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Isabelle Fable a lu "Chaos" de Bob Boutique

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Un thriller au titre décoiffant, où l’on retrouve le commissaire Johan Verdriet et son adjointe Lieve Moed, les protagonistes de son roman précédent, 2401, sans qu’il y ait de suite logique entre les deux œuvres. C’est une tout autre enquête à laquelle vont s’atteler les deux membres de la KMAR (Koninklijke Marechaussee, Gendarmerie nationale des Pays-Bas.). L’affaire commence par un banal vol de tableau au Rijksmuseum, tableau sans grande valeur, dont le vol sert en fait à masquer un autre vol, d’objets autrement plus intéressants. Et l’affaire va prendre une tout autre tournure, justifiant qu’on fasse appel au service anti-terrorisme.

Et voilà le lecteur embarqué pour un long périple qui, de rebondissement en rebondissement, le mènera en divers points de la planète, lui fera rencontrer Rita Van Hemelrijk, ministre de l’intérieur, des responsables ou restaurateurs d’œuvres d’art, mais aussi des gens impliqués dans la lutte contre le terrorisme car les objets dérobés ont une immense valeur symbolique pour des millions de gens et pourraient remettre en cause bien des choses. Il faut savoir qui les a volés et pourquoi il les a volés, ce qu’il veut en faire – les vendre, bien sûr, mais à qui ? Et que veut-il faire de cet argent, quel est cet événement de très grande violence que le Mossad sait devoir se produire avant la fin du mois de septembre et qu’il faudra contrer, sous peine de voir le monde plonger dans le chaos ?

On en vient à savoir que le voleur, Yahia, est un yéménite houthis, musulman mais pas le genre à se faire sauter en martyr. Très dangereux néanmoins et ne reculant devant rien pour accomplir son projet. L’enquête mènera le commissaire au Yémen, où il courra mille dangers pour accomplir sa mission… et où le rejoindra plus tard sa fidèle Lieve. Après bien des tribulations et des surprises pas toujours agréables, ils y arriveront mais Yahia n’a peut-être pas dit son dernier mot. Car, reprenez votre souffle, amis lecteurs, Bob nous promet une suite après le mot FIN… !

Peut-être retrouverons-nous Yahia ? Et c’est un homme qui ne plaisante pas, Yahia. Il coupe un doigt ou deux pour inciter les gens à collaborer et il promet la mort aux enquêteurs qui approcheraient de la solution. Mais les enquêteurs ont plus d’un tour dans leur sac et ne se laissent pas démonter si facilement.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Bob connaît son affaire, il a le sens du récit bien construit, bien mené et une maîtrise aiguë du suspense, avec une montée en puissance qui nous tient en haleine à nous couper le souffle. C’est bien ce qu’on demande à un thriller. D’autre part, la préparation a été minutieuse, tout est détaillé et de nombreuses notes en bas de pages précisent systématiquement ce qui pourrait paraître obscur à un lecteur moins averti. Le récit colle à l’actualité, avec quelques gadgets un peu plus science-fiction, mais pourquoi pas. Peut-être l’auteur se laisse-t-il emporter par l’imagination quand il propose des choses moins vraisemblables. Comme une femme enfermée dans une caisse en bois accolée à une paroi métallique et coincée sous une autre caisse bourrée d’explosifs, qui arrive à s’en extirper. En se faufilant par le côté dans un espace qui « ne dépasse pas dix centimètres » ? Impossible. À moins qu’elle n’attaque (au couteau) la caisse du dessus, sans faire sauter ni faire tomber les explosifs (dont chacun pèse quinze à vingt kilos), les entrepose dans la caisse où elle se trouve, où « l’espace est juste assez vaste pour se tenir assis, la tête légèrement inclinée ». On a du mal à y croire. Mais Bob Boutique y met tellement de conviction qu’on passe outre (la foi transporte les montagnes !) et qu’on reprend bien vite le fil de l’histoire, pour savoir ce qui va arriver dans ce roman palpitant, aux ingrédients savamment distribués, où l’on n’hésite pas à secouer la poussière des dogmes établis et à remettre en cause les certitudes des croyants de tout bord.

A lire, sans hésitation. On passe sur les (petites) imperfections – la perfection n’est pas de ce monde, pas plus que les certitudes en matière de foi – pour se laisser prendre au jeu de l’enquête minutieuse et dangereuse à laquelle se livrent nos deux héros et à leur jeu d’amour cache-cache qui se poursuit dans ce deuxième roman…

Isabelle Fable

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Kristof nous présente son prochain recueil "Le temps déposé"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Le temps déposé

 

Il ne faut pas tromper le lecteur. Je n’écris pas de la poésie. C’est une chronique d’aujourd’hui, qui emprunte à tous les genres littéraires avec, il est vrai, une teinte poétique dominante dans les harmonies.  Le temps déposé, qui est mon nouvel opus, ne déroge pas à la règle. Il s’inscrit dans la logique de mon travail de consignation d’événements généraux et personnels, de mes réactions passionnées face à notre monde décadent que je juge très sévèrement. Autrement dit, et sans prétention aucune, c’est un « doux style nouveau » revisité inconsciemment.

La seul chose que j’ai en commun avec Dante, c’est notre passion pour le vin, sans aller jusqu’à cuver comme lui, au 4 rue Saint Séverin dans le 5ème arrondissement de Paris. (est-ce vrai ? en tout cas, c’est une légende urbaine qui a survécu jusqu’à nos jours et qui me plaît)

 

Il y a cependant, dans «  le Temps déposé », de grands changements visibles.

Mon style a évolué. On pourrait dire qu’il a grandi. Je l’ai rendu plus incisif lui appliquant des rythmes parfois effrénés, saturés d’émotions,

pas toujours voulus d’ailleurs, puisque les textes se rapportant aux douloureux événements de novembre 2015, se sont imposés à moi.

Une grande variété de sujets est abordée sous un angle que j’ai souhaité volontairement déroutant. Il est vrai que je n’aime pas les choses qui se comprennent d’emblée. Je fais mon maximum pour préserver le mystère, conduire,

guider le lecteur à travers une sorte de voyage initiatique, non pas pour le séduire

ou lui plaire, mais pour l’introduire dans mon univers, libre à lui bien sûr, d’accepter ou de refuser.

 

Un extrait !

 

13 novembre

Ce jour ne chante plus

 

Plusieurs mourants

Déjà sans connaissance

Sur le trottoir

Dans la salle

Saignants écarlate

 

Des cris

Des plaintes

Jusqu’à l’écœurement

 

Des draps tombent

Pour aveugler la mort

Pour ne pas l’effrayer

 

Le manque de vie

Creuse la nuit

 

La passion des appels

Des derniers appels

Les soupirs s’enfuient

Comme le temps

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Dans Bruxelles news "Procréation assistée" d'Armelle Welles

Publié le par christine brunet /aloys

Dans Bruxelles news "Procréation assistée" d'Armelle Welles

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Coup de coeur d'Albert Moxhet pour "La Rinascente", le nouvel ouvrage d'Edmée de Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

 

Samedi Coup de cœur d’Albert Moxhet

 

La nouvelle est, on le sait, un genre littéraire dans lequel Edmée De Xhavée excelle.

Son nouveau recueil, La Rinascente, en donne une nouvelle preuve.

  

 

Réunissant huit textes d’une trentaine de pages en moyenne – deux faisant exception : un de trois pages, l’autre d’une cinquantaine – cet ouvrage porte, comme c’est souvent l’usage, le titre de la première des nouvelles qui le constituent, La Rinascente, qui est le nom d’un magasin de Turin, ville où la narratrice commence une nouvelle vie.

Les thèmes que traite ici Edmée De Xhavée tournent autour de la vie de couple, de son usure et de ce qu’il en advient pour les ex-conjoints. D’une plume élégante, l’auteure analyse avec pertinence les sentiments de ses protagonistes, qui appartiennent généralement à des milieux bourgeois.

 

 

 

Le plus souvent à la troisième personne, parfois en je, ces récits rendent le son du vécu au travers de détails observés avec acuité et rendus avec beaucoup de justesse et un regard volontiers critique, qu’il s’agisse de milieux traditionnels ou d’un contexte aussi particulier que celui de l’aventure des autos-canons belges en Russie durant la Première Guerre mondiale.

On peut considérer qu’en décrivant le comportement de ses personnages et en les situant dans des récits bien ciblés, Edmée De Xhavée brosse le portrait d’une société contemporaine ou presque, avec des accents de comédie humaine dans lesquels elle se sent très à l’aise, ce qui donne une grande souplesse à son style et du réalisme à ses récits.

[Référence : Edmée DE XHAVÉE, La Rinascente, nouvelles, Barry, Éditions Chloé des Lys, 2017, ISBN 978-2-87459-965-1]

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La rançon, le roman de Luc Chaumette dans le Bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

La rançon, le roman de Luc Chaumette dans le Bibliothécaire
La rançon, le roman de Luc Chaumette dans le Bibliothécaire

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Quand ACTU-tv parle des grands auteurs belges... Michel de Ghelderode Une chronique de Marc Quaghebeur. Un texte de Jean François Foulon

Publié le par christine brunet /aloys

Une rubrique que j’ai particulièrement appréciée dans Actu-TV, c’est celle qui est consacrée depuis quelque temps aux auteurs classiques de Belgique. Lors de la dernière émission, Marc Quaghebeur, le directeur des Archives et Musée de la Littérature (AML) a évoqué Michel de Ghelderode. Cela m’a aussitôt rappelé des souvenirs. Je l’avais découvert il y a longtemps, à une époque où, étudiant et grand adolescent, je me réfugiais sous mes couvertures, dans ma chambre non chauffée, pour lire durant la nuit des auteurs étranges que je ne connaissais pas. Et pour ce qui était de l’étrangeté, avec Ghelderode, j’avais été servi.

De son vrai nom Adémar Martens, cet auteur dramatique est né à Ixelles le 3 avril 1898, de parents flamands (il est mort le 1 avril 1962). Son père, par ailleurs très autoritaire, est employé aux Archives générales du Royaume, et pour des raisons de promotion sociale, il mettra son fils dans des écoles francophones. Sa mère, plutôt superstitieuse, lui racontait souvent des histoires effrayantes, qui ont dû marquer son imaginaire.Le petit Adémar est solitaire et de santé fragile : atteint d’asthme toute sa vie, il aura même le typhus à l’âge de 16 ans. Le fait d’avoir ainsi frôlé la mort aura manifestement une incidence sur son oeuvre. En tout cas cette maladie l’a obligé à arrêter ses études. Il n’en est pas moins passionné par l’histoire et plus particulièrement pour les époques du Moyen Âge, de la Renaissance et de l'Inquisition. Ce n’est sans doute pas un hasard, car l’éducation religieuse qu’il a reçue l’a véritablement terrifié et s’il perd la foi à l'adolescence, il continue à croire aux puissances du mal. Ainsi il dira : « L'existence du diable est certaine, il suffit de regarder autour de soi. Dieu se manifeste rarement. »

Il aime aussi les marionnettes (son père l’emmenait souvent au théâtre royal de Toone) et le monde des foires (celle du Midi à Bruxelles en particulier). Tous ces éléments se retrouveront plus tard dans son œuvre. Son univers est celui d’une Flandre imaginaire, un peu mythique et atemporelle (avec une prédilection toutefois pour le XVIe siècle, celui d'Ulenspiegel, le héros de Charles De Coster). On le sent aussi imprégné par l’atmosphère des tableaux de Bruegel et de Bosch et du coup on retrouvera chez lui de nombreux personnages allégoriques.

Ses premières pièces de théâtre (écrites en français mais traduites en flamand) sont jouées par la compagnie populaire « VlaamscheVolkstooneel ». C’est toutefois à Paris qu’il connaîtra le succès (le public belge des années 30 étant peu réceptif encore aux avant-gardes théâtrales). Il faut insister sur ce succès parisien, dont on n’a pas assez conscience en Belgique. En gros, si Ghelderode est devenu un grand du théâtre, c’est grâce à la France. Son succès a été considérable (il sera joué partout dans le monde, de l’Europe aux USA, sans oublier l’Argentine et le Japon) et il est bon de rappeler, comme le fait Marc Quaghebeur dans la vidéo, que c’est par Beckett et Ionesco qu’il sera supplanté plus tard. Il a donc largement contribué à préparer le théâtre de l’absurde, rôle qui n’est pas négligeable…

A partir de 1939, pourtant, affaibli, il décide de renoncer au théâtre (il écrira cependant encore trois pièces, dont L’Ecole des bouffons) et se consacre à la prose. Ce sera « Sortilèges », un recueil de douze contes qu’on qualifie habituellement de « crépusculaires » ( on y parle de la mort et du péché, le tout baignant dans un décor de brume). 

Ensuite, il s’essaie à la radio, où il tient une chronique intitulée « Choses et gens de chez nous ». Malheureusement on est en pleine Occupation et Radio-Bruxelles où il a travaillé a clairement collaboré avec l’occupant. Était-il lui-même proche des idées nazies et rexistes ? Si l’on en croit ce que dit Marc Quaghebeur dans la vidéo, il était surtout un révolté qui contestait tout et il est clair qu’il aura trouvé dans les idées du moment un écho à sa haine de la gauche et de l’anarchie. De là à dire qu’il a ouvertement collaboré, il y a un pas qu’on ne peut franchir. Il sera toutefois révoqué de son poste de fonctionnaire de la commune de Schaerbeek, mais après enquête, cette révocation s’est transformée en une suspension disciplinaire de trois mois (peine finalement légère, comme le souligne Bob Boutique, et qui prouverait qu’il n’était pas foncièrement coupable). Peu après, l'Administration le pensionne pour cause de maladie et il sera finalement réhabilité en 1946. Puis c’est à cette époque que vient son grand succès sur les scènes françaises et internationales dont je viens de parler. Il est publié chez Gallimard et devient un sujet de thèses. Mais Ghelderode, au caractère sombre, conserve au fond de lui une sorte de rancune, notamment pour n’avoir pas pu entrer à l'Académie royale de langue et de littérature françaises.

La fin de sa vie est triste et il meurt le premier avril 1962. Il ignorera toujours qu’on pensait à proposer son nom pour concourir au Nobel de littérature. Mais revenons à son théâtre. Fasciné par les personnages de Charles Quint et de Philippe II, on peut dire que Ghelderode se situe dans les traditions hispanique et anglaise du XVIème siècle. Il est clairement en rupture avec le théâtre français classique et cartésien. Son monde est celui d’un univers étrange, un peu morbide, où la mort, les masques, et les bouffons tiennent une place de choix. C’est un univers flamand et à vrai dire je m’étonne du succès que l’auteur a pu rencontrer en France (on insiste bien dans la vidéo sur cette différence entre l’esprit français, si peu rabelaisien finalement, et le côté « déjanté » de ces écrivains flamands). Si le public parisien a été sensible à l’œuvre de Ghelderode, c’est à mon humble avis par le discours morbide qu’il véhiculait. On était après la guerre et on venait de connaître tant d’horreurs et d’atrocités que ce théâtre qui parlait sans cesse de la mort et qui la mettait en scène dans un décor étrange, farfelu et finalement angoissant (dans la « Balade du grand macabre » la mort apparaît comme un personnage réel, qui chevauche un ivrogne) devait finalement correspondre à la désillusion de la population, qui était revenue de tout et qui ne croyait plus à grand-chose. L’univers macabre et inquiétant de Ghelderode évoquait manifestement quelque chose et son côté grotesque et cruel également.

Pour terminer, voici un petit extrait de Jaïre, histoire de se faire une idée plus concrète du style de Ghelderode et des thèmes qu’il aborde :

Oh dilemme ! Si mon grand, oui, grand chagrin se voit, on dira : le grotesque bonhomme, si peu maître de soi ! Si je le cache, mon chagrin... grand ? Non immense ! On dira : n'a pas de cœur, celui-là ! Entendez : sa fille unique meurt et rien de sa face ne bouge... Oh ! je suis énervé, exaspéré, crevassé, heu, et quoi encore, déchiré, bouleversé... Coulez, mes ampoules, maintenant coulez, je m'en moque. On pleure à tout âge. Je serai soulagé. Et tant pis si je grimace... (Il pleure.) ... Heu !... (Se mouche.) Heu ! (Se mouche.) Ah ! Quel moment unique, terrible, excellent, le moment que l'on souffre !... Sent-on cela dans les naufrages ? Non, je ne vois plus clair... Ces larmes sont noires, c'est l'eau de l'étang noir... Le cygne... ma fillette qui meurt et répond des absurdités aux propos tendres que je lui tiens, qui me repousse lorsque je veux la caresser toute moite. Le canard... il grandit, des mâts lui poussent, il amarre : c'est le bateau vénitien dont je dois surveiller le déchargement au quai du Miroir !... Quelle débâcle !... Mes affaires dans l'eau, l'eau noire et blanche, et mes repas froidis... Et le chien du voisin qui ne cesse de awoûawawoû, comme ils font ça les chiens, et de creuser des trous dans la terre !... Je dis trou ? Oui, trous partout, on entre dans l'existence et on en sort par un trou ! (Furieux.) Non et non et non ! Assez de ça, de tout ça... Tout quoi ? La mort et ses péripéties, les figurants, comme un jeu de théâtre qui dure des jours et des nuits comme des jours ! Et sur­tout le principal, de quelque sobriquet qu'on le nomme, qui rode autour et n'entre pas, comme s'il prenait plai­sir à prolonger notre angoisse. Est-ce donc si difficile à faire mourir, une fillette de seize ans ?

En tout cas merci à Actu-TV qui m’a permis de me replonger dans cet univers ghelderodien que j’avais un peu perdu de vue.

J.F Foulon
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Anne-Sophie Malice nous présente "BB12"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie


Anne-Sophie Malice...j'aurais choisi Malice en pseudo et viré l'Anne et la Sophie en optant pour Juliette.

Née le 31 décembre en terre montoise... mais l'arrière de la coccinelle bleue ciel des parents aurait été plus rock n'roll.

J'ai marché tard, fait mes dents tard. Pourtant j'ai avancé, en me cassant la figure, pour mieux me relever.

 

Les Beaux-Arts, leurs portes ouvertes à la communication et le non jugement, les autres portes, blindées.Une licence en dessin, je ne touche quasiment plus un feutre.

 

L'écriture, la photo numérique en parfaite amateur, j'aime.

Des bouts de rien, des virées en moto et faire mouche en tir sportif font mon bonheur au quotidien .

 

Je gribouille, avec des traits, des mots et des instants dérobés.

 

 

Résumé

BB12 est dans la même ligne que les deux premiers opus, à savoir que ce sont des textes poétiques, comme dit mon éditeur, Laurent Dumortier. Je ne sais pas si je serai capable un jour de décrire ce que j'écris. Lire c'est se faire une idée directement.


Extrait

 

Décrépitude

 

 

Quoi que l'on ait pu vous raconter,

rien ici ne peut y ressembler.

Les murs du monde se salissent,

le goût de la vérité s'évapore.

 

Quoi que l'on ait pu vous conter,

rien ici ne pourra vous combler.

Le chant des oiseaux est dissonant,

le soleil tend à se dissimuler.

 

Jetez vos souhaits,

contemplez votre innocence,

l'Heureux n'est pas ici.

Publié dans présentations

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Valentine Depinay-Maire nous présente son ouvrage "Mes pas dans les siens"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

BIOGRAPHIE Valentine DEPINAY-MAIRE

 

Née en 1976, je suis orthophoniste dans un hôpital de jour avec des enfants autistes et pyschotiques en Haute-Savoie.

Titulaire d’une licence de lettres modernes avant d’obtenir mon diplôme d’orthophoniste il y a une dizaine d’années.

J’ai commencé à écrire durant mon adolescence, des poèmes et des nouvelles. C’était ma façon de mieux vivre mon mal être sans embêter personne (à part ceux qui les lisaient).

Je n’ai jamais cessé d’écrire par la suite, en parallèle de ma vie professionnelle et familiale. Passionnée de musique (en particulier de piano), j’écris des textes de chansons.

*****

« Ta main qui passait dans mes cheveux...Une caresse muette avec plein de mots cachés sous tes doigts, cachés dans mes cheveux…Plus fort qu'un baiser sur la joue. Plus fort qu'une étreinte.

 

Tes mains. Celles qui ont porté ma mère. Celles qui caressaient ma joue. Celles qui tenaient souvent un petit carré de chocolat aux noisettes. Celles qui ne m'ont jamais giflé. Celles que je n'ai pas serrées à ton dernier souffle. »

 

Extrait de Mes pas dans les siens, chapitre 1 « tes mains »

 

RESUME DU LIVRE MES PAS DANS LES SIENS

 

« Léa, jeune trentenaire, mère d’un petit garçon, se remet difficilement du départ brutal de son mari. Elle se confie à son grand-père défunt à travers de lingues lettres et reprend peu à peu goût à la vie grâce aux étincelles de ses souvenirs d’enfance. »

 

Publié dans présentations

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Jean-Jacques Manicourt nous présente son nouvel ouvrage "En Langue d'Or"

Publié le par christine brunet /aloys

Courts extraits de « En Langue d’Or »

 

 

Et tu cabanes

Dans ta chantepleure

Une essence vive de Havane

Et les fruits de mon cœur

 

Amoureux effrontés

On écrit l'amour à petits mots

Avec une encre (  ) éhontée

 

Coiffée de ta toque russe

Oh, ma jolie frimousse

Tu vas dans les rues sans us

Élégante, fière et sans frousse

 

Sur le toboggan de ta hanche

Ma main skie

Elle savoure le zakouski

Des plaisirs en avalanche

 

 

 

Biographie

 

Né en 1957 à Roubaix, J-Jacques Manicourt  travaille comme intervenant dans une institution qui reçoit des jeunes sujets en grande souffrance.

Il consacre le reste de son temps à lire bien entendu, écrire quand le désir le titille, et depuis peu, à traduire les textes anciens en hiéroglyphes.

Jean-Jacques Manicourt réside désormais là où l’amour l’a retenu.

 

Résumé

Textes courts sur lesquels voguent au gré des  trouvailles : l’errance et la légèreté des sentiments le plus souvent arrimées  à la » Belle Rencontre ».

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Micheline Boland nous propose la seconde partie de sa nouvelle "La folie de Marguerite"

Publié le par christine brunet /aloys

(...)

Quatorze février. Axel a vingt ans. Il n'est pas riche. Pour payer ses études d'accoucheur, il travaille au noir. En ce jour de fête, il a envie d'offrir un cadeau à Luce, la jeune fleuriste.

Luce travaille à deux pas de l'école d'infirmiers. Chaque fois qu'Axel passe devant la boutique, il s'arrête jusqu'à ce que Luce le remarque. Quand leurs regards se croisent, de la main, Axel envoie un baiser à Luce qui en retour lui adresse un sourire.

Axel et Luce se connaissent depuis le jardin d'enfants. Elle l'a toujours fasciné. Ses boucles rousses et sa douceur le touchent. Luce n'est pas comme les autres filles. Déjà enfant, elle faisait un joli bouquet avec deux marguerites et quelques pissenlits. À douze ans, Luce est entrée dans une école d'horticulture. Axel la voit de moins en moins, au hasard d'un passage au centre-ville.

À présent, Luce travaille chez "Capri fleurs" et Axel, qui vient de connaître une déception sentimentale, se sent seul. Il se remet à rêver d'une relation amoureuse avec Luce. Le quatorze février à seize heures, il entre dans le magasin et commande quatre gerberas rouges. Luce prépare le bouquet. Le geste tremblant, la voix cassée, Axel le lui offre et Luce remercie. Leurs yeux sont brillants, leurs mains se touchent. Luce emmène Axel vers l'arrière-boutique. Elle lui montre du doigt une affiche qui explique le langage des fleurs. Elle dit : "Sais-tu que le gerbera signifie amour profond, tendre sentiment ?" Axel rougit. Il répond : "J'ai bien choisi alors…" et lui propose d'aller boire un café dans le bistro tout à côté. Il attendra là que Luce ait terminé son boulot.
Pour ces ceux-là, le gerbera a dit vrai. De rendez-vous en rendez-vous, ils tisseront la toile d'un amour fou. Ensemble, ils parcourront le monde de Capri à Venise, du Cap Nord à Zanzibar.
 

"C'est bien un style de journaliste. Des phrases courtes, une entrée en matière précise. J'adore", commenta Thérèse.

"Encore une bleuette ! Et puis il manque le mot folie !" lâcha Julien avant de commencer à lire avec lenteur sans même y avoir été invité : À seize ans, on a toutes les audaces ! Je le sentais ému, sa voix tremblait, mais il prit progressivement de l'assurance :

Mon père fêtait son anniversaire. Assis sur l'herbe, je jouais sur ma tablette. Mes deux grandes cousines bavardaient au jardin. Elles ne prêtaient guère attention à moi. Leurs rires m'attirèrent. Je levai la tête : Léa avait cueilli une marguerite et l'effeuillait. "Il m'aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout." Elle répéta l'opération, lorsqu'il ne resta qu'un pétale, elle dit : "à la folie".

Je baissai la tête. Sylvie rit : "C'est normal que ce soit à la folie puisque Sébastien est fou."

Sébastien est le fils de ma belle-mère. Il a dix-neuf ans comme moi. Si je suis calme et classique, Sébastien est excentrique et imprévisible. Tantôt il est extraverti, tantôt renfermé et solitaire. Ma belle-mère affirme qu'il est bipolaire.

Piercings, tatouages, Sébastien a un look particulier. Il sort et dépense beaucoup, puis quelques semaines après, il se montre avare et reste cloîtré dans sa chambre. Dans ses périodes de mélancolie, il lui est même arrivé de se scarifier le bras. Son père est parti quand il avait trois ans et on ne l'a jamais revu. Ce traumatisme et le manque d'amour paternel seraient, paraît-il, à l'origine des problèmes de Sébastien.

Deux mois après que j'aie surpris la conversation entre mes cousines, Léa et Sébastien s'affichent ensemble aussi bien à un concert rock qu'à une fête de famille et au cinéma. Quelques semaines après, lors du repas du soir, Sébastien quitte brutalement la table. Ma belle-mère explique qu'il est sûrement déprimé par sa rupture avec Léa et qu'il faudra être compréhensif avec lui pour l'aider à remonter la pente.

Des jours durant, Sébastien sèche les cours. Ma belle-mère et mon père lui conseillent de revoir son psychiatre. Sébastien finit par accepter. Cela ne l'empêchera pas de tuer le caniche de Léa d'un coup de carabine, puis de retourner l'arme contre lui.

"On sent que c'est écrit par un jeune" dit Thérèse.

"J'aime beaucoup, il y a de l'action, de l'humour."

"Oui, chouette" compléta Marie-Paule.

Pierre intervint "Je peux lire ? C'est tout différent. Ce sont des haïkus, de la poésie de style japonais. J'ai l'impression que chacun pourra s'y retrouver."

Je questionnai : "Plus de commentaire ?" Il n'y eut aucune réaction et d'un geste de la main je donnai la parole à Pierre :

Rite de printemps

Ô amour, ô solitude

~ Effeuiller ses rêves

 

Folie d'amour

La marguerite et quoi d'autre ?

~ Toujours ou peut-être ?

 

Effeuiller encore

Même pour la marguerite

L'amour est folie

 

Parfois la folie

Se lit dans la marguerite

~ Et la solitude ?


 

Ah cet amour fou !

Dans le vase la marguerite

N'est que solitude


"Très spécial", jugea Madeleine.

Les remarques furent fort sobres à l'image des haïkus.

"De l'émotion, de la réflexion, différent de tout ce qu'on a entendu". …

Madeleine conclut : "Je crois que mon tour est venu. Ce n'est pas de la poésie, mais tout est vrai dans cette histoire. Voilà !
 

 

Jean a soixante-dix ans. Il est veuf depuis deux ans. France, son amour de jeunesse, est décédée d'un arrêt cardiaque après quarante années d'un bonheur sans tache. Inquiète de voir son père seul et anéanti, Anne, sa fille, le convainc de participer à un speed dating.

Jean accepte, mais se demande comment lui, d'habitude si lent à prendre une décision, pourra effectuer un choix. C'est la jupe fleurie d'Anne qui lui donne l'idée d'un critère de sélection. Il ne répondra positivement qu'aux dames qui porteront un vêtement peu ou prou fleuri.

Le jour "J", Jean avale un petit verre de porto avant de se rendre à la salle. Parmi les candidates, il en retient une, Marguerite. Le col du chemisier de cette dame est brodé de deux roses rouges. Elle ressemble à France. Petite et mince, elle a les cheveux blonds et de beaux yeux bleus. Heureux hasard, il lui plaît. Ils se revoient, ils courent les casinos, les discothèques et les restaurants. Ils sont redevenus jeunes, ils sont comme fous.

Après une descente dans l'enfer du jeu, Jean et Marguerite se retrouvent presque sans le sou. C'est alors qu'Anne obtient une mise sous tutelle de son père et que Marguerite se voit contrainte d'aller vivre chez un frère. Jusqu'à la fin de sa vie, Jean resta emmuré dans les regrets ne se confiant qu'au chat avec lequel il se décida à partager sa solitude.

Visiblement bouleversée, Madeleine se mit à bafouiller : "C'est vraiment mon histoire que je viens de lire. J'ai changé les prénoms. C'est tout."

"Peut-être bien, mais il n'y pas le mot folie", dit Lionel.

Marie-Paule qui ne semblait pas avoir entendu la réflexion de Lionel fit : "Eh bien, pour une drôle d'histoire, c'est une drôle d'histoire".

Madeleine expliqua : "Oui, maintenant, je suis seule et ma vie est difficile. Mon Jean à moi s'appelait Georges et il vient de mourir. Mon frère et ma belle-sœur me reprochent notre comportement à Georges et à moi. Ils surveillent mes moindres dépenses. Ils me traitent de folle. Mais je ne suis pas folle… N'est-ce pas que je ne suis pas folle ?"

Je dis : "Je vous en prie, c'est un atelier d'écriture créative. Il ne s'agit ni de parler de soi ni de juger les autres, mais plutôt d'apprécier la forme." J'étais sans doute intervenue trop mollement car Thérèse, répliqua de sa voix aiguë d'enseignante : "Quand même, Madame, vous êtes un peu folle…"

"C'est de l'amour…", conclut la vieille dame en pleurnichant.

"Non, reconnaissez que c'est aussi de la folie. Mon frère, c'est un peu comme vous, il est dingue de jeux vidéo, il ne pense plus qu'à cela. Il est sur une autre planète. Il sèche des cours. Ma mère veut qu'il consulte un psychiatre, mais il refuse", ajouta Lionel.

"Oui, c'était tout à fait déraisonnable. Votre ami et vous, vous vous êtes comportés comme des gamins", trancha Marie-Paule, ma voisine.

Je dis : "Voyons… Reprenez-vous. Nous ne sommes pas un tribunal, nous ne sommes pas là pour parler de nos problèmes personnels. Exprimez-vous uniquement sur la forme des textes…".

Prise de court. Je n'eus pas le temps d'en dire plus ni de bien voir ce qui se passait. Madeleine s'était levée et assénait un coup de canne sur la tête de Lionel puis sur celle de Marie-Paule qui la menaça : "Vous êtes folle ! Je vais sûrement déposer plainte. Vous entendrez parler de moi !"

La dame âgée partit en claquant la porte, n'emportant que son sac et sa canne, oubliant ses feuilles, son stylo et renversant une chaise sur son passage.

Je sentis un énorme malaise planer sur le groupe. Comme s'il n'avait pas été conscient d'avoir été un des acteurs de la scène et d'avoir été agressé, l'apprenti journaliste déclara : "Il y a de la matière dans tous ces textes !" Cette phrase fut accueillie par une totale indifférence. Plus personne n'attendait la moindre intervention. Tous rangeaient leurs affaires et enfilaient leur imper.

Déjà j'entendais le premier "au revoir et merci…" Chacun s'échappait au plus vite.

Quand je quittai les lieux après avoir rangé un peu, la patronne me dit : "Pour être animé, il a été animé votre cours !" Je me contentai de sourire en lui donnant la somme convenue pour la location.

De ceux-là, qui reverrais-je en septembre ?

Deux jours plus tard, ma voisine sujette à des migraines en rendit responsable le coup de canne reçu et décida d'introduire une plainte…

En septembre, je jugeai plus prudent d'aller animer un atelier d'écriture à Honfleur.

MICHELINE BOLAND

 

Publié dans Nouvelle

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