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Claude Colson nous présente "Léna", son second ouvrage...

Publié le par christine brunet /aloys

 

« Léna, une rencontre » 2007

 

 

Histoire peu banale d'une relation amoureuse évoluant - chemin inverse du trajet habituel - de l'attirance à la passion en passant au préalable par l'amour.


Sous forme de triptyque:

- Un récit initial relate cette liaison dans son ensemble, puis deux parties creusent, telles une spirale, le vécu, en quête de sens :
- Des poèmes en prose reviennent plutôt sur les jours passés ensemble dans le partage et le bonheur.
- Un journal dit surtout la souffrance de l'Après

Une analyse aigu? du cataclysme intérieur

 

Un avis : « Léna a l'avantage sur Saisons de proposer quelques éclaircies dans un paysage amoureux très sombre. Claude Colson traite de l'ensemble de la liaison entre le narrateur et son amie d'un temps. On peut errer dans ce livre, sans le lire dans l'ordre, et passer sans cesse du court récit d'introduction aux pages du journal, puis aux poèmes. Trois éclairages différents, trois manières, et, toujours, une ma?trise admirable de la langue. C'est comme une douceur amère. Tim Burton, le cinéaste, disait, dans une interview, à propos de Charlie et la chocolaterie, qu'il n'aimait pas ce qui était trop sucré et qu'il préférait un peu d'amertume en tout. Ici aussi, les go?ts sont intimements mêlés.... » (F.M.)

 

Deux extraits :

 

Un soir d'octobre, rentrant chez lui par le train, il l'entendit et dut la regarder.

Il n'était pas remis d'une rupture qui s'était éternisée, dix mois plus tôt, et avait fini par le laisser déboussolé et meurtri. Les antidépresseurs lui permettaient de tenir.

Ce soir là, lisant, il prêtait une oreille distraite au babil des deux dames qui le côtoyaient dans le compartiment. Il se souvint avoir déjà vu la femme aux cheveux châtains qui lui faisait face, probablement sur le quai où chaque jour il prenait son train. Il avait alors juste remarqué une taille élancée et une certaine recherche dans l 'habillement qui immédiatement l'avaient fait se sentir incapable d'intéresser une telle personne. Trop bien pour lui. Un vieux réflexe.

Il ne put néanmoins s'empêcher de sourire visiblement à certaines des remarques des deux voyageuses qui de toute évidence se savaient écoutées. Lorsqu'il la revit sur le quai quelques jours plus tard, il lui demanda la permission de voyager avec elle. Elle accepta mais comme elle faisait depuis longtemps ce trajet qui la menait au travail avec quelques connaissances, elle le fit pénétrer dans ce groupe hétéroclite. Bientôt ils voyagèrent ainsi, à plusieurs, matin et soir.

Très vite il eut envie de la voir seule et il l'invita à déjeuner, peu s?r de son acceptation. Contre ses prévisions ce fut oui. « En tout bien, tout honneur» dit-elle, précisant encore« A charge de revanche ».
Elle le vouvoyait et l'appelait Jean-Yves et il trouvait cette distance délicieuse.
Comme elle n'aimait pas son propre prénom, désuet, il la nomma Léna.

 

*****

 

Léna était mariée. Peu à peu elle avoua à Jean-Yves que cette union était devenue insipide et formelle depuis plus de 10 ans déjà. Elle prenait plaisir à rencontrer son nouvel ami, même s'il ne pouvaient s'isoler, et encore, seulement pour discuter, que très épisodiquement.
Lui, éternel rêveur, s'éprit vite mais superficiellement de cette incarnation d'un mystère qu'il chérissait, la féminité. Depuis quelques années il avait pris go?t à l'écriture, qui exaltait ses sensations et il remit bientôt à Léna des sortes de poèmes qu'elle devait conserver cachés. Déjà ils partageaient un secret. ?/

 

Claude COLSON

 

Publié dans Textes, présentations

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Yannick Torlini publié dans Revu, la revue de poésie...

Publié le par christine brunet /aloys

http://revularevue.wixsite.com/revu/biographies?utm_campaign=d40d658ea6-EMAIL_CAMPAIGN_2017_07_03&utm_medium=email&utm_source=Newsletter%2BRevu&utm_term=0_8b6ec41cd9-d40d658ea6-25362805

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Yannick Torlini publié dans Revu, la revue de poésie...
Yannick Torlini publié dans Revu, la revue de poésie...
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Publié dans articles, Poésie

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Quand ACTU-tv parle des grands auteurs belges... Georges Rodenbach Une chronique de Marc Quaghebeur. Un texte de Jean François Foulon

Publié le par christine brunet /aloys

Il est des livres que l’on connaît - ou du moins que l’on croit connaître – sans les avoir jamais lus. Ce sont souvent des classiques, dont on a étudié des extraits à l’école ou dans lesquels les journalistes littéraires aiment puiser des citations pour montrer leur culture. Bref, ce sont des livres dont on connaît plus ou moins l’histoire, dont on pourrait même parler un peu, mais dont finalement on ignore tout puisque tout simplement on ne les a pas lus. 

C’était mon cas pour Rodenbach. Honte à moi, je l’avoue. De cet auteur, j’avais simplement lu quelques poésies dans des anthologies et je connaissais (quand même) le titre de son œuvre la plus célèbre : « Bruges-la-morte ». Il a fallu que j’écoute l’interview de Marc Quaghebeur dans Actu-TV pour que je prenne conscience de cette lacune et que je me précipite sur ce livre. Comme quoi cette émission culturelle prend de l’ampleur et les interviews du directeur des Archives et Musée de la Littérature consacrées aux grands classiques belges sont toutes du plus grand intérêt. En tout cas cela m’a permis de découvrir Rodenbach. C’est un peu le but poursuivi par Actu-TV, je crois : puiser à des sources sures et sérieuses pour s’ouvrir ensuite à un large public. Que voilà une belle manière de dépoussiérer nos grands écrivains ! 

Mais revenons à Rodenbach. Né à Tournai en 1855, il est mort à Paris en 1898, d’une crise d’appendicite. En réalité, il passe son enfance à Gand, où son père, fonctionnaire au ministère de l'Intérieur, a été muté (c’était l’époque où la langue française régnait sur toute la fonction publique et où les agents de l’Etat exerçaient leur métier dans toute la Belgique, aussi bien en Flandre qu’en Wallonie). Au collège Sainte-Barbe, il se liera d’amitié avec Emile Verhaeren, puis il entreprendra des études de droit, études qu’il est supposé parfaire à Paris, mais une fois dans la capitale française, il fréquentera surtout les milieux littéraires( François Coppée, Maurice Barrès…). Il organisera d’ailleurs en Belgique des conférences pour présenter les auteurs français du moment. C’est ainsi par exemple que Mallarmé viendra parler de Villiers de l'Isle-Adam. 

Mais Rodenbach quitte définitivement son pays et s’installe à Paris en 1888. C’est là que son roman « Bruges-la-Morte »paraît, d’abord sous forme de feuilleton (dans le Figaro), puis en livre. 

On peut considérer que cet ouvrage est l’archétype du roman symboliste. Comme le fait bien remarquer Marc Quaghebeur, la trame aurait pu être celle d’un roman de gare : un homme a perdu sa femme et sa tristesse est telle qu’il décide d’habiter à Bruges (ville qui a eu son heure de gloire quand elle était un port de mer, mais qui vit maintenant dans un silence monacal, au milieu de ses beffrois et de ses béguinages) où sa mélancolie peut s’exprimer pleinement. Mais il rencontre une actrice qui ressemble à son épouse défunte. Il a une relation avec elle, mais petit à petit il doit bien reconnaître qu’elle est bien différente de la femme qu’il a aimée autrefois. Il finit par l’étrangler avec la tresse de cheveux de la défunte qu’il avait conservée comme une relique. 

L’essentiel n’est évidemment pas dans cette histoire. Tout est dans les symboles et la véritable héroïne, en fait, c’est la ville de Bruges. L’auteur tisse alors tout un jeu de correspondances entre l’état d’âme du héros, veuf et triste, et la ville elle-même, figée dans son passé, silencieuse, morne et mystique. Le symbolisme, on l’aura compris, adore les métaphores et les métonymies. Bruges offrait évidemment un décor idéal, avec ses vieux quais, ses béguinages, ses cloches qui sonnent les heures et dont l’écho se perd dans le brouillard, au bout des canaux. 

Le thème du miroir est fondamental. De même que les vieilles bâtisses se mirent dans les canaux et contemplent leur image, le héros retrouve (ou croit retrouver) dans l’actrice rencontrée le double de la femme aimée. Tout un jeu de correspondances s’établit alors. On ne regarde plus les beffrois ou les vieilles maisons, mais leur reflet dans l’eau. Il y a quelque chose de platonicien dans le symbolisme, car ce reflet est en fait l’idée de l’objet lui-même, sa quintessence en quelque sorte. Ville morte, Bruges renvoie à la solitude intérieure. Le temps y est suspendu et la ville rêve encore de son glorieux passé qui n’est plus (comme le héros rêve encore à la femme aimée qui est morte). Figée dans le temps, elle confond passé et présent (comme le héros croit reconnaître l’épouse qu’il a aimée mais qui est morte dans la jeune femme rencontrée). Mais qu’est-ce que la ressemblance, si ce n’est un mélange d’habitude et de nouveauté, une manière de retrouver le passé dans le présent d’aujourd’hui ? Or justement le héros est plongé dans ses habitudes : il s’enferme la journée et sort tous les soirs à cinq heures pour se promener le longs des canaux (dont les eaux noires évoquent le Styx antique). Rodenbach, fidèle en cela aux conceptions des symbolistes, en profite pour nous décrire une ville de Bruges noyée dans la brume et la pénombre, aux volets clos et aux vieilles façades délavées. 

Et comme Bruges était triste en ces fins d’après-midi ! Il l’aimait ainsi ! C’est pour sa tristesse même qu’il l’avait choisie et y était venu vivre après le grand désastre. (Rodenbach, Bruges-le-morte, Espace Nord, Loverval, 2006, p. 25) 

Mais si au début le héros choisi de vivre dans une ville pleine de mélancolie qui correspond bien à sa tristesse du moment, petit à petit il confond le souvenir de sa femme disparue avec la ville elle-même. La ville, elle aussi, aimée et belle jadis, incarnait de la sorte ses regrets. Bruges était sa morte. Et sa morte était Bruges. Tout s’unifiait en une destinée pareille. C’était Bruges-la-Morte, elle-même mise au tombeau de ses quais de pierre, avec les artères froides de ses canaux, quand avait cessé s’y battre la grande pulsation de la mer. » (Id. pp. 26-27) 

Bruges, on le sait, était un port de mer, mais celle-ci s’est retirée, laissant une ville morte qui ne vit plus que de souvenirs. Son coeur s’est arrêté de battre un jour, comme celui de la femme tant aimée. Mais à cette première correspondance, une autre va se substituer : Jane, l’actrice de théâtre rencontrée, ressemble tellement à la disparue que le héros va avoir l’impression de remonter le temps et de revivre sa passion initiale. Quand il la tient dans ses bras, ce n’est pas elle qu’il voit, mais l’autre, telle qu’elle était quand elle était vivante. 

On a donc l’impression que dans ce livre le thème du double (ou du simple et de son reflet) est primordial. L’unicité est intolérable, tout comme l’est d’ailleurs le fait d’être veuf. Tant qu’il est seul, le héros se rapproche donc de Bruges à laquelle il se sent uni par une même tristesse, mais quand il revit une passion amoureuse avec une actrice, il oublie la ville aux canaux et sa mélancolie et se concentre alors sur la ressemblance entre la femme vivante et celle qui est morte. Plus tard, quand il deviendra évident que l’actrice, vulgaire, dépensière et trompeuse, ne ressemble en rien à l’ancienne épouse, le héros reviendra vers Bruges. Plus tard encore, quand dans un moment de colère il aura tué Jane, il ne lui restera plus que Bruges, plus morte que jamais, puisque les deux femmes aimées ont disparu. 

C’est donc tout ce jeu de correspondances, de ressemblances, de glissements et d’inversions qui est intéressant dans ce livre et pas « l’intrigue » en elle-même. 

Avec ses canaux, ses ruelles où l’on se perd, ses béguinages qui se ressemblent, La vielle ville de Bruges a tout d’un labyrinthe, surtout à cinq heures du soir, en automne, quand elle est perdue dans le brouillard. C’est donc un lieu refuge, où on entre mais dont on ne sort pas. Rodenbach, qui est avant tout poète (même si, comme le fait remarquer Mac Quaghebeur dans la vidéo, sa poésie a un peu vieilli aujourd’hui à la différence de celle de Maeterlinck ou de Verhaeren) nous donne de belles descriptions de cette « Venise du Nord » qu’il a largement contribué à faire connaître. On peut dire que sa prose est poétique. 

« (…) Il marchait sans but, à la dérive, d’un trottoir à l’autre, gagnait des quais proches, longeait le bord de l’eau, arrivait à des places symétriques, attristées d’une plainte d’arbres, s’enfonçait dans l’écheveau infini des rues grises. Ah ! toujours ce gris des rues de Bruges. Hughes sentait son âme de plus en plus sous cette influence grise. Il subissait la contagion de ce silence épars, de ce vide sans passants – à peine quelques vieilles, en mante noire, la tête sous le capuchon, qui, pareilles à des ombres, s’en revenaient d’avoir été allumer un cierge à la chapelle du Saint-Sang. Chose curieuse : on ne voit jamais tant de vieilles femmes que dans les vieilles villes. Elle cheminent – déjà de la couleur de la terre – âgées et se taisant comme si elles avaient dépensé toutes leurs paroles. (Id, p. 85) 

Jean François Foulon

 

Publié dans présentations, vidéo, articles

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"Des cendres en décembre", une poésie de Laurent Dumortier extraite de son dernier recueil "D'hivers et d'ivresse"

Publié le par christine brunet /aloys

 
Des cendres en décembre

 

 

Des cendres en décembre

Celles dans tes yeux d’ambre

Lorsque si bas tu me vois descendre

 

Sombre décembre qui sombre

Des souvenirs dans l’ombre

De tes yeux que l’onde inonde

 

Des cendres en décembre

Il faut le temps suspendre

Pour éviter que dans la Dendre

 

Prédiction de Cassandre

Je rejoigne les sandres

A défaut de me pendre

 

 

Laurent Dumortier

Publié dans Poésie

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Le blog Legere imaginare peregrinare interviewe Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

https://legereimaginareperegrinareblog.wordpress.com/2017/03/30/interview-de-christine-brunet-auteur-de-venus-en-re-et-convergences-romans-chroniques-dans-ce-blog/#more-11977

 
Interview de Christine Brunet, auteur de Vénus en Ré et Convergences, romans chroniqués dans ce blog.

 

Après avoir lu « Vénus en Ré » et « Convergences », j’avoue que ma curiosité a été éveillée ; deux thrillers si riches, si denses, surtout « Convergences », j’ai voulu en savoir un peu plus sur l’auteur, ses influences, sa façon de travailler. Voici l’interview que Christine Brunet a eu la gentillesse de m’accorder en exclusivité.

 

  1. Ma première question concerne vos influences littéraires, les œuvres ou auteurs qui vous ont marquée, les livres qui vous suivent.

Aucun livre ne me « suit » mais je dois dire que j’ai des auteurs incontournables, sans doute de ceux que les lecteurs considèrent aujourd’hui comme « dépassés ». Ce sont des écrivains qui ont façonné mon imaginaire, dont j’ai lu et relu les écrits et qui ont su m’emporter dans leur univers : Jules Verne, Alexandre Dumas, Maurice Leblanc… Dostoïevski, Proust, L’Abbé Prévost, Molière, Hugo et j’en passe.

  1. Quand vous étiez enfant, lisiez-vous ou écriviez-vous ?

J’ai appris à lire très tôt, « seule », pour pouvoir vivre en direct les aventures de… Oui-Oui… Ben oui… Extraordinaire personnage pour un enfant : courageux, aventureux, honnête… Ensuite je ne me suis plus jamais arrêtée. La lecture est un aspect incontournable de ma vie. Quant à écrire, non… Comment se mesurer à de tels auteurs ? Impossible. J’ai sauté le pas alors que j’habitais en Grande-Bretagne et seulement parce que je m’ennuyais. Je ne pensais pas partager un jour mes élucubrations avec des lecteurs.

  1. J’ai lu dans votre biographie que vous avez une soif d’apprendre. Comment cette soif se manifeste-t-elle dans votre travail d’écrivain ?

Pour moi, un roman policier, un thriller, un sf n’est crédible que lorsqu’il colle à la réalité. La base est donc la documentation. J’apprends à chaque roman, je rencontre des tas de spécialistes, je découvre, je me documente, je voyage… Passionnant !!! Je sais à présent crocheter une serrure (ça peut servir), reconnaître les différents insectes nécrophages, ou des dépôts sédimentaires. Je suis incollable sur la Main rouge ou les Vorys, sur les rayonnements alpha ou gamma… Tout ce travail est un enrichissement personnel incroyable que je tente de partager avec mes lecteurs.

  1. En général, combien de temps vous faut-il pour écrire un roman ? Et pour « Convergences », plus longtemps que les autres ? Combien de temps de préparation avant de passer à l’écriture proprement dite ?

Tout dépend du temps de documentation… On va dire de 6 mois pour Non nobis domine (j’habitais sur place et la documentation était historique donc plus facile d’accès) à 3,5 ans pour E16 ou même Poker menteur. Pour Convergences ? Un peu plus de deux ans… Mais il n’y a jamais de préparation à l’écriture : dès que j’ai le point de départ, les scènes tournent dans ma tête et lorsque la documentation sur l’instant que j’ai imaginé est parfaite, j’écris la scène et ainsi de suite. Je ne connais pas la fin de mes romans au début de mon écriture : je ne travaille pas sur scenario. J’ai besoin d’être également tenue en haleine, de frémir, de ressentir sur le coup les émotions qui secouent mes personnages. En fait comme j’imagine une enquête, je la fais au fur et à mesure grâce aux indices qui tombent, aux hypothèses lancées par mes héros, etc.

  1. Votre organisation : avez-vous un moment défini dans la journée ou dans la semaine où vous écrivez pour vos romans ?

JAMAIS : je ne peux pas écrire sous la contrainte. Si je m’oblige, c’est mauvais. Par ailleurs, imaginer une scène, un dialogue, une rencontre me prend parfois plusieurs jours… des jours durant lesquels les images me hantent, m’agacent, me perturbent… mais durant lesquels je n’écris rien. Lorsque la scène est « prête », qu’il y a tout (les couleurs, les odeurs, certaines réparties, les sensations) je l’écris d’une seule traite, la tête dans le guidon, avec frénésie… Ce n’est que lorsque cette étape est terminée que je laisse mon imagination poursuivre son travail…

  1. Les lieux décrits dans vos deux derniers romans sont très précis, avec carte et plans à l’appui. Vous rendez-vous sur place ou vous documentez-vous à partir de guides ou sur internet ?

Je vais toujours dans les endroits que je décris. Parfois, j’y suis allée plusieurs années auparavant, parfois juste avant l’écriture. Mais impossible de décrire un site, une maison, un pays via maps google ! J’ai besoin de faire passer les odeurs, les impressions ressenties sur place… C’est cela qui va participer à l’ambiance, qui crée le suspense et fait voyager le lecteur… Les odeurs sur l’Île de Ré sont très différentes de celles des collines provençales, par exemple. Londres et Paris ne se vivent pas de la même façon. Comment faire ressentir la jungle birmane aux lecteurs si on n’y est jamais allé ?

  1. Les parties techniques sont particulièrement précises et réalistes. J’imagine que vous menez des investigations en amont : comment procédez-vous ?

Je vais voir des spécialistes, je les écoute, je regarde, je prends des notes. Parfois, comme dans Nid de vipères ou dans mon prochain bouquin, HX13, j’utilise les recherches de mes contacts et je les amène sur un terrain plus « futuriste » mais en gardant le côté plausible, toujours.

  1. Venons-en maintenant à votre personnage principal Gwen Saint-Cyrq. J’avoue qu’elle me fait penser, par son look et par son comportement à l’héroïne de Stieg Larsson Lisbeth Salander. Qu’en pensez-vous ? Avez-vous lu Millenium ?

Vous allez sans doute hurler, mais je n’ai pas lu Millenium ! Impossible d’accrocher… Mais mes lecteurs m’ont en effet parlé de cette héroïne décalée.

En fait, pour Gwen, je cherchais un look atypique sans le trouver. Et puis, j’ai été opérée de la main : lorsque j’ai vu mon infirmière à domicile, ce fut une révélation ! Un look très atypique… Celui que je cherchais !!! En fait, je m’inspire de personnages vrais pour créer mes personnages… A part Axelle qui est le résultat d’un mix.

  1. Comment avez-vous choisi le patronyme de Gwen ? Saint-Cyrq => SIRC : la ressemblance des deux mots est-elle un hasard ?

Gwen ? C’est le prénom de l’une de mes lectrices/consultante. Saint-Cyrq ? Une invention. Le SIRC : j’ai associé des initiales de façon « sexy » pour exprimer en 4 lettres le champ d’action d’une entité de police. Un hasard, pour cette homonymie.

  1. Raconterez-vous un jour les circonstances de la mort de Jerôme Signac ? En ferez-vous un roman dont l’action se situerait deux ou trois ans avant « Convergences » ?

Très possible, oui. Pour l’instant, je travaille sur un 3e opus avec Gwen qui s’intitulera… « Gwen, Adieu… ». Mon prochain thriller, HX13, met en scène plusieurs années après « Poker menteur » et « Vénus en Ré » mes anciens héros (Axelle de Montfermy et Sean Sheridan) et Gwen avec Signac… Très amusant de confronter deux univers.

  1. Je sais que vous êtes également rédactrice en chef de la revue littéraire « Les petits papiers de Chloé ». Comment cette collaboration s’est mise en place ? Pouvez-vous nous parler un peu de cette revue : quel genre de livres y sont chroniqués ? Quelles sont les infos, les rubriques qui la composent ?

En fait, mon premier roman, Nid de vipères, a été édité par les Editions Chloé des Lys (CDL). Il s’agit d’un éditeur belge à compte d’éditeur, mais un éditeur très particulier puisqu’il ne fonctionne qu’avec une équipe de bénévoles (c’est une ASBL). Dans le même temps et à une semaine d’intervalle, mon second thriller, Dégâts collatéraux, a été accepté par un éditeur français à compte d’édition également, plus important que CDL. J’étais diffusée et distribuée partout en France par De Borée. Je commençais à avoir une bonne vision de l’univers de l’édition, de la promo, etc.

A l’époque (2011), pour ma promo, j’avais créé deux blogs en plus de mon site, l’un d’eux dédié exclusivement aux auteurs de Chloé des Lys. Je n’y croyais pas mais ça a marché. Un jour, l’une des bénévoles de CDL a jeté l’éponge : il faut dire que son travail (promo des auteurs) demandait du temps et que certains auteurs, très désagréables, l’injuriaient, la harcelaient… Le boss de CDL m’a demandé si je ne voulais pas reprendre le flambeau. Par reconnaissance, j’ai accepté. Puis Bob Boutique, le patron d’Actu-tv.net m’a demandé de présenter l’émission… J’ai trouvé ça marrant, j’ai accepté. Puis le boss m’a demandé de reprendre le concept de magazine qui avait capoté quelques années plus tôt… Je ne pensais pas que ça prendrait beaucoup de temps… J’ai accepté mais le temps n’étant pas extensible, j’ai fermé l’un de mes blogs, passion créatrice, pour ne garder que celui dédié aux auteurs CDL. J’ai réuni autour de moi des auteurs fiables, on a trouvé un visuel, un titre. Certains des collaborateurs sont partis depuis mais le noyau dur reste fidèle et nous avançons sans nous créer de pression.

Nous y chroniquons des livres « coup de cœur » mais attention, des ouvrages d’auteurs inconnus ou peu connus : les auteurs connus n’ont pas besoin de plus de pub. Aujourd’hui, il y a un tas d’auteurs de talent qui ne parviennent pas à percer mais qui ont été remarqués par des structures comme CDL. « Le blog aloys », « Les petits papiers de Chloé », Actu-tv, autant de structures qui sont là pour leur rendre hommage.

Que contient notre revue ? Une bande dessinée (Bob le Belge), depuis le dernier n°, un manga créé par une jeune fille de 15 ans. Nous y publions les textes gagnants des concours que j’organise sur le blog aloys, vous savez, celui dédié aux auteurs CDL. Nous parlons également édition, etc. Il y a des rubriques qui, tout en suivant un thème, aborde un aspect culturel ou un mouvement d’humeur.

  1. Vous êtes également responsable de Chloé des Lys Collection : en quoi cela consiste-t-il ? Quelles sont les répercussions de votre travail d’éditrice sur votre activité de romancière ? Je pense surtout au temps passé pour l’un et pour l’autre.

Les Editions Chloé des Lys évoluent en permanence. Nous avons plus de 450 auteurs au catalogue. Certains vendent peu (poésie, autobiographie, essais…), d’autres vendent beaucoup. Collection a été mis en place pour cette dernière catégorie d’auteurs. La qualité du livre est différente, le prix couverture également. Les livraisons pour les dédicaces sont plus rapides.

Mais il est vrai que toutes ces occupations grignotent sur mon temps d’écriture. Lorsque j’ai besoin d’écrire, lorsque je suis en dédicaces, lorsque je pars en documentation ou en voyage, je ne m’occupe pas des auteurs CDL. A contrario, je suis toujours là en cas de coup dur : pour moi, CDL est un éditeur atypique, proche de ses auteurs, qui sait les prendre par la main et les accompagner tout au long du processus d’édition puis au-delà. Pour l’instant, j’arrive à tout gérer. Le jour où je ne le pourrai plus, on verra.

Merci beaucoup pour cet interview et pour votre implication auprès des auteurs !

L'interview est ici !

Le blog Legere imaginare peregrinare interviewe Christine Brunet
Le blog Legere imaginare peregrinare interviewe Christine Brunet
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Philippe De Riemaecker nous fait découvrir un auteur, Pierre Mainguet

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Pierre Mainguet - Le silence ne répond jamais

*-*

Il arrive par le train et en sortant de la gare, cherche des yeux un taxi. Un chauffeur se présente en roulant les « rrr » avec ce drôle d’accent que nos amis de l’Est, la Russie peut-être, offrent comme une chanson. Ce dernier propose au visiteur de le déposer devant un « Chouette hôtel », confortable et pas trop cher. Évidemment, vu sous cet angle, le visiteur ne peut refuser.

L’hôtel est une maison de passe. Je pourrais vous décrire l’histoire en vous offrant moult détails, ce ne serait pas honnête pour simple raison que ce roman mérite tous les hommages. C’est un livre non pas coloré, mais saupoudré avec finesse de sentiments, de couleurs, de décors inattendus que l’on ne peut retenir nos éclats de rire, une larme parfois et certainement de l’empathie pour le personnage principal. Un livre, que dis-je, un chemin qui nous entraîne vers une fin probable, le suicide et pourtant !. Pierre Mainguet adore la photographie et cette passion se ressent au travers de ses écrits. Même si nous parlons de livre, domine un éclairage savamment dosé qui se joue de la lumière et accentue les ombres. C’est une écriture des plus intéressantes, une écriture agréable, une réussite. Chaque scène puise sa force par la simplicité et pourtant, moult détails taquinent le regard. Les personnages sont attachants, ils possèdent des « gueules » que l’on imagine sans peine. Rien de spectaculaire, mais justement, c’est la force talentueuse d’un écrivain qui mérite amplement ce titre. Écrivain vous l’êtes Monsieur Pierre Mainguet et votre livre résonne en moi comme peuvent le faire les surprises auxquelles on ne s’attend pas. Au cœur de l’intrigue, une histoire d’amour. Elle est belle, grande, unique. Elle force nos souvenirs à dévoiler nos premiers regards, nos premiers émois sans ne jamais tomber dans la vulgarité. Et combien même, la nudité des corps se découvre en un érotisme subtil, au diable les hypocrites, la beauté mérite que l’on attarde son regard quand il est joliment porté.

C’est un livre écrit sans inutiles rondeurs, sans raccourci facile. C’est un roman qui laisse porte ouverte à tous les devenirs.

Il voulait trouver la mort à cause des circonstances, il découvrira que chaque respiration mérite d’être vécue. Vous l’aurez compris, j’ai adoré « Le silence ne répond jamais » rédigé avec brio par l’écrivain brabançon « Pierre Mainguet ».

Ne boudons pas notre plaisir, la maison d’édition « Académia » fleuri à Louvain la Neuve. Ne vous l’ai-je pas déjà écrit ? J’aime nos écrivains, ils méritent notre attention.

 

 

Philippe De Riemaecker

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La Rinascente d'Edmée de Xhavée : premier avis dans "mes impressions de lecture'

Publié le par christine brunet /aloys

http://mesimpressionsdelecture.unblog.fr/2017/03/24/la-rinascente-edmee-de-xhavee/

 

« Edmée plonge au tréfonds des cœurs et des âmes, et même parfois des tripes, de ses héros pour en extirper les joies et les douleurs les plus intimes et les plus vives pour montrer que l’amour et que la vie ne sont souvent qu’illusion et  amertume ». Lorsque que j’avais lu un précédent recueil de nouvelles d’Edmée, j’avais conclu mon propos par cette phrase qu’aujourd’hui je cite en introduction à la lecture de son nouveau recueil car elle a toujours ce même regard sur ce qui unit ou sépare les femmes et les hommes. A travers huit nouvelles qui sont autant de vie de femmes trompées, abusées, bafouées, elle reprend son thème de prédilection avec un peu plus gravité encore, peut-être même une petite de dose de férocité et de cynisme. On dirait qu’elle croit de moins en moins à « l’amour toujours », et qu’elle éprouve de plus en plus une grande méfiance vis-à-vis du mariage et de toutes les liaisons se voulant pérennes, ces unions qui servent surtout à maintenir le patrimoine au sein de la famille, conserver l’honneur le rang de la phratrie, du clan, perpétuer et préserver le « nom ».

« On tombe amoureux comme on tombe malade, ou fou de peinture, ou de courses de voiture. Une passade, elle passe. Un amour… on ne peut faire autrement que le vivre. On « tombe » dedans ». Un amour on le vit le temps qu’il dure car il est n’est que très rarement à vie. Le hasard qui réunit les amoureux à vie n’a pas souvent l’occasion d’exercer son talent, les mariages et unions diverses relèvent bien plus souvent des convenances ou du confort personnel. Auparavant on parlait d’alchimie de l’amour désormais on évoque une quelconque chimie qui relierait les amoureux…

Pour se convaincre de cette vision de l’auteure, il suffit de lire la quatrième nouvelle, celle qui concerne une jeune femme qui découvre que son mari la trompe et qui va vider son chagrin et sa colère dans les jupons de sa mère et de ses deux tantes qui lui racontent, chacune à leur tout, leur chemin sentimental personnel lui laissant ainsi découvrir que la sérénité qu’elles affichent toutes les trois n’a rien à voir avec leur vie sentimentale. Elles ont du combattre, accepter, biaiser, louvoyer, composer… pour construire une vie qui leur apporte une certaine satisfaction.

C’est, selon Edmée « la Rinascente » la renaissance, les retrouvailles avec les amis, les amours de jeunesse, quand on en a fini avec ce qu’il fallait faire : se marier, fonder un foyer, avoir des enfants pour assurer la descendance, faire carrière pour ne pas écorner le patrimoine familial, quand le couple s’étiole, que l’amour s’évapore doucement, que les enfants quittent leur nid, que les contraintes disparaissent, c’est le moment de renaître, de construire une autre vie, celle dont on a rêvé, celle qu’on n’a jamais pu vivre…, avec ceux qu’on retrouve. C’est la petite lueur d’espoir que l’auteure laisse filtrer entre les  lignes de ses sombres nouvelles.

Lire Edmée, c’est caresser un tissu de soie rêche, boire un vieil apéritif démodé, à la fois doux et amer, c’est se laisser bercer par la musique du texte, comme par un concerto pour piano de Mozart ou un Stück Musik de Schubert. Mais c’est surtout lire une page de l’histoire du XX° siècle, l’histoire d’un monde qui fut et qui n’a pas su s’adapter pour être encore, un monde qui n’a pas pu, ou pas su, prendre la mesure de tout ce que les deux abominables grands conflits avaient changé dans la vie des populations en Europe au XX° siècle. Le destin d’une classe sociale qui régentait le monde au XIX° siècle et qui a dû laisser sa place à une bourgeoisie nouvellement enrichie aux mœurs moins sclérosées, aux idées plus larges et plus hardies. L’histoire d’une classe sociale qui a poussé sous les tapis de son faste passé, les poussières nauséabondes de ses mœurs peu en harmonie avec son image.

Il y a aussi dans ces textes des souvenirs d’enfance, l’évocation de lieux où l’auteure a certainement séjourné et surtout beaucoup de nostalgie mais aucun regret, l’auteure semble, elle-même, avoir su renaître à une nouvelle vie après sa vie professionnelle.

 

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"Les gens sont tous heureux", un texte de Brune Sapin

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Les gens sont tous heureux


 

Une journée nulle, ça peut se passer différemment pour chacun. Il n'empêche qu'il peut s'agir de n'importe quel jour (ATTENTION DANGER!) et qu'aussi bien ça aurait pu être autrement (par exemple en n'étant pas soi mais une huître n'ayant aucun contact avec personne, mais hélas se noyant justement pour rester tranquillement seule).

 

J'aime pas trop trop les journées nulles, mais elles ne préviennent pas les vicieuses, elles avant-courent (c'est-à-dire qu'on peut les entendre arriver en écoutant bien son petit doigt).

 

Et elles donnent même envie de dire des gros mots (J'en ai un mais c'est osé.).

 

Du coup passez des pas nulles journées mais plutôt des chouettes moments pour tous ceux qui boudent alors qu'ils n'ont pas vraiment à se plaindre, mais tout de même figurez-vous qu'aujourd'hui il a même fait mauvais temps, en plus de tout le reste.


 

Brune Sapin

4 mai 2017

 

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Marion Oruezabal nous présente son nouveau roman "La planète de Pâques"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 Née en 1987, Marion Oruezabal vit à Bordeaux. Originaire du milieu scientifique, Marion vient de loin. En parallèle de son emploi de pharmacienne et de son engagement pour la préservation de la nature, elle s’atèle à l’écriture de romans fantastiques et contemporains, de poèmes et nouvelles. Passionnée de plongée sous-marine depuis quinze ans, ses actions, rencontres et aventures composent une importante source d’inspiration pour ses écrits.

« La Planète de Pâques » est un roman contemporain. Des personnages que tout oppose, au quatre coins de monde et différentes époques, vivront la même décadence. Celle d’un monde, notre monde, au bord du gouffre.

 

Résumé

Vincent Labre, avocat parisien renommé rongé par les remords. Mary Sulyvan, docteur en virologie spécialiste du virus de Lassa aux Etats-Unis. Frédéric Badou, français gonflé d’orgueil, combattant avec hargne dans le but de devenir le plus grand journaliste du Japon. Absorbés par leurs ambitions, ces trois êtres que tout sépare seront témoin du déclin de leur société à l’échelle planétaire… Et de leur espèce.

Bien des siècles plus tôt, Tzolo, le plus grand guerrier du clan Aka'hanga, regardera, impuissant, son peuple dépérir. Le peuple de l’île de Pâques.

 

EXTRAIT :

Peter retomba sur le dossier de sa chaise avec lassitude. Mais quelle vie s’était-il construite… Tout pouvait basculer en un rien de temps, sans prévenir. Il commença à ressentir le désarroi de Mary. Si l’Ebola et la variole devait muter comme le Lassa de sa collègue… Cela remettrait en cause toutes ses dernières années de recherche. Il réalisa alors que, dans sa vie, il n’y avait pas grand-chose d’autre que son travail, ses virus. « Célibataires cultivés ». L’expression avait l’air tellement anodine. Mais alors que les micro-organismes qu’il étudiait avec tant de passion étaient en passe de le semer, il se sentait comme abandonné. Pourquoi, d’ailleurs, était-il célibataire ?

 

*

 

Les hommes s’arrêtèrent soudain. Je ne pus rien voir jusqu’à ce qu’ils s’écartent. Le spectacle était digne de respect. Chacun des chefs des huit clans se trouvaient à la frontière de son territoire. Un pas de plus et ils fouleraient la terre du palmier sacré. Kuheg, à son tour, se plaça sur la frontière du clan Aka'hanga. Comme si un signal invisible venait d’être lancé, les neufs avancèrent d’un pas avec un synchronisme parfait. Comme complice, le vent jusqu’alors doux, forcit. La règle voulait que le chef du clan du dernier Tangata manu, prenne la parole le premier. Celui du clan Va'i Mata fit un pas de plus que les autres et leva les bras au ciel. Il tenait, dans sa main droite, un long bâton tortueux.

- Que les guerriers, choisis par les clans, s’avancent !

Les hommes autour de moi, désormais silencieux et dociles, s’écartèrent. Les yeux me quittèrent pour se planter respectueusement au sol. J’avançai sans m’en rendre compte. Dans mes oreilles résonnaient, seuls, les battements de mon cœur. Je franchis la frontière à mon tour et avançai au-devant de Kuheg. Le cercle des guerriers se resserra et chacun put jauger ses adversaires. Je détaillai avec précision le corps sculpté dans le roc de chacun d’eux. Celui du clan Va'i Mata était effrayant. Le chef du même clan reprit alors, de sa voix puissante :

- Devant vous, les neufs guerriers. Imprégnez-vous de leur puissance. Demain, au coucher du soleil, l’un d’entre eux sera Tangata manu et dormira dans la grotte sacrée.

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Qui es-tu, Loozie Anna ? Une vidéo de Jean-Claude Texier

Publié le par christine brunet /aloys

https://www.youtube.com/watch?v=Pp4p0ROjPag

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