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Christine Brunet a lu "La douceur du temps", un recueil poétique de Sébastien Quagébeur

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "La douceur du temps", un recueil poétique de Sébastien Quagébeur

Je ne chronique jamais de poésie. J'en ai trop lu durant ma scolarité, trop décortiqué pour m'adonner à cet exercice. C'est pas que je n'aime pas ce genre littéraire mais je crois que la poésie est une forme d'écriture à part qui n'est là que pour provoquer chez le lecteur une émotion. Jeux de sonorités, jeux de rimes ou discordances, le ressenti ne peut qu'être personnel. Je reste persuadée que deux lecteurs ne vivront pas la même approche, la même sensation pour un même poème.

Donc, je ne vous dirai rien du texte, des poèmes de Sébastien Quagébeur. Si vous aimez la poésie, il faudra lire, tout simplement !

Mais je ne peux m'empêcher de vous livrer la quatrième de couverture : peut-être cela vous permettra-t-il de sauter le pas...

" Mouvement perpétuel, la temporalité est une rêverie. J'ai voulu graver dans la roche volcanique poétique des instants sémiologiques. Des signes indiquant de suivre la route pour découvrir des mots baignés dans l'eau de rose qui dégagent un balancement proche d'un mouvement maternel. La poésie fait partie du patrimoine immatériel de l'humanité. Elle prend forme écrite devant nos yeux, mais nul ne trouve le nid du phœnix Poésia. Accorder du temps au temps, rêver son temps, rêver sa vie, voilà ce qu'est la douceur du temps. Dans une époque où temps et productivité sont signes du déclin de l'humain, la poésie replace l'homme face à son propre temps : l'existence. Nous pouvons tous acheter une montre mais nul ne peut acheter du temps. La richesse de l'homme c'est de prendre son temps pour vivre et être acteur de son époque, pas un héros ni un homme de pouvoir, mais un homme de parole. le poète lui laisse des voyages de langage qui continueront à vivre à jamais devant nos yeux."

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans Poésie

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Un rêve étrange, 2e partie, une nouvelle de Philippe Wolfenberg

Publié le par christine brunet /aloys

Un rêve étrange, 2e partie, une nouvelle de Philippe Wolfenberg

Un rêve étrange

Deuxième partie

Vers minuit, alors que je viens à peine de me coucher, je crois entendre un claquement au niveau des volets. Je tends l’oreille. Un son identique au premier me convainc que je n’ai pas rêvé. Je me lève et, sans allumer le plafonnier, ouvre la fenêtre. Dans la clarté opalescente de la lune, je perçois distinctement Nina dans l’allée bordée de rosiers en fleurs. Dès qu’elle me voit, elle jette les cailloux qu’elle tenait dans son poing serré.

  • Viens, s’il te plaît !

Je m’habille rapidement et m’exécute.

  • Que se passe-t-il ?

Elle m’observe quelques secondes, d’un air malicieux, avant de me répondre.

  • Je n’ai pas envie de dormir… On pourrait aller se balader… Non ?

Et, sans même attendre mon approbation, elle prend ma main et m’entraîne à sa suite. Nous atteignons rapidement la plage déserte d’une petite crique. Elle enlève ses chaussures et entre dans l’eau jusqu’à en avoir sous les genoux. Je ne tarde pas à l’imiter et, serrés l’un contre l’autre, nous marchons jusqu’à un vieux ponton de bois qui, habituellement, sert de plongeoir aux baigneurs. Elle se rend compte que je la dévore des yeux. Délaissant son attitude de gamine délurée, elle se fait douce comme une caresse quand elle pose sa joue contre ma joue et sa bouche sur ma bouche.

  • Ti amo[1], Phil !
  • Je t’aime aussi, mon ange…

L’odeur de sa peau est plus enivrante que celle, miellée, des genêts environnants que le soleil brûlant de l’après-midi a exacerbée. Je goûte pleinement ces minutes d’éternité et me promets de m’en souvenir quoi qu’il arrive.

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Une chanson de la fin des années cinquante, « Love in Portofino », passe à la radio. La voix de Johnny Dorelli est brutalement interrompue par la sonnerie du téléphone.

  • Phil ? Enzo est en face de chez moi… Il a sa tête des mauvais jours… Je crains le pire…
  • Ne sors surtout pas ! Je suis là dans dix minutes…

Je gare ma voiture dans l’allée qui jouxte la maison de Nina. Enzo m’a vu et se dirige vers moi, l’air furieux.

  • Que viens-tu faire ici ?
  • Simplement te demander de ne plus importuner Nina… Votre histoire est finie !
  • Qu’en sais-tu ?

Je n’ai pas le temps de répondre. Nina descend l’escalier de l’entrée et, sans doute rassurée par ma présence, se plante devant son ancien petit ami.

  • Basta[2] ! Arrête de me harceler, Enzo ! Tu n’as pas su saisir ta chance, en son temps… Tant pis pour toi ! Maintenant, je suis avec Phil… Capito[3] ?
  • Si tu ne veux plus être à moi, tu ne seras à personne d’autre !

La rage déforme les traits de mon rival malheureux. Il sort un couteau et essaie de saisir le bras de Nina. Je m’interpose avant qu’une violente douleur me traverse le corps. Je porte la main à mon ventre et, incrédule, regarde le sang couler entre mes doigts.

  • Phil ! Non !

Le cri désespéré de Nina m’accompagne jusqu’au plus profond des ténèbres qui ont remplacé l’éclatante lumière du jour.

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J’ouvre lentement les paupières et regarde autour de moi. Je suis dans un lit, au milieu d’une chambre d’hôpital et des tuyaux relient mon corps à des machines. J’ai beaucoup de difficultés à mettre de l’ordre dans mes idées. Puis, la vision d’une lame étincelante. Je soulève le drap mais ne découvre ni pansement ni cicatrice.

Sans que je sache pourquoi, une mélodie résonne dans ma tête : « Erase/Rewind[4] » du groupe The Cardigans. Cette rengaine sans fin m’empêche de réfléchir jusqu’à ce que, tout à coup, le silence se fasse, révélant tout ce qui était caché : j’ai voulu me donner la mort. Je ne supportais plus le vide que rien ne peut combler, le manque d’envies, cette passion gâchée, il y a treize ans, avec celle que, depuis, je n’ai pas su remplacer.

Je me sens las, épuisé par les efforts fournis pour me souvenir et je sombre dans le sommeil.

l

J’ai enfin reçu la permission de sortir avec, en prime, les coordonnées d’un psychologue. J’en aurai, peut-être, effectivement besoin car, si je suis conscient d’avoir imaginé mon aventure italienne, je reste persuadé que Nina existe et qu’elle m’attend quelque part.

Je ferme la porte derrière moi. Un long couloir, une volée de marches, un autre couloir tout aussi long que le premier, puis j’arrive enfin à la réception. Distraitement, je jette un coup d’œil dans le parc, à travers la grande fenêtre par laquelle le soleil entre pour inonder le hall de ses rayons généreux, et sens les battements de mon cœur s’accélérer. A la moitié du chemin qui mène vers la grille ouvrant sur la rue, j’aperçois une jeune femme aux cheveux de jais. Je sors comme un fou, dévale l’escalier et l’interpelle : « Nina ? »

Nina, car je ne me suis pas trompé, se retourne. La tristesse qui flottait dans son regard s’estompe peu à peu pour faire place à l’étonnement. Un sourire magnifique illumine son visage lorsqu’elle se blottit dans mes bras. Après m’avoir contemplé longuement, elle m’embrasse avec la fougue des filles du Sud.

  • Amore mio[5] ! Ainsi, tu es réel…

Nous allons nous asseoir sur un banc. Il faut que nous discutions pour tenter de comprendre. Tandis qu’elle me parle, d’une voix douce de petite fille, je la regarde. Mon âme sœur d’autrefois était très belle ; Nina l’est tout autant. Et la vie le redevient.

  • Peux-tu expliquer ce qui s’est passé, Phil ?
  • Oui ! Mais sans aucune certitude d’être dans le vrai… Tant ça paraît incroyable…
  • Dis toujours…
  • Suite à l’accident de voiture dont tu as été victime et à ma tentative de suicide, il semblerait que nous soyons tombés, brièvement, dans le coma presque au même moment… Le fait que nous occupions deux chambres contigües a permis à nos esprits d’entrer en communication et de créer une romance conjointe…
  • C’est plausible… A défaut d’être rationnel…

Elle reste silencieuse, quelques secondes, avant de poursuivre.

  • Mais tu sais, je n’aurais pas supporté de vivre sans toi…
  • Ni moi sans toi…
  • Non lasciarmi mai più sola !
  • Je suis désolé mais on n’est plus dans notre rêve… Et je ne parle pas ta langue, mon ange…

Elle rit doucement.

  • Ce n’est pas grave, je te l’apprendrai. Je disais donc : « Ne me laisse plus jamais seule ! »
  • Je t’en fais la promesse…

Le taxi qu’elle avait appelé vient d’arriver. C’est ensemble que nous y montons…

Philippe Wolfenberg

Cette nouvelle a été écrite en hommage au livre “Nina” de “Frédéric Lenoir & Simonetta Greggio”

[1] Je t’aime !

[2] Ca suffit !

[3] Compris ?

[4] Effacer/Rembobiner.

[5] Mon amour !

Publié dans Nouvelle

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Un rêve étrange, une nouvelle en deux parties signée Philippe Wolfenberg

Publié le par christine brunet /aloys

Un rêve étrange, une nouvelle en deux parties signée Philippe Wolfenberg

(Une nouvelle écrite en hommage au livre “Nina” de “Frédéric Lenoir & Simonetta Greggio”)

Lorsque je me réveille, au petit matin, je comprends immédiatement que cette journée sera différente des autres. Il règne, dans l’air venu du large, un parfum d’optimisme que je n’ai plus respiré depuis longtemps.

J’ouvre les volets à claire-voie : le bleu du ciel se mélange à celui de la mer et le soleil caresse la cime des pins.

Je sors sur le balcon et, paresseusement installé dans un transat, je passe la baie en revue avant de m’arrêter sur le palazzo aux murs safran et contrevents émeraude.

l

Au moment d’aborder les premières échoppes du marché qui se tient sur la plus grande place de la ville, je m’aperçois que je suis en avance. C’est, en effet, dans un peu moins d’une demi-heure que je dois rencontrer Rosario, le chef du restaurant dont je suis propriétaire, à parts égales avec un ami, et où je m’investis afin d’oublier la vacuité de mon existence.

J’ai beau essayer de me souvenir pourquoi je suis malheureux depuis tant d’années, si plein de nostalgie et d’insatisfaction mais rien n’y fait : l’oubli est total ! Comme si mon esprit, guidé par l’instinct de survie, se protégeait d’un passé trop douloureux. L’inquiétude engendrée par cette amnésie sélective semble, aujourd’hui, n’avoir aucune prise sur moi. L’influence bienfaisante du vent d’euphorie que j’ai ressentie plus tôt dans la matinée est toujours bien présente.

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Rosario et moi favorisons les producteurs locaux et ne choisissons que les meilleures denrées. La renommée et la fréquentation de l’établissement prouvent que cette conception est en adéquation avec notre clientèle.

Ce soir, ainsi que les soirs précédents, salle et terrasse affichent complet. Entre deux ou trois salutations à des habitués et les compliments de circonstance à leurs épouses, je m’octroie un instant de quiétude, appuyé à la rambarde, à contempler le soleil s’abîmant dans les flots au milieu des nuances subtiles d’or et de sang.

Soudain, une intuition m’oblige à tourner la tête. Relativement proche de l’endroit où je me trouve, une jeune femme sirote un espresso. Ses beaux yeux marron – qui changent de couleur aléatoirement jusqu’à devenir verts – me fixent avec impudence. Elle a le teint légèrement hâlé, des cheveux mi-longs et bouclés de la couleur d’un corbeau et des courbes enjôleuses admirablement mises en valeur par sa robe moulante.

Le sourire engageant qui se dessine sur ses lèvres pulpeuses et m’est, sans nul doute, destiné achève de me convaincre d’entamer la conversation.

  • Buonasera[1]… Le dîner vous a plu ?
  • Mi è piaciuto molto ! Grazie[2]
  • Puis-je vous offrir un digestif ?
  • Avec plaisir… Si vous acceptez de me tenir compagnie…
  • Guido ! Apporte-nous deux verres de limoncello, s’il te plaît…
  • Comment avez-vous deviné qu’il s’agit de ma liqueur préférée ?
  • Le hasard…
  • Il n’y a pas de hasard… Par exemple, ma présence ici… Je suis journaliste et j’ai entrepris de rédiger un guide répertoriant les tables les plus emblématiques de notre belle région…
  • Ce n’est donc pas pour moi ? Vous m’en voyez extrêmement déçu…
  • Bien sûr que si ! J’aimerais que vous me racontiez l’histoire de ces lieux, la vôtre et celle des gens qui travaillent avec vous… Des anecdotes sur les clients, aussi… Vous voulez bien ?
  • J’accepte ! Puisque ça me permettra de vous revoir…
  • Grazie mille ! Ciao[3] !
  • Ciao !

Alors qu’elle s’apprête à monter dans sa voiture, elle se ravise, revient sur ses pas et me fait un signe de la main.

  • A propos, je m’appelle Nina… A domani[4] !

l

Le lendemain, assis sur un banc juché au sommet de rochers surplombant la Méditerranée et protégé du soleil par le feuillage d’un bosquet de caroubiers, j’ai la sensation d’être un adolescent qui vit son premier rendez-vous amoureux. Evidemment, je ne suis pas dupe : il ne s’agit que d’une banale interview ! Cependant, j’ai envie de me laisser guider par cette légèreté à laquelle, il y a peu encore, je ne croyais plus.

Un bruit de pas, de plus en plus proche, puis la voici qui débouche entre des buissons de laurier-rose.

Elle porte un chemisier échancré et noué sous la poitrine ainsi qu’un short en jeans déchiré et une paire d’espadrilles.

  • Buongiorno[5] ! Je suis contente de vous revoir…Et pas seulement pour le travail…

Le regard qu’elle me lance, en disant cela, est tendre et amusé à la fois. Se pourrait-il que…

  • Je le suis tout autant, Nina…

Elle remarque la glacière à mes côtés.

  • Vous avez pensé au casse-croûte ? C’est bien !
  • Pain, pâté de poisson et une bouteille de Campanaro dont vous me direz des nouvelles…
  • Vivement midi !

De son sac, elle sort un enregistreur numérique, un calepin et un stylo à bille.

  • Prêt ? Andiamo[6] !

Il est passé treize heures quand nous nous rendons compte que nous sommes affamés. Après le repas, mon exquise compagne range son matériel, se lève et s’approche du bord de la falaise. Elle s’étire délicatement – de la même manière que le fait un chat, au lever – tandis que le vent ébouriffe sa magnifique chevelure noire. Je la rejoins et nous parlons de nous ; de notre enfance, de notre jeunesse, de l’âge adulte qui nous a privés de nos espérances. Aussi surprenant que cela paraisse, pour des inconnus, nous nous comprenons sans rien devoir expliquer. (...)

Philippe Wolfenberg

notes :

[1] Bonsoir…

[2] C’était très bien ! Merci…

[3] Merci beaucoup ! Salut !

[4] A demain !

[5] Bonjour !

[6] Allons-y !

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Christine Brunet a lu "Au coeur des Camélias" d'Anne-Marie Jarret-Musso

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "Au coeur des Camélias" d'Anne-Marie Jarret-Musso

J’ai lu « Au cœur des Camélias » d’Anne-Marie Jarret-Musso

Voilà un livre que je voulais lire depuis longtemps, en fait depuis que j’ai interviewé Anne-Marie pour Actu-TV. Ou même avant peut-être, à la lecture de son premier recueil « le bonheur est dans le conte » qui m’avait emballé par la spontanéité de l’écriture, sa fraîcheur et l’univers proposé.

En fait, je ne savais pas Anne-Marie originaire de Marseille (ville qu’elle n’habite plus)… et je ne l’ai compris vraiment qu’au moment où elle m’a dit bonjour… Quel accent ! un voyage à chaque phrase !

Et voilà qu’elle me parle de son dernier bouquin, et me tend l’exemplaire test… un tout petit opus de 61 pages et un titre mystérieux avec un « surtitre » qui me parle soudain « Souvenirs d’une fille des quartiers nord de Marseille ».

Les quartiers nord… Un coin à éviter aujourd’hui… mais avant ???

Marseille, je vous l’ai dit, je connais, j’ai passé toutes mes vacances à Endoume. Je ne sais pas vraiment ce que je vais trouver entre ces pages… Elle me l’a dit, m’a décrit sa démarche mais Marseille, c’est de l’affectif, du souvenir, c’est mon enfance…

J’ouvre le livre, en attente de quelque chose mais de quoi ?

Un prologue… Et dire que je déteste les prologues ! D’ailleurs, je les zappe… Je vais pour sauter le recto-verso lorsque mon regard accroche une phrase au bas de la première page : « Selon moi, nos souvenirs sont comme des bulles de savon qui naissent d’un souffle dans un bubulateur ». Je poursuis, intriguée, amusée, soudain prête à remonter le temps…

Marseille je connais, je vous l’ai dit ; les quartiers nord, je connais beaucoup moins. Mais je me laisse porter par une écriture imagée, chantante, qui fleure bon ma Provence. J’oublie quelques minutes les phrases de l’auteur pour retourner à mes souvenirs : j’entends à nouveau des mots un peu oubliés, des expressions perdues, je compare, je m’attarde, je voyage aux côtés de Mary, élève rêveuse. Je croise Gédéon, j’écoute les bazarettes sur le trottoir, je revis les heures si gourmandes du réveillon de Noël (que je m’efforce de faire revivre chaque année), je m’arrête pour écouter Nine et Marius…

Alors, mon avis ? Voilà un voyage dans le temps qui vous entraînera bien plus loin que vous pourriez l’imaginer, au cœur même de vos souvenirs, de votre enfance… Au gré des mots, tendez l’oreille, humez-les… Vous sentez le soleil jouer sur votre peau ? Vous entendez les accents chantants des voisins ? Vous sentez la friture ? L’odeur âcre des sardines grillées ou doucereuse des chichis frégis ?

Laissez-vous porter et rêvez… au passé !

Christine Brunet

http://www.christine-brunet.com

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Extrait du roman "La vie en jeux" de Janna Rehault

Publié le par christine brunet /aloys

Extrait du roman "La vie en jeux" de Janna Rehault

Chapitre : La rivale virtuelle

(…) Mes vieilles craintes se sont réalisées : j’ai eu une rivale. Je l’ai compris le jour où Max m’a informé solennellement qu’il avait enfin rencontré la femme de ses rêves. Certes, ce n’était pas la première fois que je l’entendais parler de ses petites copines virtuelles. Mais cette fois-ci, d’après lui tout était « différent ». Il avait enfin réussi à trouver et à programmer son idéal féminin.

Et moi dans tout cela ? Depuis quatre ans qu’on se connaît, je cherche sans cesse à attirer son attention d’homme... aucune réaction. Je vais bientôt finir par me sentir comme un être asexué à ses yeux. J’aurais beau faire un strip-tease devant lui, je ne serai jamais que sa « meilleure amie ». (…) A dire vrai, je ne sais même pas comment je dois le prendre : je ne peux pas en être jalouse quand même ? Rien n'est plus stupide que de jalouser une femme virtuelle.

(…)

Je me suis mise à fouiller dans les programmes personnels de Max. (…) Sans trop de peine, j’ai trouvé le fichier qui m’intéressait. Il contenait plusieurs dossiers : « Informations générales », « Physique », « Caractère », « Ressources vocales » et ainsi de suite. Je clique sur « Physique ». Quelques dizaines de mes photos en 3D apparaissent sur l’écran. De face, de profil, de dos, en pied, dans un angle, dans un autre, etc. Etape suivante : « Caractère ». Bien qu'il m’arrive de manquer d’objectivité dans mon auto-estime, je me suis reconnue dans le caractère programmé. Plus la peine de continuer l’enquête, tout était clair comme le jour : ma rivale était ma copie conforme.

Hum, ce serait drôle si ce n’était pas si triste… Et moi, j'étais quoi dans cette histoire ? Un matériel de base pour version numérique de la femme idéale ? Avant je voyais Max comme une espèce de Pygmalion. On pouvait reprocher à Pygmalion d’être un pervers incapable d’aimer d’autres choses que sa propre création, mais il y avait dans sa puissance créatrice quelque chose de sublime, de surhumain. Max on ne pouvait même pas se dire créateur, il m'avait seulement plagiée. C'était un pervers, c’est tout. (…)

Donc, les conclusions suivantes s’imposent. Primo : je dois être bien à son goût. Secundo : soit Max n’ose pas avoir de relations avec moi, soit il préfère ma version de synthèse. A supposer que la deuxième hypothèse soit juste, cela veut dire que Max est tout simplement incapable d’aimer une femme réelle. (…) Peut-être est-ce toujours cette peur de perdre alors ? Moi je peux bien le perdre, mais pas lui, il aura toujours avec lui mon duplicata. J’aurais beau partir à l’autre bout du monde, vivre avec un autre mec, devenir alcoolique ou nymphomane, peu importe. Il lui restera toujours mon autre… enfermée dans son ordinateur quoi qu’il arrive. La femme qui ne le quittera jamais et ne le trompera pas une seule fois. Copie fidèle doublée de copine fidèle.

Je me demande ce qu’en aurait dit Freud. Il a eu de la chance finalement, à son époque de tels cas n’existaient pas encore. Il se serait définitivement perdu dans ses théories et aurait muni la psychanalyse, déjà bien tarabiscotée, de notions supplémentaires du genre : « le moi et la copie du moi », « le sur-virtuel-sur-moi », « le ça virtuel », « complexe de réalité », « fixation au stade virtuel », « virtuel clivage du moi » et ainsi de suite.

Janna Rehault

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JOURNAL D'UN TROU DE SERRURE, un texte de Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

JOURNAL D'UN TROU DE SERRURE

Clic clac ! La porte s'ouvre sur une pièce un peu sombre… Chouette, je vais avoir un nouveau compagnon ! Qui est-il ? Pourquoi est-il là ?

Et puis, quelle drôle d'idée d'arriver un mardi ! Notez que la plupart des séjours commencent un mardi… Et je ne sais pas pourquoi ! Moi qui suis ici depuis plus de cinquante ans, je ne le sais toujours pas !

Mon nouveau voisin s'installe rapidement sur son lit, ouvre le gros sac et range ses affaires dans la garde-robe. Un rapide coup d'œil par la fenêtre : il fait gris et moche.

"Mon séjour commence bien !", sont ses premiers mots depuis qu'il est entré.

Mercredi, il s'est levé tôt, a rapidement fait sa toilette et s'est fait servir son petit-déjeuner au lit. Le serveur n'a pas voulu entrer et il a dû se lever pour prendre son plateau. Café fumant, tranches de pain mie, beurre et confiture plus un yaourt, comme il l'avait demandé !

Jeudi, on vient d'apporter son ordinateur et une imprimante. Le voilà assis à sa table pour des heures entières. Il l'a décidé, ses repas lui seront servis ici même. Pas de temps à perdre. Matin, midi et soir, toujours le même rituel : On frappe à la porte, on ouvre et on lui tend son plateau en reprenant celui du repas précédent. Il écrit sans s'occuper de rien d'autres, il écrit encore et encore.

Aujourd'hui vendredi, je l'ai entendu refuser de rencontrer un homme qui venait le voir "Dites-lui que je lui fais confiance et qu'on se verra lundi", a-t-il déclaré. Et il a continué à écrire. Une rame entière de papier, des centaines de pages, avec quelques dessins mais surtout des mots, des phrases et encore des phrases.

Et moi, je suis obligé de subir le cliquetis infernal de ce clavier de malheur qu'il utilise comme un fou !

Il en a des choses à dire, ce n'est pas possible. C'est le premier client que je vois agir ainsi en cinquante ans de bons et loyaux services. Il est près de minuit quand il s'arrête. Enfin, je vais pouvoir dormir !

Samedi et dimanche, deux jours de congé pour toutes et tous. Sauf pour lui et le personnel de service.

Il écrit, mange, écrit encore, imprime des pages et des pages…

Vingt heures dimanche, il s'arrête, quitte son ordinateur et relit tout. Il y passera la nuit et moi avec… Cette satanée lumière m'empêche de fermer l'œil. Heureusement je sais que dès lundi, il partira comme les autres et que mardi, un nouveau client le remplacera…

Enfin, vers cinq heures du matin, il tourne la dernière page. Il y écrit quelques mots à la main et semble satisfait.

C'est vers sept heures qu'on l'a réveillé et qu'on m'a réveillé aussi. Le directeur est venu en personne pour le saluer et les membres du personnel qui l'avaient côtoyé durant la semaine l'ont accompagné jusque dans la cour.

La guillotine attendait.

Louis Delville

louis-quenpensez-vous.blogspot.com

JOURNAL D'UN TROU DE SERRURE, un texte de Louis DelvilleJOURNAL D'UN TROU DE SERRURE, un texte de Louis Delville

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Vingt ans de rancune, un texte signé Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

Vingt ans de rancune, un texte signé Micheline Boland

VINGT ANS DE RANCUNE

Voilà une heure que Raymond avait été mis au courant : ce que son médecin traitant pensait être de l'arthrose n'était pas de l'arthrose.

Voilà une heure qu'il ressassait : dans quelle voie allait-il s'engager ? La voie ordinaire qui le conduirait vers la médecine traditionnelle ou la voie combien plus sinueuse des acupuncteurs, chiropraticiens, homéopathes, rebouteux ?

Voilà près d'une heure qu'il lançait des regards courroucés vers le portrait de sa mère. Pourquoi, mais pourquoi avait-elle toujours tenté de le protéger des difficultés de la vie, de le mettre à l'abri des mauvais coups ? Maintenant, il devait faire face au pire… Il ne pouvait s'y soustraire comme il se dérobait jadis à la mauvaise humeur de son père en allant se réfugier dans les jupes maternelles.

Raymond se trouvait face à la baie vitrée, il regardait le jardin, son jardin. La douleur réveillée par le rangement de la cave était toujours perceptible. Il mit sa main en poche et ses doigts rencontrèrent la petite boîte métallique qui ne le quittait jamais. Fichu baume du tigre qui souvent le soulageait de son mal de dos récurrent ! Fichu remède de bonne femme !

Voilà une heure qu'il savait et qu'il tournait en rond avec ses pensées.

Quand il avait quitté la clinique, il avait rapidement rejoint sa voiture et il avait roulé comme un fou. Il lui avait semblé que lorsqu'il se trouverait seul chez lui, dans un cadre familier, le verdict lui serait plus acceptable. Il n'en était rien. Il regarda le ciel et distingua quelques nuages aux formes irrégulières. Il revit ses radios. Il réentendit la voix du médecin, une belle voix grave qui doit plaire aux femmes, qui doit pouvoir consoler. Cette voix-là n'avait-elle pas charmé sa fille, Laurence, vingt ans plus tôt quand elle avait entamé ses études de dentisterie ? Une vieille histoire. Quatre mois d'idylle entre Laurence et Maxime. Une rupture brutale dont Maxime avait rendu Raymond responsable. Avec le temps, était probablement venu l'oubli. Il y a deux mois, Raymond était allé consulter Maxime, rhumatologue réputé, qui n'avait même pas semblé le reconnaître. Tout au plus avait-il sourcillé quand il avait prononcé son nom…

Raymond revoit les yeux bleus du médecin : comment peut-on avoir de si beaux yeux et être aussi cruel à l'égard de ses patients ? Il pense à Robert Redford. Il l'imagine parfaitement dans le rôle du Docteur Masquelier. Le même type d'hommes. Son cœur bat la chamade. Il sent une boule monter dans sa gorge.

Voilà deux heures qu'il savait. Il s'était allongé sur le sofa. Il respirait lentement, un truc que lui avait donné sa fille et qu'elle conseillait d'ailleurs à ses patients. Il reprenait pouvoir sur lui-même en reprenant pouvoir sur sa respiration. Il essayait de visualiser l'alignement des bâtiments du collège où il avait travaillé. Pour trouver le sommeil, il passait en revue la succession des locaux comme d'autres comptent les moutons.

Les deux mots revenaient toujours à son esprit : "Petite tumeur". Il se leva, alla tirer les rideaux. Il se recoucha. S'absorber dans le sommeil, rêver, fuir l'ici et maintenant. Pour cela, il avait une stratégie : faire comme si… Oh, cela il avait appris à le faire tellement bien, depuis tellement longtemps !

Alors, il fit comme s'il ne savait pas. Il alla dans la salle de bain et passa du baume du tigre sur la zone douloureuse. Aussitôt, une chaleur bienfaisante irradia. C'était aussi simple que cela. Recourir à ce remède. Plus, plus souvent, avec plus d'application.

Voilà près de trois heures que Raymond savait. Il avait allumé le téléviseur et regardait le paysage qui défilait sur l'écran. Il s'attendait à ce que le travelling fasse place à un gros plan sur une plante ou un animal mais le cameraman prenait soin de balayer les montagnes à l'horizon et la plaine sans jamais s'attarder sur aucun détail. Le commentaire était d'un lent… Il repensa à sa tumeur et il zappa. Ce qu'il avait pu reprocher à son petit-fils de zapper à longueur d'après-midi. Ce qu'il avait horreur de cela. Zapping-fuite, zapping-rêverie, zapping-oubli. Il diminua le son et posa la main sur ses yeux. Sa main était froide. La peur, l'angoisse, l'inquiétude, la solitude. En avoir plein le dos. Marre de son veuvage, de son jardin, de son ennui. Plus personne à qui confier ses impressions. On ne passe pas toute une fin de vie, de partie de bridge en partie de bridge, comme un enfant passe ses récréations de partie de billes en partie de billes.

Voilà un peu plus de trois heures qu'il savait et il en venait à la conclusion que son mal n'était que mal-être, que problème psychologique qui se résout en changeant de mode de vie. Aussi simple que cela ? Combien d'histoires de tumeurs résorbées spontanément sa femme ne lui avait-elle pas citées ? Combien de guérisons inexpliquées par la science ?

Voilà près de quatre heures qu'il savait, qu'il aurait voulu ne pas savoir, qu'il aurait voulu pouvoir faire comme si tout était normal. Seul, le contact de la petite boîte métallique lui était désagréable. Son dos ne le faisait plus souffrir. Un miracle de plus à l'actif du baume du tigre ? S'il n'avait plus mal, c'est que ce n'était pas bien grave. D'ailleurs, il n'avait rien remarqué de spécial sur les clichés que le docteur avait commentés… Il avait dit "oui", mais il n'avait pas même pas remarqué la soi-disant ombre. Il avait pensé que l'émotion avait perturbé son sens visuel et maintenant il en doutait, il se rassurait, il avait trop chaud. Sa peur s'était comme estompée.

Voilà cinq heures que Raymond avait cru savoir. Maintenant, il savait. La secrétaire du Docteur Masquelier venait de lui téléphoner pour l'avertir que, par erreur, son dossier avait été interverti avec celui d'un autre patient. Le docteur était vraiment désolé…

Micheline Boland

(Extrait du livre "Des bleus au cœur")

micheline-ecrit.blogspot.com

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Philippe Desterbecq nous propose une nouvelle intitulée "La femme de monsieur Lequin"

Publié le par christine brunet /aloys

Philippe Desterbecq nous propose une nouvelle intitulée "La femme de monsieur Lequin"

La femme de Monsieur Leguin.

Monsieur Leguin n’avait jamais eu de chance avec ses femmes. En effet, il les perdait toutes de la même manière. Un beau jour, sa nouvelle épouse quittait la ferme et la campagne dans lesquelles il l’avait emmenée, afin de se rendre en ville. Et là-bas, le démon de l’argent facilement gagné, du luxe, des tissus précieux, de l’or, la lui enlevait définitivement.

Il avait beau la supplier, lui promettre tout ce qu’elle désirait, sa femme était perdue à jamais. Le pauvre homme en avait le cœur meurtri.

Cette fois, monsieur Leguin décida d’en épouser une dernière, plus jeune que les autres, plus pure, plus innocente.

Il avait entendu parler de la petite-fille de Madeleine Rousseau, la « rebouteuse », recueillie par celle-ci alors qu’elle sortait du couvent. Celle-là devait être pure, innocente, blanche comme une oie. Elle avait renoncé, parait-il, au noviciat, car elle ne se trouvait pas digne d’épouser le Christ. Peut-être serait-elle digne de marier un fermier, plus trop jeune certes, mais encore vaillant et au cœur gros comme une église.

Il alla donc rôder du côté de la vieille Rousseau. Il aperçut la jeune fille qui cueillait des simples, au petit matin, non loin de chez sa grand-mère. Dès qu’il la vit, monsieur Leguin tomba éperdument amoureux.

Il prétexta un mal de dos pour se rendre chez Madeleine, et, c’est ainsi qu’il rencontra la jeune Eléonore.

Un peu plus tard, c’est une entorse à un pied qui l’emmena chez la rebouteuse. Et d’affections imaginaires en affections imaginaires, il se rendit de plus en plus souvent chez Madeleine.

Trois mois plus tard, Eléonore accepta de l’épouser.

Comme les parents de monsieur Leguin étaient décédés quelques semaines avant le mariage, le brave homme décida de reprendre leur ferme située dans un hameau perdu d’où la jolie Eléonore ne pourrait fuir. Aucun moyen de transport ne pourrait l’emmener à la ville.

Tout se passa pour le mieux pendant quelques mois jusqu’au jour où le pauvre homme s’aperçut que sa femme maigrissait et s’étiolait.

Il l’interrogea donc :

  • Qu’as-tu, ma pauvre petite ?
  • Je m’ennuie, Jérémie.
  • Tu t’ennuies ici ? Avec tout le travail qu’on a ?
  • Jour après jour, nous réalisons les mêmes tâches…
  • Mais que veux-tu faire d’autre ?
  • Je rêve de cinéma, de théâtre, de grands restaurants, de robes de soirée, de tout ce que je n’ai pas connu chez les sœurs du couvent. Jérémie, … je voudrais aller vivre en ville.
  • Mais ma parole, vous êtes toutes les mêmes !

Et il lui raconta l’histoire de ses autres femmes, toutes perdues dans le luxe et la luxure, dans la prostitution et la drogue.

  • Je ne suis pas comme ça, insista la jeune femme. J’irai en ville mais je résisterai à tout ça.
  • Pas question, tonna monsieur Seguin, et, dorénavant, tu resteras ici pendant que j’irai seul aux champs !

Ce qui fut dit fut fait. Dès le lendemain, monsieur Leguin bloqua les fenêtres avec des pointes d’acier et ferma toutes les portes à double tour, laissant sa femme seule dans le bâtiment bouclé.

Le pauvre homme avait juste oublié le vasistas du grenier. Fine comme une libellule, Eléonore put atteindre le toit par cette ouverture. Et, de toit en toit, la fuyarde arriva à sauter sur le sol. Elle marcha longtemps, la courageuse, avant d’atteindre la route qui reliait le village à la ville si tentante.

Un automobiliste voyant l’âme en peine sur le bord du chemin l’emmena dans sa belle Mercédès jusqu’à la ville la plus proche. Ah ! On peut dire que ça la changeait du tracteur de son mari, la belle fermière !

Le conducteur, la voyant perdue à l’entrée de la cité, lui proposa une visite guidée, un repas au restaurant et une soirée à l’opéra. Sans méfiance, l’oie blanche suivi le bellâtre.

Ce fut la fête toute la journée et une partie de la nuit. Le repas fut succulent, la robe qu’il lui acheta pour la soirée, soyeuse, au décolleté à faire damner un saint, était simplement merveilleuse. La nouvelle coupe de cheveux que l’homme lui avait proposé d’adopter lui allait à ravir, le léger maquillage qu’une esthéticienne lui avait appliqué sur le visage pour la première fois faisait ressortir ses yeux si lumineux. Bref, Cendrillon était transformée en princesse.

Mais, lorsque dans sa chambre d’hôtel que le bellâtre avait réservée, celui-ci lui proposa un petit joint afin de mieux profiter de la nuit, elle prit peur et voulut fuir. Cependant, la porte était bien fermée, la clef disparue dans la poche de l’homme, et là, point de fenêtre donnant sur les toits mais un vide vertigineux. Et, quand l’ignoble individu la jeta sur le lit avec brutalité, Eléonore pensa à son doux mari et à ses gestes tendres. Elle regretta un peu sa fuite et commença à se défendre, à le repousser, à le griffer. Mais, quand elle songea à la vieille ferme, au travail qui lui abimait les mains, elle laissa l’homme lui faire ce dont jamais elle n’aurait osé imaginer.

Le lendemain soir, elle se trouvait sur le trottoir, arpentant la rue d’un air affolé.

Quelques minutes plus tard, elle montait avec son premier client.

Philippe Desterbecq

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Présentation de la nouvelle pièce de théâtre de Bruno Charrier "Germain et ses pantins"

Publié le par christine brunet /aloys

Présentation de la nouvelle pièce de théâtre de Bruno Charrier "Germain et ses pantins"

Extrait :

Rien que de la chair / Rien que des squelettes / Qui marchent au pas / Qui s’enfoncent / Des télés / Dans le ventre

Disait le poète

Disait

Et moi / Qui me fais branche / D’arbre / Dans la mort / D’une rivière

Pas de couleurs / Pas de nénuphars / Pas de lumières / Pas d’illusions / Pas de mensonges / Pas d’horizon

Rien qu’une plate / Et morne solitude jouée par / Ne me demande pas par qui

Je ne suis pas Dieu

Alors, à quoi sert ? Que veut dire ta vie ? Que veut dire leur vie ? Que veut dire notre vie ? Quoi sert à quoi ?

Résumé :

Germain est un être raté, écorché vif, désespéré, un être à la dérive. Transformant en pantins les personnes clés de sa vie, il s'invente une existence qu’il voudrait « meilleure » mais qu’il dessine malgré lui sur fond de violence, de rupture, d'alcool, de cauchemar... L'auteur décrit avec talent les états d'âme de son personnage en pleine déchéance et le fait évoluer de façon originale. A travers cette vision bien noire et bien pessimiste de la vie, il nous fait réfléchir et nous interpelle. Il sait nous transporter dans cet univers terrible où les personnages semblent prisonniers de leurs névroses et de leur misérable existence. Les dialogues traduisent avec talent ce mal-être et cette violence enfouie en chacun d'eux. Le texte est en tout cas très bien écrit avec quelques passages remarquables, spécialement dans les longs monologues, en général très réussis.Un texte exigeant, original. »

Bio :

      Auteur, comédien, metteur en scène, Bruno Charrier vit actuellement à Antoing en Belgique. En 2003, il reçoit le prix d'encouragement à l'écriture de la DMDTS pour sa pièce « Reportage ». En 2010, il crée, avec sa compagne Sophie Barbieux, la compagnie Bohême en Gouaille avec laquelle il monte notamment le spectacle de masques « Quenouille de Fouchtre ! »… mais pour en savoir plus, il vous propose de faire un petit tour sur le site de la compagnie : www.bohemeengouaille.sitew.com
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Dans l'Inédit... Béatrice Bertieaux

Publié le par christine brunet /aloys

Dans l'Inédit... Béatrice Bertieaux
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