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Michel Orin nous propose un extrait de son roman "Aux quatre coins du cercle"

Publié le par christine brunet /aloys

Michel Orin nous propose un extrait de son roman "Aux quatre coins du cercle"

J’ai senti mon cœur s’emballer alors j’ai fait un pas vers ce foyer ombragé. Ce mouvement suffit à réveiller le chien. Là dans son crâne, deux yeux rougis par le soleil se sont mis à rouler. Ses crocs scintillants ont rajouté des soleils dans ce jour qui n’en finissait plus. La lumière s’est intensifiée autour de sa tête pour n’être plus qu’une mâchoire incandescente qui dévorait mes yeux. La gueule bavait des boules de feux, certaines brûlaient le poil déjà trop cuit du cerbère empoisonnant ainsi l’atmosphère. La bête a bondi, est retombée près de moi et s’est écroulée. Du sang coulait de son crâne éteint.

Alice, une fois de plus, m’avait suivie.

Son revolver à la main, elle regardait le chien. Je lui ai arraché l’arme des mains. Son menton s’est planté dans sa poitrine ruisselante de chaleur.

Je l’ai conduite au bord de l’eau et là, je lui ai relevé la tête. Ce seul geste suffit à lui rendre le sourire. Ses dents trop blanches ont surgi du silence, comme une rangée de comètes de derrière le rideau
paisible que formaient ses lèvres. Le ciel s’est illuminé, affamé. J’ai voulu fermer les yeux, mais la chaleur avait contracté le moindre des muscles de mon visage. Je me suis accrochée au revolver comme à une bouée. J’ai tiré. Et c’est avec le tonnerre surgi de mes doigts, bruyant et sentant la poudre, que les premières fissures de ma vie sont apparues. J’ai compris en n’apercevant pas mon reflet dans l’eau qu’il n’y serait plus. À sa place le visage d’une autre flottait sur l’onde.
Visage anonyme qui, un peu comme ces photos sur les tombes n’appartient plus à personne. Alors j’ai encore tiré, tiré, tiré, tiré sur cette image qui me souriait sans pouvoir l’effacer. C’était comme quatre flashs dans la solitude d’un photomaton, à la sortie d’une gare qu’on ne connaît pas.

Michel Orin

Publié dans Textes

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L'avis du blog "les lectures d'une orange" pour Histoires à mourir de vivre de Rachel Colas et Anaïs Valente

Publié le par christine brunet /aloys

http://leslecturesduneorange.blogspot.be

http://leslecturesduneorange.blogspot.be

L'avis du blog "les lectures d'une orange" pour Histoires à mourir de vivre de Rachel Colas et Anaïs Valente

http://leslecturesduneorange.blogspot.be/2015/10/histoires-mourir-de-vivre.html

Résumé

Des tourments qui s'apaisent à la mort d'êtres chers, un attaché-case meurtrier. Des cauchemars qui prennent vie. Un genre qui tue. Des fils d'or qui invitent à la mort. Cinq minutes qui s'octroient le droit de vie... ou pas. Une robe de plumes de corbeau qui ravit son créateur. Du sexe sans limite avec une célébrité. Ou pire. Facebook qui assassine. Plus rien ne sera comme avant lorsque vous aurez lu ces histoires!

Car l'heure a sonné. Tout est dit. Alors autant mourir... de vivre. Maintenant.

Avis

J'ai beaucoup aimé le fond de ces histoires. Elles font réfléchir à la manière de voir les choses. La manière de les raconter me plaît beaucoup. J'ai aimé les nouvelles des deux auteurs, mais ma préférée reste quand même la nouvelle "Vierge", de Rachel Colas. La subtilité de cette histoire est extraordinaire. Disons que l'on en a pas la même idée au début qu'a la fin. Son personnage n'est pas du tout celui qu'on imaginait. Il y a par contre quelques nouvelles que je n'ai pas comprises. Pas tant par leur vocabulaire mais plus par la formulation des phrases. C'est très spécial et le message qu'a voulu faire passer l'auteur n'a pas atteint mon cerveau. Peut être était ce simplement de l'inattention. Si je devais en tirer une conclusion, je dirais que j'ai beaucoup aimé ce livre et que les nouvelles valent la peine d'être lues même si je n'ai pas compris certains passages. Je vous le conseille.

Candice

Publié dans avis de blogs

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Joël Godard nous propose un extrait de son ouvrage "Ailleurs est un pays aux rivières lentes", en deux parties

Publié le par christine brunet /aloys

Joël Godard nous propose un extrait de son ouvrage "Ailleurs est un pays aux rivières lentes", en deux parties

Joël Godart nous présente deux poèmes en prose extraits de son recueil : «Ailleurs est un pays aux rivières lentes».

2e Partie

Avec la prose poétique, cette liberté de l’auteur devient plus grande encore. Songeons aux précurseurs : Aloysius Bertrand, le Baudelaire des Petits poèmes en prose, Rimbaud et ses Illuminations, Michaux, Char, Ponge ... Si Baudelaire calque souvent sa prose sur des vers déjà écrits, avec Rimbaud le poème en prose prend sa fulgurance : traduction d’ hallucinations , travail de la mémoire et du rêve, recherche d’un monde nouveau et à venir. Bref , jamais plus grande liberté n’avait été accordée au poète. Mais, hélas, quel défi démesuré pour l’auteur !

XXXIII

Et nous étions tous les deux accrochés sur l’aile

de l’ oiseau. Nous nous regardions en riant, étendus

de tout notre long, les bras en avant, tandis que les

ailes battaient, battaient. L’air sifflait à nos oreilles,

on voyait tout en dessous de nous de grands nuages

défiler. Soudain sans que nous sûmes pourquoi,

l’oiseau se mit à descendre. Nous enfouîmes nos

visages dans le fin duvet blanc, les mains crispées sur

notre monture. Puis tout se redressa, nous reprîmes

notre souffle. Quand nous basculâmes dans le vide,

l’air avait pris la forme d’une bouteille.

XLVIII

L’été s’était posé à nos pieds : il avait suffi de se pencher

pour vous saisir, jours dorés. Ailes à l’abri dans nos dos,

nous allions parmi vous, nous étions des vôtres.

Mais c’est le soir que nous prenions soudain notre envol :

un geste de l’un d’entre nous et nous nous mettions en

mouvement , parcourant tous vos horizons, découvrant toutes

vos chimères. Et c’est avec étonnement que, levant la tête,

vous nous suiviez des yeux, regardant tournoyer sans fin nos

longues silhouettes, cependant que la nuit, nous enveloppant

peu à peu, transformait votre univers en un bruissement

soyeux.

Publié dans Poésie

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Fiche auteur, Le testament, Emmanuel Serdet

Publié le par christine brunet /aloys

Fiche auteur, Le testament, Emmanuel Serdet

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Fiche auteur, La ballade des dames à poussette, Didier Fond

Publié le par christine brunet /aloys

Fiche auteur, La ballade des dames à poussette, Didier Fond

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Laurent Dumortier et Patrick Beaucamps dans la revue "17 secondes"

Publié le par christine brunet /aloys

Laurent Dumortier et Patrick Beaucamps dans la revue "17 secondes"

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Le fauteuil à bascule

Oscille, tel un métronome,

Tandis que le vent

Pousse son cri plaintif

Dans les branches de l’arbre centenaire

Ce soir encore,

Il ne rentrera pas...

Laurent Dumortier

****

Crépuscule

Il fait encore noir

quand je pars travailler

et le soir tombe déjà

lorsque je rentre chez moi.

Debout dans l’entrée,

ma femme me murmure :

« Ça y est… C’est arrivé »

Un ciel bas et nacré

voile l’horizon.

Saint-Nicolas, Père Noël,

Lapin de Pâques et Petite Souris.

Les voilà tous à présent,

sortis de sa vie.

Patrick beaucamps

Publié dans articles

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Christine Brunet, Dégâts collatéraux, une réédition en 1 volume de ses 2e et 3e romans

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet, Dégâts collatéraux, une réédition en 1 volume de ses 2e et 3e romans

Résumé

Le Jura… D’importantes sommes d’argent disparaissent lors de transferts sécurisés vers l’Italie.

Naples… Des témoins sous protection sont débusqués et éliminés. Les preuves disparaissent, les pistes s’enlisent. Qui tire les ficelles ?

La Force Spéciale Européenne, ébranlée par le comportement incohérent de certains de ses policiers, est chargée de l’affaire.

Un écheveau de présomptions et de découvertes scabreuses entraîne alors Nils Sheridan et Axelle de Montfermy sur la piste d’une organisation qui œuvre dans l’ombre pour renverser les gouvernements démocratiques : ses pions sont en place, l’action terroriste la plus vaste jamais imaginée est en marche. Axelle joue alors contre la montre pour débusquer les chefs de réseaux et éventer leurs plans.

Une chasse à l’homme dont aucun ne ressortira indemne.

*******

Extrait

- Sheridan, dans mon bureau !

La voix de Meyers, le patron du MI6, résonna dans l’intercom. Le grand blond posa avec froideur son regard acier sur l’appareil et se leva. Pas moyen de rester trente secondes tranquille !

Il quitta la pièce, monta deux étages et se retrouva face à la porte vitrée du bureau de son chef.

- Entrez…

Inutile de frapper, l’autre savait, de toute façon, qu’il arrivait grâce aux caméras de surveillance. Il obéit donc et se planta devant une grande sauterelle au visage mangé par une barbe imposante et masqué par des lunettes à monture épaisse et verres fumés.

… Asseyez-vous. Avez-vous revu Mlle Seigner depuis Malte ?

La question avait de quoi le prendre au dépourvu. Aloys Seigner… Alie…

- Non, Monsieur.

- Une idée de l’endroit où elle se trouve ?

- Aucune, Monsieur.

L’homme se caressa la barbe pensivement.

- Où en êtes-vous, tous les deux ?

- Nulle part, Monsieur…

- Très bien. Dans ce cas…

Il lui désigna un dossier sur le bord du bureau. Sheridan se pencha et le prit, l’ouvrit et plissa le front en découvrant la photo de son ancienne maîtresse.

- Votre nouvelle mission, Sheridan. Vous la localisez et vous l’éliminez. Est-ce que ça vous pose un problème ?

- Aucun, Monsieur, assura-t-il d’une voix ferme et déterminée sans montrer la plus petite once d’hésitation.

- Vous êtes certain ?

- Absolument, Monsieur ! J’accepte cette mission mais j’aimerais que ce soit la dernière.

- La dernière ? Pour quelle raison ?

- J’aimerais postuler à la FSE, Monsieur.

Meyers se gratta la barbe avec agacement.

- Pourquoi pas, Sheridan… J’appuierai donc votre candidature. Pas de vague sur l’affaire Seigner, n’est-ce pas ?

L’Irlandais se leva en acquiesçant : ça allait de soi ! Il salua son supérieur d’un « Monsieur » laconique et quitta les bureaux de Londres pour ceux de Paris. En fin d’après-midi, il était au 52, rue Saint-Antoine, devant l’hôtel particulier d’Aloys Seigner, pour lequel il avait toujours la clé.

Il monta jusqu’au salon vide et sourit vaguement en se souvenant de tous les événements qui l’avaient rapproché de cette fille extraordinaire. Elle lui avait sauvé la vie plus d’une fois et c’était à lui, à présent, de lui renvoyer l’ascenseur : elle devait disparaître…

Un nom s’imposa à son esprit : Jacques Seigner, le frère, patron de la DGSE. À eux deux, ils parviendraient à la mettre à l’abri… Il avait une adresse mail ; il brancha tranquillement son portable, se connecta, envoya le courriel sécurisé. Il n’y avait plus qu’à attendre…

Il ouvrit le frigo… vide. Les placards… Des pâtes. Il fit chauffer une casserole d’eau, l’esprit tendu vers la mission et les possibilités qui s’offraient à lui.

- Sheridan, quelle surprise !

L’Irlandais leva les yeux et retira la main de son arme. Jacques Seigner… Pour du rapide !

- Monsieur…

- Alors, qu’est-ce qui se passe ?

- J’ai ordre d’éliminer Alie.

L’espion soupira et s’assit sur le divan en face de lui.

- C’était prévisible, la CIA est déjà sur le coup…

- Pourquoi, Monsieur ?

- Aloys est à Papeete pour l’enterrement de son précepteur, fit Seigner sans répondre à la question.

- Le Vieux est mort !

- Elle doit arriver après-demain par le même vol que vous aviez pris, vous vous souvenez ? Elle prend ses fonctions dans une semaine à la FSE… Pourquoi me prévenir, Sheridan ?

- Je lui dois la vie, c’est un juste retour des choses…

L’espion le dévisagea puis soupira.

- Il faut vous couvrir vis-à-vis du MI6. Alors, voilà comment ça va se passer…

*

Aloys Seigner paya son taxi et sortit dans la rue Saint-Antoine. Elle contempla la voiture qui se faufilait adroitement dans le trafic puis leva un œil vers son hôtel particulier. Elle avait l'impression d'avoir remonté le temps de quelques mois... Même mois, même ciel gris. À cette époque, elle ramenait dans ses bagages un Irlandais en cavale et s'apprêtait à prendre son poste de commissaire divisionnaire à la PJ de Paris... Un temps de doutes... C'était seulement un an auparavant.

Depuis, il y avait eu l'affaire Brenner, Hong Kong et son enlèvement, la folie de Chan Singri, sa survie inespérée, la guérison totale de son cancer, la mort du mafieux dans les souterrains maltais... Il y avait eu aussi son mariage factice avec l’Irlandais et leur croisière en Méditerranée. Si elle ne devait se souvenir que d'une seule chose, ce serait de cet épisode très particulier…

Mais aujourd'hui, elle revenait seule et avec de nouvelles perspectives professionnelles : elle était mutée au poste de directeur de la FSE, une promotion éclair, sans doute due à Singri... Quelle ironie !

Elle sortit de sa poche les clés de son appartement, sourit en pensant à Nils. Elle ne l'avait pas revu depuis Malte, sans doute en mission quelque part dans le vaste monde. Peut-être même pensait-il à elle...

Elle ouvrit la lourde porte assortie de ferronneries, remarqua l'odeur de propre puis un cadavre sur le sol... Une main l'alpagua avant qu'elle ait pu réagir. Une gigantesque explosion ébranla l'immeuble, déchiquetant le corps immobile dans le hall.

*

Au bout de la rue, une voiture déboîta tranquillement. L'homme blond au regard acier au volant reposa la télécommande sur le siège passager. Nils Sheridan avait fait son travail sans état d'âme : les ordres étaient d’éliminer Aloys Seigner et il avait accepté la mission sans hésiter. Son renvoi d'ascenseur à lui...

Il se gara pour laisser passer la police et les pompiers puis les ambulanciers, et s'enfonça dans le trafic sans avoir été le moins du monde inquiété.

Alie avait disparu de la surface de la planète... et de sa vie.

http://www.christine-brunet.com

Du même auteur:

Nid de vipères, E16 aux Editions Chloé des Lys ( Non Nobis Domine, Poker menteur, Convergences aux Editions Gascogne)

Publié dans présentations

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Jean-Louis Gillessen a lu "2401" de Bob Boutique

Publié le par christine brunet /aloys

Jean-Louis Gillessen a lu "2401" de Bob Boutique



Salut l'artiste,

J'ai bien reçu ton livre, c'est EXTRA !

Je ne peux m'en détacher, mais suis obligé, car 12000 chantiers et activités en cours tous les jours ...

Merci pour la dédicace,

2401 est un roman passionnant, et ton style me botte à ravir !

A bientôt pour plus de commentaires,

***

Salut Bob,

J'ai terminé la lecture de 2401 cette nuit à 02H27, à la fois content et triste qu'il n'y ait pas un autre sous la main ! J'en ai, pas de toi.

Extra le suspens du début à la fin ! Tes dialogues bien ficelés, ton humour bien présent, la joie de retrouver les expressions flamandes et le patois, les références nombreuses/films, musique, musées, personnes, quel pied !

J'ai noté : la seule faute/orthographe est le mot " événement " écrit 7 ou 8 x avec un accent grave, lors qu'il demande deux accents aigus.

Page 236 : " sur le la terrasse "

Page 304 : Ludwig Hess, puis Heinz.

Extra les " ... frisson glacé descend le long de son échine ... ",

heureusement qu'à la fin, Lieve dépose enfin sa bouche sur celle de Johan Chagrin !

Petit regret qu'ils ne se taillent pas ensemble à deux !

J'aime Stephan Eischer, suis fan !

Voilà, pas beaucoup de temps, mais voulais te souligner que ton livre est
au top des tops ! Ah oui, j'oubliais, tu devrais l'envoyer à Luc Besson, il en ferait un film du tonnerre ! Ton écriture est cinématographique, entre autres. Les plans coupés, les reprises, la description des lieux et des gestes + expressions, etc...

Jean-Louis Gillessen a lu "2401" de Bob Boutique

Publié dans Fiche de lecture

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Fiche auteur, Sur le fil, Perrine Marlière

Publié le par christine brunet /aloys

Fiche auteur, Sur le fil, Perrine Marlière

Publié dans fiche auteur

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Patrick Beaucamps nous propose un poème extrait de son nouveau recueil "Quand les vagues se retirent"

Publié le par christine brunet /aloys

Patrick Beaucamps nous propose un poème extrait de son nouveau recueil "Quand les vagues se retirent"

Mercredi après-midi

Dans la salle d’attente du dentiste

des revues traînent sur la table basse.

J’en survole au hasard et remarque

qu'elles datent toutes des années passées.

C’est rassurant en quelque sorte.

Tous ces faits qui ne surviendront plus.

Ces attentats et catastrophes qui

ne toucheront plus personne.

Un bref instant, je repense aux magazines

que je feuilletais d’une main et

que l’on se refilait entre internes

le mercredi après-midi.

Toutes ces filles sur papier glacé

qui me tenaient compagnie !

Que sont-elles devenues ?

Elles ont vieilli, sans aucun doute.

Sont devenues mamans

ou grands-mères même.

Leurs corps se sont fanés, flétris.

De vieilles personnes aujourd’hui !

Pire encore pour certaines.

N’ayons pas peur des mots :

des mortes.

Patrick Beaucamps

Publié dans Poésie

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