Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le fils du peintre, deuxième partie... une nouvelle de Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

Le fils du peintre, deuxième partie... une nouvelle de Louis Delville

Gaston S. était un peintre renommé mais j'avoue n'avoir pas fait la relation entre cet homme au nom connu dans les milieux artistiques et celui dont j'allais devoir m'occuper pendant près de soixante jours.

Qu'avait-il donc de si singulier ce Gérard ? Un ado un peu déboussolé, m'avait dit sa mère. Déboussolé, qui ne l'a pas été à cet âge ?

Dès mon arrivée, vers dix-sept heures, j'ai tout de suite remarqué le nom bizarre de la villa : 'La nuit'… J'ai sonné et une domestique âgée m'a fait entrer dans un petit salon. Une grande porte-fenêtre ouverte donnait directement sur la plage. À quelques pas, il y avait un jeune garçon qui semblait dormir sous un parasol, couché en maillot, à même le sable. Madame S. est arrivée et après les présentations d'usage, elle m'a désigné le parasol en disant : "C'est Gérard ! Essayons de ne pas le réveiller !"

Elle a fermé la porte et a commencé à me raconter la vie de Gérard, un enfant qu'ils avaient adopté à trois ans et que son père n'avait jamais trop apprécié. Un gosse difficile, mal dans sa peau, ayant de grosses lacunes scolaires et en plus mal élevé, selon lui. La mère semblait un peu plus le défendre. Elle jugeait que Gérard avait juste une santé un peu fragile, était vraiment taiseux et avait eu de mauvais professeurs dans les trois ou quatre lycées qu'il avait fréquentés.

Soudain, elle se figea, me désigna la plage du doigt. Gérard se levait. Il plia le parasol et revint lentement vers la maison. Je l'entendis monter l'escalier. Sa mère resta muette quelques secondes avant de l'appeler : "Gérard, descends. Ton précepteur est là !"

Il rentra dans le petit salon en maillot de bain. "Bonjour Monsieur", me dit-il, en restant à trois mètres de moi.

- Ah non, Gérard, pas de Monsieur entre nous ! Je pourrais être ton frère aîné et je m'appelle Arthur.

- Comme Rimbaud, un bien joli prénom…

Et il quitta le salon !

"Puis-je, moi aussi, vous appeler Arthur ? ", demanda-t-elle. Ce que je me suis empressé d'accepter. Elle sonna un domestique qui vint me conduire à ma chambre qui était voisine de celle de Gérard. En passant devant sa porte restée ouverte, j'ai remarqué les deux lits qui occupaient presque toute la pièce.

C'est lors du repas du soir, à dix-neuf heures trente précises, m'avait-on annoncé, que j'ai fait la connaissance de Gaston, le père. Dès son entrée, toute la famille s'est levée pour réciter le bénédicité. La cuisinière avait déposé tous les plats sur un grand guéridon, Gaston prit la soupière et servit chacun sans dire un mot. Le potage à peine terminé, il débarrassa la table de la vaisselle sale et amena le rôti de veau, les carottes vichy et le plat de pommes de terre. Chacun lui tendait son assiette et recevait sa ration. La corbeille de fruits du dessert se retrouva au milieu de la table et là, chacun put choisir, rapidement, sa pomme préférée. Il est vrai que seules des pommes composaient cette corbeille !

Puis, tout le monde a suivi Gaston jusqu'au petit salon où j'avais été reçu. Il me posa quelques questions sur mes études et quitta la pièce pour ne plus apparaître avant le lendemain. Quel homme bizarre, ce Gaston S., tout le contraire de ses œuvres, si colorées, si joyeuses…

Gérard me proposa de venir dans sa chambre. "Pour parler", précisa-t-il à sa mère qui avait levé des yeux inquiets.

Nous sommes montés et il m'a invité à m'asseoir sur un des deux lits.

"Tu te rends compte, Arthur. Il est comme ça tous les jours. On n'a pas le droit de laisser quoi que ce soit sur son assiette ni d'en demander un peu plus. Mon père considère que le repas est un moment privilégié de silence et veut tout régenter. Si tu savais les punitions que j'ai endurées durant ma jeunesse ! Privé de nourriture si j'arrivais en retard au repas. Il m'a battu plus souvent qu'à mon tour."

Comme je m'étonnais du peu de réaction de sa mère, il continua : "Oh, elle ! Elle a peur de lui et elle se tait. Depuis que je suis arrivé dans cette famille, elle ne souffle mot. Et non contente de tenir sa langue, elle acquiesce du regard. Il faut voir comme elle lui sourit lorsqu'il lui sert sa pitance. Et, en plus, la bouffe est immonde. Tu as goûté ?"

Certes le repas ne me laissait pas un souvenir impérissable mais j'avais appris à me contenter de peu durant mes études.

Nous avons continué à discuter tard dans la soirée et quand je lui ai dit que j'étais fatigué par mon voyage et que j'allais me coucher, Gérard a insisté pour que je reste avec lui et que je dorme dans l'autre lit : "Dis Arthur, tu acceptes ?"

Cette proposition tombait bien. Moi qui dors fenêtre ouverte, j'avais peur de ne pas supporter le bruit de la mer toute proche et puis, comment refuser cette demande d'un enfant triste et désemparé ? Je suis retourné dans ma chambre pour y faire une rapide toilette et revenu en pyjama chez Gérard, dont la chambre donnait sur le jardin.

La nuit fut calme. Depuis la mort de Sophie, c'était la première fois que je dormais d'une traite. L'air marin devait en être la cause. À mon réveil, Gérard était déjà levé.

- Il est plus de huit heures. Il fait beau, allez, on y va ?

- Où veux-tu aller ?

Il m'expliqua que tous les matins, le petit-déjeuner à la maison était invariablement fixé à sept heures quarante-cinq et terminé à huit heures. Très souvent, il le ratait. Alors, il partait à pied au village, s'attablait au seul bistrot du coin commandant un café et des croissants. Il avait trouvé ce subterfuge pour s'échapper dès qu'il le pouvait. Je l'ai même soupçonné de se lever en retard exprès.

Après le repas de midi, servi dans les mêmes conditions que celui de la veille au soir, Gaston m'a invité à le rejoindre dans son atelier.

Je l'ai suivi jusque dans le saint des saints avec prudence. L'espace était occupé par des dizaines de toiles plus ou moins terminées. Il s'est assis au fond dans un fauteuil d'osier et m'a désigné une chaise. Je m'y suis assis.

- Arthur, mon très cher, je voudrais vous mettre en garde contre Gérard. Je le connais, il est vicieux, ce gamin.

- Monsieur, j'avoue ne pas comprendre… Nous avons longuement parlé et seule votre très grande sévérité semble lui poser problème.

- Détrompez-vous, je suis sévère, comme il dit, depuis qu'il est en âge de comprendre. À dix ans déjà, il m'a menacé de déposer plainte parce que je l'avais puni pour un mauvais résultat scolaire et depuis, il ne fait plus rien de bon à l'école. En plus, il me vole avec la complicité de sa mère à qui je ne dis rien pour ne pas lui déplaire. La pauvre ! Elle rêvait d'un fils modèle. Ce n'est qu'une petite crapule.

- Gérard me semble plutôt intelligent pourtant. Hier soir, il m'a raconté plein de choses intéressantes à propos de la région…

- Cette nuit, voulez-vous dire ?

- Certes, cette nuit, comme vous dites. Croyez-moi si vous voulez, il ne s'est rien passé entre Gérard et moi. Nous avons dormi comme des frères…

- Méfiez-vous Arthur, méfiez-vous !

Il se leva et me désigna la porte. Je suis sorti un peu étonné de son discours et surtout de son manque de réaction après ma décision d'occuper la chambre de son fils.

Gérard m'attendait pour aller à la plage. Il était en maillot, il avait pris le parasol et une immense serviette de bain. Il ne m'a pas fallu plus de deux minutes pour remonter à la chambre, me mettre aussi en maillot et partir en le suivant. Il choisit l'endroit avec soin, tournant autour du parasol qu'il avait planté, il étendit la serviette et m'invita à me coucher à ses côtés.

Bien à l'abri des rayons du chaud soleil de juillet, nous étions étendus.

- Mon père t'a parlé, n'est-ce pas ?

- Oui, il m'a dit que tes résultats scolaires n'étaient pas à la hauteur de ses ambitions.

- Ses ambitions ! Parlons-en de ses ambitions, depuis près de quatre ans, il ne fait plus rien de bon, Gaston S., il se contente de vivre sur sa réputation, de fourguer ses vieilles toiles à des galeries d'art à la mode et puis rien, plus rien, moins que rien !

À y penser, c'est vrai que cela faisait longtemps que j'avais lu ou entendu quelque chose de nouveau au sujet de la carrière de son père. Une éclipse de quatre ans, cela restait inexplicable pour un peintre de talent qui avait tout pour devenir célèbre et adulé.

- Viens te baigner. La mer est bonne depuis plusieurs jours, elle est aussi chaude que la Méditerranée.

À ce moment-là, je surpris dans son regard la même lueur que celle qui emplissait les yeux de Sophie quand nous étions seuls dans ma petite chambre. Sophie… Elle me semblait si loin, son souvenir s'estompait doucement.

Je l'ai rejoint dans les vagues de la marée montante et nous avons barboté dans l'eau tiède avant de revenir sur la plage pour nous sécher au soleil.

- Tu ne sembles pas heureux ici, ai-je risqué…

- Tu sais, Arthur, tu commences à comprendre mon calvaire. Mon père veut que je fasse des études scientifiques, que je devienne ingénieur ou médecin. Faire de telles études était son plus cher désir quand il était jeune. La guerre l'en a empêché. Alors, il veut que je prenne le relais. Moi, je n'aime que la littérature. Il a été jusqu'à me priver de lecture quand j'étais gamin. Je me souviens avoir lu les livres de Jules Verne, à la lueur d'une lampe de poche, soigneusement caché sous mes couvertures. Je le hais, ce père qui n'en a que le nom. Il a brisé tous mes rêves de gosse. Tu as vu le nom de la villa ?

- Oui, 'La nuit'…

- Tu sais qu'avant, elle s'appelait 'Arthur Rimbaud' ? Qu'il l'a débaptisée ? Qu'il a fait refaire une nouvelle plaque avec ce nom sinistre ? Et qu'il a jeté l'ancienne dans le feu ouvert du salon où nous avons assisté à sa mort ? J'en ai pleuré pendant des nuits…

- J'avoue que je comprends mieux ton ressentiment mais il y a quand même tes nombreuses écoles ?

- Parlons-en des nombreuses écoles, ils m'ont changé d'établissement chaque fois que j'avais un professeur intéressant. La dernière fois, ils sont venus à une réunion de parents et rien qu'en voyant le prof de français, ils ont jugé qu'il était incompétent ! Sans un mot, sans écouter personne, ni lui, ni moi, mon père a décrété que les cours ne me convenaient pas… Pourtant, on en apprenait des choses avec ce prof et on devait bosser ! Et comme d'habitude, ma mère n'a rien dit.

Vers dix-huit heures, nous sommes revenus vers la maison. Sa mère qui nous observait, fit un signe de la main auquel Gérard répondit avec un triste sourire que je ne lui connaissais pas encore.(...)

Louis Delville

Extrait de "petites et grandes histoires", Ed. Chloé des Lys

louis-quenpensez-vous.blogspot.com

Publié dans Nouvelle

Partager cet article
Repost0

Le fils du peintre... Une nouvelle en 3 partie de Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

Le fils du peintre... Une nouvelle en 3 partie de Louis Delville

LE FILS DU PEINTRE

"Cherche étudiant en mathématiques pour s'occuper d'un garçon de 15 ans pendant les deux mois de vacances à Cancale. Écrire au bureau du journal, qui transmettra…"

Tout de suite, cette petite annonce a attiré mon attention. Cancale a été le lieu de ma rencontre avec Sophie, celle qui allait m'offrir les plus grandes joies mais aussi être la cause de mon plus grand malheur.

Sophie était entrée dans ma vie et très vite, je n'étais plus arrivé à m'en passer. Sa beauté parfaite, ses longs cheveux blonds, ses grands yeux bleus me faisaient penser à une photo de David Hamilton. Hélas, un peu plus de trois mois après notre rencontre, elle se faisait renverser par un automobiliste ivre. Son décès me laissait inconsolable après cent jours d'un bonheur parfait. Cent jours, ni plus ni moins…

Motivé, je l'étais peu à peu redevenu après cette épreuve. Je me suis remis à mes études abandonnées pendant plus d'un an. Ma liaison avec Sophie n'avait pas été admise par mes parents qui m'avaient coupé les vivres. Il me fallait donc gagner ma vie. Des petits boulots de merde qui se suivaient et finissaient par m'épuiser.

Jeune, je l'étais encore puisque Sophie et moi avions à peine dix-huit ans lors de notre rencontre. Les deux mois de vacances que m'octroyait la fac de sciences allaient me permettre de me reposer et cette petite annonce tombait à pic.

Au téléphone, Madame S. me parla longuement de son fils et de ses problèmes de comportement. Elle me confia qu'il n'était pas son fils naturel et qu'elle avait remarqué qu'il restait de longs moments enfermé dans son monde, comme imperméable aux autres. Ils passaient l'été à Cancale, près de Saint-Malo et elle désirait que je m'occupe des activités de Gérard et que j'essaie de lui inculquer quelques rudiments de mathématiques. L'affaire fut conclue pour une somme rondelette qui me permettrait d'effectuer mon stage de troisième année dans des conditions que je jugeais plus que satisfaisantes.

En deux jours, j'avais fait ma valise, arrêté la location de ma chambre à la cité universitaire et c'est le cœur léger que j'ai pris le train vers le petit port de pêche.

En fait, la famille S. occupait une immense villa séparée de la plage par une route étroite. Le rêve pour un artiste, me dis-je en arrivant. La suite allait me donner raison…

Suite demain !

(Extrait de "Petites et grandes histoires")

Louis Delville

louis-quenpensez-vous.blogspot.com

Publié dans Nouvelle

Partager cet article
Repost0

Andante de Marie-Charlotte Declève dans le Bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

Andante de Marie-Charlotte Declève dans le Bibliothécaire
Andante de Marie-Charlotte Declève dans le Bibliothécaire

ANDANTE/
Marie-Charlotte DECLÈVE.-
Barry (Belgique) : Chloé des Lys, 2014.- 149 p. ; 21 cm.-
Isbn : 978-2-87459-786-2.- 20,70 €.-


L’auteure :
Née le 14 avril 1953 à Neuilly-s-Seine (France), Marie-Charlotte Declève vit à Louvain-la-Neuve en Belgique où elle travaille à l’Université catholique de Louvain, pour l’Institut IACCHOS (Institut d’analyse du changement dans l’histoire et les sociétés contemporaines). Elle est chargée de l’aide à la publication d’ouvrages scientifiques dans le domaine des sciences humaines. Ses activités favorites sont la lecture, la marche et l’écriture. Andante est son premier ouvrage.


Le livre :
Avant de se connaître, Anna, Estéban, Carl, Bruno et Maria, traversent des événements très douloureux. Le hasard les fait se rencontrer dans un petit village en bord d’océan. C’est par
l’intermédiaire d’Anna qu’ils se trouvent finalement reliés les uns aux autres et qu’ils découvrent que les drames ne débouchent pas nécessairement sur une impasse, mais qu’ils peuvent
donner un sens nouveau à la vie. La nature, l’océan, la marche et la musique participent pleinement à cette renaissance. Andante raconte finalement la rencontre de plusieurs résiliences.

Pour en savoir plus :
www.marie-charlottedecleve.sitew.fr

Publié dans avis de blogs

Partager cet article
Repost0

Sur le balcon, un poème de Patrick Beaucamps

Publié le par christine brunet /aloys

Sur le balcon, un poème de Patrick Beaucamps

Sur le balcon

Debout sur le balcon, j’observe le va-et-vient.

Un cri de femme me parvient du parking.

Je baisse les yeux et les vois tous les deux

qui se querellent autour de la voiture.

Elle hurle en serrant les poings alors

qu'il s’éloigne en levant les bras au ciel.

Je tends l’oreille et perçois une histoire de clés

qu’il a si bien rangées et qu’elle ne retrouve pas.

Elle claque toutes les portières plusieurs fois

tandis qu’il jette brutalement son sac à terre.

Malgré leurs gestes, on peut voir de l’amour

sur leurs visages. Ils passeront au-dessus de ça !

S’ils sont bons, et tolérants. Attentifs l’un à l’autre.

S’ils continuent à s’aimer sans limites.

Je souris et regarde ma femme et mon fils

qui lisent tranquillement sur le lit.

Sur le trottoir passent des pelles et des seaux.

Les maillots filent vers la plage et les poussettes

attendent sagement leurs cornets de glace.

Une mouette survole ce tableau en silence.

Patrick Beaucamps

Sur le balcon, un poème de Patrick Beaucamps
Sur le balcon, un poème de Patrick Beaucamps
Sur le balcon, un poème de Patrick Beaucamps
Sur le balcon, un poème de Patrick Beaucamps

Publié dans Poésie

Partager cet article
Repost0

Quand le diable s'emmêle, 3° partie ! Un conte signé Didier Fond

Publié le par christine brunet /aloys

Quand le diable s'emmêle, 3° partie ! Un conte signé Didier Fond

« QUAND LE DIABLE S’EMMÊLE… » 3

CONTE QUI SENT LE SOUFRE

Troisième épisode

Ce genre de tractation n’était quand même pas très courant ; et le maire avait beau en remontrer aux poissons rouges question QI, en entendant cette exigence, il comprit à qui il avait affaire. Cela ne le troubla guère. Après tout, une âme en guise de salaire, cela ne portait guère à conséquence et ce n’était pas ruineux. On pouvait même trouver dans ce pacte un certain avantage, comme celui de pouvoir enfin se débarrasser de ses ennemis. Il ouvrait la bouche pour accepter lorsque sa fille, que nous nommerons Missia, ouvrit la porte et s’imposa dans la conversation. Elle avait tout entendu et possédait nettement plus de bon sens que son père. Aussi insista-t-elle pour qu’il prît la peine de réfléchir trois heures avant de donner sa réponse. Le Diable, qui ne doutait pas que ladite réponse serait positive, accepta courtoisement cette requête et s’en fut, promettant de revenir à l’expiration du délai.

« Il faut demander conseil à Saint Martin, qui habite de l’autre côté de la montagne », dit Missia.

« A quoi bon aller déranger le vieux ? protesta le Maire. Ce diable me parait tout à fait convenable et je suis sûr qu’il tiendra sa promesse. »

« N’en doutez pas. Maintenant, se contentera-t-il d’une seule âme ? Père, un pacte avec Satan se paye très cher et il y a toujours une clause cachée qu’il brandit au dernier moment. »

Le maire réfléchit un instant et trouva que, finalement, sa fille n’avait peut-être pas entièrement tort.

« Que faut-il faire ? Si nous refusons maintenant, il risque de se mettre en colère et de… »

« Enfermez-vous dans votre bureau, coupa Missia, et ne vous occupez de rien. »

Missia connaissait tous les raccourcis à travers la montagne. Alerte, vive, rapide, elle parvint sans difficulté au pâturage dans lequel Saint Martin continuait de courser ses moutons. Le Saint ne se fit pas prier pour écouter son récit. Et le délai de trois heures n’était pas terminé lorsqu’elle revint au village, porteuse d’un message qui laissa son père quelque peu surpris.

Cependant, le Diable batifolait au bord du torrent, s’amusait à jeter des pierres dans l’eau et faisait toutes sortes de gamineries devant un parterre de curieux afin de bien montrer son innocence et son côté primesautier. Lorsqu’il revint à la mairie, on l’accueillit les bras ouverts.

« C’est entendu, dit le maire. Mes conseillers sont d’accord : le pont devra être totalement fini avant la fin de la nuit, c'est-à-dire avant que le coq ne chante. Et tu pourras alors choisir l’âme qui te convient parmi les habitants du village. »

Le diable s’inclina, pensa « je ne prendrai certainement pas la tienne, tu es trop bête », et se mit au travail dès que la nuit fut tombée.

Les habitants du village n’étaient pas rassurés du tout et personne ne dormit pendant cette nuit-là. Non qu’ils eussent reconnu le malin dans cet aimable ingénieur étranger, mais le vacarme qui s’élevait des berges du torrent était proprement insoutenable. Bruit de marteaux, de sifflets, chants, rires, ricanements emplissaient l’air. Un vent violent s’était levé et balayait le village, faisant trembler les toitures et les volets soigneusement fermés.

Vous pensez bien que Satan n’allait pas risquer de se casser un ongle dans la construction d’un pont. Il avait fait appel à ses serviteurs, et les milliers de diablotins qu’il avait chargés de cette tâche mettaient tout leur cœur à l’ouvrage. Le pont était presque achevé et il faisait toujours nuit, l’aube étant encore lointaine.

L’équipe infernale était tellement occupée à travailler que personne ne fit attention à l’homme qui, après avoir traversé la montagne, s’approchait du chantier. Le tumulte était tel qu’il était impossible de distinguer le bruit de ses pas, pour une fois légers et assurés. L’homme paraissait très calme et très serein. Il fit halte à quelques mètres de l’ouvrage et contempla un instant les ouvriers au travail. « Je dois reconnaître qu’ils sont très efficaces, murmura-t-il pour lui-même. Mais quels chants odieux ! Et quelles voix atroces ! »

« Allons, allons, compagnons, cria soudain Messire Satan, triomphant. Il ne reste qu’une pierre à poser, la clef de voûte. Regardez : je vais l’encastrer moi-même et nous aurons respecté les termes du pacte. » Alors qu’il allait combler le vide en y insérant la pierre manquante, l’homme ouvrit son manteau, et déposa sur le sol un coq ; un mouvement de main suffit et le coq, battant des ailes, se mit à chanter de toutes ses forces.

Si vous aviez vu la fureur des diablotins ! Ils hurlaient de rage ! Et en un instant, ils regagnèrent en criant et en se battant les demeures infernales. Et Satan, debout sur le pont, vit tout à coup sur la rive son vieil ennemi qui lui adressait son plus charmant sourire. Le diable poussa à son tour un véritable rugissement et lança en l’air le marteau qu’il tenait à la main. L’outil démoniaque alla frapper la montagne et la traversa de part en part. Il parait que le trou est encore visible. Mais pour le contempler, encore faudrait-il savoir dans quelle contrée nous sommes et le conte ne le dit pas. Puis, comprenant qu’il avait perdu la partie, Lucifer donna un grand coup de pied rageur dans le sol et disparut.

Le conte est-il achevé ? On pourrait répondre oui. Mais Satan est quelqu’un de particulièrement entêté et vindicatif. Aussi rumina-t-il de longues années –voire siècles- sa vengeance. Et un jour, il décida de la mettre à exécution. Saint Martin était mort depuis longtemps et les hommes avaient pour la plupart décidé de ne plus croire en la sauvegarde des saints. L’époque était parfaitement choisie pour une réapparition infernale… Mais ceci est une autre histoire, que je vous raconterai un jour… Peut-être…

Didier FOND

fonddetiroir.hautetfort.com

Quand le diable s'emmêle, 3° partie ! Un conte signé Didier FondQuand le diable s'emmêle, 3° partie ! Un conte signé Didier Fond

Publié dans Nouvelle

Partager cet article
Repost0

Quand le diable s'emmêle, 2° partie, un conte signé Didier Fond

Publié le par christine brunet /aloys

Quand le diable s'emmêle, 2° partie, un conte signé Didier Fond

« QUAND LE DIABLE S’EMMÊLE… » 2

CONTE QUI SENT LE SOUFRE

Deuxième épisode

Quel métier allait-il choisir ? Cultivateur, pensa-t-il. Je vais planter des graines empoisonnées dans le sol, elles germeront, donneront une jolie herbe verte et ses moutons débiles n’auront rien de plus pressé à faire que d’aller la manger et ils crèveront tous. Résumons : la terre, je l’ai, il me faut : une charrue, des bœufs et avant tout, une forge.

Aussitôt dit, aussitôt fait : le diable construisit sa forge en deux temps trois mouvements, fabriqua une charrue énorme, si forte, en acier trempé qu’elle pouvait même fendre en deux les rochers. Trouver les bœufs capables de tirer une telle charrue fut un jeu d’enfant, et dès potron-minet, Satan s’attela à sa tâche. Armé d’un aiguillon au cas où ses gros bœufs noirs décideraient de lanterner, il commença à creuser des sillons profonds comme des vallées.

Saint Martin, sur le moment, ne s’alarma point. Son voisin risquait d’être certes assez encombrant, mais après tout, s’il se contentait de jouer les laboureurs, ce ne pouvait qu’être bénéfique dans la mesure où la région méritait vraiment d’être débroussaillée. Puis, une sourde inquiétude l’envahit : qu’allait faire le diable de ces magnifiques sillons réguliers ? Qu’allait-il y semer ? Saint Martin se retira dans sa cabane et pria. Dieu l’entendit et lui envoya une vision atroce : des cadavres de moutons partout, le ventre gonflé, les pattes en l’air, la bave aux babines. « Juste ciel ! s’écria le bon Saint Martin. Cette abominable créature va empoisonner mes bêtes. »

Alors, d’un pas relativement assuré, il se dirigea vers les terres labourées, s’agenouilla devant elles et levant les bras au ciel, implora l’aide du Seigneur. Immédiatement, les bœufs, la forge et la charrue furent changés en blocs de pierre, au grand mécontentement de Satan qui traita Saint Martin « d’empêcheur de tourner en rond. »

« Va voir ailleurs si j’y suis, rétorqua le Saint. Désormais, ces terres sont sous la protection divine Tu n’as plus droit de cité ici. »

« D’accord, fit le Diable, très en colère. Je ne voulais que te faire de petites plaisanteries. Mais maintenant, ce ne sont plus tes moutons qui m’intéressent. A bon entendeur, salut ! » Et le diable se dirigea d’un pas décidé vers la montagne.

D’abord, Saint Martin fit « ouf ! ». Puis, la journée s’écoulant, il fut saisit d’une nouvelle inquiétude. Qu’allait encore manigancer cette engeance trop cuite ? Le diable n’allait-il pas se venger sur des innocents de l’échec qu’il venait de subir ? « Parle-moi, Seigneur ! » supplia-t-il en s’agenouillant et en regardant un mouton au fond des yeux. Hélas, le vecteur n’était point le bon et le mouton ne répondit pas.

Pendant ce temps, Messire Satan avait franchi la montagne et s’était dirigé vers un village bâti presque au fond d’une vallée étroite que surplombaient deux pics imposants. Un torrent aux eaux furieuses et violentes coulait au pied du village et il était très difficile de le franchir, bien qu’il fût étroit, à cause de ses flots tumultueux. Nombre de chèvres et de brebis y avaient laissé leur vie et le maire du village avait grande envie de faire bâtir un pont entre les deux rives. Le diable vit là l’occasion de prendre sa revanche. Reprenant son apparence de « jeune homme de bonne famille », il pénétra dans le village, entra dans la mairie et se présenta comme « Ingénieur des Futurs Ponts et Chaussées », nouvellement promu par la grâce administrative dans le district. Le maire désirait-il faire des travaux dans sa commune ?

Monsieur le Maire était un homme fort gentil et fort honnête, mais aussi bête que les moutons de Saint-Martin, ce qui n’était pas peu dire. Entendre de la bouche de ce garçon qu’il était capable de réaliser son vœu le plus cher le plongea dans un émerveillement sans pareil, dont le diable eut bien de la peine à le tirer afin d’avoir une réponse claire et nette.

« Le pont, dit enfin le maire, ayant retrouvé l’usage de la parole. Il nous faudrait un pont sur le torrent. »

« Un pont ? répéta l’Ingénieur diabolique. Pas de problème. C’est dans mes compétences, je vous le construis. »

Comme nous l’avons déjà dit, Monsieur le Maire était certes d’une magistrale niaiserie mais il lui arrivait d’avoir des éclairs d’intelligence. La foudre du bon sens l’illumina un instant.

« Attendez, attendez, dit-il alors que le diable commençait à tourner les talons pour se mettre au travail. Mais la tâche est rude, difficile, et vous êtes tout seul. Sans ouvriers pour vous aider, vous n’y arriverez pas, ou vous ferez n’importe quoi ou vous demanderez un prix exorbitant et nous sommes très pauvres dans ce village. »

Satan lui adressa son célèbre sourire doucereux numéro 5 : celui auquel personne ne résiste.

« Voyons, répliqua-t-il, vous avez parfaitement raison. Mais je vous jure que ce pont sera construit en une nuit et que le salaire demandé sera dérisoire. Croyez-moi, je suis sorti premier de Centrale, promotion… » et il avala la date parce que l’école n’existait pas encore.

« Oui, mais combien allez-vous demander ? » insista le maire.

Sa Majesté fourchue minauda :

« Pas grand-chose, vraiment. Je ne veux en échange que la possibilité de choisir une âme parmi les habitants de votre village. »

(A suivre)

Didier Fond

Quand le diable s'emmêle, 2° partie, un conte signé Didier FondQuand le diable s'emmêle, 2° partie, un conte signé Didier Fond

Publié dans Nouvelle

Partager cet article
Repost0

Quand le diable s'emmêle... Un conte de Didier Fond

Publié le par christine brunet /aloys

Quand le diable s'emmêle... Un conte de Didier Fond

« QUAND LE DIABLE S’EMMÊLE… » 1

CONTE QUI SENT LE SOUFRE

Premier épisode

C’était au temps où les saints fleurissaient sur la terre à l’instar des pâquerettes au printemps dans les champs. Maintenant, essayez toujours d’en trouver un, vous m’en direz des nouvelles.

Notre saint à nous s’appelait Martin. Oui, Saint Martin, celui qui partagea son manteau avec le pauvre à défaut de le lui donner en entier. Il venait de s’installer dans un coin de pays, un peu comme moi, d’ailleurs, sauf que lui ne se fit pas ermite mais décida de garder des moutons. Et le voilà devenu berger.

Mais les moutons étaient nombreux et complètement stupides ; dès que l’un commettait une sottise, les autres le suivaient allègrement et Saint Martin était obligé de leur courir après, de s’épuiser à les menacer, et il n’était plus tout jeune, il avait des rhumatismes permanents, un lumbago chronique et des cors aux pieds, petites altérations physiques qui l’empêchaient de se mouvoir avec toute la célérité qu’exigeait son métier. Aussi souhaita-t-il vivement qu’un jeune homme eût la bonne idée de venir l’aider.

Sa prière fut entendue. Un matin, un jeune étranger, fort bien fait de sa personne, traversa la prairie où paissaient les moutons et se dirigea vers la cabane où le berger soignait ses maux divers.

« Que veux-tu ? » demanda Saint-Martin, moins aimable qu’à son ordinaire parce qu’il était en train de racler un de ses cors et que ce n’était pas du tout agréable.

« J’aime les bêtes, les prairies, la campagne… commença le jeune homme mais un sec « oui, après ? » interrompit son exorde. « J’aimerais travailler avec vous », termina l’étranger, passant directement à la conclusion de son discours.

« Béni sois-tu ! » s’écria Saint Martin, et le jeune homme sursauta vivement en entendant cette formule somme toute banale dans une telle bouche, mais le berger était trop occupé à examiner ses pieds pour s’apercevoir de ce mouvement incongru. « J’attendais avec impatience que quelqu’un vienne m’aider dans ma tâche. Mes moutons sont gentils mais crétins et je n’ai plus l’âge de leur courir après. Tu seras mon pâtre et moi, je pourrai me consacrer à la fabrication des fromages de brebis, ce sera moins fatiguant. » Puis il s’agenouilla et remercia Dieu par une fervente prière, tandis que l’étranger, prétextant un besoin urgent à faire, quittait la cabane en courant.

Vous imagineriez-vous, par hasard, qu’il était parti ? Mais non. Il attendait tout simplement devant l’entrée que le Saint eût fini ses litanies. Et pour prouver sa bonne volonté, notre jeune homme prit le bâton du berger et s’en alla garder les moutons.

Saint Martin passa une très agréable journée à ne rien faire. Lorsque la nuit tomba et que les moutons furent rentrés au bercail, il servit un bon repas à son pâtre et lui désigna la couche où il dormirait pendant la nuit. Sans doute épuisé par son dur labeur, le jeune homme ne se fit pas prier, se coucha et s’endormit.

Au milieu de la nuit, Saint Martin se réveilla, la narine désagréablement chatouillée par une odeur assez particulière. D’abord, il crut qu’il y avait le feu dans la bergerie et se leva en hâte. Mais non. Nulle flamme à l’horizon, les moutons dormaient comme des bienheureux, pas de bêlement de terreur, rien que le silence. Saint Martin huma l’air une fois de plus : pas de doute, ça sentait le souffre, et l’odeur venait de la couche où reposait le jeune homme. « Bien, se dit Saint Martin, rassuré. Ce n’est pas un incendie, ce n’est que Satan qui est venu me tenir compagnie. Qu’est-ce qu’il veut encore, celui-là ? » Et pour en avoir le cœur net, après avoir allumé une bougie, il se pencha sur le faux étranger et le secoua sans ménagement. Réveillé en sursaut, le diable fit d’abord les gros yeux puis s’amadoua tout de suite lorsque la mémoire lui revint.

« Je sais qui tu es », dit Saint Martin.

« Tu as bien de la chance, rétorqua Satan. Avec tous les noms qu’on me donne, je ne sais absolument plus où j’en suis. »

« Que veux-tu dire ? » interrogea le Saint, hautain.

« Vous m’avez appelé tantôt berger, pâtre, inconnu, jeune homme, étranger. Ca fait beaucoup pour une seule personne. Comprenez mon problème. »

« Moi, je ne connais qu’un nom qui te désigne : Satan. Vrai ou faux ? »

Le Malin comprit qu’il était découvert et décida de ne pas ruser.

« Bon, admettons, dit-il. Mais si tu crois que je suis venu pour faire un méchoui de tes moutons, tu te trompes. En fait, je m’ennuie en Enfer, j’ai décidé de travailler sur la terre, voilà. »

« Voilà, répéta Saint Martin. L’intention est louable mais tu me feras quand même le plaisir de déguerpir à l’aube, parce qu’un pâtre de ton acabit, je n’en veux point. »

Le diable ricana moqueusement.

« Et qui va courir après tes horribles bestioles, idiotes au-delà de l’imaginable ? »

« Moi, fit Saint Martin pompeusement. Je le faisais avant ton arrivée, je le ferai après ton départ. »

Le diable gloussa et se dit que le spectacle serait sans doute fort amusant. Perspective agréable qui l’empêcha de narguer son ex-futur patron.

« Très bien, répliqua Satan. Puisque ça t’amuse de faire craquer tes os, je serais bien bête de continuer à t’aider. Je m’en irai demain matin. Puis-je maintenant me rendormir ? »

« Ne t’avise pas de me jouer un de tes tours, prévint Saint Martin. J’ai de quoi me garder de tes sournoiseries. Ni mes bêtes, ni ma cabane, ni mon âme ne sont pour toi. »

« Je me fiche de tes bêtes et encore davantage de ta cabane branlante et de ton âme racornie, dit Satan en baillant. J’ai sommeil, je veux dormir. »

Au matin, Satan prit son balluchon et partit. Mais cet échec l’avait mis de très mauvaise humeur. Aussi resta-t-il dans les environs d’abord pour essayer de trouver un moyen d’embêter Saint Martin et ensuite pour se réjouir des efforts de ce dernier à essayer de garder ses moutons récalcitrants. Ce fut au tour du diable de passer une fort bonne journée à se tordre de rire devant les courses-poursuites qui se déroulèrent devant ses yeux. Puis il se dit qu’il fallait penser aux choses sérieuses car il n’y avait pas que l’amusement dans la vie.

(A suivre)

Didier Fond

Quand le diable s'emmêle... Un conte de Didier Fond Quand le diable s'emmêle... Un conte de Didier Fond

Publié dans Nouvelle

Partager cet article
Repost0

Après Stéphane de Robert Fontaine dans le Bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

Après Stéphane de Robert Fontaine dans le Bibliothécaire
Après Stéphane de Robert Fontaine dans le Bibliothécaire

APRÈS STÉPHANE /
Robert FONTAINE.-
Barry : Chloé des Lys, 2014.- 279 p. ; 21 cm.-
Isbn : 978-2-87459-792-3.- 27.90 €.-


L’auteur :
Robert FONTAINE vit depuis plus de vingt ans à Besonrieux, dans l’entité de La Louvière, mais ses racines sont pour moitié à Ecaussinnes, magnifique village dans lequel vivait la famille de son père et où il est né. L’autre moitié, c’est l’Auvergne d’où sa mère était native et dont elle lui a si souvent parlé et avec tant d’amour qu’il est toujours ravi de retourner dans cette région verte et sauvage au cœur des volcans ; il avoue aussi être très fier des vingt-cinq pour cent du sang auvergnat qui circulent dans ses veines !
Sa carrière professionnelle est principalement consacrée aux chiffres puis, grâce au temps libre que lui a octroyé une prépension, il se dirige vers l’écriture qu’il a toujours aimée.

L’idée d’être publié ne l’avait jamais effleuré jusqu’au jour où « Chloé s

des Lys" accepte son premier manuscrit « La Chaumette » qui est publié en juillet 2011. Puis, l’éditeur récidive en acceptant « Après Stéphane » qui sort de presse en mars 2014.


L’ouvrage :
Quelques années se sont écoulées depuis la mort de Claire, décédée dans un accident de voiture.
Stéphane, son compagnon, en a réchappé mais fortement handicapé physiquement et psychologiquement.
Il s’accuse continuellement d’être le responsable de la mort de Claire alors que la police retrouva des impacts de balles sur l’épave de la voiture, ce qui prouve qu’il n’est en aucun cas responsable de l’ « accident ». Pascal Legrenzi, qui mena l’enquête et a été promu commissaire, est resté proche de la famille et rend de fréquentes visites à Stéphane qui vit toujours à « la Chaumette », sa villa face à la mer. Malgré ses efforts, Raphaël, le fils de Claire, ne parvient pas à faire le deuil de sa mère : un jour, il rassemble toutes les notes de sa mère et les articles d’Alain Brihac, ce journaliste qui avait enquêté sur les agissements du réseau mafieux dont Stéphane avait malencontreusement « dérangé » l’activité.

Il les étudie, en tire une synthèse puis en parle à Legrenzi qui, subtilement, lui fera comprendre qu’il avait subi des pressions visant à accélérer les conclusions de son enquête. Discrètement, il aidera Raphaël dans ses recherches qui le mèneront jusqu’en Italie où s’est retiré Paolo, le frère de Mario dont le corps avait été retrouvé sans vie dans les dunes. Un jour, un jeune juge reçoit un dossier à charge de l’ex-commissaire Pierre Chauvière de Mauvrecourt qui purge sa condamnation et s’intéresse au dossier qui a amené ce policier corrompu en prison. Il se rend compte assez rapidement des manquements de l’enquête et convoque Legrenzi pour lui en parler. Il décidera de rouvrir un nouveau dossier et chargera le policier de faire toute la lumière sur cette affaire. Mais le temps presse car le puissant cabinet d’avocats qui défend Chauvière de Mauvrecourt vient d’introduire une demande de libération conditionnelle de leur client.

Publié dans avis de blogs

Partager cet article
Repost0

"Le « on » rencontre un « on » et se mettent à discuter", un texte de Noëlle Fargier

Publié le par christine brunet /aloys

"Le « on » rencontre un « on » et se mettent à discuter", un texte de Noëlle Fargier

Le « on » rencontre un « on » et se mettent à discuter :

  • Ils ne peuvent pas continuer, nous...Ils devraient réagir.....Ils ont encore augmenté.....
  • Mais, dis-moi, qui sont ces « ils » qui défilent à tout bout de champ, responsables de tous les mauvais sangs ?
  • Mais oui, qui sont-ils ?
  • Déjà à priori masculins
  • Quoique, vu que le masculin l'emporte sur le féminin, pas certain...
  • Mais enfin ! Comment trois petits caractères seraient responsables de tant de misère ? pas malin...A moins que derrière se cachent tous les déterminants réunis, tu vois les tous puissants, les tous pas marrants, les tous qu'on ne connaît pas
  • D'accord, on ne les connaît pas mais ils existent bien, où peuvent-ils être ?
  • Ben...tu n'as jamais entendu parlé de l'île des géants
  • Tu veux dire cette petite île où le seul accès est en navette ?
  • Oui. Mais en même temps, elle est bien trop petite pour loger des géants !
  • Oh tu sais, je crois qu'ils sont peu nombreux par rapport à nous, les « on »
  • Mais c'est pas possible, en navette....sur une île...Tu délires !
  • Pas tant que ça, ça expliquerait qu'ils ne comprennent pas nos soucis ! Qu'est ce que tu veux, ils n'ont pas de problème de bagnoles, pas de problème de logements, pas de problème de travail et en plus ils sont grands donc ils ne peuvent pas nous voir et en plus ils sont loin de nous...
  • Pas de problème de travail, tu veux dire qu'ils ont tous du boulot, eux...y'a encore des usines, des magasins, des fermes sur leur île ?
  • Oui, mais ils ont mis tout ça dans un attaché caisse, je crois, ah ils sont forts !
  • Mais que pouvons-nous faire ?
  • Ben... à part changer d'article, je ne vois pas....

Noëlle Fargier

"Le « on » rencontre un « on » et se mettent à discuter", un texte de Noëlle Fargier

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

Salvatore Gucciardo et son livre méandres dans le magazine de la SABAM

Publié le par christine brunet /aloys

Salvatore Gucciardo et son livre méandres dans le magazine de la SABAM

Publié dans articles

Partager cet article
Repost0