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Voici la fiche auteur de Suzanne Carabin-Diérick pour "Les enfants m'ont évangélisée"

Publié le par christine brunet /aloys

carabin

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Un poème de Claude Colson "La mare, un autre été"

Publié le par christine brunet /aloys

claude colson-copie-2

 

LA MARE, UN AUTRE ÉTÉ

 

Bientôt quatorze heures trente
Au parc déserté.
La chaleur en fin d'été
A chassé les âmes vaillantes.

 

Les bancs entourent la mare ;
Vides, ils bâillent leur ennui
Sous les rayons qui dardent.
Toi, tu as cherché l'ombre.

 

Les jeux d'enfants résonnent,
Là, à quelques pas.
À écrire tu t'abandonnes
Dans le calme tant de fois visité.

 

La cascade bruit, rythme la vie qui va
Et l'onde courante aux eaux mortes se mêle
Que lentilles en tapis emprisonnent.

 

Soudain à la surface un remous bruyant;
Un poisson quelque proie a happé.
Le manteau, un instant troué, de lui-même
S'est reconstitué.

 

Des poules d'eau avancent,
Le cou allant-venant,
Traversent le marais en son vert uniforme.
Sur cet étrange aspect
Peut-être elles s'interrogent.

 

Peu de temps cependant,
Il faut bien subsister ;
Alors, tenaces, mécaniques
La verdure encore elles picorent.

 

Ainsi du vouloir vivre
Que peu peut entamer.
L'Homme est, ma foi, bien étrange,
Si l'on y veut songer.

http://claude-colson.monsite-orange.fr

Lena C. Colson

Publié dans Poésie

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Acryline Erin, Zapping pour le futur

Publié le par christine brunet /aloys

Acryline.jpg

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Pascale Soleil, "Ces voix du silence"

Publié le par christine brunet /aloys

Diapositive1.JPG

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Texte n°7 !!! A vos votes !

Publié le par christine brunet /aloys

VACANCES DE REVE

 

La Toscane, un soir d’été…

J’ai vingt ans, le miroir me fait la cour .

L’air s’est parfumé aux mille odeurs entêtantes exhalées par les fleurs, l’eau bleue, les peaux chaudes de soleil, les mets qui rissolent dans la grande cuisine aux carreaux blancs …

Et Lui, Tiziano, alangui contre moi, ses cheveux couleur de jais que l’on croiraient imbibés d’huile précieuse , frôlant mon épaule.  Je frémis au contact de sa peau ferme et douce, ambrée, qui s’étire tout le long de son corps viril . Il est nu, comme moi, ange affolant, fier de sa beauté, éperdu devant la mienne…

Sa main , posée sur un de mes seins , s’anime soudain et la caresse me tétanise, hérisse ma peau. J’ai l’impression d’être argile sous les doigts d’un sculpteur. 

Comme pour se mettre au diapason de cette perfection, une douce mélodie italienne s’élève depuis la plage , se fondant dans les rires séducteurs des jeunes gens qui entament les parades amoureuses de la nuit.

Tiziano murmure des mots sucrés, me parcourt de baisers velours qui laissent sur ma peau une vapeur humide , puis  sans transition me saisit les cheveux brutalement , écrase mes lèvres dans sa bouche gonflée et me pénètre d’un seul coup .

Les cascades de fleurs tournent devant mes yeux , décorent de fresques le ciel indigo qui les renvoie dans la mer où elles explosent tel un feu d’artifices.

L’explosion me fait sursauter , hagarde, en sueur….

Quoi ?  Où ?  Comment ?

 

C’est le réveil qui vient de tout bousiller , me ramenant à Bruxelles, sous un ciel gris , dans un lit single .

Publié dans concours

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Texte 6... Avant dernier texte du concours...

Publié le par christine brunet /aloys

VIVE LES VACANCES !

 

 

 

 

1er juillet, 3 heures du mat. Le réveil sonne.  Un peu à l’avance, non ? Ah ! c’est vrai, il faut le temps que  j’émerge, le jour tant attendu est arrivé : nous partons en vacances. Un coup d’œil du côté de mon épouse : elle est déjà debout. D’habitude, je dois l’appeler trois fois avant qu’elle ne daigne mettre un orteil par terre ! Et là, elle s’active. La voilà nue, elle file dans la salle de bains en chantonnant. Dans trois minutes, elle sera prête. Les autres jours, elle mobilise l’endroit pendant au moins une demi-heure.

    - Chéri, tu te lèves et tu réveilles les enfants ?

Elle crie de la salle de bains, j’entends le ronron de la brosse à dents électrique. Il est temps que je me lève. Je ne suis pas trop pressé de me taper huit cents bornes dans la chaleur, moi. Bien sûr, on pourrait conduire à deux, même notre ainée pourrait s’y mettre mais pas question que mes femmes ne commandent ma bagnole. Ma voiture, c’est mon bijou. Je l’aime … autant que mes enfants, je dirais. Il faut dire qu’elle m’obéit au doigt et à l’œil, elle, pas comme eux !

    - Chériiiiiiii, je suis prête.

Bon allez, je me décide. J’affiche mon plus beau sourire et je me dirige vers la chambre des enfants. Olivia dort comme un bébé ; j’entends du bruit dans la chambre de Sébastien.  Toujours excité quand on part en voyage, lui. Il va encore embêter sa sœur et ça va se chamailler tout le trajet.  Tiens, il n’a qu’à commencer tout de suite.

J’ouvre la porte de sa chambre ; il est habillé. Il se lavera demain, ce n’est pas grave !

- Salut, mon pote, déjà debout ?

- Tu le vois, non ?

- Va réveiller ta sœur et dis-lui de se magner le train !

- OK, je prépare un seau d’eau…

Je ne discute pas, ça ne servirait à rien. De la salle de bains, j’entends les cris d’Olivia. Toujours son langage châtié ! Ouh ! Mais c’est qu’il en reçoit, le petit !

- Olivier, va voir ce qu’il se passe chez Olivia, me crie ma chère et tendre de la cuisine.

Je ne réponds rien, le petit, il est capable de se défendre tout seul et puis il l’a cherchée, il l’a trouvée !

Vroum ! Un train passe devant la salle de bains. Non, c’est Sébastien poursuivi par sa sœur. Il dévale les escaliers, elle s’arrête net, jette un coup d’œil vers moi.

- T’es pas encore prêt ? Tu sais bien que j’ai besoin de la salle de bains.

- Bonjour, Olivia, tu as bien dormi ?

- Tu parles, c’est la nuit la plus courte que j’ai jamais eue de toute ma vie ! Quel besoin a-t-on de partir au milieu de la nuit ?

- En partant tôt, on évite les bouchons autour de Paris, tu le sais bien, et puis, on arrive tôt…

- Et quel besoin a-t-on d’arriver tôt ?

Là, je ne réponds plus. C’est vrai ça ! Quel besoin avons-nous de partir tôt ?

- Bon, tu te tires ?

Je descends torse nu. Je sens l’odeur écœurante du café et du pain grillé.  Alice s’active dans la cuisine. Moi, de toute façon, je ne pourrai rien avaler. Remplir mon estomac à 3 heures du mat, très peu pour moi !

 

4 heures du mat. On s’engouffre dans la voiture. Olivia a passé une demi-heure dans la salle de bains ; Sébastien a taché son nouveau tee-shirt avec la marmelade d’orange de sa grand-mère et pas question qu’il mette un de ces vieux trucs qui trainent dans sa garde-robe. Il a fallu détacher la valise du porte-bagages et en extirper un tee-shirt propre.  Heureusement que j’avais tout bouclé hier soir.

 

6 heures du mat. Nous approchons de Paris, la circulation devient dense. Les enfants se chamaillent et Alice s’énerve. Moi, je reste zen même quand Olivia crie que le chien a pissé sur ses pieds. Impossible de m’arrêter ici. Je  promets : je ferai un arrêt sur la première aire d’autoroute afin que ma fille chérie puisse se laver les pieds.

- J’sais plus me retenir !

Ca, c’est Sébastien qui crie comme un porc qu’on égorge. Qu’est-ce qu’il croit ? Que je vais m’arrêter sur la bande d’arrêt d’urgence pour qu’il puisse satisfaire son besoin le plus pressé. Il a treize ans, merde, sa prostate fonctionne bien, il peut attendre, non ?

 

14 heures. Il y a longtemps qu’on a passé Paris. Le chien a pissé trois fois sur des aires d’autoroute, Sébastien aussi. Olivia, elle, continue de râler toute seule. Le petit s’est endormi.

Ma fille a 18 ans et considère qu’elle n’est plus obligée de nous accompagner dans « ce bled pourri » ! C’est beau, l’Ardèche, pourtant ! C’est calme ! On est loin de tout, loin du bruit de la ville, de la circulation, de la pollution. Aucun des arguments qu’avance sa mère ne fait mouche. Ce bled est pourri, un point c’est tout. Ses copines vont au club Med et ça fait belle lurette qu’elles n’accompagnent plus leurs parents en vacances.

- Il faut bien que tu ailles voir ta grand-mère de temps en temps, lui réplique sa mère.

Je l’avais oubliée, celle-là. Mais comment ai-je pu ? Dans l’euphorie du départ, j’avais complètement occulté le fait que nous allons passer un mois chez belle-maman, celle de la marmelade d’orange. On revient chaque année avec un chargement de victuailles diverses : marmelade, compote, confits, sans oublier les châtaignes qui datent de l’année d’avant car, des châtaignes, en juillet, on n’en trouve pas, même dans ce bled pourri. C’est vrai qu’il est pourri, ce bled, et puis, la bouffe de ma belle-mère me donne mal au ventre. Tiens, rien que d’y penser, j’ai des crampes d’estomac. Là-dessus, je ralentis l’allure. A quoi ça sert d’arriver tôt, hein ?

 

18 heures. Nous sommes arrivés à Thueyts.  J’aperçois déjà la maison de mes beaux-parents. Tiens, ma belle-mère n’est pas sur le pas de la porte. D’habitude, elle est là, debout, sur le seuil à guetter notre arrivée. Comme si on allait arriver plus vite comme ça. D’habitude, dès qu’elle voit la voiture, elle rentre. Ben, oui, elle va réchauffer le bon petit plat qu’elle nous a préparé. Ça creuse la route !

- Maman, fallait pas te donner tant de mal, lui dit Olivia.

- Elle est peut-être morte, dit Olivia.

- Tais-toi, hurle Alice.

On sort précipitamment de la voiture, on ouvre la porte de la maison et on trouve mon beau-père en larmes dans son fauteuil. Sur la table, une lettre qu’il nous désigne.

Alice l’arrache, je jette un coup d’œil  par-dessus son épaule.

- Ma mère est partie, dit-elle en s’asseyant sur des chaises en bois de la cuisine.

- Elle est partie en vacances ? demande innocemment Sébastien.

- Elle est partie, répond mon beau-père, partie, avec un autre.

 

1er août, 4 heures du mat. Nous sommes repartis. Nous avons passé tout le mois à chercher ma belle-mère. Nous sommes allés partout : chez ses amis, dans la famille de ma femme, même chez les commerçants du coin. Personne ne l’a vue, disparue la belle-mère. Je ne peux pas dire qu’elle m’ait manqué mais bon j’aurais bien aimé passer mon mois de congé à autre chose qu’à jouer à Sherlock Holmes.

 

18 heures, même jour. Nous arrivons en vue de notre appartement. La fenêtre de notre chambre est ouverte.

- On a été cambriolé ! me lance Alice.

On descend rapidement de la voiture. Une tête passe à la fenêtre, un buste se penche, une voix s’adresse à nous : « Il est petit votre appartement. A cinq, il faudra se serrer un peu. »

 

C’est pas vrai, elle n’a quand même pas décidé d’habiter chez nous ? .

 

 

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Texte 6... Avant dernier texte du concours...

Publié le par christine brunet /aloys

VIVE LES VACANCES !

 

 

 

 

1er juillet, 3 heures du mat. Le réveil sonne.  Un peu à l’avance, non ? Ah ! c’est vrai, il faut le temps que  j’émerge, le jour tant attendu est arrivé : nous partons en vacances. Un coup d’œil du côté de mon épouse : elle est déjà debout. D’habitude, je dois l’appeler trois fois avant qu’elle ne daigne mettre un orteil par terre ! Et là, elle s’active. La voilà nue, elle file dans la salle de bains en chantonnant. Dans trois minutes, elle sera prête. Les autres jours, elle mobilise l’endroit pendant au moins une demi-heure.

Chéri, tu te lèves et tu réveilles les enfants ?

Elle crie de la salle de bains, j’entends le ronron de la brosse à dents électrique. Il est temps que je me lève. Je ne suis pas trop pressé de me taper huit cents bornes dans la chaleur, moi. Bien sûr, on pourrait conduire à deux, même notre ainée pourrait s’y mettre mais pas question que mes femmes ne commandent ma bagnole. Ma voiture, c’est mon bijou. Je l’aime … autant que mes enfants, je dirais. Il faut dire qu’elle m’obéit au doigt et à l’œil, elle, pas comme eux !

Chériiiiiiii, je suis prête.

Bon allez, je me décide. J’affiche mon plus beau sourire et je me dirige vers la chambre des enfants. Olivia dort comme un bébé ; j’entends du bruit dans la chambre de Sébastien.  Toujours excité quand on part en voyage, lui. Il va encore embêter sa sœur et ça va se chamailler tout le trajet.  Tiens, il n’a qu’à commencer tout de suite.

J’ouvre la porte de sa chambre ; il est habillé. Il se lavera demain, ce n’est pas grave !

Salut, mon pote, déjà debout ?

Tu le vois, non ?

Va réveiller ta sœur et dis-lui de se magner le train !

OK, je prépare un seau d’eau…

Je ne discute pas, ça ne servirait à rien. De la salle de bains, j’entends les cris d’Olivia. Toujours son langage châtié ! Ouh ! Mais c’est qu’il en reçoit, le petit !

Olivier, va voir ce qu’il se passe chez Olivia, me crie ma chère et tendre de la cuisine.

Je ne réponds rien, le petit, il est capable de se défendre tout seul et puis il l’a cherchée, il l’a trouvée !

Vroum ! Un train passe devant la salle de bains. Non, c’est Sébastien poursuivi par sa sœur. Il dévale les escaliers, elle s’arrête net, jette un coup d’œil vers moi.

T’es pas encore prêt ? Tu sais bien que j’ai besoin de la salle de bains.

Bonjour, Olivia, tu as bien dormi ?

Tu parles, c’est la nuit la plus courte que j’ai jamais eue de toute ma vie ! Quel besoin a-t-on de partir au milieu de la nuit ?

En partant tôt, on évite les bouchons autour de Paris, tu le sais bien, et puis, on arrive tôt…

Et quel besoin a-t-on d’arriver tôt ?

Là, je ne réponds plus. C’est vrai ça ! Quel besoin avons-nous de partir tôt ?

Bon, tu te tires ?

Je descends torse nu. Je sens l’odeur écœurante du café et du pain grillé.  Alice s’active dans la cuisine. Moi, de toute façon, je ne pourrai rien avaler. Remplir mon estomac à 3 heures du mat, très peu pour moi !

 

4 heures du mat. On s’engouffre dans la voiture. Olivia a passé une demi-heure dans la salle de bains ; Sébastien a taché son nouveau tee-shirt avec la marmelade d’orange de sa grand-mère et pas question qu’il mette un de ces vieux trucs qui trainent dans sa garde-robe. Il a fallu détacher la valise du porte-bagages et en extirper un tee-shirt propre.  Heureusement que j’avais tout bouclé hier soir.

 

6 heures du mat. Nous approchons de Paris, la circulation devient dense. Les enfants se chamaillent et Alice s’énerve. Moi, je reste zen même quand Olivia crie que le chien a pissé sur ses pieds. Impossible de m’arrêter ici. Je  promets : je ferai un arrêt sur la première aire d’autoroute afin que ma fille chérie puisse se laver les pieds.

J’sais plus me retenir !

Ca, c’est Sébastien qui crie comme un porc qu’on égorge. Qu’est-ce qu’il croit ? Que je vais m’arrêter sur la bande d’arrêt d’urgence pour qu’il puisse satisfaire son besoin le plus pressé. Il a treize ans, merde, sa prostate fonctionne bien, il peut attendre, non ?

 

14 heures. Il y a longtemps qu’on a passé Paris. Le chien a pissé trois fois sur des aires d’autoroute, Sébastien aussi. Olivia, elle, continue de râler toute seule. Le petit s’est endormi.

Ma fille a 18 ans et considère qu’elle n’est plus obligée de nous accompagner dans « ce bled pourri » ! C’est beau, l’Ardèche, pourtant ! C’est calme ! On est loin de tout, loin du bruit de la ville, de la circulation, de la pollution. Aucun des arguments qu’avance sa mère ne fait mouche. Ce bled est pourri, un point c’est tout. Ses copines vont au club Med et ça fait belle lurette qu’elles n’accompagnent plus leurs parents en vacances.

Il faut bien que tu ailles voir ta grand-mère de temps en temps, lui réplique sa mère.

Je l’avais oubliée, celle-là. Mais comment ai-je pu ? Dans l’euphorie du départ, j’avais complètement occulté le fait que nous allons passer un mois chez belle-maman, celle de la marmelade d’orange. On revient chaque année avec un chargement de victuailles diverses : marmelade, compote, confits, sans oublier les châtaignes qui datent de l’année d’avant car, des châtaignes, en juillet, on n’en trouve pas, même dans ce bled pourri. C’est vrai qu’il est pourri, ce bled, et puis, la bouffe de ma belle-mère me donne mal au ventre. Tiens, rien que d’y penser, j’ai des crampes d’estomac. Là-dessus, je ralentis l’allure. A quoi ça sert d’arriver tôt, hein ?

 

18 heures. Nous sommes arrivés à Thueyts.  J’aperçois déjà la maison de mes beaux-parents. Tiens, ma belle-mère n’est pas sur le pas de la porte. D’habitude, elle est là, debout, sur le seuil à guetter notre arrivée. Comme si on allait arriver plus vite comme ça. D’habitude, dès qu’elle voit la voiture, elle rentre. Ben, oui, elle va réchauffer le bon petit plat qu’elle nous a préparé. Ça creuse la route !

Maman, fallait pas te donner tant de mal, lui dit Olivia.

Elle est peut-être morte, dit Olivia.

Tais-toi, hurle Alice.

On sort précipitamment de la voiture, on ouvre la porte de la maison et on trouve mon beau-père en larmes dans son fauteuil. Sur la table, une lettre qu’il nous désigne.

Alice l’arrache, je jette un coup d’œil  par-dessus son épaule.

Ma mère est partie, dit-elle en s’asseyant sur des chaises en bois de la cuisine.

Elle est partie en vacances ? demande innocemment Sébastien.

Elle est partie, répond mon beau-père, partie, avec un autre.

 

1er août, 4 heures du mat. Nous sommes repartis. Nous avons passé tout le mois à chercher ma belle-mère. Nous sommes allés partout : chez ses amis, dans la famille de ma femme, même chez les commerçants du coin. Personne ne l’a vue, disparue la belle-mère. Je ne peux pas dire qu’elle m’ait manqué mais bon j’aurais bien aimé passer mon mois de congé à autre chose qu’à jouer à Sherlock Holmes.

 

18 heures, même jour. Nous arrivons en vue de notre appartement. La fenêtre de notre chambre est ouverte.

On a été cambriolé ! me lance Alice.

On descend rapidement de la voiture. Une tête passe à la fenêtre, un buste se penche, une voix s’adresse à nous : « Il est petit votre appartement. A cinq, il faudra se serrer un peu. »

C’est pas vrai, elle n’a quand même pas décidé d’habiter chez nous ? .

 

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Texte 5 du concours

Publié le par christine brunet /aloys

texte 5

 

Un été à Moustiers, un conte étoilé.

 

 

Hier encore le Nord, la pluie, le gris, celui que l’on fuit aujourd’hui, celui qui nous recouvre même la nuit. Tout est gris : le ciel, les maisons, l’herbe, même les gens paraissent ternis, sauf une chose, une chose formidable, une chose extraordinaire, qui ne peut que vous plaire, le cœur de ces gens, le cœur de ces géants, un cœur si grand que tous les êtres vivants sont leurs parents, leurs enfants, leur sang. Ce sang noir qu’ils ont puisé au fond des mines de ce terroir, et qui les nourri d’espoir. Un cœur si gros, qu’ils donneraient tout, et même plus s’il le faut, pour vous faire plaisir. Pourtant aujourd’hui je quitte cette « patrie». Direction le soleil, les abeilles, le jaune, la couleur, les odeurs de bonheur. Nous sommes tous entassés dans la voiture, plus une petite place pour mettre …un centimètre carré. On est heureux, joyeux, on chante, parle, joue pour faire passer le temps. Le chien jappe, dors, bouge, il participe, à sa façon, au bonheur de notre rejeton.

Enfin, mon Titi s’est endormi, le voyage va être encore long pour lui. Je ferme les yeux, pour profiter, un peu, de ce temps de répit, On est heureux ! Le temps passe, les kilomètres défilent, la chaleur commence à monter, le vent frais vient frôler mon visage, tourné vers le paysage. Les yeux toujours fermés, je cherche quelques souvenirs de Moustiers. Souvenirs de ces doux moments, de cette douceur de vivre, qui n’existe nul par ailleurs, douceur dans les mouvements, dans les couleurs, douceur dans la chaleur de l’été, dans le regard des personnes âgées qui connaissent bien cette contrée. Je revois ce petit village, blotti dans les bras du « Montdenier », accroché, prêt à tomber, arrimé là depuis que les eaux se sont reculées, retirées, vers la mer méditerranée. Les bâtiments légèrement colorés, ne peuvent bouger, figés dans la pierre de ce mont tant admiré. Il est là depuis des milliers d’années, surplombé par cette étoile dorée, suspendue à quelques centaines de pieds de là où l’on est. Les yeux rivés vers cette étrange merveille, que fait-elle là ? Qui l’a accroché ? Qu’elle symbole peut-elle nous conter ? Des réponses ? Il y en a : Un chevalier, qui, avant de partir guerroyer, aurait juré, que s’il revenait, il suspendrait une chaine doré en hommage à une sainte nommée : Marie. Il n’a pas failli, une fois revenu dans son pays, il gravit la montagne, il suspendit la chaine et son étoile. Et depuis, elle veille sur Moustiers Sainte Marie. Plus d’une fois elle est tombée, mais chaque fois on l’a raccroché. D’autres histoires sont racontées, mais nul ne sait vraiment, celle qui dit la vérité. Il faut la mériter, il faut grimper, grimper pour pouvoir l’admirer. Une fois arrivé, plus près de cette étoile dédiée à une mère, l’atmosphère y est encore plus prospère à la prière. C’est ainsi qu’ils y ont bâti une chapelle, pour que chacun y fasse un rituel : prières, requêtes, sollicitations en tout genre, sont énoncées au sein de cette maison.

Quant à la place du marché, joliment ombragée par cet arbre verdoyant, il faut parfois, s’en éloigner, les rues bondées par les touristes pressés de trouver le cadeau qu’ils vont ramener, ne permettent pas de tout admirer. Il faut longer ruelles, petits passages, venelles, pour découvrir un autre visage de ce magnifique paysage : Un lavoir où on aime s’assoir, pour déguster la glace que l’on vient d’acheter. Une glace un peu spéciale, conçue de milles pétales, au goût tout aussi alléchant que les produits du terroir, le miel de lavande, la truffe ou huile d’olive réalisés comme dans l’ancien temps. Il est beau ce village, ses bâtiments chapeautés de tuiles canal, flammées lors de leur cuissons, ce qui leur confère différents tons.

Un souffle de vent chaud me rappelle à la raison, un cours instant, juste le temps de voir la destination : Lyon. Mes paupières sont encore lourdes de sommeil, elles se baissent doucement, oubliant le temps, oubliant le vent…Me voilà posée sur un drap de plage aux pieds du lac sainte Croix. Quelques canots flottent sur l’eau, attendant patiemment un client, ils me crient : vient, vient te balader, nous pouvons te montrer des contrées que nul n’a jamais frôlé. Vient, vient nous chercher, nous t’emmènerons voguer sur des eaux plus colorées, plus calme que celle de la méditerranée. Non ! Pas aujourd’hui ! Les flots bleus, bleus comme les yeux de mon amoureux, sont bien jolis, ils me rappellent le ciel Bleu du Nord, lorsque le soleil l’éblouit de ses rayons capricieux, mais ce bleu ne m’aura pas pour lui, je ne me baigne pas, je reste là admirant le paysage que voilà.

Je me souviens aussi, des silences, silence de la rivière, des cigales, du soleil, qui nous repose de ces journées passées au bord de ce ciel bleu d’été. Tous deux, mon amoureux et moi, nous rangeons nos valises de l’année, elles sont posées fermées, voire cadenassées, pas question que quelqu’un vienne délivrer tout ce poids accumulé depuis juillet de l’an dernier. Nous sommes là sans parler, apaisés, heureux de ne rien faire, de ne rien se dire, admirant le ciel où, parapentes virevoltent doucement, jouant avec les ascendants, ils volent lentement, c’est magnifique, un enchantement pour petits et grands, une parade de planant, tel des vers luisants, ils filent dans le ciel couchant.

Les jours, les semaines s’écoulent lentement. Balades, randonnées, jeux et baignades rythment chaque instant. Le soleil luit tout le temps, parfois cela en devient fatiguant, une sieste ou deux, de temps en temps, pour faire pareil que les gens de cette région et même les bâtiments. Ces derniers paraissent dormir au gré du vent, rempart, aqueduc, chapelle d’antan, sont parvenue jusque maintenant, tout simplement en prenant leur temps. Le temps de dévoiler leur secret, leur indice, leur beauté. Ils ont le temps, nul besoin de ce presser comme dans ces grandes villes nettoyées, propre de tout ce qui est et a été. Des secrets, Moustiers ne nous les a pas encore tous dévoilés, pour que demain, dans un an, elle puisse, encore, nous époustoufler. Ça y est, les vacances sont bientôt terminées, il nous faut remonter.

Voilà la rentrée qui montre le bout de son nez, cahier, stylos et cartable, doivent être préparés, C’était de belles vacances, mais la maison commence à nous manquer, nous sommes heureux, aussi, de remonter, comme nous l’étions de venir à Moustiers. Les gens au cœur de géant nous manquent un peu. Le temps aussi ! Ici, jamais il ne pleut, ou si peu. Les maisons et les bâtiments sont souvent fermés, les volets sont repliés pour empêcher la chaleur de rentrer. Pas questions d’y entrer s’y vous n’y êtes pas invité ! Une chose que le Nord ne connait, la clé est là, dans le soulier, dans le creux de la maisonnée, rien à voler, juste le souper ou peut-être quelques jouets.

Les vacances sont terminées ! Vivent les vacances ! Mais, avant, il nous faudra rêver, rêver a un autre jour d’été sur les bords du Lac Sainte Croix de Moustiers.

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Texte 4 du concours

Publié le par christine brunet /aloys

 

illustration_nos_toutes_petites_vies.jpg

 

NOS TOUTES PETITES VIES   -  

 

- La compagnie vous souhaite un bon vol, Monsieur Bredoux.

J’esquisse un sourire à l’hôtesse, un sourire chargé de fatigues.  Et je vais me perdre un peu plus loin.  Je déteste Orly.  La grande horloge murale me rappelle que mon estomac crie famine depuis plus d’une heure.  Mais je ne l’entends pas.  Je suis ailleurs.  Au plus profond de ma toute petite vie.  Une lassitude au coin des yeux.  J’ai acheté un billet pour le premier vol disponible, la Norvège.  N’importe quoi.  Encore une heure d’attente.  Alors je fais le point, je m’interroge sur cette existence éparpillée qui est la mienne, cette succession de jours dénués de tout sens.  Objectif numéro un : quitter Paris.  Changer d’air.

 

Autour de moi, la salle de transit n’en finit pas de s’emplir et se désemplir.  Observateur discret, je deviens le témoin de scènes impossibles où jouent des personnages rocambolesques.  La vie est un théâtre.  Je regarde vivre, ou survivre les gens.  Manège incohérent de voyageurs colorés et de businessmen cravatés jusqu’à l’étranglement.  Et tous ces anonymes qui palabrent trop fort, qui s’esclaffent.  Qui s’embrassent… 

 

Sur la banquette en face de moi, une jeune femme perdue dans son roman n’a plus tourné sa page depuis vingt bonnes minutes.  Son regard égaré ne semble plus savoir ce qu’elle attend.  Mais son portable retentit, et la voilà qui ressuscite.  Elle se redresse, replace une mèche de ses cheveux, réanime son sourire et se regonfle d’un peu d’espoir.  Je souris malgré moi.  Le bonheur la rend jolie.

 

Mais rapidement, son regard semble s’interroger.  Apparemment, la conversation prend une tournure inattendue, et voilà son visage qui à nouveau se fane.  Son corps se courbe.  Les mots qu’elle entend la giflent de plein fouet, l’anéantissent.  La jolie mèche lui retombe sur le visage.  Interdite, elle tente quelques interjections, ose une ou deux questions, mais l’interlocuteur s’en est allé, au bout du fil, au bout du monde.  Et le temps d’un sanglot, c’est sa planète entière qui s’effondre sous ses pieds.  Son portable lui échappe des mains, glisse sur le sol.  Je devine son âme hurler en elle des années de détresse.  Et ce cri silencieux lui oppresse la poitrine, la fige hors du temps.  Et si personne dans cet aéroport ne semble prêter attention au cataclysme de cette femme, moi c’est tout mon être qui s’en ressent secoué.  Que dire ?  Que faire ?

 

Inquiet, je m’approche d’elle timidement.

- Madame ?...  Tenez, votre portable.

Mais elle tourne vers moi un regard de fin du monde.

- Vous…  Vous allez bien ?  Vous voulez vous asseoir ?

Ses yeux ne savent que répondre.  Elle est perdue dans son chagrin.  Alors je déploie toute ma gentillesse pour tempérer sa douleur.

- Allons, venez vous asseoir, je vous en prie…  Vous avez besoin d’un bon café, me semble-t-il…

Et la pauvre se laisse guider vers la cafétéria.  Son corps est si tremblant.  Je l’installe à une petite table près de la fenêtre, et m’occupe d’elle avec compassion.  Il lui faut plusieurs minutes pour s’apaiser, et enfin se permettre un large soupir.  Et quand sa voix fragile se fait entendre, c’est de moi dont elle s’inquiète :

- Mais…  Je vous ennuie, je vous retiens, ici…  Vous avez certainement un avion à prendre ?

Je lui souris tendrement et lui indique du bout du nez un avion qui s’éloigne de sa piste d’envol.

- Oui, j’avais !  Voyez là-bas cet airbus…  Et bien avec un peu de recul, je n’ai finalement aucune envie de me rendre en Norvège.  Merci donc pour ce détournement bien opportun. 

 

Son regard s’est figé dans le mien.  Son étonnement, cette petite gêne timide, son silence éloquent, redonnent à son visage un peu de vie.

- Mais vous, lui demandai-je enfin, vous allez mieux ?  Vous allez bien ?

Et après un petit haussement d’épaules, elle me raconte les derniers chapitres de sa toute petite vie…  Un enchevêtrement de catastrophes, un sac de nœuds…  Et pour couronner le tout, un compagnon absent, égoïste, lâche, qui l’abandonne par téléphone, en plein aéroport…  Un compagnon en qui elle croyait de moins en moins, mais auquel elle s’accrochait éperdument comme à une bouée de sauvetage…  Mais bien sûr elle savait, la noyade était inévitable.

 

Voilà, tout est dit.  Elle me regarde avec un petit sourire triste, et se soulage sur son thé à moitié froid.

 

Je la regarde.  Troublé d’entendre le récit d’une vie qui ressemble à la mienne.  Comme je comprends son désarroi.  Je lui fais part de ce curieux hasard, et lui raconte à mon tour mes déboires.  Elle m’écoute, comme jamais personne ne m’avait écouté auparavant.

 

Valérie.  Elle s’appelle Valérie.  Elle habite Paris, elle aussi.  Nous parlons jusque bien tard, sans nous soucier du temps qui passe.

 

Cet été-là, bien sûr, Valérie n’est pas partie en vacances pour la Corse, et je n’ai jamais été en Norvège.  Nous sommes restés à Paris, nous avons pris soin l’un de l’autre.  Montmartre et les jardins du Luxembourg n’avaient plus aucun secret pour nous.  Nous y avons appris à nous connaître, à nous faire du bien, et nous sommes devenus de vrais amis.  Peu à peu, nos toutes petites vies se sont mises à respirer, à s’épanouir.  Nous sommes redevenus confiants face à nos existences, et les jours se sont mis à couler de façon plus heureuse.  Le temps a fait le reste.

 

Orly.  Juillet 2012.  Aujourd’hui, un petit gaillard en salopette nous tient la main.  Valérie et moi nous regardons d’un sourire tendre et complice.  Je l’observe du coin du cœur avec un amour infini, et lui caresse ses jolies mèches blondes qui volent à tout vent.  La vie est surprenante.  Et j’aime Orly… 

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Texte 3 du concours...

Publié le par christine brunet /aloys

VOYAGES PARALLÈLES

 

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Ô ma Solange, tu m’as quitté. Tu viens de me déposer au "Centre d’Accueil Temporaire Les Lilas". Dès que je suis sorti de la voiture, j’ai été happé par les odeurs. Les jardins qui entourent la grosse villa embaument la rose et l’herbe coupée. D’un coup, je retrouve quelque chose de ma jeunesse. Le grand parc près de la maison de grand-père, les gazouillis d’oiseaux, les parfums de lys, d’œillets et de lavande. Te souviens-tu de ce parc où nous avions posé pour les photos de nos fiançailles ?

 

Ainsi, ma Solange, tu m’abandonnes aux mains d’infirmières, tu me laisses en compagnie de personnes peu ou prou handicapées. Aux Lilas, on accueille des gens qui sont, comme moi, incapables de vivre seul. Le docteur Maret a laissé entendre à mots plus ou moins couverts que je présentais des signes de démence sénile. Sans doute est-ce pour cette raison que l'infirmière me pousse à participer à l'atelier mémoire. Je suis juste un peu plus angoissé que je ne l’ai été durant toute ma vie active et j’ai juste quelques petites pertes de mémoire, ma Solange. Rien de plus, je te l’assure.

 

Solange, ma Solange, tu es en route pour l’Italie avec ton amie Jeannette. Tu as pris la décision pour moi : "Changer chaque jour d’hôtel, c’est impensable pour toi." Tu t’es justifiée : "Tu sais, j’ai besoin d’évasion. Une semaine de vacances, ça passera vite !"

 

Te reverrai-je, ma Solange ?

 

Il est midi, ce vingt-cinq août. Je vais prendre mon premier repas aux Lilas. Dans la salle à manger, les tables sont dressées. Nappes en coton blanc damassé, assiettes blanches au fin décor, soliflore garni d’une rose rouge sur chaque table. Une vraie salle de restaurant, ma Solange !

 

Il est midi. Nous avons droit à un apéritif sans alcool, un bitter, accompagné de petits légumes au vinaigre. Un régal, ma Solange.

 

Ton Pierre goûte à ces bouquets de chou-fleur croquants et parfumés, à ces morceaux de poivrons, à ces carottes ! Ton Pierre est attablé en compagnie d'une petite vieille élégante en chaise roulante. Elle s'appelle Marguerite et se parfume au patchouli comme ta cousine Léa. À la même table, Christophe, un homme encore jeune qui s’est fracturé les deux jambes.

 

Après cet apéritif, ma Solange, on nous sert un minestrone. Il dégage un tel fumet que cela te mettrait sûrement l’eau à la bouche. L’ail et le basilic, la poitrine fumée, tu sais, ces ingrédients que tu y mets chez nous.

 

Rien que du bonheur quand Marguerite essuie ses lèvres à la serviette. Au patchouli se mêle un parfum de vanille. Cette femme émet des "Eh bien" qui ont l’élégance des répliques d’Edwige Feuillère. Christophe nous raconte son accident de ski nautique. Un casse-cou, ce Christophe. À quarante ans, on se croit invincible. À quatre-vingt-huit comme Marguerite, on se laisse vivre. À soixante-neuf, comme moi, on s’angoisse. Oui, j'ai peur de ne pas te revoir. Je crains que tu ne me trouves pas quand tu viendras me rechercher. Quand je doute, Christophe me rassure à sa façon. Quand je m'égare dans les couloirs des Lilas, une infirmière me guide. Ne m'oublie pas, ma Solange.

 

Quant au plat, ma Solange… Deux beaux cannellonis aux pleurotes et une cuisse de canard. Ah, cette farce, ses effluves de persil. Sentir puis goûter. Laisser fondre en bouche le canard, la pâte, le morceau de pleurotes. Se taire. Regarder briller le regard de Marguerite. Voir sourire Christophe, le voir joindre pouce et index. Le bonheur de manger multiplié par trois. La lenteur devenue recette du plaisir. La vertu du bien manger ! Rien qu’un peu de Mozart. Rien que des saveurs et des parfums. Je ferme les yeux, ma Solange.

 

Le docteur Maret a conseillé de me suralimenter. La bonne consigne ici, crois-moi.

 

Nos assiettes sont vides. Marguerite bavarde. J’entends "galettes, fruits de mer, fromage, pommes, vanille, cidre…" Ses paroles m’emmènent ailleurs. Je suis repu. Je pense à la Bretagne. Je revois la mer sauvage qui s’emporte contre les folies humaines. Je sens le sel sur tes lèvres, ma Solange.

 

Dans un petit ravier, un tiramisu. L’onctuosité du mascarpone, la touche de liqueur d'amandes. Le pouce et l’index de Christophe de nouveau joints. Une pose cocasse pour un sportif comme lui !

 

C’est d’un drôle, mon cœur.

 

"Thé ou café ?" "Café, s'il vous plaît". Tu vois, moi aussi ma Solange, j’ai fait un petit voyage. Ce soir, ce sera tomates mozzarella, ciabata, pastèque. Christophe est au courant des menus. "J’ai deux moyens de m’évader des Lilas. M’imaginer dans la salle de musculation que je fréquente habituellement deux fois par semaine et repenser aux endroits où j’ai déjà dégusté les plats qu’on nous prépare ici. Sans cela, quatre semaines ici, ce serait vraiment dur."

 

Je vais jusqu’au petit salon. Je m’assoupis, ma Solange. Me viennent des images du lac de Garde, de Venise, de Milan. Je suis avec toi, mon cœur…

Publié dans concours

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