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Christine Brunet a lu "La dixième planète" de Gilles Saint-Laurent

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

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Un livre écrit sous pseudo. Vous connaissez tous son auteur, Gilles Saint-Laurent ! Non ? Mais si, voyons... C'est Laurent Dumortier...


Le titre donne le ton... Science-fiction.


Tout commence par une découverte si extraordinaire que la communauté scientifique internationale commence par nier avant de se rendre à l'évidence et réagir. 


Derrière Pluton, une dixième planète !


D'abord de l'ordre de l'intuition, l'observation directe grâce à un super télescope donne la confirmation tant attendue : cet objet stellaire existe bel et bien et, cerise sur le gâteau, semble regorger d'eau !


Une seule option : aller voir de plus près. On dévie une sonde qui parvient à se poser sur la surface, et là... Evidemment, vous n'en saurez pas plus !


Voilà un livre qui se lit à vitesse V en nous proposant le point de vue des scientifiques concernés par le projet. Leur destin sera fabuleux... mais leur voyage sans retour.


Plus le lecteur avance dans l'histoire, plus il doute de l'issue et élabore un écheveau de théories et de possibilités. Mais l'auteur sait surprendre les plus perspicaces... 


Je connaissais les poésies, les nouvelles fantastiques de Laurent Dumortier. Me voilà comblée par la décourverte d'un autre aspect de son univers !



Christine Brunet

wwwchristine-brunet.com

 

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Publié dans Fiche de lecture

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Henri Puffet nous propose un extrait de son roman "La mise entre parenthèses"

Publié le par christine brunet /aloys

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   Le lendemain, vendredi, j’avais à nouveau le feu sacré. Le monde recommençait chaque matin. Petit déjeuner continental et copieux face à l’infini de la mer, calme sous le bleu pâle du ciel. Au seuil du jour neuf comme devant une page blanche et vierge. En paix, j’essayais d’entamer chaque jour en le remplissant de signes positifs et intéressants, libre d’inquiétude. Je n’oubliais pas qu’il était si facile, et si dommage, de gâcher une journée parce qu’elle avait mal commencé, tel un début de page chargé de ratures et de gribouillis.

   Jusque 2 heures, sur la route 1, j’ai conduit entre l’océan et de hauts massifs mangés par les nuages. Ciel flou. Blanc gris, presque incolore. Côte désertique. Dénuement total. Tout était superbement dépouillé, sable et caillasse. Pas un brin d’herbe, pas un arbuste. Aucun signe de vie, hormis le tournoiement des vautours, planant dans les courants d’air devant les parois des montagnes. Que mangeaient-ils dans ce royaume de pierre ? J’étais sur l’écorce nue de la terre, au bord des vagues vertes et bleues qui répandaient leur écume sur les rivages vides, roulant vers rien du tout.  De loin en loin, balises rappelant la précarité de la vie humaine, de mini monuments funéraires, faits de bric et de broc, ponctuaient les endroits d’anciens accidents mortels.

   Michilla. Un infime bled de cabanes posées des deux côtés d’une de ces infinies lignes droites dans l’hébétude, entre mer et désert, entre le bleu et l’ocre. Des épiceries microscopiques, des gargotes minuscules servant de restaurants pour camionneurs. Je suis entré dans l’une d’elles acheter des bouteilles d’eau. Un gamin suivait un match de football à la télévision. J’avais l’impression de me trouver sur une planète aussi bizarroïde que celles décrites par le Petit Prince de Saint-Exupéry. Par place, les sables du désert s’aventuraient jusqu’aux vagues. Ou bien était-ce le sable des plages qui avait colonisé l’intérieur des terres ? Mais le plus souvent, le rivage s’accolait à des falaises brunes, à des chaos de blocs fantastiques sur lesquels les rouleaux éclataient en geysers d’écume. J’étais en Bretagne. J’étais au Sahara. J’étais dans les fjords de Norvège quand les aplombs se faisaient vertigineux, de pur roc, et que la route sinuait, modeste et humble, au pied de leurs perspectives aériennes. On y voyait, à mi-pente, de vagues nuages fatigués qui semblaient n’avoir plus la force nécessaire pour grimper plus haut, comme des alpinistes vaincus.

   A Tocopilla, quittant la côte, je me suis hissé le long de la route 24 jusqu’au plateau central. Le ciel est soudain devenu bleu, tous les nuages effacés comme de la buée sur une vitre. Le désert le plus aride de la planète, paraît-il. J’avoue que cela m’a fait de l’effet. J’étais sur le trait noir de la route, rectiligne dans le jaune et le gris, sous l’azur. A l’horizon, infiniment loin, je voyais se profiler en dents de scie de ternes montagnes, et, sur la platitude vide, un long train, lourd et lent, laborieuse larve rampant dans un décor lunaire.

 

   Au bout d’une heure, j’ai atteint Maria Elena, un bled paumé collé sur du néant. J’y suis entré faire un tour. Une bourgade d’ouvriers. A proximité, une mine exhalait un nuage opaque de poussière brune, si dense qu’on aurait juré qu’un volcan plat vomissait ses scories. J’ai pénétré dans une petite épicerie. Encore. Acheter n’importe quoi, une boisson, trois pommes, un chocolat. C’est ainsi que je prenais la température des endroits où j’allais. Les gens étaient gentils. Dehors, sonnaient les vagues échos d’une fanfare en train de répéter dans une sorte de salle municipale. Dérision.

 

Henri Puffet

La mise entre parenthèses

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Publié dans Textes

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Christine Brunet a lu "Petites et grandes histoires" de Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

Petites et grandes histoires
Petites et grandes histoires... Voilà le second recueil de nouvelles de Louis Delville que je lis.

La première fois, Louis nous régalait d'histoires et de contes pour petits et grands. Cette fois, l'auteur nous propose une série de textes courts, voire très courts (parfois une demi page) écrits, pour la plupart, lors d'ateliers d'écritures. Des improvisations... je dirais plus, des impromptus.

Une balade entre les mots, une ballade d'histoires aux chutes surprenantes, quelques unes fantastiques, certaines amusantes, d'autres noires (je dirais même glauques). Chacun de ces textes est prétexte "à jeux" : jeu de style, traits d'humeur, mots d'humour, comme autant de clins d’œil de l'auteur à ses lecteurs. Un livre qui interpelle autant que sa superbe couverture !
Pas question de vous révéler les thèmes abordés... Lisez, découvrez et jouez !

Juste une question... "Dis, Monsieur l'auteur, tu pourrais pas les faire un tout petit peu plus longues, tes nouvelles ?"

Christine Brunet
www.christine-brunet.com
 

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La bibliothèque de Marchienne... Le plein d'idées !

Publié le par christine brunet /aloys

 

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— Dis, Serge, tu carbures à quoi ? Tu fourmilles d’idées mon p’tit biblio !

Serge se mouche car il vient de choper un rhume et il crève d’envie de rigoler, je le vois bien.

— Tu sais que la bibliothèque est grande, très grande et que les espaces ne manquent pas…Partageons-les ! dit-il en brandissant son mouchoir comme Robin des bois son arc à flèches…

Christina Ruggin débarque, trente secondes en retard, l’imperméable flottant, le sourire aux lèvres, elle vient de passer chez Intérieur privé (je vous en parlerai un de ces jours), un nouvel espace culturel de la ville où les expos se succèdent depuis l’an dernier et c’est Christina (qui en plus d’être notre précieuse collaboratrice pour le salon annuel du livre de Charleroi) qui est un des chefs d’orchestre de ce lieu à présent de plus en plus fréquenté. Oufti, je respire car j’ai encore besoin de vous donner quelques infos !

— Alors les amis, c’est fait, on lance l’idée ! Et les actes ! ajoute notre Christina, élégante et positive.

(Encore un p’ett coup de casquette à Christina Ruggin qui est je le rappelle une collaboratrice précieuse. Anciennement directrice de l’Académie  des Beaux-arts de Châtelet, sa générosité pour le monde culturel s’affiche encore à chaque instant)

Tous les trois, nous regardons ce beau comptoir de la bibliothèque de Marchienne-au-Pont…Entouré de rangées de livres, des trésors pour les grands et les petits…

— Soyons clairs et concis les enfants ! Qui, quoi, que, pourquoi, comment et avec qui ?

Serge et moi, on se regarde, nous sommes un peu fatigués, pas mal de vernissages ces derniers week-ends et de projets amorcés, l’énergie est là mais l’arrivée de notre dynamique Christina nous envoie un solide coup de pied au…, je ne dirai pas le mot, na !

Serge se dévoue….

— Un espace culturel, un comptoir de dédicaces. Des dates sont prévues, les auteurs peuvent dédicacer leurs ouvrages à deux ou à trois…L’idée est d’offrir un parrainage, une première dédicace pour un jeune auteur…

— Et ? allez Serge, continue, tu veux encore ajouter quelque chose, je le vois ! dit Christina, enthousiasmée par ce nouveau projet…

— Oui, je songeais…L’espace est aussi ouvert à tous les acteurs culturels pour un interview, pourquoi pas ?

— Ben oui, pourquoi pas ? ajoutons en chœur Christina et moi…

Intéressés ?

 

Contactez Serge Budahazi, bibliothécaire responsable de la bibliothèque Marguerite Yourcenar de Marchienne. 

 

 

Artcle signé Carine-Laure Desguin

 http://carinelauredesguin.over-blog.com

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Christine Brunet a lu "Une pie dans le ciel de Saïgon" de Gauthier Hiernaux

Publié le par christine brunet /aloys

Une pie dans le ciel de Saïgon

 

 

 

Une pie dans le ciel de Saïgon... Septième livre paru aux Editions Chloé des Lys. Il ne fait pas partie de la saga "Grandeur et décadence de la Nouvelle Ere" mais, comme "Lucioles" et "Tribu silencieuse" avant lui, il se présente comme une nouvelle rapide et bien balancée.


Retour aux Etats-Unis... Vous vous souvenez peut-être, "Lucioles" s'y déroulait déjà.Mais cette fois, on nous fait remonter le temps. La guerre du Vietnam, la mafia omniprésente aux States à cette période, Saïgon... Drôle de mélange, me direz-vous : quel rapport ? 


Gauthier Hiernaux nous propulse dans la peau d'un trouffion, un dénommé... ( ben difficile encore de vous donner un nom puisqu'il a perdu la mémoire !) qui tente de survivre à une blessure gravissime dans un hôpital militaire de Saïgon. A ses côtés, d'autres blessés, certains mourants dont un certain Angelo grièvement brûlé et emputé des deux jambes et de ses yeux, un inconditionnel de musique. Au détour d'une conversation, celui-ci lui raconte une histoire de truand surnommé La Gazza (La pie)... une histoire de tueur et de vengeance... Pourquoi ?


Vous commencez à comprendre le sens du titre ?


Qui est celui que tous appellent Private... pour ne pas l'affubler, je suppose, du doux nom de John Doe ? Il cherche, fouille sa mémoire désormais vierge, sans succès, jusqu'à ce qu'il tombe sur une photo, une Viêt installée dans la jeep d'un gradé... Une photo qu'il gardait précieusement dans son porte-feuille. Quel lien avec lui ? 


Voilà que Private sort de l'hosto pour tenter de répondre à ces questions... Que va-t-il découvrir? 


Gauthier nous propose ici un court polar, bien ficelé, bien rythmé, dans le style des années 50/60. Un choix judicieux pour le décorum, pour des mots qui collent à l'univers dans lequel il nous plonge jusqu'au final, théâtral, très cinématographique. Quatre-vingt trois pages de "quasi dialogue" avec de courtes séquences descriptives qui construisent l'ambiance.


Voilà un texte efficace et agréable qui mérite de s'y attarder. Un excellent moment de lecture, sans doute trop court à mon goût. A quand le prochain roman, Gauthier ?

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

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Publié dans Fiche de lecture

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Le Hammam, une nouvelle d'Alain Magerotte tirée de son recueil, ELLES

Publié le par christine brunet /aloys

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LE  HAMMAM

 

En réintégrant mon logis, je n’ai qu’une obsession; reprendre contact avec quelqu’une. C’est comme pour celui qui boit la tasse. S’il ne replonge pas aussitôt, il risque d’avoir peur de l’eau le restant de sa vie. 

J’allume une cigarette sans idées noires en tête et passe donc «à l’attaque» en me reconnectant sur le forum qui m’avait permis de faire la connaissance de Mélodie.

Il y a toujours moyen de tirer quelque chose d’une expérience, si foireuse soit-elle. La preuve ?... Ce rendez-vous singulier m’a fait gagner en assurance car il ne m’est plus nécessaire d’être dans un état d’ébriété pour aborder une jeune femme…

Un contact s’établit, un contact se noue. Elle est brune, elle a les yeux bleus et se prénomme Véronica.

Je procède de la même manière qu’avec Mélodie. Une discussion assez explicite, par messagerie instantanée, dans laquelle j’apparais clair, vif, spontané, sûr de moi, beau parleur, et cela, je le répète, à jeun !

Bon, d’accord, ma gueule, je ne m’y fais toujours pas… les autres, non plus ? Tant mieux, je me sens moins seul ! En définitive, j’y tiens, moi, à mon visage triste, banal à souhait, ennuyeux à l’infini. Y en assez de le décortiquer à la loupe. Satellisée, la loupe ! Je me détache... le détachement, man, le détachement est un atout majeur. Le mec détaché dégage une aura, un mystère qui attise la curiosité féminine.

Je… ah, tiens… Véronica, disons Véro pour l’intime que je suis déjà, me propose un rancard… dans un resto. Bien entendu, j’accepte… je ne vais cependant pas répondre dans la seconde qui suit, ni dans la minute… faut pas donner l’impression qu’on est suspendu… le détachement, man, le détachement…

Je consulte ma montre. Deux minutes que le message a été envoyé… je me prépare à… non ?

«… Non, Machinchouette ! Attends encore un peu... » O.K., je patiente…

Un petit coup de déodorant, prétexte à gagner des secondes supplémentaires, et puis, n’y tenant plus, je tape ce message : O.K. pour le resto; le lieu, le jour et l’heure sont à ta convenance.

La réponse fuse : Restaurant LE HAMMAM, Rue du 26 Février 1952, demain soir à 20 heures… Bisous. Véronica.

Le HAMMAM ? Curieux nom pour un resto… la belle a sûrement une idée derrière la tête… un hammam… je suis à la fois intrigué et excité… devinez qui l’emporte ?

Le lendemain, au bureau, une virée est prévue à midi pour célébrer l’anniversaire d’Hervé, un collègue. On m’a invité pour la forme, sachant qu’il y a peu de chance que je participe à la fête.

Hervé est un touriste catastrophe. Le déclencheur de sa passion pour les catastrophes ?... Le drame du Heysel… une révélation !... Si l’on peut dire. Hervé a toujours regretté de ne pas avoir été présent. Il aurait pu, ressasse-t-il, prendre de magnifiques clichés. Il s’est rattrapé depuis. Ses meilleurs souvenirs ? Un séjour à New York peu après les attentats du 11 septembre 2001 et un autre à Malé, la capitale des îles Maldives, en janvier 2005, trois semaines après le Tsunami. Sans oublier Haïti en janvier 2010. A chaque fois, Hervé a ramené dans ses bagages «des photos qui parlent d’elles-mêmes» comme il dit. Au fait, j’y pense… mon expérience sexuelle étant une catastrophe de par son inexistence… je pourrais poser pour lui…  

Comme prévu, je refuse poliment l’invitation. J’ai envie de garder toute ma tête et mon énergie pour ce soir.

Pour les fringues, j’ai l’intention de remettre le couvert (c’est le cas de le dire); blazer sobre, chemise crème sans tache et pantalon noir avec le pli… toujours classique, oui, mais toujours sans la classe ! M’en fous, cette fois… le détachement, man, le détachement.

Une vieille chanson, que chantait mon grand-père en se peignant devant la glace, me revient en mémoire, elle disait :

Si l’on pouvait arrêter les aiguilles…

Et patatras, la peur d’un nouvel échec me reprend, me pollue l’esprit, me tord le bide.

«Pas question de reculer, Machin Couard, une seconde chance s’offre à toi plus vite que prévu, saisis-la !» O.K., je fonce…

Si l’on pouvait affoler les aiguilles…

«Ne tombe pas dans l’excès contraire, Machin Foufou…» O.K., je me calme…

J’atteins la Rue du 26 Février 1952 en avance. Il est 19h.00. J’ai de la chance, il y a une place juste en face du HAMMAM. Elle m’évite d’exhiber l’aile gauche cabossée de ma voiture aux regards des clients attablés près de la fenêtre du resto.

A présent, je me retrouve à faire le poireau au volant de mon véhicule. Une heure d’attente !... J’aurais dû prendre un bouquin. Au fait, non, trop nerveux, trop impatient, je ne trouverais pas la concentration nécessaire…

J’observe les alentours. Une pensée rigolote me traverse l’esprit; j’imagine Véro dans la même situation, on serait ainsi tous les deux en mode «observation», chacun à l’insu de l’autre.    

Coup d’œil à ma montre. 19h.15. J’écouterais volontiers les infos pour tuer le temps mais elles sont rarement joyeuses. Je n’ai pas envie de me saper le moral, le contexte ne s’y prête guère. Ce soir, je veux de la joie, de la légèreté, parce que ce soir… je tords le cou à mon pucelage !…  

19h.20. Une voiture se gare. Un couple en descend. Jusque là, rien d’exceptionnel si ce n’est que je reconnais la femme : Véro !

Le type, un grand brun costaud, n’a pas l’air commode. Véro est très agitée. Ce ne sont certainement pas des amabilités qu’ils s’envoient à la face. Ça gesticule beaucoup. Véro sanglote. Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’il y aurait un autre prétendant sur les rangs ? A coup sûr, une belle fille comme ça ne laisse pas indifférent.

«T’aurais-tu t’en douter, Machin Etourdi, tu as l’art, semble-t-il, de te fourrer dans de fameux guêpiers» O.K., j’assume... 

Au bout d’un moment, le type remonte dans son véhicule, claque la portière et démarre en trombe pour disparaître dans le soir naissant. Véro hausse les épaules et plonge la main dans son sac. Elle en sort une petite glace ronde… examine son visage… un petit coup de rimmel… voilà une bonne façon de décompresser après une grosse colère. La sérénité retrouvée, Véro pénètre ensuite dans le restaurant. Il est 19h.58. 

Le grand costaud aurait-il appris que c’est Bibi qui a décroché la timbale ? Cette idée fait si bien son chemin dans ma tête que je m’extrais gonflé à bloc de mon carrosse et pousse la porte du HAMMAM où règne une ambiance feutrée. Il est tout juste 20h.

Je parcours l’ensemble du regard.

A droite, en entrant, un salon de thé avec une table basse. A gauche, une surface bien délimitée et fermée où l’on peut s’adonner à des séances de narguilé.

Dans le restaurant même, des lanternes accrochées au plafond jettent une lumière pâle. A terre, le sol est recouvert de tapis persans.

Un mobilier aux couleurs vives occupe un espace chaleureux, convivial.

Des portraits d’êtres humains vivant sous d’autres latitudes décorent l’endroit ainsi qu’une fresque murale représentant des femmes dans un hammam, entièrement nues vues de dos et, tenant négligemment un voile ou un drap devant la partie la plus intime de leur anatomie, vues de face. 

Je suis arraché à ma contemplation par un serveur à l’amabilité poussée. Je lui signifie que j’ai rendez-vous avec une jeune dame. A ces mots, le gars me gratifie d’un sourire de directeur d’agence matrimoniale venant de sceller une heureuse rencontre.

« Je suppose que c’est la jolie demoiselle qui a pris place près du «hammam» » dit-il, accompagnant ses paroles d’un geste du menton pour indiquer une table libre pour deux personnes où brûle une bougie.

« Ah ! Elle s’est probablement rendue… »

Le serveur n’a pas le temps de poursuivre sa phrase que Véro, d’une démarche souple et gracieuse, apparaît de je ne sais où, le sourire aux lèvres. Je suis immédiatement sous le charme. Comment pourrait-il en être autrement ? Vous n’y échapperiez pas non plus…

« Désolée de vous avoir fait attendre… »

La voix est douce. Elle porte une longue robe noire décolletée mettant en valeur une poitrine ferme et généreuse, ainsi qu’une paire de talons aiguille en vernis noir… ça me rappelle une autre créature de rêve. Espérons que la comparaison s’arrête là.    

Nous prenons place l’un en face de l’autre. Le garçon tend un menu à chacun.  

Je le parcours d’un air détaché. Je sens les yeux bleus de Véro se poser sur moi.

Le détachement, man, le détachement produit son effet.

«Arrête ton char, Machin Volant, tu risques de tomber de haut !... Rappelle-toi la dernière fois où tu as décollé» O.K., je garde les pieds sur terre…  

J’opte pour un couscous royal. Véro préfère un couscous végétarien. Pas d’intentions carnivores, me voilà rassuré mais je reste prudent… sait-on jamais si elle me prend pour une grosse légume !...

Côté boissons, mon choix s’arrête sur un «vin du patron» mais Véro me conseille le thé à la menthe. O.K., je lui fais confiance.

Moment crucial entre la commande et l’instant où l’on sert les plats. Comment meubler la conversation en évitant à tout prix l’indigeste litanie des banalités d’usage dont je suis spécialiste ?

Véro vole à mon secours en se substituant à… moi.

« Vous avez trouvé facilement pour arriver jusqu’ici ?... Il fait frais mais la météo annonce du beau temps demain… »

Elle m’offre ainsi, sur un plateau, le rôle en or de «celui qui n’y peut rien si on lui pose des questions idiotes et qui va y répondre parce qu’il est bien élevé». Avec, en supplément, le détachement, man

A l’instar de Mélodie, Véro me fait tanguer sur l’océan de ses grands yeux bleus. Des yeux de braise… pas besoin de me dire «embrase-moi, idiot !» 

Je me sens détendu quand une pensée furtive et meurtrière me fait basculer sans coup férir dans une peur incontrôlable. Le front humide, les mains moites et la lippe tremblante, je lance un regard de bête traquée à la cantonade… et si le type de tout à l’heure, poussé par une jalousie féroce, faisait irruption avec un flingue pour me transformer en pomme d’arrosoir ?

Ce changement d’attitude n’échappe évidemment pas à Véro qui s’inquiète aussitôt.

J’opère un violent effort sur moi-même pour retrouver quelque apaisement et lui explique la raison de cette peur soudaine.

« Voilà… j’étais en avance à notre rendez-vous et… au bout d’un moment… je vous ai vue, accompagnée d’un malabar… heu… pas très sympa, c’est le moins que l’on puisse dire… alors, je m’inquiète… je m’inquiète de le voir se ramener avec une arme… pour me trucider… »  

Véro se laisse aller à un grand éclat de rire.

« En réalité, c’est mon frère que vous accusez ainsi…

- Votre frère ?

- Ben oui, mon grand frère, il veille sur moi. Comme j’étais à la bourre, je lui ai demandé de me conduire jusqu’ici sans toutefois préciser la nature de mon rendez-vous. Ce «mystère» l’a énervé. J’ai l’habitude de ce genre d’altercations. Il me prend pour une allumeuse…

- Me voilà rassuré…

- Ne criez pas victoire trop vite !

- Ah ? »

Véro se lance dans un nouvel éclat de rire.

« Cessez de vous tourmenter, je ne l’ai vu qu’une seule fois corriger quelqu’un. Faut dire que l’autre l’avait bien cherché…

- Sûrement… »

Je me sens mieux, beaucoup mieux, au point de juger le moment opportun pour porter l’estocade, c’est-à-dire de proposer carrément à Véro de coucher ensemble.

«Ah, là, c’est très fort, Machin Audace, je ne te reconnais plus…» O.K., O.K., un court répit d’abord… je vais boire une gorgée de thé, histoire de m’éclaircir la gorge.

«Hé ! Hé ! Machin Coquin, elle ne perd rien pour attendre, la Véro…» O.K., c’est bon, tu ne vas pas m’accompagner jusqu’au plumard…

… Ai-je bu trop vite ? Est-ce l’excitation mélangée à ce curieux breuvage que je découvre ? Toujours est-il que ma tête se met à osciller, tantôt à gauche, tantôt à droite, dans un mouvement de balancier. Tout devient flou autour de moi… à l’exception de Véro ! Sa bouche s’articule mais aucun son ne me parvient. Son regard invite le mien à se poser sur la fresque murale. J’essaye et n’y arrive point. Des mains se posent de chaque côté de mon visage. Elles sont souples, légères, elles me guident avec douceur… et voilà que mes yeux, à l’acuité retrouvée, s’écarquillent à la vue du spectacle incroyable s’offrant à eux : 

Entièrement nue, Véro occupe le centre du hammam. Les autres femmes, subjuguées par sa beauté, contemplent celle qui, de son regard incandescent, m’invite à la rejoindre.

Je pousse un cri de stupeur. La bougie bascule et embrase aussitôt la nappe. Une énorme bousculade, des cris, des chutes, des gens qui hurlent « Au feu ! Au feu ! »… et puis, le trou noir.

Quand je reprends connaissance, je suis allongé sur un lit d’hôpital. Une infirmière m’informe que des tests ont été effectués. Il en résulte que je souffre d’une forte allergie au thé. L’hallucination en est le symptôme majeur. Malheureusement, l’incendie du HAMMAM n’en est pas une. Il a fait de nombreuses victimes.

Après le départ de l’infirmière, plus rien n’est clair dans mon esprit… si ce n’est que l’endroit où je me trouvais la veille au soir est parti en fumée… l’image de Véro me revient... a-t-elle survécu ?...

C’est dans l’après-midi, que la visite d’Hervé m’apporte la réponse. Hervé, souvenez-vous… mon collègue, le touriste catastrophe. Cet incroyable bonhomme se trouvait dans le coin au moment du drame. Bien entendu, il a pris des photos.

Avant de me les montrer, il s’enquiert de savoir si je suis «apte» à les regarder.  

« Pas de problème, dis-je ».

 

Je sursaute en apercevant Véro sur l’une d’elles. Non pas parmi les clients tentant d’échapper aux flammes, mais au milieu des personnages de la fresque murale représentant le hammam…

 

Alain MAGEROTTE

Alain

Publié dans Nouvelle

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Le berger, une nouvelle de Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

Petites et grandes histoires

 

LE BERGER

 

 

C'est là-haut qu'il les fabriquait. C'est là-haut que tous les midis, il ramenait ses cruches de lait pour en faire des fromages.

 

Dès le printemps venu, on le voyait quitter le village avec sa charrette tirée par ses chiens et son troupeau.

 

Sur la charrette, il avait disposé un chaudron de cuivre, celui-là même que son grand-père et son père utilisait jadis pour chauffer le lait. Sous le chaudron, une vieille couverture, une hache, son couteau et quelques vêtements. Par-dessus, deux claies de paille destinées à faire sécher les fromages, deux paniers d'osier et un sac de farine.

 

Là-haut, il trouverait le reste, l'eau pure du torrent, les plantes comestibles, les fruits sauvages et le bois pour le feu.

 

Dans la cabane abandonnée fin octobre, son vieux lit, les cruches et une petite réserve de bois l'attendaient, il le savait.

 

Six heures de marche plus tard, François arrivait et ouvrait la porte fermée par un simple verrou de bois. Tout était bien comme il l'avait laissé. Seules, les deux planches d'accès semblaient avoir souffert de l'hiver.

 

"Du travail pour une bonne journée", se dit-il.

 

Les bêtes épuisées par la montée abrupte restaient à proximité surveillées par les chiens fatigués eux aussi.

 

François s'installa aussi confortablement que possible. Six mois, il allait rester là six mois. Deux fois seulement, il redescendrait au village avec ses fromages et remonterait avec les paniers vides.

 

François était berger. Un métier, que dis-je ? Une vocation ! Pour rien au monde il n'aurait voulu aller travailler à la ville. Il était le plus heureux des hommes et n'aurait cédé sa place à personne : sa cabane, ses chiens, ses bêtes, toute sa vie, quoi !

 

 

Louis Delville

http://louis-quenpensez-vous.blogspot.be/delvilletete

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La chronique poétique de Salvatore Gucciardo

Publié le par christine brunet /aloys

 

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Jaillissement


 

Alphabet cosmique

Ecorce stellaire

La sève nébuleuse

Sillonne

Le corps humain

 

Jaillissement doré

Dans les draps

De la nuit

 

L’être guette

La cité

De l’aube

 


 

 

Salvatore Gucciardo

www.salvatoregucciardo.be

 

 

 

 

ESPLOSIONE

 

 

Alfabeto cosmico

Corteccia stellare

L’energia nebulosa

Solca

Il corpo umano

 

Esplosione dorata

Nei drappi

Della notte

 

L’essere spia

La città

Dell’alba

 

Salvatore Gucciardo

Tradotto dalla Poetessa Maria Teresa Epifani Furno

 

Publié dans Poésie

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http://www.bandbsa.be/ ... Un nom étrange pour un blog incontournable !

Publié le par christine brunet /aloys

 

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http://www.bandbsa.be/

 

 

 

BANDBSA...

Voilà un nom étrange que tous les auteurs des Editions Chloé des Lys connaissent et pas seulement eux... ça non ! Des tas d'artistes également.

 

BANDBSA, c'est quoi ? Allons donc, comme si vous ne le saviez pas  ! C'est le blog/ site de  Bob Boutique, le gars incontournable que a fait de la promo des écrivains... et des artistes une sorte d'acte de foi.

 

BANDBSA, c'est d'abord un nom étrange puis une approche différente des autres blogs peut-être dans sa présentation ou dans sa démarche.

C'est aussi le premier contact d'un auteur avec ce qui sera son univers après la parution de son ouvrage : la PROMO. C'est ainsi que Bandbsa et son webmaster ont été mon tout premier contact (avant mon premier post sur le forum CDL) avec Chloé des Lys et son équipe.

Pour toutes ces raisons, j'ai eu envie d'en savoir plus... et de répondre à toutes ces questions qui, un jour ou l'autre, ont titillé tous ceux d'entre nous qui ont eu affaire à... BANDBSA !

 

Première question, pourquoi avoir choisi un nom internet aussi compliqué pour10 petites négresses ACTU ? bandbsa… franchement, il  y a plus simple ?

 

C’est un des clous de mon cercueil ! Lorsque j’ai pris un nom de domaine chez Belgacom, un des hébergeurs les plus importants du pays, sinon  le plus important, je n’avais encore rien publié (c’était vers 2005) et je pensais avant tout à ma librairie.

 

C’était une société anonyme dont l’intitulé reprenait mon nom ‘Boutique’ et celui de Poussin qui s’appelle Pascaline Boudaoud (son papa est kabyle). Soit b and b s.a.

(pour ceux qui ne le savent pas encore, Poussin est l'épouse de Bob)... Mais continue... je comprends mieux... ingénieux !

 Pas très malin, non, car ça ne signifie et n’évoque rien mais bon… faut se replacer à l’époque où internet balbutiait. Je devrais changer mais cela m’obligerait à modifier tant d’adresses dans mes centaines de programmes que j’ai préféré laisser tomber.

 

Un jour peut-être, quand j’aurai arrêté mon magasin ( c’est d’ailleurs imminent ) et que je trouverai un peu de temps…

 

contes bizarres1Pourtant ton site ne parle pas du tout de ta librairie et j’ajouterais ni de toi ?

 

Pour la librairie je me suis vite rendu compte que ça n’avait aucun sens, mes clients n’ont pas besoin d’internet pour savoir où je crêche et ce que je vends, et comme je compte arrêter bientôt pour mener d’autres activités…ça ne vaut plus la peine de créer une page.

 

En ce qui me concerne, c’est différent. Je n’arrive pas à parler de moi. Chaque fois que je vois ma binette en photo ou pire en vidéo j’ai le poil qui se crispe ! Quand j’ai quelque chose à dire, je le confie à Bob le Belge qui le fait bien mieux que moi.

 Je n’ irai pas jusqu’à dire que c’est ma marionnette et moi son ventriloque mais il  y a de ça. En tous les cas pour raconter des conneries…

 

En revanche,  je n’ai aucun problème pour faire la promotion de mes livres, là je fonceContes bizarres2 mais toujours comme s’il s’agissait d’ouvrages écrits par quelqu’un d’autre. Si tu lis bien, tu verras que je n’emploie pratiquement jamais le « je » dans mes pubs.

 

Ca ira comme ça, Madame Freud ?

 

Tiens c'est vrai pour le "je" ! Alors, si je comprends bien, tu as créé à l’époque une page web pour te présenter et elle a servi en réalité à parler des autres ?

 

Be oui, c’est comme ça… comme je n’avais pas grand-chose à y mettre me concernant sinon que je venais de choper un rhume ou que mon chat exigeait qu’on change de marque de pâtée, j’ai commencé à évoquer les bouquins des autres.

 D’abord ceux que je lisais ( à l’époque je dévorais les livres, aujourdhui plus le temps ) puis petit à petit ceux qui étaient publiés en général. Avec une attention toute particulière pour les auteurs de Chloe des Lys.

 

bandbsa-2.png

 

Pourquoi ?

 

Parce que j’étais très fier de pouvoir échanger des mails avec des écrivains. Je me souviens encore de mon étonnement lorsque j’ai reçu un jour une réponse de Cathy Bonte dont je venais de rédiger une critique… même que j’ai dit à Poussin « tu te rends compte, elle m’a répondu ! »

 

Là, je veux bien te croire parce que ça m'a fait le même effet lorsque tu as pris contact avec moi pour un interview ! Trop contente, pas peu fière d'être contactée par un auteur pour parler de mon bouquin ! Et ultra impressionnée ! D'ailleurs, mon premier interview est encore sur mon site et sur mon site syblio.

 

morceau-bandbsa.png

 

Donc, si je comprends bien, à l'époque, tu n’avais pas encore sorti tes ‘contes bizarres’ ?

 

C’était en route… pas oublier qu’on était aux presque débuts de Chloe et que tout prenait deux ans… une faute de frappe et hop… la maquette refaisait un tour ! Mais j’étais aux anges, d’abord parce que j’allais enfin être publié et puis aussi parce que, dans ma famille, personne ne croyait vraiment que mes petits textes allaient déboucher sur quelque chose. Et toc !

(Eh, eh... Comme je te comprends, là encore ! Je me souviens encore de la tête de certains lorsqu'ils ont appris d'abord que j'étais acceptée par un vrai éditeur et ensuite qu'on me demandait un interview ! Un moment délectable !)

 Attention, faut pas croire…  la plupart aimaient bien mais de là à être publié… ils

 devaient se dire entre eux que je fantasmais un peu.

 

C’est fou la considération que beaucoup ont pour l’écrivain ! Comme si c’était quelqu’un d’exceptionnel. Maintenant que je suis dans la marmite, ça me fait rigoler mais soyons sincères… moi aussi j’étais un peu impressionné voici dix ans. (et moi y a à peine 5 ans...)

 

actu3Après combien de temps ACTU est-il devenu un support promotionnel pour les auteurs de Chloe ?

Très vite. Au départ ça s’appelait encore ‘contes bizarres’, mais comme on y trouvait plus d’actualités littéraires que d’infos sur mon rhume ou mon chat, j’ai laissé tomber les contes pour me centrer sur l’ actu. C’était aussi plus marrant…

 

Comment as-tu eu l'idée d'initialiser tes interviewes ?

L’ idée n’est pas de moi mais de Laurent…

bob2.jpgAu bout d’un certain temps, une année je pense, ‘Contes bizarres’ venait enfin de sortir et commençait à se vendre, Laurent m’a proposé lors d’un salon, à Tournai la Page,  d’entrer dans son équipe. Je lui ai demandé de réfléchir une semaine car ma librairie me prenait beaucoup de temps, puis j’ai accepté quand même.

 

Pourquoi ?

Parce que je commençais à connaître pas mal d’auteurs, que je trouvais tout ce petit monde très sympathique et que je m’apercevais qu’il  y avait parmi eux de vrais talents.

Alors on a décidé de les présenter avec une interview dont une partie des questions se trouvait déjà sur la newsletter de Chloe. Je n’ai rien inventé, seulement adapté, modernisé et complété le texte.

copie-interview-bandbsa.png

 

Comment ça se passe ? Tout le monde y passe ?

En principe, oui. Dès qu’un nouveau ou une nouvelle entre dans la communauté, je le ou la contacte avec l’interview, en demandant en plus des photos, car un texte sans image, c’est comme pisser dans la mer, personne ne regarde… (D'accord avec toi) 

La plupart du temps, l’auteur et futur publié, me répond rapidement. Faut dire que mes messages sont tout sauf formels du genre « je vous prie de bien vouloir… » ! Disons que c’est plus dans le style de Bob le Belge que celui d’une maison d’édition prout ma chère.

 

Au début ça déconcerte un peu, mais en général ça se passe très bien. A mon avis, les français doivent se dire que c’est du belge, sans façons… mais bon.(Ben non, pourquoi ?)

 

Autre question : pourquoi ACTU-mag se présente t-il sous la forme dune page de vignettes, comme des affichettes sur lesquelles on ne trouve pratiquement que des titres qui renvoient à des liens ?

 

Ca c’est un autre clou de mon cercueil ! En fait j’ai commencé tout au début de l’internet en programmant mes pages en html. L’idée était de présenter le site comme une page de journal avec des photos et des messages très courts qui proposent de lire la suite à l’intérieur.

bob4C’est une formule vieillote et dépassée. Je devrais rajeunir tout ça… mais je ne trouve pas le temps ! Je sais comment faire, mais je ne trouve ni le courage, ni les deux jours free nécessaires. Déjà que je n’arrive plus à lire et pire… à écrire.

Laurent a le même problème avec la maison d’édition. Il emballe des bouquins, répond à deux millions de mails, passe des heures à faire de la comptabilité et ne rédige plus une ligne. Or c’est ( à mon sens ) un vrai, grand poète… quel gâchis.

 

Quand  Bandbsa est-il devenu ACTU-mag ? 

Très vite… au bout d’un an à peine. La suite, ce sont des enchaînements logiques. Partoutactu1 où j’allais, je prenais des photos que je postais sur la page, puis comme je trouvais tout ça un peu statique, je suis passé à la vidéo et puis et puis… on a lancé ACTU-tv. C’était en février 2010 avec le commandant Danofsky. Mais ça, c’est encore une autre histoire.


 Penses-tu que ton site va évoluer encore au niveau du visuel et/ou du contenu ? si oui, dans quel sens ?

Je l’ espère bien… laissez-moi encore quelques mois, pitié !


 Si tu avais un conseil pour les auteurs qui ont envie de se lancer dans un site, ce serait lequel ?

Un, ne pas faire de petits carrés comme moi, c’est dépassé.

 

Deux, faire quelque chose qui vit. Il faut que ça bouge tous les jours, avec des articles intéressants qui apportent des infos autres que celles qu’on trouve partout..

Essayer aussi de trouver une formule originale, un ton…   comme les blogs remarquables d’Edmée De Xhavée link et  Carine-Laure Desguin link

Voilà deux pages totalement différentes qui changent pratiquement tous les jours avec des sujets traités de façon très personnelles…

 

Et je ne parle pas d’ Aloys, là on est dans le top link.

 

Evidemment, c’est du boulot. Si vous n’êtes pas prêts à bosser comme un malade, oubliez.

 

Tout à fait d'accord ! Le lecteur doit être sur le pont tous les jours. C'est du boulot, mais c'est le sens d'un blog. Le site est plus statique même s'il doit rester ludique et attractif.

 

bandbsa-3.png

 Enfin, dis-moi, pourquoi un auteur a-t-il tout intérêt à répondre à tes questions avec minutie et à te fournir couverture de livres et photos ?

Ca tombe sous le sens ! Sans matos, je ne peux intéresser personne… ce n’est pas avec trois lignes de pitch et deux phrases de C.V qu’on va intéresser grand monde.

Les internautes veulent savoir à quoi ressemble l’auteur, s’il est jeune ou vieux , gros ou mince, s’il porte des lunettes ou est chauve…  d’où il sort, pourquoi il écrit etc…

bob twitMettez-vous un instant à la place du futur lecteur et vous comprendrez. Que se passe t-il quand vous entrez dans une librairie ? Ou vous foncez sur les noms que vous connaissez  déjà, dont on parle dans les médias, ou vous partez à l’aventure…

Et dans ce cas, la couverture du livre est capitale ! Il faut qu’elle accroche, que ce soit par sa douceur, son agressivité ou son originalité…

ACTU-mag, c’est une librairie virtuelle, mais les lecteurs sont les mêmes, et si vous ne me donnez pas quelque chose à me mettre sous la dent, je ne pourrai pas faire grand chose pour vous.

C’est aussi simple et en même temps pas évident du tout.

 Le secret, c’est bosser, bosser, bosser et encore bosser.

 

Bien dit !

Au fait, vous connaissez les dessous du blog de Bob ?

1/ Tous les auteurs sont répertoriés avec leurs ouvrages dans le Who's who link

2/ C'est une liste des foires et salons du livres dans lesquels CDL sera présente link

 

Christine Brunet

www.aloys.me

www.christine-brunet.com

 

 

 

Publié dans interview

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Orage de Céline Gierts chroniqué sur le site de l'AREAW

Publié le par christine brunet /aloys

AREAW

 

http://areaw.org/?p=2374

 

Céline Gierts, Orages

oragesCéline Gierts, Orages, roman, Chloé des Lys 180 pp.

 

Un roman d’amour entre un jeune homme et une femme plus âgée, une mère…depuis le Lys dans la vallée, il ne me semble pas que le sujet ait été si souvent traité. Il l’est ici avec beaucoup de délicatesse, par petites touches impressionnistes. On est bien loin d’un roman à la manière réaliste, même si l’histoire en soi n’a rien d’invraisemblable et se déroule de façon toute naturelle. Les personnages secondaires encadrent les deux héros, servent plutôt de repères que de véritables acteurs.

Des scènes au symbolisme fort, comme la scène finale, à l’épi de blé. L’importance de la musique, des couleurs: tout est d’un très grand raffinement, et les personnages ont quelque chose d’un peu angélique, qui prête à rêver. Mais n’en allait-il pas ainsi, déjà chez le Grand Meaulnes?

Non, on est bien loin aussi d’un roman à l’eau de rose: pas d’attendrissements inutiles, tout est né, les lignes du récit bien précises, ordonnées, et le tout est remarquablement construit.

De quoi rêver…de quoi aussi revenir sur terre. Toujours l’inattendu arrive, n’était-ce pas le tiitre d’un roman d’André Maurois? Et la terre, ici, la nature, ont un rôle primordial. Un vrai plaisir de lecture.

Joseph Bodson

Publié dans avis de blogs

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