle.

* J’aurais aimé qu’elle soit de toi, Phil… Vraiment ! Mais, en fait, ça n’a pas d’importance car, à bien y regarder, plus vous faites connaissance et plus je vois s’épanouir cette relation qui devrait automatiquement exister entre un père et sa fille…

Publié dans présentations

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Nadine Groenecke a lu "Une belle époque" de Kate Milie

Publié le par christine brunet /aloys

 

nadine groenecke

 

J’ai lu « Une belle époque » de Kate Milie



En ouvrant le livre de Kate Milie paru aux Editions Chloé des Lys, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre hormis à un voyage culturel de la fin du XIXème siècle au début du XXème. Eh bien, je ne l'ai pas regretté ce voyage, j'ai lu l'ouvrage d'une traite !

Ce livre, tout à fait singulier, donne la parole à cinq personnages qui se rencontrent régulièrement sur un espace virtuel pour évoquer la période de la Belle Epoque. Icône, Jack, Clea, Chevalier noir et Valmont échangent leur point de vue en conversant subtilement, en se taquinant, en se disputant et aussi en batifolant. Les propos sont savoureux et rappellent les salons littéraires du siècle des Lumières. On navigue avec délices entre passé et présent et on s'interroge en même temps que les personnages : qui se cache derrière tous ces bons mots ? Qu'est-ce qui pousse chacun à se prêter à cet exercice virtuel ? Chevalier noir répond à cette dernière question :

Par goût du jeu, par passion pour l'échange, par intérêt pour les thématiques abordées, par curiosité, par plaisir... Mais aussi parce que la maîtresse de ces lieux... me paraît attrayante.

Chevalier noir aurait-il une idée en tête ? Ou alors Jack qui se dit ouvertement amoureux d'Icône et qui aimerait bien la rencontrer en chair et en os ? Faut-il se méfier de Valmont, le libertin ? Icône doit-elle suivre les conseils de prudence de Clea ? Le salon et le forum des "Fous des mots" se révèlent à la fois théâtres de fantasmes et ateliers d'écriture ; ils nous réservent, de surcroît, quelques surprises.

"Une belle époque" se veut également instructif sans être rébarbatif. Le livre idéal, donc, pour qui souhaite se divertir tout en apprenant. Les étudiants en histoire de l'art devraient impérativement se le procurer ! Car rien de cette période n'a échappé à l'auteur. Le roman interactif qu'entreprennent de rédiger ses cinq personnages sera, par exemple, prétexte à évoquer la vie de Gustave Klimt et d'Ana, son modèle préféré. Et voici comment Icône parle de l'Art nouveau :

Finis les lignes droites et les angles cassants des maisons en pièces en enfilade, finis les angelots grassouillets, les dorures superposées et les tentures lourdes. Tout cela a cédé la place à un monde fait de volutes, de courbes, d'ondulations révélant que le raffinement est devenu la seule idéologie des chercheurs de lumière. Celle-ci est entrée dans les maisons, les a inondées, s'est reflétée sur les parquets, les bois précieux, les mosaïques et au gré du soleil a égayé les vitraux décorés de motifs floraux.

Vous l'aurez compris, j'ai vraiment été séduite par l'originalité de ce livre, par l'écriture fluide de son auteur et9782874594281 1 75 par les thèmes abordés, notamment l'art et l'écriture. Mais c'est quoi au juste la séduction ? Voici l'avis de Jack sur le sujet :

Il ne fut pas capté par sa beauté. Il ne fut pas capté par l'élégance de ses gestes. Il ne fut pas capté par l'éclat de son regard. La séduction n'a rien à voir avec des histoires de beauté, de traits, d'élégance. La séduction est proche du mystère, de l'animalité, du surprenant, du fulgurant. 

Pour en apprendre plus sur l'auteur, cliquez à l'adresse ci-dessous : 

http://kate-milie.skynetblogs.be/

Publié dans Fiche de lecture

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Extrait de "lettre à mes anciens étudiants" de Jean Destree

Publié le par christine brunet /aloys

 

IMG 1738

 

 

 

Lettre à mes anciens étudiants

 

 

               Chapitre premier

 

 

Est-ce vrai qu'il faut travailler? Et pourquoi?

 

 

 

                                                                Si tu as faim, mange une de tes  mains et

                                                                 garde l'autre pour demain  matin.

                                                                                                                                                                             

                                                                                                 (Ma grand-mère).

 

 

 

 

Est-ce vrai qu’il faut travailler?

Question idiote.

Du moins elle peut le paraître. La Bible ne dit-elle pas dans Genèse:  "Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front"

La belle affaire! Je vous ferai d’abord remarquer que la Bible, comme tous les livres prétendus « sacrés »(?) sert de justification à toutes les conneries des hommes. C’est évidemment bien commode, car cela évite de se triturer la cervelle pour trouver les vraies solutions. Donc si j’en crois la Bible, Dieu - à qui je mets par tradition une majuscule, pour le distinguer des divinités papoues ou jivaros - aurait dit que tu dois travailler. Donc ma question est idiote puisqu’elle va à rebrousse-poil(s) de la parole divine. Autrement dit, si je ne travaille pas, je suis un mécréant, je suis le « mauvais sujet de Brassens », celui qui refuse de marcher au pas au son de la musique.

      Ma question est encore plus idiote si l’on admet une fois pour toutes pour toutes que l’homme est le seul animal qui soit obligé de travailler pour subsister. Cela aussi est une vérité incontournable. Personne n’a jamais vu un lion faire des boulons au Ruau, forer des puits de pétrole ou compulser des dossiers dans un ministère. Personne n’a jamais imaginé un moustique creusant des tunnels, conduisant un bus ou érigeant des gratte-ciel et encore moins un setter régler la circulation à Piccadilly Circus, surtout s’il est Irlandais(!) Et tout cela pour ne pas crever de faim, de froid, de soif ou ...d’amour. Mais l’Homme oui! C’est un devoir. Voilà! Le grand mot est lâché. Un devoir. Travailler, il faut travailler. Sinon, pas de boulot, pas de sous, pas de pain, pas de vin, pas de lit, pas de maison, pas... de femme(s) non plus. Compris?

 

       Pas de questions?

       Oh! que si, bien sûr.

 

       Et ma question sera d’autant plus idiote - la réponse n’est pas dans la Bible - quand on considère que le seul moyen de s’en tirer, souvent plus que honorablement, n’est pas de travailler soi-même, mais de faire travailler les autres pour soi. Beaucoup l’ont compris. C’est pour cela qu’il y a des patrons et des ouvriers, des employeurs et des employés, des exploiteurs et des exploités. Ceux-ci travaillent pour ceux-là. Nous en reparlerons plus tard, car chaque chose en son temps. Et comme dit le proverbe: « Chacun à sa place et les vaches seront bien gardées ».

 

 

      Mais revenons à notre propos. Et commençons par une citation latine, cela fait très bien dans le décor et ça prouve que l’on a de la culture, même si elle n’est qu’un vernis qui s’écaille très vite. In illo tempore... (en ce temps-là, pour ceux qui n’auraient pas compris),  il y a des milliers d’années , il y avait la nature. Des arbres, des fleurs, des rivières, des mers. Il y avait aussi des oiseaux, des poissons et des ... iguanodons, comme ceux de Bernissart. Et puis un jour, (quelques années plus tard) est apparu... l’Homme, « le roi de la création » (sic). Et oui, pardi! Notez, il n’était pas très évolué, notre bonhomme, du moins on le prétend. La suite va le montrer. Encore que si l’on compare avec l’Homme de maintenant, on peut se poser des questions... toujours aussi idiotes.

 

   Au fait, cet homme, que faisait-il? Oh! c’est très simple: il se comportait comme les autres animaux. Il pêchait et chassait pour manger; il cherchait à se protéger quand il faisait trop froid ou quand il pleuvait trop. Il paraît qu’il pleuvait beaucoup plus que maintenant. C’était le « déluge » le bien nommé. Vous voyez qu’on ne peut l’éviter, cette Bible. Quelle mine de références; point n’est besoin d’une grande bibliothèque. Et ensuite? Ah! j’oubliais. Il faisait aussi l’amour. Sans doute pour peupler la terre, parce que , prétend encore la Bible, Dieu aurait dit: " Croissez et multipliez-vous ". Bref,  "l'Homo primitivus " passait son temps. Et comme la journée valait vingt-quatre heures, comme maintenant, quand il avait mangé, qu’il était bien à l’abri et qu’il avait bien honoré sa compagne, savez-vous ce qu’il faisait? Vous donnez votre langue au chat? Et bien, il dormait. Il se couchait avec les poules et se levait au chant du coq. Et chaque jour, il recommençait. A sa manière, il écrivait - façon de parler - « l’Eloge de la paresse ». Et cela dura... un certain temps. Combien d’années? Nul ne le sait et je ne vais pas discuter avec les paléontologues préhistoriens pour décider si ce fut six mois ou un million d’années.

 

       Ce qui paraît à peu près sûr, c’est que les choses vont changer. Parce que l’homme est aussi le seul animal qui n’est jamais content de ce qu’il possède. Ce désir de toujours obtenir plus - ce que certains appellent le « progrès » - fait que la mentalité va se transformer parce que les conditions de vie vont changer. Une nouvelle notion va apparaître qui créera de nouveaux rapports sociaux entre les hommes: la hiérarchie. Autrement dit, la relation d’autorité, le pouvoir avec toutes ses conséquences parmi lesquelles l’oppression sous toutes ses formes.

 

     Comment ce changement s’est-il déroulé? On en est, bien sûr, réduit aux suppositions. Peut-être un individu plus rusé - plus pervers - que les autres va se détacher du groupe qui va peu à peu lui reconnaître un certain pouvoir. Comment? Allez donc savoir puisqu’il n’y a pas de trace écrite. N’oublions pas que tout ceci se passe il y quelques années, à une époque où l’homme se contentait, croit-on, de grognements et de cris. Cela n’empêche pas que l’on peut très bien imaginer comment les choses se sont produites. L’imagination est une faculté humaine qui est à la base des plus grandes découvertes. De plus, la connaissance que l’on peut avoir du comportement des individus peut très bien expliquer le processus de prise de pouvoir. Le « coup d’État préhistorique », quoi!

 

       Tout le monde sait que la nature, ça existe. Elle est multiple dans ses formes et ses manifestations. Il y en a une qui, de tout temps, a fichu la frousse: la foudre. Astérix craignait que le ciel lui tombât sur la tête. C’est encore vrai maintenant. Pour s’en protéger dans certaines régions, on brûle un cierge à un certain Saint-Donat. Comme quoi, Armstrong a eu beau marcher sur la Lune, en ce début  de XXIème siècle, les superstitions ont la peau dure.

   Le Ruau est une entreprise du complexe Cockerill-Sambre qui lamine l’acier. L’expression « va faire des boulons au Ruau » est péjorative à Charleroi. Va te faire...

   Avec une majuscule, nom de Dieu! On nous doit bien ça.

   Remarquez la gradation dans le  malheur!

   Un peu plus de 7000  si l’on en croit les Témoins de Jehovah, particulièrement soucieux des chiffres. Quelques millions de plus,  d’après les dernières découvertes.

   Cela fait beaucoup de questions idiotes, direz-vous. Très juste, car vous pourriez  croire qu’il n’y a que de telles  questions. Ce n’est pas une raison pour les éluder. Patience, cela va venir. D’accord?

   Excusez du peu, mais cela n’a strictement rien à voir avec Honoré ni de Balzac ni de  Marseille.

   Allons, allons! petits mal tournés!

   Le grand philosophe Érasme a bien écrit l'Éloge de la folie ». Et il a bien fait. Alors, allons-y gaiement!!!

   Ouf! Pour parler de ceux qui courent après le « vieux ».

 

 

 

http://www.bandbsa.be/contes3/conversationrv.jpg

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