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L'interview en vidéo du nouveau roman de Bob Boutique "2401"

Publié le par christine brunet /aloys

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Une carte de Provence, une nouvelle de Jean-François Foulon

Publié le par christine brunet /aloys

Une carte de Provence, une nouvelle de Jean-François Foulon

Une carte de Provence.

Cela faisait longtemps qu’il aimait Fabienne en secret, mais il n’osait pas lui avouer les sentiments qu’il éprouvait pour elle. Ils se voyaient souvent, pourtant. Très souvent, même. Ils se retrouvaient autour d’un verre avec des amis ou allaient au cinéma. C’était gai, ils se parlaient, riaient des mêmes choses ou refaisaient le monde à coup d’idées grandioses, des idées comme on n’en a qu’à vingt ans. Ils étaient toujours d’accord sur tout et au plus fort des discussions, quand les autres, criant et vociférant, en venaient presqu’aux mains, ils échangeaient entre eux des regards amusés qui en disaient long sur leur complicité. Le problème, c’est qu’il n’était pas possible de parler un peu intimement au milieu d’un groupe si agité, même s’il s’agissait de bons amis. Il aurait fallu s’isoler un peu. Pourtant de tels moments arrivaient parfois, notamment quand ils restaient seuls dans le café, vers une ou deux heures du matin, lorsque tous les autres étaient partis. Lors de ces tête-à-tête, la complicité déjà évoquée était plus grande encore, même s’ils restaient là sans rien dire. En effet, ils n’avaient même pas besoin de parler pour se comprendre. Ils se sentaient bien comme cela, l’un avec l’autre, et c’était suffisant.

Pourtant, quand il rentrait chez lui dans la nuit noire, le long de la voie du chemin de fer, il s’en voulait de n’avoir pas osé. Une autre fois, c’était juré, il lui parlerait et lui dirait tout ce qu’il avait dans le cœur. Oui, mais c’était risqué quand même ! Si elle prenait peur et si elle mettait un terme à leur amitié ? Bon, c’était vrai qu’elle le regardait parfois à la dérobée, il l’avait bien remarqué et c’était vrai qu’à ces moments-là elle baissait vite le regard, comme si elle avait été prise en faute, mais cela ne voulait encore rien dire. Ou au contraire cela voulait dire qu’elle avait peur, justement, qu’il ne prît pour un intérêt trop appuyé ce qui n’était finalement que de l’amitié. Bref, plus il se mettait à réfléchir de la sorte et moins il trouvait le courage nécessaire pour avouer cet amour qui pourtant le rongeait intérieurement. Quand enfin il arrivait chez lui, à une heure avancée de la nuit, il se mettait au lit et s’endormait aussitôt, n’ayant pris aucune décision.

Les semaines passaient cependant et bientôt ce seraient les vacances scolaires. Elle partirait un long mois en Provence avec sa famille et Dieu seul sait qui elle pourrait rencontrer là-bas. Il fallait faire vite. Mais plus l’échéance approchait et moins il osait prendre son amie à part et lui dire simplement : « Je t’aime ».

Un matin, pourtant, il lui sembla avoir trouvé la solution. Il lui écrirait ! Une belle et longue lettre où il dirait enfin ce qu’il éprouvait, sans rien cacher. Par écrit, ce serait quand même plus facile. Les mots viendraient les uns après les autres, s’assembleraient, et finiraient par prendre un sens. Il ne sentirait pas son regard de fille posé sur lui, ce regard qui le paralyserait à coup sûr s’il se lançait dans une déclaration amoureuse. Bien au contraire il pourrait s’expliquer en toute quiétude, trouver des arguments, tenter de convaincre…

Evidemment, ce ne fut pas aussi facile qu’il le pensait d’écrire cette lettre, et il dut s’y prendre à trois ou quatre fois, barrant les mots, déchirant le papier, en reprenant un autre, pour le déchirer de nouveau, mais enfin il y parvint. Il ne restait plus qu’à glisser la précieuse missive dans une enveloppe, mais cela aussi prit du temps. Car écrire, c’était bien, mais rencontrer le lendemain la personne dans le café habituel, au milieu des amis, c’en était une autre. Alors il prit la décision d’attendre un petit peu que sa tendre amie soit partie en vacances pour lui envoyer sa déclaration d’amour en Provence, sur son lieu de villégiature. Cela lui laisserait trois semaines à la fois merveilleuses et angoissantes pour attendre sa réponse. Cela lui laisserait surtout un petit répit avant de savoir si elle répondrait favorablement ou non à son amour.

La lettre était partie depuis trois jours et Fabienne depuis une semaine quand la nouvelle tomba, abrupte, incroyable : lors d’une excursion dans le massif des Maures, la voiture de ses parents, en voulant éviter un sanglier, était tombée dans un ravin. Il n’y avait pas eu de survivants.

Le jour de l’enterrement, il pleuvait. C’était une petite bruine fine et tenace qui vous faisait frissonner bien qu’on fût en plein juillet. Tout le monde était là, atterré et silencieux. Sa famille à elle, les oncles, les tantes, les cousins, tous ceux qu’on ne connaissait pas et qu’on n’avait même jamais vus. Mais surtout tous les amis étaient là aussi, ceux de l’école et du café, revenus en train express pour la circonstance, qui de Quiberon, qui de Marbella, qui de Florence.

En rentrant chez lui, tout en marchant le long de la voie ferrée, il entendait encore les pelletées de terre qui tombaient sur son cercueil et il avait bien du mal pour ne pas pleurer, là, devant tout le monde. Un train passa, emportant des vacanciers pour des destinations lointaines. Plus rien n’avait de sens. Plus rien n’aurait jamais plus de sens. La vie venait de s’arrêter pour toujours.

Il ouvrit la porte de sa maison et machinalement regarda dans la boîte aux lettres. Il y avait une carte du Lavandou. De sa belle écriture ronde, Fabienne disait : « il y a si longtemps que j’attendais ce moment ! Moi aussi je t’aime ! Je pense tout le temps à toi. A très bientôt mon ange. »

Jean-François FOULON

Obscurité

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Jeanne R. se présente et présente son roman "A l'ombre des désirs"

Publié le par christine brunet /aloys

Jeanne R. se présente et présente son roman "A l'ombre des désirs"

"À L’OMBRE DES DÉSIRS" de Jeanne R.

Récit romanesque

Aux Editions Chloé Des Lys (© 2013)

Sous forme de récit romanesque Jeanne R. met en scène un portrait de femme, femme vue du côté cœur dans une histoire, deux histoires, trois histoires racontées pour n’en faire qu’une, celle d’une dame en noir, une certaine Louise qui d’une lumière vive tire son ombre.

Grâce à l’alchimie de sa plume, Jeanne R. fait de son héroïne une sorte de reine.

Voici quelques extraits de cette atmosphère intimiste construite autour de deux couleurs, le rouge du désir et le noir du mystère :

- « Le seul chemin qui ne soit pas une impasse est le chemin qui mène au cœur. »

- « Louise, la Lyonnaise toujours de noir vêtue, était à elle seule la figure de l'artiste et n'avait d'autre arithmétique que le calcul de ses petits bonheurs. Il y avait en elle beaucoup plus de passion que de raison. »

- « Se posant mille et une questions sur tout ce qui fait "une vie", cette dernière se demandait souvent : "Jusqu'où puis-je aller sans me perdre quand je suis amoureuse ?" À ce moment, sa tête se baissait et ses yeux se fermaient parce que le secret qui habitait son cœur n'était là que pour elle. »

- « Louise naquit par une nuit de tempête. Était-ce la raison qui faisait que sa sympathie se portait sur les ciels tourmentés et les mers déchaînées ? »

- « Pour un amoureux alangui, Louise était belle le matin, elle était Diane dans les allées du parc. »

- « Cette femme singulière restait pure en ce qu'elle se voyait incapable de tricher avec ses propres sentiments. Elle était plurielle dans ses amours, assurément, mais elle était foncièrement fidèle. »

Portrait

Je m’appelle Jeanne R. ; j’adore le romantisme anglais et ses figures de proue, d’où mon pseudonyme.

Je réside dans un pays où guignol est roi, Lyon.

Après avoir étudié les Lettres classiques je me suis consacrée au théâtre ; j’ai créé une petite troupe que je dirige et mets en scène.

Dans l'absolu je préfère l’ombre à la lumière.

Parce que la réalité nous éloigne de la création, je ne prends pas la vie comme elle vient, il me faut la mettre en scène, toujours.

J’habite un univers fait à ma mesure et baroque à souhait, lequel forme un Tout : le rouge et le noir sont les personnages de ma maison comme l’amour et l’esprit sont les personnages de mes romans.

En un jeu qui s’improvise, ma vie est un théâtre.

Je crois en la Littérature quand je lis Proust ; je crois en l'esprit quand je lis Oscar Wilde ; je crois au génie quand j'entends Mozart ou Wagner.

Pourquoi j’écris ?

J’écris pour vivre deux fois ma vie ; j’adore me raconter des histoires.

N’étant pas une femme d’intérieur mais une femme de l’intérieur, je ne collectionne que les petits bonheurs.

Je suis en permanence dans une expérience esthétique, celle de mes goûts.

J’aime l’Humain, il m’inspire ô combien !

Proustienne jusque dans mon âme pour l’amour de Marcel et son amour du beau, s’il me fallait répondre au questionnaire de Proust :

- "Le principal trait de mon caractère" : C’est justement d’avoir du caractère.

- "Ma devise" : Ne jamais se prendre au sérieux.

Pour me résumer plus avant, je pourrais prendre à mon compte la citation d’Oscar Wilde, mon amant de chevet : « Qu’on me laisse le superflu et je laisse le nécessaire à qui en voudra. »

Mes passions : Littérature / Théâtre / Peinture / Sculpture / Musique classique / Philosophie / Histoire et tout le reste.... enfin presque.

Plus d'informations ? http://jeannerromanciere.hautetfort.com/

Publié dans présentations

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Salvatore Gucciardo se présente

Publié le par christine brunet /aloys

Salvatore Gucciardo se présente

Salvatore Gucciardo peintre et poète

C’est en se penchant sur l’œuvre d’Arthur Rimbaud et d’Amedeo Modigliani que Salvatore Gucciardo découvre ses dons de poète et de plasticien. À 17 ans, il a la révélation de sa passion poético-picturale. Son amour pour la poésie et la peinture l’incitera au fil des ans à créer une vision personnelle de l’homme et de l’univers qui l’aidera à se distinguer dans le panorama artistique et poétique. Plusieurs personnalités littéraires et artistiques comme Aubin Pasque, Thomas Owen, Jacques Collard, Roland Villeneuve s’intéresseront à lui et l’encourageront à s’affirmer en tant qu’artiste. Anita Nardon, sociétaire de l’Association Internationale des Critiques d’Art, lui consacre une monographie en 2002 Salvatore Gucciardo aux Editions Art In Belgium dans la collection « Traces de l’Art ». Ses poèmes et ses œuvres picturales sont publiés dans plusieurs revues littéraires, dictionnaires, anthologies, belges, françaises, italiennes sur Internet et Facebook.

En 2009, il figure dans l’anthologie Art 20e et 21e siècle aux Editions d’Art R.E.G.A.R.D.S. France aux côtés de Picasso, Braque, Jean Cocteau, Paul Delvaux, Bacon, Zao Woo-ki, Louise Bourgeois…

En 2011, il publie et illustre son recueil poétique Lyrisme cosmique préfacé par Michel Bénard, Lauréat de l’Académie Française aux Editions Astro. Il figure dans 20 poètes, Anthologie de la Poésie Contemporaine, Editions du Chasseur abstrait, France 2012. Les revues littéraires et artistiques Reflets Wallonie-Bruxelles, Belgique, Textes et Prétextes, Pages Insulaires, France lui consacrent un dossier Salvatore Gucciardo.

Il figure dans l’Anthologie ALBO D’ORO, Hommage aux Maîtres Contemporains Européen aux Editions Accademia Internationale Gentilizia il Marzocco Italie.

En 2014, il figure dans l’Anthologie de la Poésie Humaniste, Editions Les Amis de Thalie, France. Anthologie de Poésie 2014, Editions Société des Poètes Français, Paris. Anthologie le Temps d’écrire, Editions Les Amis de Thalie, France. Il figure sur le site VISUAL-ARTS-EXPLORER.COM. Il est inséré dans l’annuaire des Artistes Internationaux 2014 (Artisti Internazionali Quarta Editione – 2014) Editions Associazione Internazionali Galleria « Il Collezionista » Italie. Les peintres Caravagio, Paul Klee, Pablo Picasso et d’autres, figurent dans ce luxueux livre.

Le Centre Commercial Ville 2 de Charleroi, organise une exposition prestigieuse de plus de 100 tableaux. La bibliothèque Marguerite Yourcenar Château de Cartier à Marchienne fait de même en collaborant ensemble.

L’Angleterre lui décerne le Prix International England Award 2014.

Le Magazine International d’Information et d’Education Culturelle (France) l’invite à participer comme peintre au dossier : La mort du Langage. Mots de guerre dans « Levure littéraire N°10 » dans la rubrique : Lettres et arts : www.levurelitteraire.com

La Sabam lui consacre une page dans son Sabam Magazine n° 79.

En 2015, Les Editions Chloé des Lys, Belgique, publient son recueil poétique Méandres illustré par l’auteur préfacé par Joseph Bodson, Président de l’Association Royale des Ecrivains de Wallonie et traduit en italien par la poétesse et essayiste Maria Teresa Epifani Furno.

L’Académie Internationale Arte 74 en collaboration avec l’UNICIF et L’ONU lui décernent le prix « Artiste pour la Paix ». Bel RTL lui consacre une interview dans l’émission : Bel RTL chez vous – Monceau-sur-Sambre : peintre pour la paix : www.rtl.be

Salvatore Gucciardo, peintre, poète, dessinateur et illustrateur autodidacte est né à Siculiana (Agrigento) Italie en 1947. Il vit en Belgique depuis 1955. Il a plus de 45 ans d’activités artistiques. Ses œuvres ont été acquises par le Musée Royal des Beaux-Arts de Charleroi, le Musée des Arts Plastiques et graphiques de Mouscron, par la ville de Bruxelles, la ville de Châtelet, La Province de Hainaut, la ville de Montermurlo (Italie), le Centre Culturel la Posterie à Courcelles, La Région Wallonne.

Ses prix récents sont :

Lauréat de l’Artiste pour la Paix 2015, Italie, UNICEF, ONU.

Prix International England Award 2014, Angleterre.

Prix Regards d’Auteur 2013, Italie.

Prix Ambassadeur de l’Art 2012, Italie.

Prix de l’Artiste International 2011, Italie.

Bienfaiteur des Arts et de la Culture 2009, Italie.

Prix Botticelli 2008, France

Prix Européen des Arts Léopold Sédar Senghor 2006, France.

Publié dans présentations

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En juillet, quoi de neuf sur notre blog ????

Publié le par christine brunet /aloys

Tout d'abord, le résultat du concours :

Texte 1 : Les coquelicots / Christian Eychloma

Texte 2 : La vengeance / Jean-François Foulon

Texte 3 : Obsession / Micheline Boland

Texte 4 : Le parfum / Micheline Boland 1 vote

Texte 5 : L'amitié / Candice Lamy, (13 ans) 1 vote

Texte 6 : La vengeance est un plat qui se mange froid /Jeanne R

Texte 7 : Revanche éternelle / Philippe Wolfenberg 1 vote

Texte 8 : La veangeance est un plat qui se mange froid / Luma Juel

Texte 9 : Combat de l'une, combat de l'autre / Carine-Laure Desguin 4 votes

******

Le texte gagnant est le texte n° 9 !!!! Bravo

Merci à tous les participants pour nous avoir proposé des textes originaux et de qualité et aux très nombreux lecteurs qui sont passés sur le blog ! Je vous donne rendez-vous début octobre pour le prochain concours sur le voyage !

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LE COUP DE GUEULE DE CARINE-LAURE DESGUIN

 

 

 

— Carine-Laure, un recueil collectif ? Belle couverture ! Un titre provocateur ? Tu nous expliques ?

— Oh, oui, voici quelques explications. Un concours initié par Le coin aux étoiles https://www.facebook.com/LeCoinAuxEtoiles?fref=ts. Le thème ? Les tristes conditions de vie des artistes. Tout un poème…Le concours a reçu pas mal de succès, beaucoup de participants. Le comité (Florian Houdart, Ombre Louve et Laurent Roman) a sélectionné une quinzaine de textes et c’est le très beau texte de Thierry Ries « Hors les murs » qui s’est détaché largement des autres participations. Un texte fort. Très révélateur du mal-être des acteurs culturels face aux choix de nos politiciens.

— La couverture est flamboyante !

— Oui, cette couverture est signée Ombre Louve. J’aime beaucoup ces couleurs et ce dragon est irrésistible, non ?

— Carine-Laure, il se dit que ce recueil est un recueil de textes pamphlétaires pour dénoncer les absurdités de Mons 2015 ?

— Ah, Mons 2015 ne fait pas l’unanimité, c’est certain. Les artistes régionaux qui ont une vitrine pour cet événement culturel se comptent sur les dix doigts, c’est bien triste. Pour ma part, j’ai écrit un texte théâtral, j’ai joué la carte de l’humour. Je n’aime pas trop que la littérature soit prise en otage. Les auteurs ont écrit un texte répondant à la consigne de départ : les tristes conditions de la vie des artistes. Il n’était nullement question d’écrire un pamphlet contre Mons 2015. Je déplore que l’on manipule les auteurs de cette manière, à leur insu. Ce n’est pas honnête, à mon avis. C’est mon coup de gueule et je suis heureuse d’avoir pris le micro hier soir pour donner mon avis.

— Mallarmé transpire encore ?

— J’aime la création littéraire. Les idées, oui d’accord, mais avec une certaine limite, il faut que le texte reste dans le concept de création littéraire. La littérature ne doit pas être prise en otage, elle est trop belle pour ça. Ces gens qui prennent la littérature en otage n’aiment pas la littérature. On pourrait s’opposer à Mons 2015 en étant plus créatif que ça. D’ailleurs, j’ai le soir même averti ma maison d’édition, Chloé des lys. Voici mon mail :

Bonjour les amis, 

 

Je suis allée hier à la sortie du recueil Monstre 2015. 

 

Le thème du concours était: les tristes conditions de la vie des artistes. 

 

Beaucoup de participants pour ce recueil, des auteurs suisses, français ...Des gens qui ont écrit sur ce thème, les tristes conditions des artistes. 

 

Hier, c'était la sortie du bouquin, au Coin aux étoiles. La sortie du recueil et un débat qui s'est centralisé (comme annoncé d'ailleurs) sur les inepties de Mons 2015 (que je ne discute pas, c'est une évidence).

 

Ce que je discute et je l'ai dit ouvertement d'ailleurs, c'est que ces gens du comité (Ombre Louve, Florian Houdart et Laurent Roman) ont manipulé les auteurs et se servent du recueil comme étant des textes pamphlétaires écrits contre Mons 2015. Ce qui est faux, archi-faux, les auteurs pensaient écrire au sujet de la triste vie des artistes. Si ce comité voulait se battre contre Mons 2015, il pouvait le faire d'une façon autonome sans se servir de ce recueil collectif édité par Chloé des Lys. 

 

 

 

Où est la littérature dans tout ça? 

 

Bien sûr qu'à Mons, les auteurs régionaux ont été évincé. Mais alors, il fallait jouer la carte de l'honnêteté et demander aux participants d'écrire un texte had hoc. 

Mais se servir des autres de cette façon, c'est fort triste. 

 

Pour cette raison, j'ai mis sur mon blog mon texte en entier. Et pour cette raison, je n'enverrai pas de matos pour les blogs édités par Chloé des lys, hormis ce coup de gueule qui me soulage énormément.

 

Belle semaine à tous, 

 

Carine-Laure

 

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N'oubliez pas le concours pour septembre !!! Faites-nous voyager !

Les auteurs à l'honneur...

 

Remarque : le blog ferme durant les vacances... du 31 juillet au 31 août inclus...

Rendez-vous le 1er septembre !

Vous pouvez continuer à envoyer présentations, textes et poésies pour la rentrée bien entendu !

 

 

Salvatore Gucciardo

Jeanne R.

Jean-François Foulon

Bob Boutique

Christine Brunet en invitée

Christian van Moer

Marie-Noëlle Fargier

Joel Godard

Carine-Laure Desguin

Emilie Decamp

Joël Volpi

Philippe Couillaud

Luc Harache

Levy Blancard

Louis Delville

Marie-Thérèse Carlier

Micheline Boland

Laurent Dumortier

Barbe Perrin

Rolande Michel

François Noul

Delphine Schmitz

Philippe Danvin

Publié dans ANNONCES

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Deux extraits de "Les chemins oubliés " de Bertrand Maindiaux

Publié le par christine brunet /aloys

Deux extraits de "Les chemins oubliés " de Bertrand Maindiaux

(...) De retour dans la chaleur de la ferme, François rassembla ses affaires, ses bagages et la trousse de secours, enfin ce qu’il en restait, et les plaça près de la porte, prêt à partir.

La maison était calme. Seul, dans la cheminée, le feu ravivé du matin craquait de temps à autre.

Sacha portant son enfant apparut dans l’encadrement de la porte séparant la pièce principale et celle qui était située à l’arrière. François lui sourit. Elle s’approcha de lui et, dans un regard rempli de fierté, lui tendit Mir. François prit l’enfant dans les bras. La petite Mir réveillée, silencieuse, semblait chercher François du regard. Surpris et ému, il embrassa la fillette et la rendit à sa mère. Sacha, dont les joues se mouillaient de larmes, bredouilla quelques mots, quelques phrases. Elle remerciait l’homme venu de loin, son sauveur, celui de sa fille aussi. Elle ne l’oublierait jamais. François n’en comprit que le sens. Il admirait Sacha. À ce moment, à ses yeux, du haut de ses 16 ans, elle incarnait le courage à l’état pur. Lui non plus ne l’oublierait jamais.

Quelques instants plus tard, le silence matinal du village fut rompu par l’arrivée d’un véhicule.

**********

Un second extrait...

François voulait et devait à tout prix garder son calme mais devant l’ampleur de la tâche, tout en lui n’était que questionnement… comment allaient-ils faire ? Il sentait son cœur battre dans sa poitrine.

  • Tu n’as pas l’air inquiet ? Comment y parviens-tu ?, lui demanda Lisa, apparemment prise de panique.

« Si tu savais... », pensa-t-il. Et il lui répondit d’un clin d’œil.

Ils étaient maintenant prêts pour l’intervention... mais que faire ? Qui étaient-ils pour oser pratiquer un tel acte médical ? Mais tenter quelque chose ne valait-il pas mieux que de ne rien faire ? Toutes ces questions, François se les posait en boucle depuis sa première vision de cette maison de l’apocalypse.

Lisa s’était d’initiative placée à hauteur de la tête de la jeune femme et commençait à lui parler, tentant de la rassurer. La jeune Sacha, les yeux révulsés, était secouée régulièrement de soubresauts au rythme des contractions.

S’étant placé en bout de table, délicatement, François souleva le drap qui couvrait le ventre et les jambes de Sacha. De son doigt ganté de latex, il indiqua à Lisa :

  • Regarde…, lui dit-il doucement, en forçant la voix pour qu’elle ne tremblote pas afin de ne pas effrayer l’assistance.
  • Oh !, fit Lisa portant la main à sa bouche, effrayée plus que surprise, que va-t-on faire ?

Un petit pied, légèrement bleuté par la poche qui l’emballait encore, un petit peton, dépassait de la vulve ouverte et sanguinolente de la jeune femme.

Nonobstant son manque d’expérience en la matière, il lui semblait peu probable qu’un accouchement ainsi engagé puisse se conclure normalement.

  • On va devoir faire une césarienne, Lisa, dit-il sans laisser la moindre chance à une hésitation.
  • Qui ? Nous ?..., demanda la Portugaise, estomaquée.
  • Qui d’autre ?, répondit-il en la fixant droit dans les yeux, Si on ne fait rien et vite, elle va mourir, ils vont mourir tous les deux… tu sauras vivre avec ça ?
  • … non, bien sûr, mais je ne sais pas si…, balbutia-t-elle.
  • Ne t’inquiète pas, ça va aller…, la rassura-t-il d’une voix qu’il voulut douce… mais au fond, c’était plutôt lui-même qu’il essayait de rassurer.

Publié dans Textes

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Concours "Les petits papiers de Chloé" texte 9

Publié le par christine brunet /aloys

Combat de l’une, combat de l’autre

Au troisième étage d’une tour qui en compte nonante-neuf, une mère et sa fille. Toutes deux regardent par la fenêtre. La mère, debout, tient dans sa main droite une tasse de café. La fille est assise, faussement reelax, sur l’appui de fenêtre, tantôt elle se tourne vers sa mère (elle cherche chez elle une quelconque réaction), tantôt elle jette un regard victorieux sur la foule en délire.

La mère. Ces manifs me tuent. La ville est en sang. Les gens sont fous. Ecoute-les ! Regarde-les !

La fille (moqueuse). Demain, la loi sera votée. Ce progrès, c’est le tien.

La mère. La loi sera votée…

La fille. Comment ? Tu n’as pas l’air de te réjouir de cette réussite ? Ma réussite. C’est moi, ta fille, c’est moi qui ai concocté dans ma propre cervelle cette petite trouvaille…Tu vois, tu as eu raison de t’investir dans mes études ! Le jeu en valait la chandelle ! Je suis le fruit de ton éducation, maman…A quoi penses-tu donc à l’instant, là, tout de suite?

La mère (nostalgique). Le jour de ta naissance. Le plus beau jour de ma vie. Je pense à toutes ces femmes qui désormais ne connaîtront pas cet instant. Par ta faute. Par la mienne aussi, en quelque sorte…J’étais si fière de ton intelligence, de tes années d’université, de tes réussites, de tes succès dans cette biologie expérimentale, de ces bourses que les états du monde entier accordaient à ta fondation, de tous ces chercheurs qui bossaient des heures et des heures, pour toi, pour tes travaux. J’étais si fière de tout ça…

La fille (avec sarcasme). Je ne comprends pas pourquoi aujourd’hui, tu remets tout ce travail en question. C’est un grand pas en avant pour la cause féministe, maman ! Le féminisme, le combat de ta vie !

La mère (ne répond pas à sa fille, ne tourne pas la tête vers elle non plus, son regard est fixé vers la foule). Je pense à toutes ces familles qui seront plongées dans des discussions sans fin…Il y aura des séparations, des amours avortés. Des femmes seront privées de ça, donner la vie…

La fille. Les hommes sont demandeurs ! C’est pour eux que ces recherches ont abouti !

La mère (haussant le ton). Il y a des massacres en bas de nos fenêtres ! Le sang éclabousse les murs de la ville ! Et tu restes sur ta position ! Combien de morts as-tu provoquées depuis l’annonce de cette « découverte » ? Des gens se sont entretués pour ne pas que cette loi soit votée ! Et ces enfants nés dans de tels utérus seront-ils encore normaux dans cinquante ans ? Et ces enfants-là, comment enfanteront-ils, eux ?

La fille. Mes résultats sont infaillibles, c’est certain. Et d’autres chercheurs prendront la relève. Moi, basta.

La mère. Tu m’effraies, ma fille, tu m’effraies. Tout m’effraie en toi. Ton assurance. Ta détermination.

La fille. Mon assurance, ma détermination ! Justement des qualités, d’après toi ! De belles qualités pour une femme, disais-tu ! Désormais, je vivrai ma vie. Et pas la tienne.

La mère (toujours le regard rivé vers la foule en délire). Je voulais que tu sois indépendante, que tu ne dépendes pas d’un mari…

La fille. Aujourd’hui, avec ce progrès gigantesque et cette loi votée, c’est une guerre que les femmes ont gagné ! TA guerre ! Les demandes affluent déjà dans les cliniques ! Dans neuf mois exactement les premiers enfants issus de ces utérus verront le jour. En fait, chère mère, c’est TA réussite. Tu ne voulais pas une fille, tu voulais un cerveau !

La mère (résignée, laissant tomber sa tasse de café et ne la ramassant même pas). J’avais lu Huxley, lorsque j’étais adolescente. Tous ces enfants dans des tubes, cela m’attristait. Ce matin, des manifestants se tuent sous mes fenêtres. Parce que les recherches scientifiques de ma fille ont abouti. Des embryons grandiront dans des utérus implantés chez… des hommes. Dans neuf mois, des hommes accoucheront d’un enfant. A cause de moi…

La fille (se croise les bras et regarde sa mère, avec de la moquerie dans la voix). Je hais la médecine. Je voulais être une artiste. Je voulais être une femme. Avec des dentelles et du mascara sur les cils. Je voulais chanter, danser, écrire. Une artiste, maman, je voulais être une artiste. Demain, des hommes accoucheront. Moi, je tire ma révérence, je ferme ces rideaux-là et je pars. Pour en ouvrir d’autres. Une artiste, maman, je veux être une artiste.

Publié dans concours

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Concours "Les petits papiers de Chloé" texte 8

Publié le par christine brunet /aloys

La vengeance est un plat qui se mange froid…

L’offense sera lavée, je rumine, remâche et mûris un banquet punitif à faire froid dans le dos.

Au rythme lent d’une alléchante élaboration d’agapes gargantuesques, j’ai dressé les petits plats dans les grands: tous ont déserté le vaisselier.

Pas de platée de purée pour cette épopée épicée, j’ai échafaudé un somptueux buffet froid.

Œil pour œil, dent pour dent, que les réjouissances vengeresses laissent à plat cette engeance ! Sans aucunement lui faire du plat, j’ai crié ma vengeance dans une opulente bombance.

Au diapason de la réparation, j’ai médité de bons petits plats, abondants, à l’égal de mon ressentiment.

Entrées, plats de résistance, entremets, desserts participent à la fête savoureuse.

Viandes, crustacés et poissons jouxtent fruits pulpeux et légumes colorés dans cette

vendetta délectable.

Tout a été accommodé, assaisonné longuement, à petit feu, puis sagement refroidi pour le châtiment.

Les saveurs de la terre, de la mer et du ciel dansent élégamment dans ce ballet culinaire.

Mille et une sauces, chacune relevée d’un brin de courroux, d’une pincée de rancune aromatisent mon éventaire gastronomique.

Devant l’étalage revanchard de ces victuailles, je hume, avec délectation, le bouquet vengeur qu’elles

diffusent, fragrance qui me pénètre délicieusement.

Or, dans la gourmande attente de mon offenseur, un doute s’insinue et exhale soudain un parfum aigre et âpre qui s’obstine farouchement…

J’ai perdu le fil de mes desseins dans ce dédale culinaire, mais je garde la tête froide. Assurément, le gifleur n’est pas à la hauteur de ces délicatesses.

Au risque de tomber à plat et sans y mettre les pieds, je savourerai seule ces succulentes représailles !

Bon appétit ! Justice est ainsi faite !

Publié dans concours

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Concours "Les petits papiers de Chloé" texte 7

Publié le par christine brunet /aloys

Revanche éternelle

L’après-midi touche à sa fin. La Riviera italienne se caractérise, notamment, par cette lumière exceptionnelle qui accentue, si besoin est, la fascinante beauté des alentours. Le long de la strada, une propriété attire le regard. Elle habille tout le flanc d’une colline avant d’être brutalement interrompue, quelque cent mètres en contrebas, par la Méditerranée. Une moitié est couverte de maquis et l’autre plantée de pins et de palmiers imposants ainsi que de cyprès filiformes.

Parmi cette nature exubérante, dont plus aucun jardinier ne freine les ardeurs, se dresse une demeure inoccupée : un magnifique palazzo d’autrefois aux tons ocre (jaune pour les murs et rouge pour les tuiles) rehaussés par l’émeraude des volets à claire-voie.

Une terrasse ceinture l’édifice. Elle est surmontée d’une galerie en pierre blanche soutenue par des colonnes construites dans le même matériau et semble inviter à la contemplation de l’incomparable vue qu’elle offre sur la baie.

Le vent du large fait frémir le feuillage d’un olivier quasi millénaire et repousse, pour quelques instants encore, les assauts du crépuscule. C’est ce moment précis où la frontière entre le jour et la nuit devient floue et que, parfois, on appelle « entre chien et loup ».

Si les vivants ont déserté l’endroit – cette belle villa est en vente depuis des lustres – il est, pourtant, toujours habité par les souvenirs de ceux qui y vécurent heureux, certes mais aussi, sans doute, par leurs fantômes.

Rien n’a vraiment changé depuis la mort des derniers propriétaires. Dans le petit salon, chaque meuble se pare d’un drap blanc tandis que le parquet est saupoudré d’une fine couche de poussière. Aux murs, des peintures de paysages et d’animaux. Et, sur un guéridon en acajou, mystérieusement dépouillé de son linceul, un cadre en bois cérusé protège la photo d’un couple. Elle, la quarantaine, les cheveux noirs, les yeux marron clair, la bouche gourmande et le sourire prometteur, ne peut cacher ses origines de fille du Sud. Lui, par contre, plus âgé et moins spontané (quoique son regard espiègle démente ce jugement trop hâtif) donne l’impression de venir d’un pays où le soleil est moins présent.

Si l’on prenait la peine de retourner cet instantané de bonheur, on découvrirait une suite de mots, couchés d’une écriture féminine élégante, confirmant ce sentiment : « Le jour où nous avons su que nous étions des âmes jumelles… »

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Ils s’étaient rencontrés tardivement comme si le temps avait voulu se jouer d’eux. Mal lui en avait pris car, dès lors, ils avaient mis tout leur cœur à le rattraper et s’étaient aimés avec la passion de ceux qui n’ont plus rien à perdre mais, au contraire, tout à gagner.

Ensuite, il avait pris sa revanche… En partie, du moins puisqu’ils avaient décidé de partir ensemble.

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Le ciel est dégagé. La lune est pleine et sa lumière irréelle inonde la pièce par les seules fenêtres de la maison qui, étrangement, ne sont pas obturées par les contrevents. La tapisserie défraîchie faisant office d’écran, les ombres distillées par les arbres complices, piégés depuis tant d’années dans le parc, ont pris la forme de deux corps enlacés.

Ainsi en va-t-il des amants à jamais conjugués et du temps assassin qui, inlassablement, en décousent sans donner l’impression de pouvoir se départager… Et pourtant, celui qui régit les heures, les minutes et les secondes n’a que sa solitude à opposer à la gémellité célébrée par ces doubles parfaits et qui est, au final, la plus belle des victoires !

Publié dans concours

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Concours "Les petits papiers de Chloé" : texte 6

Publié le par christine brunet /aloys

« La vengeance est un plat qui se mange froid »

Jour de la Saint Valentin, deux jeunes hommes, Pierre et John, sont attablés dans un grand restaurant parisien étoilé. La nuit vient de tomber, les bougies ont été allumées sur leur petite table ronde. La commande est déjà passée ; ils sont en grande conversation quand un serveur apporte un vin millésimé…

Précisons que, la veille encore, ils s’étaient disputés pour une histoire de factures. Il est à savoir que Pierre, venant d’un milieu simple, s’était hissé au poste de directeur de publicité dans une firme importante de la capitale tandis que John, un danseur d’origine anglaise, végétait dans une boutique de luxe ce qui ne l’empêchait pas, depuis trois ans au moins, de dépenser sans compter l’argent de son compagnon de vie…

Pierre : Trinquons à… à la paix entre nous, John ! Humm, le vin est à bonne température. Et dire que la vengeance est un plat qui se mange froid, nous dit l’adage populaire.

John : J’aime le vin mais je n’aime pas le populaire.

Pierre : Alors, tu ne m’aimes pas.

John : Qu’est-ce à dire ? Il faudra un peu plus que des mots pour ne plus t’aimer.

Pierre : Et que te faudrait-il donc ?

John : Que tu te venges de moi ?

Pierre : Et pourquoi le ferais-je ?

Arrive le plat de résistance. Une fois servi, John réagit :

John : Parce que je t’ai trompé.

Pierre : Tiens, tiens. Tu es en train de me dire que si je me venge tu ne m’aimeras plus, et à côté de cela tu me demandes de me venger de toi, mais tu as trop bu ? De toute façon, je ne te crois pas.

John : Tu as tort car je suis très sérieux.

Pierre : Et si je n’ai pas envie de te croire.

John : C’est ton problème, mais le fait est là.

Pierre : Peux-tu m’en dire plus ?

John : C’est simple, la semaine dernière lorsque le pépiniériste est venu nous livrer les deux arbres pour notre terrasse j’ai cru bon de lui offrir une ou deux bières. Nous nous sommes assis dans le canapé pour les déguster et avons discuté longtemps… de fil en aiguille, il m’a paru de plus en plus séduisant ; croyant comprendre que je lui plaisais aussi il m’a attrapé la main, l’a baisée et je me suis laissé faire.

Pierre : Pfff ! Pour un peu tu serais une victime. Essaie plutôt d’être convaincant, je doute encore.
John : J’étais consentant malgré avoir bu trois bières d’un coup. Bref, on a fini par s’enlacer, et tu devines la suite…

Pierre : Tu sais bien que je n’ai aucune imagination.

A présent, les deux hommes tout gais se sourient pendant que les autres mets défilent.

John : Tu le fais exprès, Pierre ? Dois-je te dire que nous avons fini par aller dans la chambre à coucher ? Eh oui, c’est là où nous nous sommes accouplés.

Pierre : Ah ah , tu dis accouplés ; n’est-ce pas un peu désuet, voire précieux, de présenter les choses ainsi ? Dis, j’espère qu’il ne t’a pas mis enceint(e). Ah, ahahhh…

John : Pierre, je ne te permets pas de te moquer.

Pierre : Holà, tu ne veux pas que je me moque mais tu me demandes de me venger, et pire encore.

John : Pourquoi ne prends-tu rien au sérieux, pas même moi ?

Pierre : Pour ne pas être déçu, pardi !

John : Moi, je t’aime, je t’aime. Dis-moi, et toi tu m’aimes ?

Pierre qui mangeait les mots de son ami se garde bien de répondre. Inquiet mais non confus, John redemande avec un accent anglais délicieux :

John: Tu m’aimes, dis ?

Pierre : Après ce que tu viens de m’avouer tu voudrais que je t’aime encore plus.

John : Un peu, oui, car la preuve d’amour je viens de te la donner en te racontant mon infidélité et surtout en étant ici ce soir avec toi.

Pierre : Il est vrai que tu aurais pu décommander… quoique tu es si gourmand, et c’est moi qui t’invite. Bon, bon, admettons que je te crois.

John : Donc, il n’y a plus de problème.

Pierre : Oui et non ! A tout considérer, mon problème est comment vais-je me venger puisque tu m’y obliges ?

John : Attends que nos plats refroidissent.

Pierre : Très drôle !

Le dessert fut exceptionnel, les deux complices se lèchent encore les babines…

John : Merci de m’avoir régalé, Pierre, tu es un amour.

Pierre : Comme toujours.

Vint l’heure de l’addition, laquelle arrive sur un plateau d’argent. John montre du doigt la note, ce qui fait dire à Pierre sur un ton sec :

Pierre : Attends ! Hors de question que je paie, je te laisse cet honneur.

John : Oups ! Mais tu as vu tous les chiffres qu’il y a sur la note, c’est beaucoup trop cher pour ma bourse, tu sais bien que je suis toujours à découvert.

Pierre : Holà, très cher, c’est ton problème. Et puis, tu voulais que je me venge, voilà c’est fait !

John : Je t’ai menti tout à l’heure, je ne t’ai pas trompé avec le pépiniériste….

Pierre : Blablabla, je ne te crois toujours pas. Maintenant je te laisse, on se retrouve à l’appartement. N’oublie pas le pourboire et sois généreux ! Ah ah, je me demande bien quelle sera ta vengeance, sera-t-elle froide, sera-t-elle tiède ? Bye bye, moi, je t’aime bien quand même !

La vengeance serait-elle un plat qui se mange vraiment ?

Publié dans concours

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