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Nikos Leterrier présente son recueil de poésies "Le temps d'exister avant le froid"

Publié le par christine brunet /aloys

Nikos Leterrier présente son recueil de poésies "Le temps d'exister avant le froid"

Biographie de Nikos Leterrier, auteur du recueil « Le temps d’exister avant le froid »

Né en 1975, Nikos Leterrier a vécu en Italie et en France. Poète et dessinateur lorsque ses obligations diverses le lui permettent, il s’est également essayé au théâtre amateur et même au flamenco, danse dont le caractère violent et grave lui permet de mettre en scène ses poèmes, puisque la poésie est fondamentalement un art oral plus qu’écrit.

Le temps d’exister avant le froid : résumé

Puisque la poésie est pour moi l’art même de la concision, comment résumer ces vingt-cinq poèmes ? Plus difficile encore serait de résumer les illustrations qui les accompagnent.

De quoi parlent ces poèmes ? Mais de tout ce qu’on ne peut dire que par l’invention d’un nouveau langage, ce qui est à la fois fragile et opiniâtre, ce qui s’impose avec la clarté d’un matin d’hiver, lorsque le monde à l’entour a changé de couleur en l’espace d’une nuit, et pourtant demande des heures de trimard au fond d’une mine obscure, parfois des années même, tant les mots justes se font parfois attendre.

Pour qui sont ces poèmes ? Pour tout un chacun et chacun d’un tout. Qui peut prétendre savoir à l’avance si un poème le touchera ou non ? Ainsi, à toi, lecteur inconnu, lectrice mystérieuse, qui prendra le temps de lire ces vers, je transmets les salutations respectueuses de mon imagination brouillonne, alimentée par les jeux étranges de l’existence, auxquels jamais je n’ai su m’habituer. Peut-être alors partagerons-nous, pour un instant fugace, à peine le battement d’un cil, le même langage.


Les chaînes de Saturne


Une chose abjecte se tient droite
Encombrant le seuil de ma porte étroite
Je crains cet automate sans substance
J’ai en horreur ce qui n’est qu’apparence


Je n’ai pas peur de la mort ni des pleurs
Ni des grandes ou petites douleurs
Ni de l’étranger ni du prédateur
Mais de ça, de ça seulement j’ai peur


L’os qui craque et perce la chair autour
L’oeil qu’on arrache et qui voit toujours
La peau qui hurle quand on la déchire
Il y a pire encore, bien pire


Mille fois je me réveille en hurlant
Tout entier mangé de tremblements
Parce que je me rappelle et j’entends
Leurs pas sur mes pas, tapis dans l’avant


Je les vois si nombreux : c’est une armée
Au seuil de ma demeure incendiée
Nombreux mais identiques à mes yeux
Par le vide qu’ils nourrissent en eux


Je les hais presque autant qu’ils me font peur
Ces monstres informes et sans odeur
Ce n’est qu’en haut d’une falaise à pic
Que je sens venir la même panique


Ils n’ont plus de sourires ni de larmes
Ils ne parlent que la langue du vacarme
Comme ils ne brillent que par l’arrogance
Ils voudraient partager leur ignorance


C’est la faim qu’on lit dans leurs yeux morbides
Car l’être vide de l’autre est avide
Dévorant sa proie sans rien en faire
Comme un feu sans chaleur et sans lumière


Je les vois affamés et blancs de rage
Tous au seuil de ma terreur sans visage
Je sais que si je me plie à leur loi
Il ne restera plus rien de moi


S’ils me touchent j’en deviendrai chose
Un outil, un objet dans leurs mains closes
Lisse et rond comme Saturne la folle
Où le ciel est enchaîné au sol


Car ils détestent les aspérités
Où s’accrochent et se blessent les idées
Dans l’étreinte rugueuse du réel
Quand la blessure se gorge de sel


Chaque nuit, chaque jour ils sont là
Toujours à l’affût, ils ne dorment pas
Puisqu’ils n’ont pas besoin de penser
Et qu’ils savent que je veux les tuer


Il est des êtres si peu mammifères
Qu’ils cherchent toujours à passer les fers
À qui choisit de leur tendre la main
Qu’ils rendent le pire pour le bien


Tu t’inquiètes de ma violence
Tu me reproches mon intransigeance
Mais tu sais... Il faut que je les haïsse
Quand ta clémence touche à l’injustice


Alors libre à toi de leur accorder
Ce pardon qu’ils n’ont jamais demandé
Mais moi... Moi je les maudirai toujours
Car il y a des actes sans retour


Ces fantômes ne craignent pas la mort
Mais je les forcerai à prendre corps
Avec des yeux que je pourrai crever
Et un coeur que je pourrai arracher

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Jacques Degeye et son dernier recueil "POèmes Inédits" dans ArdenneWeb

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.ardenneweb.eu/reportages/2015/jacques_degeye_iii

http://www.ardenneweb.eu/reportages/2015/jacques_degeye_iii

Jacques Degeye et son dernier recueil "POèmes Inédits" dans ArdenneWeb

Jacques Degeye (III)
Son dernier livre

Ce troisième article nous fait découvrir le dernier ouvrage de Jacques Degeye : « Poèmes inédits ». C’est un recueil de poèmes dédicacés à des personnes qu’il aime bien : au chanoine Xavier Corbiau, son mentor ; à Yvette sa belle sœur, à Marie-Louise et Jean, au philosophe Jean-Luc Marion, à l’historien Léopold Génicot, aux Russes Platon Lebedev et Mikhail Khodorkovski, entre autres.
Dans un premier temps, certains titres interpellent et pourraient faire penser à du négatif, citons « Déchirements », « Ténèbres », « La Séparation », « Noirs », « Vieillir », « Cruels », « Prisonniers » mais il n’en est rien. En effet, si nostalgie il y a, l’espoir d’une vie meilleure apparaît.
Jacques Degeye trouve son inspiration dans des faits précis de sa vie, élément banal ou capital, mais toujours en rapport avec les sentiments, la nature, l’éducation, les anciens et quelquefois avec l’actualité. Revendicatif de plus d’humanité, l’auteur s’insurge contre les injustices, les actions cruelles, les bas instincts, l’intolérance et les aléas de la vie.
Émotions visuelles, senteurs, sentiments, un peu comme dans les correspondances de Baudelaire, se mêlent au fil des vers de Jacques Degeye. Rythme et musicalité donnent du corps aux rimes, toujours bien choisies.
Degeye déclare que les gens les plus avisés transmettent leur nom au travers d’un musée, d’une bibliothèque, d’une institution, d’un mot, d’une pensée. Jacques fait partie du lot grâce à ce recueil.
Lorsque dans « L’envol », le narrateur s’interroge sur le rôle du poète, qui ne peut être spectateur passif, c’est bien cela aussi qui nous plaît.
Jean-Claude Blaise

Si cet article vous donne envie de lire Jacques Degeye, vous pouvez vous procurer ses livres soit auprès de son éditeur, CHLOE DES LYS (rue de Maulde, 26 à 7534-BARRY - chloe.deslys@scarlet.be son site internet est www.editionschloedeslys.be ) soit en prenant contact avec l'auteur : jacques_degeye@yahoo.fr, qui pourra vous les fournir ou vous préciser les libraires disposant de ses ouvrages.

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2401 de Bob Boutique : l'avis du blog "Au fil des pages"

Publié le par christine brunet /aloys

http://au-fil-des-pages477.blogspot.fr/

http://au-fil-des-pages477.blogspot.fr/

2401 de Bob Boutique : l'avis du blog "Au fil des pages"

"2401" de Bob Boutique

une lecture de Mélissa Poupaert du blog "Au fil des pages"

Résumé: "Mon nouveau thriller policier vient de sortir de presse ! Un suspense mystérieux de 450 pages, époustouflant, et comme d'habitude, une chute inattendue. A lire d'une seule traite dans l'avion de vos vacances puis sur la plage..."

Mon avis : Une lettre de dénonciation anonyme… Tout débute comme ça. Cette lettre n’est pas compliquée à comprendre non plus : la personne accusée doit, à son tour, envoyer une lettre du même style à une autre personne, sinon la dénonciation deviendra publique.

Ca parait simple. Et pourtant c’est loin de l’être.

En plein milieu d’un petit village des ardennes belges, des habitants bien sous tous rapports. Mais en grattant un peu le vernis, on découvre toujours de petits secrets honteux. Et l’intrigue démarre là-dessus.

D’un tout petit point de vue, en lisant cette lettre de dénonciation, j’ai mis le doigt dans un engrenage gigantesque ! En lisant les premières pages, j’étais loin de m’attendre à partir si loin, à découvrir de l’impossible pourtant réel, et à voir une organisation complètement démentielle.

Je n’ai pas vu défiler les pages. Il m’aura suffi de quelques heures pour lire ce roman. Bien qu’il fasse son poids, et que le nombre de pages soit conséquent, j’avais hâte de découvrir la suite.

Vous connaissez tout cela : encore une page.. allez, encore un chapitre… Et voilà que du coup, je suis arrivée au bout de l’histoire sans l’avoir vu arriver.

Intrigue, suspense, et mystères. Voilà ce que j’ai vu, et ça m’a plu !

Un petit bémol pa
r contre : si j’ai adoré le fil de l’histoire, les dialogues entre personnages m’ont parfois laissé un peu sur ma faim. Trop carré, trop succinct à mon goût. Une impression d’entendre les personnages parler de façon hachée. C’est dommage.

Points attribués : 8/10

Publié dans avis de blogs

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Chères mères, une nouvelle signée Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

Chères mères, une nouvelle signée Micheline Boland

CHÈRES MÈRES

En cette fin de printemps, j’avance à petits pas rapides dans le cloître baigné de lumière. J’ai pris du retard en arrosant les géraniums avant l’office. Je glisse pareille à une souris. Efficacité plutôt qu’empressement, douceur plutôt qu’agressivité.

Je pense à elle, Mère Marie des Anges. Je l’imagine les yeux grands ouverts, les lèvres pincées. Je la réentends : "Ma fille, vous comprenez bien, je me dois de prolonger votre noviciat. Vous ne correspondez pas au profil de nos sœurs, voyez-vous. Je dirais à votre propos : manque de profondeur, manque de connaissances, trop peu de spiritualité et de maturité. Vous n’avez que vingt-cinq ans. Vous pouvez encore attendre un peu."

Je transpire à grosses gouttes. Mes mains sont moites. La sueur coule le long de mes jambes. C’est comme ce jour-là, ce jour maudit où elle m’avait appelée dans son bureau. Oh, cette chipie qui ose me juger. Que celle qui n’a jamais pêché me jette la première pierre ! Moi, Seigneur, je veux juste te servir comme Marthe, la sœur de Lazare. Peu m’importe l’analyse de la Genèse, de l’Exode, du livre de la Sagesse, de l’Ecclésiastique, des Évangiles. Comme dit mon père, j’ai la foi du charbonnier, selon lui, la plus indéfectible.

Je pousse la porte de la chapelle. Un léger grincement et mes pas qui résonnent sur le carrelage. Les regards de quelques sœurs. Je croise celui de Mère Marie des Anges. Des yeux de braise. Elle n’a pas sourcillé. Elle a juste relevé le buste quelques secondes quand je suis entrée. Déjà, elle se tient courbée dans une posture de respect face à l’autel.

Mère Marie des Anges. Quatre-vingt-cinq ans de piété, dont cinquante-cinq passés dans ce monastère. De l’arthrose, de l’hypertension, une bronchite chronique, une vivacité d’esprit inaltérable. Grande, mince, les traits réguliers, une beauté toute classique. Une licence en histoire, un doctorat en théologie. Elle est issue d’une famille d’industriels richissimes et dévots.

Moi, infatigable, petite, ronde, un diplôme d’hôtellerie et un certificat d’aide familiale, une famille de traiteurs pratiquant la religion, irrégulièrement, au gré des banquets et des commandes.

Je regarde Sœur Lucie. Elle m’adresse un sourire plein de bienveillance. Oh, c’est certain, avec Sœur Lucie, je pourrais prononcer mes vœux au moment prévu, c’est-à-dire en juin. Je serais vraiment admise dans la communauté et reconnue par elle. Ne suis-je pas une bonne ouvrière, une abeille butineuse, une fourmi laborieuse ? N’ai-je pas ce sang neuf, cette jeunesse, cette fraîcheur dont on a tant bien besoin ici ? Ici, on manque de bras. Moi, j’offre mes bras, ma foi et mon courage à toute épreuve.

Je m’assieds près de Sœur Angèle, quarante-cinq ans, la dernière à avoir prononcé ses vœux !

Je prends le livre de prières dans l’entaille de la chaise et je lis à voix basse, en prenant soin de remuer les lèvres pour prouver à celle qui en douterait que je lis et que je ne rêvasse pas ! Puis, je repose le livre dans l’espace prévu, je joins les mains, je pense à l’organisation de ma journée, aux tâches réalisées et à celles à réaliser. Laver les vitres du cloître, préparer la soupe et la potée aux carottes, préparer le sirop de sauge pour Mère Marie des Anges, cirer le parquet du parloir, agrafer les nouveaux feuillets de chants. Je suis excitée comme une puce à l’idée de tout ce travail à accomplir. Mes louanges vers Dieu ne passent pas par des mots, elles passent par des actes. D’ailleurs, je rêve déjà au temps où je pourrai aller épauler les quelques sœurs qui œuvrent dans un quartier misérable de la capitale.

Sœur Brigitte sonne. Le prêtre sort de la sacristie. La messe commence. Un bel élan de ton mon être. J’ai du coffre. "Je cherche le visage, le visage du Seigneur… "Ma belle voix, les voix fluettes des anciennes. Mon entrain, leur calme.

Mon esprit vagabonde. J’écoute à peine les paroles du prêtre, je réponds mécaniquement. Toujours cette question de noviciat prolongé qui me turlupine. Toujours cette colère rentrée, ce cœur qui s’emballe, cette sueur qui me coule le long des jambes.

Heureusement, il me suffit de suivre le rythme imprimé par Mère Marie des Anges pour être au diapason des autres. Me lever quand elle se lève, m’asseoir quand elle s’assied, me tasser sur moi-même quand elle le fait. Quel meilleur chef d’orchestre qu’elle ?

Elle entame le psaume 26 : "Le Seigneur est ma lumière et mon salut, qui craindrais-je ?"

Boum !

Surtout ne plus suivre Mère Marie des Anges. Elle vient de s’affaisser en renversant sa chaise.

Notre organiste continue de jouer. Rien ne pourrait la distraire de sa musique. Quant à moi j’en suis à l’Alléluia. En quelques jours, ma petite recette de sirop à la sauge améliorée par une décoction de graines d’if a fait son œuvre !

Ma petite voix intérieure celle qui autrefois m’a permis d’éviter d’être victime d’un abus sexuel, celle qui me guidait lors des examens, celle qui me dit comment me comporter dans des situations délicates se fait entendre. "Allez maîtrise-toi. Mets à la main à la pâte. Va chercher un verre d’eau, un coussin pour la supérieure ! "Je me précipite vers la cuisine. Je reviens au plus vite. Ce ne sont que sanglots, gémissements, exclamations retenues.

"C’est trop tard, Anne-Sophie, notre chère supérieure, a rejoint Notre Seigneur. "Sœur Agnès sanglote dans les bras de Sœur Lucie. Les larmes comme les rires sont contagieuses. Je n’y peux rien. Je pleure à chaudes larmes. Je hoquette, je pose la main sur l’épaule de Sœur Brigitte. "Oh ma sœur, ma sœur."

Le docteur soignait Sœur Marie des Anges, il connaissait ses fragilités. Il ne trouve rien de suspect dans ce décès. Il signe le certificat qui envoie Mère Marie des Anges à plusieurs pieds sous terre !

Mère Lucie a remplacé Mère Marie des Anges.

Mère Lucie, quatre-vingts ans. Un excès de poids et de cholestérol, une tendance à s’enrhumer aisément. Un diplôme d’orthophoniste, deux candidatures en philosophie. Des parents enseignants. Une mère catholique, un père protestant. De nombreux frères et sœurs qui lui rendent souvent visite.

Je laisse les choses se tasser. Pourtant, je piaffe d’impatience. Deux choses me préoccupent vraiment. La première, quand vais-je prononcer mes vœux ? La seconde, quand vais-je pouvoir secourir les plus démunis ?

Un dimanche d’été, lors d’une promenade dans le parc, je m’approche de Mère Lucie occupée à observer des dahlias bicolores. J’ai les joues en feu, mes mains s’agitent dans les poches de ma robe. Ma voix est presque inaudible. Je lance une bouteille à la mer : "Dites, Mère Lucie, vous avez pensé à mes vœux ?"

Elle se retourne, pose son beau regard bleu sur moi. Elle me répond du bout des lèvres comme si elle craignait de me blesser. "Vous savez bien, Anne-Sophie, que Mère Marie des Anges avait décidé d’ajourner…"

Je ne la laisse pas finir sa phrase. Je saisis sa main, je la couvre de baisers : "Je vous en prie, je vous en prie…"

Elle me sourit mollement. Tant de tristesse dans son regard ! "Non. L’an prochain, peut-être…"

Je demeure là près d’elle. Je lâche sa main, elle me caresse l’épaule : "Patience, patience…"

Il ne reste dans mon cœur plus aucune trace de l’espoir fou qui m’habitait trente secondes plus tôt. Un rideau sombre est tombé sur le parc ensoleillé. Je cours vers la statue de la Vierge. Je m’agenouille. On pourrait croire que je prie mais je ne fais que murmurer : "Ne me lâche pas. Aide-moi !"

Septembre arrive dans les brumes et l’humidité. Mère Lucie traîne un de ces catarrhes ! Elle éternue, se mouche et tousse beaucoup. Je lui propose de prendre mon fameux sirop de sauge adapté d’une recette de ma grand-mère, ce sirop qui vient à bout des toux les plus tenaces.

Boum, dans la chapelle, le jour de la Saint Michel ! Mère Lucie vacille avant de tomber sur le carrelage. Le diagnostic est vite posé par Sœur Agnès, infirmière à la retraite. Le docteur n’y voit de nouveau que du feu ! Mère Lucie rejoint bientôt Mère Marie des Anges dans le cimetière du couvent !

L’automne est bien là. Je n’ai toujours pas prononcé mes vœux. Je suis toujours ajournée. Quand me laissera-t-on rejoindre la communauté en ville ? Quand pourrais-je être plus utile que je ne le suis ici ?

Mère Agnès succède à Mère Lucie. Quatre-vingts ans. Une force de la nature. Jamais une rhinite, une indigestion, une gastro-entérite. Juste un peu d’arthrose cervicale. Une sportive, une femme d’action. Je ne l’imagine guère revenir sur une décision prise par un de ses prédécesseurs.

Les jours passent dans cette espèce d’attente qui ne se dit pas. De temps à autre je voudrais lancer : "Vous pensez à moi, Mère Agnès. Vous n’oubliez pas mes vœux ? "mais je m’en garde bien. Je ne supporterais pas une réponse négative même s’il elle m’était donnée avec le plus joli sourire qui soit et les meilleures raisons.

Un dimanche de décembre, il gèle à pierre fendre. Une belle journée très froide mais aussi très ensoleillée. Mes neveux viennent me rendre visite avec ma sœur et mon beau-frère. Dès son arrivée, juste avant la messe, ma sœur a cette drôle d’idée de leur préparer une patinoire dans la cour arrière, celle qui se trouve devant le potager. Quelques seaux d’eau et le tour est joué ! C’est au milieu de l’après-midi que l’accident se produit. Mère Agnès voit jouer les enfants, veut se montrer sous son meilleur jour, va à leur rencontre et se fracasse le crâne sur les pavés. Comme a dit mon beau-frère : "ce n’est pas à quatre-vingts ans qu’on devient patineuse…"

Le mercredi suivant, nous enterrons Mère Agnès.

Mère Brigitte lui succède. Mère Brigitte, soixante-neuf ans, une excellente santé, une personnalité affirmée. Rien d’une suiveuse.

Lors du repas de Noël, l’ambiance est super. Nous n’en finissons pas de fredonner des cantiques et de plaisanter. Je suis euphorique. Je me tiens bien droite. Je dis d’un ton enjoué : "Dites Mère Brigitte, je pourrai prononcer mes vœux après Pâques ? Mon frère revient du Canada. Je serais tellement contente qu’il y participe. "

Et là, j’entends enfin ce "Bien sûr, Anne-Sophie. On en reparlera demain après la prière du soir. "

Et là, j’émets ce "youppie "dont on parlera encore longtemps au couvent…

La cérémonie a lieu le premier samedi de mai. Un vrai succès. Beaucoup de recueillement durant l’office, un temps splendide, une ambiance joyeuse durant le repas. J’ai fait plus ample connaissance avec les quatre religieuses de la congrégation établies à la capitale. Quatre sœurs des plus sympathiques, dévouées à souhait. Déjà, nous nous entendons à merveille. Je suis sur un petit nuage. Nous formerons un quintet de choc. Deux infirmières, deux assistantes sociales, une aide familiale. Pourtant, rien n’est encore décidé quant à la date de mon départ du couvent pour les rejoindre

Début juin, Mère Brigitte est occupée à tondre les pelouses. Je lui propose de l’aider en coupant les bordures. Après le jardinage, nous prenons un thé au réfectoire. Elle me parle de son enfance à la campagne, de son intérêt pour les fleurs, de ses expériences en horticulture. Confidence pour confidence. Je lui livre mon désir d’aider les plus défavorisés parmi nos frères. Peu à peu, je lui fais comprendre que je voudrais aller à la capitale. "Je crois que je me sentirais vraiment utile en étoffant leur équipe. J’ai une expérience d’aide-ménagère que Sœur Élisabeth paraît apprécier…"

"Plus tard peut-être, Sœur Anne-Sophie. Vous me semblez encore trop fragile pour un tel labeur. Je veux dire que vous vous défendez mal…"

Les larmes me montent aux yeux. Je les essuie d’un bref revers de la main. Je frissonne un peu. Mère Brigitte l’a vu. Elle me ressert du thé en disant : "Ne prenez surtout pas froid après avoir tant travaillé. Buvez ça.»

Je dis "merci". Je bois en silence. Je ne réponds pas. Personnellement, je trouve que je ne me défends pas trop mal !

Depuis cette conversation, je piaffe de nouveau d’impatience. J’estime pourtant que Mère Brigitte est trop jeune et en trop bonne santé pour avoir droit à mon fameux sirop à la sauge…

Micheline Boland (extrait de "Petites tranches de vie", en attente de référencement)

Publié dans Nouvelle

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Dina Kathelyn nous présente son roman "Le poison silence"

Publié le par christine brunet /aloys

Dina Kathelyn nous présente son roman "Le poison silence"

LE POISON SILENCE Roman

C’est l’histoire d’une femme qui eut l’enfance trouée, l’adolescence coincée, trois hommes qu’elle n’a pas su aimer, trois enfants de chair et de questionnement. Toujours en recul de trois pas. Non présente à la réalité. Paralysée par le conflit. C’est une solitaire qui n’aime pas la solitude, une bavarde qui se tait, une morose qui rêve de rires-fous, enfermée entre les murs de ses non-dits, de ses mal-pensés et de ses pas-vécus.

C’est l’histoire d’une femme empoisonnée par le silence. Ce secret autour de sa naissance dont elle ne prendra conscience que fort tard dans sa vie. Ce silence - quotidien, familial et héréditaire ! - qui, dans l’inconscient de la petite enfance, a mis une épaisse couche de coton entre elle et la réalité des choses à vivre. Ce silence qui l’a obligée à se construire une tour - même pas d’ivoire - des murs de protections, des parapets, des masques, des béquilles et des faux-fuyants. A tourner autour, et alentour, du pot.

C’est l’histoire d’une femme qui, enfin, démasque sa vérité, découvre qui elle est et trouve les mots à dire, ceux qui désignent, qui creusent, qui touchent. Ceux qui sauvent ! Ceux par qui la tendresse arrive.

Histoire d’une vie. En 237.834 signes... de vie.

Publié dans présentations

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Un chat et un perroquet, un texte de Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

UN CHAT ET UN PERROQUET

"Tu vois Félix, ils m'ont fait un pont d'or et j'ai refusé ! Faire de la pub pour des croquettes, très peu pour moi ! Il y a quelques années, ils m'avaient proposé de tourner un clip à propos du matelas "bonne nuit", ça c'était bien et en plus, bien payé ! Un nouveau matelas tous les ans, jusqu'à ma mort… Les imbéciles, ils ignoraient que nous les perroquets vivons parfois très longtemps. Ils vont m'en payer des matelas ! Il paraît que le directeur commercial de "Bonne Nuit" a été licencié… On raconte même qu'il travaille à présent dans une usine de couette !

- Archibald, tu sais, les chats comme moi, ça adore le confort. Un rêve, un nouveau matelas à la demande ! Tu as refusé de faire cette pub, je te comprends. Moi aussi, j'ai dit "non". Ils voulaient me faire bouffer une saloperie de conserve de poisson. Beurk ! J'ai même pas daigné goûter tant ça puait et ils avaient eu le culot d'appeler ça "Bongoût". Ils ont discuté entre eux et ont proposé une plantureuse augmentation. Niet ! Pas question de m'empoisonner en m'empoissonner ! Georges a insisté, m'a fait entrevoir une carrière internationale. Hollywood peut-être… J'ai tourné la tête !"

Extrait du journal "Nouvelles du pays – Nouvelles du monde"

… On vient d'apprendre le décès de Georges Van Dieren, le dresseur d'animaux bien connu. Rappelons que deux de ses pensionnaires, le perroquet Archibald et le chat Félix, ont tourné avec le succès que l'on sait dans plusieurs clips publicitaires pour la télé.

Georges Van Dieren n'avait pas 40 ans et on l'a retrouvé à son domicile. Des voisins inquiets de ne plus le voir avaient averti la police.

À côté du corps, une multitude de boîtes de conserve "Bongoût" qu'il avait semble-t-il consommées sans modération.

On ne dira jamais assez combien ces aliments destinés à nos amies des bêtes ne sont guère indiqués pour le genre humain. Cette malheureuse histoire n'est est qu'une nouvelle preuve.

Suivant les dernières volontés du défunt, tous les animaux de sa ménagerie ont été euthanasiés sauf Archibald et Félix, mystérieusement disparus…

Louis Delville

Un chat et un perroquet, un texte de Louis DelvilleUn chat et un perroquet, un texte de Louis Delville

Publié dans Textes

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Lionel Cieciura nous propose un teaser pour son roman "Et si c'était mieux là-bas ?"

Publié le par christine brunet /aloys

https://www.youtube.com/watch?v=vnGpzT_2QRk

Publié dans présentations

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Carine-Laure Desguin en invité du blog Aloys !

Publié le par christine brunet /aloys

Carine-Laure Desguin en invité du blog Aloys !

— Carine-Laure ! Te voici en invitée sur www.aloys.me! Il était temps que tu nous expliques le pourquoi du comment de tes deux dernières publications…

— Ah oui, on prend nos gants de boxe et on s’explique, Christine (http://www.christine-brunet.com/). Non, je dis ça pour rigoler. L’explication reste bon enfant. Le livre « C’est le même décor », ce sont des textes que j’avais envie de publier car ils ne ressemblent pas à ce que j’écris d’habitude et donc, basta les étiquettes que l’on voudrait me coller. Et comme le roman « La lune éclaboussée, meurtres à Maubeuge » était en attente au comité de lecture des éditions Chloé des lys…

— Le comité de lecture serait trop lent, Carine-Laure ?

— Non, non, je ne dis pas ça du tout. Le comité de lecture des éditions Chloé des lys abat un boulot monstre. Chaque manuscrit est lu et corrigé. Et commenté en plus !

— Ouf, tu m’a fais peur…

— Allons, allons, Christine Brunet, ne me dis pas que mes mots t’effraient, toi qui trempe ta plume dans l’hémoglobine du matin au soir ! Ceci dit, félicitations pour ton dernier roman « Convergence », un roman policier.

— Merci Carine-Laure, mais ne nous congratulons pas autant, battons-nous, ça plaît mieux aux lecteurs ! Encore quelque chose qui me chipote …Et cette dernière publication, « Des lames et des lumières » ?

— Ah, ça, les raisons sont un peu différentes…J’aime la poésie, j’aime vraiment la poésie. Je ne sais pas rester longtemps sans être prise à la gorge par le besoin réel d’écrire un texte poétique. Et mon rêve, c’était de décrocher un contrat dans une maison d’édition qui proposait un livre-objet, tu vois ? Les éditions Le Coudrier n’éditent que de la poésie, ce sont des artisans des mots. Et comme « Des lames et des lumières », ce sont des textes, comment dire, quelque peu spéciaux, j’ai sauté de joie lorsque j’ai appris que mes textes seraient édités là.

— Oui, les éditions Le Coudrier, une maison d’édition très bien cotée en Belgique.

— Oui ! Et j’ajoute que de toute façon, je ne peux pas encore présenter de nouveaux textes aux éditions Chloé des Lys puisqu’à l’heure actuelle, la balle est dans mon camp, j’ai deux livres, là, sur mon bureau, en attente de ma bonne volonté.

— Des corrections ?

— Oui, j’avoue, cette fois, c’est moi qui traîne…

— Des lames et des lumières, ton quatrième livre, on y revient, tu nous en parles, Carine-Laure ? Comment as-tu eu cette idée, écrire des textes poétiques en rapport avec les lames du Tarot ? C’est peu conventionnel …

— Oh, j’avais écrit un poème qui se terminait par « …et glissèrent les vingt-deux lames du Tarot de Marseille… ». C’est alors que j’ai eu l’idée d’écrire un texte pour chaque lame.

— Je compte sans doute très mal ou c’est un calcul irrationnel mais vingt-deux lames et vingt-huit textes…

— Ah oui, je m’explique…Il y a six textes supplémentaires, mon esprit a vagabondé sur deux lames à la fois et puis deux ou trois textes orphelins.

— Carine-Laure, tu connaissais le Tarot de Marseille ?

— Un peu, oui, Christine. La notion de destin, de destinée, ça me passionne. Notre destinée est-elle écrite ou pas ? Et donc c’est tout naturellement que je me suis penchée sur le Tarot et la numérologie. J’avais pris quelques cours chez Monica Guillmain, pour me mettre au parfum…

— As-tu des réponses à tes questions…existentielles ?

— Ah, pas vraiment, non. Simplement des réponses existant ciel et c’est déjà bien ainsi…

— Le livre est beau. Enrichi des dessins de Catherine Berael, tout cela est une véritable œuvre d’art !

— Oui ! Je me suis inspirée des lames du Tarot de Marseille pour écrire les textes. J’ai zoomé sur les couleurs, sur certains détails vestimentaires des figures et Catherine, elle, s’est inspirée de mes textes. A signaler aussi, la très belle préface d’Eric Allard, poète et critique bien connu dans le monde littéraire belge.

— Oui, lui aussi a dû se pencher sur le Tarot…

— Le Tarot n’a plus de secret pour Eric Allard, ni pour Catherine Berael !

— Comment se procurer ce livre ludique. Car il est ludique, n’est-ce pas ?

— Oui, pour des soirées entre amis ou seul, chez soi. On lance un chiffre et on lit le texte…Ou on ouvre le livre au hasard et vous saurez si la Roue de la fortune tourne en votre faveur…Pour se procurer le livre, rien de plus facile. Toute librairie peut commander en direct aux éditions Le Coudrier. Ou le lecteur peut contacter lui-même cet éditeur en envoyant un mail à cette adresse lecoudrier2005@scarlet.be. Dans ce mail vous spécifiez le titre (Des lames et des lumières) et le nom de l’auteur (Carine-Laure Desguin). Les éditions Le Coudrier enverront le livre par courrier recommandé dès que le paiement sera effectué.

— Lors du Marché de la Poésie de Namur, le livre aurait remporté son petit succès ?

— C’était la sortie officielle et je découvrais moi-même le samedi matin ce nouveau livre. Et les visiteurs furent séduits. Qui ne le serait pas ? Un prix attractif pour des textes poétiques et de beaux dessins. Une belle découverte pour les lecteurs. Vous me dites un chiffre de 0 à 22 ?

— Un !

— Le bateleur. Numéro un. Le début de toute chose. Vous avez tout ce qu’il faut pour bien démarrer un nouveau projet…

— Des projets ! Tu as de nouveaux projets, Carine-Laure ?

— Une chose à la fois ! Je reviens du Marché de la Poésie de Namur…En novembre, je serai à Mons’livre et le dimanche 29 novembre, ne l’oublions pas, ce sera le Salon du livre de Charleroi…

Lien vers le Marché de la Poésie :

http://carineldesguin.canalblog.com/archives/2015/10/18/32795199.html

Lien vers Mons’livre :

https://www.facebook.com/MonsLivre?fref=ts

Lien vers le Salon de Charleroi :

http://carineldesguin.canalblog.com/archives/2015/10/19/32800722.html

— Bien, on sait toujours tout, avec toi ...Pour tes nouveaux lecteurs, voici ton press book. N’oublie pas de le compléter…

http://carineldesguin.canalblog.com/pages/press-book/32061526.html

http://carineldesguin.canalblog.com/pages/carine-laure-sur-you-tube/32062119.html

Publié dans l'invité d'Aloys

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Fiche auteur, L'Histoire entre nous n'est pas terminée, Sophie Vuillemin

Publié le par christine brunet /aloys

Fiche auteur, L'Histoire entre nous n'est pas terminée, Sophie Vuillemin

Publié dans fiche auteur

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Philippe Couillaud présente son roman, Léonard ou les odonymes du cancer

Publié le par christine brunet /aloys

Philippe Couillaud présente son roman, Léonard ou les odonymes du cancer

Je suis né en 1948, en France, dans le département de Charente-Maritime. Ma famille se situe dans le milieu artisanal et catholique et tout ce qui va avec !

J’ai pratiquement toujours vécu à Bordeaux. Après quelques expériences dans différents domaines professionnels, j’ai opté pour le travail social en tant qu’éducateur spécialisé.

J’ai toujours éprouvé une forte sensibilité à l’égard de l’écriture, mêlée à deux sentiments contradictoires : attirance et répulsion. Mes tentatives pas très heureuses d’écrits de jeunesse me détournèrent de la littérature considérée comme futile vis-à-vis des sciences humaines. La prise en compte de l’importance de l’écriture dans les rapports que tout travailleur social établit régulièrement, contribua à privilégier l’aspect professionnel aux dépens de l’écriture reine incarnée par la littérature mais toujours secondaire eu égard aux problèmes sociaux.

A travers un travail de lecture et des participations à des ateliers d’écriture, j’ai unifié ces deux aspects de l’écriture que je considérai à tort comme antinomiques.

Un premier livre, « Une pluie grise et fine » a été accepté aux éditions « Pierregord » aujourd’hui disparues. Un deuxième manuscrit, « Léonard ou les odonymes du cancer » vient de sortir chez « Chloé Des Lys ».

Très sensible aux faits historiques et sociaux, j’évoque à travers mes personnages une dramaturgie humaine. J’essaie de travailler mon écriture afin de parvenir à un style, une sorte de texture qui se charge d’habiller la fiction. Aujourd’hui à la retraite, je vis toujours à Bordeaux qui, avec la Garonne, sont des sources d’inspiration bien présentes dans mes deux livres. Un troisième, dont le chantier est bien avancé, se déroule dans un tout autre lieu.

Résumé :

A la fin des années 50, Léonard, jeune étudiant, part en Algérie laissant en métropole son amie Astrid, étudiante également.

Débute une correspondance entre les deux amants qui révèle leurs réflexions et leurs questionnements autour de la vie et de la mort, la paix et la guerre. Les lettres, au fil du temps, témoignent également de l’évolution de leurs sentiments.

Dans cette correspondance, s’insère un texte en italique. C’est en quelque sorte le monologue d’un troisième personnage évoluant dans le présent et qui s’avère être porteur d’une lourde filiation.

Ce roman conjugue les grands faits historiques et la petite histoire de chacun qui s’y trouve mêlée, intriquée. Chacun à leur manière, les personnages tentent de vivre avec leurs sentiments et leurs idées, leurs désirs et leurs peurs qui peuvent se heurter à des obstacles tenant à la fois du destin et du hasard.

Se posent alors à chacun la question de la liberté et le rôle du rêve.

Extrait

Quand serrent les cuisses sur le sexe de ferveur affolé et que la langueur du désir étreint les membres tétanisés, nul ne sait si cela peut s’arrêter. Aujourd’hui, les marches de l’escalier ajoutent une pesanteur inconnue. Habituée à les monter le plaisir rivé au corps, Astrid ressent une oppression distincte de l’effort physique. Sur le palier, elle atteint une des trois portes contiguës, l’ouvre et pénètre dans la chambre. Un jeune homme ébouriffé de sommeil se dresse sur le lit en désordre. Ils se regardent. Ce qu’ils ont à se dire impose un temps de silence. Leurs corps meublent l’espace vacant d’étreintes généreuses. Les esprits aux aguets reprennent vite les choses en mains. Les bras se desserrent ; les bouches se décollent ; les mains se retirent. Le jeune homme se vêt d’une robe de chambre. Astrid réajuste son tailleur. Tous deux affrontent le langage.

Publié dans présentations

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