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Sur les traces de Bob Boutique... Sur le blog "Les yeux fertiles"... Une chronique signée Cathie Louvet

Publié le par christine brunet /aloys

https://lesyeux-fertiles.com/2017/10/19/sur-les-traces-de-bob-boutique/#more-2587

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Sur les traces de Bob Boutique

Pour ma première contribution sur le site, je voudrais vous présenter un très talentueux romancier belge, auteurs de recueils de contes et de deux thrillers musclés particulièrement bien ficelés. Aujourd’hui, je vais vous parler de « 2401 », le premier d’une trilogie mettant en scène le commissaire Verdriet et son équipe.

 

2401 a été publié en 2015 par les éditions Chloé des Lys, maison d’édition belge implantée à Tournai, éditant de la poésie, des BD, des nouvelles, des biographies, des romans ainsi qu’une revue littéraire intitulée « Les petits papiers de Chloé ». La visée humaine qu’il véhicule est très profonde, pour preuve les divers thèmes abordés: la lâcheté; la corruption; l’exploitation de la détresse humaine; le regard de la société sur le handicap physique ou mental, mais aussi la réponse apportée à ces handicaps; le concept que chacun d’entre nous cache des squelettes dans son placard.

L’intrigue: Monsieur Jacques Durieux, brave retraité qui coule des jours heureux dans le bon village de Chamy sur Semois, reçoit une lettre anonyme plutôt inhabituelle: pas de demande de rançon, pas d’argent…Françoise Laloux, pharmacienne qui officie dans le même paisible village, reçoit une lettre identique. De même les « sœurs » Renard, Lise Deroubaix caissière dans la ville d’à côté et Alain Birnbaum, le médecin.

Que peut bien signifier cette pluie de lettres anonymes adressées à de braves citoyens qui, bien entendu, n’ont rien à se reprocher, ni dans le présent, ni dans le passé. Alors quoi? Mais Renée et Monique Renard sont bien décidées à ne pas se laisser faire et

Lettre anonyme

découvrit, à l’aide du médecin et du curé qu’elles entraînent à leur suite, quel corbeau se cache derrière.

Toute cette histoire pourrait se résumer à une vaste farce bourgeoise, dans le genre vaudeville, mais n’oublions pas que nous sommes dans un thriller; et qui dit thriller, dit frisson, angoisse, tension dramatique…Aussi, quand la piste de l’attentat permet aux policiers de remonter jusqu’à Chamy, la blague prend des allures de drame. Fini de rire!!!

Dans ce thriller très riche et très original, Bob a imaginé une société secrète dont les membres ne seraient pas mus par les habituels moteurs: « Le corbeau n’a rien à voir avec la religion, la philosophie ou la politique. Il n’est pas une secte mais une organisation secrète qui prend et qui donne. Vous avez le droit de demander n’importe quoi, n’importe quel service légal ou pas, pour autant que vous acceptiez d’en offrir un de même valeur. Donc, pas d’argent, l’opération serait nulle, puisque vous devriez donner autant de billets que vous en recevriez en retour (…)Il n’y a pas de limite morale. Vous donnez, vous recevez…vous donnez beaucoup, vous recevrez beaucoup. A vous de vous situer. » (Pages 43/44) => Avec pour obligation évidente de ne JAMAIS en parler ni poser de questions.

Pour autant, même s’il est clair que l’auteur ne se fait aucune illusion sur ce dont l’homme est capable par appât du gain ou goût du pouvoir et de la puissance, aucune trace de cynisme ni de cruauté gratuite. Le ton reste léger, même quand Bob évoque les « monstres » qui vivent dans l’hôpital psychiatrique du docteur Strassen, tissé de répliques bien sonnées et d’un humour grinçant mais jamais méchant, de ce genre-là, par exemple: « Comme quoi, rien n’est plus dangereux qu’une femme, que vous l’invitiez dans votre trou de célibataire (et ça commence toujours en tout bien tout honneur) ou la laissiez tomber comme une crêpe. De celles qu’on retourne d’un coup de poêlon en l’air, bien chaude, et qu’on ramasse alors brûlante sur le nez. » (Page 55)..

L’essentiel de l’action se déroule principalement en Belgique, dans le petit village de Chamy sur Semois, et en Suisse, dans la ville de Sion. Dans 2401, les descriptions de lieux n’occupent pas une place prépondérante; quelques phrases suffisent pour poser le décor et permettre au lecteur de se les représenter afin d’y situer les événements; rien de plus, car Bob, en bon conteur qu’il est, ne s’encombre pas de détails inutiles, juste le temps de nous faire regretter de ne pas avoir le bonheur de connaître ces lieux enchanteurs… Ainsi, « les gens qui connaissent Chamy et son environnement de forêts de hêtres et d’épineux ne manquent pas de faire une halte le long de la Semois dès que le temps le permet. » (Page 30)

Sans oublier toutefois de situer les lieux à leur juste échelle, toujours avec la pointe d’humour qui caractérise son style: « Le stade de Chamy, comme l’appellent pompeusement les joueurs, ressemble grosso modo à une prairie dont on vient de sortir les vaches, sauf que l’herbe est rasée, qu’il n’y a plus de flattes ( bouses), qu’on a délimité un terrain à la craie et qu’on a posé, à chaque bout, des piquets blancs avec un filet pour recevoir les ballons. » (Page 85)

L’ambiance « village de province » est décrite d’une façon savoureuse qui rappelle celle des films de Pagnol: « Sur la petite place de Chamy ( vous vous souvenez, au bord de la Semois) entre l’église et la maison communale, les braves dames commencent leurs conversations par « vous avez appris? » et commentent avec force gestes et roulement d’yeux le suicide de cet abbé qui était quand même un peu curieux, vous ne trouvez pas…rien que sa façon de marcher… » (Page 209)… »Et que dire de ces superbes villages de pierre aux toits d’ardoises avec une ferme à l’entrée, une autre à la sortie et la douce odeur du crottin dans l’air? » (Page 96)

La Semois

Pour conclure, je dirais que 2401 réunit dans ses 448 pages tous les ingrédients qui constituent non pas les bons, mais les excellents thrillers, car tout ici est à sa place: pas de fausse note, pas de fioritures, pas de descriptions inutiles. Le lecteur en a pour son argent, et pas une seconde ne s’ennuie. Au moment où il ouvre la première page, il met non pas le doigt mais tout le bras dans l’engrenage, et fébrilement tourne, tourne les pages jusqu’à la dernière…Au point de se dire: « Vivement la suite »!!!

Petite citation pour vous mettre définitivement l’eau à la bouche: « Cette histoire est pourrie, pleine de dangers incertains, comme s’il avançait dans le noir, les bras tendus pour ne pas se heurter à Dieu sait quoi… » (Page 115).

En cliquant sur ce lien, vous pourrez lire une interview exclusive de l’auteur:

https://legereimaginareperegrinareblog.wordpress.com/2017/10/19/interview-de-bob-boutique-auteur-de-2401-et-chaos/#more-24014

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Cathie Louvet en invité du Blog Aloys pour le premier tome de sa saga "DE GLACE ET DE FEU"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

DE GLACE ET DE FEU...

 

« De Glace et de Feu » est un roman « poupées russes ». Il raconte l'histoire d'un clan danois mené par un viking notoire, histoire imbriquée dans l'histoire du royaume danois et, d'une manière générale, dans celle de la « diaspora » des peuples scandinaves, elle-même emboîtée dans l'histoire de l'empire carolingien au moment de son délitement, après la mort de Charlemagne. Les destins des uns et des autres, hommes obscurs ou personnages historiques, s'entremêlent au gré des luttes pour le pouvoir, la gloire, la richesse, la puissance...l'amour bien sûr . Jusqu'au moment où la colère divine s'abat sur les mortels !

Thorkell, qui a rejoint l'armée du roi Godfred en guerre contre les Francs dont l'avancée inexorable vers le nord menace le territoire, meurt au combat, contraignant sa famille à s'exiler à Skye.

Tout comme l'assassinat du charismatique roi danois plonge son royaume, pour de longues années, dans l'anarchie. Qui, des trois prétendants au trône, parviendra à prendre le pouvoir sur un peuple farouchement épris de sa liberté ?

Idem chez les princes carolingiens : le remariage tardif de Louis Ier avec une jeune aristocrate et la naissance du petit Charles en 823, sonne le glas de l'équilibre instauré par l'Ordinatio Imperii en 817 . Dès lors, les passions se déchaînent, emportant sur leur passage piété filiale, amour fraternel, respect des préceptes chrétiens. Contexte particulièrement propice à tous ceux, aventuriers,ou princes ambitieux, désireux de se tailler la part du lion sur les ruines pas encore fumantes de l'empire fondé par Charlemagne ; à l'image du noble breton Nominoé, puis de son fils Erispoé qui, à force de ténacité et de courage, fondèrent le premier royaume breton.

« De Glace et de Feu » donne de la civilisation des Vikings un aperçu loin de l'imagerie traditionnelle qui les dépeint comme des Barbares sanguinaires sans foi ni loi, ce qui supposerait qu'ils sont différents des Francs qui ont fondé leur empire aux dépens des autres peuples, des Celtes envahisseurs de la Bretagne insulaire et de l'Irlande. Bien loin des clichés issus des récits des moines, le lecteur découvrira des hommes opportunistes, certes, mais intelligents, épris de liberté, capables d'aller au bout de leurs ambitions, au bout d'eux-mêmes.

« De Glace et de Feu » propose au lecteur un voyage dans le temps qui associe les ingrédients romanesques les plus divers : aventures rocambolesques, batailles, intrigues politiques, complots, meurtres, mais aussi l'amitié, l'amour, la foi, le courage, la solidarité, l'accomplissement de destins exceptionnels, qu'ils soient fictifs ou réels, la croyance que la chance sourit aux audacieux, que la renommée appartient aux meneurs, aux décideurs, plutôt qu'aux suiveurs.

 

BIOGRAPHIE DE L'AUTEUR :

 

après des études de Lettres Modernes et l'obtention d'une Licence Français Langue Étrangère, j'ai enseigné plusieurs années le français et l'histoire géographie en collège et en lycée professionnel.

Je continue à donner des cours de français particuliers à des collégiens, lycéens mais aussi à des adultes, parfois étrangers.

J'ai toujours été passionnée par la littérature et la recherche historique. Mais je ne me contente pas de la poussière des rayonnages ; j'aime également partager, transmettre un savoir et, surtout, communiquer avec les gens, échanger...Raconter des histoires réelles ou fictives, évoquer des destins extraordinaires ou romanesques.

Je vis actuellement en Bretagne.

 

 

EXTRAIT DU PREMIER TOME :

 

 

Prologue :

 

Après les invasions barbares et la chute de Rome, le chaos régnait en Europe. Mais des ruines encore fumantes d'un monde romain appartenant désormais au passé, si glorieux fut-il, émergea peu à peu un ordre nouveau : celui des peuples dits «  barbares » , des païens sans foi ni loi, vivant en tribus ou en clans, batailleurs, querelleurs et brouillons, mais animés d'une formidable énergie vitale, plus vivifiante que les miasmes putrides exhalés par les marbres et les colonnes des palais corrompus des derniers empereurs, énergie qui les poussait à aller de l'avant, encore et toujours, sans regarder derrière soi, sans s'encombrer d'inutiles principes moraux, ne croyant qu'en leurs dieux faits à leur image, ne faisant confiance qu'à leur force physique et à leurs armes, s'adonnant à la guerre avec la même fougue qu'ils mettaient à boire, manger ou faire l'amour. Ils profitaient de chaque étincelle de vie irradiant par toutes les fibres de leur être...

Les Scandinaves étaient de ceux-là, mais ils étaient nés dans des contrées au sol ingrat et chiche, exigeant beaucoup d'efforts pour peu de rendement. L'agriculture, l'élevage et la pêche permettaient tout juste de survivre dans un monde au climat rude, aux terres cernées par l'élément liquide. Les Hommes du Nord, entreprenants, courageux et très résistants comprirent alors que la mer, qui semblait être leur prison, constituait en réalité leur seul salut. Ils conçurent des bateaux très ingénieux, barques à fond plat extrêmement maniables et légères, qui pouvaient être roulées sur des rondins ou portées afin de contourner n'importe quel obstacle ou pour couvrir une petite distance séparant deux cours d'eau. Depuis de nombreuses générations, ils pratiquaient le cabotage le long de leurs côtes déchiquetées, ainsi que le long des côtes germaniques et franques. Avec de tels navires, capables d'apprivoiser les colères et les caprices de la mer, ils partirent à la découverte du monde extérieur. Fins observateurs, ils comprirent très vite que le commerce était la clef d'accès à des richesses qu'ils n'auraient jamais soupçonnées. C'est en remontant les fleuves du grand continent européen qu'ils atteignirent Constantinople. La grande cité les éblouit par l'opulence de ses palais et de ses marchés, par la diversité et l'animation de ses rues cosmopolites. Certes, ils se retrouvaient bien loin de leurs contrées brumeuses et froides mais ils étaient hardis, aventureux, pleins de courage et surtout bien organisés.

Alors, ils fondèrent des comptoirs sur les rives de la Mer Baltique mais aussi dans les lointains territoires qu'ils sillonnaient. Grâce à leurs propres itinéraires maritimes et fluviaux, ils créèrent des réseaux de correspondants qui écoulaient leurs marchandises déjà très prisées : fourrures, peaux, ivoire de morse, ambre, vadmal, tissu de bure de très grande qualité, qu'ils troquaient contre des meules à bras rhénanes, des pierres à aiguiser et surtout du vin.

A cette époque, il n'était pas rare de voir de jeunes scandinaves partir commercer pendant plusieurs années sans éprouver aucune difficulté d'adaptation, pouvant faire indifféremment escale dans des pays aussi divers que la Perse, la Grèce, l'Italie, les Gaules, la Germanie. Quelques années plus tard, ils rentraient chez eux enrichis et endurcis par le dur métier de marchand itinérant, loin d'être une occupation de tout repos. Il fallait savoir se battre pour se défendre contre d'éventuels prédateurs, savoir protéger son navire, ses marchandises et ses bénéfices, raison pour laquelle ils se groupaient souvent en « guildes » afin de partager les frais et les risques. C'est ainsi qu'ils apprirent à connaître les coutumes des cités européennes. Ils furent rapidement capables d'en appréhender les ressources matérielles et financières. Ils comprirent que ces dernières étaient généralement concentrées dans les principaux centres urbains et religieux, ces derniers souvent isolés et laissés sans moyens de défense.

C'est dans ce monde en pleine effervescence que naquirent les générations d'hommes et de femmes dont nous allons évoquer les destinées souvent extraordinaires, parfois insolites mais jamais monotones.

 

Cathie LOUVET

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Isabelle Fable a lu "Chaos", le dernier thriller de Bob Boutique

Publié le par christine brunet /aloys

 
 
Bob Boutique, Chaos, roman, éd. Chloé des Lys

 

Bob Boutique – Chaos – Ed. Chloé des Lys – 492 pages – 20 €

Un thriller au titre décoiffant, où l’on retrouve le commissaire Johan Verdriet et son adjointe Lieve Moed, les protagonistes de son roman précédent, 2401, sans qu’il y ait de suite logique entre les deux œuvres. C’est une tout autre enquête à laquelle vont s’atteler les deux membres de la KMAR (Koninklijke Marechaussee, Gendarmerie nationale des Pays-Bas.). L’affaire commence par un banal vol de tableau au Rijksmuseum,  tableau sans grande valeur, dont le vol sert en fait à masquer un autre vol, d’objets autrement plus intéressants. Et l’affaire va prendre une tout autre tournure, justifiant qu’on fasse appel au service anti-terrorisme.

Et voilà le lecteur embarqué pour un long périple qui, de rebondissement en rebondissement, le mènera en divers points de la planète, lui fera rencontrer Rita Van Hemelrijk, ministre de l’intérieur, des responsables ou restaurateurs d’œuvres d’art, mais aussi des gens impliqués dans la lutte contre le terrorisme car les objets dérobés ont une immense valeur symbolique pour des millions de gens et pourraient remettre en cause bien des choses. Il faut savoir qui les a volés et pourquoi il les a volés, ce qu’il veut en faire – les vendre, bien sûr, mais à qui ? Et que veut-il faire de cet argent, quel est cet événement de très grande violence que le Mossad sait devoir se produire avant la fin du mois de septembre et qu’il faudra contrer, sous peine de voir le monde plonger dans le chaos ?

On en vient à savoir que le voleur, Yahia, est un yéménite houthis, musulman mais pas le genre à se faire sauter en martyr. Très dangereux néanmoins et ne reculant devant rien pour accomplir son projet. L’enquête mènera le commissaire au Yémen, où il courra mille dangers pour accomplir sa mission… et où le rejoindra plus tard sa fidèle Lieve. Après bien des tribulations et des surprises pas toujours agréables, ils y arriveront mais Yahia n’a peut-être pas dit son dernier mot. Car, reprenez votre souffle, amis lecteurs, Bob nous promet une suite après le mot FIN… !

Peut-être retrouverons-nous Yahia ? Et c’est un homme qui ne plaisante pas, Yahia. Il coupe un doigt ou deux pour inciter les gens à collaborer et il promet la mort aux enquêteurs qui approcheraient de la solution. Mais les enquêteurs ont plus d’un tour dans leur sac et ne se laissent pas démonter si facilement.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Bob connaît son affaire, il a le sens du récit bien construit, bien mené et une maîtrise aiguë du suspense, avec une montée en puissance qui nous tient en haleine à nous couper le souffle. C’est bien ce qu’on demande à un thriller. D’autre part, la préparation a été minutieuse, tout est détaillé et de nombreuses notes en bas de pages précisent systématiquement ce qui pourrait paraître obscur à un lecteur moins averti. Le récit colle à l’actualité, avec quelques gadgets un peu plus science-fiction, mais pourquoi pas. Peut-être l’auteur se laisse-t-il emporter par l’imagination quand il propose des choses moins vraisemblables. Comme une femme enfermée dans une caisse en bois accolée à une paroi métallique et coincée sous une autre caisse bourrée d’explosifs, qui arrive à s’en extirper. En se faufilant par le côté dans un espace qui « ne dépasse pas dix centimètres » ? Impossible. À moins qu’elle n’attaque (au couteau) la caisse du dessus, sans faire sauter ni faire tomber les explosifs (dont chacun pèse quinze à vingt kilos), les entrepose dans la caisse où elle se trouve, où « l’espace est juste assez vaste pour se tenir assis, la tête légèrement inclinée ». On a du mal à y croire. Mais Bob Boutique y met tellement de conviction qu’on passe outre (la foi transporte les montagnes !) et qu’on reprend bien vite le fil de l’histoire, pour savoir ce qui va arriver dans ce roman palpitant, aux ingrédients savamment distribués, où l’on n’hésite pas à secouer la poussière des dogmes établis et à remettre en cause les certitudes des croyants de tout bord.

A lire, sans hésitation. On passe sur les (petites) imperfections – la perfection n’est pas de ce monde, pas plus que les certitudes en matière de foi – pour se laisser prendre au jeu de l’enquête minutieuse et dangereuse à laquelle se livrent nos deux héros et à leur jeu d’amour cache-cache qui se poursuit dans ce deuxième roman…

Isabelle Fable

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Yannick Provost a chroniqué mon thriller SF "HX13" sur Nigrafoliablog et sur Zonelivre.fr

Publié le par christine brunet /aloys

 

https://nigrafoliablog.wordpress.com/2017/10/12/hx13-brunet/

 

 

Habituée des polars & thrillers, Christine Brunet est une auteure que je ne connaissais pas. Elle signe ici un nouveau roman qui allie thriller & SF. Pour être franc c’est ce point qui m’a attiré. Voir comment un auteur peut se sortir d’un tel guêpier. L’exercice étant de mon point de vue, à risque.

Warning !! J’ai lu HX13 sans le contexte préalable, l’historique trimballée par les personnages – ils existaient pour les plus emblématiques d’entre eux dans certains romans précédents. Ma chronique est par conséquent le reflet d’une lecture d’un roman hors du commun et en aucun cas, elle s’inscrit dans la continuité des aventures de ses personnages récurrents.

Cela étant dit, entrons dans le vif du sujet. C. Brunet donne le rôle principal de son roman à une femme. En l’occurrence, Axelle de Montfermy. C’est donc sous cet angle que j’ai suivi les extraordinaires et dangereuses aventures d’Axelle qui n’a pas été sans me rappeler ma jeunesse avec Bob Morane et ses voyages spatio-temporels. On a les références que l’on peut. Moi, j’ai grandi, entre autre, avec Henri Vernes.

  • Avantage à la sensibilité sans pour autant être fleur bleue. Ces femmes, Axelle et Gwen ont leurs failles et sont aptes à de nombreux excès. Cela confère au roman un côté psychologique agréable.

Le pitch d’HX13 est presque simple. Des morceaux de membres appartenant à de sombres porte-flingues sont découverts dans la région Marseillaise. Les cadavres s’empilent. Axelle, à la tête de SIRC, entité de police spécialisée dans les affaires délicates, est chargée de l’enquête alors même que le SIRC va être démantelé pour passer sous la coupe de Sheridan. Axelle va mal (suite à un épisode précédent). Une nano puce HX, lui est implantée dans le c’est le gage de sa survie. Mais la technologie relève du pari. Ajoutez à cela, un projet ultra secret de voyage spatial et me voilà fin prêt pour le grand saut et le mélange des genres.

Sans avoir lu les romans précédents, la relation entre les personnages se fait. Christine n’oublie pas d’insérer les éléments nécessaires à leur compréhension pour le quidam. Heureusement car ils sont souvent atypiques et leurs rapports souvent sous-tendus par leurs passés.

  • Moralité HX13 se lit très bien de manière isolée.

Coté personnages, ils sont typés sans être caricaturaux.

Axelle : femme forte pourtant pétrie de doute

Gwen : médecin légiste atypique et décalée

Signac: collègue de Gwen qu’il déteste, lui attribuant le suicide de son frère

Sheridan l’Irlandais : le XX qui tente de recoller les morceaux d’une rupture consommée avec Axelle

Nicolas : le fils prodigue hors norme

Mais revenons à mon intérêt primaire. Il s’agit de la forme. Opérer un switch entre thriller et SF est hardi. Si j’ose un parallèle cinématographique, j’y vois un rapprochement avec un District 9 dans la forme et Cloud Atlas des sœurs (et oui) Wachowski pour ce qui est de la balade. Le lecteur peut s’y perdre. Si on entre dans HX13 par la technologie, on ne verse pas dans une resucée d’Existenz de Cronenberg. Pour certains c’est une bonne nouvelle.

  • Savoir doser est essentiel. C’est bien le cas ici.

Attention. Ce roman dual genre nécessite de la part du lecteur une ouverture d’esprit. Il doit avant tout accepter de perdre ses habitudes et se laisser promener dans un univers novateur, moins logique.

Ce qu’il perd en réalité doit être équilibré par une dissemblance variée et  riche. Mélanger polar et SF n’est pas nouveau. La SF nécessite de poser un univers, elle demande du talent pour paraître crédible et emporter son lecteur. Sur ce point Christine Brunet s’en sort bien. Elle met en œuvre le thème le plus classique de la SF, le voyage spatial. Elle évite des écueils où elle aurait pu se perdre. Elle s’attache à enrichir le champ des possibles du thriller en l’élargissant à travers cette fameuse puce HX13.

  • Le lecteur peut-être par moment déboussolé.

Pour ce qui est de la face thriller, les scènes d’action et de suspense sont joyeusement emballées. Les intrigues sont solidement bâties. L’auteure joue avec le lecteur. Pas à redire sur le sujet, madame maitrise.

  • Pris indépendamment le traitement des deux genres est juste. (un bémol personnel, la rupture entre les deux genres fut assez tranchée, mais aurait-on pu faire autrement ?)
  • Passés au mixer, l’alchimie se révèle être un bon divertissement

Côté style, c’est vif et agréable. On ne tergiverse pas.

A mon sens, HX13 était un véritable pari pour Christine brunet qui a dû secouer son univers et sortir des sentiers battus. Restait à savoir si le lecteur allait tenir. Fait est que oui, ce roman atypique se révèle un bon moment de lecture.

 

 

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Joseph Bodson a chroniqué le recueil poétique de Laurent Dumortier "D'hivers et d'ivresse"

Publié le par christine brunet /aloys

 
 
Laurent Dumortier, D’hivers et d’ivresse, poèmes, Chloé des Lis

Laurent Dumortier, D’hivers et d’ivresse, poèmes, Chloé des lis.

 

Des notations brèves, incisives, percutantes…Des mots lancés comme des cailloux, parfois pour faire simplement des ronds sur l’eau, parfois, sait-on jamais, pour se venger, de qui, de quoi? C’est la vie…

Mais les Petits Poucets rêveurs trouveront toujours des cailloux sur leur chemin, des cailloux à prendre dans ses mains, lisses comme des galets ou plein d’éclats. Pour jouer. Des cailloux qui font mouche à tous les coups:

Le reflet

Demain n’est pas encore arrivé/Qu’il est hypothétiquement passé,/Tu vois…

Mes yeux ne voient plus d’hier/Qu’un nombre sans couleur/Même la lumière/A perdu sa splendeur…

Tu me demandes de rester,/De ne pas basculer/Mais je crois que le monde s’en fout/S’il ne reste qu’un reflet après tout…

Je suis si près du bord/Le vent souffle si fort/Je suis si bien…

Encore un pas de plus/Et je ne sentirai plus/Que le froid du bitume/Accueillant mon amertume…

Tu me demandes de rester,/De ne pas basculer/Mais je crois que le monde s’en fout/S’il ne reste qu’un reflet après tout…/

S’il ne reste qu’un reflet après tout…

S’il ne reste qu’un reflet, après tout/C’est peu et c’est déjà beaucoup

Tu me demandes de rester/De ne pas basculer/Mais je crois que le monde s’en fout/S’il ne reste qu’un reflet après tout…

Car c’est notre chemin à tous, après tout…

Joseph Bodson

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Thierry Ries a lu le recueil de poésie de Christian Nerdal "L'homme à tête de taureau"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

CHRISTIAN NERDAL, L’homme à tête de taureau, éd. Chloé des lys, 2015.

 

 

Cet homme, à tête de taureau, n’est pas donneur de leçons. Pas plus que le poète. Christian Nerdal se regarde du dedans, observe plaies, sel sur les lèvres, antimatière de ce monde et passe le mot. Tout y surgit, vie, famille, alchimies, mythes et foi (que serait un poète sans une matrice de spiritualité ?), amour et mort.

Puis la langue, ses sonorités cocasses, lancinantes, étranges, parfois coquines, accidents heureux, coïncidences à saisir. Tout trouve grâce et désir d’apaisement dans L’homme à tête de taureau - un tableau et son titre de Picasso qui avaient frappé le poète-, pourvu que cela vibre et fasse écho, pourvu que tout se recoupe, se détache, ou plutôt vienne augmenter et mettre en mots la panoplie complexe des perceptions sur la condition humaine. Pourvu que le texte ou le poème, ainsi que l’humour, absurde, bien sûr, tendre aussi - Ah ! Ces irrésistibles Paulette, Petite Paule et Paulinou !- permettent d’en saisir la pointe acérée, trop lucide souvent.

À peine couchée, la page assoiffée laisse place à une voie de mues et de détachement possibles, avant l’épurement. Avant le retour obligé du réel, donc du duel. Pour Nerdal, toutefois, la dérision reste apaisante, l’animisme incontournable, afin justement de dépasser, subjuguer ce monde tangible : L’Homme à tête de taureau, s’est mis en quête du fameux Cimetière des éléphants, suivant, solennel corbeaux, rossignols et marabouts. Que ce soit avec la gravité d’un félidé vieillissant ou avec la légèreté bienfaisante de cet hilare portrait de nous dans Drôle de faune, drôles d’oiseaux. Que ce soit dans l’amour, le corps, entre identité et altérité, que ce soit dans les arts les limbes, la mythologie et la langue, que ce soit tout cela à la fois, notre poète se veut fusionnel, sans compromis.

Christian Nerdal se décline, se débat, se « démesure ». Il nous parle beaucoup de naissances, débarquées sur terre comme une part de divine offrande qui saute aux yeux, au cœur, à l’âme. Ces miracles disent leur nom, leur essence ne peut être que d’ailleurs, de merveille. Il dit l’enfance, qu’il prend par la main, comme dans la pureté clamée, scandée de A Ghlin sous la terre, pour nous jouer un air de slam « underground », dans les allées d’un autre cimetière où pères, pierres et repères ne sont plus que feux follets insaisissables ; ou gravés à jamais. Triptyque du temps qui échappe à tout. A tout, vraiment ?

Pour notre poète, le langage, toujours lui, prolonge, quand il ne les transcende, l’expérience, la tentative de discernement du passant qu’il est, que nous sommes. Parfois au-delà de l’entendement, parfois dans la crudité de l’élégance. Plus encore, la syntaxe française se rend à la frontière ténue qui se décide au carrefour de la destinée, comme dans Tu es. Ou encore comme dans La condition humaine, où l’ivresse et l’irrésistible absurde se disputent le gouvernail de notre frêle et trop rapide embarcation. Des tableaux défilent, prières aux visages de femmes, qui laissent le poète au bord d’une plage, nanti d’un souffle lyrique, communiant avec une hypothétique épouse gitane, sur des Variations sur un vers de léonard Cohen.

Et la quête de se poursuivre ; d’aquarelles en frissons, de contes et comptines en éclats et brisures, l’image et la musique se muent en mots de brume où Nerdal marche d’instinct, là-bas où, quelque part, sursautent les voix de naguère. Des souvenirs publics d’une autre décennie, intenses, bidonnants ou spirituels, de café-théâtre harvengtois ou de vie de château écaussinoise, me reviennent délicieusement, ici, à la relecture des poèmes Quand et Si l’on comparaît. Le recueil se décline en quatre parties de longueur inégale, faisant la part belle à l’été comme à l’hiver, autour des quatre saisons de la terre et de la vie : Aurore, printemps, écriture ; Jour, été, amour ; Crépuscule, automne, idéal ; nuit, hiver, mort. Avant, un dernier sursaut intitulé : Sacrifice, un dernier poème, l’élan religieux de celui qui relie, une forme de testament qui referme ce livre dans les profondeurs du temps, entre éblouissement et puissant dépouillement de l’abandon final. Si Christian Nerdal n’est pas donneur de leçons, que voici donc pourtant une somme de vie où, entre naissance et mort, naître et renaître.

 

THIERRY RIES

 

Publié dans Fiche de lecture, Poésie

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"J'ai vu passer...", un poème signé Alfred HERMAN

Publié le par christine brunet /aloys

J'ai vu passer...

 

J'ai vu passer d'étranges visages

A Ostende, un jour de carnaval,

J'ai entendu d'étranges langages,

J'ai vu, d'Ensor, l'affreux festival.

 

J'ai vu cet homme aux longues oreilles,

J'ai vu la femme au nez retroussé,

J'ai vu le gosse aux lippes vermeilles

Sur un singe au regard d'enfoiré.

 

J'ai vu l'homme au masque de squelette,

J'ai vu la femme au masque chinois,

J'ai vu le gosse au masque à sonnettes,

Taquinant Pierrette au frais minois.

 

J'ai vu passer le cortège aux masques,

Comme un régal de saintes horreurs,

Le vent l'éructait dans ses bourrasques,

La mer digérait mal ces clameurs.

 

J'ai vu passer les mêmes visages,

Chaque jour, après le carnaval.

J'ai reconnu les mêmes langages,

Chaque jour, après le festival.

 

La vie est cet étrange cortège

Qui passe devant nous sans arrêt,

Et chacun, dans ce sot cortège,

Fait, de son masque, son vrai portrait…

 

Alfred HERMAN

Publié dans Poésie

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Joël Mespoulède nous propose le second chapitre de son ouvrage "Faune sauvage"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

CHAPITRE 2

 

 

        Il est maintenant 22h30. La nuit est à nouveau là, je suis assis dans ma voiture et c'est toujours France Inter qui joue. Du jazz, plutôt très bon pour moi qui n'aime pas le jazz. Un type qui joue de sa contrebasse et de sa voix avec une puissance et une virtuosité folles. Major truc ou colonel machin. J'ai déjà oublié le nom...

        Après tout ce silence, reprendre le cours des aventures du quotidien me demande toujours un effort. Ce n'est pas la tentation de Venise mais celle de Jeremiah Johnson. J'ai besoin d'un sas avant de rentrer dans le monde. Pascale sait ça.

        Au début, quand je partais plusieurs jours, avec bivouac et tout ça, au retour j'appelais ma mère. Dix minutes de conversation sur les misères du temps qui passe et les dernières aventures du chat de la voisine et je n'avais plus à craindre aucune pulsion de meurtre envers quiconque venu rompre ma bulle de silence, voisin, ami, compagne ou mieux, enfant. J'étais jeune et impétueux, c'est loin tout ça...

        22h40. Dieu que cette cigarette est bonne.

        La maison est paisible. Tout le monde dort ? Non. Pascale corrige des copies, la musique en sourdine, une tasse sur la table. J'aime quand elle chausse ses lunettes de prof. Le regard se lève, le sourire illumine son visage. Je me penche sur elle pour l'embrasser.

        — Hummm, mon homme des bois...

        — Je pue, j'ai faim, j'ai froid et je suis épuisé. Laisse-moi le temps de me doucher.

        — Dis donc mon gars, c'est toi qui viens me coller tes odeurs de mâle sous le nez. D'ailleurs, je me demande bien comment tu réussis à ne pas faire fuir tes bestioles à l'odorat soi-disant si développé.

        — Je les fais fuir. Par contre ça attire les fées des forêts. Tu sais, celles qui ressemblent à des donzelles de vingt printemps et qui parcourent la montagne court vêtues et sans culotte.

        Je vide la tasse, le thé est encore tiède, pas sucré, mais je découvre soudain que j'ai soif. Je me sers une autre tasse et la vide et encore une autre. La montagne pompe les liquides, assèche les corps.

        — Mon pauvre chéri, c'est pour ça que tu as l'air si fatigué. C'est à cause de la vilaine fée avec ses fesses à l'air.

        — Ah non... Pas vilaine, bien au contraire, très, très gentille avec les hommes des bois...

        Je défais mon sac, range l'objectif, benne les tee-shirts que je consomme dans le temps d'une journée de sortie dans un bac de linge sale qui leur est spécialement dévolu, vide la gourde et la pose sur l'égouttoir tête en bas, achève de remplir le lave-vaisselle des boîtes qui ont contenu mon repas, toutes choses qui avaient le don de l'exaspérer, dans les premiers temps de notre relation... « Est-ce que ça ne peut pas attendre ? » « Non ! C'est bien pour ça que je le fais maintenant ».

        Enfin je peux relier le boîtier à mon ordinateur afin de charger les 150 à 200 images de la journée. Je ferai un premier tri rapide tout à l'heure, après la douche. Pendant que la bécane mouline, je me serre tout contre Pascale.

        — Tu pues, tu colles, tu es globalement d'une saleté repoussante, mais ça ne fait rien, la priorité est de charger les photos de la journée et te frotter à moi.

         — D'abord ce ne sont que des taches de myrtille et d'herbe. Ensuite, le cow-boy solitaire, dès qu'il arrive quelque part, commence toujours par s'occuper de sa monture.

      — Dis-donc, cow-boy solitaire, tu compares qui à ta plus belle conquête ?

        — À travers le cheval, c'est l'outil de travail que j'évoque... Mais dites-moi, chère madame, quelle impudeur ! Et si votre fille venait à surgir.

        — Hummm... Elle dort chez sa grande copine Julie...

        — Et ça ne vous fait rien de vous frotter à un type tout puant ?

        — D'abord je ne me frotte pas à un type, je me frotte à toi. Et puis juste avant que tu n'arrives, je me disais que j'aurais bien pris une douche.

Publié dans Textes, présentations

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Thierry-Marie Delaunoy présentera son dernier roman les 25 et 26 novembre à Mon's Livre...

Publié le par christine brunet /aloys

 
 
Une étrange blonde méditant dans un parc, un auteur quelque peu esseulé qui s'y balade, une jeune mère célibataire de trois enfants contemplant la nature, un vieux photographe discret les photographiant...Ainsi démarre "Auprès de ma blonde", le sixième roman de Thierry-Marie Delaunois, un drame psychologique contemporain aux accents de tragédie antique, qui mènera son lecteur et ses personnages fort loin.
 

Auteur de huit publications dont deux recueils, Thierry-Marie Delaunois également chroniqueur sur son site notamment et membre de l'Association des Ecrivains Belges de langue française, sera en dédicaces les 25 et 26 novembre prochain à Mon's Livre avec une présentation publique de son roman le samedi après-midi dans la salle de conférence prévue à cet effet. Anecdotes, humour, profondeur, convivialité, venez l'écouter! Les détails de l'événement? Sous peu !

 

Un extrait !!!

"Dans sa fuite, elle l'entendit; elle n'était pas assez éloignée. Maudite, elle? Si c'était vrai? Et que lui restait-il à présent? Curieusement elle ne regrettait rien, la raison: elle était au-delà. Au-delà de toutes ces foutues règles qui régissent ce monde réellement stupide, les règles, les lois, l'éthique... Quoi d'autre encore? La morale? Elle n'avait pas entièrement perdu sa faculté de penser, lui semblait-il, les dernières paroles d'André tourbillonnant en elle. A l'intérieur de son cerveau. Maudite,elle? Hélène progressait mécaniquement sous les arbres, le pas lent; le temps ne semblait plus avoir de prise sur elle. Sa rivale avait-elle rendu l'âme? Elle avait visé cet endroit précis dont on disait qu'il était le point le plus faible de l'organe. Le point critique..."

Publié dans articles, ANNONCES

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Albert Niko nous propose un court poème...

Publié le par christine brunet /aloys

 

Vers le Dakota

 

Le sens réside dans une brouette.

Ou dans la manière qu’à cet homme de tenir sa brouette, et ce qu’il reste du jour est ce qu’il en rapporte.

Le sens réside dans un paquet de riz crevé.

Et cette mouche décrivant une même boucle autour d’une ampoule.

C’est une vieille femme que tu n’as jamais vue sans son chien, sans son gilet rose, sans autre image d’elle-même qu’une vieille dame sortant son chien et qui, rendue en haut de la côte, a toujours ce regard pour la fuite des jours vers le Dakota.

Dix fois par jour.

C’est un bus qui s’éloigne, un train qui t’arrive et que tu prends juste parce qu’il n’a jamais été question qu’il en soit autrement.

Et, tournant la tête, tu rencontres ces deux seules chaussettes noires pendant du séchoir, ainsi qu’une batterie de pommes qui jamais ne rêvent d’une autre vie.

Et tout ce que tu peux voir au-delà, de ta fenêtre – les maisons, les voitures garées, toutes ces petites créatures qu’un soleil aveugle affole – est mort en apparaissant.

 

Albert Niko

Publié dans Poésie

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