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Concours "les petits papiers" n°1

Publié le par christine brunet /aloys

Tout a commencé dans mon appart. Un samedi soir.

J’étais tranquille-peinard au fond de mon canapé tout neuf Troc En Stock, je tenais mon ticket du Loto, et puis les boules sont sorties. Une par une. Enfin, comme d’hab quoi. Sauf que là, j’avais tous les numéros. Tous !

Celle qui emportait le pactole, ce soir-là, c’était moi.

Je vous dis pas : encore un peu je clamsais sur place. Un peu con. Alors, je me suis reprise, j’ai bondi de mon canapé tout neuf Troc En Stock et, je sais pas, comme un cri de mes entrailles, j’ai poussé des youyous que même la mère Kumba, dernier étage du dernier immeuble au fond du quartier, elle a dû m’entendre. Même dure de la feuille comme elle est avec sa musique zouk à donf. Un truc de fou !

J’habite la tour Flaubert depuis toujours. Et depuis deux ans, l’appart juste en dessous de chez mes darons. Franchement pratique.

Je m’appelle Aïcha Bouchacour, c’est pas trop loin de la vérité mais je préfère garder l’anonymat.

J’ai vingt-cinq ans, je suis animatrice de quartier et j’ai toutes mes dents. Bon, le dernier détail, c’est un truc entre mon père et ma mère. Ils m’ont refilé le virus. Ca fait bien trois piges qu’il a son dentier et à chaque fois qu’y se prennent le bec, elle lui lance : « Moi au moins j’ai toutes mes dents. » Ca le rend dingue. La porte elle claque. Direction le café du coin, cinq ou six parties de cartes entre potes retraités, ça picole un peu, ça refait le monde, et puis y rentre plus léger de quelques biffetons. C’est pas très muslim tout ça mais bon, à l’âge qu’il a, je vais pas essayer de le changer. Ma doyenne, elle, même si elle râle tout le temps, y’a pas une prière sans bénédiction pour lui. C’est bizarre de le dire, mais ça crève les yeux qu’y sont tout l’un pour l’autre.

Faudrait peut-être que je revienne à nos moutons, non ? Le pactole.

Bon, alors, ce samedi soir, dans mon canapé tout neuf Troc En Stock, après les youyous, j’ai eu comme un blanc. Je me suis rassise comme une masse et je me suis dit : je fais quoi maintenant ? Eh ben, franchement, j’ai pas trouvé. Ma vie, elle était ici, je me voyais pas déménager. Une grosse voiture : j’avais déjà du mal à garer ma vieille Clio. Voyager : sans mec, le kiffe, il est moyen.

Toute la nuit, j’ai pas dormi. L’impression que la terre s’était arrêtée de tourner. Mon crâne, c’était un chalutier perdu en pleine mer. Plus de fuel. Plus de boussole. La loose quoi.

Heureusement, le lendemain, je suis allée manger chez mes darons.

Comme tous les dimanches, couscous. Mais attention le couscous. The best couscous of the world ! Et c’est là que la bouche pleine de semoule, j’ai eu une révélation. A la télé, d’un coup, ça s’est mis à parler flouze. J’entends que wonder beau gosse (Cristiano Ronaldo) vient de filer 75.000 euros pour l’opération du cerveau d’un môme. Je me dis « Putain, ça c’est de la générosité » mais en une phrase ma mère elle va décider du destin de mon pactole :

  • Donner ce qu’on a en trop c’est pas de la générosité ! C’est besiff !

Dit autrement : c’est obligé, normal quoi. Franchement, j’ai trouvé qu’elle avait pas tort. On était tous, là, autour de la table, darons, frangins, frangines, et chacun donnait son avis, et moi, j’ai commencé à partir en live. J’ai imaginé recevoir des lettres d’insultes (Nall Dine Oumouck, sale riche !), qu’on cracherait sur le trottoir en me croisant (Arrr pouhh !), qu’on m’enverrait les doigts de mon petit frère en morceaux par la poste pour demande de rançon. Je vous jure, j’ai flippé ma race.

Ma décision était prise : rester incognito. Libre d’être généreuse ou pas. Quand je veux. Avec qui je veux. Et puis, comme ça, je pouvais rester ici et ne rien changer à qui je suis aux yeux des gens.

Depuis que je suis gosse, on m’appelle Pique-assiette, ça a l’air péjoratif comme ça, mais, franchement, j’assume. J’ai toujours été fourrée chez les voisins à l’heure du goûter ou du repas. Pas que je manquais de quoi que ce soit chez moi, non, c’est juste que j’aimais bien manger chez les autres. D’autres trucs. D’autres ambiances. Comme si j’avais plein de familles adoptives. Et, ça m’est resté. Y’a pas un jour où je cuisine. Soit je monte chez mes darons, soit je me laisse guider par l’odeur, comme un poisson qui mort à l’hameçon. N’importe qui dans l’immeuble sait que si ça toque à l’heure du repas, c’est moi. Bon, faut quand même dire ce qui est : je suis pas juste celle qui s’incruste pour bouffer. Je suis aussi celle qui remplit les papiers de l’administration ou qui chiale comme un corbeau avec madame Béranger parce que tous ses enfants ont quitté le nid trop vite.

Nos moutons ! Wouah, pardon.

Donc, je disais que ma décision était prise. La générosité incognito.

Le premier kiff de ma nouvelle double vie, je m’en souviens encore. J’ai filé mille euros dans toutes les boîtes aux lettres du quartier. Quatre-vingts quinze au total. Avec juste un mot du maire dans l’enveloppe : « Prime à la consommation ».

Le lendemain, c’était l’Aïd et Noël en même temps.

Un défilé de traineaux jaunes et bleus, tous chargés à ras bords. J’étais par la fenêtre, le sourire jusqu’aux oreilles. Un truc de fou ! Ecrans plats, ordi, Xbox. Des salons, des frigos, des cuisinières. De tout quoi. Même madame Béranger, elle s’est fait plaisir. Un fauteuil relax télécommandé dernier cri.

Ma parole, les livreurs de Darty, ils ont eu du taf à plus savoir où donner de la tête.

Ca, c’était ma première bonne action. Chez nous, on dit Dieu te le rendra en double. Franchement, là, si ça arrive, je saurais pas quoi en faire.

Et puis, je me suis dit, maintenant, faut quand même la jouer sérieux. Alors, je me suis lancée dans une opération : list and do.

Priorité number one.

En top du top, j’ai inscrit Leila. Impossible autrement.

Internet et mon nouvel ordi allaient m’aider. J’ai cherché le meilleur chirurgien plastique de la planète. Quoi que ça coûte, Leila y avait le droit. Plus que personne. Et j’ai trouvé.

650 000 euros pour une réparation complète du visage. C’était du sérieux. J’ai contacté le pro du bistouri, à New York, ma veine c’est qu’il parlait aussi français, et je lui ai tout raconté. Les brûlures. Les cicatrices. Même les circonstances. Putain, fait chier. Mais je me suis pas démontée. J’ai super bien tout goupillé. Une semaine plus tard, j’allais voir Leila chez ses parents et on a réussi à la convaincre. Tout était pris en charge par un fond exceptionnel de la Sécurité Sociale. C’est ce que le chi a écrit sur la lettre.

Pendant un mois, j’ai prié le bon Dieu pour que ça marche. Ma mère a prié le bon Dieu. Peut-être même tout le quartier. Et au bout d’un mois, Leila est rentrée au bercail.

Elle était à l’arrière de la 407 de son père. Ma face par la fenêtre y voyait que dalle.

Et puis, elle est sortie de la voiture.

J’ai pas chialé comme un corbeau mais comme tous les corbeaux du ciel. Elle était belle comme avant, je vous jure. Sa peau de miel. Ses yeux de méditerranée. Mon Dieu protégeait toutes les filles du monde qui sont si belles qu’elles rendent fous les hommes.

Ce soir-là, ma prière elle a duré des plombes. J’ai remercié le bon Dieu, le chi, et la française des jeux. Et encore le bon Dieu.

Priorité number two.

Bon, là, j’ai pas été très réglo. Dans le quartier, les gazeaux et les gazelles, y passent leur temps à tenir les murs. Y’en a qui déconnent un max mais y’en à d’autres, et pas qu’un peu croyez-moi, qui se verraient bien taffer comme tout le monde. Quitter l’appart des darons, un petit toit, des mômes qui tapent du ballon dans le jardin, un plan télé après le boulot. Comme tout le monde quoi. Alors, j’ai pris le taureau par les cornes. Avec ma vieille Clio, je me suis pointée partout : restos, garages, hôpitaux, boutiques, bureaux, entrepôts… J’ai tout ratissé. En un mois, les murs du quartier tenaient presque tout seuls. Un truc de ouf ! Bon, faut quand même que j’avoue un petit détail : j’avais un complice. Monsieur le Maire. Pour sa défense, c’est un peu à son insu, vu qu’il a Alzheimer. Chaque fois que je lui demande un certificat, un cachet de la mairie, il me le file. Enfin, il le file à Corinne. La petite fille du compagnon d’escadrille pendant la guerre d’Algérie qui lui a sauvé la vie. Alors, il peut rien me refuser. Voilà comment j’ai graissé la patte aux recruteurs potentiels. Une prime à l’embauche de quatre mille euros avec interdiction de licenciement pendant cinq ans sous peine de remboursement de la prime.

La cerise sur le gâteau, c’est que les gens ici ont commencé à croire aux politiques. Avec tout le fric que le maire mettait sur la table pour eux, sans parler de la sécurité sociale, des aides gouvernementales, y se sont tous mis à glisser le bulletin dans l’urne en se disant que ça valait quelque chose.

Je pourrai vous citer tous les tripes qui ont suivis mais, franchement, un bouquin suffirait pas.

C’est fou ce que le fric, ça donne des ailes aux initiatives.

Ca fait trois ans que ça dure et y’a pas un jour où je m’endors pas avec la banane. Je sais pas si les vrais riches savourent comme moi le pouvoir de rendre les gens heureux. Moi, en tout cas, je prends un pied de malade, et c’est pas juste une histoire de Hassanates, vous savez les bons points pour le paradis. Non. Franchement, pas seulement.

Distribuer le bonheur, ça vaut tout l’or du monde.

Encore un truc. Voilà, j’ai rencontré quelqu’un. Un garçon quoi. Je crois que c’est le mektoub qui me l’envoie. Vraiment. Hier, l’air de rien, je lui demande ce qu’il ferait s’il gagnait le pactole. Il m’a répondu : « Je filerais tout à Emmaüs ». Ouais, bon, il est catho, tout le monde peut pas être parfait, mais sa réponse, elle m’a sciée. Je crois franchement qu’il était sincère. Il est presque aussi beau que Cristiano Ronaldo et en plus, je crois que c’est un signe, il s’appelle Robin. Comme Robin des Bois quoi.

Publié dans concours

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Les blondes non plus ne comptent pas pour des prunes ! La genèse du roman de Thierry-Marie Delaunois

Publié le par christine brunet /aloys

Les blondes non plus ne comptent pas pour des prunes ! La genèse du roman de Thierry-Marie Delaunois

Genèse et réflexion autour d’une blonde…

Mi-mai 2014, un arrêt de bus situé non loin de chez moi, le soleil de la partie quand elle apparaît, impressionnante. Grande, blonde, sculpturale, sa longue chevelure ondulante formant une véritable auréole autour d’elle, lumière sur la ville dans la nuit tombante et je me trouble! Quelle présence, c’est la première fois que je rencontre cette blonde et aussitôt une idée germe dans mon esprit. Un sixième roman en perspective? Je la placerais bien au centre d’une fresque littéraire d’une densité psychologique inédite. Style tragédie? Toute sa personne reflète de la maturité et du vécu malgré sa jeunesse mais elle n’est point d’une extrême jeunesse. Je le devine.

Pensif, je l’imagine assise sur un banc dans un parc verdoyant, les yeux fermés, une scène que j’écrirais bien mais quel en serait le scénario? Dans quelle situation la placer? Avec une telle hauteur dans tous les sens du mot! Je réfléchis, espérant un signe. To write or not to write? That’s the question!

Un jour passe, puis deux avant qu’elle ne réapparaisse au même arrêt, toujours aussi altière. Une silhouette qu’aurait pu sculpter un Rodin ou un Michel-Ange, mon idée se précisant, le début, une fin éventuelle mais pas encore le corps. “Si elle m’apparaît une troisième fois dans un avenir proche, je mets cette scène sur papier...ensuite on verra bien!”, je songe.

Et cela se produit dès le lendemain, donnant ainsi naissance à ce qui deviendrait mon sixième roman alors qu’intérieurement ce n’est pas la joie. Pas la meilleure période de ma vie, inquiétudes et soucis d’ordres divers se mêlant. Une jolie pagaille au sommet hantée par une blonde bien singulière.

Débuter une histoire sans aucune construction préalable et sans avoir cerné aucun de mes personnages? L’inquiétude au coeur quant au fil conducteur? Elle ne réapparaît alors plus; comment interpréter sa disparition? Apparue uniquement pour m’inspirer, cette blonde déesse?

Débutée sur le coin d’une table d’un Quick Restaurant bruxellois, finalisée dans une étroite chambre d’hôtel parisienne, la première mouture de “Auprès de ma blonde” a réussi à trouver son chemin hors des sentiers battus, l’idée se matérialisant et se précisant à mesure que je progressais, les pièces du puzzle s’emboîtant au compte-gouttes, le rôle de chaque personnage parfaitement clair dans mon esprit. André l’écrivain, Séréna ma blonde, Hélène et ses enfants, Danton le solitaire. “Auprès de ma blonde”, mon sixième roman, est ainsi né, moralité: les blondes non plus ne comptent pas pour des prunes! Apparition, inspiration, imagination....

Thierry-Marie Delaunois

Publié dans Textes

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Carine-Laure dans le Capital des mots

Publié le par christine brunet /aloys

Carine-Laure dans le Capital des mots

— Carine-Laure, tu mitrailles les revues ….de … poèmes !

— Oui, je vois que c’est assez régulier. Les revues numériques ont un réel succès, la toile est fréquentée par de nombreux lecteurs et la diffusion est sans faille. Il y a des feed-back et tout cela m’enthousiasme. Je ne sais vivre sans écrire de la poésie…C’est une arme, la Poésie.

— Tu nous rappelles les revues dans lesquelles tu publies ?

— Voilà trois textes qui viennent d’être publiés dans le Capital des mots. C’est la deuxième fois qu’Eric Dubois accepte mes textes et j’en suis ravie. Le Capital des mots est un important carrefour pour pas mal d’auteurs et Eric Dubois est un artiste incontournable dans la sphère poétique francophone. Il est très actif sur la toile et aussi dans la vie réelle, puisqu’Eric Dubois propose des lectures dans pas mal d’endroits à Paris et dans la région parisienne.

Voici donc les trois derniers textes publiés dans Le Capital des Mots :

— du cerceau au bancal

— dépiauter les bouches

— tout le broc a coulé

Lien vers les textes :


LE CAPITAL DES MOTS - CARINE-LAURE DESGUIN - Le Capital des Mots - Magazine.

Un peu plus au sujet d’Eric Dubois :


http://ericdubois.info

http://ericdubois.net

http://le-capital-des-mots.fr

http://www.myspace.com/poete66

http://fr-fr.facebook.com/eric.dubois.auteur

http://twitter.com/#!/ericdubois

— Oui, un artiste très actif, comme tu dis, il est partout, ce poète.

— Eric Dubois, un poète qui se bouge, ça oui ! Mais la Poésie ne peut rester statique, elle doit se gueuler.

— Carine-Laure, tu publies dans d’autres revues, on en parle ? Ou si tu souhaites gueuler maintenant un ou deux de ces textes, c’est toi qui décides.

— Ah oui, à présent, il y a pas mal de revues dans lesquelles je publie. Lichen, c’est une nouvelle revue numérique et chaque mois, un ou deux ou trois de mes textes sont lancés. Lichen, j’aime bien cette revue. Un concept original puisqu’à chaque passage sur le site, on laisse un mot.

— On laisse un mot ?

— Oui, un don de mot…Et chaque mois, Guillemet de Parentez (un nom original n’est-ce pas ?) triture les mots reçus dans tous les sens et il nous propose un texte cohérent. J’adore ce concept !

— En effet, Carine-Laure, c’est tout à fait ton style ! On lance les mots et on les rattrape comme on peut, tant pis pour les dégâts collatéraux !

Lien vers Lichen :

http://carineldesguin.canalblog.com/archives/2016/08/31/34261092.html

— Bien dit, Christine Brunet ! Revenons à nos textes. Le Capital des Mots, c’est dit. Lichen, c’est ok. Signalons aussi que ces deux revues sont numériques uniquement et mensuelles. On passe aux revues trimestrielles, Christine ? Oh non, une info de dernière minute, je reçois un mail que la revue Infusion publie un de mes textes. Il s’agit de Hormis l’ombre et les flous.

Voici le lien :

https://infusionrevue.wordpress.com/2016/09/05/carine-laure-desguin-hormis-lombre-et-les-flous/

Voilà, nous pouvons passer aux autres revues…

— On t’écoute, Carine-Laure !

— Eh bien ma fidélité est sans faille pour la revue Aura. C’est une revue éditée par le cercle hainuyer Clair de Luth. Chaque trimestre, un sujet est suggéré et les auteurs proposent leur texte. Tous les genres sont acceptés, la nouvelle, le poème, le texte théâtral. Facile, on s’abonne et hop, on reçoit la version papier chaque trimestre dans sa boîte aux lettres. Le dernier thème « Qu’est-ce que la Poésie ?» éveille ma curiosité, j’ai hâte de recevoir la revue Aura 90. Toutes les infos ici :clairdeluth@yahoo.fr

— Qu’est-ce que la Poésie...Vaste sujet. Tu nous parles de ton texte pour Aura 90 ?

— Oh publier en revue signifie aussi s’exercer à tel ou tel genre. Pour ce thème, je voulais quelque chose qui claque et qui surprend. J’ai opté pour un texte en écriture spontanée. Vraiment, une libération de l’esprit.

— Inquiétant…

— À lire !

— Et cette revue Le Spantole, tu nous en dis deux mots ?

— Je publie dans Le Spantole depuis plusieurs années. C’est une revue éditée par Les Artistes de Thudinie.

— Un cercle dont tu fais partie aussi, Carine-Laure ?

— Oui et j’en profite pour signaler qu’il se murmure qu’un livre d’artistes est en cours. Quelques artistes de Thudinie rassemblent dans un ouvrage un peu de leur jus. Je suis impatiente de voir ce travail. En attendant tout ça, Le Spantole continue ses publications trimestrielles. Là, pas de thème spécifique. Je viens de donner au rédacteur en chef Thierry Haumont quelques textes concernant Thuin. Et je pense d’ailleurs que pour Le Spantole, j’écrirai d’autres textes concernant ce petit joyau verdoyant si cher à Roger Foulon, Thuin. Pour les infos :www.lesartistesdethudinie.be

— Une autre revue ?

— Bleu d’encre, une revue éditée par Claude Donnay. Une revue trimestrielle et disponible en version papier. On retrouve dans cette revue de Haute-Meuse de nouvelles voix poétiques mais aussi des commentaires de lecture de Philippe Leuckx et de quelques autres. Claude Donnay, on ne le présente plus, c’est un auteur qui publie des textes poétiques, principalement aux éditions Le Coudrier. Infos ici :c_donnay@live.be

Et nous terminons par la revue Les Petits Papiers de Chloé ! Une revue trimestrielle, disponible en version papier et en version numérique. Dans cette revue éditée par les éditions Chloé des lys, je suis heureuse de dévoiler à chaque fois un versant de la ville de Charleroi. Eh oui, je joue parfois au Tintin reporter…Dans cette revue aussi, d’autres textes bien sûr…Un thème à chaque fois, n’est-ce pas Christine Brunet ? Je dis ça car le thème, c’est Christine qui le pond et croyez-moi, c’est pas toujours du gâteau ! Une façon comme une autre de remuer nos neurones. Infos ici :

https://www.facebook.com/Revue-Les-Petits-Papiers-de-Chlo%C3%A9-193006607385455/?fref=ts

— On a fait le tour de toutes les revues dans lesquelles tu publies, Carine-Laure ?

— Je pense que oui mais de toute façon, on arrête là l’interview. On en a assez dit !

— Dis plutôt que tu en a marres et que tu désires replonger dans l’écriture de tes textes et aussi un nouveau roman, si mes infos sont exactes.

— Christine, ce n’est pas un secret, tout est sur ce blog…Merci Christine pour ce bon moment. Tu aurais pu prévoir une bière supplémentaire car j’ai parlé longtemps, non ? Ah oui j’oubliais, voici le site de Christine Brunet http://www.christine-brunet.com/ , un auteur qui mitraille aussi mais au sens propre…

— Arrête tes sottises, Carine-Laure. Pour en savoir un peu plus sur Carine-Laure Desguin, voici son press book

http://carineldesguin.canalblog.com/pages/press-book/32061526.html

— Encore un mot, merci Christine ! Les inscriptions pour le Cinquième Salon du Livre de Charleroi sont ouvertes ! Toutes les infos ici :

http://carineldesguin.canalblog.com/archives/2016/07/20/34102425.html

— Carine-Laure, opportuniste…


Publié dans interview

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La patate bouquine a lu "S'il te plaît, dessine-moi un mouton" d'Yvette H.

Publié le par christine brunet /aloys

http://lapatatebouquine.blogspot.fr/2016_09_01_archive.html

http://lapatatebouquine.blogspot.fr/2016_09_01_archive.html

La patate bouquine a lu "S'il te plaît, dessine-moi un mouton" d'Yvette H.

Un monsieur, en "panne dans sa vie" fait l'étonnante rencontre d'une vieille dame. Cette dernière, débarquant de nulle part, toque à sa porte avec une étrange requête à la bouche: elle aimerait qu'il lui dessine un mouton.
L'homme, fort surpris, la laisser entrer. Et pas que dans sa maison, également dans sa vie... Cette entrevue, bien insolite, ne sera pas la dernière. Car la vieille dame à tout un monde à lui présenter...

Avis

Tout d'abord, je voulais remercier les éditions Chloé des Lys pour cet envoi. Il faut bien l'avouer, en voyant la couverture de ce livre, je suis restée perplexe. Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Un mouton violet. Étrange! Et puis, ce titre, qui sort tout droit du "petit prince"... Pourtant, même si l'histoire est très bizarre, il s'est avéré que le bouquin n'était pas mal du tout. Il y a un vrai univers derrière tout ça.

Alors commençons. Ce bouquin, je l'ai un peu vu comme un tableau. Une fresque abstraite. Je ne sais vraiment pas si c'était voulu par l'auteure. Mais je sais que dans ce style de peinture, il se cache quand même quelque chose. Quand l'histoire a commencé, je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus réaliste. Alors qu'en fait, c'est loin d'être le cas. On part dans tous les sens. Cette différence est très positive. On sort des sentiers battus. On explore un univers complètement insolite. Et elle crée un mélange entre l imaginaire et le réaliste. Ce qui m'a le plus marqué, c'est sans aucun doute quand elle parle de peindre en mille couleurs l'air du vent. Je trouvais ce moment poétique et rempli de sens. La deuxième chose m'ayant le plus frappée, c'est qu'au fond, durant tout le récit j'ai voulu comparer cette histoire avec celle du petit prince. elles sont semblables avec leur part de changement.

<< Brocéliande, une forêt entre rêves et réalité. Magique par sa beauté et par ses légendes...Je n'ai ni la prétention ni le désir de réécrire l'histoire de ces héros. Je me suis tout simplement créé un monde imaginaire dans lequel je me réfugie quand la réalité me fait mal. >>

<< La nudité le rend si ridicule qu'Ombelle ne peut s'empêcher de rire à gorge déployée. Ce qui irrite le bouleau au plus haut point :

-Arrêtez donc cela et appelez Merlin, je commence à prendre froid.

-Avez-vous oublié, mon cher, que Merlin est en voyage... >>

Publié dans avis de blogs

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Brune SAPIN nous propose un poème...

Publié le par christine brunet /aloys

Brune SAPIN nous propose un poème...

« Ô fil de l'eau »

Le péché non absout.
A la pêche aux étoiles.
Les sirènes n'atteignent pas les rives.
Pécheur de rêves.
L'océan ne rugit pas. Il afflue.
En cédant sa place.
Il ne surgit pas. Il s'étire.
Quelque chose l'attire puis l'effraie.
Inassouvissement permanent.
Un flux d'aller-retour.
La masse pesante et majestueuse se décortique.
Les vagues pécheresses osent pénétrer le sable, et creuser la digue, et élargir le champ de vision.
Retenue de pudeur.
L'eau vivante, l'eau écume, lotissements creusés.
Empêchement.
Impossibilité de stabilité.
Fluctuation.
Elle se retient.
Rythme de berceuse.
Empêchée, en pêche et, poussée à la faute contre le pouvoir, la loi naturelle.
Alors l'océan déborde. Menace.
Le vent l'ébruite, le caresse, l'estompe.
Jamais plus qu'une tempête.
Les embruns qui s'échappent d'une cour orchestrée.
Le trône est vacant.
Rien n'est prévu.
Et les rendez-vous se manquent.
Toujours tiraillés.
Toujours pris au piège d'un filet.
Et pourtant.
Ne faut-il pas ? Essayer du moins ?
Aucune contrainte sauf la liberté.
La liberté empêchée.
Les algues et les coquillages échoués.
Marée haute.
Les flots se heurtent.
Giflent la berge.
Spectateurs inconscients d'un spectacle qui transit, qui frissonne.
Une obligation ailleurs.
Élan de dignité.
Se retirer avant que. Avant de.
Déjà trop avancée.
Excuses irritables.
L'océan s'est tu.
Tu es pardonné.
De l'horizon a percé une apparition.
Les gouttes dans les nuages bas.
Passer outre, forcer, pousser.
En vain.
Au creux des Limbes.
Un entre-deux éternel.
Faute de.
Les sirènes n'atteignent pas les rives.

BRUNE SAPIN

Publié dans Poésie

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Edmée de Xhavée nous propose un extrait de "Lovebirds"

Publié le par christine brunet /aloys

Edmée de Xhavée nous propose un extrait de &quot;Lovebirds&quot;

Edmée De Xhavée, extrait de Lovebirds, « Carte numéro 13 – La mort »


Pendant la semaine, Dominique décide d’aller avec David dans la maison de Laure pour y trier ce qui sera à garder et à jeter. Laure ne s’est jamais mariée et la maison est déserte, la voisine ayant repris son jeune chien dès le lendemain de l’accident, car Dominique avait tout de suite suggéré de le mettre à la Croix Bleue. David a arrêté ses études l’année dernière, proclamant qu’il en avait marre d’étudier et qu’il allait travailler. Il avait vendu des disques, puis des bicyclettes. Et en avait eu marre aussi. Depuis, Dominique et Lambert ne savaient pas trop ce qu’il faisait, et espéraient ne pas avoir à le découvrir. Il avait de l’argent, encore que pas assez pour se passer de leur aide. Il a en tout cas le temps d’aider sa mère à mettre de l’ordre chez tante Laure…

Dominique s’est tout de suite attaquée à l’intérieur des portes du placard de la cuisine. Laure y a punaisé toutes les cartes postales qu’elle recevait. Agacée Dominique arrache le tout et l’enfonce dans un sac poubelle de plastique noir. « Hé, c’est ma carte de Corse, elle l’a gardée ! » proteste David sur la défensive. « Mais enfin, que veux-tu faire de ces crasses-là ? C’est bon pour la poubelle ! Allez, on n’a pas le temps, il faudra vendre cette bicoque au plus vite ! » Et elle va de pièce en pièce, continuant son oeuvre d’extermination, remplissant le sac de tous les petits objets chéris et sans valeur que sa sœur gardait : photos encadrées de ses animaux favoris, bonbonnières de mariages ou communions, paquets de lettres dont le papier craque de sécheresse, vieilles photos, petites boîtes hétéroclites. Elle a apporté du matériel d’emballage et des caisses en carton qu’elle emplit de ce qu’elle sélectionne avec un œil de commissaire-priseur. Le coffret aux bijoux, l’argenterie, des coupes empire à bord doré, un service empire à punch en verre opaque ciselé d’or et décoré d’une frise de fleurettes blanches et bleues, des verres à vin d’Alsace anciens… Elle s’active comme une fourmi. Le regard surpris de David lui fait réaliser que malgré elle, elle s’est même mise à chantonner ! « La vie continue, Davidou, on ne peut pas pleurer tout le temps quand même ! » s’excuse-t-elle. « Mais tu n’as pas pleuré du tout, toi ! » constate-t-il, irrité.

Il a ouvert le petit scriban de Laure, plus par curiosité que par envie de trier. Cette hâte à faire le nettoyage par le vide l’atteint comme une sorte de viol de la vie de sa tante. Le poids de sa responsabilité dans sa mort se traduit par un désir de protéger ce qu’elle était, comme un gardien de temple. En lui résonne sans cesse ce « David ? » surpris qui avait précédé le coup de feu et cette étrange scène de son corps s’affalant sans résister et presque sans autre bruit que celui du sac se vidant sur le trottoir. Il n’a pas encore pu trouver qui il est devenu après ce crime, et sait qu’il ne pourra jamais en parler à personne. Le père d’Athanas, son complice, a renvoyé son fils sur son île en Grèce, avec ordre de s’y marier et d’y rester. Et il a brûlé la collection de timbres, que le pharmacien avait montrée à David quand il était encore petit et croyait s’y intéresser. Les timbres triangulaires de la république de San Marino l’avaient émerveillé, mais il y en avait d’autres qui, imprimés dans le mauvais sens, avait dit le pharmacien avec douceur, valaient très cher. Assis sur le tabouret à pieds de lion de sa tante, il regarde le contenu du scriban ouvert devant lui : un vieux canif des tanneries Houben marqué d’un chêne ; une toute petite photo d’elle et lui enfant, dans un cadre ovale ; un bloc de papier à lettres ; deux petits poissons de porcelaine chinoise qu’il lui a offerts il y a deux ans ; une boîte de bois décorée de motifs orientaux contenant une gomme, des attaches trombones, un rouleau de papier collant.

Et une carte du Tarot. La Mort. Sur la tête de mort, elle a collé la sienne à lui, récupérée d’une photo du dernier Nouvel-An. Elle lui avait encore raconté une de ses histoires non censurées comme elle aimait le faire et il y rit aux éclats.

Edmée de Xhavée

Publié dans Textes

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Christine Previ nous propose une courte nouvelle

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Previ nous propose une courte nouvelle

Une plage déserte...

À neuf ans, Mathias s’est vu obligé de passer ses vacances d’été chez sa tante Germaine, dans une maison de pêcheur, coincée entre mer et forêt. La plage était déserte, isolée et le jeune garçon s'y ennuyait. Il tournait en rond durant de longues journées, sans un seul copain pour partager ses jeux, et aucun enfant dans les environs !

Mathias aimait beaucoup la lecture mais le soir, il ressentait cependant une boule en travers de la gorge lorsqu’il pensait à ses parents : « La voix de maman, quand elle me raconte une histoire, me manque beaucoup ainsi que ses farces et ses bisous dans le cou… Et papa aussi me manque, et nos batailles de coussins. »

Hélas ! Depuis quelques mois, ses parents se disputaient pour un oui ou un non. Et quand ils l’éloignèrent, sous prétexte de régler des problèmes, l'enfant devina qu’ils voulaient divorcer.

Il était en colère et se sentait coupable alors, pour oublier tout cela, il rêvait d' aller dans la forêt. Mais cela lui était interdit ; tante Germaine et son voisin, Argan le pêcheur, avaient décrété : « Dans cette forêt, il ne se passe que des choses pas très catholiques ! » Mathias les trouvait tous deux bizarres, mais il ne pouvait rien dire.

Il jouait alors seul, avec son cerf-volant, sur la plage et ce début d’été lui parut interminable…

Christina Previ

Publié dans Nouvelle

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Micheline Boland nous présente son dernier ouvrage "Voyages en perdition"

Publié le par christine brunet /aloys

Micheline Boland nous présente son dernier ouvrage &quot;Voyages en perdition&quot;

L'AUTEUR

Micheline Boland est belge. Elle est née à Aiseau, en 1946. Elle vit actuellement à Marcinelle. La passion pour l'écriture de petites histoires lui est venue dès l'école primaire. À l'adolescence, elle se lance dans l'écriture de poésies. Ceci l'amène à collaborer aux recueils "Poésie-20" coordonnés par Pierre Coran et à divers fanzines. Souvent intriguée par les comportements humains, elle se tourne naturellement vers des études de psychologue. Tout en travaillant en centre PMS, elle suivra une longue formation de maître-praticienne en programmation neuro-linguistique, une initiation à l'hypnose ericksonienne et diverses autres formations à l'analyse transactionnelle, à l'écoute active, au jeu de l'acteur, au clown…

Au terme de sa formation en P.N.L., elle se remet à écrire régulièrement contes, poèmes et nouvelles trouvant ainsi le moyen de mettre en évidence l'emploi de cette discipline. En 1997, un de ses contes est sélectionné par le jury de "Fais-moi un conte", ce qui la conduit à se perfectionner dans cet art. En 2005, elle se lance dans l'impro théâtrale et quelques années plus tard dans le chant choral. Deux activités qu'elle pratique encore avec plaisir.

Son premier livre paraît en 2004 aux éditions Chloé des Lys. En 2006, Micheline publie "Comment rendre votre quotidien plus plaisant" qui s'inspire largement de la PNL et la met en pratique sous forme de mises en situation inspirées du vécu.

"Voyages en perdition" est le treizième livre qu'elle publie chez cet éditeur. Elle a remporté plusieurs prix à des concours d'écriture et participé à de nombreux recueils collectifs.

Site Internet : http://homeusers.brutele.be/bolandecrits

Blog : http://micheline-ecrit.blogspot.com

L'OUVRAGE

Onze nouvelles qui parlent d'amour, de rencontres, de bouleversements, de désarrois et de coïncidences. Onze nouvelles qui commencent de manière assez banale et, le plus souvent, se terminent étrangement. Au fil des histoires, des hommes, des femmes ou des enfants, obsédés parfois, passionnés souvent, aux réactions toujours imprévisibles. Une belle analyse de l'âme humaine, des émotions vécues ou refoulées.

Des histoires de statues, des histoires de livres, de couples, de familles, d'amitiés, de liens qui se relâchent, de ruptures. Des rêves de changement et d'épanouissement.

Des rêves qui se concrétisent parfois très difficilement.

Un homme apprend qu'il va être licencié. Il achète un billet de loterie qui se révèle gagnant. Hélas, il peine à retrouver le fameux billet !

Des nouvelles sans rapport entre elles mais qui offrent toutes un cocktail de travers humains

À l'occasion de son anniversaire, une femme pondérée et sage se laisse aller à la gourmandise. Cela la conduira à sa perte… Guidé par une sorte d'intuition, un homme âgé désorienté parvient à retrouver un amour de jeunesse. Une histoire qui se termine par un tragique accident.

Des histoires qui mettent en lumière des émotions très fortes.

Un petit-fils aux prises avec le chagrin d'amour de son grand-père, une jeune femme qui découvre un secret de famille, une affiche publicitaire fort particulière, les lettres de soutien adressées par une fillette à son père devenu veuf.

Comme l'a écrit le conteur Paul Fauconnier : "Je crois qu’un de secrets de Micheline, c’est l’empathie, sa capacité à se mettre à la place de ses personnages et de partager avec nous ce qu’ils vivent."

EXTRAIT

"Dedans et dehors, c'est jour de fête.

Dedans, mes yeux captent la lumière délicate des vitraux. Dedans, il fait frais.

Dehors, il faut chaud. Dehors, m'attend une lumière estivale, une lumière qui adoucit un peu les paysages, qui fait fondre mon cœur et qui, avec un peu de chance, pourra entrouvrir les portes de l'amour...

Dehors, des hommes, des femmes des enfants, un chien, un relieur en pleine activité, un tailleur de pierre, un calligraphe. De quoi garder quelques belles images.

Le revoilà !..."

(Tiré de "Méprise à Avioth")

Publié dans présentations

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Laurent Dumortier et Patrick Beaucamps dans le nouveau numéro de Catarrhe n°22... L'averse, la poésie de Laurent Dumortier

Publié le par christine brunet /aloys

Laurent Dumortier et Patrick Beaucamps dans le nouveau numéro de Catarrhe n°22... L'averse, la poésie de Laurent Dumortier
Laurent Dumortier et Patrick Beaucamps dans le nouveau numéro de Catarrhe n°22... L'averse, la poésie de Laurent Dumortier
Laurent Dumortier et Patrick Beaucamps dans le nouveau numéro de Catarrhe n°22... L'averse, la poésie de Laurent Dumortier

Laurent Dumortier et Patrick Beaucamps dans le nouveau numéro de Catarrhe n°22

http://catarrhe.skynetblogs.be/archive/2016/07/26/catarrhe-n-22-8632654.html

L’averse

Sais-tu qu’hier soir

Sous l’averse

J’ai pu voir

Dans tes yeux ta détresse ?

*

Abrités près du conservatoire

J’ai découvert dans ton regard

Des souvenirs d’ivresse

Et surtout la peur de me perdre…

*

Ainsi, notre histoire…

Tes larmes qui percent

Un éclat d’ivoire

De nous, c’est tout ce qu’il reste…

*

De nous, c’est tout ce qu’il reste…

*

Des souvenirs qui hébergent

Un peu de tristesse

Tandis que le vent et l’averse

Vers nous convergent

*

Tu voudrais ralentir

La fuite en avant, sentir

Le ciel qui se déverse

Car le temps presse…

*

Ainsi, notre histoire…

Tes larmes qui percent

Un éclat d’ivoire

De nous, c’est tout ce qu’il reste…

*

De nous, c’est tout ce qu’il reste…

*

Crois-tu qu’il y aura

Aussi une averse

Quand il faudra

Que je disparaisse ?

Laurent Dumortier

Publié dans Poésie

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Marcelle Dumont nous propose deux extraits de son roman "Nuageux à couvert"

Publié le par christine brunet /aloys

Marcelle Dumont nous propose deux extraits de son roman &quot;Nuageux à couvert&quot;

EN PENTE DOUCE (NUAGEUX A COUVERT).

(page 113)

*

Jamais Christine – Cricri, pour Marcus – n'aurait imaginé que tout irait si vite. Ils vivaient ensemble depuis si longtemps qu'elle se trouvait maintenant comme amputée. Bien sûr elle savait que Marcus était gravement malade, mais comme il végétait depuis des mois chez eux, dans un lit médicalisé, elle avait pu croire que ça durerait éternellement. Et du coup, elle n'avait pas pris la peine de se poser de questions. Tous deux s'étaient installés dans une sorte de zone grise, de purgatoire, pas agréable à coup sûr, mais où, du moins, il y avait encore quelqu'un près d'elle, une présence ténue, somnolente, mais enfin une présence.

La dernière nuit avait été, comme souvent, presque une nuit blanche, coupée de brefs moments de sommeil dont elle émergeait le cœur battant. Alors, comme souvent aussi, pour combattre la fuite des minutes, elle avait parlé, parlé. De tout, de rien, de l'effort qu'il aurait dû faire pour manger un petit peu, de leur vie commune, de leur rencontre, de leur première nuit, de leurs querelles qui, quand tout allait bien, se dénouaient sur l'oreiller dans un orage de passion renouvelée.

******

Au bout de quelques jours, Martine, l'épouse du cousin, prise de remords, lui avait téléphoné, pour lui demander comment elle se sentait après un si grand chagrin.

- Oh, bien sûr, papa me manque, mais je me fais une raison. A son âge, cela devait finir ainsi. C'est Marcus qui m'inquiète. Il n'est pas rentré depuis plusieurs jours. Que mange-t-il, là où il est et pourquoi le retient-on ainsi ?

Martine en avait eu le souffle coupé. Elle avait alerté son mari et tous deux avaient débarqué chez Christine, sans crier gare. Ils l'avaient trouvée hagarde, échevelée, dans une maison en désordre et, comme ils la dévisageaient, elle avait tapoté ses cheveux, en pensant qu'elle devrait prendre rendez-vous chez le coiffeur. Elle les avait fait asseoir de mauvais gré, se demandant ce qu'ils faisaient là, alors qu'on passait parfois des années sans se voir.

Martine lui avait pris la main et lui avait parlé à mi-voix.

- Tu es très fatiguée, n'est-ce pas, Christine, mais il faut revenir à toi. Ce n'est pas ton papa que nous venons d'enterrer, tu dois le savoir. C'est Marcus, voyons !

- Marcus ? Ce n'est pas possible !

- Je t'assure que c'est Marcus qui est décédé.

- Et nous nous sommes occupés de tout. J'attends toujours que tu nous remercies, avait grogné le cousin avec reproche, mais Martine l'avait fait taire, car elle voyait bien que la pauvre n'était pas dans un état normal. Christine, quant à elle, voyait la fiction qu'elle s'était créée partir en lambeaux. Tout lui revenait tout à coup. Le lit médicalisé qui avait disparu ainsi que Marcus. Ce vide, cette absence, cette non vie, c'était trop pour un esprit fantasque, apte aux chimères consolantes.

- Mais alors, si Marcus est parti, qu'est-ce que je vais devenir ? Je n'y survivrai pas. Ce n'est pas vrai. Ce matin encore je lui ai parlé. Il a promis de revenir. Il ne laissera pas sa petite fille toute seule.

- C'est ton mari, pas ton père !

- Je suis son enfant quand même. C'est mon ami, mon père, mon mari, mon amant.

Etait-elle sincère ? Jouait-elle la comédie ? Avec elle, on ne savait jamais, se disait le cousin. Elle allait peut-être se lancer dans un de ces discours pseudo philosophiques qui lui donnaient l'impression d'être une intellectuelle de haut vol.

Allait-on subir à nouveau sa profession de foi, selon laquelle, avant de connaître Marcus, elle avait honte de son corps, car tout plaisir était tabou selon l'éducation qu'elle avait reçue. Lui, heureusement, l'avait révélée à elle-même. Et tout ça, assaisonné de ces "hein, sincèrement", avec lesquels elle sollicitait l'approbation de ses interlocuteurs.

Quand elle tenait ce genre de discours, au temps de sa jeunesse, elle était toute frémissante d'excitation, les yeux brillants et les lèvres humides. Elle se tenait jambes haut croisées, découvrant un bout de cuisse au-dessus des bas et parfois un morceau de son slip en dentelle noire. Ce genre de discours un peu ridicule pouvait passer alors, auprès des hommes du moins. Certains, dont le cousin, affriolés, s'étaient crus autorisés à risquer des travaux d'approche et tous avaient été repoussés avec fracas.

(pages 125 à 127).

Marcelle Dumont

Publié dans Textes

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