Un poème de Claude Colson "La mare, un autre été"

Publié le par christine brunet /aloys

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LA MARE, UN AUTRE ÉTÉ

 

Bientôt quatorze heures trente
Au parc déserté.
La chaleur en fin d'été
A chassé les âmes vaillantes.

 

Les bancs entourent la mare ;
Vides, ils bâillent leur ennui
Sous les rayons qui dardent.
Toi, tu as cherché l'ombre.

 

Les jeux d'enfants résonnent,
Là, à quelques pas.
À écrire tu t'abandonnes
Dans le calme tant de fois visité.

 

La cascade bruit, rythme la vie qui va
Et l'onde courante aux eaux mortes se mêle
Que lentilles en tapis emprisonnent.

 

Soudain à la surface un remous bruyant;
Un poisson quelque proie a happé.
Le manteau, un instant troué, de lui-même
S'est reconstitué.

 

Des poules d'eau avancent,
Le cou allant-venant,
Traversent le marais en son vert uniforme.
Sur cet étrange aspect
Peut-être elles s'interrogent.

 

Peu de temps cependant,
Il faut bien subsister ;
Alors, tenaces, mécaniques
La verdure encore elles picorent.

 

Ainsi du vouloir vivre
Que peu peut entamer.
L'Homme est, ma foi, bien étrange,
Si l'on y veut songer.

http://claude-colson.monsite-orange.fr

Lena C. Colson

Publié dans Poésie

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Claude Colson 18/10/2012 13:27


Oui, j'ai lu Rimbaud dans mes années scolaires, mais pas plus qu'un autre, c-à-d peu. Comme baucoup d'auteurs de poésies (dixit un poète et éditeur de poésie), je lis peu les poètes.Je compose au
feeling et très rapidement, quasiment en premier jet.

Alain Delestienne 18/10/2012 12:38


En toute humilité, pour réagir au commentaire de Candide, les inversions et ruptures de rythme ne m'ont aucunement dérangé. Ces dernières, au contraire, composent pour moi la musique du texte que
j'ai réellement entendue. Je ne m'y connais pas beaucoup en poésie, j'ai toujours été très "roman" avant de connaître CDL, mais je dirais que Claude doit beaucoup aimer Rimbaud. 

Alain Delestienne 18/10/2012 12:11


Devant tant de beauté ressentie, je ne peux que savourer et me taire pour mieux m'en imprégner. Merci, Claude

Candide 17/10/2012 10:21


Positif : N'importe qui ne peut pas écrire un texte poétique qui laisse en effet devant nos yeux, défiler les images !


Négatif : Trop d'inversions dans la construction (cf. mon propre commentaire positif)


Trop de ruptures de rythmes... ça devrait couler davantage !

Edmée De Xhavée 17/10/2012 08:35


Je m'y suis retrouvée, dans la quiétude de l'un ou l'autre parc du monde, avec la banale fureur de vivre de ces palmipèdes et leurs compagnons d'existence... Et les bruits tendres de l'eau et des
rumeurs...

Ghislaine Renard 17/10/2012 05:40


On y ressent l'apaisement de l'eau et les mouvements des palmipèdes.

Ghislaine Renard 17/10/2012 05:38


Vouloir vivre n'a rien d'étrange, c'est vouloir mourir qui pose questions !  Beau poème, Claude !


 

carine-Laure Desguin 17/10/2012 05:14


Il est tôt et c'est un plaisir de lire ce texte, des images me passent devant les yeux, je vois des poules d'eau ..