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Espérance où es-tu ? un poème signé Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

Espérance où es-tu ? un poème signé Micheline Boland

ESPÉRANCE OÙ ES-TU ?

Espérance où es-tu ? demandais-je brisée,

Espérance, Seigneur, qui m'était destinée !

*

Être enfant et croire que l'on peut réussir

Les jeux les plus risqués selon ses chers désirs.

Attendre chaque jour sa juste récompense,

Des rires, des succès et des plaisirs intenses.

Minimiser l'échec, la faute et les erreurs,

Dénicher le bonheur avec tant de fraîcheur.

*

Être jeune et curieux, avisé et tenace,

Enthousiaste et vaillant, sortir de toute impasse,

Chanter pour se donner encore plus d'entrain

Rêver chaque matin aux fêtes du destin,

S'enflammer pour des riens libérant des attaches,

Se sentir un géant et prouver son panache !

*

Être vieux et douter, n'avoir que des regrets,

Connaître les remords, ressasser des secrets,

Dénigrer son prochain, source de ses bévues,

Et lorsque l'on repense à des déconvenues

Ne remettre en question que le fâcheux hasard

Qui fit que l'on n'eut droit qu'à de pauvres égards.

*

Puis quand on a vieilli, ne plus avoir d'envies,

S'en aller et venir, n'être jamais ravie,

Ne plus avoir désir, élan d'amour, ressort

Avec une obsession qui se nomme la mort,

Laisser passer les jours en voyant sa disgrâce,

Se lamenter souvent de ce manque de grâce.

*

Espérance où es-tu ? demandais-je brisée,

Espérance, Seigneur, qui m'était destinée !

Micheline Boland (à la manière de Victor Hugo)

Dans "La belle époque en 100 coups de plume" Éditions Noctambules - Les bêtes à plumes

micheline-ecrit.blogspot.com

Publié dans Poésie

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Jacques Degeye présente son nouveau recueil "Poèmes inédits"

Publié le par christine brunet /aloys

Jacques Degeye présente son nouveau recueil "Poèmes inédits"

PRÉSENTATION DU LIVRE « Poèmes inédits »

et de l'auteur, Jacques DEGEYE.

ÉDITIONS CHLOÉ DES LYS, 2015.

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L'AUTEUR :

- Je suis un passionné.

Mes centres d'intérêt n'ont pas de limites ! De la littérature (naturellement) à la peinture, de la musique au cinéma, de la philosophie aux sciences, de l'économie à la politique, de l'histoire aux événements les plus infimes, de l'architecture à la religion, de la pratique du vélo à la randonnée pédestre.

- J'ai participé à des ouvrages collectifs (groupe Clio 70) et écrit plusieurs articles sur l'histoire de nos régions.

- Mon premier roman, Le monde de Jonathan ou le cercle infernal (Artésis Éditions, 2006), a pour héros un enfant qui porte le poids de ses origines en lieu et place de son père.

- Meurtre en Ardenne (Éditions Éole, 2008) est un roman noir d'un genre particulier. L'intrigue se noue à la fois autour du meurtre du romancier-dramaturge, Harold Bullock, et autour du suicide de son beau-frère, Joseph Zenatten. Avec pour toile de fond la rivalité entre leurs épouses, les deux sœurs Bachelais.

- Délivrance (Éditions Chloé des Lys, 2010) est un recueil de textes sur le thème de la mort volontaire. On y trouve des personnages connus : Romain Gary, Nicolas de Staël (le peintre), Romy Schneider, Marilyn Monroe, Diane Arbus (la photographe), Ernest Hemingway, Henry de Montherlant, Virginia Woolf, Gérard de Nerval, Vincent Van Gogh, Pierre Bérégovoy (Premier ministre), Stefan Zweig et Lotte Altmann (sa seconde épouse), Arthur Kœstler et Cynthia Jefferies, Walter Benjamin, Marina Tsvetaeva (la poétesse).

On y côtoie également des personnages imaginaires. Fiction et histoire, dialogues et récit, nouvelles et poésie sont entremêlés.

Deux poèmes insérés dans Délivrance ont été publiés ensuite par la revue trimestrielle Traversées, n° 66, Virton, septembre 2012, p. 74-80.

- Poèmes inédits (Éditions Chloé des Lys, 2015) vient de paraître. Il est composé de vingt-quatre poèmes.

LE LIVRE, « POÈMES INÉDITS » :

- La poésie permet d'entrer dans l'univers intime de l'écrivain.

- Ma poésie est célébration de la vie, du présent (« le bel aujourd'hui »).

- Elle est célébration de l'enfance, la période de la vie où chaque être possède une âme, comme dans les cultures animistes, en particulier chez les Indiens d'Amérique. Le thème de l'enfance se décline en plusieurs séquences : l'enfant et la nature sauvage, l'enfant et l'attachement, l'angoisse de la séparation, la mémoire de l'enfance, la souffrance des êtres vivants.

- Elle est célébration du passé : l'empreinte et la trace, les tombes de nos morts, les villages disparus, les cimetières francs, la sépulture du baron Edmond d'Hoffschmidt, l'ermite de Resteigne, les Hautes-Roches.

- La poésie est célébration de la beauté. Mais elle ne se résume pas à cela. Elle s'indigne de la violence et de la cruauté. Elle se souvient des enfants victimes, du malheur des hommes, des drames à l'échelle des individus et des sociétés, de la folie de destruction, de la Shoah.

- Il est un domaine que la poésie devrait fuir comme la peste, le monde des idées, car il ne serait pas source de poésie. Détrompez ceux qui le prétendent ! Lorsque les idées sont au service de prédateurs, pourquoi le poète ne les dénoncerait-il pas ? Pourquoi n'exalterait-il pas les femmes (Anna Politkovskaïa...) et les hommes (Mikhaïl Khodorkovski et Platon Lebedev...) qui résistent aux tyrans ?

- Les mots tuent aussi : rumeurs assassines, regards accusateurs, ironie, dérision.

- Les rêves et leurs fantômes, les désirs débridés, les réveils tristes.

- La peur de l'abîme en soi, la peur des autres, la fuite en avant dans le divertissement.

- Vieillesse dorée et vieillesse naufragée : le corps, la perte, la solitude ; les réminiscences salvatrices, la sérénité retrouvée.

- Les arts visuels : l'éblouissement par la beauté plastique, la chair sublimée, l'ouverture sur l'invisible. La poésie est d'abord une vision.

- Vocation et engagement : les combats de Jean Maquet (né à Bastogne en 1913), prêtre-ouvrier dans la région liégeoise, musicien, maçon, journaliste, pacifiste de la première heure. La fidélité à la Parole.

ORIGINES D'UNE VOCATION :

- La classe de Poésie au Collège de Bellevue, à Dinant (1964-1965) : un maître inattendu et exceptionnel, le Principal lui-même, le chanoine Xavier CORBIAU. Pour moi, tout commence là : la littérature, les lectures, l'écriture.

- À la recherche du souffle poétique, qui épouse (idéalement) le mouvement de la vie.

- Le goût de la contraction poétique : ramasser sa pensée, ses sentiments, ses descriptions.

- L'art de suggérer : le contraire de la « pesanteur ».

- La forme : le vers rimé ou libre. La poésie est musique. C'est un art du son.

SPÉCIFICITÉ DE LA POÉSIE :

L'art poétique est spécifique en ceci (principalement) :

  • Au contraire du genre romanesque, la poésie n'est pas de la fiction (histoire inventée - personnages).
  • Au contraire de la prose, la poésie n'est pas un récit : elle n'a pas pour but de raconter.
  • Au contraire de l'essai, la poésie ne décrit ni n'explique le réel.
  • Elle recrée le réel et le célèbre. Le poète recrée le réel à partir de lui-même.

La poésie part toujours de l'intérieur, même quand elle « décrit » le monde qui

nous entoure.

  • Elle le fait à partir des mots et du rythme musical propres à chaque poète. Sa langue pourtant ne doit pas être différente de la langue commune si elle veut partager sa création avec les lecteurs. Et les auditeurs, car la poésie est d'abord un art oral.
  • Enfin, puisqu'elle est intérieure, la poésie jette des ponts entre les êtres, entre les choses, entre les êtres et les choses, entre le présent et le passé, entre le rêve et la réalité, entre le visible et l'invisible. Baudelaire appelle ce va-et-vient les correspondances.

Jacques DEGEYE.

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Marcelle Pâques a lu "Lovebirds" d'Edmée de Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

Marcelle Pâques a lu "Lovebirds" d'Edmée de Xhavée

Lovebirds – Edmée De Xhavée

Je me suis plongée avec délice dans la lecture de ces “ Récits de mal d’amour”.

J’ai retrouvé avec plaisir le style de l’auteure, son écriture fluide, le souci des détail du quotidien, la personnalité des personnages si bien décrite ...

Les images se forment comme un film qui se déroule ...

page 272 – En se mettant face à face leurs genoux se touchent presque, et elles peuvent déposer les verres sur l’appui de fenêtre, entre

les pots de géraniums et d’aloe vera.

L’ombre est descendue et l’air est agréable. en bas, un voisin lave sa moto. De sa radio s’élève la voix de Zucchero.

- Mamma, tu était très amoureuse de papa quand tu étais jeune ?

L’auteure explore toutes les facettes de l’amour avec acuité, décelant toutes les failles...

L’image que le couple veut donner et la réalité parfois cruelle !!!

Les images défilent, les parfums, les sentiments. Mais toujours une certaine légèreté, le regard de l’auteure est tendre et malicieux

J’ai eu un coup de coeur pour Tatia, l’héroïne de la dernière nouvelle. Cet amour est le plus beau à mes yeux.

- En cinq ans, ils avaient leur appartement – petit – et leur vie, immense.

Que dire de plus ?

Tout est là

Marcelle Pâques

Marcelle Pâques a lu "Lovebirds" d'Edmée de Xhavée
Marcelle Pâques a lu "Lovebirds" d'Edmée de Xhavée

Publié dans Fiche de lecture

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Jean-François Foulon se présente et présente son roman "Obscurité"

Publié le par christine brunet /aloys

Jean-François Foulon se présente et présente son roman "Obscurité"

COURTE BIOGRAPHIE :

Jean-François Foulon est né en 1960 au cœur de l’Ardenne, d’un père belge et d’une mère française. Licencié en philologie romane (université de Liège), il travaille à Bruxelles dans le secteur public mais vit en Wallonie (Hainaut). Passionné de lecture et d’écriture, il a collaboré à différentes revues littéraires comme Le Journal de la Culture, La Presse Littéraire et Le Magazine des Livres.

RÉSUMÉ DU LIVRE:

Une femme décide subitement de quitter son compagnon, avec qui la vie commune n’est plus possible. Accompagnée de son fils et de sa fille, elle part donc au hasard sur les routes de France, avec le vague espoir de se réfugier chez une ancienne amie, dans le Massif central. Malheureusement, elle ne trouve là-bas qu’une maison vide. Complètement dépassée par les événements, c’est son fils de douze ans qui va petit à petit prendre les choses en main. Ses nouvelles responsabilités le rendent plus mûr et il s’éveille à l’amour auprès d’une adolescente de la région. Mais il faut de nouveau partir et le trio erre au hasard, passant successivement par la Dordogne, la côte atlantique, les Pyrénées et le Languedoc, pour se retrouver finalement dans les Cévennes. A chaque endroit, les aventures se multiplient, mais ce qui ressemblait au début à des vacances s’est petit à petit transformé en une véritable fuite en avant. Cette errance géographique renvoie au cheminement intérieur de la mère et à son désarroi. On peut y voir aussi une métaphore de l’existence en général. L’histoire finira tragiquement car la vie, cruelle, ne fait pas de cadeau à ceux qui tentent malgré tout d’échapper à leur destin.

Publié dans présentations

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Philippe Desterbecq propose une fin à la nouvelle "Liaison téléphonique", recueil Le Vertige empaillé, Laurence Amaury

Publié le par christine brunet /aloys

Philippe Desterbecq propose une fin à la nouvelle "Liaison téléphonique", recueil Le Vertige empaillé, Laurence Amaury

Seul l’amour compte

A la fin de sa nouvelle « Liaison téléphonique », parue dans le recueil « Le vertige empaillé », Laurence Amaury laisse le soin à ses lecteurs d’imaginer la fin de l’histoire. Je me suis pris au jeu et voici donc MA suite à moi.

Enguerrand se morfond dans son appartement de la rue du Calvaire. Les minutes s’écoulent goutte à goutte comme les larmes sur le visage d’un enfant. Le temps s’enfuit à la vitesse d’un escargot sous la pluie. Chaque minute qui passe lui semble durer un siècle.

Héloïse ne viendra pas. Héloïse ne téléphonera pas. Héloïse ne donnera plus signe de vie. Héloïse. Comme ce nom est doux à prononcer, doux et amer à la fois car il ramène Enguerrand à sa bêtise. Qu’a-t-il eu besoin d’user de ce subterfuge ? Il aurait pu l’aborder dans la rue ou dans le magasin où ils font leurs courses ou encore à la bibliothèque. Mais comment aurait-il pu faire, lui, le handicapé dans son fauteuil roulant pour engager la conversation avec cette femme aux yeux de braise ?

Bien sûr, il y avait Valéna. Valéna Murdochi et ses romans philosophiques auraient pu les rapprocher. Il n’ignorait pas qu’Héloïse vouait une fervente admiration à cette écrivaine, et même qu’elle préparait une thèse sur cette dame et son œuvre. Pas besoin d’être devin pour ça. Héloïse empruntait ses ouvrages, lisaient les écrits qui citaient son nom, prenait des notes,… Elle semblait totalement obsédée par cette femme. Et lui, à l’époque, il ne la connaissait pas. Il avait alors emprunté « Les matins submersibles » et s’était plongé dans l’œuvre de Murdochi, sans arrière-pensées, juste pour tenter de déchiffrer qui elle était, et en même temps, mieux connaitre Héloïse.

C’est en lisant ce livre qu’il avait eu l’idée de téléphoner à Héloïse, pour lui parler de ce roman, pour qu’ils puissent partager leurs opinions, pour parler littérature tout simplement.

Mais Enguerrand ne savait pas comment s’y prendre. Il ne pouvait décemment pas lui dire : « Bonjour Héloïse, nous nous côtoyons depuis des mois mais vous ne m’avez jamais adressé la parole. Nos chemins se sont croisés plusieurs fois mais vous m’avez toujours ignoré. Aujourd’hui, je vous téléphone pour vous parler de littérature. »

Il ne pouvait pas plus lui annoncer qu’il était amoureux d’elle, qu’il voulait mettre ses pas dans les siens. Tiens, ce serait comique, ça, « mettre ses pas dans les siens » alors qu’il était paraplégique et passait sa vie dans un fauteuil. Alors, il avait trouvé ce subterfuge : lui téléphoner en prétextant chercher quelqu’un d’autre, qu’une autre femme lui aurait donné un faux numéro de téléphone. Et Héloïse était tombée dans le panneau, directement, la tête la première !

Les mensonges s’étaient succédé, les conversations téléphoniques multipliées, une amitié (un amour ?) avait mûri, grandi jusqu’à ce qu’une rencontre se soit décidée. Un rendez-vous avait été pris dans un café « La mer à boire ». Enguerrand n’y était pas allé et il avait envoyé une missive à sa bien-aimée pour qu’elle ne s’y rende pas non plus. Il imaginait trop bien la réaction de la jeune femme lorsqu’elle se retrouverait face à un handicapé. Peut-être aurait-elle pitié de lui mais il ne voulait pas de sa pitié ! Ce que le jeune homme voulait, c’était de l’amour, un amour vrai et sincère, une relation solide et ferme entre un homme et une femme, pas entre un handicapé et son infirmière ! Même si elle acceptait de l’épouser, ils n’auraient jamais une vie normale. Certains plaisirs de la vie leur resteraient interdits.

Après ce qu’elle avait subi dans sa jeunesse, Héloïse avait besoin d’un homme doux et attentionné – ce qu’il était – d’un amant qui lui ferait oublier le viol qu’elle avait subi et ça, il n’en serait jamais capable. A moins que l’opération prévue lui redonne l’usage de ses jambes et qu’il puisse se mouvoir, mais ça, c’était un coup de poker. Aucun médecin ne pouvait certifier avec 100% de certitude qu’Enguerrand redeviendrait un jour un homme normal.

Peut-être aurait-il dû attendre avant de faire un signe à la femme qu’il aimait en secret. Il avait été trop impatient et il le payait aujourd’hui car Héloïse ne viendrait pas…

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Héloïse lit et relit la lettre qu’Enguerrand a déposée dans sa boite. Elle analyse ses propres sentiments et ne sait pas lequel dépasse les autres.

Bien sûr, elle est en colère. Enguerrand s’est moqué d’elle, enfin, pas vraiment. En tout cas, il lui a menti, il l’a contactée sous un faux prétexte et l’a menée en bateau pendant des semaines. La colère, c’est la première chose qu’elle a ressentie en lisant ses aveux.

Puis, elle s’est rendu compte qu’elle avait pitié, pitié de cet homme devenu paraplégique dans la force de l’âge et, par ce fait, extrêmement timide. Elle comprend qu’il n’ose pas aborder les femmes. Il doit se dire que celles-ci ne peuvent qu’éprouver de la pitié pour lui, jamais de l’amour. Or, de la pitié, Enguerrand n’en veut pas. Il veut certainement qu’on s’intéresse à lui pour son âme, pour ce qu’il est à l’intérieur de ce corps inapte aux activités physiques quelles qu’elles soient. Et ça, Héloïse peut le comprendre. Il aurait dû savoir qu’elle n’est pas comme les autres, ce n’est pas l’aspect physique qu’elle regarde en premier lieu chez un homme. C’est l’âme, la bonté qui émane de certaines personnalités, c’est ça qui la touche vraiment. Enguerrand est quelqu’un de bien, ça elle en est sûre même si elle ne l’a jamais vu. Leurs conversations téléphoniques ont suffi pour qu’elle puisse juger le jeune homme. Le ton de sa voix, les mots qu’il utilise, sa façon de lui parler, tout montre qu’Enguerrand n’est pas quelqu’un de superficiel. C’est l’homme qu’il lui faut, enfin, l’homme qu’il lui fallait.

Doit-elle en parler au présent ou au passé ? Héloïse hésite. Tout dépend d’elle. Pourra-t-elle lui pardonner cette mise en scène, ce mauvais Vaudeville ?

La jeune femme regarde sa montre : 23 heures. Elle ne peut de toute façon plus le rejoindre ce soir. Peut-être une vraie discussion, en tête à tête l’aiderait-elle à prendre une décision ? Elle hésite et hésite encore. Minuit approche. Elle se couche. La nuit porte conseil, parait-il.

Le temps continue à s’écouler comme une source engendrée par la montagne. Les aiguilles tournent comme un manège qui ne s’arrêterait jamais.

Une heure. Deux heures. Presque trois heures. Héloïse ne le sait pas mais, en ce moment-même, elle se trouve exactement dans la même position qu’Enguerrand : couchée, les mains jointes derrière la tête, les yeux grands ouverts, fixant le plafond, attendant une réponse à ses questions intérieures. Doit-elle lui pardonner ? Doit-elle l’oublier ? Doit-elle marcher, courir, voler à sa rencontre ? Elle ne sait pas et pourtant c’est ce qu’elle fait. Elle ne dormira de toute façon pas. Elle s’habille, sort dans le froid de la nuit. Elle n’est plus elle-même, elle ne se rend pas compte des pas qu’elle fait dans la nuit, elle est comme sous hypnose, inconsciente de ses actes, de son attitude, de ses pensées. Elle ne sait qu’une chose : elle l’aime et aucun obstacle physique ne se mettra entre eux. Que l’opération qu’il doit subir dans quelque temps réussisse ou pas, qu’Enguerrand puisse tenir sur ses jambes ou pas, l’honorer physiquement ou pas, plus rien n’a d’importance. Une seule chose compte : l’amour, l’Amour qui était là, tapi dans l’ombre, à deux pas de chez elle et dont elle n’avait pas conscience au numéro 36 de la rue du Calvaire. Héloïse s’arrête essoufflée. Enguerrand dort-il ? L’attend-il encore ? Sera-t-il heureux de la voir ? furieux de son arrivée si tardive ?

Tant pis, Héloïse n’hésite plus. Elle frappe à sa porte et, instantanément, elle entend : « Entre, je t’attendais… ». Le bonheur les attendait. Il n’était pas trop tard…

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Trois semaines plus tard, c’est main dans la main qu’Héloïse et Enguerrand pénètrent dans l’hôpital universitaire Hérodote. Enguerrand va enfin subir l’intervention chirurgicale qui lui rendra peut-être l’usage de ses membres inférieurs. Le professeur Lelong est plutôt optimiste même si les chances de réussite n’atteignent pas les 80%.

Si l’opération réussit, Enguerrand devra passer trois mois en rééducation pour réapprendre à marcher. Mais, toutes ces épreuves ne lui font pas peur puisqu’il a désormais quelqu’un à ses côtés.

Héloïse est une femme exceptionnelle, douce, prévenante, sensuelle,… Bref, un ange sans ailes ! Et Enguerrand remercie le ciel chaque jour de lui avoir permis de rencontrer une telle créature. Toutes ses idées noires sont passées à la trappe, envolées. Enguerrand est maintenant doté d’un optimisme à toute épreuve, et c’est confiant qu’il remet sa vie entre les mains du professeur Lelong.

En rentrant chez elle, Héloïse s’arrête dans l’église Sainte-Claire, allume une bougie et prie la sainte d’intervenir en faveur de son fiancé. L’opération doit réussir, non pas pour elle. Elle, elle est contente comme ça, que son amoureux soit valide ou pas, peu importe, mais Enguerrand ne voit pas les choses de la même manière, il remet sans cesse le sujet sur le tapis : « Voyons, Héloïse, tu n’es pas mon infirmière. Je ne suis pas un vrai homme, Héloïse, tu mérites mieux que ça, mieux que moi ! »

Héloïse tente à chaque fois de le rassurer mais le jeune homme ne l’entend pas de cette oreille. Ce serait un calvaire si l’opération n’était pas une réussite !

Si nous étions dans un roman à l’eau de rose, en peu de temps, Enguerrand redeviendrait un homme à part entière.

Si nous étions dans un conte, les deux amoureux se marieraient et auraient beaucoup d’enfants.

Mais nous sommes dans la vraie vie et les choses ne tournent pas toujours comme on le souhaiterait. L’opération ne fut pas une réussite et Enguerrand ne recouvra pas l’usage de ses jambes. Le professeur Lelong ne lui laissa plus aucun espoir. Enguerrand ne marcherait plus !

Dès lors, il tomba dans une grave dépression dont il ne sortit que lorsqu’ Héloïse accoucha de sa première fille : un enfant qui avait été programmé, conçu par insémination artificielle et qui ressemblait à sa mère trait pour trait.

Cette histoire n’est pas un conte de fées et le miracle attendu n’eut jamais lieu. Pourtant, la vie peut-être belle si l’on sait se contenter de ce qu’on a. Héloïse, Enguerrand et leurs trois enfants vécurent vraiment heureux.

Après la thèse qu’elle avait écrite sur Murdochi et qui avait obtenu un franc succès, Héloïse se mit à écrire des biographies et des essais. Enguerrand lui servait de correcteur. Lui aussi se mit à écrire et publia plusieurs livres de philosophie qu’aujourd’hui encore on lit dans les universités.

Leurs enfants grandissent ; bientôt ils quitteront le foyer et le couple continuera le voyage seul, main dans la main, jusqu’à ce que la mort les emporte dans une autre dimension.

Philippe Desterbecq

philippedester.canalblog.com

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Christine Brunet a lu "Léon 20H30" de Jean-Louis Gillesen

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "Léon 20H30" de Jean-Louis Gillesen

Jean-Louis Gillessen... C'est d'abord une présence sur le blog aloys, et c'est du théâtre.

J'avais envie de découvrir son univers, voilà qui est fait.

Devant moi, le livre et la première de couverture avec un curieux symbole qui s'apparente à la fois au caducée si ce n'est que les serpents ne se font pas face et s'enroulent autour du corps de la balance de Thémis, vous savez, celle qui figure la justice...

Et puis, au-dessous du titre, une petite phrase qui va en s'amenuisant "Supposez... Mais ce serait trop long à vous expliquer".

C'est bon, Jean-Louis, j'ai envie de comprendre ! J'ouvre le livre ? Ben non, tiens, style pied de nez à l'auteur, je passe à la 4e de couverture (ce que je fais rarement, en fait). Et là, après la biographie, je lis... Ah !!! Voilà qui explique l'emblème sur la 1ere de couverture et qui ouvre quelques perspectives étranges...

Allez, j'ouvre le livre...

Je tombe sur un petit prélude "Création" qui donne le ton entre vérité et réalité, entre ressenti et vie. Etrange. Léon rêve-t-il ? Est-il dans le coma, dans une de conscience altérée. Je m'interroge.

Scène 1 qui me laisse avec mes questions : j'hésite.

Intervention 1 : le chirurgien nous apprend que Léon est sorti du coma, qu'il a été opéré et qu'après une courte amélioration, tout se dégrade. On apprend aussi que l'état de confusion de Léon au début vient du fait qu'il a été opéré sans anesthésie générale... Le discours du médecin devient presqu'inhumain. Léon souffre, mais tout ce qu'il lui fait est sans danger... Je frissonne. Pauvre Léon.

Pourtant le héros semble prendre tout cela avec philisophie, décrit son quotidien et parvient à faire sourire le lecteur/spectateur (je vous rappelle qu'il s'agit aussi d'une pièce de théâtre !)

Et voilà que tout bascule avec l'intervention 2 d'une autre chirurgienne... Le côté juridique de l'affaire "Léon" commence à transpirer : les assurances de l'ambulance remettent en cause le processus d'indemnisation. En fait cet accident remet en cause tout, l'avenir de Léon mais aussi sa vie dans la société.

Je ne vais pas vous raconter toute la pièce, il faudra la lire pour connaître la suite.

Je referme le bouquin et fais une pause : j'en ai besoin.

J'essaie de remettre mes pendules à l'heure... Faut dire que les aiguilles tournent à vitesse grand V dans cette pièce de théâtre, dans un temps parallèle. Les intervenants se mêlent, s'entrechoquent dans des réparties parfois drôles ou comique, mais souvent grinçantes.

Les jeux de mots, les jeux de situations, le décor minimaliste que nous décrit l'auteur, tout nous impose un monde débridé, phantasmagorique, parfois irritant, parfois amusant mais quelque part, toujours en noir et blanc comme l'ambiance du bouquin !

Franchement, j'aimerais drôlement assister à une représentation de "Léon 20h30" !!!

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Christine Brunet a lu "Léon 20H30" de Jean-Louis GillesenChristine Brunet a lu "Léon 20H30" de Jean-Louis Gillesen

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Athena Giove présente "A coeur ouvert"

Publié le par christine brunet /aloys

Athena Giove présente "A coeur ouvert"

Biographie :

Athena Giove est née le 20 décembre 1987 dans la région de Mons-Borinage. Issue d’une famille aux origines italiennes, elle grandit à Quaregnon auprès de ses parents et de sa sœur cadette. Passionnée d’écriture depuis son plus jeune âge, elle partage ses émotions et son vécu à travers l’écriture de poésies, de nouvelles et de récits de vie. C’est comme cela que ce recueil est né.

Résumé :

À cœur ouvert s’inspire de la vie à la manière dont chacun de nous peut être amené à la vivre.

À la fois recueil d’émotions et de sentiments, de poésies et de pensées, ce livre est écrit avec simplicité et sincérité, alliant authenticité et naturel.

Chacun des récits de vie, des poèmes et autres textes en tous genres qui s’y trouvent, s’inspirent de faits réels, de moments vécus, ou de réflexions sur le monde et les évènements de notre époque, certains heureux, d’autres tristes tout comme la vie peut être parfois heureuse, et parfois triste.

À cœur ouvert est donc une mise à nu, une façon de libérer les maux par les mots et de laisser son âme s’exprimer au plus profond d’elle-même.

Extrait :

Parce que nous sommes en quête de vérité, d'amour et de passion,
Parce que le temps nous est compté, et qu'on ne veut ni lui échapper, ni qu'il nous échappe,
Parce que la vie est soudaine et incertaine,
Parce que les mots se taisent lorsqu'on a besoin de crier douleur,
Parce que les mains nous retiennent quand on désire partir, et qu'elles nous lâchent lorsque, plus que tout, on désire être retenu,
Parce que les souvenirs s'entassent et refont surface dans des moments de confusion,
Parce que nous rêvons d'un monde meilleur, de gens moins faux, de personnalité authentique,
Parce que nous sommes nés de l'humanité, et qu'à ce mot s'associent imperfection et erreurs,
Parce que nous sommes différents et que notre seul point commun est d'être blessé par l'indifférence.


Parce que la vie est belle, qu'elle nous surprend à des tournants de vie lorsqu'on ne s'y attend pas,
Parce que nous vivons dans un monde si imparfait qu'il en devient intéressant de vivre avec plénitude, de faire les quatre cent coups et de prendre le plaisir là où il y en a,
Parce que le temps n'est plus aux questions mais aux réactions,
Parce qu'il est temps d'avancer, de prendre des risques au risque d'avoir des remords,
Parce qu'il vaut mieux avoir des remords que d'avoir des regrets,
Parce que vivre c'est exister !

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J'Anhou dans La voix du Nord du 04/04 !

Publié le par christine brunet /aloys

J'Anhou dans La voix du Nord du 04/04 !
J'Anhou dans La voix du Nord du 04/04 !J'Anhou dans La voix du Nord du 04/04 !

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Philippe Desterbecq a lu "Le vertige empaillé" de Laurence Amaury

Publié le par christine brunet /aloys

Philippe Desterbecq a lu "Le vertige empaillé" de Laurence Amaury

"Le vertige empaillé". Mais de quel vertige s'agit-il donc? Certainement du vertige de l'amour car les personnages de ce recueil de nouvelles sont tous frappés d'une grande passion pour quelqu'un du sexe opposé.

Laurence décrit l'amour passion avec brio : coup de foudre, attirances multiples, amour naissant ou finissant, amours fidèles ou pas. Le style tantôt en prose, tantôt en vers est recherché; le vocabulaire est riche; les références à des chansons ou des livres nombreuses. Des citations agrémentent les différents récits. Tout cela fait de ce recueil une référence littéraire.

Bravo, madame Amaury, pour ces textes écrits de manière magistrale.

Certains aiment trouver un lien entre les différentes nouvelles qui composent un recueil (ce n'est pas mon cas). Outre l'amour qui réunit tous ces textes, le lecteur trouvera facilement les points communs entre tous ces récits : la danse, la musique, la poésie, la lecture. En effet, beaucoup des personnages créés par l'auteur aiment danser et les références musicales sont nombreuses. Plusieurs aiment la lecture et l'écriture.

La nouvelle intitulée "Le premier métro à Bruxelles" est sans doute la plus poétique de toutes. En prose ou en vers, les mots de Laurence Amaury chantent.

Un exemple?

Il m'est bien difficile d'en choisir un et je ne voudrais pas être trop long. Quand je me lance, j'ai du mal à m'arrêter. Vous voilà prévenus!

" En ce temps-là, ils marchaient la nuit, sous la pluie dolente, dans les rues de Bruxelles. Ils allaient au hasard, à l'aventure. Ils allaient, main dans la main, en échangeant mille confidences.

En ce temps-là, infatigables, ils marchaient et n'attendaient pas le refuge des portes cochères pour s'arrêter, se serrer l'un contre l'autre, s'embrasser et mêler leur fièvre, ce feu qui taraudait leur corps et faisait briller leurs yeux d'un vif éclat.

En ce temps-là, la nuit marchait vers l'aube, suffoquant légèrement sous la morsure du froid, dans les rues devenues déserts luisants et pacifiques.
Mais eux, réchauffés l'un par l'autre, marchaient comme si les rues riaient sous le soleil au bord d'une mer démente, azurée, transfigurée.

En ce temps-là; ils sortaient de la salle de danse pour se regarder l'un l'autre et respirer plus vite, avec la complicité des étoiles.

En ce temps-là, ils marchaient une partie de la nuit avant d'atteindre l'ermitage où l'amour était acte sacré..."

"Elle était si rare cette étincelle qui jouait sur la harpe de l'espérance les préludes d'un amour de cristal, fragile et coupant mais éternel comme le lierre ou le granit."

"Quand le train scrupuleux m'emporte loin de toi
et que rugit soudain la mer contre les rails
quand les épicéas surgissent des eaux grises
et que l'aube s'étire en triangle de feu
je me redis tes mots
je me redonne tes regards
je me refais tes gestes
me re-blottis dans ta chaleur
et les étoiles conciliantes partent sur la pointe des pieds
pour me laisser penser à toi..."

"Il lui apparut, tel un archange, et une pluie sauvage et drue tomba sur les gravats, les lavant de toute souillure, et une pluie d'étoiles illumina la nuit."

"L'absence est une statue de marbre au regard éteint, aux doigts glacés."

"Les larmes, au bord des cils, sont des perles de givre. Les lèvres abimées, s'entrechoquent en silence."

"L'absence est le pays d'où l'on ne revient pas. Elle est l'hibernation des sentiments soyeux."

"L'absence est un train fantôme qui erre hors des rails."

"Son rire s'égrène et grelotte comme un sanglot de mélodrame."

"Elle écrit des lettres qui flambent mais dont l'encre se décolore et s'enfuit. Restent des pages blanches éventrées par des mains de métal."

"La nuit rampe sans bruit. Elle découpe en morceaux tous les rêves."

Je vous avais prévenu...

Un de mes textes préférés est "Liaison téléphonique". Un homme forme un faux numéro et tombe sur une femme seule. C'est une erreur et l'histoire aurait pu s'arrêter là. Mais l'homme rappelle et une relation s'établit...

La nouvelle est composée uniquement de conversations téléphoniques et se termine par une lettre. Enfin, se termine n'est pas vraiment le bon verbe puisque l'auteure laisse le soin au lecteur d'imaginer ce qui va se passer ensuite. J'ai très envie de "terminer" cette nouvelle. Je le ferai peut-être...

La dernière nouvelle intitulée "Les deux sœurs" est une pièce de théâtre en quatre actes qui m'a beaucoup plu. Un autre genre donc pour terminer ce recueil.

Un lien encore entre ces 8 textes : le choix des prénoms pas très courants il faut le dire. Jugez plutôt : Godelieve, Herlinde, Enguerrand, Alistair, et j'en passe.

Un bon choix pour les amateurs de nouvelles.

Philippe Desterbecq

L'Etoile Magique

Philippe Desterbecq a lu "Le vertige empaillé" de Laurence Amaury

Publié dans Fiche de lecture

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Didier Fond nous propose un nouvel extrait de son roman "La maison-Dieu"

Publié le par christine brunet /aloys

Didier Fond nous propose un nouvel extrait de son roman "La maison-Dieu"

Cette nuit-là, l'appréhension et le désir irrépressible de voir David l'empêchèrent de fermer l'œil. Au bout de deux heures d'infructueux essais, elle se leva et, rasant les murs, sortit silencieusement. La Maison-Dieu l'attendait.

C'était une nuit sans lune. De lourds nuages noirs avaient envahi le ciel au moment du crépuscule ; pas un souffle de vent. Mais une chaleur lourde, orageuse. Le tonnerre grondait au loin. Là-bas, sur les contreforts des montagnes, des éclairs sillonnaient l'horizon. La route était plongée dans l'obscurité. Camille connaissait le chemin par cœur. Elle avançait à grands pas, soucieuse d'arriver en haut de la falaise avant le déchaînement qui s'annonçait. Elle n'avait pas peur de l'orage. Au pire, s'il éclatait pendant qu'elle était encore à la Maison-Dieu, elle se réfugierait sous l'auvent que les précédents propriétaires avaient eu la bonne idée d'installer au-dessus de la porte. La perspective de voir David méritait bien qu'on supportât une tempête, fût-elle celle qui annonçait la fin du monde.

La Maison-Dieu, comme à son habitude, était silencieuse et noire. Elle en fit lentement le tour, tendant l'oreille pour percevoir le plus léger son, le plus petit signe de vie. Les roulements de tonnerre se rapprochaient. Rien ne bougeait. La grille du parc était fermée à clef. Inutile de rester là, à attendre de se faire foudroyer par l'orage qui arrivait à toute vitesse. Un vent violent s'était levé, les arbres gémissaient, les taillis ployaient sous l'assaut des bourrasques chaudes et humides, porteuses des premières gouttes de pluie. Elle leva un instant les mains devant son visage, pour se protéger des rafales. Vite. Il faut redescendre. Vite.

Elle s'était plaquée contre le mur de l'ancien couvent. Des gémissements lugubres éclatèrent tout à coup, venus de nulle part. Elle frissonna de peur. Puis il y eut un bruit de lutte... Les gémissements reprirent, plaintifs, atroces... et se transformèrent bientôt en sanglots. Un rire s'éleva, terrible, d'une tristesse si singulière qu'il en devenait sinistre ; des chuchotements, à nouveau des sanglots, comme ceux d'un enfant... David ? David ? Elle répétait ce nom, sans oser élever la voix. Un coup de tonnerre, d'une force inouïe, éclata sur sa tête. Le ciel ouvrit ses écluses et des trombes d'eau s'abattirent sur la falaise.

Didier Fond nous propose un nouvel extrait de son roman "La maison-Dieu"Didier Fond nous propose un nouvel extrait de son roman "La maison-Dieu"

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