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La Tour de Bingen, une nouvelle de Didier Fond

Publié le par christine brunet /aloys

La Tour de Bingen, une nouvelle de Didier Fond

La Tour de Bingen

Le conteur se leva et dit :

« Voici une histoire assez courte. C’est une autre légende allemande. Vous en tirerez facilement la morale.

Au bord du Rhin se dressait autrefois la ville de Bingen. C’était une cité florissante, où il aurait fait bon vivre si elle n’avait pas été gouvernée par un évêque aussi cruel que puissant. Ce dernier écrasait les habitants sous les impôts et les corvées diverses et se montrait impitoyable envers ceux qui ne pouvaient pas payer ce qu’ils lui devaient. Plusieurs fois, les habitants de Bingen s’étaient révoltés contre leur évêque, mais la répression avait été si sanglante, si terrible, les tortures infligées aux prisonniers si inhumaines que le peuple n’osait désormais plus relever la tête ; on n’osait même plus murmurer, de peur d’être trahi par les gardes à la solde de l’évêque qui parcouraient la cité afin de maintenir l’ordre établi.

L’évêque n’habitait pas la cité ; il s’était fait construire une tour en dehors de la ville. C’était une véritable forteresse, gardée nuit et jour par une kyrielle de soldats. La porte et les murs étaient si épais qu’aucun son de l’extérieur ne parvenait aux oreilles du prélat. Il travaillait et logeait tout en haut de la tour ; seules, quelques petites meurtrières permettaient à la lueur du jour de pénétrer à l’intérieur de la pièce. Assis devant sa table, il comptait et recomptait ses trésors, rédigeait de nouveaux édits qui achèveraient de ruiner ses administrés et ne permettait à personne, sinon à un serviteur sourd et muet d’entrer dans son antre.

Les quelques plénipotentiaires, envoyés par la cité, qui avaient osé pénétrer dans la tour pour remettre à l’évêque les plaintes des habitants de Bingen avaient été entraînés sur la terrasse puis précipités sans ménagement dans le vide. Ainsi l’évêque n’était-il désormais plus importuné par de quelconques envoyés porteurs de réclamations.

Un jour, un étranger pénétra dans la cité et s’y installa pour plusieurs jours. C’était un jeune marchand nomade, qui allait de ville en ville pour vendre ce qu’il avait acheté à d’autres marchands ; ayant dû affronter sur les chemins nombre de dangers, il ne craignait personne et n’avait peur de rien. Constatant l’état effroyable où se trouvaient les habitants de Bingen, il les incita à la révolte. Le feu couvait depuis longtemps parmi la population de la ville ; il suffisait de souffler un peu sur les braises pour que l’incendie éclatât.

On massacra d’abord les gardes qui circulaient à l’intérieur des remparts. Puis la populace, déchaînée, se rua à l’assaut de la tour. Les soldats étaient nombreux, bien entraînés, bien armés. Mais ils ne purent tenir longtemps face à cette marée humaine qui déferla sur eux. La colère, le désespoir, la haine étaient des armes aussi puissantes que les arcs ou les arbalètes. Bientôt, il ne resta rien de la garnison. En haut de sa tour, l’évêque, souriait dédaigneusement. Il ne craignait pas un envahissement quelconque. Aucune hache n’était capable d’enfoncer la porte, de même qu’aucun bélier. Quant à grimper le long de la tour, il n’y fallait pas songer, la paroi lisse n’offrant aucune prise pour s’agripper. Et les provisions ne manquaient pas, il avait de quoi soutenir un siège de plusieurs mois.

Le jeune marchand, constatant l’échec de ses troupes à prendre la tour d’assaut, s’assit en tailleur sur le sol, devant la porte ; il ferma les yeux et sembla s’abîmer dans une profonde méditation. On le laissa tranquille pendant un certain temps, croyant qu’il réfléchissait à une stratégie quelconque, puis le voyant rester ainsi dans cette position, on se mit à murmurer et à s’agiter. Au moment où les habitants de Bingen, las d’attendre des ordres qui ne venaient pas, allaient se remettre à essayer d’enfoncer la porte, des hurlements éclatèrent en haut de la tour. Hurlements inhumains, déchirants, cris d’un être humain à l’agonie, qui endurait une souffrance épouvantable. Cela dura, dura, dura… La foule s’était immobilisée et écoutait ces cris qui semblaient ne vouloir jamais s’éteindre. Et puis ce fut le silence. Le jeune homme rouvrit les yeux et se releva. « On peut entrer, à présent », dit-il et la porte céda avec une facilité déconcertante. Le peuple se rua dans les escaliers, prêt à écharper son tortionnaire.

Mais lorsque les premiers habitants pénétrèrent dans la chambre de l’évêque, ils ne trouvèrent qu’un squelette parfaitement propre, blanc comme neige. Le long du mur, quelques souris, venues d’on ne savait où, achevaient de se lécher les babines et disparurent d’un seul coup dans les trous du mur.

Nul ne sut ce qui s’était réellement passé, d’autant plus que le jeune marchand avait lui aussi disparu. L’évêque avait-il été dévoré vivant par les souris et les rats ? Sans doute, oui, si on en jugeait par les marques de dents pointues qui s’étaient incrustées dans les os. Mais d’où venaient ces souris ? C’est ce que la légende ne dit pas. Et votre serviteur n’en sait pas plus que vous à ce sujet. »

Didier FOND

fonddetiroir.hautetfort.com

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Le château abandonné, une nouvelle de Philippe Wolfenberg

Publié le par christine brunet /aloys

 

Les états d'âme de la Lune et du Soleil

 

Le château abandonné

 

Il en est des promenades comme de l’imagination : elles guident nos pas vers des paysages qui sont l’intime reflet des sentiments qui nous habitent. Ainsi, la solitude enfouie en moi se retrouve au détour des rues du petit village que je traverse d’un pas nonchalant. Les maisons, harmonieux amalgames de pierres et d’ardoises bleutées, semblent avoir été jetées au milieu d’une nature dont l’aspect sauvage accentue le côté mélancolique. Par delà le haut mur qui emprisonne le jardin de l’une d’entre elles, un saule pleureur laisse pendre ses longs rameaux. Une odeur persistante de chèvrefeuille embaume l’air chaud de cette après-midi d’été ; le rendant plus oppressant encore… A l’image de ces sentiments qui s’accrochent à mon cœur et m’empêchent d’oublier un passé douloureux. Le doux murmure d’une fontaine rompt le silence pesant qui règne en ces lieux. J’accueille avec soulagement cet accroc dans l’impression désagréable du temps qui se serait figé. La cloche d’une église égrène les heures. L’édifice est massif et jouxte une place ombragée.

 

Le ciel s’est obscurci, encombré de nuages gris et noirs venus de l’horizon, tels les messagers de quelque terrible nouvelle. Lorsque j’atteins les grilles entr’ouvertes d’un parc, une lueur vive m’aveugle, presque immédiatement suivie par un grondement sourd. Les premières gouttes de pluie se mettent à tomber. Je presse le pas et monte l’allée qui mène à un château abandonné. Les pelouses, immenses, sont plantées d’arbres majestueux et de buissons dont les fleurs fanées ressemblent aux désillusions que m’a apportées une envie d’absolu inassouvie. J’ai à peine le temps de m’abriter sous le portique que l’orage donne libre cours à toute sa violence. Je ne peux réprimer un sourire amer à l’idée qu’elle est si semblable à celle que le doute a insinué dans mon âme.

 

Je pousse l’un des lourds vantaux contre lequel je m’étais appuyé et, dans un grincement lugubre, je pénètre dans un vaste vestibule noyé dans une semi-pénombre. Comme je l’ai fait tant de fois avec mes souvenirs, je parcours lentement les pièces de cette vieille demeure tandis qu’un étrange sentiment, subtil mélange d’anxiété et d’exaltation, s’empare de moi. Je gravis les marches de pierre d’un interminable escalier en colimaçon qui mène au sommet de l’unique tour. Avec difficultés, je pousse un verrou rongé par la rouille et ouvre la porte qui donne sur un étroit balcon. Une rafale de vent, chargée de pluie, me plaque contre le mur. Je m’obstine pourtant et m’agrippe à la balustrade. Pour un instant, je suis devenu le gardien d’un phare inutile… Guettant, au loin, l’improbable apparition d’un vaisseau fantôme qui a sombré dans l’abîme de mes incertitudes.

 

Sans m’en apercevoir vraiment, je suis revenu à mon point de départ. La pluie a cessé et quelques timides rayons de soleil jouent avec les gouttes déposées sur la végétation et qui sont autant de lumières qui m’éblouissent et achèvent de m’égarer dans ce dédale de sensations intenses.

 

Je laisse derrière moi des secrets qui ne m’appartiennent pas mais que l’écho, tel un spectre lassé par tant d’années de déréliction, a murmurés à mon oreille. En moi, se ferme une grille dont la clé, en une chute lente et vertigineuse, va se perdre dans les sombres oubliettes de ma mémoire. A peine ai-je le temps de revoir l’image d’un regard où brillait la passion et celle d’un sourire tendre et doux comme une promesse de bonheur infini. Déjà, il faut m’en retourner vers des lendemains qui, paradoxalement, tels ces lieux délaissés, reposent sur les vestiges d’un passé heureux mais suranné...

 

Philippe Wolfenberg

philippewolfenberg.skynetblogs.be

http://www.bandbsa.be/contes3/wolfenbergtete.jpg

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Dans Le Bibliothécaire : BRÈVES D’HISTOIRES de Charlie CAMP

Publié le par christine brunet /aloys

Dans Le Bibliothécaire : BRÈVES D’HISTOIRES de Charlie CAMP

BRÈVES D’HISTOIRES / Charlie CAMP.- Barry : Chloé des Lys, 2013.- 65 p. ; 21 cm.- Isbn : 978- 2-87459-718-3.- 16.40 €.-

Qui suis-je ? Je suis née à Valence (en France), une ville aux portes des cigales, en décembre 1986. J’ai écrit mon premier «livre policier» au collège, mais je m’y suis vraiment attelée il y a sept ans. J’ai effleuré les histoires d’espionnage de mon stylo mais j’ai affermi mon style dans les nouvelles et romans policiers. Mais comme on peut difficilement vivre que de mots et d’eau fraîche, je travaille comme vendeuse dans un magasin de chaussures, depuis quelques années. L’ouvrage : Voici un recueil de nouvelles, où les personnages torturés sont mis à rude épreuve... Trompées par leur mari, battues, les femmes utilisent toutes les armes en représailles, fourche, couteau, fusil...

Mais les hommes ne sont pas en reste, par cupidité ou folie, ils peaufinent des plans macabre et manient les armes avec dextérité et sans regret. Si les morts sont accidentelles, elles sont toujours violentes, fauchant les personnages de tout âge. Nos amies les bêtes ne sont pas en reste, elles plantent leurs crocs allègrement dans les membres de leurs maîtres. Se pourléchant de cette viande fraîche et nouvelle. En résumé, du sang, des meurtres, des accidents, tout ça en un court ouvrage, condensé en actions et drames plus ou moins joyeux.

Le BIBLIOTHECAIRE

ASSOCIATION DES BIBLIOTHÉCAIRES BELGES D'EXPRESSION FRANCAISE association sans but lucratif

Revue libre publiée sans aucune subvention.
Courriel : dagneau.michel@skynet.be
Editeur : M. DAGNEAU B - 1470 GENAPPE
Vente au numéro
: Belgique : 14,00 € Étranger : 17,00 €

Dans Le Bibliothécaire : BRÈVES D’HISTOIRES de Charlie CAMP

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Des vacances d'été passionnantes sur notre blog !

Publié le par christine brunet /aloys

Cet été, Aloys ferme ses portes mi-août.

 

En juillet et en août, les surprises vont s'enchaîner : de belles découvertes d'auteurs, des articles signés "Le BIBLIOTHECAIRE", des portraits proposés par notre stagiaire, Chloé, des poésies, des feuilletons, des nouvelles, des fiches de lecture, des critiques de blogs...

Mais avant de vous mettre l'eau à la bouche avec la superbe programmation qu'Aloys va vous proposer, quatre annonces :

1. Le prochain numéro de la revue "Les petits papiers" sortira fin septembre.

2. Pour le prochain numéro de la Revue de fin d'année, nous lançons deux nouveaux concours :

un concours de calligrammes pour nos poètes sur le thème de la nature et des animaux. Envoi sur mon mail brunet_christine@orange.fr avant le 30 septembre. Format JPEG. Attention, votre calligramme doit être lisible. Un calligramme par auteur seulement.

un concours de nouvelles : une page A4 en arial 11. Thème : le cauchemar. Textes à envoyer avant le 31 octobre. Un seul texte par auteur. Envoi via mon mail également.

3. N'hésitez pas à me faire parvenir vos textes, présentations, fiches de lecture, poésies, etc. rapidement pour la programmation de septembre. 

4. N'oubliez pas non plus Actu TV : pour visionner la dernière émission, rendez-vous sur http://www.bandbsa.be/

 

Programmation du mois et demi à venir : quels auteurs à l'honneur ?

  • Charlie Camp
  • Bedior
  • Chantal Parduyns
  • Laurent Dumortier
  • Carine-Laure Desguin
  • Isabelle Knuts
  • Philippe Wolfenberg
  • Salvatore Gucciardo
  • Didier Fond
  • Simon Andrieu
  • Edmée de Xhavée
  • Claude Hardenne
  • Alexandra Coenraets
  • Vincent Jooris
  • Patrick Beaucamps
  • Awa Ba en invitée
  • Christian Van Moer
  • Emmanuel Tavernier
  • Jean-Marie Sobrie
  • Hnri Puffet
  • Micheline Boland
  • Philippe Desterbecq
  • Christophe Courouge
  • Louis Delville
  • Christian Eychloma
  • Luc Harache
  • Alain Magerotte
  • Michel Westrade
  • Marcel Baraffe
  • Barbara Flamand

 

BONNES VACANCES !!!!!!!

Des vacances d'été passionnantes sur notre blog !

Publié dans ANNONCES

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Musique, une poésie de Micheline BOLAND

Publié le par christine brunet /aloys

 

Des bleus au coeur

 

MUSIQUE

 

 

Dans mes bagages, j'emporte quelques notes de musique,

Des airs d'accordéon et de violon,

Des accords de guitare et des refrains.

Je suis riche comme un rentier.

 

Moi, qui voyais la grisaille de novembre,

J'offre mes jambes et mes bras à une mélodie

Et voilà que le monde qui m'entoure est paré de couleurs.

Mon bonheur est plus neuf qu'un lever de soleil.

 

La musique est la parure des jours sans entrain,

Je l'entends et mon cœur danse et mon corps chante.

 

 

 

Micheline Boland

micheline-ecrit.blogspot.com

 Extrait du recueil en ligne "Printemps des Poètes 2014 -

Site "Moments d'écriture"

boland photo

Publié dans Poésie

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Le corisier, un texte déjanté signé... Nemo !

Publié le par christine brunet /aloys

Le corisier, un texte déjanté signé... Nemo !

L’histoire du corisier

C’est l’histoire d’un mec tout à fait quelconque, qui entre dans un magasin pour acheter un corisier à ailettes. Pas un cher, avec recouvrement cuir et liseré doré, non… un corisier tout ce qu’il y a de plus simple, avec le truc autour et les machins pour le faire fonctionner. Point.

Il va jusqu’au comptoir et voit un autre mec tout de noir vêtu avec une gueule jusque par terre et une cravate en soie de la même couleur… Pas de la même couleur que la gueule bien sur… de la même couleur que le costume. Donc noir. Et quand je dis qu’il a une gueule jusque par terre… c’est une image. Le gars n’est pas en poirier derrière le comptoir avec la gueule en bas. Non. Il se tient debout … normal, quoi ! Sauf qu’il est en noir et se fait chier.

J’en connais qui racontent la même histoire avec un mec habillé en bleu marine. Et c’est vrai que c’est plus simple. Car ça évite la confusion de ceux qui s’imaginent que le mec en noir a une gueule jusque par terre parce qu’il est en deuil, alors que non… pas du tout… il avait pris une cravate comme ça, le matin, sans faire attention.

De toute façon, ça n’a aucune espèce d’importance, dans la mesure où il aurait pu être déguisé en clown ou en Louis XIV, que cela ne changerait strictement rien à l’histoire.

Bon, je résume. Le mec (celui qui vient d’entrer) va jusqu’au comptoir et demande à l’autre (celui qui se fait chier) :

- Bonjour… j’aimerais acheter un corisier à ailettes.

Jusque-là, je crois que tout le monde a compris.

- C’est vague… lui rétorque le gars (du verbe « rétorquer ») … répondre… pour les non littéraires. Bon, je continue.

- C’est vague… lui répond le gars, (Il ne l’a pas répété une deuxième fois, c’est moi qui répète sa réponse, pour reprendre le fil de l’histoire). Quel genre de corisier voulez-vous ? Sur-pied, sur caisson, sur roulettes ? Il y a en a beaucoup !

- Le moins cher… reprend le premier (celui qui vient d’entrer). C’est pour la fête des mères.

- Dans ce cas, je vous conseille le modèle familial. Vous le posez n’importe où, vous tourner sur le petit bazar et hop il se met en marche. En plus, il consomme trois fois rien.

- Ca c’est ennuyeux, ajoute le premier (celui qui vient d’entrer). Celui qu’elle a actuellement ne consomme rien du tout. Ça fait quand même trois fois moins !

- Sans doute, répond le mec en noir. Mais le nouveau modèle, dont je vous parle, fait le double du travail.

- Mais Monsieur… pourquoi ma mère devrait-elle coriser deux fois ! Une fois suffit. C’est déjà bien fatiguant comme ça ! Surtout à son âge !

- Dans ce cas, je vous conseille le modèle standard. Il consomme moitié moins.

- Moitié moins que trois fois rien, ça fait encore une fois et demie ! Vous n’auriez pas un modèle qui consomme deux fois rien et fasse deux fois plus, ça ferait le compte ?

- Si. Le modèle intermédiaire. En plus il est garanti deux ans.

- Ah bon ? Ça a l’air pas mal… et que couvre cette garantie ?

- La possibilité, si vous rencontrez un pépin, de pouvoir racheter un modèle identique, au prix tarifaire.

- Vous ne remplacez pas le corisier défectueux par un autre ?

- Ce n’est pas le genre de la maison, Monsieur. Nous ne remplaçons que des articles neufs !

- Je vois… Ha ! Mais je vois aussi qu’il n’est indiqué aucun prix sur votre tarif ?

- C’est normal, chez nous le service est personnalisé, nous travaillons à la tête du client.

- C'est-à-dire…

- Si vous avez une bonne tête, c’est plus cher… car vous devenez du même coup un cher client !

- Logique ! Et si je vous la joue en mode merdeux ?

- Gratuit… mais permettez-moi de vous poser une petite question. Pourquoi ne pas acheter un burluton plutôt qu’un corisier ? C’est quand même plus pratique non ?

- Un burluton ? Tiens ! je n’y avais pas pensé… vous croyez que ma mère aimera ?

- Sûrement. D’autant plus qu’il n’y a pas de mode d’emploi, vu qu’il ne sert à rien.

- D’accord, va pour le Burluton !

- Je vous en mets une douzaine ?

- Ca fait beaucoup non ?

- Sans doute, mais par douze y’a une promo…

- Chouette ! Et c’est ?

- Un corisier gratuit.

Nemo... alias... alias ?

Publié dans Textes

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Sebastien Quagebeur se présente !

Publié le par christine brunet /aloys

Sebastien Quagebeur se présente !

Sébastien Quagebeur naît à Paris 9e, rue des martyrs en 1976 d’un père d'origine franco-belge et d’une mère d'origine polonaise et tchécoslovaque. Il grandira à la Cité Rose, une immense mosaïque culturelle et sociale rue Curial dans le 19e arrondissement. Il se passionne très tôt pour l’art et la musique. Après avoir repris des études de psychologie, il devient travailleur social dans plusieurs associations nationales : auprès d’enfants, de personnes sans domiciles fixes,de personnes en situation de handicaps psychiques, depersonnes âgées dépendantes. En 2013, il écrit un recueil depoèmes : La Douceur du Temps qui sera édité en Belgique par les éditions Chloé des Lys courant 2014. Il consacre l’année 2014 à la préparation de deux nouveaux recueils : Le livre du coeur et Fleur de corail, d’un essai poétique Entre l’infini et l’ineffable et de son premier roman Les portes de la beauté.

Extrait de "La douceur du temps" :

J’ai avant tout des poétiques à partager bien plus qu’une vision : l’immensité du ciel. Sentir la force du monde qui nous protège de sa couche terrestre... Nous sentir comme des passagers heureux. En entrant dans le mystère de la vie que la bibliothèque renferme en secret dans ses livres si sagement classés dans leurs écrins de bois, les lettres nous projettent comme de la lave sur l'asphalte, comme de l’écume sur la tour Eiffel. En écoutant chanter les mots, je me souviens alors que l’art qui interpelle est invisible, imprévisible. Il se devine. Il se trouve dans l’instant. Si vous trouvez ce « Il » retenez-le en vous. Votre « Je » plus ce « Il » devrait « Nous » permettre de continuer d’écrire quelque chose qui mérite d’être lu. Il n’y a pas de petites lettres pour petites gens. Il n’y a que des grandes lettres pour ceux qui les aiment. Il n’y a pas de grandes lettres pour personnes cultivées... Que des petites lettres pour ceux qui les admirent tout bonnement. Ce n’est pas une question de goûts mais de caractères.

Publié dans présentations

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Boire les ombres, un poème de Camille Delnoy

Publié le par christine brunet /aloys

Boire les ombres

siennes

aux douze circonférences de l’horloge

comme prisonnier

d’une éternité circulaire

j’avance la main.

Mais qu’est-ce qu’une main

pour l’ombre ?

Main affamée

par temps de son absence

tourne pareille

que tournent les aiguilles

d’une étrange folie solitaire.

Et déjà cette autrefois

qui germe entre les doigts

d’une douce infection

pour la mémoire.

Je lampe et suce les contours

me nourris de moments brûlés

à la moelle même des vestiges.

A l’heure où d’absence

tout s’écroule

la main – toujours la même –

se dessèche telle

silhouette suspendue

à une fissure d’espoir.

Camille Delnoy

Extrait de "Traversée de la main en solitaire"

Esquisses de ratures Camille K. Delnoy

Esquisses de ratures Camille K. Delnoy

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Limaginaria a lu "Nid de vipères" de Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

Limaginaria a lu "Nid de vipères" de Christine Brunet

Nid de Vipères, de Christine Brunet (one shot, éditions Chloé des Lys)

http://limaginaria.wordpress.com/2014/04/28/nid-de-viperes-de-christine-brunet/

Aloys Seigner est une jeune femme brillante, ambitieuse, et très forte. Lorsqu’elle est mutée au 36 Quai des Orfèvres, elle est loin de se douter de ce qui l’attend. Entre des meurtres sans suspect, un homme surgit de nul part aux desseins des plus mystérieux, et ses problèmes personnels, la jeune femme aura fort à faire.
Et si en plus ses jours sont comptés… cela ne change finalement rien à la donne.

Nid de vipères est le premier thriller de Christine Brunet. Présenté comme tel, l’ouvrage lorgne parfois du côté du fantastique grâce à des éléments scientifiques. C’est la raison pour laquelle j’en parle ici.


De ma lecture, je retiens le rythme rapide, orchestré par des chapitres courts et toujours riches en rebondissements. L’auteur a glissé beaucoup d’action dans son titre, lui donnant ainsi une épaisseur allant crescendo. Ce qui est sûr, c’est qu’avec Nid de vipères, on ne s’ennuie pas. Le roman est si dynamique qu’il m’a complètement happée, emportée avec lui jusqu’à la dernière ligne qui m’a soufflée, si je puis dire.


Je retiens également les personnages. Si ceux-ci ne sont pas tous attachants, ils ont au moins le mérite d’être forts et variés. Je n’ai pas aimé Nils, trop versatile, je ne savais pas non plus sur quel pied danser avec lui. Pour cette raison je ne pouvais pas en vouloir à Aloys de ne pas savoir non plus que faire à son sujet. Après tout en tant que lectrice, j’en savais plus qu’elle sur la personnalité de l’agent, mais même ainsi je n’ai pas su me faire une opinion positive, le jugeant fourbe et peu fiable. Aloys, en revanche, m’a totalement scotchée. C’est une héroïne féminine explosive, l’une de celles que l’on n’oublie pas. Si son caractère est parfois un peu poussé à l’extrême, et que le destin est incroyablement arrangeant avec elle, j’ai apprécié avoir affaire à une femme flic de cette trempe.

Je crois que Christine Brunet a mis beaucoup de coeur dans ce personnage et cela est communicatif. Bref, je crois que j’ai apprécié Aloys autant que j’ai détesté Nils. Je ne suis pourtant pas du genre féministe, mais cette héroïne poignante m’a convaincue, émue du début à la fin. Quand je ne la comprenais pas, elle avait toujours une bonne raison. Quand je la trouvais trop sèche ou trop dure, elle avait aussi une raison.


Néanmoins, je retiens aussi quelques écueils qui ont à mon sens un peu moins fonctionné. Mais cela reste personnel. Comme je l’ai dit plus haut le destin est souvent très arrangeant avec les protagonistes. Ces derniers sont aussi parfois très conciliants. J’ai trouvé ça "gros" qu’Aloys puisse trouver un inconnu caché dans son bateau et l’accueillir sans poser de question, le ramener chez elle, enfreindre la loi pour de faux papiers et même lui donner 1000 euros. Toujours sans poser de questions (ou presque, mais même cela m’a semblé un peu trop gros étant donné qu’à la toute base les personnages sont des inconnus l’un pour l’autre).


L’aspect fantastique du livre reste en surface. L’auteur m’a présenté l’ouvrage comme un thriller fantastique, mais j’ai surtout vu l’aspect thriller et moins le côté fantastique. Chacun est libre d’interpréter à sa guise les différents phénomènes racontés dans le roman et les trouveras plus ou moins fantastiques.


Pour ma part, j’ai apprécié l’idée (pourtant peu nouvelle) d’expérience scientifique hasardeuse. Et j’ai bien aimé son imbrication dans le scénario global. Toutefois la chose aurait peut-être mérité d’être un peu plus poussée pour véritablement prendre le parti d’aller dans le domaine fantastique. Peut-être que l’auteur a justement craint de s’éloigner trop du thriller au profit d’un énième ouvrage fantastique dans lequel on nous raconte une enquête ?


Autre détail qui m’a plu et que je tiens à souligner car c’est assez rare : le fait que l’histoire se déroule pour une bonne partie en France. Certes nous visitons aussi quelques villes étrangères mais le plus gros de l’intrigue se passe en France, à Paris. Rares sont les auteurs de thriller à faire ce choix, préférant généralement les pays anglo-saxons, et cela me fait toujours plaisir de voir que de bonnes histoires peuvent aussi se passer dans l’hexagone.


Nid de vipères est un ouvrage complexe où la plume rythmée de l’auteur se mêle à la profondeur émouvante d’une enquête que vous n’oublierez pas de si tôt.

Pour qui : Les lecteurs fans d’aventures profondes, complexes, et qui n’aiment pas s’ennuyer !

Les + : Une écriture fluide, rapide, centrée sur l’action et qui vous transporte dès la première ligne. Des personnages aux psychologies très différentes et crédibles. Une enquête complexe dont le scénario est très carré, très pro. Une connaissance de la police française exemplaire. Une histoire dont une grande partie se passe en France.

Les – : Le destin parfois trop arrangeant, certaines actions des personnages qui ne sont pas toujours très réalistes, et, petit fait comique, les personnages (surtout Aloys) passent un nombre incalculable de fois sous la douche. Je ne sais pas si c’est parce que l’auteur nous le dit ou si c’est parce qu’elle en prend au moins 2 par jour que cela m’a sauté aux yeux mais… Ce n’est pas très écolo toutes ces douches !

Infos pratiques
Broc
hé: 407 pages
Editeur : Editions Chloé des Lys (28 avril 2011)
Langue : Français
ISBN-10: 2874595314
ISBN-13: 978-2874595318

LIMAGINARIA http://limaginaria.wordpress.com/

LIMAGINARIA http://limaginaria.wordpress.com/

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Christine Brunet a lu "Un mois" de Laurent Dumortier

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "Un mois" de Laurent Dumortier

Vite lu... Une minute pour un mois d'existence. Le carnet est sur la table. Impossible de le résumer. Juste y aller au ressenti immédiat... un peu comme le "je" du livre qui est seulement dans l'instant de sa pensée.

Amusant ? Pas vraiment, mais le concept est surprenant, étonnant, même. Un thriller en quelques centaines de mots.

Curieux...

Manipulation ?

Folie ?

Expérimentation ?

Où est le "Je" de ce journal mental ?

La couverture nous propose une autre réponse... Mais ne serait-ce pas un autre mirage pour tromper le lecteur ?

Ultra petit format pour un mois d'une vie... un mois de questions, un mois de doutes... un mois pour mettre entre parenthèses un être pensant mais quelques lignes seulement pour l'oblitérer de toute identité et de tout avenir même si une lueur d'espoir suinte au bout des mots.

"Un mois"... un texte qui aurait pu se résumer au seul "JE".

Intrigués ? Lisez !

Site de l'auteur : gsl.skynetblogs.be

Christine BRUNET

www.christine-brunet.com

Christine Brunet a lu "Un mois" de Laurent Dumortier

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