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Alain Delestienne a lu "Les dix petites négresses" de Bob Boutique

Publié le par christine brunet /aloys

10 petites négresses

 

 

 

 

Après avoir passé la nuit au frais sur ma table de chevet, "Les dix petites négresses" sont encore toutes chaudes. Il y a déjà eu plusieurs excellentes notes de lecture sur le dernier livre de Bob Boutique.

Pour ma part, je vais peser mes mots pour en dévoiler le moins possible et laisser au futur lecteur tout le plaisir de la découverte.

Tout d'abord, je me suis beaucoup amusé parce qu'à chaque page, on sent que l'auteur lui-même s'amuse à écrire. Je le vois d'ici, hilare devant son clavier. C'est communicatif. J'ai retrouvé aussi la gouaille et l'humour des "Contes bizarres" et j'ai découvert plus avant l'art de la caricature de l'auteur. Et il n'y va pas avec le dos de la cuillère.

Je me suis dit qu'il devait y avoir une grande complicité, amitié, entre lui et les personnes qu'il évoque pour que ces dernières puissent encaisser ce qu'il en dit. Je m'efforce de rester sibyllin, mais je ne peux m'empêcher de vous dire que cette lecture est aussi jouissive, mutatis mutandis, que les ébats d'Elodie à la page 71. J'ai beaucoup aimé la chute qu'Edmonde m'a laissé pressentir à la page 152 parce que, entre autres, elle touche à un phénomène que j'aime en littérature ou au cinéma.

Pour vous expliquer en restant mystérieux, je m'écarte un instant du récit de Bob. Je (moi) pense que j'existe et que j'ai imaginé dans un livre le personnage d'Henri. Mais, ce matin, je me demande si je n'ai pas moi-même été imaginé par une certaine Chloé qui, elle, aurait été créée par un certain Laurent??? C'est comme Christel, je pensais vraiment qu'elle existait alors que ...

 

Vous n'avez rien compris à mon charabia, tant mieux. Raison de plus pour vous précipiter sur ce roman bizarre !

 

 

Alain Delestienne 

Par la fênetre

Publié dans Fiche de lecture

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Premier livre d'art chez Chloé des lys. Carine-Laure Desguin est allée à la rencontre de l'auteur !

Publié le par christine brunet /aloys

 

desguin

Bonjour à tous !

Un beau soleil, en route ! Je débarque à Mons et j’entends « Carine, Carine ». Une tête sympa au-dessus d’une caisse de livres, c’est celle de Thierry Ries. Il entre là où nous avions rendez-vous, au 12 de la rue du Miroir, à 7000 Mons. Maison de la presse.

Je devine vos questions !

— Et que faisais-tu encore là, Carine-Laure Desguin ?

Le clic-clac en mains, je voulais assister à la sortie du premier livre d’art édité par ma maison d’édition, Chloé des lys. Beaucoup d’intéressés avaient répondu présent. Outre Thierry Ries qui présentait l’artiste, j’ai croisé Laurence Amaury, Marie-Claire Georges, Roselyne Debacq, Bernard Dieu, Alain Cardon (à qui nous devons le beatles day)..

— Oh, super ça ! Tu nous en dis plus ?

Un livre d’art, deux cent pages de photos, les représentations des peintures de Philippe100_0726.JPG Thomas, un créateur hors du commun !

— Hors du commun ?

Philippe Thomas, c’est un peintre originaire de Mons dont le parcours reste assez atypique. Jusqu’à l’âge de huit ans, Philippe Thomas ne parlait pas, mais il comprit de lui-même que l’unique moyen de communication qu’il avait à sa disposition était le dessin.

— L’art, une thérapie alors ?

Oui, exactement ! Philippe Thomas apprit d’abord à peindre chez des « maîtres », il a nommé Michaël Doré et René Vandenabeel. Ensuite, il continua son apprentissage de l’art dans plusieurs écoles artistiques. Grâce à son art, Philippe Thomas apprend le langage des mots, on peut parler d’une espèce de miracle. Le livre « Tom’Phil », édité en A4, représente 1/3 de la production du créateur.

— Quelques mots sur l’univers des peintures de Philippe Thomas ?

100_0739.JPGUn univers qui retient l’attention. Philippe Thomas nous a dit que l’hiver il peignait avec les gouaches et que l’été, il préférait le fusain. A travers ces œuvres transparaît ses expériences d’introspection et d’extrospection, des œuvres messagères de l’histoire humaine, avec de petites touches de modernité. Les peintures sont parfois très colorées, parfois moins. Peintures à tendance mystique, des ombres, des fruits, des sourires d’enfant, des soleils d’espoir. Il y a aussi des peintures en clair obscur, ce sont celles tout en mouvements qui nous livrent les aventures saisonnières dans la région des Fagnes.

— Outre les « maîtres » cités plus haut qui l’accompagnèrent lors de son apprentissage,100_0733.JPG Philippe Thomas a-t-il cités d’autres noms ?

Oui, Philippe Thomas aime les créations de Rembrandt, Dali, vermeire, et surtout Raphaël. J’ajouterai qu’une expo est prévue vers mai 2014, dans le temple protestant de Mons.

— Des projets pour 2015 ?

Oui, Philippe Thomas est un peintre reconnu et pour Mons 2015, cet artiste aux multiples prix sera certainement présent dans l’un ou l’autre événement lancé pour ce rendez-vous incontournable mais il n’a rien précisé.

— Le livre est en vente ?

Oui, le livre sera bientôt disponible dans les meilleures librairies de la ville et pourra être commandé directement chez Chloé des lys.

Amateurs d’art et de beaux livres, celui-ci est pour vous !

 

*

***

 

Tiens, qui est Philippe Thomas ?

Philippe Thomas, alias Tom’Phil : « Le miracle de la peinture : le message » ; avant-propos d’Elio Di Rupo ; préface de Gilbert Waelput (Ed. Chloé des Lys, 2013) ; 180 p. : ill. (prix en librairie : 87,90 euros).

L’auteur est un artiste montois né en 1957. Il nous parle, dans son livre qui est un livre d’art, de son cheminement, depuis l’enfance, dans le dessin et la peinture (à l’origine, son unique moyen d’expression) et, en particulier, des thèmes ou symboles (favoris ou récurrents) qui l’inspirent. Il nous explique également ses techniques, très variées.

L’ouvrage comporte une bonne centaine d’illustrations, reproductions d’œuvres picturales du peintre (et représentant plus ou moins un tiers de sa « production » artistique). Il contient, en outre, un long texte poétique traduisant ses visions intérieures (« Les premiers âges du monde »).

Plusieurs témoignages, des photos, des points de repère biographiques et une liste des expositions importantes le complètent.

Pour les Editions Chloé des Lys, c’est un « premier livre d’art », une nouvelle expérience, donc, et qui a demandé du temps ! Pour l’auteur et artiste qui cherchait, depuis des années déjà, un éditeur, c’est l’œuvre de toute une vie enfin rassemblée, un « livre de bord » à dévoiler, un rêve ancien concrétisé, une vocation qui se confirme.

« Vous y découvrirez, nous dit l’artiste, l’œuvre et le modèle, l’univers imaginaire de ma peinture, ma conception du Beau et de la Poésie, l’évolution de mon œuvre selon mes sources d’inspiration successives. »

Une évolution qui, partie du classicisme, est passée par le symbolisme, le surréalisme, l’hyperréalisme… Une œuvre dense, originale, très personnelle, devant laquelle nul ne peut rester indifférent.

« Quel homme, quel artiste étonnant ! », s’exclame Gilbert Waelput, auteur montois. « Philippe Thomas, écrit Elio Di Rupo, appartient à cette catégorie de créateurs qui sont littéralement habités par leur art. »

Ce n’est pas « un livre comme les autres » : il convient de le feuilleter sans hâte, de s’attarder à lire et regarder (contempler parfois), à rêver et méditer sur le sens de la Vie…

 

Carine-Laure Desguin

carinelauredesguin.over-blog.com

enfantsjardinr

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La chronique poétique de Salvatore Gucciardo

Publié le par christine brunet /aloys

 

La-rougeur-du-temps--Huile-50-x-60.JPG

 

 

Voyage intemporel

 

 

 

 

 

Le rêve s’enferme

Dans les méandres

Du labyrinthe

Parcourt le Styx

 

S’envole sur les hauteurs

Plonge dans le vide

 

Navigue vers les astres

S’oublie dans la semence

Du temps

 

 

 

 

Salvatore Gucciardo

Publié dans Poésie

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Funestes jardins, une nouvelle retenue par le club de Liège Georges Simenon

Publié le par christine brunet /aloys

nov-2013-001.JPGUn livre bien broché, une présentation impeccable et à la page 135, je lis Carine-Laure Desguin, Funestes jardins! C'est le genre de chose qui vous remonte le moral et qui vous donne l'envie d'avancer! 

Le club de Liège Georges Simenon lance chaque année un concours de nouvelles afin de promouvoir la langue française dans toute la francophonie. 

Le thème de cette année? 

« Jardins divers »

Pas une seul hésitation, l'histoire s'est écrite en quelques soirées, j'avais vraiment enviedesguin de participer. Mon texte s'appelle Funestes jardins. 

Il est sélectionné, youpiiiie et ce matin, le recueil de nouvelles était entre mes mains. Parmi les textes sélectionnés, citons aussi celui de Josette Lambreth, Les rosiers de bonne-maman. 

Les autres textes sont tous très très bien...Laissez-vous tenter et voici les modalités afin de vous faire plaisir ou mieux encore offrir pour les fêtes un si joli jardin...

 

 

(Modalités: verser 15 euros sur le compte 001-6206990-36 du club Richelieu de Liège-Georges Simenon a.s.b.l., 4020 Liège)

*

 

Un avant-goût ???? Voici le début !!!

 

                                                           Funestes jardins

 

Il était vingt-deux heures trente précises, la sonnette de la lourde porte en fer forgé retentit, trois coups secs bien déterminés. Un bon présage pour mener cette affaire tambour battant.

Une vraie pro cette fille, se murmura l’hôte de la volumineuse maison de ville, en pivotant le poignet, histoire de jeter un œil sur sa Rolex toute neuve. Ce grand maigre aux traits exsangues d’humour et de toute autre émotion avait acheté cette merveille de luxure, on est méticuleux ou pas n’est-ce pas, en prévision de l’exactitude demandée par le timing serré de ces dernières vingt-quatre heures. Tout était initialement prémédité, minuté et jusqu’à présent, tout avait fonctionné comme sur des roulettes bien graissées. Ce n’était pas le moment de flancher alors que le dernier round se profilait…

En passant devant le haut miroir aux contours ondulés et agrémentés de feuilles d’or empilées comme les lamelles d’une lasagne mais sans la sauce tomatée, le coquin, un tant soit peu nébuleux quand même, se fixa droit dans les yeux, d’un air de dire « tu vois bien que toi aussi tu es capable de poursuivre la route que tu veux ». Fier de lui, aucun remords, aucun regret. Pas la moindre perle de sueur sur le front, rien. Il se redressa, caressa sa mèche de cheveux grisonnants, réajusta son nœud papillon gris moucheté de virgules vieux rose à la manière d’un chef d’orchestre juste avant de rentrer en scène, et frotta l’une après l’autre les manches de son costume griffé Yves Saint-Laurent, comme pour se dépoussiérer des reliquats de ses gestes précédents et pouvoir, en toute sérénité, continuer ses objectifs. En ligne droite. Une fidélité envers lui-même, en quelque sorte. Et aussi pour regonfler son égo  trop longtemps coincé dans le carcan d’une soi-disant bonne éducation.

Cette fierté qu’il arborait, de décider et d’acter seul toute une gestuelle ! Monsieur s’exprime, enfin !

— Entrez donc, chère demoiselle…

— Sunflower, monsieur, Sunflower…monsieur Jean-Yves… Delbienne… ?

— Jean-Yves de Labiesmelle, pour vous servir, lança-t-il en insistant sur le de, chère mademoiselle, entrez donc ! Que vois-je ? C’est un trolley que vous traînez derrière vous ! Pas de bagage avais-je insisté auprès de votre agent, pas de bagage !

La voix de l’hôte au corps allongé pareil à celui d’un trognon de pomme monta d’un ton comme s’il accusait le trolley de quelque usage maléfique.

— Et bien je m’excuse monsieur Delbienne mais…

— De Labiesmelle, de Labiesmelle, ne l’oubliez plus et puis, que les choses soient claires, on ne s’excuse pas soi-même, continua-t-il sur un ton professoral et aristocratique, mais montez donc l’escalier royal là, juste devant vous…Donnez-moi ce trolley que je le coince quelque part ! Je l’avais pourtant bien ordonné, pas d’ustensile, pas d’ustensile, ajouta-t-il en grimaçant. C’est que, chez les de Labiesmelle, on ne laissait rien au hasard. Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place. Les larmes dans les yeux et le pognon dans le coffre-fort. Aucun débordement n’était autorisé exception faite …et bien tout bien réfléchi, aucune exception n’était à souligner, point. 

 

La suite ??? Dans Jardins divers !!!!

 

Plus d'infos sur le blog de Carine-Laure Desguin http://carinelauredesguin.over-blog.com

 

Spirales urbaines

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L'annonciade, de Didier Fond, portraits

Publié le par christine brunet /aloys

 

L'annonciade

 

 

Portrait de commerçants du quartier :

 

La boulangère

 

 

Colette Lherbier, la boulangère, était connue dans le quartier pour sa froideur, pire que celle de Geneviève Rouvier, c’était tout dire, et son absence d’amabilité envers les clients. Elle avait de la chance que son mari fabriquât le meilleur pain qu’on pût trouver sur les Pentes. La perspective de déguster une baguette ou une flûte onctueuse, veloutée, à la croûte légèrement cassante et savoureuse empêchait les gens du quartier de se tourner vers des commerçants plus agréables. On n’en voulait pas au boulanger. C’était un très brave homme. Mais sa garce de femme !… Porte de prison et langue de vipère, elle allait bien avec la Lemaire, tiens.

 

Madame Lherbier était savoyarde et déplorait à longueur de journée d’avoir dû quitter ses montagnes pour cette ville « hideuse », noire, et triste comme ce n’était pas permis. Et ce quartier où elle se morfondait, alors que toutes ses amies étaient restées dans la vallée de Chamonix ! Quand elle se trouvait « en ville » et qu’elle voyait de loin Fourvière et la Croix-Rousse, elle en souriait de pitié et de dédain. Ca, des collines ? Des monticules, oui. Des taupinières. Pas même deux cents mètres de hauteur ! Elle avait passé son enfance au pied de la chaîne du Mont Blanc, c’était quand même autre chose ! De nettement plus grandiose. Et puis au moins, l’air était pur, là-bas. Il ne puait pas comme ici. Quand le vent du sud rabattait sur la ville les fumées qui s’échappaient de Feyzin, c’était une véritable infection. Elle nous emmerde, disait le mari de la laitière, résumant ainsi l’opinion des gens du quartier. Si on se cotisait pour la renvoyer sur son glacier ?

 

Si encore elle s’était contentée de se lamenter ! Non, ç’aurait été trop beau ! A ses sempiternelles jérémiades, il fallait ajouter des remarques désagréables sur les gens d’ici, et une attitude envers les clients qui frisait l’impolitesse. D’accord, les catolles (1) du quartier n’avaient pas à tripoter les gâteaux, mais ce n’était pas la peine non plus de les menacer de châtiments épouvantables dont l’éviscération était le plus sympathique. Il suffisait de dire, comme Madame Martin, « ne touchez pas, s’il vous plait » et on avait compris.

 

Cette manie d’effleurer de la main tous les produits exposés exaspérait Madame Lherbier. Sa hantise de la propreté et sa maniaquerie, qui l’obligeaient à laver quatre fois par jour le sol de son magasin et à changer de blouse dès qu’une malheureuse petite tache, fût-ce sur l’ourlet du bas, lui sautait dessus, étaient bien les seules qualités que le quartier lui accordait. La boulangerie était toujours impeccable, le pain parfaitement présenté, et on pouvait être sûr que Madame Lherbier s’était lavée au moins dix fois les mains avant de venir s’occuper d’un client. La rapidité avec laquelle elle vous servait tenait du prodige. Vous aviez à peine le temps de lui dire ce que vous vouliez et hop ! vous aviez le pain bien enroulé dans un morceau de papier. Vous n’aviez plus qu’à poser dans la main tendue les petites pièces de monnaie qu’elle vous réclamait. Ca changeait de la laitière, qui traînassait lamentablement.

 

Le mari d’Edith Martin avait d’ailleurs un jour joué un tour plaisant à cette peau de vache de boulangère. Choqué qu’elle n’ait pas la décence d’attendre que les gens posent leur argent sur son comptoir, il était allé acheter deux baguettes, s’était saisi de la main tendue vers lui et l’avait serrée avec force, puis il avait pris son pain et était sorti sans payer. Naturellement, Madame Lherbier s’était jetée à sa poursuite. « Oh excusez-moi, avait-il dit avec une candeur bien imitée, j’ai toujours le réflexe de serrer les mains qu’on me tend. » La boulangère n’avait jamais pu savoir s’il se foutait d’elle ou s’il était sérieux.

 

(1) Catolle = vieille femme, terme péjoratif. Celle qui se mêle de tout, notamment de ce qui ne la regarde pas et cancane à tout va…

 

 

Didier Fond

fonddetiroir.hautetfort.com

 

 

Publié dans Textes

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Une pie dans le ciel de Saïgon, le nouveau roman de Gauthier Hiernaux : interview

Publié le par christine brunet /aloys

 

Une-pie-dans-le-ciel-de-Saigon.jpg

 

On commence à te connaître... Tu as déjà pas mal publié... Tu en es où, exactement ?

« Une Pie dans le Ciel de Saigon » est mon huitième livre publié chez Chloé des Lys. J’ai également sorti en 2012 « Mallaurig » chez Cactus Inébranlable éditions. J’ai encore beaucoup de matière au fond de mon disque dur et encore davantage dans ma tête. 

Un nouveau bouquin paraît chez CDL. Dans la lignée des précédents ? D'autres héros ? Une parenthèse ?

J’ai écrit quatre mini-romans qui n’ont aucun lien entre eux sinon le format. « Tribu silencieuse » était une fable que je voulais humoristique et qui a bien marché. « Lucioles » était beaucoup plus sombre et traitait des choix, parfois douloureux, que doivent faire les personnes.

« Une Pie dans le Ciel de Saigon », c’est plutôt un hommage à la remise à zéro du compteur. Le bouquin n’est pas un truc mystique, c’est davantage une redécouverte de soi à travers les autres. 

 

Est-ce un roman ? Une longue nouvelle ? 

… ou un court roman ! J’ai commencé à écrire des ouvrages de cette taille particulière non pas manque d’inspiration ou par envie d’en sortir trois par an, mais pour une toute autre raison.

En musique, en BD et en peinture, je trouve qu’il est facile de se rendre compte après quelques notes/pages… si on aime ou si on n’aime pas ce que l’on entend ou voit.

En littérature, c’est plus compliqué. Pour apprécier un livre – ou plutôt savoir si on va l’apprécier – il faut avoir lu au moins un chapitre. L’attirance, si tant est que je puisse la nommer ainsi, est moins immédiate. Mes trois mini-récits font entre 70 et 90 pages. Il est donc possible d’en lire un en une heure et de se faire ainsi une idée sur mon style. Je trouvais cette idée intéressante.

Mes autres livres – les cinq premiers tomes de ma saga intitulée « Grandeur & Décadence de l’Empire de la Nouvelle Ere » sont de plus gros romans. Mes lecteurs fidèles les apprécient beaucoup, mais je sais que celles et ceux qui ne s’y sont pas encore plongés hésitent en raison du nombre de tomes (lesquels peuvent être lus tout à fait indépendamment les uns des autres) et de leur taille.

Pourquoi ce titre ?

« Une Pie dans le Ciel de Saigon » ? Ah ça… ce sera au lecteur de le découvrir. Je dirais que le titre est construit sur le même modèle que ceux de « Lucioles » ou « Tribu silencieuse »  : quelques mots qui prennent à contre-pied le ton du récit, mais un titre qui revêt tout son sens au fil de la lecture. En tous cas, jusqu’à présent, j’ai reçu de bons échos sur le titre donné et sur la couverture. C’est déjà ça. 

 

 Alors, l'histoire ?

Le héros d’ « Une Pie » n’a pas de nom, pas au début du récit en tous cas car il ignore qui il est et la perte de sa plaque d’identification ne facilite en rien sa situation.

L’homme se réveille dans une tente-hôpital, sans aucun souvenir de ce qui l’a amené là. Petit à petit, il va être amené à se redécouvrir. Et ce qu’il est réellement ne va sans doute pas lui plaire.

 

Des projets ? Chez CDL ? Chez Cactus ? Ailleurs ?

Absolument. « Les Enfants de Jafez », le sixième tome de ma saga Grandeur & Décadence de l’Empire de la Nouvelle Ere a été accepté par le Comité de lecture de Chloé des Lys. La couverture est déjà prête, mais j’attends l’année prochaine pour le corriger et l’envoyer. Cette année, j’ai quand même déjà publié deux bouquins (« Lucioles » – « Une Pie dans le Ciel de Saigon »).

J’ai également participé à un recueil de nouvelles (« Assortiment de crudités ») qui, à l’heure où je réponds à tes questions, Christine, n’est pas encore paru. Il devrait voir le jour cette année encore. Ma nouvelle s’intitule « L’odeur de métal sur les doigts » est traite de la fascination d’un homme pour une « Go-Go dancer ».

Sinon, je souhaiterais également envoyer mon dernier policier («La Fraternité des Atomes ») à divers comités de lecture. Le temps me manque pour le relire une dernière fois. Je pense que s’il est finalement publié, il plaira beaucoup, sans doute davantage encore que « Mallaurig » et « Tribu silencieuse ». 

 

J’ai également deux projets en chantier : un policier dans le milieu du paint-ball et un ambitieux roman médiéval se déroulant 10 ans après la Grande Peste du 14ème siècle.     

 

Gauthier Hiernaux

grandeuretdecadence.wordpress.com

Publié dans interview

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Georges Roland nous propose une nouvelle: "Juste avant l'impact"

Publié le par christine brunet /aloys

Le coup du Clerc François
Juste avant l’impact

 

La baie est magnifique, le matin. Le soleil pointille l’eau de reflets nouveaux, comme pour une parade dans la Cinquième Avenue. C’est grisant, de se trouver si haut, face à l’océan Atlantique, on se sent maître du monde. À droite, la grande statue lutte de son quinquet contre l’immense lumière qui envahit la ville. Vers la gauche, la vue est obstruée par le profil de la deuxième tour.

Heitor s’est assis dans le grand canapé, face à la fenêtre panoramique où l’a conduit l’assistante du grand patron. Gail Pendreszki lui a proposé un café, puis l’a abandonné à son émerveillement.

Très vite, Heitor concentre son esprit sur la baie. Le visage de Belén est apparu dans le reflet de la vitre. Belén, affriolante Porteña argentine, rencontrée au mariage d’un ami commun ; Belén dont il partage la vie depuis dix ans, qui l’attend à São Paulo avec leurs deux enfants.

Chaque année, la compagnie dont il est le directeur pour l’Amérique du Sud, organise une réunion en mars et en septembre. C’est pour Heitor l’occasion de retrouver ses homologues européens et asiatiques, et de passer en célibataires trois jours dans la ville qui ne dort jamais.  Comme les autres sont originaires de l’hémisphère nord, ils s’amusent des bévues de Heitor à propos des congés. Chez lui, septembre marque le début de la bonne saison, la perspective des vacances en février sur son voilier au large de l’île São Sebastião, la pêche avec Raul, l’ainé de ses fils, tandis que Belén et le petit Manoel nagent dans les eaux claires de l’océan.

Gail vient d’entrer dans la salle, suivie par les deux confrères européens, le Français Jean L’Estaffe et l’exubérant Ukrainien Georges Parchenenko. Les inséparables noceurs. Ils accusent déjà les stigmates d’une nuit bien arrosée, qui leur vaudront une remarque sévère de Milton A. Abrams, CEO de la compagnie.

Effusions, café, attente. Les Européens n’ont que faire de la vue sur la baie, l’esprit encore embrumé de relents de bourbon et de rye. Les commentaires salaces à propos de la croupe de l’assistante semblent plus faciles à formuler que l’apologie d’une merveille de la nature. D’ailleurs, n’en est-elle pas une, cette créature de rêve ? Déesse fardée, manucurée, aux formes généreuses et aguichantes, quasi intouchable, Gail représente l’idéal masculin d’opulence et d’érotisme. Il faut dire qu’ici, on ne s’attend pas à trouver des fleurs sauvages et de vertes prairies. Ici règnent le béton, la finance et les affaires. La puissance et le sexe. Le cœur de l’univers bat dans les rues de cette ville, exclusivement. C’est depuis ces deux tours gigantesques qu’il irrigue le reste du monde.

Jean L’Estaffe raconte d’une voix chevrotante comment il a débarqué à JFK hier après-midi. Ses bagages perdus dans l’immensité des chaînes de récupération, puis le passage à la douane, la suspicion inébranlable des agents. Vous venez aux States pour affaires ? quelles affaires ? Quelqu’un vous attend ?

Ils sont vraiment paranos ! Ces gars voient des terroristes partout !

Georges Parchenenko renchérit avec la déclaration à remplir dans l’avion, avant même d’atterrir : non, je n’importe aucune denrée alimentaire, ni fruit, ni légume… À croire qu’ils ont peur qu’un pépin de pomme infecte leurs états ! Comme si quelqu’un pouvait les attaquer avec un quartier d’orange andalouse !

— Ils me demandent avant chaque vol d’indiquer si c’est moi qui ai fait ma valise, indique Heitor. Trente minutes d’entretien privé avec un inspecteur US. Comme si nous étions des malfrats ou des comploteurs.

La somptueuse Gail leur propose de renouveler les boissons, mais ils refusent : le café va couler à flots pendant toute la matinée. Elle leur annonce aussi l’arrivée de monsieur Milton A. Abrams, la réunion pourra commencer dès que le directeur coréen, décidément toujours en retard, montrera le bout de son nez.

Après son départ, Georges se penche à l’oreille de Heitor.

— Tu crois qu’elle couche avec le patron ?

— Évidemment, intervient le Français. Comment veux-tu, autrement, parvenir à un poste de cette importance ? Je suis persuadé que Milton Abrams couche avec toutes les têtes pensantes de Wall Street.

— Avec un nom pareil, il doit être juif, non ?

— Bah, à mon avis, quatre-vingt-dix pour cent des habitants de cette ville sont juifs.

— Tant que ça, tu crois ?

L’esprit d’Heitor virevolte encore par-dessus l’océan, vers le visage de Belén, le doux tangage du voilier au large de São Paulo, les cris des enfants qui jouent sur le pont. Elle porte un chemisier léger, noué sur ses seins, et une jupe fendue jusqu’à la hanche. Son regard est bien plus intense que les yeux de glace de Gail. Comme il aimerait baiser ces lèvres, la prendre dans ses bras. Belén ! Puis les commérages de ses collègues le ramènent à la réalité.

— Dis donc, c’est bientôt les vacances pour toi, persifle le Français. Ton yacht est prêt, les cannes briquées, les appâts sélectionnés ?

— Comme chaque année, répond-il distraitement. Et toi, où vas-tu ?

— Je reviens de Grèce, mon vieux. Un paradis ! Des courts de tennis fabuleux, un parcours de golf de toute beauté… J’y retourne l’an prochain.

L’arrivée de Lee Soo-chan, le directeur coréen, dispense Heitor de poursuivre cette conversation oiseuse. La belle Gail les conduit dans la salle de réunion, sur la façade nord. La vue n’y est pas si grandiose, mais ici, on va parler de retour sur investissement, de rentabilité et de budget, sans se préoccuper de la qualité du site. La session doit débuter à neuf heures précises, et Milton prévoit d’office une demi-heure de mise au point préalable avec ses quatre directeurs régionaux, durant laquelle il peut les invectiver à loisir, pour leur confirmer sa suprématie. Ensuite, on fera entrer les financiers. Un rituel immuable.

Heitor a un dernier regard pour cette baie magnifique, qu’il contemple du haut du quatre-vingt-quinzième étage de la tour nord.

Il est huit heures trente. La ville ronronne à quelques trois cents mètres plus bas. Heitor est heureux ; bien que tant éloigné de Belén, il voit encore son visage dans le reflet de la vitre, elle lui sourit tendrement

— Amorcito, te quiero tanto, vuelve pronto a la casa.

— Eu também o amo, Belén. Eu retorno logo. Oui mon amour, je reviens vite vers toi, je te le promets.

Leurs échanges se font tant en castillano qu’en brésilien.

En franchissant la porte de la salle de réunion, Heitor éprouve soudain une étrange sensation. Il le connaît pourtant bien, ce lieu, pour y être venu deux fois par an depuis si longtemps, pour y avoir passé des heures tantôt exaltantes, tantôt fébriles. Mais cette fois, il a une appréhension, comme si une force intérieure lui interdisait d’entrer.

Les autres ont pris place autour de la grande table, ouvrent leur ordinateur portable, recherchent le fichier qu’ils ont soigneusement préparé. Lui, doucement, se dirige vers la fenêtre. Un châssis bien plus étroit que celui de la grande salle d’attente. En se penchant, la partie gauche de la presqu’île, devant lui, ressemble à une mer houleuse et grise, sillonnée de petits coléoptères jaunes. Plus loin, la grande île, les quartiers résidentiels, l’aéroport. L’idée d’un avion le ramène vers São Paulo, vers Belén.

Le ballet incessant au-dessus de JFK retient un instant son attention. Derrière lui, le CEO de la compagnie fait une entrée remarquée, suivi de son assistante et de deux secrétaires. — Messieurs, je vous en prie, servez-vous de café, invite Gail avant de s’asseoir à la droite du patron.

Heitor ne parvient pas à quitter la fenêtre. L’impression étrange de tout à l’heure le reprend. Il sent que quelque chose de neuf va se passer. Va-t-on faire une grande annonce concernant la compagnie ? Des dégraissages ? Des fermetures d’agences ? Mais, confusément, il a le sentiment qu’il ne s’agit pas de la compagnie, que c’est là, dans le rectangle de la fenêtre, que cela se joue. Les lointains départs et atterrissages de jets retiennent son attention.

Comme lors de ses voyages au cœur de l’imaginaire, qui le mènent invariablement vers Belén, l’entourage s’estompe, il ne voit plus qu’un écran sur lequel se projette son rêve.

Des avions. Qui décollent, qui atterrissent. Le ciel de septembre est bleu encore d’été et de chaleur. De grands albatros scintillants survolent les abords de la ville. L’un d’entre eux semble s’orienter vers downtown. Heitor se rappelle son arrivée de la veille, où l’avion s’était présenté par l’est, à l’entrée de la baie, avait semblé foncer vers la presqu’île. Il avait ensuite obliqué vers la droite, vers une des pistes de l’aéroport, offrant ainsi aux voyageurs la plus belle perspective du monde : Manhattan.

L’avion s’est approché. Heitor se rend compte qu’il n’a pas décollé à JFK, puisqu’il est incliné vers l’avant, en phase d’atterrissage. Heitor se tourne vers la table, où Milton vient de lancer les débats. L’entame consiste à invectiver d’importance le directeur ukrainien, qui se fait tout petit. Puis, tout à coup :

— On ne vous dérange pas dans vos rêveries, monsieur Dos Santos ?

— Excusez-moi, monsieur, je regarde cet avion. Il vient droit sur la ville.

— On n’en a rien a fiche, de cet avion ! Votre place est là, parmi vos confrères. J’ai d’ailleurs deux mots à vous dire à propos des comptes brésiliens.

Heitor ne bouge plus. Il est fasciné par la carlingue d’argent, qui capte le soleil d’est, qui grossit, semble narguer la ville.

— Il vient vers les tours, il vient sur nous ! Ce n’est pas possible, pourquoi ne l’arrête-on pas ?

Il a crié. Les autres se retournent, regardent la fenêtre comme un écran, eux aussi. Le Boeing est si près qu’on l’entend hurler sa rage. Les manipulateurs du monde réunis dans la salle se lèvent tous, écarquillent les yeux, c’est un thriller qui passe à la fenêtre : un avion gigantesque leur tend ses ailes. Gail ne peut retenir un cri, et les deux secrétaires se tassent sous la table, suivies du Coréen. Jean et Georges n’ont plus conscience de la réalité. Ils restent bouche bée devant ce spectacle hallucinant. Devant la vitre, tout en fixant le cockpit de cette bombe lancée vers lui, Heitor a une dernière pensée pour Raul, Manoel, puis Belén.

Jo te quiero también, Belén. Eu retorno logo. Je reviens tout de suite.

 

Juste avant l’impact.

 

Georges Roland

www.georges-roland.com

 

 

Publié dans Nouvelle

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Journal de bord d'Hugues Draye

Publié le par christine brunet /aloys

Facteur, où vas-tu ?

 

 

journal de bord, samedi 9 novembre 2013
  

  
Le ciel bleu, les nuages blancs de l'autre côté de la fenêtre, c'était pas trop tôt.
 
Oui, l'impulsion de sortir du lit, de mordre dans la vie à pleins bras, ça me prend déjà vers huit heures du matin. Mais, après une dernière semaine au boulot, je suis encore ... plus que claqué. Faut que je récupère, bien entendu. Plutôt que de croire que je loupe une journée de soleil, eh bien, je décide de le laisser entrer dans mes yeux, dans mon cœur, ce soleil, pendant que ma gueule de bois refuse de quitter les draps (que j'ai changés la semaine dernière, enfin).
 
Mmmmm. Que dire ? Qu'ajouter ?
 
Il était temps. Plus que temps.
 
Non seulement les heures supplémentaires que je me tape, sur ma tournée de facteur, mais le reste aussi : les revers difficiles dans mon quotidien, un état d'essoufflement (quand la fatigue s'en va) qui va croissant, les épaules qui lâchent, le cou qui a son mot à dire ...
 
Y a deux jours, au boulot ...
 
On me fait la remarque suivante : "Comme tu seras en congé quinze jours, il faut que ta place soit propre pour celui qui va te remplacer, parce que les remplaçants, ils n'ont pas facile !"
 
J'écoute. J'en prends bonne note. Et je décide, effectivement, en toute conscience, de faire le nécessaire, le dernier vendredi, quand je serai rentré de tournée, afin que le "remplaçant" travaille dans les meilleures conditions du monde.
 
Ceci dit, au fil des secondes, des minutes, des heures qui passent, quand cette remarque (qui n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd) me revient, je me rends compte que je râle quand même un peu ... beaucoup. D'accord, d'accord, le remplaçant n'a pas facile. Mais je pourrais aussi dire que, lorsque je réintègre le boulot, après un certain nombre de jours de congés (ou d'absences justifiées), que je retrouve aussi un certain "bordel" à l'endroit où je trie tous les matins : parfois, je ne tombe plus sur mon caddy, les "refeelbacks" (de mon caddy) s'envolent, les feuilles prévues pour que je scanne les recommandés (et d'autres paquets) se sont envolées au diable vauvert, et je dois passer parfois un temps interminable pour trouver un chef, lui expliquer la situation, et je n'ai pas forcément de répondant, non plus.
 
Mais voilà, chacun fait son possible, et nous ne sommes jamais que des humains.
 
C'est pas tout.
 
Une autre remarque d'une des chefs, à mon égard : "L'autre jour, tu as remis 18 recommandés avec la mention A REPRESENTER, et ça ne va pas, on n'est pas tenus d'aller deux fois chez le même client", suivi de "Faut penser au remplaçant". J'étais quand même assez sonné. Je me suis surpris à répondre : "Je serais curieux de savoir chez quels clients j'ai mis la mention A REPRESENTER, car je ne suis pas du genre à faire n'importe quoi, c'est toujours quand je connais le client"
 
Mais mon argumentation ne passait pas, j'avais manifestement contourné le règlement de la nouvelle poste. Si un client n'est pas là, faut mettre "absent". S'il s'agit d'un commerce fermé le jour où le recommandé est présenté, eh bien, le client en question n'a qu'à signaler son problème à la poste, ce n'est pas le problème du facteur. OK, OK.
 
Ce qui me fait aussi extrêmement râler dans cet exemple-là, c'est que, quand j'y réfléchis, ça ne colle pas. Je suis plutôt du genre à passer chez tous les clients, du premier jusqu'au dernier. Eh oui ! Plutôt que de rentrer vers 14h30/15 heures (ce qui correspond, légalement, aux heures de fin de mon boulot), si je termine seulement (avec les cinq kilomètres que représente ma tournée) vers 16/16 heures 30 (parfois plus), c'est notamment parce que je prends la peine d'aller visiter (pour : recommandés, paquets "P", colis) tous mes clients (y compris ceux/celles que, bien souvent, je me passerais de voir). Que je prends sur moi, que j'accomplis, dans la mesure du possible, chacune de mes tâches assignées, pas à pas. Alors ?
 
Oui, bien sûr, il arrive que, dans certains cas ponctuels, je fasse représenter le recommandé le jour suivant. Mais ... m'en attribuer "18" pour le même jour, j'aimerais bien revoir ça.
 
Et même si je l'ai fait un jour, je râle quand même. Moi qui fais mon boulot au jour le jour en respectant mes directives, il faut qu'on me tombe dessus pour un instant ponctuel où j'aurais pratiqué un peu autrement.
 
Maintenant, je me ravise aussi ...
 
Au milieu de la semaine, dans les ailes du bureau, y a eu des explications, des révoltes, menées (à juste titre) par des délégués syndicaux. De fait, un jour, on n'a presque pas de boulot. Le lendemain, on a le double ou le triple. Y a une cohésion dans l'organisation qui doit être revue. Y a que maintenant, l'heure prévue (pour les facteurs) pour démarrer, le matin, n'est plus 6 heures 36 mais 7 heures. Y a que, au service de nuit, le nombre de trieurs est en dessous du nombre souhaité (donc : il reste encore des bacs à trier pour les facteurs). Y a que, devant toute cette série d'emmerdes quotidiennes, des délégués syndicaux sont venus dans le bureau, que ça a discuté ferme, et que, forcément, nos chefs (au quotidien) ont sûrement reçu des consignes.
 
Et dans cet enchevêtrement de situations, à partir du moment où, sur les lieux de ma tournée, l'un ou l'autre petit détail (hélas assez voyant) qui ne va pas se remarque chez moi, je deviens, en tout seigneur tout honneur, une cible appropriée. Mais je me console : je ne suis sûrement pas le seul chez qui ça arrive.
 
Et les quinze jours de congé (les derniers, cette année) qui me restent vont me permettre de voir plus clair.
Hugues Draye
https://www.facebook.com/hugues.draye

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L'une ou... l'autre rive, de Danièle Deydé : un extrait

Publié le par christine brunet /aloys

    l'une ou... l'autre rive

 

 

 

 

 

Allongée sur le lit, les yeux rivés au plafond de la chambre, Adèle s’absorbe dans la contemplation des ombres qui se meuvent là-haut. Elle se laisse bercer par ce lent mouvement produit par les palmes des hauts palmiers qui s’agitent sous le souffle du vent du soir, dans le parc situé sur l’arrière de l’hôtel. Elle s’abandonne un moment, elle se sent lasse, désemparée. Elle se demande si elle ne s’est pas trop précipitée lorsqu’elle a pris la décision de venir en Algérie. Mais, aussitôt, les mots de Choline lui reviennent et elle sait qu’elle ne pouvait faire autrement que de les entendre. Alors, elle se repasse le film des évènements de l’après-midi. Etre une femme dans ce pays ne facilite pas la vie, et une française en plus ! Cela rend les gens méfiants. Il va lui falloir joindre Samia pour lui demander de l’aide.

L’idée de revoir son amie la stimule, elle reprend confiance et se lève pour l’appeler. Longtemps, la sonnerie du téléphone retentit dans le silence de l’écouteur. Samia n’est pas chez elle. « Pourvu qu’elle ne soit pas partie en déplacement pour plusieurs jours » s’inquiète Adèle. Le lendemain, c’est pareil. Personne ne répond à ses appels et la jeune femme sent le découragement la gagner. Alors elle se souvient que Samia lui a parlé d’un grand quotidien pour lequel elle rédige régulièrement des articles et elle décide de se rendre sur place pour trouver une trace de son amie.

Au siège du journal, Adèle est bien accueillie. En effet Samia est connue, mais il n’est pas question de faire savoir à qui que ce soit où elle se trouve, ni où elle loge. « Vous comprenez, il y va de sa sécurité. Donnez-nous un numéro de téléphone où elle pourra vous joindre et nous lui ferons suivre. C’est tout ce que nous pouvons faire. » «  Je comprends » balbutie Adèle très déçue et contrariée car il va lui falloir encore attendre et le temps presse, pour Choline, mais aussi pour elle, pour Bertrand et pour Julien.

 

Le lendemain, Adèle traîne devant le plateau de son petit déjeuner. Elle se demande ce qu’elle va pouvoir faire de sa journée qui risque d’être bien longue lorsque le la sonnerie du téléphone la fait sursauter. C’est Samia ! Elle vient juste d’apprendre que son amie se trouvait à Alger et avait besoin d’elle. Adèle lui expose la situation et, aussitôt, son, interlocutrice décide : « J’annule tous mes rendez-vous de la journée et je serai à ton hôtel dans une heure. »

 

Danièle Deydé

L'une ou... l'autre rive

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Par la fenêtre, d'Alain Delestienne... fiche de lecture de Robert Fontaine

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.bandbsa.be/contes3/parfenetre.jpg

 

 

 

 

 

En 2011, Robert Fontaine a publié "La Chaumette" chez Chloé des Lys. Il est sur le point de publier son deuxième roman, "Après Stéphane ». Christine Brunet ou Bob Boutique vous ont présenté ou vous présenteront cet auteur beaucoup mieux que je ne pourrais le faire. Tout ceci pour vous dire qu'après avoir lu mon livre "Par la fenêtre", il a eu la gentillesse de m'adresser ces quelques mots que j'aimerais partager avec vous. 

« En vérité, j'attendais simplement de lire votre livre avant de vous remercier et voilà, c'est chose faite depuis une heure et je suis ravi de l'avoir fait. Ravi car ce que vous y racontez est beau et bien écrit.

Le bonheur d'Henri en compagnie de ses oiseaux, son plaisir au bord de la mer, ses filles, tout cela est tellement vrai et humain. Mais aussi ses moments de fatigue, de découragement compréhensifs que, pudiquement, vous survolez, à peine les effleurez-vous, pourtant ils existent. Tout être cherche parfois loin les petits bonheurs qu'il a à portée de main, ne fût-ce qu'en regardant par la fenêtre, comme Henri. Et qui n'a pas dans son entourage ou n'est pas lui-même un Henri déprimé, mal dans sa peau à cause de sa souffrance ?

Alain, ce n'est pas pour vous flatter, mais votre livre est beau et interpelle. Bravo. Mes félicitations aussi à votre fille pour l'originalité de la couverture. »

 

 

Robert Fontaine

Publié dans Fiche de lecture

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