Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le blog interligne a chroniqué le nouveau roman d'Edmée de Xhavée "Villa Philadelphie"

Publié le par christine brunet /aloys

Le blog interligne a chroniqué le nouveau roman d'Edmée de Xhavée "Villa Philadelphie"

Nous le savions depuis ses tous premiers ouvrages, roman ou nouvelle, Edmée de Xhavée est une conteuse qui se plaît à remonter le temps, à réveiller les belles au bois dormant assoupies dans les replis de sa mémoire, figures d’un passé que les photos familiales, les souvenirs de ses proches lui ont révélées. C’est, par conséquent, un monde à jamais disparu que notre auteure ressuscite dans ce roman qui nous parle de la vie d’une famille, de ses joies, ses peines, ses enchantements mais également de ses larmes et ses secrets, secrets évoqués d’une plume lisse et incisive, sans fioritures, par phrases courtes, obéissant à l’unité de lieu – tout se passe en Wallonie – à défaut de l’unité de temps, puisque l’histoire se déroule entre les années 1920 et 1960. Une tranche d’existence qui s’éveille au cours des années folles, au lendemain d’une guerre qui avait meurtri une partie de l’Europe, et s’achève durant les années 60 alors que se lève sur le monde une modernité qui entend bien changer le visage des choses.

Dans cet entre-deux, et au cœur d’une demeure cossue, une famille va écouler son présent composé de grandes joies, de nombreuses fêtes, d’alliances arrangées, de naissances, soit un quotidien presqu’ordinaire si ce n’est qu’il est vécu dans un écrin raffiné empli de jolis objets et constitué de rites immuables. Malgré cette aisance, les deux sœurs, Rosalie et Eveline, qui tiennent les rôles principaux, feront en sorte que l’actualité soit aussi malmenée que possible, que l’existence ne parvienne jamais à être le long fleuve tranquille que leurs parents avaient souhaité pour elles. D’affrontements en ruptures, d’espérances en désillusions, elles mèneront des vies parallèles sans parvenir à créer l’harmonie tant espérée par leur mère.

« Les deux sœurs se rendaient régulièrement avec leurs fiancés à leur futur logis, pour contrôler l’avancée des travaux de la double maison que Richard avait tenu à orner, sur la façade, d’une plaque où, emprisonnées par une frise de roses en mosaïque, des lettres dorées annonçaient : Villa Philadelphie. L’amour de deux sœurs ne méritait-il pas d’être mis en évidence, d’avoir son propre temple » - avait-il expliqué avec fierté. »

Edmée de Xhavée, qui connait bien le cœur féminin, nous brosse des portraits contrastés, fouillant l’inconscient de chacune, leurs aspirations et leurs refoulements, leurs attirances et leurs dégoûts, leurs plaisirs et leurs amertumes. Ce sont, par ailleurs, des portraits très intimes qu’elle propose et dévoile, nous entrainant à sa suite dans les méandres de ces cœurs qui se cherchent sans jamais se trouver. Jolie plongée dans les rumeurs intérieures.

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

Publié dans avis de blogs

Partager cet article
Repost0

Rolande Michel a lu "La bukinê d'Anna" de Marie-Noëlle Fargier

Publié le par christine brunet /aloys

Rolande Michel a lu "La bukinê d'Anna" de Marie-Noëlle Fargier

Dans un style empreint de poésie, Marie-Noëlle Fargier nous oblige à remonter le temps. Son amour de la nature et du passé se confondent et suintent à travers les mots, tout simplement, comme une source claire à laquelle notre imagination se désaltère avec plaisir.

Il était une fois…, il y a des siècles, un lieu appelé « Le Crouzas »…

L’auteur nous y entraîne, de chibotte en chibotte, à la découverte de deux mondes différents.

Quand l’histoire commence, Belenda, la guérisseuse, vient de mourir en donnant le jour à Matobe, une enfant aveugle, fruit d’amours clandestines. Le peuple auquel elle appartient est dirigé par des hommes avides de pouvoir qui prétendent appliquer les lois de dieux cruels. Sans la moindre pitié, ils condamnent à mort tout être différent.

Ainsi, si ses sœurs ne décidaient pas de la cacher de l’autre côté du fleuve, Matobe serait condamnée à mourir. Varna l’emmène dans la forêt de l’Ombre où Matobe grandit, à l’abri de la haine et en communion profonde avec la nature. Grâce à la bukinê de sa soeur, une sorte de coquillage qui émet des sons, Inanna reste en contact avec elles.

Hasard ou signe du destin ? Matobe croise un jour la route de Ghanan. C’est son père. Il est le chef d’une tribu où des gens pacifiques, résolument anti violents et respectueux de la nature, honorent un seul dieu. L’amour et le partage sont leurs seules richesses.

Matobe emmène ses sœurs dans cette tribu. Peu à peu, les deux peuples apprennent à se connaître. Au fil des échanges, les mentalités changent, des liens se tissent, des amours naissent.

Devenue inutile, la bukinê tombe et est emportée par le courant du fleuve.

Quelques siècles plus tard, un peu comme si l’histoire se répétait, nous retrouvons trois sœurs. Anna vient de donner un récital dans un château qui surplombe la Loire. Comme pour remercier le Ciel, elle porte à ses lèvres le talisman qui ne la quitte jamais, une bukinê que son grand-père à trouvée, il y a très longtemps, au pied d’une chibotte. L’écho reste silencieux et seule une colombe lui répond….

Au-delà de ses qualités et de la poésie qui s’en dégage, ce livre est aussi porteur de messages d’amour et de tolérance. Véritables sources de richesse, l’écoute de l’autre, la communication ouvrent les cœurs et les esprits et gomment les différences.

Le temps existe-t-il ? Les événements sont-ils amenés à se répéter, un peu comme s’ils étaient les éléments d’une roue qui n’en finirait pas de tourner ? En prenant conscience de ces messages que je crois éternels, ce sont des questions que pourraient se poser les lecteurs.

Rolande Michel

Rolande Michel a lu "La bukinê d'Anna" de Marie-Noëlle FargierRolande Michel a lu "La bukinê d'Anna" de Marie-Noëlle Fargier

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

La patate bouquine a chroniqué "L'histoire entre nous n'est pas terminée" de Sophie Vuillemin

Publié le par christine brunet /aloys

La patate bouquine a chroniqué "L'histoire entre nous n'est pas terminée" de Sophie Vuillemin
La patate bouquine a chroniqué "L'histoire entre nous n'est pas terminée" de Sophie Vuillemin

L'histoire entre nous n'est pas terminée

Je l'ai détestée, d'être malade, de l'avoir caché, de l'avoir annoncé.

Titre: L'histoire entre nous n'est pas terminée

Auteur: Sophie Vuillemin

Edition: Chloé des lys

ISBN: 978-2-87459-865-4

Prix: 9,90

Pages: 183

La mère de Nina est morte d'un cancer. Son père, son petit frère et elle-même sont dévastés.
Mère, épouse, confidente, amie, modèle... Marine était tout pour cette famille.

" Du royaume des morts " cette dernière va se rappeler les bons et les moins bons moment de sa vie. Quand à Nina, elle va essayer de continuer sa vie d'adolescente sans les si bons conseils de sa mère. Malgré tout, il faut continuer à vivre, car la maladie et la tristesse ne doivent pas prendre le dessus, jamais. La seule chose qui doit perdurer, c'est l'amour que la famille porte à la défunte. Les souvenirs et les bons moments passé avec elle.

Avis:

Merci aux Editions Chloé des Lys pour cet envoi. Je ne m'attendais pas à un si beau livre...

L'histoire démarre. Marine, la fameuse mère de famille, meurt.
Le livre commence le jour de son décès, où plus précisément pendant qu'elle périt. Suivre quelqu'un durant ce moment est très difficile et délicat. Je n'avais lu qu'une seule autre scène de ce genre en étant dans la tête d'un personnage. Heureusement, l'auteure à transmit cette mort d'une façon à la fois belle, tragique et poignante.

Je ne sais pas grand chose, au final, de Marine. C'était quelqu'un de bien, une personne formidable, qui aimait aimer et être aimée. C'est un peu dommage, car je pense que c'est un personnage très fort à exploiter. Mais je pense que l'auteure voulait ne pas trop en dévoiler sur elle et je respecte son choix.
Nina, sa fille de 1 an, est le personnage auquel je me suis le plus identifiée. Ce n'est pas bien difficile à comprendre, elle a mon âge, un petit frère, des sentiments et des envies, tout comme moi. Je ne sais pas vraiment comment je m'en serais sortie à sa place car après tout, qui saurait à l'avance comment il réagirait si un de ses parents mourait ? Nina a réagit avec naturel, fidèle à elle-même. Son cœur d'adolescente en voulait à tout et à n'importe quoi.
Son petit frère, en revanche, et à réagit d'une façon super mignonne et digne d'un enfant de son âge. Il a même failli me faire verser une larme.
Le dernier personnage important, c'est le père de famille. Selon moi, il a été égoïste, tellement plongé dans son chagrin qu'il n'a pas fait attention aux souffrances de ses enfants. J'étais mitigée entre lui mettre une claque pour qu'il sorte de sa torpeur et lui tapoter doucement dans le dos pour le réconforter.

L'histoire était partagée entre le point de vue de Nina et de Marine. Cette idée est très originale dans le sens où on a le regard d'une personne défunte. Ça a rajouté une touche originale à l'histoire qui au début partait pourtant d'un scénario triste, certes, mais simple.

En règle générale, lorsque je lis une histoire, il y a une voix dans ma tête qui '' parle '' tantôt prenant un air enjoué, tantôt une voix grave... Selon le personnage qui parlait. Ici, ça a été complètement différent. Pendant le 4/5 du bouquin, ma '' petite voix intérieure'' avait pris une intonation triste, simple et monotone pour finir avec une tonalité pleine d'espoir. Certains pourraient noter cela comme un point négatif, mais moi, je le range de l'autre coté. Ce genre de chose ne m'était jamais arrivé avant, et c'était plutôt agréable. Je ne saurais pas dire si ce changement est du à la plume de l'auteure ou le contenu de l'histoire, mais en tout cas, bravo. Même si cette dernière était on ne peut plus spéciale.

Je ne peux pas dire '' Ho là là, j'ai trop aimé c'est histoire, c'est trop génial ''. Ça ne se ferait pas. Qui oserait dire quelque chose comme ça, alors que le sujet n'est pas marrant à la base. C'est comme si je disais '' tu as le cancer ? C'est cool !ce que je peux souligner en revanche c'est la beauté et la fraîcheur de texte, rempli de vie ( et de mort).

La fin nous laisse sur un choix multiple. Enfin, c'est ce que je pense de mon coté. Ceux qui ont lu ce livre comprendront... ou pas. Tout dépend de l’interprétation donnée au texte.

En tout cas, je vous recommande cette histoire.

A bientôt,

La patate.

Extraits:

" Je colle une moue boudeuse sur ma figure. Je veux y assister, à cette fermeture de cercueil. Si on doit clouer des planches au-dessus du crâne de ma mère, je serais là. Je ne sais pas trop pourquoi. Mais je ne calerais pas. "

Publié dans avis de blogs

Partager cet article
Repost0

Le bibliothécaire et Nouvelles des tranchées, un collectif signé Chloé des Lys

Publié le par christine brunet /aloys

Le bibliothécaire et Nouvelles des tranchées, un collectif signé Chloé des Lys
Le bibliothécaire et Nouvelles des tranchées, un collectif signé Chloé des Lys

Publié dans articles

Partager cet article
Repost0

Michel Beuvens a lu "Nuageux à couvert" de Marcelle Dumont

Publié le par christine brunet /aloys

Michel Beuvens a lu "Nuageux à couvert" de Marcelle Dumont

Ces nouvelles auraient pu s’intituler « Histoires de femmes », mais « Nuageux à couvert » est bien plus évocateur (à l’instar de la couverture). Il ne s’agit pas de femmes extraordinaires, de « superwomen » à qui arrivent des aventures incroyables, mais de femmes de tous les jours, comme on en a tous rencontré. Avec sensibilité mais sans pathos, Marcelle Dumont nous montre que derrière les façades de la vie quotidienne, il y a l’amour, la fin de l’amour, la mort : ce sont eux qui forment le fil rouge de ces nouvelles, comme ils forment le fil rouge de la vie. Simenon n’est pas très loin (c’est un compliment), dans le choix des sujets mais aussi dans le style : une écriture genre « ligne claire », sans artifices mais pas sans nuances, émaillée de belles formules (comme « elle s’était mariée comme on se noie »). De plus, il y a, dans les descriptions, des détails typiquement belges qui en accentuent la saveur. Certaines nouvelles se terminent en point d’interrogation, d’autres en points de suspension, laissant le lecteur imaginer une suite, mais j’aime particulièrement une des fins, quand la dernière phrase éclaire rétrospectivement tout ce qui précède. A vous de découvrir laquelle !

Michel Beuvens a lu "Nuageux à couvert" de Marcelle Dumont

Michel BEUVENS

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Hydrocarbure, extrait de "Ether, mer et terre" de Laurent Dumortier

Publié le par christine brunet /aloys

 

Hydrocarbure

 

 

Demain tu décolles

Depuis Bruxelles

Moi c'est l'alcool

Qui m'appelle

 

 

De te perdre

Je crie ma haine

Dans la cité scaldéenne

 

 

On s'est aimés à tort

Sans l'ombre d'un remords

L'ironie du sort

Cause parfois

De beaux dégâts

 

 

Le soleil

Se perd

Dans la mer

Et cette bouteille

 

 

Ton corps

Source de cernes

Ton coeur

A moi se ferment

 

 

Hydrocarbure

Dans le ciel azur

Traces de cyanure

Dans mes yeux azur

 

 

Hydrocarbure

Dans le ciel azur

Traces de cyanure

Dans mes yeux azur

 

 

Hydrocarbure

Dans le ciel azur

Traces de cyanure

Dans mes yeux azur

 

 

Vers Rhodes

Tu prends les airs

Sous une géode

Je désespère

 

 

Fondre nos corps

Sous ce soleil d’hiver

Brûler nos cœurs

Sous un été de douleur

 

 

On s'est aimés à tort

Sans l'ombre d'un remords

L'ironie du sort

Cause parfois

De beaux dégâts

 

 

On s'est aimés à tort...

 

 

Hydrocarbure

Dans le ciel azur

Traces de cyanure

Dans mes yeux azur

 

 

Hydrocarbure

Dans le ciel azur

Traces de cyanure

Dans mes yeux azur

 

 

On s'est aimés à tort

Sans l'ombre d'un remords

L'ironie du sort

Cause parfois

De beaux dégâts

 

 

Laurent Dumortier

gsl.skynetblogs.be

Publié dans Poésie

Partager cet article
Repost0

Séverine Baaziz nous propose le début de son roman "Le premier choix"

Publié le par christine brunet /aloys

Séverine Baaziz nous propose le début de son roman "Le premier choix"

Tout est blanc. Etonnamment blanc.

Nonchalant, je m’aventure à errer dans cet espace sans horizon. Sans le moindre repère, visuel, sonore, je ne sais où aller.

Je déambule.

Je vagabonde.

Aussi fin enquêteur qu’un Epagneul sans flair, je ne trouve rien. Pas un seul indice. Dans ma quête de clairvoyance, il me vient à penser que non seulement je ne sais pas le moins du monde où je suis mais, pire, je ne sais même pas qui je suis. Qui peut me dire si je ne suis pas amnésique, prisonnier d’un état comateux ou simplement en plein rêve.

N’importe qui à ma place, j’imagine, serait tenté de paniquer, mais moi, non. Etrangement, je suis seul tout en ayant en même temps le sentiment d’être entouré. Mes questions restent suspendues sans que je puisse y répondre. J’aimerais savoir ce que je fais ici et pourquoi.

  • La question n’est pas qui tu es, mais qui seras-tu.

  • Mais qui me parle ?

Plus aucune réponse. La voix me semble inaudible ; simplement retentir en moi. Malgré ces questionnements, je me sens irrationnellement paisible et confiant.
Mon interlocuteur reprend, invisible, calme et puissant :

  • Le temps est venu pour toi, Martin, de prendre une grande décision, de choisir ton destin.

Les mots se suivent et à aucun moment je ne ressens le besoin de les interrompre.

  • Ton âme, Martin, fait partie du cycle de la vie. A chaque commencement, une fin, à chaque fin, un commencement. Tu as su abreuver ton âme des félicités de la vie, ne pas sombrer dans les épreuves, préserver ta lumière des vents et tempêtes. Ainsi, tu renaîtras… Ton libre arbitre recommence dès maintenant. Il t’appartient de choisir la famille qui t’accueillera. Dans une certaine mesure en tout cas. Je t’explique. Au vu de ta vie passée, certaines possibilités s’offrent à toi. Plusieurs destins sont possibles et à ta portée, il te faudra faire ton choix en fonction de tes propres volontés et de ton ressenti. Ainsi, tu visiteras deux familles qui attendent, mais ne le savent pas encore, la venue d’un enfant.

Un silence se fait ensuite entendre.

Je me suis senti enveloppé par cette voix qui me pénètre sans que je la distingue de façon sonore. Je ne sais l’écouter, je la ressens. J’ose une question.

  • Alors, je m’appelle Martin ?

  • Martin se trouve être ton dernier prénom. Le prénom que ta dernière famille avait choisi pour toi. Ton âme a déjà connu diverses vies durant lesquelles, à petits pas, elle a progressé. Ce n’est pas le cas à chaque fois. Pour certains, l’âme se laisse empoisonner par toutes sortes de nocivités. La peur, l’égoïsme, l’envie sont autant de travers menant parfois au pire des devenirs. Ainsi, une âme peut se noircir et même se putréfier totalement. Celle-ci ne renaîtra plus…Heureusement ce n’est pas ton cas. Tu as su mener une vie digne et honnête mais certaines difficultés ont endigué quelque peu le foisonnement de ton esprit. Dès ton plus jeune âge, tu as manqué d’amour et, en grandissant, des échecs professionnels et personnels t’ont blessé. C’est pourquoi, nous te donnons la possibilité de faire ton choix entre deux socles de vie : l’affectif ou le confort matériel. Deux familles différentes. Deux destins qui s’offrent à toi.

Je devrais me sentir désabusé par toutes ces informations qui me viennent avec force, mais au contraire je me sens en paix. Je sais que tout ira bien. Je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai confiance en moi, mais puisque j’ai la chance d’entendre ce discours, c’est que je le mérite et je n’ai qu’une envie, découvrir qui je suis et jouir pleinement de cette aventure incroyable.

  • Il est temps, Martin. Tu vas partir à la découverte de tes destins.

Je me sens happé dans un profond tourbillon. Je m’évanouis. Pour un instant.

SEVERINE BAAZIZ

Publié dans présentations

Partager cet article
Repost0

Jacques Degeye dans Le bibliothécaire pour son recueil "Poèmes inédits"

Publié le par christine brunet /aloys

Jacques Degeye dans Le bibliothécaire pour son recueil "Poèmes inédits"
Jacques Degeye dans Le bibliothécaire pour son recueil "Poèmes inédits"

« LE BIBLIOTHÉCAIRE »

Poèmes inédits, Barry, Éditions Chloé des Lys, 2015, 83 p. ; 20,5 cm.

ISBN : 978-2-87459-842-5. Prix : 17,90 EUR.

L'AUTEUR

Jacques Degeye est né à Resteigne (commune de Tellin, province de Luxembourg), le 7 juin 1948. Sa formation : agrégé de philosophie et lettres (histoire moderne) et diplômé en sciences administratives.

Ses centres d'intérêt vont de la littérature au cinéma, de la philosophie aux sciences, de l'économie à la politique, de l'histoire aux événements les plus infimes, de l'architecture à la peinture, de la pratique du vélo à la randonnée pédestre.

Il a participé à des ouvrages collectifs et écrit plusieurs articles historiques.

Il est l'auteur de deux romans : Le monde de Jonathan ou le cercle infernal (Bruxelles, Artésis Éditions, 2006) et Meurtre en Ardenne (La Roche-en-Ardenne, Éditions Éole, 2008, ouvrage épuisé).

Il a publié des nouvelles réunies sous le titre Délivrance (Éditions Chloé des Lys, 2010). Avec deux longs poèmes que la revue trimestrielle Traversées a publiés dans son n° 66 (Virton, septembre 2012, p. 74-80).

Son dernier ouvrage, Poèmes inédits (Éditions Chloé des Lys, 2015), vient de paraître.

L'OUVRAGE : « POÈMES INÉDITS »

Toute poésie prend sa source dans le for intérieur du poète. Les vingt-quatre poèmes de ce recueil n'y font pas exception : ils permettent d'entrer dans l'univers intime de l'auteur.

Y sont célébrés la vie, « le bel aujourd'hui ». En premier lieu, l'enfance : la période de la vie où chaque être possède une âme. Le thème de l'enfance se décline en plusieurs séquences : l'enfant et la nature sauvage, l'enfant et l'attachement, l'angoisse de la séparation, la mémoire de l'enfance, la souffrance des êtres.

Comme toute poésie, celle-ci est célébration de la beauté : beauté plastique, chair sublimée, paysages, sons.

Exalter la beauté n'exclut pas d'épouser la réalité du monde : un monde de beauté certes, mais aussi un monde défiguré par la violence. Le poète combat ceux qui

portent atteinte à nos libertés et blessent notre dignité. Il admire ceux qui leur résistent. Il prend l'exemple de Jean Maquet, prêtre-ouvrier dans la région de Liège,maçon, journaliste, pacifiste de la première heure, musicien.

La poésie, c'est aussi le désir, le rêve. C'est la peur de l'abîme en soi, la peur des autres parfois.

Poésie du corps, de la solitude, de la mémoire, de la sagesse.

Poésie, art visuel. Poésie, ouverture sur l'invisible.

Comme toute poésie, celle de Jacques Degeye a du rythme, du souffle. C'est une « ligne mélodique ».

Elle jette des ponts entre les êtres, entre les choses, entre les êtres et les choses, entre le présent et le passé, entre le rêve et la réalité, entre le particulier et l'universel, entre le visible et l'invisible.

Publié dans articles

Partager cet article
Repost0

Christine Brunet a lu "L'histoire entre nous n'est pas terminée" de Sophie Vuillemin

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "L'histoire entre nous n'est pas terminée" de Sophie Vuillemin

Le nouveau roman de Sophie Vuillemin est arrivé !

Après "C'est quoi ton stage ?", Sophie nous propose, cette fois, un récit pas vraiment joyeux : elle met en scène une famille dont la mère, atteinte d'un cancer, meurt après une lutte douloureuse.

Elle laisse une fille pré-ado, immergée dans son univers axé sur les garçons, premières histoires d'amour, amitiés, un petit garçon mûr et lucide, déjà grand dans sa tête, et un père éploré, dépassé par l'événement.

Comment vont-ils affronter leur nouvelle vie sans cette mère omniprésente, mère poule aimante et très organisée ?

Le lecteur assiste aux derniers instants de la malade et à la suite avec les yeux de la fille qui grandit et va, peu à peu, avec son frère, rendre à leur vie son équilibre perdu.

Entre émotion et larmes, voici un roman rempli de tendresse, capable de vous faire pleurer et de vous faire sourire : un souffle d'espoir avec un brin de fantastique et de fantaisie.

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Résurrection – Edmée De Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

Résurrection – Edmée De Xhavée

Bien sûr que je sais qui je suis. Quelle absurdité. Comme si en perdant mon visage et mes proches j’avais cessé d’être moi. Mais à quoi bon le leur dire ? Qu’est-ce que ça changera à qui je suis ? A ce qui me fut arraché ? A ce à quoi je vais devoir m’accrocher… Est-ce que ça me donnera un autre passé ? Ou un autre présent ? Quant à l’avenir… sera-t-il celui de l’inconnue ou … le mien ? Ça doit être le même… Je le leur ai bien dit… Je ne veux rien savoir de personne.

Je me souviens des yeux bleus de ma mère, de la couleur céruléenne des myosotis. J’ai les mêmes, et je ne reconnais qu’eux dans mon visage qui ne me parle plus, transformé par l’incertitude. Ils sont comme le reflet d’une boule de cristal qui me rendrait mon existence en secret. Elle avait, aussi, les joues qui se couvraient du rouge de l’émotion, en taches comme des coquelicots qui auraient jailli à la surface du lait.

Je me languis et me souviens de mon frère et de mes sœurs. De la chaleur de leurs mains lorsque nous dansions en cercle, de leurs voix qui se parcellaient en rires heureux. De cette robe de soie brodée que j’ai reçue pour mes quinze ans. Et du collier de perles au fermoir en diamants que j’ai pu porter par-dessus pour la première fois ce jour-là. Je n’ai pu relever mes cheveux comme mes sœurs le faisaient déjà, trop jeune pour offrir ma nuque et mon profil aux regards d’hommes. Et ces chaussures de chevreau, avec une bride en ruban tressé et une boucle de nacre, délicate comme un nuage matérialisé… J’avais, dit-on, une façon particulière de regarder… un air espiègle. J’étais, alors, tellement sûre de mon avenir…

Vous imaginez-vous que je ne mangeais, alors, qu’avec des couverts en argent ? Aux armes de mes parents, lacis de lettres en creux, si fin que seul le jeu d’ombre et de lumière le rendait visible. Autre chose que cette vaisselle aux bords éclatés, et usée par la brosse et le savon. Que j’avais des domestiques, des femmes de chambre, un précepteur, un professeur de danse, et un autre de piano ? Que j’avais appris à regarder les jeunes gens de l’aristocratie qui nous approchaient, mes sœurs et moi, en sachant qu’un jour peut-être je dormirai contre l’un d’eux et lui donnerai des enfants… aux yeux myosotis si Dieu le voulait aussi. Savez-vous qu’alors, lorsque voulant rêvasser je posais mon front sur la vitre si fraiche de la fenêtre, mon regard ne survolait que de belles choses, depuis la verrière encerclée de statues juste en-dessous de ma chambre, aux colonnades de la pergola et de la descente vers les pelouses bordées d’arbres aux feuillages luxuriants ? Jamais alors je n’imaginais que, dans quelque coin du monde, il y avait des tramways grinçant leur fatigue sous des fenêtres sans grâce à la vitre emplie de défauts, et que je chercherai le réconfort du souvenir en y appuyant mon front fiévreux, pour ne voir que la grisaille, des murs, des trottoirs et des gens fatigués de la vie dans leurs vieux manteaux sentant l’humidité.

Fräulein Unbekannt. C’est mon nouveau nom, dans une langue qui n’est même pas la mienne. Dans un âge que je ne reconnais pas comme le mien, puisque j’ai perdu ma vie dans la panique et les pleurs, les aboiements de Jemmy le petit chien de ma sœur, les cris d’angoisse de soldats qui ne comprenaient plus, le crépitement des balles et l’éventrement des murs tapissés de papier à rayures fait aux baïonnettes. Et surtout le silence de mes parents qui, leurs oreillers de voyage devant eux, couraient sans expression vers le plan de sauvetage. Je suis tombée, presqu’étouffée et aveuglée par l’odeur de la poudre et de la sueur, de la peur et de la confusion. Ma mère posa sur moi son regard si bleu et pur, posa son doigt sur les lèvres qui esquissaient ce sourire primesautier qu’elle avait toujours.

Nous en avions parlé le soir précédent, du plan. Et tant de jours avant aussi. Mes sœurs, dont on avait coupé puis brûlé les cheveux la veille en même temps que les miens, couraient vers leur futur, dans les robes que nous avions achetées aux filles de cuisine. Mais moi j’ai trébuché sur un homme tombé à terre qui a retenu ma cheville pour me diriger ou me retenir, je ne saurai jamais. Et quelque chose m’a cloué le pied au plancher. J’en ai encore le sceau, une étoile boursouflée là où un jour la bride de soie de mon escarpin de chevreau avait posé sa caresse. Et c’est lui qui m’a sauvée. Qui m’a assuré cette survie dans une mort interminable. Une mort qui recommence à chaque réveil. Il m’a sauvée en me roulant, abrutie d’horreur et de désespoir – ma famille tant aimée… où allais-tu sans moi ? -, dans une couverture sale qui sentait la terre et le cheval, puis me hissant sur une charrette alors que dehors, le chaos explosait en cris d’agonie, effluves de sang, coups de feu, hurlements de douleur et de rage. Chants d’ivrognes.

Le soldat tchécoslovaque, au nom si prolétaire, aux mains sales, à l’haleine d’oignon, au regard cependant habité par quelque chose que je ne connaissais pas. Peur, intimidation ? Possession ? Adoration ? Rancœur ? Comment savoir ? J’étais si jeune quand il a forcé son chemin dans mon corps pour faire de moi sa femme, une femme qu’il prit dans un cri qui ressemblait à un pleur pendant qu’il faisait un massacre de la jupe de laine rustique, du jupon si fin que j’avais voulu garder, de la culotte d’enfant riche que j’avais crue hors d’atteinte. Il pleurait et m’embrassait comme devenu fou, pour finir par me gifler en hoquetant des mots que je ne comprenais pas – et ne voulais comprendre. Je venais de disparaître d’une vie. Je n’étais pas prête à celle qui commençait.

Oui… Je suis la mère de son enfant, qu’à sa mort j’ai déposé dans un orphelinat. Comment aurais-je pu m’occuper d’un enfant, moi qui n’avais pas eu le temps de cesser d’en être un? Moi qui vivais les vêtements de tissu rêche, la nourriture sans finesse, les odeurs corporelles d’où montaient les remugles des derniers repas, comme un voyage en enfer ? On avait tué Anastasia. Elle est là pourtant, secrètement enclose dans mes yeux, qui sont ceux de ma mère la jolie Alix. Mais aux yeux du monde, c’est Fräulein Unbekannt qui a émergé du canal où s’est noyée la plus jeune des filles de Nicolas, puis a pris l’occupation d’un corps qui a perdu l’habitude des câlineries de cette autre vie, celle où il appartenait à Anastasja Nikolaievna Romanov. Justement dite, hélas, la ressuscitée.

Je suis en exil de ma vie.

Edmée de Xhavée

edmee.de.xhavee.over-blog.com

https://edmeedexhavee.wordpress.com

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0