L'étranger du square, un texte de Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

delvilletete

 

L'ÉTRANGER DU SQUARE

Il ou elle est assis(e) sur un banc. Pas d'ici. Mais d'où ? Il ou elle paraît un peu perdu(e).

Vous l'observez du coin de l'œil. Et alors ?

 

Le vieil homme s'est assis là, il semble somnoler et pourtant à chaque bruit, à chaque passage, il a observé, il a écouté.

 

Un chien est venu près de lui. Un de ces chiens sans race qui traîne ses puces dans les jardins publics à la recherche d'un peu de nourriture ou d'une hypothétique caresse.

 

L'homme a probablement tendu la main, le chien s'est approché prudemment puis est venu se frotter contre la jambe du vieil homme. Déjà, ils semblaient amis, la main s'était attardée sur la tête de l'animal.

 

Pendant de longs moments, ils sont restés ainsi, liés par cette caresse. Le chien s'est assis et a posé la tête sur les genoux de l'homme avant d'oser y mettre une patte puis deux.

 

Le contact s'est fait plus intime. Maintenant, le chien est couché sur le vieil homme. Ils semblent ne plus former qu'un seul et même personnage étrange à tête d'homme et à pattes de chien : Le symbole même de l'amitié et de la connivence...

 

Tout le monde n'a d'yeux que pour eux. Pourtant personne n'ose s'avancer plus près. Il y a bien deux ou trois touristes qui osent une photo mais en faisant attention à ne pas troubler leur doux repos.

 

Le guide s'éloigne à pas feutrés, le groupe suit.

 

"Et maintenant, Mesdames et Messieurs, après "le dresseur de chien" de Rodin, nous passons à la statue suivante, "Hercules et Apollon"…

 

Le lendemain, en repassant par ce jardin public rempli de statues, j'ai revu Héraclès, Apollon et bien d'autres. À la place du banc et de l'étrange couple de bronze représentant un guerrier grec et son compagnon à quatre pattes, il n'y avait qu'une pancarte : "Les chiens doivent être tenus en laisse".

 

Louis Delville

louis-quenpensez-vous.blogspot.com

 

Publié dans Textes

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Jean-Luc Schietecatte 18/09/2011 09:30



Une nouvelle brève mais bien imaginée dégageant une atmosphère onirique en forme de clin d'oeil! Ce pourrait être l'histoire d'un homme bon, né de l'imagination d'Auguste Delville ou de Louis
Rodin, on ne sait plus très bien, et qui exprime toute sa tendresse derrière son chien avec qui il fusionne!



Une belle petite histoire de tête de c 17/09/2011 15:08




Louis 17/09/2011 09:15



Je m'étonne moi-même.


Comment ce petit texte, écrit en dix minutes, peut-il être intéressant pour les autres ?


Je ne connais pas la réponse, je me contente d'apprécier ce que les lecteurs en pensent...



carine-LAure Desguin 16/09/2011 13:50



Tout à fait inattendu ! Un bel humour aussi:D



Claude Colson 16/09/2011 13:50



Louis, plus dure sera la chute dans un monde souvent dépourvu de tendresse. Bravo.


 


Anne, j'ai presque la même formation et une écriture souvent jumelle, Louis l'a bien senti.



Anne Renault 16/09/2011 11:18



D'abord bravo à l'auteur pour cette nouvelle douce -amère avec humour et tendresse !


Ensuite, permettez-moi un petit retour sur les commentaires d'hier et d'avant-hier, en espérant que tout ceux qui m'ont écrit liront ma réponse.


UN GRAND MERCI A TOUS pour vos appréciations positives. La critique concernant le côté "désuet" de l'écriture, je me la fais à moi-même. J'appelle ça "de l'écriture 19° siècle"... Ce n'est pas
volontaire, ça vient sans doute de ma formation de prof de français. Mais toutes mes nouvelles n'ont pas ce style un peu vieillot.


Donc, je vous remercie tous et toutes, vos commentaires m'ont fait extrêmement plaisir.
Amitiés


 Anne



Edmée De Xhavée 16/09/2011 08:15



Savoureux et surprenant! Malgré soi on se met à y repenser... Bravo Louis!



christine 16/09/2011 07:51



Une nouvelle surprenante et si jolie ! Bravo Louis !